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Saturday, November 11, 2023

fev 2023: L'office de tourisme intercommunal Calvi-Balagne et sté transport maritime décarboné Sailcoop vers une destination plus verte

 L'heure est déjà aux préparatifs pour la saison touristique 2023. Ce mardi, les représentants de la compagnie de transport maritime décarboné Sailcoop ont été accueillis à la mairie de Calvi par l'édile Ange Santini, le président de l'office de tourisme intercommunal Jean-Baptiste Ceccaldi, la directrice Anne-Marie Piazzoli et le conseiller municipal en charge du port Marie-Laurent Guerini. Il a surtout été question de perspectives pour "verdir" la destination Calvi-Balagne.

" Nous avons présenté à nos interlocuteurs le concept de la Sailcoop et annoncé le passage à la vitesse supérieure de notre ligne de voiliers entre Calvi et Saint-Raphaël, relate Jochen Krauth, un représentant de la firme. Après l'expérimentation de l'année dernière, nous passons à un stade industriel avec dix fois plus de traversées et de billets disponibles."

Sur leur voilier de 15 mètres pouvant accueillir huit passagers, les skippers de la Sailcoop ont transporté près de 200 voyageurs l'année dernière. Cette année, la compagnie aura deux voiliers et huit skippers afin de réaliser des traversées quasi quotidiennes entre le 20 avril et le 20 octobre. Puis, entre la mi-juin et la mi-septembre, les deux voiliers se croiseront tous les jours entre Saint-Raphaël et le port corse. Objectif 2 000 passagers sur toute la saison.

" Nous sommes en train d'esquisser un partenariat avec la mairie et l'office de tourisme pour voir comment on peut, ensemble, promouvoir cette ligne de transport à la voile entre le Continent et la Corse, complète Grégoire Thery, responsable stratégie et développement pour la Sailcoop. Nous voulons voir comment nos passagers peuvent prolonger leur expérience décarbonée une fois à terre. Peuvent-ils trouver des vélos ou partir en randonnée ? Il y a un enjeu aussi avec la mairie qui est de définir les conditions d'accueil du voilier, la visibilité de la Sailcoop, et éventuellement l'hébergement de nos skippers s'il y a une relève de l'équipage."

Verdir le transport mais aussi les activités et l'hébergement

Traverser la Méditerranée en voilier prend en moyenne une vingtaine d'heures. Le départ de Saint-Raphaël est donné en début d'après-midi, pour une arrivée le lendemain en milieu de matinée. À bord, les passagers ont la possibilité de s'impliquer dans la navigation ou de se laisser porter. Un couchage en cabine et trois repas sont prévus dans le prix de la traversée, fixé à 240 € cette année.$" La vie sur le bateau, c'est de la rencontre, du partage, une autre façon d'aborder le voyage, reprennent les représentants de la Sailcoop. Le record de vitesse est de 14 heures, mais nous recherchons surtout de la régularité. Notre mission, c'est d'assurer le port à port en moins de 24 heures. S'il y a du mauvais temps, nous adaptons nos horaires de départ. Nous apportons également des garanties à nos clients en cas d'annulation : ils peuvent choisir d'être remboursés, d'attendre le prochain voilier ou d'embarquer le jour même sur un ferry. "

La Sailcoop monte en puissance sérieusement.

D'ailleurs, des postes sont à pourvoir dans cette coopérative en devenir. Le transport de passagers à la voile devrait prendre de l'ampleur dans l'avenir, mais il faudra pour cela que ces touristes soucieux de l'environnement trouvent une continuité une fois à terre.

Sur le Continent, le train électrique permet de poursuivre en zéro carbone ou presque. Sur l'île, beaucoup de choses restent à inventer.

" Notre mission est justement de continuer de prendre en charge ces visiteurs qui ont fait le choix d'une traversée décarbonée, estime Jean-Baptiste Ceccaldi. Dans le prolongement de leur traversée, ils espèrent trouver ici des activités décarbonées. Notre rôle, en tant qu'office de tourisme, c'est de leur proposer un certain nombre de prestataires afin de leur permettre de poursuivre leurs activités et la découverte de notre destination. "

Partenaires pour le festival Green Orizonte

"Il y a une offre importante de randonnées, mais aussi de circuit à vélo et même de la trottinette, recense Anne-Marie Piazzoli. Concernant l'hébergement, le label Rispettu est là pour garantir l'application d'un certain nombre de critères écologiques. Notre destination s'inscrit dans une démarche de plus en plus durable et notre festival Green orizonte en incarne la vision. La première édition aura lieu du 20 au 22 octobre 2023."

Porté par l'office de tourisme et la communauté de communes de Calvi-Balagne, Green orizonte entend "tracer des trajectoires dynamiques et respectueuses de l'environnement, mettre en place des actions innovantes et complexes dans le cadre de la protection, de la défense et de la valorisation des ressources naturelles et de la biodiversité. Green orizonte incarne la vision de demain mais aussi les actions d'aujourd'hui", indiquait en novembre dernier Laetitia Manicaccia, vise présidente communautaire, lors de présentation du futur festival.

Pour mieux s'imaginer ce que pourrait être le tourisme de demain, plus vert et plus respectueux de l'environnement, une partie des invités de Green orizonte effectuera la traversée sur les voiliers de la Sailcoop. Un "éductour", comme cela est appelé dans le jargon du tourisme, pour illustrer les possibilités de demain.

Site internet http://www.sailcoop.fr

Référence

Ces Balanins mêlés à l'affaire de la rixe du Vatican le 20 août 1662,; jusqu'en 1859, cardinal Domenico Savelli

Le 20 août 1662, dans la moiteur romaine d'une fin de journée d'été, une rixe oppose des soldats de la garde pontificale corse au personnel en charge de la sécurité de l'ambassade de France. 

Alors que, depuis plusieurs jours, provocations et incidents envers les insulaires se répètent, des Corses sont agressés et le soldat Giovanni da Calenzana, sauvagement pris en chasse par un groupe de militaires français, ne finira pas la journée vivant.

Dans un contexte de tensions politiques et d'intrigues entre Louis XIV et Alexandre VII, on accuse les gardiens des portes de Rome d'être les mouchards du pape et d'accomplir la sale besogne. Les Corses outragés, volontiers indociles et ardents, n'entendent pas se laisser humilier ainsi et veulent laver leur honneur. Au moment où le duc Charles de Créquy, ambassadeur de France auprès du Saint-Siège, regagne son palais, sur la place voisine de Campo dei Fiori une fusillade éclate. Les antagonistes font rapidement usage d'arquebuses et de mousquets.

Les balles fusent et une odeur de poudre et de feu se propage dans l'air. Alors que les uns rechargent leurs armes derrière un rang de piquiers, les autres s'empoignent dans la sueur et dans le sang. Un soldat corse tombe, des passants sont également touchés, l'un d'entre eux ne se relèvera pas.

Au milieu des cris, de la fureur et des larmes, le renfort de centaines de Corses quitte la caserne et afflue dans un cliquetis d'armes pour soutenir les compatriotes. Place Farnese, l'affaire dégénère, ils font feu sur la résidence de l'ambassade de France. Le palais ainsi cerné, se mue, plusieurs heures durant, en véritable forteresse. Le plomb pulvérise le travertin des édicules couvrant les fenêtres, derrière lesquelles les tireurs français ont pris place et ripostent.

Les balles sifflent et se logent partout dans la façade symétrique, pénétrant la brique, brisant colonnes et pilastres. La porte monumentale, bien gardée par des hallebardiers, résiste à l'assaut.

Le capitaine Antonio Savelli, originaire de Corbara, tente de calmer ses hommes. Sur la place, l'arrivée de deux carrosses français relance les hostilités et la fusillade reprend. Les voitures, piégées, sont percées par les projectiles, et les chevaux apeurés se cabrent et tentent de fuir.

Si l'on parvient à mettre à l'abri l'épouse de l'ambassadeur qui y occupait une place, un page est tué sur le coup et, dans une grande confusion, le capitaine de la garde du duc est mortellement blessé par le tir d'un policier romain. Les hommes se dispersent et, dans la soirée, les victimes évacuées, le quartier finit par recouvrer son calme. Le bilan est effroyable ! Des morts et de nombreux blessés sont dénombrés.

Certains succombent les jours suivants pour alourdir la liste d'une dizaine de morts au total.

Un grave incident diplomatique

L'affaire fait grand bruit et résonne jusqu'à Versailles. Charles de Créquy qualifie l'évènement d'attentat et, dans une lettre qu'il adresse à son souverain, met en cause certains cardinaux. Sous le commandement de Don Mario Chigi, général des troupes pontificales et frère du souverain pontife, la police romaine investit le quartier du Trastevere où résident les Corses.

L'enquête débute et de nombreuses arrestations sont ordonnées.

Trente-deux soldats prennent la fuite la nuit suivante et, malgré les investigations, seuls neufs fugitifs sont arrêtés dans des villes voisines. Un procès s'ouvre contre le policier romain accusé d'avoir abattu l'officier français et dix-huit soldats corses, dont Matheo da Pietralba qui est immédiatement exécuté. Malgré cela, les jours passent mais la tension ne faiblit pas.

Pour assurer sa sécurité, l'ambassade de France réorganise sa défense et augmente ces effectifs militaires. De son côté, le pape qui soutient encore les Corses, renforce ses troupes de plusieurs centaines de soldats.

Dans ce contexte le duc de Créquy décide de quitter Rome avec toute sa famille, entraînant dans sa suite le cardinal d'Este et les prélats français. Il s'en explique dans une lettre à l'adresse du roi, rédigée le 6 septembre 1662, et réceptionnée par le Maréchal d'Aumont, gouverneur de la ville de Paris.

L'incident diplomatique est d'ampleur et le Roi Soleil entretient savamment la pression en exigeant des excuses publiques, l'immédiate dissolution de la garde pontificale corse avec interdiction à l'avenir d'engager des troupes insulaires, des emprisonnements, des pendaisons et, face à la caserne des Corses, demande l'érection d'une pyramide d'infamie pour rappeler à tous l'offense faite au Royaume de France. Sur une plaque de marbre noire on pourra y lire en latin :

 "En exécration de l'odieux forfait accompli le 20 août 1662 par les soldats corses contre le duc de Créquy, ambassadeur du roi très chrétien. La Nation corse, pour perpétuer la mémoire de cet évènement, a été déclarée inhabile et incapable de servir le Siège apostolique par décret rendu par ordre de notre très Sérénissime Seigneur Alexandre, pape, en exécution de la paix de Pise. 1664". 

