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Saturday, November 11, 2023

1 200 saisonniers marocains en Corse pour la récolte des clémentines; en France 16 000.

La filière clémentine de Haute-Corse attend 1200 saisonniers qui arriveront entre le 6 octobre et le 2 novembre 2023 à bord de vols commerciaux pris en charge par les producteurs, annonce ce vendredi 1 er septembre l'Office français de l'immigration et de l'intégration (Ofii).

Quelque 1200 travailleurs saisonniers marocains sont attendus à partir d'octobre par des producteurs agricoles français pour participer aux récoltes de clémentines en Corse, a indiqué vendredi à l'AFP l'Office français de l'immigration et de l'intégration (Ofii), qui orchestre leur arrivée. «La filière clémentine de Haute-Corse attend 1200 saisonniers», qui arriveront entre le 6 octobre et le 2 novembre à bord de vols commerciaux pris en charge «par les producteurs», de plus en plus dépendants de cette main-d’œuvre étrangère, a souligné le directeur général de l'Ofii, Didier Leschi.

L'annonce intervient deux mois après la signature en juillet d'une convention entre l'Ofii, la FNSEA, premier syndicat agricole français et l'établissement public marocain chargé de l'emploi (Anapec), afin de «faciliter le recrutement de travailleurs saisonniers agricoles marocains» par des exploitants français. Une démarche censée «répondre aux besoins des agriculteurs qui font actuellement face à un manque de candidats, (...) remettant en question certaines récoltes», avait insisté la FNSEA.

Les saisonniers qui arriveront à partir d'octobre en Corse après s'être vus délivrer des titres de séjour temporaires devront ensuite «repartir à l'issue du contrat», explique-t-on à l'Ofii, chargé du contrôle du retour de ces travailleurs au Maroc, où ils devront pointer dans l'antenne de l'Office français à Casablanca. Le recours aux saisonniers marocains a explosé ces dernières années, souligne le patron de l'Ofii : près de 16.000 d'entre eux ont été employés pour l'agriculture française en 2022, plus de 10.000 en 2021, 6.300 en 2018.

Les travailleurs saisonniers étrangers, revenus en nombre depuis la levée des restrictions liées au Covid-19, sont un rouage indispensable de l'agriculture française. Dans les entreprises agricoles, cette force de travail s'est rendue si incontournable, au fil des ans, que les employeurs ont demandé aux autorités françaises d'organiser des ponts aériens exceptionnels au plus fort de la pandémie. L'Ofii avait ainsi fait venir 900 travailleurs marocains en octobre 2020 pour «sauver les récoltes» de clémentines corses.

Référence

Friday, November 10, 2023

L'Espagnole Volotea indique avoir proposé une offre "historique" pour relier la Corse à la France continentale

L'Espagnole Volotea indique avoir proposé une offre "historique" pour relier la Corse à la France continentale entre juin et août 2023. 

L'Espagnole Volotea, première compagnie aérienne à bas coûts à avoir posé sa candidature à la délégation de service public (DSP) aérienne entre la Corse et la France continentale, suscitant des inquiétudes concernant l'emploi, annonce vouloir ouvrir une base dans l'île. La compagnie, dont la France est le marché principal avec 740 emplois directs, assure dans un communiqué publié lundi avoir proposé une offre «historique» pour relier la Corse à la France continentale entre juin et août, avec 
«450.000 sièges», en hausse de +16% par rapport à 2019, et «plus de 2700 vols avec un taux de remplissage de 95%». «Forte de ses bonnes performances, Volotea compte y ouvrir prochainement sa première base», indique la compagnie qui propose neuf destinations depuis les quatre aéroports corses: Bordeaux, Brest, Caen, Lille, Lyon, Montpellier, Nantes, Strasbourg et Toulouse. «Nous avons considérablement amélioré la connectivité de la Corse» et «notre candidature à la DSP est une nouvelle étape dans notre engagement en faveur de la Corse», assure le PDG et fondateur de la compagnie, Carlos Muñoz dans ce communiqué.

Stupeur et inquiétude

Cette candidature pour la DSP aérienne 2024-2027 a suscité stupeur et inquiétudes dans l'île. La compagnie, qui exerce déjà une DSP entre Tarbes-Lourdes et Paris-Orly, a postulé sur les lignes Paris-Orly et Marseille au départ d'Ajaccio et de Bastia, en demandant des compensations financières de 50 millions d'euros contre 96 millions pour Air Corsica-Air France, qui étaient les seules compagnies candidates pour cette DSP depuis 1998, a précisé à l'AFP une source proche du dossier. Une DSP remportée par Volotea ferait peser des craintes quant à la survie même d'Air Corsica, créée en 1989 par l'Assemblée de Corse et dont la Collectivité de Corse est actionnaire majoritaire, avec 66,8% du capital, et de ses 770 emplois. «Si la compagnie devait être retenue pour la desserte de nouvelles routes en Corse, elle s'engage fermement à faciliter la création d'emplois au niveau local», tente de rassurer la compagnie espagnole.

L'Assemblée de Corse doit attribuer en novembre cette DSP qui débute au 1er janvier 2024 et représentait entre 90 et 95 millions d'euros par an d'aides publiques pour la DSP actuelle. Volotea fait par ailleurs partie des 17 compagnies aériennes visées par une plainte de 23 associations de 19 pays qui les accusent d'écoblanchiment et de «pratiques commerciales trompeuses». 

Référence

https://www.corsenetinfos.corsica/La-compagnie-aerienne-Volotea-veut-seduire-la-Corse_a73784.html

Wednesday, November 8, 2023

2 octobre 2023: Nicolas Sarkozy « La Corse c’est la France »

 Quatre jours après la visite d’Emmanuel Macron en Corse, c’est un ancien Président de la République qui s’est à son tour exprimé sur l’avenir institutionnel de l’île. Invité de la matinale de RTL ce lundi, Nicolas Sarkozy a été interrogé par la journaliste Amandine Bégot sur son avis sur une possible autonomie de la Corse.

 « J’aime la Corse profondément », répond d’emblée ce dernier en assurant qu’il a été l’ancien ministre et Président qui a été « le plus souvent en Corse ». De facto, il se pose en connaisseur du dossier et pointe un dossier « passionnant » mais « très difficile ».

« Je voudrais dire une première chose, c’est que la Corse c’est la France et je suis persuadé que l’immense majorité des Corses aiment la France et sont dans la République française », estime-t-il en concédant toutefois qu’« on ne gère pas la Corse comme on gère les Hauts de Seine ». « Donc qu’il y ait une application spécifique ne me gêne pas », affirme-t-il. 

