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Sunday, November 19, 2023

Couverture 3G, 4G, 4G+, 5G en Corse, services numériques, télétravail; Coût si qu'en mode mobile sans Box.

 

La grandeur principale:  le débit Mb/s

Orange a été classé meilleur réseau internet mobile au premier en 2021 (et en 2020) par nPerf. En termes d'internet mobile, il est au-dessus de la compétition même si Free Mobile le talonne désormais. Orange a ainsi le :

  • Meilleur débit descendant : 76,43 Mb/s
  • Meilleur débit montant : 11,44 Mb/s
  • L'un des meilleurs temps de réponse : 37,26 ms (contre 50,44 ms en 2020)
  • Meilleur indice de performance en navigation :  72,77 % (contre 68,59% en 2020)
  • Meilleur indice de performance en streaming : 75,16 % (contre 84,74 % en 2020)

En janvier 2022, Orange est élu meilleur réseau mobile de France en débit montant et descendant selon UFC Que Choisir. L'opérateur affiche une vitesse moyenne de 61,5 Mb/s en téléchargement. Il est largement en tête face à la concurrence. Sur la voie montante, la vitesse de connexion moyenne est de 12,8 Mb/s.

La loi 

Pour avoir une carte SIM, il faut:

  • Votre pièce d'identité originale (hors permis de conduire).
  • Un relevé d'identité bancaire (RIB) 
  • Un justificatif de domicile de moins de 3 mois

Il n' y a que 4 fournisseurs

Ci-dessous: prix au 20 nov 2023.
TOUT les forfaits sont sans
 Engagement.

Forfait 100Go 5G Orange

16,99 €/mois; pendant 6 mois puis 31,99 €/mois

10€ carte sim

services

Deezer premium; 1€/mois pendant 3 mois puis 10,99€/mois

netflix essentiel  8,99 € /mois

SOSH pas en boutique que en ligne

100Go 5G: 13,99€/mois

130Go 5G: 15,99€/mois

carte sim: 10 €

SFR

100 Go 5G; 15.99€/mois

Pendant 6 mois puis 30,99€/mois

11€ carte sim

services 

Dont 90 Go partageables avec SFR Family.

Deezer :7€/mois pendant 12 mois puis 10,99€/moi

Netflix Essentiel à 10,99 €. Vous pouvez souscrire Netflix Standard avec pub 5,99 €/mois, Netflix Standard sans pub à 13,49 €/mois ou Netflix Premium à 19,99 €/mois lors de l’activation de votre compte Netflix.

Netflix Standard et Bouquet Famille à 13,49 € par mois au lieu de 23,49 €. Vous pouvez souscrire Netflix Premium pour 4,50 €/mois supplémentaire.

RED

Forfait mobile sans engagement

200Go 5G à 17,99€/mois

option 5G offerte

ou

100Go 16;99€

20€ carte sim en boutique sfr

Bouygues B@You (sans engagement)

100Go/mois; 13.99/mois +5G 3€/mois

200Go/mois; 17.99/mois +5G 3€/mois

Série Free

120 Go en 4G/4G+ 12.99€/mois pendant 1 an, puis Forfait Free 5G à 19.99€/mois

Forfait Free 5G

250 Go 19.99€/mois

(9.99€/mois pour les abonnés Freebox Pop)

Service

Application Free Ligue 1; Accès premium inclus

Comment savoir la quantité de Go en un mois?

Seulement, pour estimer ses besoins en data, encore faut-il savoir combien de gigas consomme chaque usage. Pour vous aider dans vos calculs, voici quelques exemples, à commencer par le volume des données nécessaires pour regarder des vidéos sur les principales plateformes de vidéos en streaming :

sur YouTube 

en qualité standard (480p) : jusqu'à 0,56 Go/h
en définition par défaut (720p) : jusqu'à 1,86 Go par heure
en HD : jusqu'à 3,04 Go par heure
en 4K : jusqu'à 15,98 Go par heure  

sur Netflix 

en qualité standard : jusqu'à 1 Go par heure
en HD : jusqu'à 3 Go par heure
en Ultra HD 4K : jusqu'à 7 Go par heure
une heure de contenu téléchargé : 0,25 Go 

sur Disney + 

en qualité standard : jusqu'à 0,6 Go
en HD : jusqu' à 2,2 Go
en Ultra HD 4K : jusqu'à 5,1 Go
une heure de contenu sauvegardé : 1 Go 

sur Amazon Prime Video 

en qualité standard : jusqu'à 0,9 Go
en HD : jusqu' à 2 Go
en Ultra HD 4K : jusqu'à 5,8 Go

Voilà pour les principales applications de vidéos en streaming. Mais, qu'en est-il des autres usages sur un smartphone qui consomment de l'internet mobile ?

