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Friday, December 1, 2023

Université de Corse, Università di Corsica

Le 3 janvier 1765 le décret de la dernière consulta de 1763 pose la première pierre.

Le premier recteur fut le frère Mariani,  professeur en droit civil, droit canon et éthique, Leonardo Grimaldi pour la philosophie et les mathématiques. 

La défaite de Ponte Novu et l'exil de Paoli et de nombreux démocrates l'éteindront le 25 juin 1769.

L’université commencera à renaitre de ses cendres en 1975 suite aux événements d'Aléria.  Grâce aux événements de l'affaire Bastelica-Fesch, elle naitra en 1981. La Sardaigne voisine,  à l'époque sous autorité espagnole, dispose de 2 universités, à Cagliari et à Sassari, depuis le début du XVIIe siècle tandis que le différentiel démographique entre les deux îles est moins important qu’aujourd’hui. [Martinetti,2018; Entre science et militantisme, une géopolitique de l’université de Corse sous le regard tutélaire de Pascal Paolihttps://www.cairn.info/revue-herodote-2018-1-page-109.htm]

Par ses nombreuses relations avec le pourtour de la Méditerranée, l'université de Corse occupe une place stratégique. Sa position scientifique souligne une originalité vis-à-vis 

Elle concentre de l'ordre de 4000 étudiants. Cette université multi-site se situe essentiellement à Corte. Cette piève de Talcini élargi à la micro-région du cortenais  n'a pas de véritable aérodrome avec un aéroport de Bastia-Poretta à 52 km. De plus elle est distante de 

  • 64 km du port de L'Île-Rousse le plus proche,
  • de 71 km du port de commerce de Bastia, et
  • de 80 km de celui d'Ajaccio.
Située dans une cuve au confluent du Tavignano et de la Restonica, la ville a connu deux phénomènes extrêmes au max du froid à −8,7°C le 2 mars 2005  et du chaud à 41,1°C le 7 juillet 2000. La température "moyenne" annuelle s'élève à 13 °C et on y compte de l'ordre de 50 jours de gel par an.

L'université assure trois missions centrées sur "l'éducation et l'élévation de l'âme des cadres du peuple corse émancipé de la tutelle génoise":

  • La formation dans toutes les disciplines via 8 structures
    • UFR Lettres, Langues, Arts, Sciences humaines et sociales
    • UFR Droit et Science Politique
    • UFR Sciences et Techniques
    • Institut universitaire de santé
    • Institut universitaire de technologie
    • Ecole de management et d'économie / Institut d'administration des entreprises
    • Institut national supérieur du professorat et de l'éducation
    • Ecole d'ingénieurs Paoli Tech
  • La recherche 
    •  2 UMR CNRS dont le centre de leur mission consiste en la production de connaissances, de savoir, de savoir-faire et de savoir-être comme réponse aux défis sociétaux de l'île dans son contexte méditerranéen.
      • Laboratoire SPE Sciences Pour l’Environnement (CNRS / Univ. de Corse). L’UMR 6134 Sciences Pour l’Environnement (SPE) est issue de 3 laboratoires créés en Corse dans les années 1980, concomitamment à la réouverture de l’Université de Corse. Le plus ancien, le laboratoire d’hélio-énergétique (URA 877 CNRS), fut créé en 1982 autour du thème de l’énergie solaire. 
      • Laboratoire LISA Lieux, Identités, eSpaces et Activités (CNRS / Univ. de Corse).
        Créée en 2008, l’UMR 6240 LISA est l’unique acteur régional du dispositif de recherche en Sciences Humaines et Sociales. Elle s’inscrit dans la section 39 « Espaces, Territoires et Sociétés » du département SHS du CNRS. Fortement pluridisciplinaire, l’unité tire son originalité d’un large éventail représentatif de 23 sections CNU et de 5 Branches d’Activité Professionnelles du CNRS. 
    •  3 plates-formes de recherche et développement, 
      • Myrte (Mission hYdrogène Renouvelable pour l'intégration au réseau Electrique) et Paglia Orba (Plateforme Avancée de Gestion éLectrique Insulaire, Associant stOckage et énergies Renouvelables – Objectif Autonomie) en matière d’énergies renouvelables situées à Vignola, Ajaccio,
      • Stella Mare en matière de ressources halieutiques située à Biguglia
        (Sustainable TEchnologies for LittoraL Aquaculture and MArine REsearch)
        Cette Unité UMS n°3514 est liée à  l’INstitut Ecologie et Environnement du CNRS (INEE) CNRS. Sa récente structuration permet une affectation de chercheur.
      • Institut d'Etudes Scientifiques de Cargèse, CNRS / UNIVERSITÉ DE CORSE / UNIVERSITÉ CÔTE D'AZUR qui accueille 2000 chercheurs/an pour des communications scientifiques.