Le corps de garde corse est alors congédié et remplacé par un bataillon de romains qui rempliront les mêmes fonctions de sécurité urbaine. Plus disciplinée, la garde suisse demeure, quant à elle, au service de la protection des papes et ce depuis 1506 !

Le monument témoignant de la disgrâce des Corses disparaît finalement en 1667, démonté sous le pontificat de Clément IX avec l'autorisation de Louis XIV, augurant les nouvelles relations qu'entretiendra le royaume de France avec la ville aux sept collines. Pour autant, les Corses vont continuer à servir les intérêts de la cité les siècles suivants, qu'ils soient de simples soldats engagés à titre individuel ou de grands dignitaires.

Martino Guidoni-Bianconi premier médecin du pape

Dans cette dernière catégorie les Balanins se distinguent, à l'instar de Martino Guidoni-Bianconi de Calenzana qui, issu de deux familles patriciennes, fit le voyage pour la Città eterna afin d'y suivre une double formation en théologie et en médecine de 1760 à 1770, période pendant laquelle il s'occupe de la santé de Jacques III Stuart, prétendant aux trônes d'Angleterre, d'Écosse et d'Irlande. Professeur d'anatomie et de clinique médicale, il devient médecin à l'archi-gymnase de Rome, c'est-à-dire l'université papale de la Sapienza.

Archiatre du pape Pio VI, il n'est autre que le premier médecin et chirurgien du souverain pontife, prenant la suite de Natale Saliceti de 1789 jusqu'à la mort du pape en exil à Valence, où il lui ferme les yeux le 29 août 1799. Par la suite, du soin de Pio VII, il passe au service de Napoléon dont il sera un temps conseiller. Il fut l'un des Corses les plus influents de cette époque.

Le cardinal Domenico Savelli

Autre figure balanine attachée au Vatican, Domenico Savelli de Speloncato est un serviteur de dieu, héritier corse de l'antique famille Savelli issue des Sabins, il est séminariste dans l'île jusqu'à son ordination. Établi à Rome, sa trajectoire est fulgurante ! il devient docteur en théologie en 1822 et docteur en droit canonique en 1825.

Vicaire général d'Imola en 1829, délégué apostolique à Rieti, Frosinone, Peruggia et Macerata et Gouverneur de Rome en 1847. Vice-camerlingue l'année suivante, il assiste le camerlingue placé à la tête de la Chambre apostolique, en période de vacance du Siège. Fin juillet 1849, il est nommé ministre de l'Intérieur et de la police, et à l'occasion du consistoire le 7 mars 1853, Pio IX lui remet l'anneau cardinalice symbole de communion avec le Pape.

Le cardinal Savelli, membre de la curie romaine, fait partie du premier cercle autour du souverain pontife où il sera président de la commission des finances jusqu'en 1859. Devenu aveugle, ses problèmes de santé lui interdiront l'espoir d'accéder au trône de Saint-Pierre.

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A la découverte du petit train des plages en Balagne; 200 000 entre l’Île-Rousse et Calvi

 Direction la Balagne, à bord d’un train de légende surnommé "le trembotant". Il relie l’Île-Rousse à Calvi, sur 22 kilomètres.

À l’Île-Rousse (Haute-Corse), au cœur de la Balagne, un vieux train des années 80 assure un panorama exceptionnel. Quatre fois par jour, il rejoint Calvi et quitte les rochers couleur ocre pour se plonger dans le bleu de la mer. "C’est tellement beau, et c’est tellement spécial. On est complètement amoureux de cet endroit", confie un homme. Le train se faufile le long de la côte. La locomotive s’arrête au gré des demandes, devant chaque plage.

45 minutes pour rejoindre Calvi 

Il suffit de prévenir le contrôleur. Les baigneurs n’ont que quelques mètres à faire pour se jeter à l’eau. Sur le sable, le train fait presque partie du paysage. De nombreux touristes se montrent séduits. Le voyage se poursuit à travers les villages et le maquis. Les Corses surnomment ce train "le tremblotant". C’est le plus rentable de tous les trains corses. Chaque été, il connait un immense succès. "

En 2022, on en a eu plus de 200 000 entre l’Île-Rousse et Calvi, qui ont pris le train", 

se réjouit Pierre Fanti, chef de zone aux Chemins de fer de la Corse. Sur les derniers kilomètres, on distingue au loin la citadelle de Calvi. 45 minutes après le départ, tout le monde descend. 

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Pigna ne se visite qu'à pieds

 Entre Calvi et l’Ile-Rousse, en Balagne (Haute-Corse), se trouve le somptueux village de Pigna.

Maisons blondes, volets azurs, pierres et glaise : ses charmes sont multiples et sa communauté d’artistes et d’artisans fait de l’endroit l’un des plus singuliers de l’île.

Pigna est un village construit sur la roche, à 224 mètres d’altitude, au pied d’une montagne culminant à 562 mètres.

En 2014, l’INSEE y comptait 114 habitants, sans forcément tenir compte des chiens et des chats.

La particularité du village ? Seuls les piétons y sont autorisés ! Un parking existe pour les visiteurs, à l’entrée du village et il est payant.

Au diable la voiture donc, bonjour le calme des ruelles pavées et le chant de la nature. L’agitation des villes ne manque à personne en pareils lieux.

Au fil des années, Pigna est devenu le village des artisans et musiciens. Ses habitants ont su s’organiser en collectif dynamique, ce qui a empêché l’endroit de se dépeupler.

À force de restaurations, il a peu à peu retrouvé son lustre d’antan et reste peu prisé des touristes en été par rapport au reste de l’île, accessible en voiture.

Au sommet du village, une vue panoramique sur la baie d’Algajola, le village de Corbara et la mer, bien entendu. 

En plus de déambuler dans les ruelles, certains endroits sont à voir absolument : l’église de l’Immaculée Conception et ses deux clochers, par exemple. Elle a été construite à la fin du 19e siècle.

La fontaine du centre du village vaut également le détour. Enfin, puisque l’endroit s’y prête, ne partez pas de Pigna sans visiter ses merveilles artisanales : céramiques, bijoux, instruments de musique, produits régionaux… Il y a des petites boutiques pour tous les goûts. 

Enfin, à Pigna, il n’est pas rare d’assister à plusieurs concerts tout au long de l’été. L’authenticité corse se trouve, en partie, ici. 

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Ces services de conciergerie qui se multiplient en Balagne

 Blanchisserie, location de draps, conciergerie... Des services en pleine expansion avec le développement des locations saisonnières de biens privés. Des "meublés de tourisme" qui, notamment grâce à la plateforme Airbnb, gagnent du terrain chaque année, jusqu'à séduire une clientèle coutumière des hôtels ou des campings.

En Balagne, ces dernières années, les conciergeries se sont multipliées. Il y en aurait près d'une dizaine, rien que sur Calvi.

"J'ai créé ma société Casa loc en 2019, relate Tania Le Courtois, jeune entrepreneur sur Calvi et Calenzana. J'avais une quarantaine de biens l'année dernière, j'ai préféré réduire leur nombre et me spécialiser dans les villas. C'est moins galère et plus rentable."

Laetitia Maestracci, de la conciergerie du même nom, a débuté l'aventure en 2021 suite à une reconversion professionnelle. Elle gère aujourd'hui un parc de 39 biens, tous situés sur Calvi, entre la pinède et la route de Portu. "C'est ma troisième saison, précise-t-elle. Je propose plusieurs types de biens, du studio à la villa. Cela me permet de proposer une offre variée et adaptée aux budgets des clients. Bien sûr, plus le bien est beau, mieux il se loue et mieux je gagne ma vie."

Commercialisation et accueil des clients

Le cœur du métier de concierge, c'est l'accueil des locataires. États des lieux, explications touristiques, ménage et changement du linge de maison sont inclus dans la prestation. Bien souvent, la conciergerie se charge aussi de la commercialisation du bien sur les différents sites et plateformes. Une solution clés en main pour des propriétaires qui vivent souvent sur le Continent et amortissent ainsi l'achat de leur résidence secondaire. "Le concierge a deux clients, résume Tania Le Courtois. Il s'agit du propriétaire et du vacancier. Il faut que nos services leur apportent une plus-value à tous les deux."

Les clients des meublés de tourisme cherchent toujours plus de flexibilité. Ainsi, les arrivées ne se font plus uniquement le week-end mais surtout en semaine, lorsque les prix des transports sont plus bas. Les réceptions de nuit sont possibles également, parfois avec l'aide de boîtes à clés. Mais dans tous les cas, un minimum de 4 nuits ou 5 nuits est demandé. Un meublé de tourisme n'a pas la flexibilité d'un hôtel.

"Je fais ce métier depuis 2018, contextualise Hervé Martelli qui a baptisé sa société La Conciergerie. Au départ, c'était une société qui proposait des services touristiques plutôt haut de gamme comme la location d'hélicoptère ou de l'événementiel. Puis j'ai repensé mon offre pour me recentrer sur de la conciergerie classique. J'ai une trentaine de biens, du petit studio à la villa de 7 chambres, sur un secteur géographique large qui va de Lozari à Calvi en passant par les villages. Je peux ainsi répondre à toutes les demandes, selon le budget. Comme je facture des coûts fixes, j'encourage les gens à louer à la semaine."

Souvent auto-entrepreneurs, les concierges font appel à des prestataires de services et sous-traitent des tâches comme le ménage ou la blanchisserie. Pour le linge de maison, la solution la plus prisée semble être la location de draps et de serviettes. Pratique, il n'y a plus à s'inquiéter de rien entre un départ et une arrivée à quelques heures d'intervalle.

Comme à l'hôtel ou en camping, chaque nuitée passée dans un meublé de tourisme est redevable d'une taxe de séjour versée à la communauté de communes, organisme collecteur. Sur le site Airbnb, cette taxe est prélevée de manière automatisée.

Les propriétaires sont aussi tenus de déclarer leurs revenus locatifs aux impôts. La location saisonnière fait donc tourner l'économie sur de multiples aspects, sans parler de transport et de restauration.

"La conciergerie ça a toujours existé, assure Hervé Martelli. Mais ces dernières années, le métier s'est structuré et professionnalisé. Ce qui se faisait autrefois de façon un peu sauvage est aujourd'hui cadré avec une immatriculation, un siret, des droits et des devoirs."

Les concierges de Balagne entrent lentement mais sûrement dans la saison haute. Il faudra courir partout en attendant l'accalmie automnale. Et, déjà, la commercialisation des biens pour la saison suivante. Ainsi va la routine dans le métier.

