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Monday, November 13, 2023

8 sept 2023: "La question de l'autonomie de la Corse sera traitée fin 2024"

 C'est la date glissée par Gérald Darmanin - dans l'île la semaine prochaine - aux députés Liot, en Guadeloupe pour leur rentrée parlementaire. Bertrand Pancher, le président du groupe, en dit plus

Le ministre de l'Intérieur invité par Liot en Guadeloupe. Vous y avez forcément un intérêt. Lequel ?

On parle d'intérêts divers. D'abord, Gérald Darmanin n'est pas seulement le ministre de l'Intérieur, mais aussi celui des Outre-mer qui souffrent d'une absence de politique dans le temps. Ensuite, nous sommes un groupe où l'on compte nombre de députés insulaires liés par des problématiques communes. Si les territoires baignés par l'insularité n'ont pas tous les mêmes revendications, tous, en revanche, réclament plus de souplesse à l'horizon d'une possible révision constitutionnelle, et l'on entre dès lors dans le vif de la question corse. À la clé, la nécessité d'une réforme des institutions, le ministre en a convenu.

Avez-vous amorcé des discussions en amont de la rentrée parlementaire, vous a-t-on fait comprendre que l'on avait besoin de vos voix ?

Cela a été sous-tendu. La loi sur l'immigration revient fin octobre au Sénat et arrive début 2024 à l'Assemblée nationale. Nous allons veiller à ce qu'elle reste équilibrée notamment après son passage à la chambre haute où la commission des lois l'avait considérablement durcie. En ce sens, le ministre a besoin de nous.

Les textes budgétaires ont déclenché une guerre des travées l'an dernier, qu'avez-vous négocié ?

Nous souhaitons débattre des sujets les plus prégnants suffisamment tôt. Sinon les mêmes causes produiront les mêmes effets, une avalanche de 49-3 suivie de motions de censure.

C'est un message en direction d'Élisabeth Borne ?

Et d'Emmanuel Macron.

Une motion transpartisane, à l'instar de celle lancée contre la réforme des retraites, n'est donc pas exclue ?

L'option est sur la table, surtout si l'on ne tient pas compte des objectifs que nous portons sur le plan économique, social et environnemental, entre autres.

Le ministre a-t-il évoqué le processus d'autonomie en cours entre l'État et la Corse ?

Longuement. Gérald Darmanin a souligné que le sujet de l'autonomie de la Corse devait se régler dans le cadre d'une révision la plus large possible donnant toutes les opportunités d'évolution institutionnelle. Il y aura vraisemblablement deux réformes constitutionnelles. Une adaptation liée à la Nouvelle-Calédonie en janvier-février prochain. Le dossier corse sera traité en fin d'année 2024, parce qu'au-delà de la Corse, la question institutionnelle se pose pour d'autres territoires d'Outre-mer. Une concertation doit se mettre en place, nous a expliqué le ministre, avec, peut-être, un élargissement à l'Hexagone en matière d'adaptation de normes. Nous avons rappelé que nous n'entendions pas lâcher la proie pour l'ombre.

Emmanuel Macron est-il en mesure d'aller au bout de son projet et d'inscrire l'île dans la Constitution ?

Oui, mais à condition de s'accorder avec le Sénat dans le cas où le projet est soumis au Parlement convoqué en Congrès. Il faudra dialoguer avec la chambre haute, se donner un peu de temps. Pour nous, la finalité consistera à manœuvrer au plus près pour faire aboutir la requête de la Corse, en sachant que des sollicitations se font jour ailleurs également. J'ai demandé à Bruno Retailleau de recevoir Gilles Simeoni, les contacts ont été pris, de manière à pouvoir nous assurer du soutien d'un maximum de sénateurs.

Référence

https://www.corsematin.com/article/politique/75704909895192/la-question-de-lautonomie-de-la-corse-sera-traitee-fin-2024

7 juin 2023, Le rapport qui trace "les contours de l'autonomie" de la Corse

 La commission des compétences législatives et réglementaires de l'Assemblée de Corse a remis à l'exécutif un document visant à définir le concept "d'autonomie." Objectif : appuyer la demande d'un pouvoir législatif pour l'île et faire taire les critiques sur l'impréparation des élus.