Sur Spotify ou sur Deezer,

avec une qualité sonore normale, vous consommez
43 Mo par heure de musique écoutée,
72 Mo avec une qualité sonore élevée.

Jeux comme Fortnite, facebook...

 De son côté, un jeu vidéo comme Fortnite consomme 100 Mo/heure. Soit autant que les réseaux sociaux comme Facebook et Instagram. 

Autres

Et pour le reste, Orange estime à 2 Mo la consommation d'internet mobile par heure d'utilisation sur une messagerie instantanée, à 12 Mo une heure de navigation sur le web, à 1 Mo une centaine de mails sans pièce jointe et à 50 Mo une centaine de mails avec pièce jointe.

Google maps, Waze

Enfin, on aimerait pouvoir vous dire quelle est la consommation en internet mode Waze ou de Google Maps. Mais, c'est trop aléatoire selon les trajets et le volume d'informations signalées pour vous donner une estimation. Seule certitude: ces deux applications ne sont pas tout gourmandes en gigas, contrairement à ce qu'on pourrait croire. 

Molotov

Molotov.tv vous propose plusieurs options pour surveiller votre consommation en ajustant la qualité des vidéos. Avec le mode Faible, vous consommerez 1 Go de données pour quatre heures de visionnage. Le mode Standard réduit la durée à deux heures pour la même quantité de données et le mode Élevé à une heure seulement

Pour surveiller votre consommation de données si vous utilisez Molotov.tv avec une connexion 4G et non à travers un réseau Wi-Fi, appuyez sur la roue crantée en haut à droite de l'écran (sur Android) ou sur l'icône en forme de silhouette en haut à gauche de l'écran sur iPhone.

Evolutions

Pour information, depuis plusieurs années, la consommation des données mobiles ne cesse d’augmenter avec l’accroissement des usages en mobilité. D’après le dernier observatoire des consommations électroniques en France réalisé par l’ARCEP, l’usage des données mobiles sur les réseaux 4G continue de progresser à un rythme soutenu. La consommation moyenne de data en 4G par utilisateur est de 15,4 Go (au 30 juin 2023).

Au fil du temps, nos usages évoluent, et nous consommons de plus en plus de données mobiles. Toujours selon l'ARCEP, le nombre moyen de gigas utilisés tous les mois en France et par utilisateur a en effet augmenté de 37% en 2018, de 29% en 2019, de 20% en 2020, de 22% en 2021 et encore de 26% aux premier et deuxième trimestre 2022. Et, cette tendance ne risque pas de s'arrêter.

Controler la quantité Go

Afin d’éviter les mauvaises surprises sur votre facture mobile en cas de dépassement de votre enveloppe web ou encore pour ne pas rester à court de data, il est important de suivre sa consommation internet mobile. 

Sur iPhone,  les données mobiles consommées sont visibles dans les réglages de votre smartphone Apple :

  1. Rendez-vous dans le menu "Réglages",
  2. Puis "Données cellulaires",
  3. Faites défiler l’écran jusqu’en bas, puis cliquez sur "Services système".
  4. Vous pouvez ainsi consulter les statistiques de consommation de données d’une app sur la période en cours et les statistiques de consommation de données pour chaque application.

Avec un smartphone sous Android, vous pouvez aussi mesurer vos données mobiles. Pour cela :

  1. Ouvrez l’application « Paramètres »,
  2. Puis cliquez sur « Réseau et Internet » et « Consommation des données »,
  3. Sous la partie « Mobile », vous pouvez consulter la quantité totale de données mobiles que vous avez consommez.

