Showing posts with label géographie. Show all posts
Showing posts with label géographie. Show all posts

Friday, November 10, 2023

45 millions de bouteilles de vin produites en Corse en une année

 45 millions, c'est le nombre de bouteilles de vin produites en Corse en une année. 

Il y a 295 producteurs, 4 caves coopératives et 135 caves particulières avec 5 838 hectares de vignes

336 500 hectolitres de vin, 68% de rosé, 18% de rouge et14% de blancs secs et liquoreux sont consommés à 45% sur le continent, 35% en corse et 20% ailleurs dans le monde entier. 

Référence


Wednesday, November 8, 2023

3 octobre 2023 Insee : La Corse reste la région métropolitaine la plus touchée par la pauvreté

Ce mardi, l'Insee présentait les résultats de son panorama de la pauvreté. Avec 18% de taux de pauvreté, la Corse s'illustre une nouvelle fois comme le territoire métropolitain le plus touché.

La Corse est la région métropolitaine qui affiche le taux de pauvreté le plus élevé. C’est ce qui ressort du panorama de la pauvreté que l’Insee a publié ce mardi 3 octobre 2023. Cette étude à paraitre dans 14 régions et qui fait suite à une convention nationale avec la Délégation Interministérielle à la Prévention à la Lutte contre la Pauvreté, a été réalisée sur l’île en partenariat par l’INSEE et let le préfet représenté par le Commissaire à la lutte contre la pauvreté, Didier Medori. « Elle s’inscrit dans le cadre d’un diagnostic territorial qui va être posé par les services de l’État d’ici la fin 2023 », précise ce dernier en dévoilant que ce diagnostic servira de base pour définir le pacte territorial de solidarité que l’État souhaite construire avec la Collectivité de Corse pour la période 2024-2027 et qui visera à mettre en œuvre un certain nombre d’actions concrètes pour lutter contre la pauvreté. 

De facto, afin de dresser une photo la plus précise de la situation sur le territoire, la publication s’astreint tout d’abord à constater l’état de la pauvreté numéraire. 

« Nous nous sommes basés sur un taux de pauvreté défini par des revenus inférieurs à 60% des revenus médians de la population de France métropolitaine, ce qui correspond à 1120 euros par mois pour une personne seule et 2350 euros pour un couple avec deux enfants », indique Arnaud Huyssen, chef de projet à l’Insee Corse en reprenant : « D’après cette définition, le taux de pauvreté en Corse s’élève à 18% de la population ». Un taux qui place l’île 4 points au-dessus de la moyenne de France métropolitaine.  « Cela représente 30 000 familles et à peu près 63 000 hommes et femmes en Corse qui vivent sous le seuil de pauvreté », vient compléter Didier Medori qui pointe que « 40% de ces personnes vivent dans les agglomérations d’Ajaccio et Bastia »

En outre, l’étude relève des divergences entre les deux départements insulaires. « En Haute-Corse, le taux de pauvreté est de deux points supérieur à la moyenne régionale et atteint 20% », observe Arnaud Huyssen en notant qu’elle est ainsi 3ème sur le podium des départements où le taux de pauvreté est le plus élevé en France métropolitaine « juste derrière la Seine Saint Denis et les Pyrénées Orientales ». La Corse-du-Sud affiche pour sa part un taux de pauvreté de 16%, et se place à la 19e place départements les plus pauvres de France métropolitaine.

Pour comprendre cette différence, l’Insee avance que la Haute-Corse est « un territoire plus rural avec des personnes plus âgées ». 

Or, l’étude fait en effet ressortir que l’âge est bien le premier critère de pauvreté sur l’île, les plus de 60 étant les plus touchés, alors qu’ailleurs le taux de pauvreté a plutôt tendance à diminuer avec l’âge. 

En Corse, 19% des 75 ans et plus vit d’ailleurs sous le seuil de pauvreté contre 10% en France métropolitaine. À l’autre extrémité de la pyramide des âges, les moins de 30 ans sont également particulièrement touchés avec près d’un jeune sur quatre qui se trouve en situation de pauvreté.

Les retraités frappés de plein fouet par la pauvreté en Corse

Par ailleurs, l’Insee met également en lumière que le taux de pauvreté dépend aussi de son lieu de résidence, les territoires isolés étant les plus concernés par le phénomène. Un taux de 22% de pauvreté est ainsi enregistré dans les communes rurales non périurbaines de l’île, contre 14% au niveau national dans ce type de communes. « Du coup, ce sont logiquement les EPCI les plus rurales qui ont les taux de pauvreté les plus élevés », souligne Arnaud Huyssen en visant notamment l’Oriente (27%) et la Castagniccia-Casinca (24%). « Ces deux EPCI font partie des EPCI de France métropolitaine où la pauvreté est la plus forte », insiste-t-il en livrant par ailleurs : « On note aussi des taux de pauvreté élevés dans les EPCI à orientation plutôt touristique, comme les intercommunalités de Calvi (22%), ou de l’Ile-Rousse Balagne et du Sud Corse avec 20% ». A contrario, les EPCI urbains enregistrent des taux de pauvreté plus faibles, à l’instar de l’intercommunalité ajaccienne (14%). 

Dans une seconde partie, l’étude s’astreint par ailleurs à établir une typologie des ménages pauvres grâce à des profils sociodémographiques. « En Corse, la grosse particularité c’est que trois profils regroupent 80% des ménages pauvres », note Arnaud Huyssen. Les non insérés sur le marché du travail et locataires dans le parc privé comptent ainsi pour 20% des ménages pauvres, les travailleurs pauvres pour 16% et surtout les retraités qui affichent un taux de pauvreté 43% contre 27% en France métropolitaine. « En outre, ce sont les EPCI les plus ruraux qui regroupent les plus forts taux de ménages retraités parmi les ménages pauvres », signale le chef de projet de l’Insee en visant les communautés des communes Spelunca-Liamone (55%), Pasquale Paoli (52%) et Oriente (50%). 

Enfin, l’étude avance que trois résidents sur quatre en Corse vivent dans un territoire « fragilisé » et note qu’avec 40% des EPCI insulaires touchés, la situation de tension face au logement est le facteur qui accroit le plus le risque de pauvreté. 

Référence

Tuesday, November 7, 2023

un cas de figure exceptionnel en Corse: PETR Pays de Balagne qui regroupe 36 communes, 2 communautés de communes

 "Notre structure est un cas de figure exceptionnel en Corse"

Au terme de 3 ans d'alternance, Jean-Marie Séité a repris la présidence du PETR Pays de Balagne qui regroupe les 36 communes et œuvre pour le développement durable, la mobilité douce et la sauvegarde du patrimoine naturel, culturel et bâti.

Deux communautés de communes pour un seul Pays de Balagne. Sous la forme d'un pôle d'équilibre territorial et rural (PETR) depuis 2014, la structure intercommunale voit sa présidence alterner tous les trois ans, au rythme des élections municipales. Président depuis juillet 2020, le 1er adjoint de la commune de Santa Reparata, Pierre Poli, a démissionné en juillet pour laisser sa place à un élu de l'autre intercommunalité. Après sa présidence de 2017 à 2020, c'est à nouveau Jean-Marie Séité, le maire de Galeria, qui a été élu, le 7 août dernier, pour une mission de trois ans. L'occasion de faire un point d'étape dans les projets du PETR du Pays de Balagne et de rappeler ses missions.

"Fidèles à l'engagement d'alternance qui témoigne de la singularité du Pays de Balagne dans un paysage politique peu enclin au partage, les élus du PETR ont une nouvelle fois su s'unir pour le bien commun, se félicite Jean-Marie Séité dans son édito. Cette alternance de présidence entre les deux communautés de communes permet une continuité dans la conduite des projets qui sont soutenus par l'ensemble des élus. Cette organisation équitable, faite pour le bien de la Balagne, nous est beaucoup enviée. Elle est précieuse, elle fait partie de l'histoire de notre région et nous serons les garants de sa pérennité."

Avec ses trois agents et son siège basé à L'Île-Rousse, le Pays de Balagne n'a pas vocation à être une structure de gestion, mais une structure de projets. Depuis sa création dans les années 1990, il est porteur d'initiatives sur le développement durable, la cohérence territoriale, l'harmonie architecturale ou encore la mobilité douce.