"C'est un document qui fera date dans l'histoire de notre institution.'' Le moment se veut presque solennel, lorsque le chef de l'exécutif, Gilles Simeoni, prend la parole, ce mardi matin, à l'hôtel bastiais de la Collectivité de Corse.

Il faut dire que l'évènement n'est pas anodin pour la majorité territoriale. Le président de la commission des compétences législatives et réglementaires de l'Assemblée de Corse, Romain Colonna, vient de rendre officiellement à l'exécutif les conclusions de quatre mois de travaux. Un rapport d'une centaine de pages, sobrement intitulé "Vers un statut d'autonomie pour la Corse", visant à donner un sens à ce concept sujet à bien des interprétations.

"Ce document permet d'invalider certaines idées reçues, d'éclairer des angles morts et de regarder ce qui se fait ailleurs en Europe pour démontrer, aussi, que l'autonomie remplit le frigo", affiche d'emblée le conseiller territorial du groupe Fà populu inseme. Ce travail, fruit d'une quinzaine d'auditions d'universitaires, de fonctionnaires et de personnalités politiques de communautés autonomes - Îles Baléares, province de Trento, Nouvelle-Calédonie, etc. - s'inscrit dans le droit fil du rapport sur l'évolution institutionnelle de l'île, remis au conseil exécutif en octobre 2021 par la professeure de droit Wanda Mastor.

Le document livre également une analyse comparée des divers statuts d'autonomie existant. Avec une conviction : "Ce que nous demandons, à savoir le transfert du pouvoir législatif, est possible dans le cadre français actuel, affirme Romain Colonna. On nous oppose, à Paris, depuis des années, des limites infranchissables dans le cadre prétendument homogène de la Constitution. Il faudra que l'État nous explique pourquoi ce qui est possible en Nouvelle-Calédonie ou en Polynésie ne le serait pas en Corse."

 " L'autonomie est une perspective viable "

Marie-Antoinette Maupertuis va plus loin. La présidente de l'Assemblée, considère, à la lumière de ce rapport, que les "lignes rouges" tracées par le chef de l'État à l'entame du processus de Beauvau - le refus de "créer deux catégories de citoyens" dans l'île, à travers notamment la coofficialité de la langue ou le statut de résident - "relèvent davantage de postures politiques que de réels obstacles juridiques."

À l'appui de son argumentation, la présidente de l'hémicycle territorial fait valoir, à titre d'exemple, des particularités d'accès à la propriété pour les résidents de la Polynésie française. "Ce rapport fait la démonstration que l'autonomie existe ailleurs, et qu'elle est une perspective viable, qui permet de régler des problèmes du quotidien", insiste Marie-Antoinette Maupertuis.

À travers ce document, le conseil exécutif n'entend pas seulement tracer les contours d'un - très hypothétique - nouveau statut de l'île. Il compte aussi faire taire les critiques, émises au sein du gouvernement ou dans les rangs de ses opposants politiques, sur l'absence de "proposition concrète" et l'impréparation des élus dans les négociations avec Paris.

"Ce rapport constitue une réponse incontestable à ceux qui font semblant de ne pas savoir ce qu'est l'autonomie", avance Gilles Simeoni. À la veille d'une reprise des discussions, avec un nouveau comité stratégique qui doit se tenir ce mercredi, place Beauvau, cette contribution devrait aussi nourrir les débats ; en tout cas, veut croire l'exécutif, donner au gouvernement l'occasion de "clarifier sa position" pour la suite d'un processus ô combien poussif. "Veut-il, enfin, placer cette discussion à vocation historique au bon niveau ?, interroge le chef de la Collectivité. En ce qui nous concerne, nous sommes prêts."

" Nous sommes prêts"

Pour l'exécutif, les choses sont claires : les jours à venir seront décisifs et devront permettre de déboucher sur un accord politique conférant à la Corse un titre spécifique dans la Constitution, suivi d'une loi organique précisant la répartition des compétences avec l'État.