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Wednesday, November 8, 2023

Depuis 2020, la municipalité d'U Mucale a entrepris un nouvel élan: réouverture école 40 enfants; vente de terrain à 40€/m2

Depuis 2020, la municipalité d'U Mucale a entrepris une nouvelle dynamique de développement durable et dynamique au bénéfice de ses résidents, jeunes et moins jeunes, en mettant en place une série de projets ambitieux.

Jean-Baptiste Filippi, maire engagé dans la préservation de sa commune, revient sur les réalisations passées, en cours et à venir qui contribuent à l'épanouissement de la localité. 

Parmi ces initiatives figurent des projets immobiliers destinés aux primo-accédants, la création d'une nouvelle école et le développement de nouvelles infrastructures communales, témoignant de l'engagement de la municipalité envers le bien-être de sa communauté. 

"Dans le but de préserver la commune de la spéculation foncière qui sévit partout dans l’île, nous avons décidé de proposer deux projets pour permettre aux jeunes de devenir propriétaires sur leur terre" explique Jean-Baptiste Filippi.

Pour atteindre cet objectif, la municipalité a lancé deux projets visant à permettre aux jeunes de devenir propriétaires sur leur propre terre.

Le premier projet, situé au lieu-dit I Tarrazzoni, sur une parcelle de 4 hectares dont la commune était déjà propriétaire, a été divisé en 18 lots de 1200 mètres carrés chacun, tout en préservant 2 hectares d'espace vert. 
Initialement destinés aux résidents d'U Mucale, ces terrains ont ensuite été ouverts aux jeunes habitants des villages voisins à un prix abordable de 40€ le mètre carré, soit 48 000€ par parcelle.

"Nous avons fait un prix intéressant pour qu’ils puissent devenir propriétaires. Et pour nous, rembourser les frais de viabilisation. Nous sommes à 40€ le mètre carré. Soit 48 000€ la parcelle". détaille encore le maire de la commune. 

La Collectivité de Corse offre également une aide de 10%, soit 280 000€, pour l'achat et la construction, permettant aux jeunes propriétaires d'acquérir leur terrain pour seulement 20 000€.  

Eviter la spéculation immobilière 

La municipalité a également acquis un terrain de 2 hectares à la sortie du village évitant ainsi la vente à des promoteurs immobiliers. 

"Après le décès de l’épouse du juge Marchesi, nous avons rapidement acheté le terrain de 2 hectares à la sortie du village. Nous savions qu’il intéressait de nombreux promoteurs immobiliers. Nous sommes tombés d’accord sur le prix avec les propriétaires et nous l’avons acheté à 40€ le mètre carré" explique le Jean-Baptiste Filippi.  

Ainsi, ces 14 lots, situés au lieu-dit U Petrò, seront vendus à 80€ le mètre carré, couvrant ainsi les frais d'achat et de viabilisation. Ils sont exclusivement destinés aux primo-accédants, avec l'obligation d'y résider à l'année et l'interdiction de louer ou de revendre pendant 20 ans. 

"Ils sont proposés uniquement aux primo-accédants, avec l’obligation d’y vivre à l’année, et l’interdiction de louer et de revendre durant 20 ans. Nous sommes ravis d’offrir cette opportunité à tous ces jeunes qui ont grandi ici et qui ne peuvent plus habiter dans leurs propres villages à cause de la flambée des prix".

Une commune pour les jeunes

La réouverture de l'école, 40 ans après sa fermeture, est un autre exemple du développement de l'attractivité du village. Avec l'arrivée prochaine de 32 familles à U Mucale, les enfants pourront désormais faire leur scolarité sur place. "Nous avions souhaité rouvrir l’école au village ou aujourd’hui nous sommes fiers de pouvoir accueillir une 40aine d’enfants". De la petite section au cours préparatoire, les cours ont lieu pour le moment dans le bâtiment communal mais la municipalité a récemment acquis la maison des Dary, une magnifique propriété de 3500 mètres carrés, pour 600 000€. "​Nous avons décidé de l’acheter pour ne pas laissé partir ce bien d’exception à un étranger". détaille l'élu. Ces locaux abriteront les nouveaux bureaux de la mairie ainsi qu'un appartement communal. Sur le terrain, un nouveau bâtiment scolaire est en construction, et un City Stade est presque achevé, offrant aux jeunes une option sportive locale pour les divertir.

La municipalité d'U Mucale se démarque ainsi comme un exemple de développement local dynamique et équilibré, dédié au bien-être de ses résidents et au maintien de leur qualité de vie

Référence

https://www.corsenetinfos.corsica/U-Mucale-une-commune-en-plein-essor_a73415.html

Tuesday, November 7, 2023

Forages privés : de la discrétion à l'omertà

 

Calvi; Par peur d'une taxation ou d'une interdiction, les propriétaires de forages tiennent à rester discrets. Dans l'île, 30 à 50 % des nouveaux forages ne seraient pas déclarés.

Depuis le 1er janvier 2009, les puits et forages doivent faire l'objet d'une déclaration en mairie. Cette déclaration donne droit à un certain volume de prélèvement. Lorsque les besoins sont plus importants, pour l'agriculture ou l'industrie, il faut une autorisation de type arrêté préfectoral. Les professionnels sont obligés de jouer le jeu, mais souvent, les particuliers préfèrent rester sous les radars. 

"Nous n'avons pas de liste précise des particuliers qui ont un forage ou un puits, reconnaît Ange Santini, le maire de Calvi. Nous avons eu très peu de demandes en mairie et nous n'avons aucun moyen de les recenser. J'estime qu'il y en a une cinquantaine sur la commune, dont certains sont très anciens. Ils servent souvent à alimenter des potagers, des piscines ou des petits bassins. Les volumes prélevés sont dérisoires, ils représentent tout au plus 5 % de la consommation de la ville. Jamais ils ne pourront provoquer l'intrusion d'un biseau salé. Il y a un risque virtuel, il est annihilé par la technicité de l'office hydraulique."

Par peur d'une taxation ou d'une interdiction, les propriétaires de forages tiennent à rester discrets. La déclaration en mairie leur incombe pourtant. "Pourquoi vais-je payer pour une eau que je prélève et que je remets immédiatement dans la terre ?", s'interroge un Calvais qui n'a pas voulu s'attarder sur le sujet.

La moitié des ouvrages ne sont pas déclarés

Les entreprises de forage, souvent complices de cette omertà, rechignent aussi à aborder le sujet : 

"On nous appelle, on nous dit où forer et on s'exécute, glisse un professionnel du sud de l'île, qui intervient régulièrement en Balagne. On trouve généralement de l'eau entre 30 mètres et 80 mètres de profondeur. Le coût dépend du type de terrain, de la profondeur, de nombreux critères. Je dirais que ça commence à 7 000 €. On arrive ainsi à puiser un ou plusieurs mètres cubes par jour. Pour la déclaration, c'est au propriétaire de s'en charger. C'est une obligation." Le BRGM de Corse estime que 30 à 50 % des nouveaux forages ne sont pas déclarés. "On fait de la sensibilisation auprès des foreurs pour qu'ils nous remontent des informations, assure Baptiste Vignerot. Il y a de toute évidence un décalage important entre l'activité des foreurs et les ouvrages qu'on nous déclare."

Au CNRS, Frédéric Huneau ne sous-estime pas la problématique : 

"On ne sait pas du tout ce que les gens font, regrette le scientifique. On n'a aucun moyen de connaître le nombre d'ouvrages en activité, et encore moins le volume pompé. À l'échelle française, c'est phénoménal, on a connaissance de moins de 30 % de la réalité. C'est même culturel de cacher un forage. C'est facile, sous une dalle, dans un abri de jardin. Les gens considèrent à tort que, puisque c'est sous leur terrain, ça leur appartient.

L'argument financier entre aussi en jeu : "Aujourd'hui, la loi dit que tout prélèvement dans le milieu naturel est soumis à une taxe, rappelle Ange de Cicco, le directeur de l'OEHC. C'est le cas pour l'eau en barrage, en rivière et en sous-terrain, c'est soumis à un taux de redevance de prélèvement."

Pour ce qui est des risques pour la nappe de la Figarella, le BRGM se veut rassurant : 

"Selon nous, cet aquifère est très peu sollicité par les privés, estime le directeur régional. C'est une zone agricole protégée, il y a très peu d'habitations qui pourraient avoir des forages non déclarés. Pour ce qui est de l'eau agricole, il faut savoir que l'office hydraulique procure une eau de bonne qualité et pas chère. L'agriculteur ne s'y retrouverait pas au niveau financier. D'anciens forages agricoles apparaissent sur nos cartes, on sait qu'ils ont été abandonnés et scellés, pour éviter tout risque de contamination."

 L'augmentation croissante de la demande en eau, avec les aléas d'un climat toujours plus sec, ne fera qu'accroître ces tensions à l'avenir. 

Référence du 08/10/23 

un cas de figure exceptionnel en Corse: PETR Pays de Balagne qui regroupe 36 communes, 2 communautés de communes

 "Notre structure est un cas de figure exceptionnel en Corse"

Au terme de 3 ans d'alternance, Jean-Marie Séité a repris la présidence du PETR Pays de Balagne qui regroupe les 36 communes et œuvre pour le développement durable, la mobilité douce et la sauvegarde du patrimoine naturel, culturel et bâti.

Deux communautés de communes pour un seul Pays de Balagne. Sous la forme d'un pôle d'équilibre territorial et rural (PETR) depuis 2014, la structure intercommunale voit sa présidence alterner tous les trois ans, au rythme des élections municipales. Président depuis juillet 2020, le 1er adjoint de la commune de Santa Reparata, Pierre Poli, a démissionné en juillet pour laisser sa place à un élu de l'autre intercommunalité. Après sa présidence de 2017 à 2020, c'est à nouveau Jean-Marie Séité, le maire de Galeria, qui a été élu, le 7 août dernier, pour une mission de trois ans. L'occasion de faire un point d'étape dans les projets du PETR du Pays de Balagne et de rappeler ses missions.

"Fidèles à l'engagement d'alternance qui témoigne de la singularité du Pays de Balagne dans un paysage politique peu enclin au partage, les élus du PETR ont une nouvelle fois su s'unir pour le bien commun, se félicite Jean-Marie Séité dans son édito. Cette alternance de présidence entre les deux communautés de communes permet une continuité dans la conduite des projets qui sont soutenus par l'ensemble des élus. Cette organisation équitable, faite pour le bien de la Balagne, nous est beaucoup enviée. Elle est précieuse, elle fait partie de l'histoire de notre région et nous serons les garants de sa pérennité."