    • le centre INRAé avec
      • le site de l'UR SELMET-LRDE (Systèmes d’élevage méditerranéens et tropicaux - Laboratoire de Recherche sur le Développement de l’Elevage) : 12 agents INRAE-ACT (Action, Transitions et Territoires).
      • le site de SAN GIULIANO
        • SDAR : 11 agents
        • UR Agap (Amélioration Génétique et Adaptation des Plantes méditerranéennes et Tropicales) Antenne corse (rattachée à l’UMR AGAP) : 5 agents BAP (Biologie et Amélioration des Plantes) , 4 agents Cirad BIOS (Systèmes Biologiques) et 2 CDD. 
        • UE Citrus : 13 agents INRAE dont 9 BAP (Biologie et Amélioration des Plantes) et 4 AGROECOSYSTEM (Agroécosystèmes) et 2 ETP annuels en CDD.

    • Fédération de Recherche Environnement et Société / FR CNRS 304 qui essaie de coordonner tous ces centres de recherche  dont le but est la mise en oeuvre des 7 actions de recherche suivantes :
          • Action 1 : Bio-ressources et changements environnementaux
          • Action 2 : Faculté Mondiale de l’eau 
          • Action 3 : Qualité et Qualification
          • Action 4 : Santé
          • Action 5 : Energies Renouvelables (ENR)
          • Action 6 : Intelligence Economique
          • Action 7 : Change (Changement Climatique)
    • Science et société
      • Depuis le 1er janvier 2009, l'université de Corse a créé sa fondation universitaire « A Fundazione di l'Università di Corsica ».
      • De très nombreuses activités dont les limites conflictuelles seraient une forme d'hégémonie culturelle de cette université sur l'île.

    Friday, November 10, 2023

    "Un CHU pour la Corse"

    Le texte plaidant en faveur de la création d'un Centre Hospitalier Universitaire (CHU) en Corse rassemble une trentaine de signataires, parmi lesquels on compte des professeurs hospitalo-universitaires en poste ou à la retraite, dont font partie Josette Dall'Ava-Santucci et Laurent Papazian.

    La Corse doit pouvoir être dotée d’un CHU afin que soit enfin respecté le principe fondamental du Code de la Santé Publique : l’égalité d’accès aux soins, laquelle est sérieusement mise à mal par certaines particularités de plus en plus prégnantes.

    Depuis 20 ans l’Université de Corse propose l’enseignement de première année des études médicales. Les étudiants admis en seconde année sont actuellement répartis entre les CHU de Marseille, Nice et Paris. Le projet est d’étendre l’enseignement à tout le premier cycle (3 premières années) en 2024 et 2025 afin que les étudiants de l’Université de Corse afin de repousser leur départ à partir de la 4e année. La Corse est marquée par un essor démographique important (plus de 350 000 habitants au dernier recensement) et une forte activité touristique l’amenant à devoir faire face au doublement de sa population en période estivale, mais dans les faits un surcroît de population s’étendant des vacances de printemps celles de la Toussaint. Le vieillissement de la population y est particulièrement important. Ainsi, en 2019, les plus de 60 ans représentaient près de 30% de la population insulaire. Le taux de pauvreté est supérieur à la moyenne française et le plus élevé pour les plus de 75 ans. L’offre hospitalière en Corse est portée par sept Centres Hospitaliers publics et huit établissements privés pour un total de 1000 lits de Médecine-Chirurgie-Obstétrique. Cette densité de lits (hors saison touristique) est inférieure à la moyenne française. Le taux de recours aux soins hors Corse atteint 20% avec 26 000 trajets depuis la Corse vers le continent pour un coût de trente millions d’euros (données CPAM).

    Ces chiffres ne rendent pas compte de la pénibilité et des surcoûts pour les patients (titres de transport, ponctualité, accompagnants) avec à la clef, pour certains, une iniquité d’accès voire un renoncement aux soins. Il s’agit parfois de consultations ou d’actes mineurs pour des spécialités sous-représentées ou absentes sur l’île qui devraient être prises en charge en Corse. Paradoxalement, certaines activités très spécialisées dignes d’un CHU sont déjà présentes au sein des établissements insulaires telles que Procréation Médicalement Assistée, Centre de Ressources et Compétence de la Sclérose en Plaques, Centre Mémoire Ressources et Recherche, une activité de neuroradiologie interventionnelle ou une activité d’assistance respiratoire et cardiaque extra-corporelles. Le vieillissement de la population touche aussi les médecins dont l’âge moyen est plus élevé que la moyenne française.

    Ainsi, les médecins de 70 ans et plus représentent 10% de l’effectif total. Lorsque l’on interroge les étudiants de l’université de Corse admis en seconde année et en cours de cursus, deux tiers seraient intéressés par le fait d’exercer tout ou partie de leur activité au sein du CHU de la Corse. Un travail récent montre que 70% des étudiants de l’université de Corse admis en seconde année ayant choisi la médecine générale une fois devenus Internes reviennent s’installer en Corse.

