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Saturday, November 11, 2023

Pigna ne se visite qu'à pieds

 Entre Calvi et l’Ile-Rousse, en Balagne (Haute-Corse), se trouve le somptueux village de Pigna.

Maisons blondes, volets azurs, pierres et glaise : ses charmes sont multiples et sa communauté d’artistes et d’artisans fait de l’endroit l’un des plus singuliers de l’île.

Pigna est un village construit sur la roche, à 224 mètres d’altitude, au pied d’une montagne culminant à 562 mètres.

En 2014, l’INSEE y comptait 114 habitants, sans forcément tenir compte des chiens et des chats.

La particularité du village ? Seuls les piétons y sont autorisés ! Un parking existe pour les visiteurs, à l’entrée du village et il est payant.

Au diable la voiture donc, bonjour le calme des ruelles pavées et le chant de la nature. L’agitation des villes ne manque à personne en pareils lieux.

Au fil des années, Pigna est devenu le village des artisans et musiciens. Ses habitants ont su s’organiser en collectif dynamique, ce qui a empêché l’endroit de se dépeupler.

À force de restaurations, il a peu à peu retrouvé son lustre d’antan et reste peu prisé des touristes en été par rapport au reste de l’île, accessible en voiture.

Au sommet du village, une vue panoramique sur la baie d’Algajola, le village de Corbara et la mer, bien entendu. 

En plus de déambuler dans les ruelles, certains endroits sont à voir absolument : l’église de l’Immaculée Conception et ses deux clochers, par exemple. Elle a été construite à la fin du 19e siècle.

La fontaine du centre du village vaut également le détour. Enfin, puisque l’endroit s’y prête, ne partez pas de Pigna sans visiter ses merveilles artisanales : céramiques, bijoux, instruments de musique, produits régionaux… Il y a des petites boutiques pour tous les goûts. 

Enfin, à Pigna, il n’est pas rare d’assister à plusieurs concerts tout au long de l’été. L’authenticité corse se trouve, en partie, ici. 

Référence

Tuesday, November 7, 2023

Le regain de la pierre sèche en Balagne grâce à la commande publique

 Bâtisseurs de murs à l'ancienne, Charlotte Peyronnenc et Antoine Silvestri remettent en état des parcelles cultivables grâce à des fonds européens levés par le Pays de Balagne. 

Pas de bétonnière, pas de ciment, pas d'eau. Juste des pierres ramassées sur place, de l'huile de coude et un savoir-faire peaufiné au fil des années. Les jours passent et les vieux murs retrouvent leur aspect d'antan, lorsque les villageois entretenaient rigoureusement le soutènement des parcelles qu'ils cultivaient.

Sur les hauteurs de Corbara, deux muraillers et leur équipe sont à pied d'œuvre depuis début octobre et jusqu'à fin novembre. Il s'agit de remettre à neuf environ 40 mètres linéaires de mur, pour 100 mètres carrés de surface totale. 

"Le Pays de Balagne refait des jardins dont la commune est propriétaire depuis quelques années, précise Franck Amadei, adjoint au maire en charge de l'urbanisme. L'idée est de remonter ces murs dans le traditionnel de l'époque, sans aucun ajout de ciment, et de redonner vie à ces jardins en les réattribuant à la population par tranches de 100 mètres carrés loués à l'année. Les gens pourront ainsi faire pousser quelques légumes dans le respect du travail des anciens." 

Aux commandes de ce chantier à 91 000 euros hors taxe, se trouve une jeune femme à la voix calme et au regard déterminé. Charlotte Peyronnenc a d'abord étudié et pratiqué la menuiserie avant de tomber sous le charme du travail de la pierre sèche.

"J'ai participé à la toute première formation organisée en 2015 par le Pays de Balagne et le Greta, relate-t-elle. C'était une formation diplômante de quatre mois en vue d'obtenir un certificat de qualification professionnelle. C'est ensuite devenu mon métier, même si je continue la menuiserie en parallèle. La pierre sèche, c'est un métier physique mais le corps se muscle petit à petit. J'aime le côté patrimoine, le sens de ce que l'on fait, la réflexion qu'il faut avoir. C'est un puzzle énorme et je ne vois pas passer mes journées. Le résultat est toujours valorisant."

Depuis plusieurs années, le Pays de Balagne finance via des fonds européens la réhabilitation de murs en pierre sèche. Des chantiers ont déjà été réalisés à Ville di Paraso, Santa-Reparata, Calenzana et Urtaca notamment. Antoine Silvestri, murailler d'expérience, se déplace régulièrement dans la région où les chantiers sont plus nombreux qu'ailleurs. 