Vous pouvez aussi retrouver votre consommation de gigas sur votre espace client (ou sur votre facture). Mais, vous n'aurez pas le détail application par application mais uniquement votre consommation mensuelle de data.

Selon Ericsson, la consommation mensuelle d'internet mobile des usagers est aujourd'hui de 10 Go et  pourrait grimper à 35 Go d'ici 2026, soit une augmentation de 250%. Et, à cette même date, un utilisateur sur cinq pourrait consommer 200 gigas de data. 

Et, sans surprise, c'est le streaming video qui représente la plus grosse partie de cette consommation. Il pèse aujourd'hui 66% du trafic mobile. Une proportion qui pourrait grimper à 77% à l'horizon 2026. 

Calendrier fermeture des services 2G et 3G

Orange, SFR et Bouygues Telecom ont dévoilé leur calendrier de fermeture des réseaux 2G et 3G en France. Du côté de Free Mobile, on a déjà tourné la page de la 2G.

En février 2023, il n’y a que Free Mobile qui n’a exposé de calendrier de fin pour la 2G et la 3G. Il faut toutefois noter que la 2G chez Free Mobile est déjà inactive. Comme on peut le voir dans l’observatoire de l’Agence nationale des fréquences, aucun site 2G n’est en service chez Free, que ce soit pour la bande 900 MHz ou 1 800 MHz. Seule la 3G est encore opérationnelle.

Opérateur de téléphonieFin du réseau 2GFin du réseau 3G
Orange20252028
SFR20262028
Bouygues Telecom20262029
Free Mobileinactive?

Couverture Corse 3G, 4G, 4G+ et 5G

obtenus sur les sites des FAI

couverture Orange




couverture SFR









en 3G

Références

Monday, November 13, 2023

6 juillet 2023: Autonomie, de la délibération votée à l'Assemblée de Corse à sa mise en œuvre, un long chemin à venir

 dans la nuit du mercredi 5 au jeudi 6 juillet, délibération en faveur d'un statut d'autonomie

Et maintenant ? C'est la question désormais sur la table après le vote intervenu à l'Assemblée de Corse, dans la nuit du mercredi 5 au jeudi 6 juillet, au terme de quarante-huit heures de tractations et de conclaves qui ont abouti à l'adoption, peu avant minuit, d'une délibération en faveur d'un statut d'autonomie par 46 voix sur 63. Sans arriver à l'unité politique un temps imaginée, mais en recueillant malgré tout une large adhésion au sein de l'hémicycle.

Une adhésion qui est le résultat de la convergence des trois groupes nationalistes - Fà populu Inseme (majorité territoriale), Avanzemu, et Core in Fronte - élargie à la contribution de Pierre Ghionga sur les bancs d'Un Soffiu Novu.

La droite - sa propre motion a été rejetée ne recueillant que 17 suffrages tandis que Jean-Christophe Angelini a regretté que "la diversité n'ait pas été respectée" - s'est prononcée contre, hors vote Ghionga. Josepha Giacometti-Piredda pour Corsica Libera s'est, elle, abstenue.

Les deux textes vont à présent être transmis au gouvernement et au chef de l'État qui avait enjoint le président de l'exécutif insulaire, Gilles Simeoni, à lui remettre "une proposition (...) avant le 14 juillet". Calendrier tenu.

Clause de revoyure

La motion de la droite, pour "non-adoptée qu'elle soit, montera à Paris sans le visa de l'Assemblée de Corse, expliquait ce matin, de son côté, Jean-Martin Mondoloni. Ce trajet se fera par une voie non officielle puisque la voie officielle, c'est le texte de l'Assemblée. Ce qui n'interdit et n'empêche en rien, pour notre part, de continuer à faire vivre notre réflexion auprès du gouvernement. C'est ce que nous ferons".

La délibération en faveur d'un statut d'autonomie portée par les nationalistes, un document de quinze pages, réclame un pouvoir législatif dans tous les domaines pour l'Assemblée de Corse, sauf ceux relatifs au régalien.

Elle pose également noir sur blanc la "reconnaissance juridique du peuple corse", "un statut de coofficialité de la langue corse" et le "lien entre le peuple corse et sa terre" via "un statut de résident".