Toutefois, pour l’ancien Président de la République, « l’autonomie ne doit être ni un chiffon rouge, ni la panacée ». « Ce n’est pas parce que vous donnez l’autonomie à la Corse que vous réglerez le problème, mais ce n’est pas non plus parce que vous vous braquez sur l’unité de la République que vous réglerez le problème », explique-t-il en déroulant : « Je prends un exemple, en Corse au village, les grands-parents parlent à leurs petits-enfants en corse. Cumu và ? Va bè. Ce n’est pas pour ça qu’ils ne sont pas français. Et je ne voudrais pas qu’on laisse la langue corse otage des indépendantistes. Dans le même temps, l’autonomie ne doit pas conduire les Corses qui veulent être Français seuls face aux indépendantistes ».

Ainsi, Nicolas Sarkozy insiste encore sur le fait que l’évolution institutionnelle de l’île « est un dossier complexe » et conclut : « Je pense que la solidité de l’unité de la France passe plus par la souplesse d’organisation que par la rigidité de l’organisation ». 

https://www.corsenetinfos.corsica/Nicolas-Sarkozy-La-Corse-c-est-la-France_a73880.html

Mgr Jean-Charles Thomas, évêque de Corse,du 4/02/1974 au 23/12/1986 est décédé le 14/10/2023 à 93ans.

Il appela à la réconciliation en faisant entendre sa voix au plus haut niveau et appeler à la raison durant cette période de l'histoire récente et douloureuse de l'histoire de la Corse, notamment lors de l'affaire Bastelica-Fesch.

Engagé dans le dialogue inter-religieux, favorable à la prise en compte des souffrances des divorcés remariés ou défenseur de la cause des sans papiers, Jean Charles Thomas était à juste titre considéré comme un homme de dialogue.

Il est l’auteur de nombreux ouvrages de réflexion historique et pastorale.

Le Cortenais, Mgr Sauveur Casanova, lui avait succédé à l'Evêché de la Corse.

Aléria et affaire Bastelica-Fesch

L'évêque Jean-Charles Thomas était l'évêque de Corse durant les années où le nationalisme a pris son essor, du 4/02/1974 au 23/12/1986 . Et il n'a pas hésité, à plusieurs reprises, à prendre part au débat, marquant toutes celles et tous ceux qui ont vécu cette époque.

Alors que la Corse est en ébullition, l'homme d'Église n'hésitera pas à sortir de la réserve la plupart du temps adoptée par le clergé concernant les affaires séculaires, et plus encore politiques. Lors des événements d'Aleria, il va jusqu'à adresser une lettre au président de la République de l'époque, Valery Giscard D'estaing, dont voilà un extrait : 

"Pour peu qu'on vive en Corse et avec des Corses, on saisit et comprend que la Corse n'est pas seulement un département français parmi d'autres. Elle l'est. Mais, en même temps, et je crois prioritairement, elle est aussi une autre réalité : une histoire corse, une communauté populaire corse, un style, un ensemble d'aspirations humaines et d'habitudes. Avant d'être un département français, la Corse est psychologiquement LA CORSE."

Mais plus encore lors de la prise d’otage à l’Hôtel Fesch, il se mit au milieu de la mêlée, et s’avança entouré d’hommes qui étaient armés en se proposant de prendre la place des otages. Il s'entretiendra longuement avec les otages, ainsi qu'avec les autonomistes armés qui s'étaient réfugiés à l'intérieur de l'hôtel. Portant un message d’une paix sincère et digne, porteur d’une solution millénaire à la conflictualité, il appela les belligérants à l'arrêt des violences, et au dialogue. Au journal de 13 heures îl débattra en direct avec le ministre de l'Intérieur, Christian Bonnet.

En 2023, le cardinal François-Xavier Bustillo avait insisté sur l'importance de la prise de parole du clergé concernant l'actualité, sans pour autant franchir la ligne d'un positionnement politique ou dans des affaires de l’Etat. Il s'était lui-même exprimé à plusieurs reprises alors que la Corse s'embrasait, à la suite de la mort d'Yvan Colonna. À cette occasion, plusieurs observateurs avaient vu dans cette attitude un écho à celle de Monseigneur Thomas un demi-siècle plus tôt.

Référence

https://www.corsenetinfos.corsica/Mgr-Jean-Charles-Thomas-ancien-eveque-de-Corse-n-est-plus_a74158.html

https://france3-regions.francetvinfo.fr/corse/corse-du-sud/ajaccio/jean-charles-thomas-l-eveque-d-aleria-et-de-bastelica-fesch-est-mort-2856455.html

la philosophe Joëlle Zask, IUF fait une étude sur la Corse

 Et si l’on pouvait trouver en Corse des réponses à la crise environnementale dans laquelle a plongé la planète ? C’est le défi que la philosophe Joëlle Zask, membre de l’Institut Universitaire de France et du Centre Norbert Elias, spécialiste du pragmatisme et de philosophie sociale, et professeur à l’université d’Aix-Marseille, a choisi de relever. Elle nous présente cette étude en cours de réalisation.

- Pouvez-vous nous exposer en quelques mots l’objet de votre étude ?

- La problématique de départ est celle-ci : trouverait-on en Corse des réponses aux questions que la crise environnementale nous pose désormais ? Le regard que nous portons est celui d’une philosophe – moi-même – et d’un photographe – Simon Birman, avec qui je travaille. Sans nier les réalités locales souvent complexes, voire conflictuelles, nous voudrions recueillir un legs précieux, parfois inaperçu, sur lequel pèse actuellement la double menace de la sanctuarisation et de la destruction de l’environnement.
Cet objectif étant fixé, le projet demeure largement ouvert. Sa réalisation va dépendre des interlocuteurs que nous rencontrerons, de nos observations et de nos parcours, de notre formation sur place, de la fréquentation assidue des lieux… Mais le travail est aujourd’hui suffisamment avancé pour savoir qu’il est pertinent, que ça vaut la peine de poursuivre.

- Qu’est-ce qui vous a donné l’idée de réaliser ce travail ?