"Le pays, c'est un super outil, c'est très bien, assure le président actuel. Il porte des projets en avance sur son temps, élabore l'unique schéma de cohérence territorial qui avance en Corse et se trouve être le meilleur utilisateur du fonds européen Leader."

"Les choses bougent"

Bien que peu connu, le travail du Pays de Balagne s'illustre dans de nombreux domaines : réhabilitation de murs et restanques et remise en culture de jardins dans les villages, installation de bornes électriques, mise à jour d'une charte paysagère, élaboration d'un SCoT, projet d'une pépinière publique ou encore de liaisons maritimes avec tout l'ouest corse. Mais parmi les initiatives les plus attendues, se trouve la réalisation d'une voie verte pédestre et cyclable le long de la côte entre Calvi et L'Île-Rousse. Une voie promise de longue date, et régulièrement annoncée, mais dont la concrétisation ne cesse d'être repoussée.

"C'est un projet à plusieurs millions d'euros, les choses bougent, les travaux ont commencé, ils ont lieu sur le tronçon entre Sant'Ambroggiu et Calvi, se défend Jean-Marie Séité. Mon prédécesseur Pierre Poli a fait face à d'innombrables problèmes de foncier, qu'il a fallu régler avec un géomètre et un paysagiste. Aujourd'hui, on en sort, à l'exception du tronçon à l'entrée de L'Île-Rousse qui est d'une complexité infernale. Pierre Poli a vraiment débroussaillé le sujet et, dans trois ans, on pourra rouler dessus."

Les bornes électriques, installées même dans les villages par le PETR, sont aussi l'objet d'une critique récurrente : "Elles sont achetées, elles sont installées, leur alimentation électrique est branchée, mais notre fournisseur de bornes a un système de monétique qui ne permet pas aux communes de les gérer en régie", détaille le président avec optimisme.

Sans fiscalité propre, le Pays de Balagne n'a que des moyens limités pour réaliser ses ambitions. La coopération entre les deux intercommunalités semble y trouver un terrain propice, mais sans qu'il soit envisagé d'aller plus loin. Dans de nombreux domaines, le choix des méthodes et des compétences diverge entre L'Île-Rousse-Balagne et Calvi-Balagne.

"Les deux communautés de communes travaillent ensemble, ce qui est un cas de figure exceptionnel en Corse, parce que le PETR n'a aucune couleur politique. Un jour, il y aura peut-être une fusion de nos deux intercommunalités. Mais pour l'heure, la Balagne n'est pas assez mûre."

Référence du 12/09/2023

https://www.corsematin.com/article/societe/3731404300503315/jean-marie-seite-president-du-petr-pays-de-balagne-notre-structure-est-un-cas-de-figure-exceptionnel-en-corse


Saturday, November 4, 2023

Enclavement de la Balagne & Falasorma en Corse, et quelques cas d'école de conflictualité

 


L'enclavement de l'ensemble Balagne&Falasorma 

Cette géographie si particulière de cette micro-région induit de graves difficultés des mobilités.


On peut passer par l'intérieur en tournant après Corbara par Muro, 
même si rajoute 10km cela évite de traverser Ile-Rousse.
Développement de Lozari, Belgodère-Plage, de l'Ostriconi?

Exemple de l'importance de trouver de nouvelles voies:
cas de la vallée et du col du Marsulinu avec un gain de 13km mais surtout d'une demi-heure.
Mais la route côtière est abandonnée et en mauvaise état.

Exemple typique d'un enclavement qui implique un trajet de 120km 
à la place du vol d'oiseau de 30km.

Par le sud, le manque d'investissement induit un enclavement la Balagne & Falasorma 
mais aussi des micro-régions adjacentes
avec le seul passage du col de Vergio
le col routier le plus haut de l'île à 1 477 m
qui relie ainsi Albertacce dans le Niolo (En-Deçà-des-Monts) 
à Évisa dans les Deux-Sevi.
Il est situé sur une arête entre la Punta de Cricche (2 057 m) 
du massif du Cinto au nord et Capu a Rughja (1 712 m).
 L'hiver le PC Neige de Corte informe les usagers de la route qui veulent franchir le col.

Le col de Vergio est dominé par la statue du Christ Roi, monolithe de granit rose pesant 25 tonnes, haut de 6 m et 9,50 m avec son socle). Cette statue est l'œuvre du sculpteur corse Noël Bonardi (né le 14 février 1934 à Afa et mort le 15 mars 2012 à Afa;https://noelbonardi.wixsite.com/noel-bonardi/noel) installée depuis 1984. Elle est son œuvre monumentale la plus haute avec son socle installé en Corse.

Nous avons deux cas d'école de conflictualité



Conflictualité politique

Plutôt que de passer par le col de Palmarellu et le golfe de Girolata, il serait possible de traverser par le col de Parma, plus exactement la Bocca di Melza (771 m), la plaine de Parma et la forêt de Pirio, reliant ainsi le Fango à Serriera.
Ce projet avait étudié lors de le construction de la nouvelle route du Marsulinu mais les villages d'Osani, Curzu et Partinellu s'y sont opposés, car cette voie les auraient encore plus isolés, avec en plus à l'époque les soucis liés à la séparation administrative entre 2A et 2B.
Une piste forestière existe pour rejoindre le pont de Pirio aux bergeries de Parma.

Conflictualité géographique et écologique

Dans la voie suivante, la conflictualité repose sur la hauteur des cols (et coût tunnel) et l'écologie afin de protéger des espaces et des patrimoines naturels exceptionnels. Mais la Corse elle-même n'est-elle pas un immense patrimoine exceptionnel ? La conflictualité s'y revèle entre la transformer en un zoo pour touriste qui ont le temps et l'argent pour visiter et un espace d'équilibre entre ce patrimoine et les habitants qui souhaitent un développement "minimum" des voies d'accès et de leur entretien toutes les saisons.

Cette autre voie avait été initiée sous Napoléon III en passant par le col de Caprunale (1370 m), puis du refuge de Puscaghja, puis Bocca di Guagnarola (1833 m) pour rejoindre col de Vergio ou les bergeries de Tula ou à Tusella ou les bergeries de l'Aghiunghienti, ou Evisa,. Le large chemin pour "calèches" construit dans les années 1870 sous le col de Caprunale reste un monument des chemins de montagne en Corse et mériterait un entretien à la hauteur de ce patrimoine construit au Second Empire en utilisant des bagnards de l'époque et les hommes du Niolu.
Pour relier le col de Caprunale au col de Vergio, il est aussi beaucoup plus aisé d'éviter Guagnarola et de passer par bocca di Cuccavera (1475 m) et bocca à u Saltu (1391 m), puis le pont de Casterica (1164 m) très proche de la route D84 qui monte au col de Vergio.















Wednesday, November 1, 2023

GR 20 : retour à une fréquentation " normale " après un pic en 2022

Le sentier de grande randonnée accuse une baisse du nombre de nuitées par rapport à l'année dernière, selon le Parc naturel régional, et retrouve des chiffres équivalents aux années d'avant Covid.

Les années ne se ressemblent par sur le sentier de grande randonnée qui traverse la dorsale insulaire. Du nord au sud, en 16 étapes, le GR20 dessert une quinzaine de refuges dont la fréquentation varie d'une année à l'autre. Après une saison 2022 record, la fréquentation en 2023 affiche une baisse de l'ordre de 20 % pour retrouver son niveau d'avant Covid.

"On estime qu'entre 15 000 et 18 000 randonneurs ont parcouru le sentier en 2022, avance Benoît Vesperini, le chef du pôle montagne au Parc naturel régional de Corse. Le refuge de Manganu, le plus fréquenté, a enregistré l'an dernier 15 712 nuitées. Le refuge de Ciottulu, le moins fréquenté, dépassait les 8 000 nuitées. L'année 2022 a connu une fréquentation exceptionnelle, avec des taux de remplissage parfois à la limite de nos capacités d'accueil. On sortait de deux saisons perturbées par le Covid, les gens avaient des envies de nature et d'évasion. D'autre part, les gens qui avaient réservé mais n'ont pas pu venir à cause de la pandémie avaient des avoirs valables jusqu'en 2022. Alors que dans certains sites naturels, on a opté pour la mise en place de quotas, sur le GR, on a préféré attendre."