"J'habite Corte mais il n'y a quasiment aucune commande publique dans le Centre Corse, constate-t-il. Cela se passe uniquement en Balagne. Nous autres, les muraillers, nous sommes convaincus de la fonction indispensable des murs en pierre sèche. On essaye de passer le message et de dire que c'est la meilleure façon de bâtir aujourd'hui. Il faut comprendre que le béton fait un écran à l'eau, qui pousse de l'intérieur. La pierre sèche est un drain naturel. Lorsqu'il pleut, elle redistribue l'eau en quantités limitées."

l est sans doute plus long - pas forcément plus coûteux - comparé au ciment, de bâtir un mur en pierre sèche. Mais le résultat est bien plus durable et, pour ainsi dire, garanti à vie. Si une partie venait à s'abîmer, l'ouvrage est réparable à l'infini, sans autres matériaux que la pierre qui vient de rouler. "Sa construction demande une technique d'appareillage, de pose de pierres, qu'il faut maîtriser parfaitement, prévient Antoine Silvestri. Il faut faire un maillage avec les pierres. Avec du ciment, c'est bien plus facile de tout caler en complétant les espaces."

La commande publique de murs en pierre sèche ne devrait pas s'épuiser en Balagne.Le PETR a inscrit dans le nouveau programme européen Leader, de nouvelles réhabilitations et de nouvelles formations. 

"L'idée est de continuer ce travail qui est un vrai succès auprès des communes et même des privés, se félicite Jean-Marie Séité, le président du Pays de Balagne et maire de Galeria. Il nous faut continuer à former des gens. Nous avons encore 14 projets en cours, la source ne se tarit pas. Il y a un effet boule de neige."

Reference

https://www.corsematin.com/article/societe/65742307787041/le-regain-de-la-pierre-seche-en-balagne-grace-a-la-commande-publique

Wednesday, November 1, 2023

30 ans après; Balagne : la Route des Artisans, véritable vitrine de la microrégion

 Cette année, Strada di l'Artigiani fête ses trente ans. Outil de communication pour les producteurs et gage de qualité pour les visiteurs, l'association poursuit sa route dans le paysage balanin.

Dans les ruelles de Pigna, de nombreux vacanciers se baladent avec une brochure rouge et bleue à la main. Exposé à l'entrée de l'atelier de verrerie Atraverre, ce fascicule propose à ses lecteurs un itinéraire à suivre pour aller à la rencontre de ses artisans.

Tout juste arrivé sur l'île, Sergio se balade avec sa femme et son enfant : "Je suis architecte, donc tout ce qui a trait à l'art m'intéresse." Pour rejoindre Saint-Florent, le vacancier italien envisage quelques pauses chez des créateurs, en s'aidant de la fameuse brochure. Depuis trente ans, ce petit bout de papier est distribué en nombre sur le territoire. "On édite 35 000 exemplaires chaque année, c'est assez stable, explique Matthieu Graziani. On est présent sur plusieurs sites partenaires comme les offices de tourisme, mais aussi les hôtels et les aéroports."

Grâce à la Route des Artisans, tous assurent gagner en visibilité

Grâce à la coopération de ces acteurs du tourisme et aux panneaux qui ornent les chemins, l'association s'assure une visibilité au plus proche des potentiels visiteurs. "C'est un document que l'on donne automatiquement, au même titre que le plan de la ville, avance l'office de tourisme de Calvi. On en distribue entre 4 000 et 5 000 exemplaires par an. Cela permet aux vacanciers d'aller directement voir le producteur et de découvrir les villages typiques de l'arrière-pays." 

"Il y a certaines personnes qui viennent grâce au catalogue, confirme Cécile Machado, créatrice de bougies à Lozari. Beaucoup aimeraient avoir un car qui les amène d'atelier en atelier." S'il est impossible pour tous les artisans de savoir quels visiteurs viennent spécialement grâce à La route des Artisans, tous assurent gagner en visibilité.

"C'est quelque chose que les gens suivent, c'est un bon repère qualitatif pour eux", appuie Jocelyne Boyer, de l'atelier Vetrarte. À l'aide d'une charte stricte, l'association recense 45 créateurs implantés dans la microrégion.

"L'association est un gage de qualité, insiste Mathieu Graziani, président et maître luthier à L'Île-Rousse. On sélectionne les artisans qui ont un savoir-faire et qui transforment la matière sur place." Après des contrôles de membres de l'association et le jugement d'une commission, de nouveaux venus peuvent être intégrés à la Route des Artisans. Une démarche volontaire de la part des créateurs, ou engagée par l'association.