    En revanche, seulement 30% de ceux ayant choisi une autre spécialité reviennent travailler en Corse. La création d’un CHU en Corse permettrait aux étudiants en médecine d’accomplir tout ou partie de leur cursus en Corse et d’y poursuivre leur carrière professionnelle. Les régions françaises métropolitaines qui ont le moins de médecins sont les mieux dotées en nombre de postes d’Internes. Sauf une. La Corse. La seule à ne pas disposer d’un CHU. L’Université de Corse abrite en son sein plusieurs unités de recherche (dans le domaine des maladies infectieuses, des mathématiques appliquées à la médecine, de la physique, de l’informatique, du vieillissement et un axe santé- environnement) qui pourraient permettre aux futurs hospitalo-universitaires de développer leurs projets de recherche.

    Il ne s’agit pas d’universitaires tous les services hospitaliers insulaires, mais de cibler prioritairement (1) certaines spécialités où l’offre est faible ou nulle, et (2) certaines spécialités bien développées initiant déjà des projets de recherche clinique. L’originalité du projet construit à l’initiative de la Collectivité de Corse consiste à associer les établissements hospitaliers publics et privés (ainsi que les médecins libéraux) à travers un projet médical partagé et un conventionnement incluant les missions d’enseignement et de recherche. En effet, la complémentarité est impérative eu égard à l’isolement géographique de la Corse et à la population relativement peu nombreuse.

    Ces synergies entre secteur public et secteur privé sont souhaitées par les tutelles et le CHU de la Corse serait en cette matière très innovant. Le travail préparatoire mené par un consultant a permis de mettre en lien tous ces acteurs désireux de construire ensemble ce projet visant aussi à étoffer l’offre de formation paramédicale (notamment pour les infirmières de blocs opératoires, les infirmières anesthésistes, les cadres de santé, les manipulateurs radio). Les paramédicaux sont des acteurs hospitaliers majeurs, s’engagent dans des tâches d’enseignement et de recherche, mais sont aussi la clef de la réussite d’une politique territoriale visant à développer et multiplier des parcours de soins et l’éducation thérapeutique.

    La santé est en réalité un des principaux moteurs de la recherche et du développement dans les pays occidentaux. Ainsi, l’organisation des soins en Corse ne doit pas être considérée uniquement comme une charge pour la société, mais s’inscrire dans une dynamique qui favorise la création de richesses. Cette dynamique doit reposer sur des plateaux techniques performants, modernisés et attractifs et doit s’appuyer sur des structures de recherche de haut niveau et productives. En outre, cette dynamique pourra permettre tant aux soignants qu’à la population de se projeter dans un avenir plus sécurisé.

    Le CHU doit permettre cela tout en conservant et développant les synergies déjà existantes avec les autres établissements hospitaliers et universitaires, s’appuyer sur celles-ci pour se construire et en créer de nouvelles qui favorisent à la fois l’échange et la progression du savoir. Il s’agit d’un objectif très ambitieux, mais tout à fait réaliste à nos yeux.

    Professeurs des universités, médecins hospitalo-universitaires exerçants ou ayant exercé en CHU, nous soutenons le projet de création du CHU de la Corse.

    Patrick Barbet, Paris

    Marc Bazot, Paris

    Dominique Barbolosi, Marseille

    Sofiane Bendifallah, Paris - Jean-Michel Bartoli, Marseille

    Jacques-Charles Bertrand, Paris

    François Carré, Rennes

    Yves- Sébastien Cordoliani, Paris

    Dominique Crenesse, Nice

    Josette Dall’Ava-Santucci,, Paris

    Jean- François Dhainaut, Paris

    Gilles Dhonneur, Bastia

    Anh Tuan Dinh-Xuan, Paris

    Christophe Doddoli, Marseille

    Pierre Gastaud, San Fiurenzu

    Jean-Michel Gracies, Bastia

    Noël Graziani, Marseille

    Dominique Grisoli, Marseille

    Francine Leca, Paris

    René-Paul Louis, Marseille

    Guy Moulin, Marseille

    Franck Paganelli, Marseille

    Jean-Roch Paoli, Bastia

    Laurent Papazian, Bastia

    Didier Payen, Paris

    Marie-Laurence Poli-Merol, Reims

    Daniel Sereni, Paris

    Andreas Stein, Marseille

    Bertrand Souweine, Clermont-Ferrand

    Lionel Velly, Marseille

    Paul-Julien Venturini, Corti -

    ean- Philippe Verhoye-Rocchesani, Rennes

    Référence

    https://www.corsenetinfos.corsica/TRIBUNE-Un-CHU-pour-la-Corse_a73797.html

    Wednesday, November 8, 2023

    Nuit bleue : pour Thierry Dominici, « le FLNC rappelle qu’il est lui aussi présent sur l’échiquier »

     Enseignant-chercheur en sciences politiques à l’université de Bordeaux, ce spécialiste du nationalisme corse, Thierry Dominici, originaire de Bastia, livre son analyse après la série d’attentats qui a touché la Corse dans la nuit de dimanche 8 octobre 2023 à lundi.