À Calenzana, village de départ du célèbre sentier, le gîte communal a encaissé plus de 8 000 nuitées en 2022, pour une recette dépassant les 90 000 €. Une fréquentation inédite qui a aussi permis la création d'une boutique de randonnée, A Partanza, afin de compléter l'équipement avant le départ.

Juin a été prometteur avant une baisse...

La saison 2023 a aussi démarré sur les chapeaux de roues, avec une affluence comparable à celle de juin 2022, bien qu'en légère baisse. Puis, les mois de juillet et août ont accusé une baisse plus franche. Et les perspectives pour septembre 2023 suivent la même tendance.

"On devrait terminer la saison avec une fréquentation de l'ordre de 12 000 à 15 000 passages, reprend Benoît Vesperini. On ne s'attend pas à un mois de septembre très chargé, alors qu'il y a eu du monde jusqu'à la fin, en 2022. Le taux de fréquentation précis ne sera connu qu'en fin de saison, mais on revient sur un taux d'occupation plus normal, équivalent à celui de 2019."

Chaque refuge du GR20 a une capacité moyenne de 100 places de bivouac et de 35 lits en bat-flanc. Pour favoriser la réservation, et connaître à l'avance le nombre de randonneurs attendus, le Parc naturel a adopté en 2023 une politique tarifaire très incitative. Ainsi, la nuitée en vente directe est facturée deux fois plus cher qu'une nuitée réservée.

"En 2022, il y avait encore 40 % des randonneurs qui arrivaient sans réservation, précise le chef du pôle montagne du Parc. Cela nous a posé des problèmes, parce que certains refuges étaient déjà complets. On voudrait tendre vers 100 % de réservation pour avoir une visibilité sur les stocks, la gestion de l'eau, la préparation des repas. Cette année, on a beaucoup plus de réservations. On attend la fin de saison pour faire le bilan mais il semble que ce soit une bonne chose en termes d'organisation."

Le comportement des randonneurs semble également évoluer. Ces dernières années, la part des hébergements privés a progressé sur le GR20, et le camping sauvage reste une réalité. Par conséquent, difficile de connaître le nombre exact de sacs à dos qui arpentent, chaque année, le célèbre sentier. 


Référence du 29/08/23 

 https://www.corsematin.com/article/societe/2519018876972715/gr-20-retour-a-une-frequentation-normale-apres-un-pic-en-2022

Les effets du changement climatique (6/7) : vers un tourisme plus résilient ?

Canicules, évènements extrêmes, recul du trait de côte : le changement climatique va poser des défis majeurs d'adaptation à l'industrie du tourisme.

Selon l'Insee, la consommation touristique finale en Corse équivaut à 39 % du PIB insulaire, cinq fois plus que la moyenne nationale. Cette dépendance pose la question de la vulnérabilité de cette industrie face au dérèglement climatique. Ainsi, les épisodes caniculaires, dont la fréquence devrait augmenter, ont un impact sur les comportements. Lors du mois caniculaire de juillet 2019, la Corse avait enregistré une baisse de fréquentation de 8 %, selon le cabinet Protourisme, la plus importante en Méditerranée, délaissée au profit de la Bretagne ou de la Normandie. 

"Nous avons cette année, dans les enquêtes menées auprès des vacanciers, constaté pour la première fois des mentions de la chaleur comme source de désagrément", indique Frédéric Petrucci, directeur de l'Agence de tourisme de la Corse (ATC).

Au-delà des questions liées au lissage de la fréquentation et de l'efficience économique, l'étalement de la saison est-il une réponse ? "Les épisodes caniculaires peuvent apporter un argument supplémentaire pour inciter les clientèles à opter pour des périodes météorologiquement plus clémentes. En 2022, 45 % des touristes sont venus pendant les grandes vacances, ils étaient 52 % en 2017", explique Frédéric Petrucci. Un problème auquel répond aussi la déconcentration des flux vers la montagne et les activités de plein air, estime l'ATC.

Par nature imprévisibles, les événements naturels violents perturbent aussi la demande. Ils "peuvent causer des annulations de voyage de dernière minute par mer ou en avion, comme cela s'est passé en décembre 2019", note le Centre d'études et d'expertise sur les risques et l'environnement (Cérema) dans son "analyse des effets du changement climatique en Corse" (2021). Rafales, inondations : l'île avait été traversée par la violente tempête Fabien, qui avait paralysé les lignes maritimes et aériennes durant 48 heures. Si pour le Cérema, il faut s'attendre à une augmentation des réservations et annulations de dernière minute, l'ATC indique ne pas avoir constaté cette tendance.

"Le risque zéro n'existe pas"

Le changement climatique influe aussi sur l'offre. "Le plus problématique pour l'appareil de production touristique corse est l'érosion du trait de côte sur le linéaire côtier oriental. Ce phénomène, partiellement lié au changement climatique, met en difficulté certains établissements. Des mesures préventives soutenues par la CdC ont été déployées pour essayer de mettre les établissements en sécurité", explique le directeur de l'ATC.

Autre secteur vulnérable : l'hôtellerie de plein air. Une jeune fille tuée par la chute d'un arbre sur sa tente au camping de Sagone et un homme dans un camping de Calvi, des centaines de vacanciers évacués, des dégâts matériels importants : la tempête d'août 2022 a démontré la précarité de ce type d'installation face aux événements climatiques extrêmes. Et la fragilité d'un poids lourd de l'industrie touristique : 4,4 millions de nuitées sur les 10,1 millions enregistrées entre avril et septembre 2022 en Corse. Un enjeu dont le secteur a pris la mesure, assure le président de la fédération corse de l'hôtellerie de plein air.

 "Nous étudions la relocalisation de tout ou partie de certains campings", indique Alain Venturi. Une mesure destinée à se prémunir de certains risques, notamment les inondations. "Cela soulève des problèmes administratifs. Si vous voulez déplacer des mobile homes ou des habitations légères, le PLU doit vous permettre de le faire", explique-t-il. "Concernant les zones qui abritent des tentes, on réfléchit à faire réaliser des examens par des spécialistes afin de sonder les arbres et d'identifier des fragilités", détaille Alain Venturi, qui convient toutefois que "le risque zéro n'existe pas".

Référence du  28/10/23

 https://www.corsematin.com/article/environnement/7675404895582515/serie-les-effets-du-changement-climatique-6-7-vers-un-tourisme-plus-resilient

Une fermeture de route officielle dans la vallée de la Restonica, et les gens lèvent la barrière!

 La fermeture hivernale

La fermeture hivernale de la D623 qui monte jusqu'aux Grutelle, devrait advenir sous peu. Beaucoup la jugent anticipée et aimeraient profiter plus longtemps du potentiel de cette partie de la vallée de la Restonica.

h bon ? Je ne savais pas que la route fermait pendant l'hiver'', s'étonne Augusta, qui a profité des douces températures matinales pour se promener dans la vallée de la Restonica. "Pourtant, j'y suis montée un hiver avec mes enfants quand il neigeait et la barrière n'était pas fermée, souligne la Cortenaise. C'est une chance d'avoir un tel endroit à proximité de la ville, alors tant que la météo le permet, j'en profite." Comme beaucoup d'autres, la jeune femme de 31 ans ignorait que la portion de la route départementale 623 allant du camping de Tuani jusqu'aux Grutelle, effectuerait prochainement sa fermeture annuelle.

"Deux à trois cents personnes sont déjà montées depuis ce matin", relate Théo Simonini, gérant du chalet des Grutelle qui l'assure : 

"Même quand la route est fermée, beaucoup prennent le risque de monter et ne tiennent pas compte de cette interdiction." L'accès à cette partie haute de la vallée semble donc davantage régi par la météo que par la barrière. "C'est l'état de la route qui pousse les gens à faire demi-tour, mais certainement pas la barrière, ajoute Théo Simonini. Il s'agit aussi bien des locaux que des touristes car tous veulent profiter de la neige et s'amuser avec les enfants. Ici il y a de quoi faire, alors pourquoi s'en priver..."

Une fermeture jugée inadaptée

"C'est beaucoup trop tôt pour fermer", estime de son côté Philippe, qui resserre son mousqueton avant d'escalader à nouveau l'un des imposants rochers qui longe la RD 623. Le Toulonnais de 53 ans, déjà venu au printemps dernier, juge cette fermeture trop anticipée. 