- Le point de départ, ce sont plusieurs personnes qui m’ont invitée à écrire sur la Corse ; des personnes qui m’ont entendu causer et connaissaient mon approche, mon point de vue sur la démocratie comme culture, mode de vie, et son lien avec l’écologie. On m’a dit de plusieurs côtés : « Il y a quelque chose qui nous intéresse, nous, Corses, là-dedans… ». En fait, j’ai été invitée à exercer mes concepts au contact de la Corse… J’ai été d’abord surprise, ne connaissant rien à cette île, mais me voilà mordue ! Au cours de mes premiers séjours, j’ai progressivement compris le pourquoi de cette invitation qui m’était faite. Et quel en était l’enjeu. Qu’est-ce qui, dans ma perspective, dans ma sensibilité, pouvait entrer en résonance avec des expériences, des phénomènes, des paysages de Corse ? Plusieurs choses m’ont frappée qui constituent pour l’instant les divers objets de mon étude. Il y a par exemple le cédrat, un agrume auquel colle un imaginaire puissant à partir duquel revisiter les relations tout à fait uniques entre la Corse et les Juifs, ce qui me concerne pour le coup.
Il y a aussi le châtaignier, « poule aux œufs d’or » et « arbre de la liberté », symbole depuis Pascal Paoli de l’indépendance alimentaire et des libertés politiques en même temps. J’ai écrit un article paru dans Robba en décembre 2022 en même temps que dans AOC média sur ce sujet. 
Il y a aussi les animaux autogouvernés en quelque sorte, à l’aise sur leur parcours, sans berger ni chien. Eux aussi illustrent le rapport entre le soin du paysage (paese) et la défense des libertés que je cherche à observer en Corse. Et plein d’autres sujets…

- La liberté, c’est une notion qui est importante pour vous ?

- Absolument. C’est fondamental. Pour moi qui suis spécialiste par goût de philosophie dite politique, la liberté, ce n’est pas « faire ce que je veux » mais agir, seule ou avec d’autres, entreprendre, expérimenter, transformer le monde disait Marx ! Je ressens en Corse un attachement très fort à la liberté d’action alors que, sur « le continent », on ne l’aime pas tellement. On lui préfère l’égalité notamment. Cette liberté d’action est pourtant et toujours contextuelle : on n’agit pas dans la stratosphère, mais en présence d’un environnement bien précis, en dialogue avec ce dernier. La conscience d’un partenariat avec la nature dans la construction de soi et l’usage des libertés est extrêmement prégnante dans la « Corse de l’intérieur », je l’apprécie beaucoup et la partage.

- Sous quelle forme pensez-vous rendre publique cette étude ?

- On l’imagine sous la forme de tableaux à la fois narratifs et photographiques composés au sein d’un dispositif quadrangulaire qui rassemble le lieu, la personne qui en parle, le photographe et moi-même qui observe et pose des questions. Il en résultera un livre conçu un peu comme une promenade. Avec les photographies argentiques en noir et blanc de Simon Birman, ce qui leur donnera une épaisseur temporelle soulignant le soi-disant “retard” des paysages corses : un « retard » dont on dit souvent qu’aujourd’hui il se révèle une avance… Nous envisageons aussi une exposition de photos ponctuée de textes et de sons, une journée d’études, pourquoi pas un colloque.

Référence

https://www.corsenetinfos.corsica/Quand-une-philosophe-politique-fait-une-etude-sur-la-Corse_a73985.html

Tuesday, November 7, 2023

Novembre 2023, Etude evolution marché immobilier. Le marché immobilier tourne au ralenti; -15% , et +35% sur 5 ans?

 Ajaccio et Bastia n’échappent pas aux difficultés actuelles et font face à une diminution du nombre de ventes. Calvi s’en tire mieux, notamment dans le haut de gamme.

Ajaccio : un marché en souffrance

Nombre d’investisseurs en recul, projets immobiliers reportés voire annulés, faible présence des primo-accédants… Tels sont les symptômes que manifeste le marché d’Ajaccio. 

« On retrouve même des studios à la vente, ce que l’on n’avait plus l’habitude de voir depuis des années. Un tel bien dans les beaux quartiers d’Ajaccio est resté six mois en vente, avant de partir avec une baisse de 15 % de son prix ! Les vendeurs pensent toujours que l’on est dans un marché euphorique… Sans un apport personnel d’au moins 20 %, impossible aujourd’hui que son dossier soit accepté en banque »,

 constate Damien Alexandre, de l’agence Secic Immobilier. Côté quartiers, on peut s’intéresser à Casone, proche du centre-ville et calme, qui a gardé une identité intimiste de village. « Toutes les commodités sont sur place, aussi bien pour les jeunes, avec un lycée à proximité, 

(...)

Prix m2 immobilier en Corse en novembre 2023

Villes les plus chères de Corse

Estimations au 01/10/2023 (méthodologie)

Villes où les prix de l'immobilier flambent













Référence du 07/11/2023


Wednesday, November 1, 2023

L'accès aux soins est devenu plus problématique en Corse qu'à l'échelle nationale; une solution bricolée dans le Niolu

 Pas vraiment un désert médical, mais pas bien lotie non plus, avec une moyenne de 323 médecins pour 100 000 habitants soit 20 points de moins que la moyenne métropolitaine. La Corse est une région de bas de tableau en termes de densité médicale. Un classement qui cache toutefois une forte disparité entre Corse-du-Sud et Haute-Corse.

Un nombre croissant de patients qui se retrouvent sans médecin traitant, des difficultés récurrentes pour obtenir un rendez-vous chez des spécialistes...

L'accès aux soins est une problématique de plus en plus aiguë à travers la Corse, en zone urbaine comme en milieu rural, même si la tendance cache des disparités en lien avec l'urgence ou non de la demande, la spécialité concernée ou encore le profil de la portion du territoire concernée. Et, de ce point de vue, l'écart se creuse entre l'île et la moyenne nationale selon l'étude que vient de publier l'Institut national de la statistique et des études économiques (Insee Corse).

En chiffres, voilà ce que ça donne : Au 1er janvier 2023, 1 126 médecins exercent en Corse, ce qui équivaut à une densité de 323 médecins pour 100 000 habitants contre 341 au plan national.

L'île est un peu mieux lotie en généralistes, 159 généralistes pour 100 000 insulaires contre 147 à l'échelle nationale, mais manque nettement de spécialistes; 164 spécialistes pour 100 000 habitants contre une moyenne nationale de 194.

S'agissant des soins dentaires et du maillage officinal, la balance pèse légèrement en faveur de l'île, 71 praticiens pour 100 000 habitants et 67 au national et 114 pharmacies pour 100 000 habitants contre 109, ce qui place l'île au 7e rang des 12 régions françaises, derrière l'Auvergne-Rhône-Alpes et juste devant le Grand Est. Toutefois, c'est la Corse-du-Sud, à l'évidence plus attractive pour la population médicale avec une densité de 350 praticiens pour 100 000 habitants contre 299 en Haute-Corse, qui permet de limiter le déclassement.