    - Le FLNC vient de revendiquer une vingtaine d'attentats qui ont été commis aux quatre coins de la Corse dans la nuit de dimanche à lundi. Selon vous, qu'est-ce qui a motivé l’organisation de cette nuit bleue comme l’île n'en avait pas connu depuis des années, alors que la deuxième phase du processus d'autonomie a été lancée il y a quelques jours par Emmanuel Macron ?

    - On pourrait être étonné parce que vu l'avancée du processus d’autodétermination, on aurait pu imaginer que le FLNC aurait pu rester dans cette logique de démilitarisation mise en place depuis 2014. Mais apparemment, en tant qu’acteurs potentiels du débat, il semblerait qu'ils réutilisent des modèles anciens, c'est-à-dire une nuit bleue.

    - Dans ce communiqué très laconique, le FLNC écrit « Nous n'avons pas de destin commun avec la France ». N’est-ce pas quelque part aussi un message adressé à Gilles Simeoni qui parlait de construire une autonomie de la Corse dans le cadre de la République ?

    - Je pense que c'est surtout un rappel du message que s'est donné le FLNC sur le champ politique. La volonté du Front depuis sa création, c'est l'indépendance. Obtenir un statut particulier, une reconnaissance de l'autonomie de la Corse, pour le FLNC, comme d'ailleurs pour les élus indépendantistes, cela n'a rien d'historique parce que pour eux, l'histoire de la Corse débutera avec l'indépendance et qu’il n’y a aucune histoire commune, aucun passé commun avec la France. 

    - Est-ce que finalement, derrière cette vague d’attentats, on ne pourrait pas penser que l'objectif du FLNC est de faire avorter ce processus ?

    - Je crois que l’objectif est surtout de rappeler à l'ensemble insulaire et notamment aux élus que le FLNC, au même titre que les indépendantistes qui sont dans l'opposition, est aussi un acteur concernant l'évolution du statut de l’île. 

    - Vous le rappeliez, le dépôt des armes du FLNC en 2014 a permis de pouvoir ouvrir ces discussions avec le Gouvernement. La reprise active des attentats ces derniers mois, d'autant plus après le discours du Président de la République que d'aucuns qualifient d'historique, pourrait-elle mettre en danger le processus ? Est-ce que cela pourrait contraindre le gouvernement à faire un pas en arrière ?

    - Je serais tenté de dire non parce que cela voudrait dire que le Gouvernement écoute des personnes qui ne sont pas élues et qu’il donne plus de caution à quelque chose qu’il considère comme finalement nébulaire, voire inexistant ou simplement confidentiel. Je crois qu'aujourd'hui, il faut voir les choses comme elles sont présentées, c'est-à-dire que l'espace public a toujours été laissé vacant aux indépendantistes depuis la victoire de 2015. Je pense aujourd'hui que par la voie des attentats, le FLNC rappelle qu’il est lui aussi présent sur l’échiquier et que la négociation se fait avec les élus, mais passe aussi peut-être par toute la famille indépendantiste, ainsi que par la société civile et notamment la jeunesse.

    - Dans un précédent communiqué en date du 1er août dernier, le FLNC déclarait : « Aucun accord entre la Corse et la France ne pourra être qualifié d'historique tant qu'il n'entérinera pas la reconnaissance des droits du peuple corse sur sa terre comme seule communauté de droit ». Est- ce que selon vous, le fait qu'Emmanuel Macron n’ait pas prononcé certains mots dans son discours, dont notamment la notion de « peuple corse » a pu accroître la tension ?

    - Le rôle du président de la Vème République, c'est de proposer des grandes lignes, ce n'est pas de mettre à plat les points cardinaux de la réforme institutionnelle. Ce n'est pas parce qu'il ne dit pas « peuple Corse » que les élus insulaires ne peuvent pas le mentionner dans le futur texte. Et puis, il a parlé de culture corse, il a parlé de tradition, et il a quand même fait une référence assez extraordinaire à la constitution de Pascal Paoli dans son discours. Il ne parle peut- être pas de peuple corse, mais il choisit de parler de nation corse en soulignant comment les Corses en 1755 étaient modernes. Ce discours correspond vraiment à la position du Président en vertu de l'article 5 de la Constitution qu’en tant que gardien des institutions, il ne peut donner que les grandes lignes, pas le projet dans sa globalité. Donc, attendre de lui qu'il parle de peuple corse, c'est assez étonnant. C’est comme attendre de lui qu’il parle par exemple d'autonomie législative, c'est un terme qu'il ne peut pas employer. Le droit constitutionnel le restreint dans sa position. 

    Référence


    la philosophe Joëlle Zask, IUF fait une étude sur la Corse

     Et si l’on pouvait trouver en Corse des réponses à la crise environnementale dans laquelle a plongé la planète ? C’est le défi que la philosophe Joëlle Zask, membre de l’Institut Universitaire de France et du Centre Norbert Elias, spécialiste du pragmatisme et de philosophie sociale, et professeur à l’université d’Aix-Marseille, a choisi de relever. Elle nous présente cette étude en cours de réalisation.