"Pourquoi ne pas la fermer lorsqu'il commence à neiger ? Je ne comprends pas. Beaucoup d'autres vallées adaptent leurs ouvertures et fermetures en fonction de la météo", commente-t-il. Il a beau n'avoir jamais été directement confronté à cette fermeture, le quinquagénaire l'assure : "Si les conditions le permettent, je monterai quand même, quitte à lever la barrière." Comme le font, finalement, beaucoup d'autres. Brice qui assure la sécurité de Philippe tandis qu'il escalade le rocher, se rend dix fois par an sur ce tronçon de la route pour "escalader, skier et faire de la rando". Et comme Augusta, il ne s'était "jamais aperçu que la route fermait".

Probablement parce qu'une fois la barrière ouverte par un usager, celle-ci le reste jusqu'à ce que quelqu'un ne décide de la refermer. C'est d'ailleurs ce qui est arrivé à Jean-François, qui s'était déjà rendu dans la vallée l'an dernier à la même époque. 

"La barrière était levée et je n'avais aucune idée que la route fermait, donc j'étais monté dormir là-haut à la belle étoile, et je me suis fait verbaliser", raconte le Gardois de 67 ans. "C'est dommage", souffle de son côté Brice. D'autant que pour lui, la fermeture hivernale ne tombe pas aux bonnes périodes. "Pour grimper dans des conditions météorologiques optimales, on ne peut le faire qu'à partir de l'automne jusqu'au début du printemps, donc cette fermeture tombe pile sur les moments où je pratique mes activités", déplore l'Ajaccien qui considère aussi que la fermeture advient trop tôt. "S'il y a un risque manifeste d'avalanche ou d'éboulement, ça se justifie, autrement il faut adapter cette fermeture aux conditions de neige. Ça pousse les gens à enfreindre une règle." Pas pour tout le monde visiblement : "Je n'irai pas ouvrir une barrière qui est fermée, c'est certain. Si elle est fermée, c'est qu'il y a une raison." affirme de son côté le sexagénaire. "En revanche, c'est sûr que cela représente une perte conséquente pour la population, les touristes et donc les commerçants", glisse-t-il.

La tenue, le 14 novembre prochain, d'une réunion entre la mairie et le service des routes de la Collectivité de Corse (CdC) sera-t-elle l'occasion d'évoquer ce sujet ? "L'ensemble des sujets propres au domaine routier, aussi bien dans le cadre des projets de l'ORT mais aussi de la Restonica, dont ce point-là, seront abordés", commente Xavier Poli. 

Référence du 02/11/2023

https://www.corsematin.com/article/societe/38153625417888/une-fermeture-de-route-officielle-pour-une-circulation-officieuse-dans-la-vallee-de-la-restonica

L'accès aux soins est devenu plus problématique en Corse qu'à l'échelle nationale; une solution bricolée dans le Niolu

 Pas vraiment un désert médical, mais pas bien lotie non plus, avec une moyenne de 323 médecins pour 100 000 habitants soit 20 points de moins que la moyenne métropolitaine. La Corse est une région de bas de tableau en termes de densité médicale. Un classement qui cache toutefois une forte disparité entre Corse-du-Sud et Haute-Corse.

Un nombre croissant de patients qui se retrouvent sans médecin traitant, des difficultés récurrentes pour obtenir un rendez-vous chez des spécialistes...

L'accès aux soins est une problématique de plus en plus aiguë à travers la Corse, en zone urbaine comme en milieu rural, même si la tendance cache des disparités en lien avec l'urgence ou non de la demande, la spécialité concernée ou encore le profil de la portion du territoire concernée. Et, de ce point de vue, l'écart se creuse entre l'île et la moyenne nationale selon l'étude que vient de publier l'Institut national de la statistique et des études économiques (Insee Corse).

En chiffres, voilà ce que ça donne : Au 1er janvier 2023, 1 126 médecins exercent en Corse, ce qui équivaut à une densité de 323 médecins pour 100 000 habitants contre 341 au plan national.

L'île est un peu mieux lotie en généralistes, 159 généralistes pour 100 000 insulaires contre 147 à l'échelle nationale, mais manque nettement de spécialistes; 164 spécialistes pour 100 000 habitants contre une moyenne nationale de 194.

S'agissant des soins dentaires et du maillage officinal, la balance pèse légèrement en faveur de l'île, 71 praticiens pour 100 000 habitants et 67 au national et 114 pharmacies pour 100 000 habitants contre 109, ce qui place l'île au 7e rang des 12 régions françaises, derrière l'Auvergne-Rhône-Alpes et juste devant le Grand Est. Toutefois, c'est la Corse-du-Sud, à l'évidence plus attractive pour la population médicale avec une densité de 350 praticiens pour 100 000 habitants contre 299 en Haute-Corse, qui permet de limiter le déclassement.

C'est en Provence-Alpes-Côte d’Azur que la densité médicale est la plus élevée, soit 409 médecins pour 100 000 habitants, dont 171 généralistes et 238 spécialistes. Le territoire attire aussi plus de chirurgiens-dentistes et de pharmaciens que la moyenne, respectivement 95 et 125 pour 100 000 habitants.

A contrario, la région la moins bien dotée est le Centre-Val de Loire, avec 256 médecins pour 100 000 habitants, soit 115 généralistes et 141 spécialistes. Une faiblesse des effectifs qui se retrouve chez les chirurgiens-dentistes (45 pour 100 000 habitants) et du côté des officines (104 pour 100 000)

Référence

du 01/11/2023

https://www.corsematin.com/article/sante/12061426504508/sante-lacces-aux-soins-est-devenu-plus-problematique-en-corse-qua-lechelle-nationale

Quand un enfant du village revient et sauve l'offre de santé du Niolu

Calacuccia; Dès janvier 2024, le Niolu aura de nouveau un médecin permanent. Originaire d'Albertacce, le docteur Jean-Paul Langlade a revu ses plans pour ne pas laisser tomber les patients de sa vallée d'origine. 
Depuis le 13 août 2023 et le départ de son unique médecin généraliste, le docteur Titus Ududec, la vallée du Niolu vit avec l'appréhension quotidienne de ne pas trouver de médecin permanent. Plusieurs pistes ont été étudiées, de la Corse jusqu'à la Roumanie. Aucune n'a été concluante. Jusqu'à la mi-septembre.
Le docteur Jean-Paul Langlade était à l'origine un sparadrap prévu dès janvier 2024 pour ralentir l'hémorragie d'un Niolu qui se retrouvait sans médecin. Une fois de plus. S'il ne devait à l'origine consulter que quelques jours par mois pour profiter d'une paisible retraite à Albertacce, le médecin de 63 ans, a finalement fait le choix du cœur : "Impossible de rester au Bar des amis sans rien faire, alors que des gens avec qui j'ai grandi et qui m'ont vu grandir ont besoin de moi." Car s'il exerce la médecine générale depuis 33 ans en Ariège, Jean-Paul Langlade, comme son nom ne l'indique pas, est bien Niulincu. "Ma mère était une Albertini, d'Albertacce. Forcément", s'amuse le médecin.

Docteur tout-terrain

Devant la mairie de Calacuccia, plusieurs habitants sont venus le saluer en amont d'une réunion sur sa future installation. "Il aime tellement son village qu'il vient y finir sa carrière", se réjouit le maire d'Albertacce, Pierre-François Albertini. Finir ? Plutôt prolonger. À 63 ans, le docteur Langlade repousse de cinq ans la retraite qu'il devait prendre au 1er janvier.

Avec deux cabinets dans les Pyrénées, Jean-Paul Langlade a roulé sa bosse dans les zones montagneuses et connaît les spécificités du rural, ses avantages et ses inconvénients. 
"Je suis également toujours médecin coordonnateur dans un Ehpad et je travaille souvent avec un public âgé", souligne le médecin. L'homme partage également une conviction, celle qu'une vie médicale est possible dans le rural, loin de la fatalité. Et cela commence par la coopération entre les professionnels de santé.

Une équipe de soins primaires existe déjà et est composée des infirmiers et du pharmacien de la vallée. "Elle est en sommeil. Mon rôle sera de l'animer pour une prise en charge pluridisciplinaire et de l'articuler avec les services sociaux car on a beaucoup de gens âgés qui vivent dans des conditions difficiles", indique Jean-Paul Langlade qui anime déjà une équipe de soins primaires en Ariège.