Avec ses trois agents et son siège basé à L'Île-Rousse, le Pays de Balagne n'a pas vocation à être une structure de gestion, mais une structure de projets. Depuis sa création dans les années 1990, il est porteur d'initiatives sur le développement durable, la cohérence territoriale, l'harmonie architecturale ou encore la mobilité douce.

"Le pays, c'est un super outil, c'est très bien, assure le président actuel. Il porte des projets en avance sur son temps, élabore l'unique schéma de cohérence territorial qui avance en Corse et se trouve être le meilleur utilisateur du fonds européen Leader."

"Les choses bougent"

Bien que peu connu, le travail du Pays de Balagne s'illustre dans de nombreux domaines : réhabilitation de murs et restanques et remise en culture de jardins dans les villages, installation de bornes électriques, mise à jour d'une charte paysagère, élaboration d'un SCoT, projet d'une pépinière publique ou encore de liaisons maritimes avec tout l'ouest corse. Mais parmi les initiatives les plus attendues, se trouve la réalisation d'une voie verte pédestre et cyclable le long de la côte entre Calvi et L'Île-Rousse. Une voie promise de longue date, et régulièrement annoncée, mais dont la concrétisation ne cesse d'être repoussée.

"C'est un projet à plusieurs millions d'euros, les choses bougent, les travaux ont commencé, ils ont lieu sur le tronçon entre Sant'Ambroggiu et Calvi, se défend Jean-Marie Séité. Mon prédécesseur Pierre Poli a fait face à d'innombrables problèmes de foncier, qu'il a fallu régler avec un géomètre et un paysagiste. Aujourd'hui, on en sort, à l'exception du tronçon à l'entrée de L'Île-Rousse qui est d'une complexité infernale. Pierre Poli a vraiment débroussaillé le sujet et, dans trois ans, on pourra rouler dessus."

Les bornes électriques, installées même dans les villages par le PETR, sont aussi l'objet d'une critique récurrente : "Elles sont achetées, elles sont installées, leur alimentation électrique est branchée, mais notre fournisseur de bornes a un système de monétique qui ne permet pas aux communes de les gérer en régie", détaille le président avec optimisme.

Sans fiscalité propre, le Pays de Balagne n'a que des moyens limités pour réaliser ses ambitions. La coopération entre les deux intercommunalités semble y trouver un terrain propice, mais sans qu'il soit envisagé d'aller plus loin. Dans de nombreux domaines, le choix des méthodes et des compétences diverge entre L'Île-Rousse-Balagne et Calvi-Balagne.

"Les deux communautés de communes travaillent ensemble, ce qui est un cas de figure exceptionnel en Corse, parce que le PETR n'a aucune couleur politique. Un jour, il y aura peut-être une fusion de nos deux intercommunalités. Mais pour l'heure, la Balagne n'est pas assez mûre."

Référence du 12/09/2023

https://www.corsematin.com/article/societe/3731404300503315/jean-marie-seite-president-du-petr-pays-de-balagne-notre-structure-est-un-cas-de-figure-exceptionnel-en-corse


Le regain de la pierre sèche en Balagne grâce à la commande publique

 Bâtisseurs de murs à l'ancienne, Charlotte Peyronnenc et Antoine Silvestri remettent en état des parcelles cultivables grâce à des fonds européens levés par le Pays de Balagne. 

Pas de bétonnière, pas de ciment, pas d'eau. Juste des pierres ramassées sur place, de l'huile de coude et un savoir-faire peaufiné au fil des années. Les jours passent et les vieux murs retrouvent leur aspect d'antan, lorsque les villageois entretenaient rigoureusement le soutènement des parcelles qu'ils cultivaient.

Sur les hauteurs de Corbara, deux muraillers et leur équipe sont à pied d'œuvre depuis début octobre et jusqu'à fin novembre. Il s'agit de remettre à neuf environ 40 mètres linéaires de mur, pour 100 mètres carrés de surface totale. 

"Le Pays de Balagne refait des jardins dont la commune est propriétaire depuis quelques années, précise Franck Amadei, adjoint au maire en charge de l'urbanisme. L'idée est de remonter ces murs dans le traditionnel de l'époque, sans aucun ajout de ciment, et de redonner vie à ces jardins en les réattribuant à la population par tranches de 100 mètres carrés loués à l'année. Les gens pourront ainsi faire pousser quelques légumes dans le respect du travail des anciens." 

Aux commandes de ce chantier à 91 000 euros hors taxe, se trouve une jeune femme à la voix calme et au regard déterminé. Charlotte Peyronnenc a d'abord étudié et pratiqué la menuiserie avant de tomber sous le charme du travail de la pierre sèche.

"J'ai participé à la toute première formation organisée en 2015 par le Pays de Balagne et le Greta, relate-t-elle. C'était une formation diplômante de quatre mois en vue d'obtenir un certificat de qualification professionnelle. C'est ensuite devenu mon métier, même si je continue la menuiserie en parallèle. La pierre sèche, c'est un métier physique mais le corps se muscle petit à petit. J'aime le côté patrimoine, le sens de ce que l'on fait, la réflexion qu'il faut avoir. C'est un puzzle énorme et je ne vois pas passer mes journées. Le résultat est toujours valorisant."

Depuis plusieurs années, le Pays de Balagne finance via des fonds européens la réhabilitation de murs en pierre sèche. Des chantiers ont déjà été réalisés à Ville di Paraso, Santa-Reparata, Calenzana et Urtaca notamment. Antoine Silvestri, murailler d'expérience, se déplace régulièrement dans la région où les chantiers sont plus nombreux qu'ailleurs. 

"J'habite Corte mais il n'y a quasiment aucune commande publique dans le Centre Corse, constate-t-il. Cela se passe uniquement en Balagne. Nous autres, les muraillers, nous sommes convaincus de la fonction indispensable des murs en pierre sèche. On essaye de passer le message et de dire que c'est la meilleure façon de bâtir aujourd'hui. Il faut comprendre que le béton fait un écran à l'eau, qui pousse de l'intérieur. La pierre sèche est un drain naturel. Lorsqu'il pleut, elle redistribue l'eau en quantités limitées."

l est sans doute plus long - pas forcément plus coûteux - comparé au ciment, de bâtir un mur en pierre sèche. Mais le résultat est bien plus durable et, pour ainsi dire, garanti à vie. Si une partie venait à s'abîmer, l'ouvrage est réparable à l'infini, sans autres matériaux que la pierre qui vient de rouler. "Sa construction demande une technique d'appareillage, de pose de pierres, qu'il faut maîtriser parfaitement, prévient Antoine Silvestri. Il faut faire un maillage avec les pierres. Avec du ciment, c'est bien plus facile de tout caler en complétant les espaces."

La commande publique de murs en pierre sèche ne devrait pas s'épuiser en Balagne.Le PETR a inscrit dans le nouveau programme européen Leader, de nouvelles réhabilitations et de nouvelles formations. 

"L'idée est de continuer ce travail qui est un vrai succès auprès des communes et même des privés, se félicite Jean-Marie Séité, le président du Pays de Balagne et maire de Galeria. Il nous faut continuer à former des gens. Nous avons encore 14 projets en cours, la source ne se tarit pas. Il y a un effet boule de neige."

Reference

https://www.corsematin.com/article/societe/65742307787041/le-regain-de-la-pierre-seche-en-balagne-grace-a-la-commande-publique

Saturday, November 4, 2023

Enclavement de la Balagne & Falasorma en Corse, et quelques cas d'école de conflictualité

 


L'enclavement de l'ensemble Balagne&Falasorma 

Cette géographie si particulière de cette micro-région induit de graves difficultés des mobilités.


On peut passer par l'intérieur en tournant après Corbara par Muro, 
même si rajoute 10km cela évite de traverser Ile-Rousse.
Développement de Lozari, Belgodère-Plage, de l'Ostriconi?

Exemple de l'importance de trouver de nouvelles voies:
cas de la vallée et du col du Marsulinu avec un gain de 13km mais surtout d'une demi-heure.
Mais la route côtière est abandonnée et en mauvaise état.

Exemple typique d'un enclavement qui implique un trajet de 120km 
à la place du vol d'oiseau de 30km.

Par le sud, le manque d'investissement induit un enclavement la Balagne & Falasorma 
mais aussi des micro-régions adjacentes
avec le seul passage du col de Vergio
le col routier le plus haut de l'île à 1 477 m
qui relie ainsi Albertacce dans le Niolo (En-Deçà-des-Monts) 
à Évisa dans les Deux-Sevi.
Il est situé sur une arête entre la Punta de Cricche (2 057 m) 
du massif du Cinto au nord et Capu a Rughja (1 712 m).
 L'hiver le PC Neige de Corte informe les usagers de la route qui veulent franchir le col.

Le col de Vergio est dominé par la statue du Christ Roi, monolithe de granit rose pesant 25 tonnes, haut de 6 m et 9,50 m avec son socle). Cette statue est l'œuvre du sculpteur corse Noël Bonardi (né le 14 février 1934 à Afa et mort le 15 mars 2012 à Afa;https://noelbonardi.wixsite.com/noel-bonardi/noel) installée depuis 1984. Elle est son œuvre monumentale la plus haute avec son socle installé en Corse.

Nous avons deux cas d'école de conflictualité



Conflictualité politique

Plutôt que de passer par le col de Palmarellu et le golfe de Girolata, il serait possible de traverser par le col de Parma, plus exactement la Bocca di Melza (771 m), la plaine de Parma et la forêt de Pirio, reliant ainsi le Fango à Serriera.
Ce projet avait étudié lors de le construction de la nouvelle route du Marsulinu mais les villages d'Osani, Curzu et Partinellu s'y sont opposés, car cette voie les auraient encore plus isolés, avec en plus à l'époque les soucis liés à la séparation administrative entre 2A et 2B.
Une piste forestière existe pour rejoindre le pont de Pirio aux bergeries de Parma.

Conflictualité géographique et écologique

Dans la voie suivante, la conflictualité repose sur la hauteur des cols (et coût tunnel) et l'écologie afin de protéger des espaces et des patrimoines naturels exceptionnels. Mais la Corse elle-même n'est-elle pas un immense patrimoine exceptionnel ? La conflictualité s'y revèle entre la transformer en un zoo pour touriste qui ont le temps et l'argent pour visiter et un espace d'équilibre entre ce patrimoine et les habitants qui souhaitent un développement "minimum" des voies d'accès et de leur entretien toutes les saisons.