    - Pouvez-vous nous exposer en quelques mots l’objet de votre étude ?

    - La problématique de départ est celle-ci : trouverait-on en Corse des réponses aux questions que la crise environnementale nous pose désormais ? Le regard que nous portons est celui d’une philosophe – moi-même – et d’un photographe – Simon Birman, avec qui je travaille. Sans nier les réalités locales souvent complexes, voire conflictuelles, nous voudrions recueillir un legs précieux, parfois inaperçu, sur lequel pèse actuellement la double menace de la sanctuarisation et de la destruction de l’environnement.
    Cet objectif étant fixé, le projet demeure largement ouvert. Sa réalisation va dépendre des interlocuteurs que nous rencontrerons, de nos observations et de nos parcours, de notre formation sur place, de la fréquentation assidue des lieux… Mais le travail est aujourd’hui suffisamment avancé pour savoir qu’il est pertinent, que ça vaut la peine de poursuivre.

    - Qu’est-ce qui vous a donné l’idée de réaliser ce travail ?

    - Le point de départ, ce sont plusieurs personnes qui m’ont invitée à écrire sur la Corse ; des personnes qui m’ont entendu causer et connaissaient mon approche, mon point de vue sur la démocratie comme culture, mode de vie, et son lien avec l’écologie. On m’a dit de plusieurs côtés : « Il y a quelque chose qui nous intéresse, nous, Corses, là-dedans… ». En fait, j’ai été invitée à exercer mes concepts au contact de la Corse… J’ai été d’abord surprise, ne connaissant rien à cette île, mais me voilà mordue ! Au cours de mes premiers séjours, j’ai progressivement compris le pourquoi de cette invitation qui m’était faite. Et quel en était l’enjeu. Qu’est-ce qui, dans ma perspective, dans ma sensibilité, pouvait entrer en résonance avec des expériences, des phénomènes, des paysages de Corse ? Plusieurs choses m’ont frappée qui constituent pour l’instant les divers objets de mon étude. Il y a par exemple le cédrat, un agrume auquel colle un imaginaire puissant à partir duquel revisiter les relations tout à fait uniques entre la Corse et les Juifs, ce qui me concerne pour le coup.
    Il y a aussi le châtaignier, « poule aux œufs d’or » et « arbre de la liberté », symbole depuis Pascal Paoli de l’indépendance alimentaire et des libertés politiques en même temps. J’ai écrit un article paru dans Robba en décembre 2022 en même temps que dans AOC média sur ce sujet. 
    Il y a aussi les animaux autogouvernés en quelque sorte, à l’aise sur leur parcours, sans berger ni chien. Eux aussi illustrent le rapport entre le soin du paysage (paese) et la défense des libertés que je cherche à observer en Corse. Et plein d’autres sujets…

    - La liberté, c’est une notion qui est importante pour vous ?

    - Absolument. C’est fondamental. Pour moi qui suis spécialiste par goût de philosophie dite politique, la liberté, ce n’est pas « faire ce que je veux » mais agir, seule ou avec d’autres, entreprendre, expérimenter, transformer le monde disait Marx ! Je ressens en Corse un attachement très fort à la liberté d’action alors que, sur « le continent », on ne l’aime pas tellement. On lui préfère l’égalité notamment. Cette liberté d’action est pourtant et toujours contextuelle : on n’agit pas dans la stratosphère, mais en présence d’un environnement bien précis, en dialogue avec ce dernier. La conscience d’un partenariat avec la nature dans la construction de soi et l’usage des libertés est extrêmement prégnante dans la « Corse de l’intérieur », je l’apprécie beaucoup et la partage.

    - Sous quelle forme pensez-vous rendre publique cette étude ?

    - On l’imagine sous la forme de tableaux à la fois narratifs et photographiques composés au sein d’un dispositif quadrangulaire qui rassemble le lieu, la personne qui en parle, le photographe et moi-même qui observe et pose des questions. Il en résultera un livre conçu un peu comme une promenade. Avec les photographies argentiques en noir et blanc de Simon Birman, ce qui leur donnera une épaisseur temporelle soulignant le soi-disant “retard” des paysages corses : un « retard » dont on dit souvent qu’aujourd’hui il se révèle une avance… Nous envisageons aussi une exposition de photos ponctuée de textes et de sons, une journée d’études, pourquoi pas un colloque.

    Référence

    https://www.corsenetinfos.corsica/Quand-une-philosophe-politique-fait-une-etude-sur-la-Corse_a73985.html

    Tuesday, November 7, 2023

    Le projet d'un centre hospitalier universitaire CHU multi-sites; Assemblée le 25 octobre 2023

     Réunis en session ordinaire à Aiacciu le 25 octobre 2023, les élus de l'Assemblée de Corse ont validé ce jeudi le projet de voir naître en Corse un CHU multi-sites sur une échéance de dix ans. Il reste maintenant à convaincre Paris.