À la clé, le souhait que l'accord politique trouvé soit soumis à un référendum dans l'île et prenne sa place sous la forme d'un "titre dans la Constitution consacrant l'autonomie". Enfin, une clause de revoyure à quinze ans pour faire un point sur une possible évolution figure parmi les caps tracés.

"Il serait paradoxal qu'à l'aune d'une telle complétude politique, d'une telle clarté dans la définition des besoins et moyens, on nous oppose un refus une nouvelle fois absurde", a lancé mercredi soir dans l'hémicycle Paul-Félix Benedetti, évoquant une proposition la plus "harmonieuse" possible.

Le projet s'apprête à être épluché par les services de l'État au plus haut niveau, avec pour ultime tamis, l'arbitrage du président de la République qui avait fixé à plusieurs reprises ses lignes rouges : maintien de la Corse dans la République et refus de créer deux catégories de citoyens.

Honnêteté intellectuelle

"Chacun va être dans l'attente de l'arbitrage institutionnel parce que c'est une affaire constitutionnelle et ce n'est pas l'Assemblée de Corse qui a la maîtrise du calendrier en la matière, c'est le président de la République, Emmanuel Macron", glisse-t-on dans le premier cercle du ministre de l'Intérieur, Gérald Darmanin.

La prudence est de mise, convient le patron du PNC. "Si à chaque fois que nous avons dit qu'un texte était fondateur, il l'avait véritablement été, ce pays aurait connu une autre destinée", n'oublie pas le chef de file du groupe Avanzemu. Au-delà, Jean-Christophe Angelini estime que "nous n'avons pas l'impression de soumettre à l'État un projet révolutionnaire. Bien plutôt ce qui relève du droit commun de centaines de milliers de personnes".

La session dédiée à l'autonomie s'est refermée, avec dorénavant un processus à faire vivre et aboutir. En corollaire, un long chemin à parcourir de la co-rédaction du projet hier à sa mise en œuvre demain.

En attendant, les discussions ont laissé des traces. Non pas entre nationalistes, cette fois.

Mais au sein du groupe Un Soffiu Novu que quitte Pierre Ghionga, "pour des raisons d'honnêteté intellectuelle et par souci de cohérence", confirme l'intéressé. "Dès lors que nous allons suivre la problématique d'autonomie tout au long de la mandature, il serait dérangeant pour moi et mon groupe que j'affiche régulièrement des votes différents. Je pars en toute amitié, j'ai prévenu Laurent Marcangeli, je n'ai aucune animosité, et surtout je ne me suis pas vendu à Gilles Simeoni".

L'élu siégera pour la suite en tant que non-inscrit.

Référence

Friday, November 10, 2023

Ajaccio : Nouvelle étape pour le projet de construction de la future centrale du Ricanto

 Attendue de longue date, la construction de cette infrastructure destinée à remplacer la vieillissante centrale du Vazzio sera soumise à enquête publique à compter du 25 septembre 2023. Une étape préalable au lancement des travaux qui pourraient enfin débuter mi-2024.

Très vieillissante, l'actuelle centrale du Vazzio située à l'entrée d'Ajaccio doit être remplacée par une nouvelle centrale plus performante. EDF PEI espère une mise en fonctionnement de cette nouvelle centrale du Ricanto à horizon 2027.

C’est un projet attendu depuis près d’une quinzaine d’années, qui prend enfin un tournant concret. La construction de la future centrale du Ricanto, portée par EDF Production Électrique Insulaire (PEI), va connaître une nouvelle étape ce lundi 25 septembre avec le lancement d’une enquête publique. 

Pour rappel, l’infrastructure a vocation à remplacer la centrale du Vazzio, installée en 1982 à l’entrée d’Ajaccio, qui est aujourd’hui très vieillissante. 

« La construction d’une nouvelle centrale vise à satisfaire le besoin en électricité de la Corse, en particulier de la région ajaccienne, et à permettre de le faire avec des performances, notamment environnementales, bien meilleures », indique Cédric Dupuis, directeur du projet. 