C'est en Provence-Alpes-Côte d’Azur que la densité médicale est la plus élevée, soit 409 médecins pour 100 000 habitants, dont 171 généralistes et 238 spécialistes. Le territoire attire aussi plus de chirurgiens-dentistes et de pharmaciens que la moyenne, respectivement 95 et 125 pour 100 000 habitants.

A contrario, la région la moins bien dotée est le Centre-Val de Loire, avec 256 médecins pour 100 000 habitants, soit 115 généralistes et 141 spécialistes. Une faiblesse des effectifs qui se retrouve chez les chirurgiens-dentistes (45 pour 100 000 habitants) et du côté des officines (104 pour 100 000)

Référence

du 01/11/2023

https://www.corsematin.com/article/sante/12061426504508/sante-lacces-aux-soins-est-devenu-plus-problematique-en-corse-qua-lechelle-nationale

Quand un enfant du village revient et sauve l'offre de santé du Niolu

Calacuccia; Dès janvier 2024, le Niolu aura de nouveau un médecin permanent. Originaire d'Albertacce, le docteur Jean-Paul Langlade a revu ses plans pour ne pas laisser tomber les patients de sa vallée d'origine. 
Depuis le 13 août 2023 et le départ de son unique médecin généraliste, le docteur Titus Ududec, la vallée du Niolu vit avec l'appréhension quotidienne de ne pas trouver de médecin permanent. Plusieurs pistes ont été étudiées, de la Corse jusqu'à la Roumanie. Aucune n'a été concluante. Jusqu'à la mi-septembre.
Le docteur Jean-Paul Langlade était à l'origine un sparadrap prévu dès janvier 2024 pour ralentir l'hémorragie d'un Niolu qui se retrouvait sans médecin. Une fois de plus. S'il ne devait à l'origine consulter que quelques jours par mois pour profiter d'une paisible retraite à Albertacce, le médecin de 63 ans, a finalement fait le choix du cœur : "Impossible de rester au Bar des amis sans rien faire, alors que des gens avec qui j'ai grandi et qui m'ont vu grandir ont besoin de moi." Car s'il exerce la médecine générale depuis 33 ans en Ariège, Jean-Paul Langlade, comme son nom ne l'indique pas, est bien Niulincu. "Ma mère était une Albertini, d'Albertacce. Forcément", s'amuse le médecin.

Docteur tout-terrain

Devant la mairie de Calacuccia, plusieurs habitants sont venus le saluer en amont d'une réunion sur sa future installation. "Il aime tellement son village qu'il vient y finir sa carrière", se réjouit le maire d'Albertacce, Pierre-François Albertini. Finir ? Plutôt prolonger. À 63 ans, le docteur Langlade repousse de cinq ans la retraite qu'il devait prendre au 1er janvier.

Avec deux cabinets dans les Pyrénées, Jean-Paul Langlade a roulé sa bosse dans les zones montagneuses et connaît les spécificités du rural, ses avantages et ses inconvénients. 
"Je suis également toujours médecin coordonnateur dans un Ehpad et je travaille souvent avec un public âgé", souligne le médecin. L'homme partage également une conviction, celle qu'une vie médicale est possible dans le rural, loin de la fatalité. Et cela commence par la coopération entre les professionnels de santé.

Une équipe de soins primaires existe déjà et est composée des infirmiers et du pharmacien de la vallée. "Elle est en sommeil. Mon rôle sera de l'animer pour une prise en charge pluridisciplinaire et de l'articuler avec les services sociaux car on a beaucoup de gens âgés qui vivent dans des conditions difficiles", indique Jean-Paul Langlade qui anime déjà une équipe de soins primaires en Ariège.

Espoir en cathéter

Également maître de stage, le médecin compte bien "créer les conditions pour attirer des étudiants en médecine pendant leurs stages", sans oublier le développement de la télémédecine. 
À 82 ans, Lucie avoue son soulagement : 
"On dort plus tranquille quand on a un médecin à proximité. Plus besoin de faire des heures de route." Récemment opérée du cœur, elle doit voir un médecin une fois par mois : "Pour l'instant je vais à Bastia ou à Corte mais c'est toute une organisation, assez fatigante. Et puis, en ville, les médecins ne prennent pas le temps de discuter. En plus, il parle corse. C'est parfait."

Référence

du  03/10/23

https://www.corsematin.com/article/sante/17616005332458/quand-un-enfant-du-village-revient-et-sauve-loffre-de-sante-du-niolu

Ces cimetières communaux au bord de la saturation en Cors

Les cimetières insulaires accueillent, en proportion, trois fois plus de défunts que ceux du Continent.

Dans l'île, le nombre d'enterrements est trois fois supérieur à la moyenne nationale, si bien que de nombreuses communes peinent à garantir des concessions aux administrés. Un casse-tête pour les élus qui doivent redoubler d'inventivité.

À la veille de la fête des morts, 2 nov 2023, cette période à laquelle les cimetières ne sont jamais aussi visités, le fleurissement des tombes n'est pas le seul sujet de préoccupation dans les communes insulaires. Il en est un autre qui taraude bien davantage les élus : comment pousser les murs ? 

"C'est un vrai souci, confie Mathieu Ceccaldi, le maire de Marignana. Nous avons trois cimetières pour plus de 400 tombes, et on touche les limites. Dernièrement, nous avons déplacé le columbarium afin de créer trois places supplémentaires, mais cela ne règle pas le problème. Le cimetière principal a fait l'objet d'une extension il y a une dizaine d'années, et nous envisageons d'en faire une nouvelle, car nous avons du mal à répondre aux demandes des familles."

La dernière demeure de la diaspora

Le sujet - plutôt explosif - prend de l'ampleur à mesure que le temps passe. Depuis le début de cette année, huit enterrements ont eu lieu dans cette commune d'une centaine d'âmes à peine. Soit huit fois plus que la moyenne nationale qui s'établit en général à une inhumation par an pour cent habitants.

À l'échelle de l'île, ce taux est trois fois supérieur à celui que l'on observe dans la France entière. Autrement dit, les cimetières insulaires accueillent, en proportion, trois fois plus de défunts que ceux du continent. Les raisons : une population plus âgée - les plus de 65 ans représentent 29 % des habitants contre 25 % pour la moyenne - et surtout les personnes de la diaspora qui choisissent la Corse comme dernière demeure.