Espoir en cathéter

Également maître de stage, le médecin compte bien "créer les conditions pour attirer des étudiants en médecine pendant leurs stages", sans oublier le développement de la télémédecine. 
À 82 ans, Lucie avoue son soulagement : 
"On dort plus tranquille quand on a un médecin à proximité. Plus besoin de faire des heures de route." Récemment opérée du cœur, elle doit voir un médecin une fois par mois : "Pour l'instant je vais à Bastia ou à Corte mais c'est toute une organisation, assez fatigante. Et puis, en ville, les médecins ne prennent pas le temps de discuter. En plus, il parle corse. C'est parfait."

Référence

du  03/10/23

https://www.corsematin.com/article/sante/17616005332458/quand-un-enfant-du-village-revient-et-sauve-loffre-de-sante-du-niolu

Ces cimetières communaux au bord de la saturation en Cors

Les cimetières insulaires accueillent, en proportion, trois fois plus de défunts que ceux du Continent.

Dans l'île, le nombre d'enterrements est trois fois supérieur à la moyenne nationale, si bien que de nombreuses communes peinent à garantir des concessions aux administrés. Un casse-tête pour les élus qui doivent redoubler d'inventivité.

À la veille de la fête des morts, 2 nov 2023, cette période à laquelle les cimetières ne sont jamais aussi visités, le fleurissement des tombes n'est pas le seul sujet de préoccupation dans les communes insulaires. Il en est un autre qui taraude bien davantage les élus : comment pousser les murs ? 

"C'est un vrai souci, confie Mathieu Ceccaldi, le maire de Marignana. Nous avons trois cimetières pour plus de 400 tombes, et on touche les limites. Dernièrement, nous avons déplacé le columbarium afin de créer trois places supplémentaires, mais cela ne règle pas le problème. Le cimetière principal a fait l'objet d'une extension il y a une dizaine d'années, et nous envisageons d'en faire une nouvelle, car nous avons du mal à répondre aux demandes des familles."

La dernière demeure de la diaspora

Le sujet - plutôt explosif - prend de l'ampleur à mesure que le temps passe. Depuis le début de cette année, huit enterrements ont eu lieu dans cette commune d'une centaine d'âmes à peine. Soit huit fois plus que la moyenne nationale qui s'établit en général à une inhumation par an pour cent habitants.

À l'échelle de l'île, ce taux est trois fois supérieur à celui que l'on observe dans la France entière. Autrement dit, les cimetières insulaires accueillent, en proportion, trois fois plus de défunts que ceux du continent. Les raisons : une population plus âgée - les plus de 65 ans représentent 29 % des habitants contre 25 % pour la moyenne - et surtout les personnes de la diaspora qui choisissent la Corse comme dernière demeure.

Pour des raisons culturelles, la crémation est, en outre, un mode de sépulture moins répandu que sur le Continent. 

Résultat : de nombreux cimetières sont au bord de la saturation. Sonia en a fait la douloureuse expérience. Il y a trois ans, cette aide soignante a perdu sa mère des suites de la Covid-19, et a rencontré bien des difficultés pour lui trouver une place au cimetière. 

"J'ai essayé d'obtenir une concession dans la région d'Ajaccio, mais c'était presque impossible, explique-t-elle. J'ai donc abandonné et j'ai conservé l'urne funéraire chez moi, dans ma chambre, même si je sais que ce n'est pas légal."

Depuis décembre 2008, la conservation d'une urne dans un domicile familial ou une autre résidence est en effet interdite. Ce cas, pour autant, en dit long sur le parcours du combattant auquel doivent faire face nombre d'administrés, alors même que la législation impose aux communes de fournir à leurs résidents une place au cimetière.

Une difficulté encore plus importante en Corse, où les élus doivent répondre à des demandes de personnes originaires d'un village mais non domiciliées dans celui-ci. 

"Il est délicat de s'en référer strictement à la loi quand une famille vient vous voir pour enterrer un proche, même s'il n'habitait pas la commune, glisse un élu du Nebbiu. Il y a un attachement au village et des codes culturels qui font qu'il n'est pas possible de leur opposer une fin de non-recevoir."

"Nous construisons au-dessus des tombes"

Le culte des morts complique aussi la tâche des décideurs, en interdisant très souvent d'effectuer des reprises de concessions, y compris pour des sépultures en déshérence. Le maire de Santa Maria è Sicchè, Guillaume Gugliemi, connaît bien ce problème. 

"Une partie des concessions sont perpétuelles et, chez nous, elles sont depuis toujours gratuites, ce qui explique aussi la pléthore de demandes que nous recevons, glisse cet élu de la Pieve de l'Ornanu. Notre cimetière, qui s'étend pourtant sur 8 000 m2, arrive à saturation. Nous sommes contraints de demander aux familles qui ont des concessions de construire au-dessus des tombes, de monter en verticalité. Pour les autres, c'est compliqué. Nous envisageons une extension mais cela pose des difficultés foncières, cela nécessite des études de sol poussées, ainsi que des autorisations spécifiques." 

C'est dire si le sujet vire parfois au casse-tête. Avec une pointe d'humour qui en dit plus qu'un long commentaire, un élu des Dui Sevi résume cette situation à bien des égards insoluble : 

"Il y a quatre ans, un maire de la Loire avait pris un arrêté municipal interdisant à ses administrés de mourir pour dénoncer la pénurie de médecins. Pour la saturation des cimetières, on n'en est pas encore là, mais presque... " 

Référence

https://www.corsematin.com/article/societe/50451139374589/ces-cimetieres-communaux-au-bord-de-la-saturation-en-corse

Galeria et Manso: trois baigneurs piégés par une crue de la rivière Fangu

Conflits: touristes et crue dangereuse de la rivière Fangu

Les pompiers de Haute-Corse sont intervenus, vers 16 h 30 ce lundi après-midi 05/06/23, pour porter assistance à trois personnes, deux enfants et un adulte, en difficulté après une crue soudaine de la rivière Fangu.
Ces touristes d'origine allemande ont été évacués par l'hélicoptère Dragon 2B et les pompiers du Groupement de recherche et d'intervention en milieu aquatique. Aucun d'eux n'a été blessé. Les orages qui se succèdent en montagne rendent dangereuse la pratique de la baignade en rivière.

Référence

Conflits, élections, ballotage: cas de la commune de Manso, Balagne et Niolo, Haute-Corse

 08/06/23 :démissions d'élus en cascade et nouveau scrutin en vue à Mansu

Mais que se passe-t-il à la mairie du Mansu ? À mi-mandat, il reste aujourd'hui moins de la moitié des élus entrés en fonction en mars 2020. Entre le 8 avril et le 15 mai de cette année, ce sont les trois adjoints au maire ainsi que deux conseillers municipaux qui ont donné leur démission. Déjà, en juillet 2020, un premier conseiller municipal avait mis fin à ses fonctions. L'équipe municipale est désormais réduite à cinq élus. Une élection partielle, dont la date du premier tour est fixée au dimanche 9 juillet, doit avoir lieu. 
Pasquale Simeoni, 43 ans, est maire du Mansu depuis mars 2008. Ce cadre de la fonction publique a remporté l'élection de mars 2020 face à la liste menée par Ange Costa. Il dit ne pas comprendre la dissidence qui se dresse désormais face à lui. "Je n'ai aucune idée de la raison qui a fait démissionner mes trois adjoints ainsi qu'une conseillère municipale, assure l'édile. Factuellement, sur la gestion de la mairie, je ne comprends pas leur décision. Les projets en cours sont ceux présentés par notre liste en 2020. Nos finances publiques sont plus que saines. Les dépenses de fonctionnement sont au ras des pâquerettes et les investissements sont élevés. Le budget n'a rien de secret puisqu'il est à disposition de chacun en mairie. Franchement, je ne cerne pas le cœur du problème, je veux bien que l'on m'explique."
Pasquale Simeoni a-t-il fait face à un putsch raté avec la démission de la moitié de son équipe ? Beaucoup l'ont pensé dans la vallée. Avant une modification du code électoral en 2019, pareil cas de figure aurait mené vers une élection municipale complète. Un moyen de "refaire le maire" sans avoir à attendre la municipale de 2026.