Cette autre voie avait été initiée sous Napoléon III en passant par le col de Caprunale (1370 m), puis du refuge de Puscaghja, puis Bocca di Guagnarola (1833 m) pour rejoindre col de Vergio ou les bergeries de Tula ou à Tusella ou les bergeries de l'Aghiunghienti, ou Evisa,. Le large chemin pour "calèches" construit dans les années 1870 sous le col de Caprunale reste un monument des chemins de montagne en Corse et mériterait un entretien à la hauteur de ce patrimoine construit au Second Empire en utilisant des bagnards de l'époque et les hommes du Niolu.
Pour relier le col de Caprunale au col de Vergio, il est aussi beaucoup plus aisé d'éviter Guagnarola et de passer par bocca di Cuccavera (1475 m) et bocca à u Saltu (1391 m), puis le pont de Casterica (1164 m) très proche de la route D84 qui monte au col de Vergio.















Wednesday, November 1, 2023

deux autorisations d'hospitalisation à domicile cohabitent sur le territoire de Balagne.

 Hospitalisation à domicile : une nouvelle offre en Balagne

Le centre hospitalier de Calvi-Balagne propose, depuis le 16 janvier 2023, un service d'hospitalisation à domicile (HAD) en partenariat avec l'hôpital de Corte.

Les directrices des deux établissements, Danielle Bourcelet pour la Balagne et Charlotte Lhomme pour le Centre Corse, ont présenté, ce mardi 18 avril, cette nouvelle offre lors d'une conférence de presse commune, à Calvi.

" Nous avons souhaité communiquer parce qu'il existe une confusion entre notre HAD publique et l'HAD privée, contextualisent les deux directrices. Depuis janvier, deux autorisations d'hospitalisation à domicile cohabitent sur le territoire de Balagne. L'hôpital de Calvi ne disposant pas de sa propre autorisation, nous utilisons celle de l'hôpital de Corte dans le cadre d'un partenariat entre les deux structures. L'aire géographique de l'hôpital de Corte, qui comprenait déjà le Centre Corse et la Plaine orientale, s'étend désormais à la Balagne. "

Une équipe dédiée à l'hospitalisation à domicile en Balagne a été constituée. Elle se compose du médecin coordinateur Charles Ryckewaert et deux infirmières coordinatrices, Émilie Fresu et Maheva Ettori. Les protocoles utilisés et les outils informatiques sont les mêmes que ceux utilisés par les collègues cortenais. Le service est joignable du lundi au vendredi, de 8 heures à 18 heures. Une astreinte est également en place 24 heures sur 24 pour les urgences.

"Nous avons signé des partenariats avec les libéraux qui fournissent du matériel ou interviennent au domicile pour réaliser les soins, précise le Dr Ryckewaert. Notre HAD met à disposition les moyens matériels, organise leur livraison et la récupération des déchets de soins. Mais ce n'est pas nous qui faisons ces soins. En général, l'HAD intervient en aval d'une hospitalisation, sur des soins qui peuvent être assez lourds. Le patient a le choix du professionnel qui va intervenir chez lui. "

Depuis sa mise en place en janvier, l'HAD publique prend en charge une dizaine de patients en Balagne. Un chiffre qui devrait s'élever jusqu'à 15 patients ou 20 patients d'ici la fin de l'année. À titre de comparaison, entre le Centre Corse et la Plaine orientale, c'est une trentaine de patients qui est prise en charge par l'hôpital cortenais.

Un véritable feuilleton

L'hospitalisation à domicile en Balagne a connu des péripéties nombreuses ces dernières années. En mai 2021, l'hôpital de Calvi-Balagne et l'association Hospitalisation à domicile de Corse unissaient leurs forces dans la création d'un Groupement de coopération sanitaire (GCS). Ce partenariat entre l'hôpital public et la structure privée n'a jamais vraiment fonctionné, pour s'éteindre au bout de quelques mois. Depuis 2015, l'hospitalisation à domicile en Balagne traversait une crise profonde et la tentative de conciliation de mai 2021 n'y aura rien changé.

Plus récemment, en 14 janvier 2023, la communauté de communes de L'Île-Rousse-Balagne actait pour trois années une convention de moyens avec l'association d'Hospitalisation à domicile de Corse. Une convention qui comprend la mise à disposition d'une infirmière du CIAS à hauteur de 15 % de son temps de travail et d'une assistance sociale à hauteur de 10 %.

Un local mutualisé, vitrine de l'association HAD en Balagne, était également inauguré sur l'avenue Paul-Doumer de L'Île-Rousse. "L'HAD a besoin de proximité et de connaissance du terrain pour développer le service que nous voulons, justifiait Lionel Mortini, le président de la communauté de communes. Nous repartons de zéro, avec notre CIAS, dans le cadre de ce nouveau partenariat, car il existe un véritable manque, un trou dans la raquette. Il faut que les gens qui peuvent être soignés à la maison le soient, dans de bonnes conditions."

En crise depuis près de huit ans, l'hospitalisation à domicile en Balagne se décline désormais en deux offres distinctes ; une publique et une privée. Pour les usagers, la différence est peu visible puisque, dans les deux cas, ce sont les professionnels de santé libéraux du territoire qui effectuent les soins.

Contact : 06 74 55 79 50 ou had@chcalvi-balagne.fr

Référence du 19/04/23

https://www.corsematin.com/articles/hospitalisation-a-domicile-une-nouvelle-offre-en-balagne-140658

père Alphonse originaire du Cameroun et père Louis originaire du Liban se présentent aux paroissiens

 À Calvi, père Alphonse originaire du Cameroun et père Louis originaire du Liban se présentent aux paroissiens, 

Tous deux incarnent désormais le visage jeune et souriant de l'église dans le secteur interparoissial de Calvi, qui comprend une dizaine de paroisses entre Montegrossu, Lumiu, Zilia, Calenzana, Galeria et Mansu.

Le curé Louis El Rahi et son vicaire Alphonse Nakima seront installés dans leurs fonctions le dimanche 10 septembre 2023, à l'occasion d'une messe présidée par l'Évêque de Corse François Bustillo, lors de la fête de la Nativité à Notre-Dame de la Serra. La symbolique est forte dans cette chapelle si chère aux Calvais.

En attendant le début de leur mission en Balagne, les deux religieux ont tout de même quitté leurs paroisses respectives pour un déplacement de trois jours à Calvi, à la rencontre des fidèles et des confrères.

"Dans d'autres circonstances, nous serions arrivés directement en septembre, contextualise Louis El Rahi. Mais nous tenions à rencontrer rapidement les bénévoles du presbytère, les confrères, les paroissiens, les curés qui assurent l'intérim. Nous nous organisons pour être opérationnels dès notre arrivée."

Un départ précipité de sa Gravona chérie

Le père El Rahi est arrivé en Corse en 2005 à l'âge de 18 ans. Sympathique et attachant, ce Corse d'adoption a su se faire apprécier partout où il est passé. 

"Je suis prêtre pour la Corse, j'ai été ordonné pour la Corse, je l'aime et je considère que je ne pourrais pas faire ce travail s'il en était autrement, assure-t-il. Depuis 3 ans, j'étais curé de la Gravona. J'avais mis en place des choses, monté des projets au service des jeunes, notamment un terrain de scoutisme. Que des projets financés à 100 %. Je pensais rester encore un peu dans la Gravona, puis l'évêque m'a appelé. Il m'a dit qu'il allait me dire quelque chose qui changerait ma vie : il pensait à moi pour Calvi. C'est un déracinement pour moi. Je quitte une vallée que j'ai appris à connaître et à aimer. Lorsqu'on est prêtre, on donne sa vie au seigneur et à l'Église, on n'a plus la maîtrise. Chacun de nous a des qualités et des compétences, et en fonction de cela, et au vu des besoins de son diocèse, l'évêque fait des choix. Il a dû penser que j'ai des qualités pour servir la paroisse de Calvi."

Il y a deux mois, à la fin du mois d'avril, le père Louis avait reçu un soutien fort du diocèse de Corse et de nombreux élus, après que le camp de scouts qu'il a créé ait été vandalisé. Ce fait divers, qui avait engendré un dépôt de plainte, avait été relayé par de nombreux médias.

Le père Louis et le père Alphonse ne se connaissaient qu'au téléphone avant de se rencontrer à Calvi. Le second a été curé durant 6 ans dans une province de l'extrême nord du Cameroun, avant de rejoindre la cathédrale de Bastia comme vicaire, il y a maintenant 8 mois. Cela faisait de nombreuses années qu'il n'y avait plus eu deux prêtres dans la paroisse de Calvi. Le curé Cueroli et le vicaire Nicoli semblent avoir été les derniers à partager ces fonctions à la fin des années 2000.

"Ange-Michel Valery, c'était un grand frère"

Dans une église Sainte-Marie Majeure bondée, ce mardi soir, les deux hommes d'Églises rencontraient les paroissiens et les confrères pour la premières fois. Encore sous le choc de la disparition de l'estimé Ange-Michel Valery, toute la paroisse a rendu hommage à son abbé trop tôt disparu.

"L'abbé Valery était un homme très attachant, estime le père Louis. Il était vicaire général et responsable des séminaristes lorsque je l'ai connu, en 2005. Il a été mon accompagnateur en tant que délégué de l'évêque. Très vite, une amitié s'est liée entre nous. J'ai connu ses parents lorsque j'étais vicaire à Lavasina avec le curé Pinelli. C'est là que se trouve la maison paternelle de l'abbé Valery. Son papa est enterré là-bas, j'étais présent ce jour-là. Tout ça pour dire qu'Ange-Michel était bien plus qu'un collègue, bien plus qu'un responsable des vocations. C'était un grand frère."

Ces trois jours de visite en Balagne ont été intenses pour les pères Louis et Alphonse. Ce dernier a notamment découvert Calenzana, village où se trouve le presbytère qui sera sa résidence. Parmi les chantiers en cours au sein de la paroisse, se trouve le remplacement de la statue de Notre-Dame de la Serra, détruite par la foudre le 2 septembre dernier. À la marbrerie de Carrare en Italie, des artisans finissent de sculpter la madone qui devrait être installée sur son socle au cours de l'été. L'évêque doit la bénir le 10 septembre, tout comme les deux jeunes prêtres à qui il a confié la charge des paroisses de Calvi.

Référence du 06/07/23 

https://www.corsematin.com/article/societe/2718203467982415/a-calvi-pere-alphonse-et-pere-louis-se-presentent-aux-paroissiens

30 ans après; Balagne : la Route des Artisans, véritable vitrine de la microrégion

 Cette année, Strada di l'Artigiani fête ses trente ans. Outil de communication pour les producteurs et gage de qualité pour les visiteurs, l'association poursuit sa route dans le paysage balanin.