Pour des raisons culturelles, la crémation est, en outre, un mode de sépulture moins répandu que sur le Continent. 

Résultat : de nombreux cimetières sont au bord de la saturation. Sonia en a fait la douloureuse expérience. Il y a trois ans, cette aide soignante a perdu sa mère des suites de la Covid-19, et a rencontré bien des difficultés pour lui trouver une place au cimetière. 

"J'ai essayé d'obtenir une concession dans la région d'Ajaccio, mais c'était presque impossible, explique-t-elle. J'ai donc abandonné et j'ai conservé l'urne funéraire chez moi, dans ma chambre, même si je sais que ce n'est pas légal."

Depuis décembre 2008, la conservation d'une urne dans un domicile familial ou une autre résidence est en effet interdite. Ce cas, pour autant, en dit long sur le parcours du combattant auquel doivent faire face nombre d'administrés, alors même que la législation impose aux communes de fournir à leurs résidents une place au cimetière.

Une difficulté encore plus importante en Corse, où les élus doivent répondre à des demandes de personnes originaires d'un village mais non domiciliées dans celui-ci. 

"Il est délicat de s'en référer strictement à la loi quand une famille vient vous voir pour enterrer un proche, même s'il n'habitait pas la commune, glisse un élu du Nebbiu. Il y a un attachement au village et des codes culturels qui font qu'il n'est pas possible de leur opposer une fin de non-recevoir."

"Nous construisons au-dessus des tombes"

Le culte des morts complique aussi la tâche des décideurs, en interdisant très souvent d'effectuer des reprises de concessions, y compris pour des sépultures en déshérence. Le maire de Santa Maria è Sicchè, Guillaume Gugliemi, connaît bien ce problème. 

"Une partie des concessions sont perpétuelles et, chez nous, elles sont depuis toujours gratuites, ce qui explique aussi la pléthore de demandes que nous recevons, glisse cet élu de la Pieve de l'Ornanu. Notre cimetière, qui s'étend pourtant sur 8 000 m2, arrive à saturation. Nous sommes contraints de demander aux familles qui ont des concessions de construire au-dessus des tombes, de monter en verticalité. Pour les autres, c'est compliqué. Nous envisageons une extension mais cela pose des difficultés foncières, cela nécessite des études de sol poussées, ainsi que des autorisations spécifiques." 

C'est dire si le sujet vire parfois au casse-tête. Avec une pointe d'humour qui en dit plus qu'un long commentaire, un élu des Dui Sevi résume cette situation à bien des égards insoluble : 

"Il y a quatre ans, un maire de la Loire avait pris un arrêté municipal interdisant à ses administrés de mourir pour dénoncer la pénurie de médecins. Pour la saturation des cimetières, on n'en est pas encore là, mais presque... " 

Référence

https://www.corsematin.com/article/societe/50451139374589/ces-cimetieres-communaux-au-bord-de-la-saturation-en-corse

soirée consacrée aux communautés de Saint-Erasme et de Saint-Antoine, confréries, à l'occasion des Journées du patrimoine

 Au fort Charlet de Calvi, une plongée dans l'intimité des confréries

Le centre de conservation et de rénovation du patrimoine mobilier de Corse, situé dans le fort Charlet de Calvi, a été, ce vendredi soir, le théâtre d'un événement inhabituel en ces lieux. Il s'agissait, à l'occasion des Journées européennes du patrimoine, du vernissage d'une exposition photographique consacrée aux deux confréries calvaises : Saint-Erasme et Saint-Antoine.

 J'ai découvert il y a quelques années le centre de restauration du patrimoine de Calvi, relate Olivier Sanchez. Sarah et Carine, qui y travaillent, me l'ont fait visiter et je me suis tout de suite imaginé sur des projets photos personnels : les murs en granite, les grands espaces, les plafonds hauts se prêtent parfaitement à une exposition de photos. On a donc décidé d'exposer dix clichés en format 250 cm x 180 cm sur la vie des confréries de Calvi. C'est un parcours initiatique, l'introduction d'un événement plus important qui viendra à compter de juillet 2024. "

Ami de longue date du photographe, Christophe Perrimond est aussi le prieur de la confrérie Saint-Erasme de Calvi. C'est un peu lui qui a facilité l'immersion d'un appareil photo dans les moments les plus solennels de la vie religieuse, notamment la préparation de la Semaine sainte et du Catenacciu. Passionné par l'histoire de sa ville, Christophe Perrimond a complété l'exposition photographique par un long propos sur l'histoire des confréries à Calvi. Les origines, la fonction sociale, le patrimoine matériel et immatériel des différentes communautés religieuses a été abordé, avec force d'exemples et de références.

Un livre de 300 pages bientôt édité

La dizaine de photos exposées au fort Charlet va être complétée, l'année prochaine. " Il y en aura 80 supplémentaires, annonce Olivier Sanchez. Ce sera quelque chose de plus large, de plus élaboré, et cela concernera les confréries de toute l'île. Dans le même temps, un livre de 300 pages va être édité. C'est le fruit d'un long travail de collecte, dans la discrétion, l'humilité et surtout la confiance que m'ont accordée tous les confrères. J'espère qu'ils se reconnaîtront dans ce travail. "

Une centaine de personnes était présente pour ce vernissage au fort Charlet. Il y avait des amis d'Olivier Sanchez et de Christophe Perrimond, des confrères, des élus. Un intérêt populaire qui valide la pertinence d'une telle exposition, dans ce lieu. En tout cas, la directrice du centre était convaincue : " Je remercie chaleureusement Olivier Sanchez pour sa confiance, pour son amour de l'art, du patrimoine et du travail bien fait, a assuré Sarah Le Berre-Albertini. Parallèlement à son travail de photo reporter, il a trouvé le temps de poursuivre un projet un peu spécial, pendant près de 25 ans, celui de documenter l'activité des confréries religieuses. Au bout d'un quart de siècle, on imagine à quel point il fait désormais partie du décor, ce qui lui permet de capter des instants où les confrères sont tout à fait naturels, plongés dans leur foi et n'ont plus conscience d'être pris en photo. Cela nous offre des images magiques. Je ne doute pas que ces photographies feront un jour partie des archives de la Corse, car c'est un travail de fond, une mine précieuse pour documenter un phénomène contemporain, le renouveau des confréries. Les confréries ont toujours eu une part active dans la société corse, elles ont même largement contribué à la construction du patrimoine religieux insulaire, surtout aux XVIIe et au XVIIIe siècles, grâce à des commandes prestigieuses d'œuvres d'art, de tableaux, de statues, de retables qui furent commandés par les confrères aux plus grands maîtres baroques italiens." Une exposition à découvrir un vendredi sur deux, lors des ouvertures du fort au public.