"L'hypothèse d'un putsch raté n'est pas impossible, bien qu'assez invraisemblable, estime l'édile. En tout cas, c'est un coup de théâtre inédit sur la commune. S'il y avait eu des irrégularités, des problèmes de finances, j'aurai compris ces démissions. Mais là, à part la volonté d'organiser une municipale complète, je ne vois pas. En plus, j'avais annoncé depuis toujours que ce serait mon dernier mandat. Par contre, je resterai maire jusqu'à la fin, même si six personnes sont contre moi. Et je continuerai à travailler, à présenter des délibérations pour le village."-

Un élu "autocratique" selon la dissidence

Pour tenter de mieux comprendre la situation politique à Mansu, il fallait aussi donner la parole aux démissionnaires. Certains parmi ces derniers souhaitent s'éloigner de la vie publique, d'autres pourraient être de retour dès l'élection du 9 juillet. C'est le cas de Francis Olari, meneur de fait de la dissidence.
"La réalité ne correspondait plus aux rôles attribués à chacun, estime cet artisan de 62 ans vivant sur Ajaccio. En tant que premier adjoint, j'ai été destitué de mes délégations de gestion du personnel et de suivi des travaux. Je n'ai plus eu mon mot à dire. Souvent, on se retrouve devant le fait accompli. On nous a même changé la serrure de la mairie. Petit à petit, on nous a poussés vers la sortie. Le maire fait tout seul, en affirmant être le patron. À force d'entendre cela, le vase déborde. Je ne critique pas sa gestion de la commune mais bien ses rapports humains très particuliers. C'est un problème de forme plus que de fond."
Pasquale Simeoni n'entend pas démissionner et restera donc aux commandes jusqu'à mars 2026. Il pourrait toutefois être minoritaire dans son propre conseil, ce qui risque de bloquer le jeu démocratique.
 "Il restera maire, mais nous ferons en sorte de remettre de l'ordre et de redistribuer les rôles à chacun, reprend Francis Olari. Il nous faudra aussi rassembler un maximum. Les familles ont été séparées, des gens ne s'adressent plus la parole, on veut faire en sorte que dans trois ans, il n'y ait qu'une seule liste menée par des jeunes."
Les noms des six candidats autour de Francis Olari sont déjà en partie connus. On y retrouve la conseillère démissionnaire Audrey Falconetti, le jeune informaticien Jean-Roch Santucci, le candidat en 2020 Ange Costa et Gérard Maestracci, un retraité de 76 ans qui a l'expérience de la politique. 
"Pasquale Simeoni a une gestion autocratique de la commune, regrette celui qui a fait deux mandats de conseiller municipal dans une commune du Var. On lui reproche de séparer les familles. En s'entêtant, il a provoqué une situation devenue ingérable. Son équipe est borderline, toujours en limite de la légalité. Ils ont poussé l'employé communal vers la sortie, alors que c'était un agent extraordinaire. De plus, notre maire n'est jamais là puisqu'il travaille à Bastia. Ma crainte, maintenant, c'est qu'on va se retrouver dans une situation de blocage si le maire s'accroche encore à son poste. S'il en avait eu le courage, il aurait démissionné et nous aurions refait une élection complète."

"Je ne suis pas en campagne, je suis aux responsabilités"

De son côté, le maire ne compte pas s'impliquer dans l'élection du 9 juillet. "Je ne présenterai personne, je ne suis pas en campagne, je suis aux responsabilités, estime-t-il. Toutefois, il y a une liste que je soutiendrai officiellement. Il risque d'y avoir des démissionnaires qui se représentent en face. Je trouve que ça n'a aucun sens. "

Jusqu'à mars 2026, la vie politique à Mansu risque d'être bien compliquée...

09/06/23 : démissions en cascade à la mairie de Mansu

Le conseil municipal de Mansu, en Balagne, a connu six démissions d'élus depuis le début du troisième mandat de Pasquale Simeoni, en mars 2020. Si la première démission remonte à juillet 2020, les cinq autres sont récentes et s'échelonnent entre avril et mai 2023. Une élection municipale partielle est d'ores et déjà prévue pour les 9 juillet et 16 juillet, en cas de second tour. Les raisons de ces démissions ne sont pas clairement connues.

Référence



Conflits : la non-construction de 29 logements sociaux et de 8 villas à proximité de la chapelle de Calenzana

 François Colonna d'Istria a souhaité répondre aux arguments du tribunal administratif et de l'association U Levante qui ont motivé la non-construction de 29 logements sociaux et de 8 villas à proximité de la chapelle de Calenzana

Les engins de chantier ne viendront pas, en face de la chapelle Sainte-Restitude de Calenzana. La cour administrative d'appel de Marseille a confirmé en juin 2023 la décision prise en première instance : le permis d'aménager un lotissement de huit lots à bâtir, ainsi que le permis de construire de onze bâtiments comprenant vingt-neuf logements sociaux, sont tous deux annulés. La commune de Calenzana avait délivré ces permis en 2020, se félicitant du caractère social de ce projet et de la perspective de loger une trentaine de familles non loin du village. Mais dans cette affaire, l'association de défense de l'écologie U Levante a eu gain de cause.

"Malgré le code de l'urbanisme qui interdit les constructions en discontinuité, le maire de Calenzana avait délivré deux autorisations d'urbanisme pour deux très gros projets immobiliers sur 1,8 hectare d'espaces stratégiques agricoles constitués de terrains plats et très fertiles situés dans une magnifique oliveraie" expliquait l'association.

Quelques semaines après la parution d'un article dans Corse-Matin, relatant la décision du TA, le propriétaire des terrains concernés par la promotion a souhaité sortir du silence pour dire son indignation et son incompréhension. François Colonna d'Istria souhaite aussi se défendre des allégations portées à son encontre.

"Je ne suis ni le porteur du projet, ni un spéculateur, ni même un professionnel, tient à préciser le septuagénaire. Ces propriétés sont dans la famille depuis des temps immémoriaux. Nous les avons toujours exploitées et entretenues, nous y avions des vignes, nous y récoltions les olives. Il y a effectivement eu un projet, qui n'avait rien de spéculatif. Voyant les difficultés qu'ont les jeunes à accéder à la propriété, je me suis dit que, dans le droit fil de ce qu'a fait ma famille pour la commune, je pouvais faire quelque chose. Je me suis rapproché du Logis corse, demandant s'ils pouvaient réaliser un programme à connotation sociale, pour notre jeunesse et à un prix abordable. Sur les 29 logements sociaux, une moitié se destinait à de l'accession à la propriété et l'autre moitié à de la location. Je m'étais engagé à vendre ce terrain aux Logis corses pour moins de 45 € du mètre carré. C'est un tarif très en dessous du prix du marché. D'autre part, je me suis aussi engagé, puisqu'il était question que la commune termine l'assainissement de la zone de Sainte-Restitude, à participer à hauteur de 180 000 euros sur le fruit de la vente aux Logis corses. En contrepartie, je voulais faire un lotissement de huit lots, sur un terrain total de 17 ha, sans détruire aucun olivier puisque les maisons auraient été implantées au milieu."
Dans cette affaire où s'opposent écologie et besoins sociaux, l'arbitrage ne pouvait être que délicat. Au terme, la satisfaction d'U Levante est sans doute à la hauteur de la déception du propriétaire.

"Je suis un particulier épris de l'intérêt public"

François Colonna d'Istria est le petit-fils de Joseph Marini, maire de Calenzana durant un demi-siècle, et le neveu de Philippe Marini, qui a fait un mandat au tournant des années 1980. Dans la lignée de ses aïeux, François Colonna d'Istria a aussi porté l'écharpe durant les années 1990.
"Je suis indigné, au plus profond de moi-même : s'il y avait bien un projet qu'il aurait fallu regarder de plus près, c'est celui-là. Je crois que c'est le seul en Haute-Corse qui émane d'un privé qui contacte un organisme social, qui fait un prix aussi abordable et participe à la construction d'un équipement communal. La contrepartie, c'est huit lots dont deux réservés à mes enfants. Je suis d'autant plus amer au regard de l'héritage familial. Les Marini ont donné à la commune les sources des Nove ochji, pour l'alimenter en eau. Mon grand-oncle a donné le terrain du stade, dans le village, en échange d'un pierrier dans la plaine. Je voulais m'inscrire aussi dans cette lignée-là. Mais je constate que la somme des intérêts particuliers ne fait jamais l'intérêt général. Le projet est terminé, je n'y donnerai plus suite, par dégoût, et par indignation. J'interpelle U Levante à propos des termes de spéculation et de promotion. Ce sont des mots que je réfute ! Je les invite à trouver d'autres particuliers qui se sont comportés comme je l'ai fait, dans l'intérêt de ma commune. Tel un particulier qui a toujours été épris de l'intérêt public."