Dans les ruelles de Pigna, de nombreux vacanciers se baladent avec une brochure rouge et bleue à la main. Exposé à l'entrée de l'atelier de verrerie Atraverre, ce fascicule propose à ses lecteurs un itinéraire à suivre pour aller à la rencontre de ses artisans.

Tout juste arrivé sur l'île, Sergio se balade avec sa femme et son enfant : "Je suis architecte, donc tout ce qui a trait à l'art m'intéresse." Pour rejoindre Saint-Florent, le vacancier italien envisage quelques pauses chez des créateurs, en s'aidant de la fameuse brochure. Depuis trente ans, ce petit bout de papier est distribué en nombre sur le territoire. "On édite 35 000 exemplaires chaque année, c'est assez stable, explique Matthieu Graziani. On est présent sur plusieurs sites partenaires comme les offices de tourisme, mais aussi les hôtels et les aéroports."

Grâce à la Route des Artisans, tous assurent gagner en visibilité

Grâce à la coopération de ces acteurs du tourisme et aux panneaux qui ornent les chemins, l'association s'assure une visibilité au plus proche des potentiels visiteurs. "C'est un document que l'on donne automatiquement, au même titre que le plan de la ville, avance l'office de tourisme de Calvi. On en distribue entre 4 000 et 5 000 exemplaires par an. Cela permet aux vacanciers d'aller directement voir le producteur et de découvrir les villages typiques de l'arrière-pays." 

"Il y a certaines personnes qui viennent grâce au catalogue, confirme Cécile Machado, créatrice de bougies à Lozari. Beaucoup aimeraient avoir un car qui les amène d'atelier en atelier." S'il est impossible pour tous les artisans de savoir quels visiteurs viennent spécialement grâce à La route des Artisans, tous assurent gagner en visibilité.

"C'est quelque chose que les gens suivent, c'est un bon repère qualitatif pour eux", appuie Jocelyne Boyer, de l'atelier Vetrarte. À l'aide d'une charte stricte, l'association recense 45 créateurs implantés dans la microrégion.

"L'association est un gage de qualité, insiste Mathieu Graziani, président et maître luthier à L'Île-Rousse. On sélectionne les artisans qui ont un savoir-faire et qui transforment la matière sur place." Après des contrôles de membres de l'association et le jugement d'une commission, de nouveaux venus peuvent être intégrés à la Route des Artisans. Une démarche volontaire de la part des créateurs, ou engagée par l'association.

Dès le lancement de son activité de céramique artistique en 2007, Catherine d'Angeli a voulu s'associer à la Strada di l'Artigiani. "Ça faisait partie de mes plans, je souscris totalement à leur charte", explique la créatrice basée à Santa Reparata. Pour la céramiste, il n'est pas seulement question de communication mais de "valeurs partagées par les artisans". "C'est la seule publicité que je prends, et celle que je garderai jusqu'à la fin de ma carrière."

Référence du 12/08/23

https://www.corsematin.com/article/economie/45945301449025/balagne-la-route-des-artisans-veritable-vitrine-de-la-microregion

Haute-Corse : une rentrée en tout petit comité dans la classe unique du Giunsani

 Olmi-Cappella; De la maternelle au CM2, sept enfants ont repris le chemin de l'école de la vallée, située à Olmi-Cappella (Haute-Corse). Un effectif restreint, pour la maîtresse Marion Katz et son aide maternelle Virginie Buono, qui assurent un suivi personnalisé.

Une classe unique, c'est un peu l'ambiance d'une famille nombreuse. En tout cas, c'est ainsi que Marion Katz décrit la mission d'enseignement qu'elle assure depuis 15 ans dans l'école intercommunale d'Olmi-Cappella, qui regroupe les quatre communes du Giunsani. 

"Nous étions neuf l'année dernière, il y a eu deux départs en sixième, une élève sur le collège de Calvi et un élève à Moltifao, indique la professeure des écoles. Il n'y a pas eu d'entrée de maternelle, mais nous en aurons plusieurs l'année prochaine et la suivante. L'école et assurée de se maintenir."

 Depuis sa prise de poste, en 2008, l'enseignante a vu varier ses effectifs de 5 élèves jusqu'à 13 certaines années. À chaque rentrée, il faut s'adapter au niveau des élèves. "Par exemple, cette année, je n'ai pas de CE1 ni de CE2, relate-t-elle. Toutes les années sont importantes, mais les CP et les CE1 sont celles qui requièrent le plus d'attention puisque ces élèves ne sont pas autonomes en lecture et en écriture. Ce sont les niveaux phares, avec le CM2, pour bien préparer le passage en sixième." Baptiste, le "grand" de l'école, est en CM2. Il entame donc sa huitième et dernière année de scolarité au village. Fiurenzu, Lou et Tanguy sont à peine plus jeunes, en CM1. Raphaël et Eloane, au CP, apprendront à lire cette année. Cette dernière est la seule fille de l'établissement. Enfin, c'est Ignace, le seul élève de maternelle, qui requiert l'attention exclusive de Virginie Buono, son aide dédiée.

Reprise en douceur

Après deux mois d'une liberté totale dans les ruelles de leurs villages respectifs, les enfants se retrouvent pour une reprise progressive. 

"L'objectif est de les amener en douceur à reprendre une vie collective, à se réapproprier certaines règles, avec une tolérance zéro sur la violence, qu'elle soit verbale ou physique, précise l'enseignante. On suit le projet phare de lutte contre le harcèlement, la priorité est que les élèves n'aient pas l'appréhension de venir en classe. Il y a un travail de sensibilisation : ne pas insulter, ne pas frapper. Il faut désamorcer dès que cela arrive. La difficulté, dans une petite école, c'est qu'on n'a pas beaucoup de choix de copains et c'est souvent la dispute avec le meilleur ami. On n'a pas d'autres camarades pour se consoler et ça vire au microdrame."

Ce matin-là, c'est temps libre en extérieur, rentrée en classe en chanson, avant de rouvrir les cahiers. Si tout se passe bien, une séance de sport est prévue pour clôturer la matinée. Six heures par jour, une quarantaine de semaines par an, pendant huit ans, cela laisse du temps pour créer des liens forts. "Lorsqu'ils partent en sixième, c'est un déchirement, confie la maîtresse. Les CM2 qui viennent de partir, c'étaient mes élèves depuis la moyenne section de maternelle. Dans une classe unique, on a un relationnel fort avec chacun d'eux. Je différencie les apprentissages, j'adapte la pédagogie à chacun. Le temps passe vite, les premiers CP que j'ai eus sont en licence aujourd'hui."

Un avenir assuré

Pour ne pas grandir trop isolés, les écoliers du Giunsani prennent part à de fréquents échanges avec d'autres établissements de Balagne et du Centre Corse. L'année dernière, ils ont accueilli durant deux jours leurs camarades de l'école de Galeria, ainsi que les éco-délégués du collège de Calvi. Cette année, un échange avec le regroupement pédagogique intercommunal (RPI) de Zilia-Montegrossu est prévu, sur le thème de la musique.

Le maire d'Olmi-Cappella, Frédéric Mariani, est passé à l'école, en cette période de rentrée, pour s'assurer du confort de chacun.

"Voir l'école fermer dans le Giunsani, cela a toujours été ma hantise, confesse-t-il. Heureusement, ce n'est jamais arrivé et les perspectives sont très bonnes puisqu'il y a eu une dizaine de naissances ces trois dernières années, et d'autres sont à venir. Nous avons pu rouvrir la micro-crèche, sous l'autorité de la communauté de communes. Elle est aujourd'hui trop petite pour accueillir les neuf enfants inscrits. Nous allons demander une dérogation. C'est de bon augure, l'avenir de l'école est assuré pour la décennie qui arrive." 

 Référence


Le centre culturel de 2024 à Calvi, est-il laid?

 Inscrit au PEI en 2009, le centre culturel de Calvi va finalement voir le jour en 2024. Bien qu'il ait été très attendu par les habitants, le bâtiment fait débat sur son esthétique autant que sur le choix de son emplacement

Les Bâtiments de France vont nous faire un procès pour la couleur d'un volet, mais ils laissent construire un blockhaus dans la pinède.'' Ce Calvais résume en partie l'incompréhension de certains sur les choix qui ont guidé le projet du centre culturel.

Premier point, donc, qui pose question, celui de l'esthétique. Au carrefour de la pinède et de l'entrée de ville, le bâtiment s'impose, massif. S'il a le mérite de cacher les bâtiments, somme toute peu esthétiques, du supermarché voisin, il tranche néanmoins avec les pins maritimes de la route des plages, et le petit chalet en bois qui abrite un primeur de l'autre côté de la route. Un choix d'emplacement, et une architecture qui ne manquent pas d'alimenter les conversations à Calvi.

"Les remparts, c'est beau, mais pas dans la pinède"

Pour autant, ces choix sont le fruit d'une longue réflexion : 

"Le projet a été sélectionné par un jury de concours, explique François-Marie Marchetti, président de la communauté de communes de Calvi-Balagne. Nous avons retenu celui de Maria Godlewska, dont l'architecture est vouée à rappeler les remparts de la citadelle, avec du béton bouchardé. C'est une méthode consistant à projeter du béton en écaille sur des murs en béton banché, c'est la même technique qui a été utilisée pour le Fort Charlet."

Une explication qui ne semble pas convaincre les esprits critiques, lorsque nous en faisons part : "Oui, les remparts, c'est beau, mais à la citadelle ou au fort. Pas dans une pinède à l'entrée de ville", grince un retraité.

"L'écrin de la salle se compose d'une volumétrie pleine et majoritairement minérale qui vient ''s'asseoir'' partiellement sur des espaces vitrés et perméables. La paroi verticale de 12,50 mètres de haut se plie dans un mouvement dynamique à l'endroit du pivot créé par le rond-point. Le site du projet est stratégique car à la confluence de la pinède, espace naturel littoral et du début de la ville de Calvi", explique l'architecte Maria Godlewska sur son site internet.

Une démarche qui ne convainc pas forcément, et à laquelle l'opposition regrette de ne pas avoir été associée : "Nous n'avons pas été associés au projet, et les associations concernées non plus, regrette Jérôme Sévéon. Des associations qui ont été pourtant présentes lors de la mandature précédente. L'entrée de ville a besoin de respiration, et, avec ce choix, c'est tout l'inverse."

"Le projet a été réalisé en collaboration avec les Bâtiments de France, et est édifié sur un terrain communal, cédé à l'intercommunalité pour un euro symbolique", argumente François Marchetti.