    La Corse est la seule région de France à ne pas disposer de CHU. En 2019, le taux de recours aux soins hors Corse était d’environ 20 % en moyenne sur l’ensemble de l’île. Selon des données fournies par la caisse primaire d'assurance maladie (CPAM), près de 26 000 trajets depuis la Corse vers le continent, pris en charge par la CPAM, ont été comptabilisés en 2017. Au total, le coût de ces trajets remboursés s’est élevé à plus de 30 M€. 

    Et ce jeudi 26 octobre à Aiacciu, en introduction de cette délibération 

    "qui (lui) tient à cœur", Bianca Fazi, la conseillère exécutive de l'Assemblée de Corse en charge de la santé, a rappelé les maux dont souffrent les Corses en matière d'accessibilité aux soins : "Nous avons une population vieillissante, avec souvent la complexité de prise en charge de maladies chroniques. Nous avons une saisonnalité qui complique la prise en charge des patients. Nous manquons de médecins, notamment dans l'intérieur de l'île. La démographie médicale est déclinante, nous peinons à recruter des spécialistes. Nous avons le plus faible ratio de lits par habitant".

    La Corse et les Corses sont à la croisée des chemins, abonde Jean-Marc Borri, de Fà Populu Inseme : "Sans le CHU, l'injustice serait encore accrue, avec une dégradation démographique médicale et un accès aux soins rendu encore plus difficile. Ce serait une situation catastrophique, en particulier dans le rural. Avec un CHU, on serait pourvu du moyen le plus sûr pour porter à un niveau élevé l'offre de soins à laquelle la population a droit et aussi pour lutter contre la désertification médicale."

    Le CHU, par sa vocation, remplirait en Corse une triple mission de soins, d'enseignement et de recherche, les deux dernières favorisant l'attractivité du territoire à destination du corps médical et scientifique. "La crise sanitaire nous a amenés à constater les limites de fonctionnement du système de santé piloté par Paris, estime Bianca Fazi. Un système basé sur la tarification à l'activité, qui favorise la quantité des soins au détriment de la qualité." La conseillère plaide donc pour un projet corse "expérimental, résolument axé sur les services aux territoires." Ce CHU voulu par l'exécutif corse serait donc multisite, "inspiré du modèle réunionnais", associant établissements publics et privés.

    Multisites ?

    Cet aspect atypique d'un CHU multisite a inquiété quelque peu Jean-Christophe Angelini. S'il soutient bien évidemment la démarche déjà portée au niveau national par le député Paul-André Colombani issu de ses rangs, le président du groupe Avanzemu estime que se conformer à un CHU qui serait basé dans le chef-lieu de région donnerait plus de chances de voir la requête aboutir, "au regard de la législation en la matière". 

    Ce n'est pas l'avis de Jean-Marc Borri, de Fà Populu Inseme : "Ce qui fait l'originalité de ce CHU, c'est qu'il sera multisite. C'est son gage de réussite, car ce modèle est en rupture avec le modèle qui montre ses limites sur le Continent depuis des décennies. 

    " Le débat "rappelle, il y a 42 ans, les discussions sur le lieu d'implantation de l'université de Corse", note la présidente de l'Assemblée de Corse, Marie-Antoinette Maupertuis.

    Evelyne Galloni d'Istria (Fà populu Inseme) insiste sur les vertus universitaires d'un futur centre hospitalier en Corse : "En établissant un CHRU, nous permettrons à nos étudiants médecins de compléter leur premier cycle d'étude médicale sans quitter la Corse. Cette implantation est la réponse la plus efficace au problème de démographie médicale. Ce CHRU nous permettrait de former sur place la prochaine génération de professionnels de santé dont la Corse a tellement besoin."

    Du côté des élus d'Un Soffiu Novu, on balance plutôt dans le "oui, mais...". Comme l'illustrent les propos tenus par Cathy Cognetti-Turchini : "Nous sommes bien conscients que la création d'un CHU permettrait de faire de la recherche et suivre des études en médecine sur place et dans leur intégralité. Mais là où ailleurs en France, un CHU concentre toutes les spécialités, chez nous il faudra agréger les hôpitaux et les cliniques, sur plusieurs sites, voire nouer des partenariats avec des établissements continentaux pour pouvoir disposer du socle nécessaire." Selon l'élue d'Un Soffiu Novu, il convient d'abord de moderniser les infrastructures existantes, voire d'en créer localement là où le besoin se fait sentir : "Il y a des paliers à franchir avant la création d'un CHU. Je pense à l'hôpital de Bastia et concernant lequel les Corses sont en droit d'attendre beaucoup mieux... Il en est de même pour une antenne médicale en Plaine orientale..." 

    Josepha Giacometti rappelle de son côté qu'un CHU en Corse  "est une revendication très ancienne que nous avons portée à Corsica Libera. Aujourd'hui le CHU, c'est une évidence pour la Corse, mais pas une évidence de l'autre côté de la mer...  Lorsque Emmanuel Macron est venu, il a eu très largement le temps d'évoquer le CHU. Et pourtant, il n'en a pas dit un mot. Je pense que c'était volontaire, car il a évoqué d'autres besoins en matière de santé." Et la seule élue de Corsica Libera de l'hémicycle d'évoquer la perspective "d'un rapport de force et d'une mobilisation" en faveur de la création d'un CHU corse. 