Réference

intrusion saline dans la nappe de la Figarella, aquifères de Calvi; danger de l'eau devenue non-potable?

 intrusion saline dans la nappe de la Figarella

Dans l'aquifère côtier qui alimente la commune de Calvi, la salinité de l'eau augmente légèrement chaque été. Techniciens et scientifiques surveillent ce phénomène de biseau salé que des puits et forages non déclarés pourraient amplifier.

Comment est gérée l'eau sous nos pieds ? 

Si le niveau d'un cours d'eau ou d'un barrage apparaît à la vue de tous, ce n'est pas le cas de la ressource souterraine. En Balagne, où l'eau est un peu plus rare et un peu plus chère qu'ailleurs en Corse, il existe de nombreux puits et forages dont une partie n'est ni contrôlée, ni recensée. Cette extraction "sauvage" de l'eau peut-elle mettre à mal la ressource ? Une nappe côtière trop sollicitée peut être victime d'intrusions salines qui rendraient son eau non potable.
Sur la commune de Calvi, la nappe de la Figarella, en contrebas de l'aéroport, fournit une partie de l'eau qui alimente la ville. L'office de l'équipement hydraulique y exploite quatre forages, tous rigoureusement contrôlés sur la qualité comme sur la quantité. "Il y a un arrêté préfectoral qui définit la quantité maximale de prélèvement, indique Ange de Cicco, le directeur de l'office de l'équipement hydraulique de la Corse. Nous sommes plus stricts que l'arrêté, nous n'atteignons jamais les limites, afin de préserver la nappe des intrusions salines. En saison estivale, nous basculons sur le barrage de Codole, qui devient la principale alimentation en eau de Calvi."

Besoins

Une ville de la taille de Calvi a besoin d'environ 850 000 mètres cubes d'eau par an. En tenant compte de pertes sur le réseau de l'ordre de 15 %, cela équivaut à 1 million de mètres cubes puisés dans les différentes sources d'alimentation. La difficulté est que les besoins les plus importants interviennent l'été, lorsque la ressource est le moins disponible. "Calvi, comme d'autres villes de Corse, cumule les risques, estime Frédéric Huneau, hydrogéologue à l'Université de Corse. Elle est très touristique, elle est située sur le littoral et puise son eau dans la rivière voisine, le champ captant de la Figarella. Le niveau de la nappe diminue durant l'été, et cela induit une arrivée d'eau de mer en profondeur. L'eau se charge progressivement en minéraux ; on parle d'un taux de conductivité. Au-delà de 1,5 gramme de minéraux par litre d'eau, elle n'est plus considérée comme potable car elle ne correspond plus à un usage courant. Ce 1,5 gramme, ce n'est pas énorme, il y a des eaux minérales qui sont au-dessus."

Risques

Lorsque la salinité de l'eau commence à croître, l'office hydraulique réduit son volume de pompage. Un système de monitoring permet une surveillance quotidienne de ce phénomène naturel bien connu des scientifiques, mais pas du grand public. "L'arrivée de l'eau de mer se fait très progressivement, on peut la détecter et ralentir ou arrêter le forage, reprend Frédéric Huneau. Une bonne surveillance, c'est ultra-stratégique. Au retour des pluies, le biseau salé va être expulsé vers la mer par simple écoulement gravitaire. On retrouve alors de l'eau exploitable. Mais en cas de très forte intrusion saline, la salinité va rester dans le sol et maintenir une salinisation résiduelle sur le long terme. Cela mettrait de nombreuses années à se résorber. Cela s'est déjà vu dans toute la frange aride de la Méditerranée, en Espagne, en Tunisie."

Le BRGM, ou Bureau de recherches géologiques et minières, est en charge de l'étude des sous-sols en France. Ses services éditent une "banque des sous-sols" dans laquelle apparaissent des aquifères ainsi qu'une partie des ouvrages de prélèvement d'eau souterraine. "Durant l'été 2017, deux forages du champ captant de la Figarella avaient été contaminés par un rentrant salé, glisse Baptiste Vignerot, le directeur BRGM de Corse. Il avait fallu arrêter leur exploitation le temps de faire redescendre le taux de conductivité. Le risque de biseau salé existe, il est repéré chaque été en aval de la route territoriale. Il est extrêmement suivi, au même titre que les aquifères du Fiumorbu ou du Bevincu, qui peuvent avoir le même problème."

grandeur principale

Ces deux dernières années, l'office hydraulique a puisé une moyenne de 540 000 mètres cubes par an dans la nappe de la Figarella. Un volume qui tend à baisser puisque ces trente dernières années, c'étaient en moyenne 833 000 mètres cubes qui étaient puisés. Difficile de s'imaginer, en circulant en voiture entre le rond-point de Calenzana et celui de l'aéroport, qu'un aquifère de plusieurs dizaines d'hectares, et profond de 15 à 20 mètres, se trouve sous nos roues. "Les eaux souterraines, c'est notre principale ressource en eau douce, rappelle Frédéric Huneau. Ceux qui la gèrent, ils gèrent l'invisible. La plupart des gens ont une assez mauvaise conception de ce qui se trouve sous nos pieds."

Réference

2023 octobre ; la folie de l'immobilier à Calvi, Corse

 A cause des prix élevés de l'immobilier à Calvi, la commune va basculer en zone A

La cité balanine change de statut et rejoint Porto-Vecchio, Bonifacio et Ajaccio au classement des villes corses dans lesquelles il est particulièrement difficile de se loger. Un changement qui facilite notamment l'accès au prêt à taux zéro.

Calvi, commune la plus chère de Haute-Corse ?

Avec un prix moyen du mètre carré à l'achat de 5 144 € (selon le site seloger.com en août 2023, N.D.L.R.), Calvi surpasse largement Bastia (3 428 €), Corte (3 210 €) et Ghisonaccia (3 007 €). La cité balanine est, en revanche, nettement derrière Porto-Vecchio et ses 5 850 € du mètre carré.