Le rapport de la commission, pourtant, ne formule à ce stade aucune proposition de rédaction de ce titre. L'exécutif explique qu'il reviendra aux élus de l'Assemblée de Corse de définir le contenu précis du statut qu'ils souhaitent voir aboutir. Gilles Simeoni fait savoir qu'un débat est prévu à la session de fin juin, sur le fondement de ce document. "Il donnera lieu à la présentation d'un nouveau rapport, concerté en amont avec les autres groupes nationalistes et les forces politiques qui souhaitent s'y associer, en vue de formaliser nos propositions dans le cadre du processus, explique-t-il. Nous serons au rendez-vous fixé par le président de la République, au 14 juillet."

Le patron de l'exécutif a déjà réuni les présidents des groupes nationalistes dans l'espoir d'arrêter une position commune. La sienne, en tout cas, est déjà sur la table : un transfert "plein et entier" du pouvoir législatif à la Collectivité, "de façon immédiate ou progressive." "Hormis sur le plan régalien, nous avons vocation à exercer toutes les compétences, avec les leviers juridiques, budgétaires et fiscaux nécessaires, martèle Gilles Simeoni. Ce sont les conditions d'une véritable autonomie." 

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6 juillet 2023: Autonomie, de la délibération votée à l'Assemblée de Corse à sa mise en œuvre, un long chemin à venir

 dans la nuit du mercredi 5 au jeudi 6 juillet, délibération en faveur d'un statut d'autonomie

Et maintenant ? C'est la question désormais sur la table après le vote intervenu à l'Assemblée de Corse, dans la nuit du mercredi 5 au jeudi 6 juillet, au terme de quarante-huit heures de tractations et de conclaves qui ont abouti à l'adoption, peu avant minuit, d'une délibération en faveur d'un statut d'autonomie par 46 voix sur 63. Sans arriver à l'unité politique un temps imaginée, mais en recueillant malgré tout une large adhésion au sein de l'hémicycle.

Une adhésion qui est le résultat de la convergence des trois groupes nationalistes - Fà populu Inseme (majorité territoriale), Avanzemu, et Core in Fronte - élargie à la contribution de Pierre Ghionga sur les bancs d'Un Soffiu Novu.

La droite - sa propre motion a été rejetée ne recueillant que 17 suffrages tandis que Jean-Christophe Angelini a regretté que "la diversité n'ait pas été respectée" - s'est prononcée contre, hors vote Ghionga. Josepha Giacometti-Piredda pour Corsica Libera s'est, elle, abstenue.

Les deux textes vont à présent être transmis au gouvernement et au chef de l'État qui avait enjoint le président de l'exécutif insulaire, Gilles Simeoni, à lui remettre "une proposition (...) avant le 14 juillet". Calendrier tenu.

Clause de revoyure

La motion de la droite, pour "non-adoptée qu'elle soit, montera à Paris sans le visa de l'Assemblée de Corse, expliquait ce matin, de son côté, Jean-Martin Mondoloni. Ce trajet se fera par une voie non officielle puisque la voie officielle, c'est le texte de l'Assemblée. Ce qui n'interdit et n'empêche en rien, pour notre part, de continuer à faire vivre notre réflexion auprès du gouvernement. C'est ce que nous ferons".

La délibération en faveur d'un statut d'autonomie portée par les nationalistes, un document de quinze pages, réclame un pouvoir législatif dans tous les domaines pour l'Assemblée de Corse, sauf ceux relatifs au régalien.

Elle pose également noir sur blanc la "reconnaissance juridique du peuple corse", "un statut de coofficialité de la langue corse" et le "lien entre le peuple corse et sa terre" via "un statut de résident".

À la clé, le souhait que l'accord politique trouvé soit soumis à un référendum dans l'île et prenne sa place sous la forme d'un "titre dans la Constitution consacrant l'autonomie". Enfin, une clause de revoyure à quinze ans pour faire un point sur une possible évolution figure parmi les caps tracés.

"Il serait paradoxal qu'à l'aune d'une telle complétude politique, d'une telle clarté dans la définition des besoins et moyens, on nous oppose un refus une nouvelle fois absurde", a lancé mercredi soir dans l'hémicycle Paul-Félix Benedetti, évoquant une proposition la plus "harmonieuse" possible.