Alors que le Vazzio continue encore de fonctionner au fioul lourd, générant des émissions très polluantes, la question du combustible qui alimentera la nouvelle centrale est en effet longtemps restée posée. Si le gaz avait été envisagé, de longues années d’études techniques et d’appels d'offres infructueux ont enterré cette possibilité trop compliquée à mettre en place, retardant un peu plus le le projet de construction. Finalement, au mois de mars dernier, la Collectivité de Corse, en concertation avec l'État et le ministère de la transition de la transition écologique ont tranché en faveur de la biomasse

« C’est un combustible végétal renouvelable qui non seulement a des émissions polluantes très faibles, mais également, à la différence du gaz, qui a aussi des émissions de CO₂ très faibles. Donc, c’est un choix qui est relativement logique en 2023 », souligne Cédric Dupuis en notant que cette décision a « donné un coup de boost au projet ». 

« Cela a permis de déposer des dossiers de demande d'autorisation pour la construction et l'exploitation de la nouvelle centrale au mois d'avril. Il s'en est suivi une période d'instruction par les services concernés. Le 25 septembre, nous passons donc à la mise en enquête publique pour une durée d’un mois afin de recueillir toutes les observations, questions, et commentaires des personnes intéressées par ce dossier. Un registre sera mis en place physiquement en mairie et il sera également possible de participer sur Internet* », explique le directeur du projet en détaillant les prochaines étapes : « Puis, si cette enquête publique se déroule normalement, le préfet devra préparer un arrêté préfectoral qui autorise l'exploitation et la construction de la centrale début 2024. Nous attendons également d'autres autorisations, notamment des celle de la Commission de Régulation de l’Énergie (CRE), que nous espérons également recevoir au premier trimestre. Toutes ces autorisations nous permettront de démarrer le chantier à la mi 2024, si tout se passe bien ».

Suivra ensuite une période de travaux d’au moins trois ans avant la mise en service de la future centrale du Ricanto et la déconstruction du Vazzio. Les fameuses cheminées rouges et blanches ne devraient donc pas disparaitre du paysage avant au moins 2027. 

 * Pour participer à l’enquête publique à partir du 25 septembre 9h : https://www.registre-dematerialise.fr/4828/

Référence


« Construire est devenu un acte de bravoure »

 Jean-François Luciani, président de la fédération du BTP de Corse-du-Sud : « Construire est devenu un acte de bravoure »

À l'occasion des Rencontres des Métiers du Gros Œuvre, qui se déroulaient au Palais des Congrès d'Ajaccio jeudi, vendredi et samedi du 21 au 23 septembre 2023 le président de la fédération du BTP de Corse-du-Sud, Jean-François Luciani, est revenu pour CNI sur la situation actuelle de la construction en Corse. Entre inflation, taux d'emprunt qui augmentent et raréfaction des permis de construire, 2024 s'annonce d'ores et déjà difficile pour le secteur.

- Comment se porte le secteur du BTP aujourd’hui en Corse ?

- La fin d’année est conforme à ce qu’a été 2023, c’est-à-dire que nous sommes sur des domaines d’activités intéressants avec des permis qui ont été octroyés il y a quelques mois, voire quelques années, donc on termine ces chantiers en cours. 2024 s’annonce en revanche beaucoup plus inquiétant pour plusieurs raisons, à commencer par l’augmentation du coût des matières premières qui a conditionné une augmentation générale du coût de la construction. Il est certain que la tendance qui a été de tout construire pendant des années a fait que les matériaux ont flambé. La guerre en Ukraine a aussi fait que tous les matériaux ont connu une hausse assez conséquente allant de 40% pour certains à 100 ou 150% pour d’autres. D’autre part, la rareté des terrains à construire a incidemment augmenté leur prix. Et puis enfin, il y a aussi une augmentation des taux des prêts bancaires. In fine, l’économie générale de la construction se retrouve très impactée par tout cela. Construire aujourd’hui est devenu un acte de bravoure.

- Vous en parliez, la conjugaison de l’inflation, des taux d’emprunt qui augmentent, ainsi que de la difficulté d’obtenir un permis de construire ont-ils contribué à ralentir le marché de la construction neuve en 2023 ?