Soupçonnée d'irrégularités financières par la chambre régionale des comptes de Paca pour des promotions immobilières réalisées à Calvi, Lucciana et Belgodère, la société d'économie mixte d'expansion de La Valette-du-Var, Semexval, est à nouveau la cible de l'opposition municipale calvaise qui juge inacceptable que la mairie ait confié, en février 2021, la quatrième phase de la construction de Campu Longu, à l'aménageur public.
Le 19 mars 2021 la chambre régionale des comptes publiait un rapport sur la gestion de la Semexval dans lequel Les magistrats relevaient plusieurs "insuffisances" et "irrégularités" commises entre 2010 à 2018 en Corse par cette société d’économie mixte d’expansion. Selon nos confrères de France Bleu Provence
 "l’examen approfondi de certaines opérations immobilières, parmi lesquelles on retrouve la construction d’une centaine de logements à Calvi, d’un lotissement de 110 villas de standing à Bélgodere, révèle "des irrégularités importantes" dans le montage financier mais aussi, pour le programme de Calvi, dans le processus d’attribution des logements." 

Référence 

Saturday, October 7, 2023

Premier billet: Introduction à ce Blog; la natalité

 Préambule

En 1800                               1 milliard d’être humain,
En 1930                               2 milliards d’être humain,
En octobre 2023,                8.1 milliards,
En 2050 de l’ordre de        10 milliards.

(Ref: Pison Gilles, démographe INED; https://www.ined.fr/fr/recherche/chercheurs/Pison+Gilles
pour ses travaux voir: https://orcid.org/0000-0001-5916-2360)

L'ordre de grandeur en fin 2023 est de l'ordre de 150 millions de naissance/an et 50 millions de décès/an.

L'autre point est que cette "quantité" augmente sur une surface, la surface habitable. Afin de faciliter ce flux et cette accumulation du nombre d'individu sur cette surface, il reste nécessaire de classifier les ruraux et les citadins mais même pour cette classification il existe de nombreux écueils. Mais beaucoup de conséquences liées au pillage des ressources et à la mauvaise gestion de TOUS nos déchets reposent non pas en premier sur le nombre d'habitant mais sur le mode de les couplages entre consommation/recyclage/déchet. de certains groupes.

Même un démographe professionnel comme Pison Gilles a déclaré sur France 2 le 9 octobre 2023 à 20h45 qu'avoir un ou des enfants "c'est fatiguant" en fortement décourageant nos jeunes et a insisté pour que les jeunes n'aient plus d'enfant, ou malgré tout s'ils en ont qu'ils les élèvent à une forme d'écologie  !!! 

Motivations

Ce blog désire partager et archiver mes recherches en se focalisant sur une partie de notre planète. Cette surface se situe sur l'Afrique, la Méditerranée et la "péninsule de l'Eurasie"  partie occidentale du continent Eurasie nommée "Europe".

Le but de la science n'est pas en premier la lutte contre l'ignorance et les erreurs mais UNE CLARIFICATION du problème (posé par ses motivations) souvent très complexe, enchevêtré avec des inquiétude, avec des fausses opinions, et embrouillé par des paniques.

Prenons l'exemple de la Côte d’Ivoire

L'estimation de la croissance urbaine nécessite avant toute chose la définition de l’espace urbain, ce qui n’est pas un exercice aisé en Côte d’Ivoire. Lors du recensement de 1975, la ville était définie comme une localité ayant plus de 10 000 habitants (et comptant entre 4 000 et 10 000 habitants avec au moins 50 % des chefs de ménage ayant une activité non agricole). Après le recensement de 1998, la ville est désormais une localité de plus de 3 000 habitants agglomérés, dotée de fonctions politiques et administratives, la distinguant des villages par le niveau des équipements et par une population active non agricole dépassant 50 % (INS, 2001). Dureau (1993) propose la définition physique de la ville en tant que zone continue d’espace bâti. Pour la Côte d’Ivoire, l’auteur propose la taille de 5 000 habitants agglomérés. 

Partant de ce critère, elle est passée de 2 146 293 en 1975 à 4 220 535 en 1988 et à 6 529 138 en 1998, soit un doublement en 13 ans et un triplement en 23 ans. Elle a augmenté de 7 % sur la période 1975-1988 contre 4 % sur la période 1988-1998. Il y a donc eu une période de forte croissance due aux performances économiques des années 1960 à 1970 suivie d’une période de régression entraînée par la crise économique des années 1980. Ce pays aurait connu depuis la fin des années 1990, si l’on s’en tient au critère de 5 000 habitants agglomérés, la transition urbaine ; c’est-à-dire le passage à la majorité urbaine. La population urbaine est estimée à 54,2 % en 2015 par la CIA. En 2015, environ 54 % de la population mondiale vivait en milieu urbain.

La population de la zone d'Abidjan a dépassé 7 millions d'habitant en cette fin 2023. Depuis 2001Abidjan est gérée  par un « district autonome » de 2 119 km2 mais l'étalement urbain abidjanais s'accélère encore.

L'autre point difficile concerne les migrations et toutes les formes de déraçinement (induites via les enfants des migrants qui sont "métissés" entre deux cultures). En Côte d’Ivoire l’attitude populationniste du gouvernement a induit une politique migratoire qui a encouragé durant une longue période la venue des "étrangers"  pour promouvoir le développement économique. En vue de faciliter leur intégration, le président Houphouët avait,  en 1966, même proposé la double nationalité aux ressortissants d’Afrique Occidentale Française. Selon le recensement général de la population de 1998, la population étrangère représentait alors 26 % de la population totale du pays, et plus de 95 % de cette population étrangère provenait des pays de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO). Le Burkina Faso fournissait à lui seul 56 % de la population étrangère en Côte d’Ivoire, soit 14,6 % de la population totale du pays. Au début des années 1990, l’instauration de la carte de séjour des étrangers a produit de nombreux effets. 

L’augmentation rapide des étrangers a surtout contribué à la croissance des villes ivoiriennes. En 1975 ils représentaient près de 40 % des citadins. Entre 1978 et 1979, deux étrangers sur trois immigraient en ville dont ~41 % à Abidjan. Les Maliens se sont installés majoritairement en ville avec un quart de leur effectif à Abidjan. Contrairement à eux, les Burkinabés se sont installés dans les régions à forte production de cultures d’exportation. Plus de la moitié des Nigérians résident actuellement à Abidjan.

L' aspect crucial en plus de la géographie repose sur "l'histoire", les classes d'âge, visialisé par la célèbre Pyramide des âges. 

Cote d'Ivoire

https://www.populationpyramid.net/fr/c%C3%B4te-divoire/2022/


France
en Corse
solde naturel en Corse

Il est intéressant de constater en cette fin 2023 que le nombre de naissance par an en Côte d’Ivoire pays de 30 millions d'habitant a beaucoup dépasssé ce nombre de naissance que génère le France, pays de 70 millions d'habitant. La Côte d’Ivoire est maintenant au dessus de 700 000 naissances/an avec une forte croissance et la France vient de passer en dessous de ces 700 000 naissances/an avec une forte décroissance. 