Voir les commentaires pour y analyser cette conflictualité 

Référence

Tempête du 18 août 2022 en Corse : dans les campings, un souvenir douloureux


Deux des cinq victimes de la violente tempête du 18 août ont perdu la vie dans des campings, un homme de 46 ans à Calvi, une enfant de 13 ans à Sagone.

Au camping Le Sagone, plus personne n'occupe l'emplacement numéro 103. C'est là où, le 18 août 2022, peu après 8 heures du matin, un arbre, déraciné par une tornade, s'était abattu sur une tente occupée par deux jeunes sœurs autrichiennes. L'aînée, âgée de 13 ans, y avait perdu la vie, un autre membre de la famille était grièvement blessé. 

Au même moment à Calvi, au Club Olympique, un homme de 46 ans mourait dans son bungalow, écrasé lui aussi par un arbre, tandis que le camping Dolce Vita était dévasté et une cliente Italienne se retrouvait en état d'urgence absolue.

Le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin arrivait à Sagone en fin d'après midi, déplorant un phénomène météorologique aussi imprévisible que violent. La préfecture publiait un arrêté interdisant le couchage sous tente, la mesure entraînant ainsi l'évacuation d'une partie des campings de Corse, le temps de lever l'alerte.

Le 18 août, l'alerte n'avait été donnée qu'à 8 h 30 par la préfecture, "soit 20 minutes après le drame", précise-t-il. 

"Nous avions eu une alerte jaune la veille, mais des alertes de ce type, on en reçoit tout le temps ! La vérité est que Météo-France n'a pas les outils pour prévenir ce genre d'événements." Au lendemain du drame, tous les arbres du camping ont été expertisés. "Nous avons marqué et coupé tous ceux qui présentaient une fragilité. Certains arbres qui sont tombés ce jour-là étaient pourtant bien enracinés, mais ils ont été vrillés par le derecho (phénomène météorologique qui produit de très fortes rafales ndlr)."

Contrairement au camping Dolce Vita à Calvi qui avait dû fermer ses portes plusieurs jours en raison de dégâts trop importants, à Sagone, seul un bungalow a été totalement détruit. 

"Ici, la plupart des tentes ne se sont même pas envolées, la tornade a dévasté certains endroits seulement. Plusieurs clients de retour cette année, et qui avaient pourtant tout perdu ce jour-là, nous ont dit que nous n'étions pas responsables du malheur qui est arrivé", souligne le propriétaire.

La grande majorité du personnel qui travaillait l'année dernière a renouvelé son contrat pour la saison. Plusieurs employés ont bénéficié d'un suivi psychologique, à l'initiative d'Éric Cascio.

"Ils en avaient besoin. Aujourd'hui, tout le monde évite le sujet, mais, forcément, on y pense tous, dit-il tristement. Nous n'avons plus de contact avec cette pauvre famille. Que leur dire ? On n'ose pas. Nous avons planté un olivier à l'endroit où c'est arrivé, c'est la seule chose que nous pouvions faire... et nous souvenir."

Référence

 https://www.corsematin.com/article/societe/69848256962646/tempete-du-18-aout-2022-en-corse-dans-les-campings-un-souvenir-douloureux

VIDEO: La nouvelle statue de Notre-Dame de la Serra, Calvi, a retrouvé son rocher et le traditionnel pèlerinage du 8 septembre.

Après deux tentatives, la nouvelle statue de Notre-Dame de la Serra a retrouvé son rocher

La statue avait été endommagée après un coup de foudre le 2 septembre 2022. 

La nouvelle statue de Notre-Dame de la Serra a finalement pu être érigée, ce jeudi 7 septembre, à Calvi, aux alentours de 19 heures. Deux entreprises locales ont offert leur concours pour le grutage et la pose de la Vierge mais un problème technique a retardé la pose de la statue et contraint les ouvriers à effectuer une seconde tentative. 

Un peu plus d'un an après le coup de foudre qui avait endommagé la statue de Notre-Dame de la Serra, une nouvelle Madone est sur le point d'être érigée. Fabriquée dans le marbre de Carrare, en Italie, la nouvelle statue a été financée grâce aux généreux dons des paroissiens. Elle était arrivée au chantier naval de Calvi le 24 août dernier.
C'est un moment attendu et espéré depuis longtemps, et qui intervient la veille des fêtes du 8 septembre.

Réference

Notre Dame de la Serra

Il s’agit de la chapelle de Notre Dame de la Serra, édifiée au XV siècle (1479) inscrite au patrimoine religieux calvais. Quant à la sculpture, elle représente la vierge Marie, les calvais lui ont confié la protection de la cité et lui consacrent depuis 500 ans un pèlerinage.

Perchée sur la colline dont elle porte le nom la chapelle de Notre-Dame de la Serra a été construite en 1479. Détruite par les Anglais lors du siège de 1794, elle sera reconstruite entre 1850 et 1860 sur les ruines de l’ancien sanctuaire. Juste à côté de la chapelle, il y a un énorme rocher sur lequel se trouve la statue de la Vierge avec les bras ouverts vers Calvi, telle une protectrice. La légende de Notre Dame de la Serra dit que si vous y venez avec l’être cher, vous assurez longévité à votre histoire et à votre couple…

De là, on domine toute la ville et toute la baie avec en fonds la punta de Spano, et par beau temps, le désert des agriates et le cap Corse. C’est très beau en été, mais c’est encore plus extraordinaire l’hiver avec sur la droite toute les montagnes enneigées.

Réference


Autres patrimoines religieux de Calvi

  • Chapelle Notre Dame de Loreto (Madonna di Loretu) proche de la mairie.
  • Chapelle Santa Maria Vecchia ruinée, située dans le centre-ville, en face la sous-préfecture, surplombant l'avenue de la République (RN 197). La chapelle Santa Maria avait été élevée au début du xviie siècle ; elle prend plus tard le nom de Santa Maria Vecchia. Cette chapelle funéraire est tout ce qui reste de l'ancienne basilique Santa Maria. Le cimetière aux alentours a continué d’être fréquenté jusqu'au xixe siècle par les Calvais très attachés au site de cette vieille basilique.
  • Notre-Dame de la mer : Vierge haute de soixante centimètres; sculptée et offerte par Anne-Marie Moretti. Elle a été immergée en 2004 par 20 m de profondeur au large de la pointe Saint-François.

Liste des chapelles de Haute-Corse


Liste des églises de Haute-Corse


intrusion saline dans la nappe de la Figarella, aquifères de Calvi; danger de l'eau devenue non-potable?

 intrusion saline dans la nappe de la Figarella

Dans l'aquifère côtier qui alimente la commune de Calvi, la salinité de l'eau augmente légèrement chaque été. Techniciens et scientifiques surveillent ce phénomène de biseau salé que des puits et forages non déclarés pourraient amplifier.

Comment est gérée l'eau sous nos pieds ? 

Si le niveau d'un cours d'eau ou d'un barrage apparaît à la vue de tous, ce n'est pas le cas de la ressource souterraine. En Balagne, où l'eau est un peu plus rare et un peu plus chère qu'ailleurs en Corse, il existe de nombreux puits et forages dont une partie n'est ni contrôlée, ni recensée. Cette extraction "sauvage" de l'eau peut-elle mettre à mal la ressource ? Une nappe côtière trop sollicitée peut être victime d'intrusions salines qui rendraient son eau non potable.
Sur la commune de Calvi, la nappe de la Figarella, en contrebas de l'aéroport, fournit une partie de l'eau qui alimente la ville. L'office de l'équipement hydraulique y exploite quatre forages, tous rigoureusement contrôlés sur la qualité comme sur la quantité. "Il y a un arrêté préfectoral qui définit la quantité maximale de prélèvement, indique Ange de Cicco, le directeur de l'office de l'équipement hydraulique de la Corse. Nous sommes plus stricts que l'arrêté, nous n'atteignons jamais les limites, afin de préserver la nappe des intrusions salines. En saison estivale, nous basculons sur le barrage de Codole, qui devient la principale alimentation en eau de Calvi."