La question des parkings

Une cession qui a, en effet, le mérite de faire baisser la facture. Au-delà de l'esthétique, une question logistique est soulevée par la critique, celle des parkings. 

"Nous pouvons aussi nous poser la question de l'emplacement, et l'absence de parking adapté. Le seul espace disponible à proximité se trouve dans une zone boisée, et donc peu adaptée à la création d'une aire de stationnement", estime Jérôme Sévéon.

"C'est un point qui a plusieurs solutions, répond François Marchetti. Nous pouvons demander une mutualisation du parking du Casino en dehors des heures d'ouverture, les spectacles ayant lieu en soirée, et il y a aussi un terrain appartenant à la mairie à proximité. De plus, rien ne nous empêche de mettre en place un système de navettes pour les grands événements."

Les goûts et les couleurs sont certes subjectifs, mais ils n'exemptent pas d'une certaine réflexion. Pour autant, cet équipement public répond à un réel besoin, et son utilité n'est pas discutée. Qu'importent son esthétique, et son emplacement, sa fonctionnalité fera sans doute oublier les désaccords lorsque le centre culturel ouvrira ses portes au premier semestre 2024.

Référence du 02/10/23

https://www.corsematin.com/article/societe/12178870419453/un-centre-culturel-attendu-a-calvi-mais-qui-fait-des-decus

À L’Île-Rousse, un collectif et une pétition contre la construction d'immeubles

 U Cullettivu 66, composé de riverains, attaque en justice un permis délivré par la commune de L'Île-Rousse concernant la construction d'immeubles de quatre étages sur le terrain situé entre les écoles et le rond-point de Santa-Reparata

Le permis de construire, délivré le 12 juillet 2023 par la commune de L'Île-Rousse, prévoit la construction de quatre immeubles en R+4 sur le terrain situé entre les écoles de L'Île-Rousse et le rond-point menant à Santa-Reparata. Dans ce lotissement dit du Moulin à vent, sur une superficie d'un demi-hectare, le projet prévoit la réalisation de 66 appartements, ainsi que de parkings en sous-sol, sur une hauteur totale de près de 15 mètres.

La perspective de cette nouvelle promotion déplaît aux riverains qui ont décidé de constituer un collectif, baptisé Cullettivu 66. Un recours auprès du tribunal administratif de Bastia a été déposé le 25 septembre 2023 et une pétition en ligne rassemble près de 300 signataires. Le collectif justifie sa prise de position par la proximité avec les écoles et le taux de résidences secondaires, déjà élevé sur la commune. En effet, la ville de 3 224 habitants comporte 3 418 logements, mais 1 527 de ces logements sont destinés à la population permanente et 1 861 sont des résidences secondaires.

"Il n'y a pas de problèmes de logement à L'Île-Rousse, mais des problèmes de politique du logement, assure le collectif. Lorsque nous avons réalisé ce qu'allait devenir ce lopin de terre, nous nous sommes dit que c'était pure folie qu'il puisse y avoir une énième promotion immobilière dont nous ne savons rien. Car il manque les informations sur la destination de la promotion et sa composition. On sait aujourd'hui que le T2 est surtout destiné à la location saisonnière. Les jeunes Île-Roussiens qui s'installent ont besoin de plusieurs chambres, pour fonder une famille."

Un espace public pour les élèves

Selon nos informations, ce n'est pas la première fois qu'un projet immobilier est balayé sur ce même terrain du Moulin à vent. Une première promotion privée, puis une promotion sociale confiée a Erilia, avaient été abandonnées. À chaque fois, c'est la hauteur des immeubles qui a causé du tort au porteur de projet. D'autres refus, notamment de la CDC, auraient été justifiés par de mauvaises conditions d'accès.

Selon le Cullettivu 66, il en va aussi de la sécurité et du confort des 300 enfants des écoles.

 "Nul n'ignore que les principales victimes d'accidents urbains sont les enfants de moins de 10 ans : petite taille, mauvaise analyse latérale, mauvaise perception des sons et de la vitesse, assure le collectif. Nos écoles ont perdu 40 élèves en 5 ans car les écoles environnantes ont toutes développé des installations ludiques et sportives qui attirent les élèves. Comment est-ce possible que dans une ville de plus de 3 000 habitants, nous ayons une école primaire et maternelle avec seulement 20 places de parking. Il y a un terrain vague de 5 000 mètres carrés et il ne s'y passe rien, aucun projet dédié à notre jeunesse. Nous souhaitons que la mairie ou une collectivité autre rachète ce terrain, en fasse un espace public, un projet dédié aux élèves des deux écoles et ouvert à tous le reste du temps.

Contactée, la municipalité de L'Île-Rousse estime qu'elle a de bonnes chances d'arbitrer le litige en faveur du collectif.

 "On a opposé un premier refus de permis contre ce projet, le 19 avril 2023, pour une question d'accès, puisqu'il y avait un avis défavorable de la CdC, rappelle Benjamin Genuini, conseil municipal en charge de l'urbanisme. Le projet a été remodelé et a finalement obtenu toutes les autorisations possibles, notamment des services de l'État. Mais il y a un point de droit qui nous a échappé : le règlement du lotissement du Moulin à vent interdit les constructions supérieures à une certaine hauteur. Ce point nous paraît fondé, le promoteur a été avisé et s'il n'apporte pas d'éléments contraires, le permis va être retiré."

Le Cullettivu 66, prêt à aller devant les tribunaux, a peut-être déjà gagné son combat.

Référence du 13/10/23

https://www.corsematin.com/article/societe/13266585542251/a-l-ile-rousse-un-collectif-et-une-petition-contre-la-construction-dimmeubles

Premier festival de l'écologie positive en Balagne

 Calvi; Des ateliers plus que complets, des scolaires venus en nombre, des moments de fête et de partage et surtout un bel engouement autour du respect de l'environnement. Bilan très positif pour la première édition de Green Orizonte.

"Notre récompense, c'est la participation du public nombreux. Les gens étaient heureux, ils avaient le sourire aux lèvres. Nous avons su fédérer autour de la nature et du vivant. C'est une vraie réussite", estime Anne-Marie Piazzoli, la directrice de l'office du tourisme de Calvi-Balagne, au lendemain de la première édition de Green Orizonte. De vendredi à dimanche, le festival de l'écologie positive a rassemblé entre 2 500 et 3 000 personnes, depuis Calvi, Lumiu et Calenzana.

350 000 € de budget

Consacrée aux professionnels du tourisme et aux scolaires, sous un chapiteau dressé sur le terrain de l'Ortacce mais également dans plusieurs hôtels de la ville, la première journée était un condensé de conférences, d'ateliers, de pitch et de présentations sur le thème de l'écologie. Les professionnels ont pu découvrir ou redécouvrir les démarches d'écotourisme, avec l'écolabel européen et la démarche Rispettu, la réduction de déchets dans les structures d'hébergement, l'œnotourisme, la communication responsable ou encore l'alimentation durable. 

" Tous les ateliers, les conférences, les tables rondes ont été d'une grande qualité, tant sur le plan des interventions que sur le fond," se félicite Jean-Baptiste Ceccaldi, hôtelier et président de l'office de tourisme intercommunal

" À chaque fois, la jauge était atteinte ou dépassée, ce qui démontre l'intérêt des professionnels pour le programme proposé ", complète Anne-Marie Piazzoli. L'agence du tourisme de la Corse (au sujet de l'éco labellisation européenne), ainsi que l'Ademe et le Syvadec sont intervenus sur le thème de la réduction des déchets et des économies d'énergie.

Des hôtels remplis et une saison qui s'allonge

Le samedi matin, à Lumiu, et le dimanche matin, à Calenzana, le public était également au rendez-vous pour les randonnées à vélo, les balades à la découverte de la biodiversité et du paysage, les concerts et le repas durable de grande tablée avec de la " street food made in Corsica ".
" Nous sommes très satisfaits de la fréquentation malgré la météo qui n'était pas avec nous, reprend Jean-Baptiste Ceccaldi. On avait pris le pari de délocaliser une partie du festival sur deux communes de notre périmètre intercommunal, avec du scepticisme sur la fréquentation. À notre surprise, ce fut une pleine réussite. " La partie festive n'était pas en reste non plus. Les frères Torracinta, le DJ Fakear ou encore les Balanins de Sumenta Nova ont assuré une ambiance digne des plus belles soirées d'été. Le but de cet événement, placé au début des vacances de la Toussaint, était de prolonger encore un peu la saison. " Les hôteliers et les socioprofessionnels de Calvi peuvent ainsi garder leur établissement ouvert jusqu'à fin octobre, voir au-delà, ambitionne le président de l'office du tourisme. C'est un positionnement assumé, dans un but d'étalement de la saison. Depuis plusieurs années, il fait encore beau et chaud en octobre. Nous avons ce que l'on peut appeler un été indien. "
Partenaires de l'événement, des hôtels comme le Mariana, le Saint-Erasme, le Revellata, le Campo di Fiore ou encore les Arbousiers ont fait le plein durant le festival. Entre les intervenants et les prestataires de services, plus de 250 personnes sont venues spécialement à Calvi pour travailler dans le cadre de Green Orizonte. Une fréquentation qui s'est ressentie à l'échelle de la ville et que la météo pluvieuse et venteuse n'est pas parvenue à gâcher.

À l'heure du bilan, les organisateurs du festival n'ont pas encore fait d'annonce concernant une deuxième édition. En attendant d'en savoir plus, la cité Semper Fidelis prépare le prochain gros événement : le trail de Calvi, prévu pour le samedi 11 novembre.

Référence du  25/10/23

https://www.corsematin.com/article/societe/18115993932248/le-festival-de-lecologie-positive-a-largement-trouve-son-public-en-balagne

ces hôtels de Haute-Corse qui relèvent le défi de rester ouverts toute l'année en Balagne

 À Calvi comme à L'Île-Rousse, quelques établissements réduisent la voilure mais ne ferment jamais leurs portes, même en hiver. Ils visent une clientèle de travailleurs et de locaux en escapade, alors que les véritables touristes se font rares.
Combien d'hôtels seront ouverts, en décembre à Calvi ? Et combien le resteront, en février à L'Île-Rousse ? Dans les deux villes de Balagne, une poignée d'établissements ne ferme jamais boutique. Les équipes sont réduites en hiver, le taux de remplissage aléatoire, et la stratégie bien différente.