La France n'a que 1.7 millions de fille de 0-4ans, la Cote d'Ivoire a     2.15 millions de fille de 0-4ans,
La France n'a que 1.9 millions de fille de 5-9ans, la Cote d'Ivoire a     2 millions de fille de  5-9ans,
La France n'a que 2    millions de fille de 10-14ans, la Cote d'Ivoire a 1.8 millions de fille de  10-14ans, 
1KinshasaDrapeau de la république démocratique du Congo République démocratique du Congo17 071 000
2ParisDrapeau de la France France12 532 901
3AlgerDrapeau de l'Algérie Algérie7 796 923
4AbidjanDrapeau de la Côte d'Ivoire Côte d'Ivoire6 207 000
5CasablancaDrapeau du Maroc Maroc4 270 750
6Montréal (RMR)Drapeau du Canada Canada4 060 700
7DakarDrapeau du Sénégal Sénégal3 520 000
8BamakoDrapeau du Mali Mali3 337 122
9YaoundéDrapeau du Cameroun Cameroun3 060 000
10DoualaDrapeau du Cameroun Cameroun2 768 000
11OuagadougouDrapeau du Burkina Faso Burkina Faso2 700 000
12Port-au-PrinceDrapeau d'Haïti Haïti2 440 000
13TananariveDrapeau de Madagascar Madagascar2 398 000
14LyonDrapeau de la France France2 291 763
15BeyrouthDrapeau du Liban Liban2 200 000
16TunisDrapeau de la Tunisie Tunisie1 990 000
17LoméDrapeau du Togo Togo1 941 000
18RabatDrapeau du Maroc Maroc1 845 000
19BrazzavilleDrapeau de la république du Congo République du Congo1 838 348
20MarseilleDrapeau de la France France1 752 398
Données de 2021.
On constate que Abidjan est déjà la 4ième ville francophone au monde avec une forte probabilité de dépasser Alger avant 2050. En 2023 Alger pèse 8 millions d'habitant (7 millions pour Abidjan). L'écart en 2015 était de 1.5 milliosn qui s'est réduit à 1million en seulement 7ans.
Sur ces 20 villes, trois sont en France, une au Canada, une dans les Caraibes, une en Méditerranée orientale, et 14 sont en Afrique (et Madagascar). 

Voir aussi liste:

Cas de Lyon-St-Etienne (aire urbaine)

L'aire urbaine de Lyon est une aire urbaine française centrée sur la ville de Lyon de 2.5 millions.
Aire urbaine de Saint-Étienne est une aire urbaine française centrée sur la ville de St-Etienne de 0.6 millions. Le cas Lyon et St-Etienne resssemble à une grosse étoile qui interagit avec une étoile moyenne.
La réalité fonctionnelle de ce peuple Ségusiave fait que ces deux aires travaillent ensemble avec une continuité territoriale via la clé de Givors.
L'aire Lyon-St-Etienne (7600 km2) regroupe 3.1 millions d'habitant qui lui permettrait de rester dans le top 10 des aires urbaines francophones. 

Cas de Montreal

Le cas de Montreal est très intéressant car la Canada a une forte polique migratoire avec sélection. 
D'ici 2040, environ 10 millions de baby-boomers et 3,5 millions de travailleurs supplémentaires quitteront la population active du Canada. Cela signifie que le Canada aura besoin d'environ 13,5 millions de travailleurs jusqu'en 2040 pour s'assurer que sa main-d'œuvre qualifiée ne diminue pas. Jusqu'en 2040, environ 12 millions d'étudiants devraient obtenir leur diplôme et entrer dans le bassin d'emploi canadien. Le Canada devra donc combler un déficit de 1,5 million de travailleurs.
Selon Statistique Canada, la population du Canada était estimée à tout près de 40,1 millions de personnes au 1er juillet 2023, au terme d'une hausse de 2,9% en une année. Il s'agit de la plus forte croissance de la population canadienne enregistrée sur une période de douze mois depuis 1957 (Estimations démographiques du Canada au 1er juillet 2023). 
Selon Statistique Canada, «si le taux d'accroissement démographique observé au cours de la dernière année devait demeurer au même niveau dans le futur, la population du Canada doublerait en 25 ans.»
Le rythme désiré par les politiciens serait de 400 000 immigrés-net/an.
Canada is tracking to pass 40 million people late in 2023 and is following the Statscan high population growth scenario to pass 50 million people by 2040. Canada should have 44 million people by 2030.

Mais en fait Montreal devrait assez peu augmenter.

Méthode

Le 3 février 1623, Galilée reçoit l'autorisation de publier son Saggiatore qu'il dédie au nouveau Pape. L'ouvrage paraît le 20 octobre 1623, il y a 400 ans exactement jour pour jour. En 1618, on a observé le passage de trois comètes, phénomène qui relance la polémique sur l'incorruptibilité des cieux. Dans ce livre Galilée considère avec erreur que les comètes seraient comme des rayons lumineux et non comme de vrais objets, erreur démontrant la nécessaire modestie des savants pour toutes les générations. Mais le meilleur ouvrage de Galilée reste celui de 1638 dont la lecture me ravit encore: Discorsi e Dimonstrazioni matematiche intorno a due scienze attenanti alla mecanica ed i movimenti locali.

Il me fallait finir cette "introduction-pitch" par ce paragraphe dans son  Saggiatore qui a participé à me décider à donner ma vie à la science et à devenir "chercheur CNRS":

« La philosophie est écrite dans cet immense livre qui se tient toujours ouvert devant nos yeux, je veux dire l'Univers, mais on ne peut le comprendre si l'on ne s'applique d'abord à en comprendre la langue et à connaître les caractères avec lesquels il est écrit. Il est écrit dans la langue mathématique et ses caractères sont des triangles, des cercles et autres figures géométriques, sans le moyen desquels il est humainement impossible d'en comprendre un mot. Sans eux, c'est une errance vaine dans un labyrinthe obscur"

Trois cartes importantes

Croissance de la population avec les frontières actuelles des pays.
Depuis 2015 l'Afrique croit, l'Europe s'effondre.


Croissance de la population avec les frontières actuelles des pays
et les critères définissant les "urbains".
Encore beaucoup de migration vers les villes.



Croissance de la population urbaine avec les frontières actuelles des pays



©S. Mottin