- Le marché de la construction est en train de s’écraser. Mais c’est surtout sur 2024 où nos plus grosses inquiétudes font jour puisque nous sommes confrontés à une baisse très conséquente des volumes de mètres carrés à construire.  

- Cette crise importante a-t-elle déjà conduit des acteurs de la fédération du BTP de Corse-du-Sud à devoir cesser leurs activités ?

- Pour l’instant, nous n’en sommes pas encore là. Mais nous avons des alertes qui sont aujourd’hui très inquiétantes, aussi bien au niveau du tribunal de commerce que du réseau de la fédération du BTP. On constate que toutes les régions de France sont touchées par cette forte déflation.

- Au niveau local, on sait que d’autres problèmes viennent également contrarier le secteur de la construction. Au cours des derniers mois, on a ainsi vu des attentats se multiplier contre des immeubles en construction, voire contre des engins appartenant à des entreprises de BTP. On se souvient d’ailleurs du communiqué que les fédérations corses avaient publié il y a quelques mois afin de marquer leur inquiétude. Quel impact cette situation a-t-elle eu ?

- Cela a plutôt eu un impact sur le fondement de ce que nous sommes. Nous sommes des constructeurs, donc nous avons simplement le devoir de réaliser ce qu’on nous commande. Nous ne sommes pas des politiques, nous n’agissons pas sur l’aménagement du territoire, et donc nous sommes des acteurs économiques qui font des choix en matière de construction, mais pas décideurs. Nous construisons là où d’autres ont fait le choix de permettre de construire. La morosité qui a atteint ceux qui ont été victimes de tels agissements nous a secoués, mais il y a là-dessous un point politique qui concerne une vision de l’aménagement du territoire qu’il faudra avoir en Corse à un moment donné. Nous sommes solidaires vis-à-vis de ceux qui ont été victimes de tels actes parce qu’ils ont simplement eu le devoir de réaliser la commande qu’on leur a passée. 

- Dans un autre registre, face à la multiplication des épisodes de canicule, le secteur doit également s’adapter. Des évolutions qui vont conduire à changer un peu le métier ?

- Nous sommes forcés de nous adapter, notamment en matière de méthodologie de travail, car le capital d’une entreprise ce sont ses salariés. Préserver nos équipes et les faire travailler dans les meilleures conditions c’est un devoir de chef d’entreprise. Et puis les matériaux vont également sûrement évoluer pour être plus à même d’être mis en œuvre dans des conditions difficiles. 

- Quelles sont les perspectives pour 2024 ?

- Une baisse très inquiétante au niveau du neuf. La rénovation énergétique est le domaine vers lequel les entreprises qui faisaient du tout construire devraient pouvoir effectuer une mutation et retrouver un volume d’affaires assez conséquent. Mais cela ne se fait pas en quelques heures, il faut modifier la structure même de l’entreprise, s’adapter, découvrir cette activité. Ce secteur d’activité n’est pas encore complément épanoui. C’est un domaine sur lequel nous avons de fortes espérances, mais le volume d’activité aujourd’hui disponible pour que l’on puisse travailler n’est pas à la mesure de ce que l’on pourrait escompter. 

Référence

https://www.corsenetinfos.corsica/Jean-Francois-Luciani-president-de-la-federation-du-BTP-de-Corse-du-Sud-Construire-est-devenu-un-acte-de-bravoure_a73703.html

Wednesday, November 8, 2023

Nuit bleue : pour Thierry Dominici, « le FLNC rappelle qu’il est lui aussi présent sur l’échiquier »

 Enseignant-chercheur en sciences politiques à l’université de Bordeaux, ce spécialiste du nationalisme corse, Thierry Dominici, originaire de Bastia, livre son analyse après la série d’attentats qui a touché la Corse dans la nuit de dimanche 8 octobre 2023 à lundi.

- Le FLNC vient de revendiquer une vingtaine d'attentats qui ont été commis aux quatre coins de la Corse dans la nuit de dimanche à lundi. Selon vous, qu'est-ce qui a motivé l’organisation de cette nuit bleue comme l’île n'en avait pas connu depuis des années, alors que la deuxième phase du processus d'autonomie a été lancée il y a quelques jours par Emmanuel Macron ?