Besoins

Une ville de la taille de Calvi a besoin d'environ 850 000 mètres cubes d'eau par an. En tenant compte de pertes sur le réseau de l'ordre de 15 %, cela équivaut à 1 million de mètres cubes puisés dans les différentes sources d'alimentation. La difficulté est que les besoins les plus importants interviennent l'été, lorsque la ressource est le moins disponible. "Calvi, comme d'autres villes de Corse, cumule les risques, estime Frédéric Huneau, hydrogéologue à l'Université de Corse. Elle est très touristique, elle est située sur le littoral et puise son eau dans la rivière voisine, le champ captant de la Figarella. Le niveau de la nappe diminue durant l'été, et cela induit une arrivée d'eau de mer en profondeur. L'eau se charge progressivement en minéraux ; on parle d'un taux de conductivité. Au-delà de 1,5 gramme de minéraux par litre d'eau, elle n'est plus considérée comme potable car elle ne correspond plus à un usage courant. Ce 1,5 gramme, ce n'est pas énorme, il y a des eaux minérales qui sont au-dessus."

Risques

Lorsque la salinité de l'eau commence à croître, l'office hydraulique réduit son volume de pompage. Un système de monitoring permet une surveillance quotidienne de ce phénomène naturel bien connu des scientifiques, mais pas du grand public. "L'arrivée de l'eau de mer se fait très progressivement, on peut la détecter et ralentir ou arrêter le forage, reprend Frédéric Huneau. Une bonne surveillance, c'est ultra-stratégique. Au retour des pluies, le biseau salé va être expulsé vers la mer par simple écoulement gravitaire. On retrouve alors de l'eau exploitable. Mais en cas de très forte intrusion saline, la salinité va rester dans le sol et maintenir une salinisation résiduelle sur le long terme. Cela mettrait de nombreuses années à se résorber. Cela s'est déjà vu dans toute la frange aride de la Méditerranée, en Espagne, en Tunisie."

Le BRGM, ou Bureau de recherches géologiques et minières, est en charge de l'étude des sous-sols en France. Ses services éditent une "banque des sous-sols" dans laquelle apparaissent des aquifères ainsi qu'une partie des ouvrages de prélèvement d'eau souterraine. "Durant l'été 2017, deux forages du champ captant de la Figarella avaient été contaminés par un rentrant salé, glisse Baptiste Vignerot, le directeur BRGM de Corse. Il avait fallu arrêter leur exploitation le temps de faire redescendre le taux de conductivité. Le risque de biseau salé existe, il est repéré chaque été en aval de la route territoriale. Il est extrêmement suivi, au même titre que les aquifères du Fiumorbu ou du Bevincu, qui peuvent avoir le même problème."

grandeur principale

Ces deux dernières années, l'office hydraulique a puisé une moyenne de 540 000 mètres cubes par an dans la nappe de la Figarella. Un volume qui tend à baisser puisque ces trente dernières années, c'étaient en moyenne 833 000 mètres cubes qui étaient puisés. Difficile de s'imaginer, en circulant en voiture entre le rond-point de Calenzana et celui de l'aéroport, qu'un aquifère de plusieurs dizaines d'hectares, et profond de 15 à 20 mètres, se trouve sous nos roues. "Les eaux souterraines, c'est notre principale ressource en eau douce, rappelle Frédéric Huneau. Ceux qui la gèrent, ils gèrent l'invisible. La plupart des gens ont une assez mauvaise conception de ce qui se trouve sous nos pieds."

Réference

2023; à la découverte du centre de recherche scientifique la Stareso, Calvi

 La station de recherches océanographiques de la Revellata, à Calvi, organisait hier un après-midi portes ouvertes auquel plus de 150 visiteurs aux profils variés se sont présentés. Visite guidée, ateliers et conférences étaient au programme.

Toute l'équipe - soit une vingtaine de scientifiques et de techniciens - était mobilisée pour accueillir le public lors de cet après-midi exceptionnel.

"C'est historique, c'est l'une de nos premières journées portes ouvertes depuis de très nombreuses années, s'enthousiasme Michel Marengo, le directeur scientifique de la station. Il y avait une vraie attente de la part du public, et on s'est dit qu'à l'occasion de la fête de la science, on accueillerait tous ceux qui le souhaitent. La Stareso est assez excentrée, à la pointe de la Revellata, cela fait notre spécificité en termes de recherches, car l'environnement est exceptionnel, mais on est moins accessibles au grand public. Alors, pour compenser notre isolement, on fait pas mal de sensibilisation auprès des écoles, des scolaires en général et des universités. Mais pour le grand public, c'est quasiment une première."

Les drones sous-marins, stars de cette journée

Par la mer ou par la terre, parfois à pied, plus de 150 visiteurs se sont présentés. Des navettes avaient été mises en place pour faciliter la logistique car il est très difficile d'accéder à la Stareso avec une simple voiture, la piste de plusieurs kilomètres étant en mauvais état. Les enfants, particulièrement, apprécient le matériel exposé sous leurs yeux.

Les drones sous-marins, capables de filmer et de retransmettre les images en direct, ont été l'objet de toutes les attentions. 
"Ce sont des ROV (pour "Remotely Operated Vehicles", ndlr), ils nous servent à faire de la prospection sous-marine, en complément du travail des plongeurs, vulgarise Hervé Arranz, le technicien pilote. Pédagogiquement, pour les élèves et les étudiants, ça permet de montrer en direct ce qui se passe sous l'eau. Aussi, ces ROV nous permettent d'aller dans des profondeurs beaucoup plus grandes. Alors que nos plongeurs se limitent à 40 mètres de fond, ces appareils peuvent descendre jusqu'à 300 mètres. De plus, alors qu'un plongeur va rester 30 minutes sous l'eau, un ROV peut y rester plusieurs heures. Le plongeur et la machine sont complémentaires." 
Ces portes ouvertes étaient aussi l'occasion d'accueillir des intervenants extérieurs comme Jérémie Simeoni, du comité régional des pêches de Corse, dont la mission est de sensibiliser les usagers de la mer au respect de l'environnement.

Parmi les visiteurs se trouvaient aussi des étudiants en sciences, dans d'autres domaines que la mer, mais capables de pousser la technicité des conversations vers des domaines de pointe. On entend alors parler de conductivité, de turbidité, de déplacement de phytoplancton.

Référence

2023 octobre ; la folie de l'immobilier à Calvi, Corse

 A cause des prix élevés de l'immobilier à Calvi, la commune va basculer en zone A

La cité balanine change de statut et rejoint Porto-Vecchio, Bonifacio et Ajaccio au classement des villes corses dans lesquelles il est particulièrement difficile de se loger. Un changement qui facilite notamment l'accès au prêt à taux zéro.

Calvi, commune la plus chère de Haute-Corse ?

Avec un prix moyen du mètre carré à l'achat de 5 144 € (selon le site seloger.com en août 2023, N.D.L.R.), Calvi surpasse largement Bastia (3 428 €), Corte (3 210 €) et Ghisonaccia (3 007 €). La cité balanine est, en revanche, nettement derrière Porto-Vecchio et ses 5 850 € du mètre carré.



Soupçonnée d'irrégularités financières par la chambre régionale des comptes de Paca pour des promotions immobilières réalisées à Calvi, Lucciana et Belgodère, la société d'économie mixte d'expansion de La Valette-du-Var, Semexval, est à nouveau la cible de l'opposition municipale calvaise qui juge inacceptable que la mairie ait confié, en février 2021, la quatrième phase de la construction de Campu Longu, à l'aménageur public.
Le 19 mars 2021 la chambre régionale des comptes publiait un rapport sur la gestion de la Semexval dans lequel Les magistrats relevaient plusieurs "insuffisances" et "irrégularités" commises entre 2010 à 2018 en Corse par cette société d’économie mixte d’expansion. Selon nos confrères de France Bleu Provence
 "l’examen approfondi de certaines opérations immobilières, parmi lesquelles on retrouve la construction d’une centaine de logements à Calvi, d’un lotissement de 110 villas de standing à Bélgodere, révèle "des irrégularités importantes" dans le montage financier mais aussi, pour le programme de Calvi, dans le processus d’attribution des logements." 

Référence