    Convaincre "de l'autre côté de la mer"

    Pour rappel, en février, l'ancien ministre de la Santé, François Braun, avait freiné les ardeurs du Dr Paul-André Colombani, qui l'avait alerté, via une demande écrite, sur la nécessité de doter la Corse d’un tel établissement de santé. "S'agissant de la prise en compte de l'insularité et de critères de plus grande accessibilité aux soins et de réduction de la perte de chances, le développement de filières régionales et/ou d'hyperspécialités articulées avec des partenaires continentaux paraît la voie la plus opérationnelle à court terme, avec effectivement en perspective l'universitarisation de ces filières", avait répondu l'ex-ministre au député Colombani. 

    Les élus de l'Assemblée de Corse espèrent désormais que cette délibération adoptée à l'unanimité pèsera de tout son poids dans les discussions à venir avec Paris : "L'objectif est de présenter ce projet devant le ministre de la Santé (Aurélien Rousseau), au cours d'un rendez-vous que nous espérons rapide. Puis, dans un second temps, d'obtenir le déclenchement d'une mission de l'inspection générale des affaires sociales en Corse, préalable à toute création de CHU. Enfin la création doit être actée par décret des ministres de la Santé et de l'Enseignement supérieur", détaille Bianca Fazi. Et dans l'éventualité où le projet recevrait le feu vert espéré, "le projet se construira sur le long terme, visiblement sur une échéance de dix ans."

    Université, oct 2023 : la recherche en Corse pour lutter contre la pauvreté énergétique en Afrique du Sud

     L'Université de Corse a pris la tête d'un projet international de formation Erasmus+ visant à réduire la pauvreté énergétique en Afrique du Sud, en partenariat avec des institutions grecques et sud-africaines. Un projet de formation et de recherche qui met en avant l'expertise corse dans le domaine des énergies renouvelables et de la transition énergétique.

    Le programme Erasmus+ de l'Union européenne, dédié à l'éducation, à la formation, à la jeunesse et au sport, a lancé un appel à projet de coopération internationale en 2022. L'Université de Corse, en collaboration avec des partenaires grecs et sud-africains, a remporté cet appel à candidature, marquant ainsi le début d'un projet international visant à lutter contre la pauvreté énergétique en Afrique du Sud.

    L'Université de Corse, en particulier son école d'ingénieurs PaoliTech, travaillera en étroite collaboration avec les partenaires grecs, notamment l'Université de West Attica, le Metropolitan College et ReadLab. Ensemble, ils mettront en commun leur expertise en formation dans le domaine de l'énergie, en se concentrant sur les énergies renouvelables, pour concevoir un programme de Master sur la "Réduction de la pauvreté énergétique". Cette initiative revêt une importance cruciale en Afrique du Sud, où l'accès à l'énergie demeure un défi majeur.

    arallèlement à la création de ce programme de Master, les partenaires développeront également une formation continue ciblée, destinée aux professionnels de l'énergie et aux décideurs publics. Cette formation sera dispensée via des plateformes numériques sur mesure, offrant ainsi une approche globale pour aborder la question de la pauvreté énergétique.

    Le projet a débuté avec un séminaire de travail d'une semaine, qui s'est tenu du 8 au 13 Octobre 2023 au Laboratoire Georges Peri à Ajaccio. Au cours de ces journées, la délégation a eu l'opportunité de réaliser plusieurs visites d'études, notamment des activités pratiques sur les plateformes Paglia Orba et Myrte à Ajaccio. De plus, en collaboration avec EDF Corse, les membres de la délégation ont exploré le centre de dispatching, la centrale hydraulique d'Occana et le barrage de Tolla.

    L'Université de Corse a également accueilli la délégation, offrant une présentation détaillée de l'école d'ingénieurs Paoli Tech, suivie d'une visite des installations pédagogiques de l'école. Cette visite a inclus la salle de travaux pratiques et la plateforme expérimentale. Les membres de la délégation ont également pu découvrir deux entités importantes de l'Université, à savoir son FabLab et sa Bibliothèque Universitaire, pour se familiariser avec les technologies de pointe déployées pour la formation des étudiants.

    Le point culminant de cette série de rencontres a été un séminaire sur la pauvreté énergétique, qui a vu la participation de l'Office National de la Précarité Énergétique (ONPE), l'ADEME, EDF Corse et NANOE, une organisation œuvrant pour le développement de l'électrification en Afrique.

    La prochaine étape majeure de ce projet captivant consistera en une visite d'études en Grèce en Février 2024.

    Référence

    Wednesday, November 1, 2023

    intrusion saline dans la nappe de la Figarella, aquifères de Calvi; danger de l'eau devenue non-potable?

     intrusion saline dans la nappe de la Figarella

    Dans l'aquifère côtier qui alimente la commune de Calvi, la salinité de l'eau augmente légèrement chaque été. Techniciens et scientifiques surveillent ce phénomène de biseau salé que des puits et forages non déclarés pourraient amplifier.