À Calvi, le Mariana n'a jamais dérogé aux mois creux depuis son ouverture en 1989. 
" En hiver, la clientèle se compose de représentants commerciaux, de militaires en permission, de Corses de toutes les microrégions ou encore de jeunes Balanins qui sortent le week-end à Calvi et dorment à l'hôtel plutôt que de reprendre la voiture, inventorie Dominique Acquaviva, le patron. Il y a aussi des groupes qui viennent en séminaires et même des ouvriers d'entreprises extérieures. Le taux de remplissage reste très aléatoire, autour de 20 % en moyenne. Comme il y a moins d'activité, le personnel est réduit de moitié. On passe à 7 salariés contre 15 à 20 en été. " Avec ses chambres à partir de 68 € l'hiver, sa salle de sport, son sauna, son hammam, ses cours de yoga et ses séances de massage, le Mariana attire aussi quelques touristes hivernaux.
Au pied de la citadelle, les 24 chambres du Belvédère ne ferment pas non plus. Le petit hôtel tourne au ralenti, avec deux salariés uniquement.
 " On arrive à louer entre 3 et 5 chambres par jour, estime Dominique Ceccaldi, le gérant. Les tarifs sont divisés par deux par rapport à la saison haute, et on n'hésite pas à surclasser les clients dès que possible. Par exemple, on offre la vue mer ou une chambre plus spacieuse. L'année dernière, nous avons fait notre meilleur mois de décembre. Il y a quand même une hausse d'activité pendant les vacances de la Noël, et le moindre événement en ville attire des clients à l'hôtel. "

Le port de commerce attire des clients

À L'Île-Rousse, l'Escale côté sud est l'un des rares hôtels ouvert à l'année. Le petit établissement de 18 chambres n'a pas de salle pouvant accueillir des séminaires ou des conférences, mais il bénéficie d'un emplacement stratégique, à mi-chemin entre la mairie et la place Paoli. Comme à Calvi, grâce à des prix plus bas, il attire aussi bien des travailleurs que des insulaires et des touristes. 
"L'hôtel se remplit bien pour les fêtes ou dès lors qu'il y a des événements comme le rallye, précise Sandrine, la réceptionniste. Il arrive que l'on soit complet, même l'hiver. La différence avec Calvi, c'est qu'on a aussi les arrivées et les départs de bateaux. Souvent, les gens préfèrent dormir sur place la veille du départ ou le soir de leur arrivée, avant de reprendre la route. Cela crée du passage. "
Outre les bénéfices, souvent limités en hiver, l'ouverture annuelle permet surtout de fidéliser une équipe en CDI, alors que le recrutement de saisonniers est, chaque année, plus aléatoire. Pour franchir le pas et ouvrir 12 mois sur 12, Marine Guglielmacci va investir plusieurs centaines de milliers d'euros pour proposer de nouveaux services au Saint-Erasme
" Nous prévoyons un espace bien-être avec hammam, sauna, bassin intérieur et massages, mais aussi une salle de coworking pour les clients de l'hôtel et même une salle de séminaire, prévoit la patronne. On s'aperçoit que beaucoup de gens ont besoin de télétravailler, ne serait-ce qu'ouvrir des emails, même pendant leurs vacances. Depuis une dizaine d'années, les saisons se sont rallongées. Avant, elles s'étiraient de mai à septembre, maintenant c'est d'avril à novembre. Notre destination ne mise plus uniquement sur la plage. Il y a tant d'activités à découvrir comme la randonnée, le VTT, les sorties en mer, l'œnotourisme, l'agritourisme qui se pratiquent mieux lorsqu'il fait moins chaud. "
L'hôtelière prévoit deux hivers de travaux, avant de rester définitivement ouverte à l'année à compter d'avril 2025. Un défi dans lequel ne se lancent que de trop rares établissements en Balagne.

Référence du 26/10/23

https://www.corsematin.com/article/societe/56725822641809/haute-corse-ces-hotels-qui-relevent-le-defi-de-rester-ouverts-toute-lannee-en-balagne

Galeria et Manso: trois baigneurs piégés par une crue de la rivière Fangu

Conflits: touristes et crue dangereuse de la rivière Fangu

Les pompiers de Haute-Corse sont intervenus, vers 16 h 30 ce lundi après-midi 05/06/23, pour porter assistance à trois personnes, deux enfants et un adulte, en difficulté après une crue soudaine de la rivière Fangu.
Ces touristes d'origine allemande ont été évacués par l'hélicoptère Dragon 2B et les pompiers du Groupement de recherche et d'intervention en milieu aquatique. Aucun d'eux n'a été blessé. Les orages qui se succèdent en montagne rendent dangereuse la pratique de la baignade en rivière.

Référence

Conflits, élections, ballotage: cas de la commune de Manso, Balagne et Niolo, Haute-Corse

 08/06/23 :démissions d'élus en cascade et nouveau scrutin en vue à Mansu

Mais que se passe-t-il à la mairie du Mansu ? À mi-mandat, il reste aujourd'hui moins de la moitié des élus entrés en fonction en mars 2020. Entre le 8 avril et le 15 mai de cette année, ce sont les trois adjoints au maire ainsi que deux conseillers municipaux qui ont donné leur démission. Déjà, en juillet 2020, un premier conseiller municipal avait mis fin à ses fonctions. L'équipe municipale est désormais réduite à cinq élus. Une élection partielle, dont la date du premier tour est fixée au dimanche 9 juillet, doit avoir lieu. 
Pasquale Simeoni, 43 ans, est maire du Mansu depuis mars 2008. Ce cadre de la fonction publique a remporté l'élection de mars 2020 face à la liste menée par Ange Costa. Il dit ne pas comprendre la dissidence qui se dresse désormais face à lui. "Je n'ai aucune idée de la raison qui a fait démissionner mes trois adjoints ainsi qu'une conseillère municipale, assure l'édile. Factuellement, sur la gestion de la mairie, je ne comprends pas leur décision. Les projets en cours sont ceux présentés par notre liste en 2020. Nos finances publiques sont plus que saines. Les dépenses de fonctionnement sont au ras des pâquerettes et les investissements sont élevés. Le budget n'a rien de secret puisqu'il est à disposition de chacun en mairie. Franchement, je ne cerne pas le cœur du problème, je veux bien que l'on m'explique."
Pasquale Simeoni a-t-il fait face à un putsch raté avec la démission de la moitié de son équipe ? Beaucoup l'ont pensé dans la vallée. Avant une modification du code électoral en 2019, pareil cas de figure aurait mené vers une élection municipale complète. Un moyen de "refaire le maire" sans avoir à attendre la municipale de 2026.

"L'hypothèse d'un putsch raté n'est pas impossible, bien qu'assez invraisemblable, estime l'édile. En tout cas, c'est un coup de théâtre inédit sur la commune. S'il y avait eu des irrégularités, des problèmes de finances, j'aurai compris ces démissions. Mais là, à part la volonté d'organiser une municipale complète, je ne vois pas. En plus, j'avais annoncé depuis toujours que ce serait mon dernier mandat. Par contre, je resterai maire jusqu'à la fin, même si six personnes sont contre moi. Et je continuerai à travailler, à présenter des délibérations pour le village."-

Un élu "autocratique" selon la dissidence

Pour tenter de mieux comprendre la situation politique à Mansu, il fallait aussi donner la parole aux démissionnaires. Certains parmi ces derniers souhaitent s'éloigner de la vie publique, d'autres pourraient être de retour dès l'élection du 9 juillet. C'est le cas de Francis Olari, meneur de fait de la dissidence.
"La réalité ne correspondait plus aux rôles attribués à chacun, estime cet artisan de 62 ans vivant sur Ajaccio. En tant que premier adjoint, j'ai été destitué de mes délégations de gestion du personnel et de suivi des travaux. Je n'ai plus eu mon mot à dire. Souvent, on se retrouve devant le fait accompli. On nous a même changé la serrure de la mairie. Petit à petit, on nous a poussés vers la sortie. Le maire fait tout seul, en affirmant être le patron. À force d'entendre cela, le vase déborde. Je ne critique pas sa gestion de la commune mais bien ses rapports humains très particuliers. C'est un problème de forme plus que de fond."
Pasquale Simeoni n'entend pas démissionner et restera donc aux commandes jusqu'à mars 2026. Il pourrait toutefois être minoritaire dans son propre conseil, ce qui risque de bloquer le jeu démocratique.
 "Il restera maire, mais nous ferons en sorte de remettre de l'ordre et de redistribuer les rôles à chacun, reprend Francis Olari. Il nous faudra aussi rassembler un maximum. Les familles ont été séparées, des gens ne s'adressent plus la parole, on veut faire en sorte que dans trois ans, il n'y ait qu'une seule liste menée par des jeunes."
Les noms des six candidats autour de Francis Olari sont déjà en partie connus. On y retrouve la conseillère démissionnaire Audrey Falconetti, le jeune informaticien Jean-Roch Santucci, le candidat en 2020 Ange Costa et Gérard Maestracci, un retraité de 76 ans qui a l'expérience de la politique. 
"Pasquale Simeoni a une gestion autocratique de la commune, regrette celui qui a fait deux mandats de conseiller municipal dans une commune du Var. On lui reproche de séparer les familles. En s'entêtant, il a provoqué une situation devenue ingérable. Son équipe est borderline, toujours en limite de la légalité. Ils ont poussé l'employé communal vers la sortie, alors que c'était un agent extraordinaire. De plus, notre maire n'est jamais là puisqu'il travaille à Bastia. Ma crainte, maintenant, c'est qu'on va se retrouver dans une situation de blocage si le maire s'accroche encore à son poste. S'il en avait eu le courage, il aurait démissionné et nous aurions refait une élection complète."

"Je ne suis pas en campagne, je suis aux responsabilités"

De son côté, le maire ne compte pas s'impliquer dans l'élection du 9 juillet. "Je ne présenterai personne, je ne suis pas en campagne, je suis aux responsabilités, estime-t-il. Toutefois, il y a une liste que je soutiendrai officiellement. Il risque d'y avoir des démissionnaires qui se représentent en face. Je trouve que ça n'a aucun sens. "

Jusqu'à mars 2026, la vie politique à Mansu risque d'être bien compliquée...

09/06/23 : démissions en cascade à la mairie de Mansu

Le conseil municipal de Mansu, en Balagne, a connu six démissions d'élus depuis le début du troisième mandat de Pasquale Simeoni, en mars 2020. Si la première démission remonte à juillet 2020, les cinq autres sont récentes et s'échelonnent entre avril et mai 2023. Une élection municipale partielle est d'ores et déjà prévue pour les 9 juillet et 16 juillet, en cas de second tour. Les raisons de ces démissions ne sont pas clairement connues.

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