- On pourrait être étonné parce que vu l'avancée du processus d’autodétermination, on aurait pu imaginer que le FLNC aurait pu rester dans cette logique de démilitarisation mise en place depuis 2014. Mais apparemment, en tant qu’acteurs potentiels du débat, il semblerait qu'ils réutilisent des modèles anciens, c'est-à-dire une nuit bleue.

- Dans ce communiqué très laconique, le FLNC écrit « Nous n'avons pas de destin commun avec la France ». N’est-ce pas quelque part aussi un message adressé à Gilles Simeoni qui parlait de construire une autonomie de la Corse dans le cadre de la République ?

- Je pense que c'est surtout un rappel du message que s'est donné le FLNC sur le champ politique. La volonté du Front depuis sa création, c'est l'indépendance. Obtenir un statut particulier, une reconnaissance de l'autonomie de la Corse, pour le FLNC, comme d'ailleurs pour les élus indépendantistes, cela n'a rien d'historique parce que pour eux, l'histoire de la Corse débutera avec l'indépendance et qu’il n’y a aucune histoire commune, aucun passé commun avec la France. 

- Est-ce que finalement, derrière cette vague d’attentats, on ne pourrait pas penser que l'objectif du FLNC est de faire avorter ce processus ?

- Je crois que l’objectif est surtout de rappeler à l'ensemble insulaire et notamment aux élus que le FLNC, au même titre que les indépendantistes qui sont dans l'opposition, est aussi un acteur concernant l'évolution du statut de l’île. 

- Vous le rappeliez, le dépôt des armes du FLNC en 2014 a permis de pouvoir ouvrir ces discussions avec le Gouvernement. La reprise active des attentats ces derniers mois, d'autant plus après le discours du Président de la République que d'aucuns qualifient d'historique, pourrait-elle mettre en danger le processus ? Est-ce que cela pourrait contraindre le gouvernement à faire un pas en arrière ?

- Je serais tenté de dire non parce que cela voudrait dire que le Gouvernement écoute des personnes qui ne sont pas élues et qu’il donne plus de caution à quelque chose qu’il considère comme finalement nébulaire, voire inexistant ou simplement confidentiel. Je crois qu'aujourd'hui, il faut voir les choses comme elles sont présentées, c'est-à-dire que l'espace public a toujours été laissé vacant aux indépendantistes depuis la victoire de 2015. Je pense aujourd'hui que par la voie des attentats, le FLNC rappelle qu’il est lui aussi présent sur l’échiquier et que la négociation se fait avec les élus, mais passe aussi peut-être par toute la famille indépendantiste, ainsi que par la société civile et notamment la jeunesse.

- Dans un précédent communiqué en date du 1er août dernier, le FLNC déclarait : « Aucun accord entre la Corse et la France ne pourra être qualifié d'historique tant qu'il n'entérinera pas la reconnaissance des droits du peuple corse sur sa terre comme seule communauté de droit ». Est- ce que selon vous, le fait qu'Emmanuel Macron n’ait pas prononcé certains mots dans son discours, dont notamment la notion de « peuple corse » a pu accroître la tension ?

- Le rôle du président de la Vème République, c'est de proposer des grandes lignes, ce n'est pas de mettre à plat les points cardinaux de la réforme institutionnelle. Ce n'est pas parce qu'il ne dit pas « peuple Corse » que les élus insulaires ne peuvent pas le mentionner dans le futur texte. Et puis, il a parlé de culture corse, il a parlé de tradition, et il a quand même fait une référence assez extraordinaire à la constitution de Pascal Paoli dans son discours. Il ne parle peut- être pas de peuple corse, mais il choisit de parler de nation corse en soulignant comment les Corses en 1755 étaient modernes. Ce discours correspond vraiment à la position du Président en vertu de l'article 5 de la Constitution qu’en tant que gardien des institutions, il ne peut donner que les grandes lignes, pas le projet dans sa globalité. Donc, attendre de lui qu'il parle de peuple corse, c'est assez étonnant. C’est comme attendre de lui qu’il parle par exemple d'autonomie législative, c'est un terme qu'il ne peut pas employer. Le droit constitutionnel le restreint dans sa position. 