Dès le lancement de son activité de céramique artistique en 2007, Catherine d'Angeli a voulu s'associer à la Strada di l'Artigiani. "Ça faisait partie de mes plans, je souscris totalement à leur charte", explique la créatrice basée à Santa Reparata. Pour la céramiste, il n'est pas seulement question de communication mais de "valeurs partagées par les artisans". "C'est la seule publicité que je prends, et celle que je garderai jusqu'à la fin de ma carrière."

Référence du 12/08/23

https://www.corsematin.com/article/economie/45945301449025/balagne-la-route-des-artisans-veritable-vitrine-de-la-microregion

Le centre culturel de 2024 à Calvi, est-il laid?

 Inscrit au PEI en 2009, le centre culturel de Calvi va finalement voir le jour en 2024. Bien qu'il ait été très attendu par les habitants, le bâtiment fait débat sur son esthétique autant que sur le choix de son emplacement

Les Bâtiments de France vont nous faire un procès pour la couleur d'un volet, mais ils laissent construire un blockhaus dans la pinède.'' Ce Calvais résume en partie l'incompréhension de certains sur les choix qui ont guidé le projet du centre culturel.

Premier point, donc, qui pose question, celui de l'esthétique. Au carrefour de la pinède et de l'entrée de ville, le bâtiment s'impose, massif. S'il a le mérite de cacher les bâtiments, somme toute peu esthétiques, du supermarché voisin, il tranche néanmoins avec les pins maritimes de la route des plages, et le petit chalet en bois qui abrite un primeur de l'autre côté de la route. Un choix d'emplacement, et une architecture qui ne manquent pas d'alimenter les conversations à Calvi.

"Les remparts, c'est beau, mais pas dans la pinède"

Pour autant, ces choix sont le fruit d'une longue réflexion : 

"Le projet a été sélectionné par un jury de concours, explique François-Marie Marchetti, président de la communauté de communes de Calvi-Balagne. Nous avons retenu celui de Maria Godlewska, dont l'architecture est vouée à rappeler les remparts de la citadelle, avec du béton bouchardé. C'est une méthode consistant à projeter du béton en écaille sur des murs en béton banché, c'est la même technique qui a été utilisée pour le Fort Charlet."

Une explication qui ne semble pas convaincre les esprits critiques, lorsque nous en faisons part : "Oui, les remparts, c'est beau, mais à la citadelle ou au fort. Pas dans une pinède à l'entrée de ville", grince un retraité.

"L'écrin de la salle se compose d'une volumétrie pleine et majoritairement minérale qui vient ''s'asseoir'' partiellement sur des espaces vitrés et perméables. La paroi verticale de 12,50 mètres de haut se plie dans un mouvement dynamique à l'endroit du pivot créé par le rond-point. Le site du projet est stratégique car à la confluence de la pinède, espace naturel littoral et du début de la ville de Calvi", explique l'architecte Maria Godlewska sur son site internet.

Une démarche qui ne convainc pas forcément, et à laquelle l'opposition regrette de ne pas avoir été associée : "Nous n'avons pas été associés au projet, et les associations concernées non plus, regrette Jérôme Sévéon. Des associations qui ont été pourtant présentes lors de la mandature précédente. L'entrée de ville a besoin de respiration, et, avec ce choix, c'est tout l'inverse."

"Le projet a été réalisé en collaboration avec les Bâtiments de France, et est édifié sur un terrain communal, cédé à l'intercommunalité pour un euro symbolique", argumente François Marchetti.

La question des parkings

Une cession qui a, en effet, le mérite de faire baisser la facture. Au-delà de l'esthétique, une question logistique est soulevée par la critique, celle des parkings. 

"Nous pouvons aussi nous poser la question de l'emplacement, et l'absence de parking adapté. Le seul espace disponible à proximité se trouve dans une zone boisée, et donc peu adaptée à la création d'une aire de stationnement", estime Jérôme Sévéon.

"C'est un point qui a plusieurs solutions, répond François Marchetti. Nous pouvons demander une mutualisation du parking du Casino en dehors des heures d'ouverture, les spectacles ayant lieu en soirée, et il y a aussi un terrain appartenant à la mairie à proximité. De plus, rien ne nous empêche de mettre en place un système de navettes pour les grands événements."

Les goûts et les couleurs sont certes subjectifs, mais ils n'exemptent pas d'une certaine réflexion. Pour autant, cet équipement public répond à un réel besoin, et son utilité n'est pas discutée. Qu'importent son esthétique, et son emplacement, sa fonctionnalité fera sans doute oublier les désaccords lorsque le centre culturel ouvrira ses portes au premier semestre 2024.

Référence du 02/10/23

https://www.corsematin.com/article/societe/12178870419453/un-centre-culturel-attendu-a-calvi-mais-qui-fait-des-decus