    Comment est gérée l'eau sous nos pieds ? 

    Si le niveau d'un cours d'eau ou d'un barrage apparaît à la vue de tous, ce n'est pas le cas de la ressource souterraine. En Balagne, où l'eau est un peu plus rare et un peu plus chère qu'ailleurs en Corse, il existe de nombreux puits et forages dont une partie n'est ni contrôlée, ni recensée. Cette extraction "sauvage" de l'eau peut-elle mettre à mal la ressource ? Une nappe côtière trop sollicitée peut être victime d'intrusions salines qui rendraient son eau non potable.
    Sur la commune de Calvi, la nappe de la Figarella, en contrebas de l'aéroport, fournit une partie de l'eau qui alimente la ville. L'office de l'équipement hydraulique y exploite quatre forages, tous rigoureusement contrôlés sur la qualité comme sur la quantité. "Il y a un arrêté préfectoral qui définit la quantité maximale de prélèvement, indique Ange de Cicco, le directeur de l'office de l'équipement hydraulique de la Corse. Nous sommes plus stricts que l'arrêté, nous n'atteignons jamais les limites, afin de préserver la nappe des intrusions salines. En saison estivale, nous basculons sur le barrage de Codole, qui devient la principale alimentation en eau de Calvi."

    Besoins

    Une ville de la taille de Calvi a besoin d'environ 850 000 mètres cubes d'eau par an. En tenant compte de pertes sur le réseau de l'ordre de 15 %, cela équivaut à 1 million de mètres cubes puisés dans les différentes sources d'alimentation. La difficulté est que les besoins les plus importants interviennent l'été, lorsque la ressource est le moins disponible. "Calvi, comme d'autres villes de Corse, cumule les risques, estime Frédéric Huneau, hydrogéologue à l'Université de Corse. Elle est très touristique, elle est située sur le littoral et puise son eau dans la rivière voisine, le champ captant de la Figarella. Le niveau de la nappe diminue durant l'été, et cela induit une arrivée d'eau de mer en profondeur. L'eau se charge progressivement en minéraux ; on parle d'un taux de conductivité. Au-delà de 1,5 gramme de minéraux par litre d'eau, elle n'est plus considérée comme potable car elle ne correspond plus à un usage courant. Ce 1,5 gramme, ce n'est pas énorme, il y a des eaux minérales qui sont au-dessus."

    Risques

    Lorsque la salinité de l'eau commence à croître, l'office hydraulique réduit son volume de pompage. Un système de monitoring permet une surveillance quotidienne de ce phénomène naturel bien connu des scientifiques, mais pas du grand public. "L'arrivée de l'eau de mer se fait très progressivement, on peut la détecter et ralentir ou arrêter le forage, reprend Frédéric Huneau. Une bonne surveillance, c'est ultra-stratégique. Au retour des pluies, le biseau salé va être expulsé vers la mer par simple écoulement gravitaire. On retrouve alors de l'eau exploitable. Mais en cas de très forte intrusion saline, la salinité va rester dans le sol et maintenir une salinisation résiduelle sur le long terme. Cela mettrait de nombreuses années à se résorber. Cela s'est déjà vu dans toute la frange aride de la Méditerranée, en Espagne, en Tunisie."

    Le BRGM, ou Bureau de recherches géologiques et minières, est en charge de l'étude des sous-sols en France. Ses services éditent une "banque des sous-sols" dans laquelle apparaissent des aquifères ainsi qu'une partie des ouvrages de prélèvement d'eau souterraine. "Durant l'été 2017, deux forages du champ captant de la Figarella avaient été contaminés par un rentrant salé, glisse Baptiste Vignerot, le directeur BRGM de Corse. Il avait fallu arrêter leur exploitation le temps de faire redescendre le taux de conductivité. Le risque de biseau salé existe, il est repéré chaque été en aval de la route territoriale. Il est extrêmement suivi, au même titre que les aquifères du Fiumorbu ou du Bevincu, qui peuvent avoir le même problème."

    grandeur principale

    Ces deux dernières années, l'office hydraulique a puisé une moyenne de 540 000 mètres cubes par an dans la nappe de la Figarella. Un volume qui tend à baisser puisque ces trente dernières années, c'étaient en moyenne 833 000 mètres cubes qui étaient puisés. Difficile de s'imaginer, en circulant en voiture entre le rond-point de Calenzana et celui de l'aéroport, qu'un aquifère de plusieurs dizaines d'hectares, et profond de 15 à 20 mètres, se trouve sous nos roues. "Les eaux souterraines, c'est notre principale ressource en eau douce, rappelle Frédéric Huneau. Ceux qui la gèrent, ils gèrent l'invisible. La plupart des gens ont une assez mauvaise conception de ce qui se trouve sous nos pieds."

    Réference