Référence


Saturday, November 4, 2023

Enclavement de la Balagne & Falasorma en Corse, et quelques cas d'école de conflictualité

 


L'enclavement de l'ensemble Balagne&Falasorma 

Cette géographie si particulière de cette micro-région induit de graves difficultés des mobilités.


On peut passer par l'intérieur en tournant après Corbara par Muro, 
même si rajoute 10km cela évite de traverser Ile-Rousse.
Développement de Lozari, Belgodère-Plage, de l'Ostriconi?

Exemple de l'importance de trouver de nouvelles voies:
cas de la vallée et du col du Marsulinu avec un gain de 13km mais surtout d'une demi-heure.
Mais la route côtière est abandonnée et en mauvaise état.

Exemple typique d'un enclavement qui implique un trajet de 120km 
à la place du vol d'oiseau de 30km.

Par le sud, le manque d'investissement induit un enclavement la Balagne & Falasorma 
mais aussi des micro-régions adjacentes
avec le seul passage du col de Vergio
le col routier le plus haut de l'île à 1 477 m
qui relie ainsi Albertacce dans le Niolo (En-Deçà-des-Monts) 
à Évisa dans les Deux-Sevi.
Il est situé sur une arête entre la Punta de Cricche (2 057 m) 
du massif du Cinto au nord et Capu a Rughja (1 712 m).
 L'hiver le PC Neige de Corte informe les usagers de la route qui veulent franchir le col.

Le col de Vergio est dominé par la statue du Christ Roi, monolithe de granit rose pesant 25 tonnes, haut de 6 m et 9,50 m avec son socle). Cette statue est l'œuvre du sculpteur corse Noël Bonardi (né le 14 février 1934 à Afa et mort le 15 mars 2012 à Afa;https://noelbonardi.wixsite.com/noel-bonardi/noel) installée depuis 1984. Elle est son œuvre monumentale la plus haute avec son socle installé en Corse.

Nous avons deux cas d'école de conflictualité



Conflictualité politique

Plutôt que de passer par le col de Palmarellu et le golfe de Girolata, il serait possible de traverser par le col de Parma, plus exactement la Bocca di Melza (771 m), la plaine de Parma et la forêt de Pirio, reliant ainsi le Fango à Serriera.
Ce projet avait étudié lors de le construction de la nouvelle route du Marsulinu mais les villages d'Osani, Curzu et Partinellu s'y sont opposés, car cette voie les auraient encore plus isolés, avec en plus à l'époque les soucis liés à la séparation administrative entre 2A et 2B.
Une piste forestière existe pour rejoindre le pont de Pirio aux bergeries de Parma.

Conflictualité géographique et écologique

Dans la voie suivante, la conflictualité repose sur la hauteur des cols (et coût tunnel) et l'écologie afin de protéger des espaces et des patrimoines naturels exceptionnels. Mais la Corse elle-même n'est-elle pas un immense patrimoine exceptionnel ? La conflictualité s'y revèle entre la transformer en un zoo pour touriste qui ont le temps et l'argent pour visiter et un espace d'équilibre entre ce patrimoine et les habitants qui souhaitent un développement "minimum" des voies d'accès et de leur entretien toutes les saisons.

Cette autre voie avait été initiée sous Napoléon III en passant par le col de Caprunale (1370 m), puis du refuge de Puscaghja, puis Bocca di Guagnarola (1833 m) pour rejoindre col de Vergio ou les bergeries de Tula ou à Tusella ou les bergeries de l'Aghiunghienti, ou Evisa,. Le large chemin pour "calèches" construit dans les années 1870 sous le col de Caprunale reste un monument des chemins de montagne en Corse et mériterait un entretien à la hauteur de ce patrimoine construit au Second Empire en utilisant des bagnards de l'époque et les hommes du Niolu.
Pour relier le col de Caprunale au col de Vergio, il est aussi beaucoup plus aisé d'éviter Guagnarola et de passer par bocca di Cuccavera (1475 m) et bocca à u Saltu (1391 m), puis le pont de Casterica (1164 m) très proche de la route D84 qui monte au col de Vergio.