Le projet s'apprête à être épluché par les services de l'État au plus haut niveau, avec pour ultime tamis, l'arbitrage du président de la République qui avait fixé à plusieurs reprises ses lignes rouges : maintien de la Corse dans la République et refus de créer deux catégories de citoyens.

Honnêteté intellectuelle

"Chacun va être dans l'attente de l'arbitrage institutionnel parce que c'est une affaire constitutionnelle et ce n'est pas l'Assemblée de Corse qui a la maîtrise du calendrier en la matière, c'est le président de la République, Emmanuel Macron", glisse-t-on dans le premier cercle du ministre de l'Intérieur, Gérald Darmanin.

La prudence est de mise, convient le patron du PNC. "Si à chaque fois que nous avons dit qu'un texte était fondateur, il l'avait véritablement été, ce pays aurait connu une autre destinée", n'oublie pas le chef de file du groupe Avanzemu. Au-delà, Jean-Christophe Angelini estime que "nous n'avons pas l'impression de soumettre à l'État un projet révolutionnaire. Bien plutôt ce qui relève du droit commun de centaines de milliers de personnes".

La session dédiée à l'autonomie s'est refermée, avec dorénavant un processus à faire vivre et aboutir. En corollaire, un long chemin à parcourir de la co-rédaction du projet hier à sa mise en œuvre demain.

En attendant, les discussions ont laissé des traces. Non pas entre nationalistes, cette fois.

Mais au sein du groupe Un Soffiu Novu que quitte Pierre Ghionga, "pour des raisons d'honnêteté intellectuelle et par souci de cohérence", confirme l'intéressé. "Dès lors que nous allons suivre la problématique d'autonomie tout au long de la mandature, il serait dérangeant pour moi et mon groupe que j'affiche régulièrement des votes différents. Je pars en toute amitié, j'ai prévenu Laurent Marcangeli, je n'ai aucune animosité, et surtout je ne me suis pas vendu à Gilles Simeoni".

L'élu siégera pour la suite en tant que non-inscrit.

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Saturday, November 11, 2023

Les mini-réseaux solaires, grande solution pour l'électricité propre dans l'Afrique rurale

 Infirmière dans un village du centre du Nigeria, Andat Datau a rencontré son lot de défis quotidiens. L'un des plus délicats? Les accouchements sous la seule lumière d'une lampe torche

Pendant plusieurs années, la localité de Sabon Gida dépendait de générateurs diesel ou de lampes, qui laissaient souvent sa population démunie dans le noir, comme des millions d'autres Africains.

"C'était stressant de tenir des lampes torches", a confié Mme Datau à l'AFP dans sa clinique de l'Etat de Nasarawa (centre-nord). "Même faire des injections sans électricité était difficile pour nous".

Mais tout ou presque a changé il y a un an, grâce à une initiative privée-publique de la Banque mondiale, le fabricant américain de mini-réseaux Husk Power Systems et l'Agence d'électrification rurale du Nigeria.

L'établissement de santé a été raccordé à un mini-réseau solaire qui fournit à près de la moitié des ménages de cette localité d'agriculteurs et à la plupart de ses entreprises une électricité quasiment constante.

Aujourd'hui, Sabon Gida a parfois plus de lumière que Lagos, la capitale économique du pays, où de nombreuses personnes se débrouillent avec une demi-journée d'électricité - parfois beaucoup moins - provenant d'un réseau défectueux.

Les mini-réseaux, détachés des réseaux nationaux de distribution électrique et alimentant généralement les communautés rurales, ne sont pas nouveaux. Mais ils se sont multipliés grâce la baisse des coûts des panneaux photovoltaïques au cours de la dernière décennie.

Et l'Afrique rurale sort progressivement de l'obscurité.

La lumière "n'était auparavant réservée qu'aux riches, qui utilisaient des générateurs électriques dans leurs maisons", a déclaré Dauda Yakubu, un chef traditionnel de Sabon Gida.

Près de 600 millions d'Africains n'ont pas d'accès à l'électricité, et rien qu'au Nigeria, ce chiffre s'élève à 90 millions, soit environ 40% du pays le plus peuplé du continent.

Le triplement des énergies renouvelables, y compris l'énergie solaire, est l'un des objectifs jugés les plus atteignables à la COP28, à Dubaï (30 novembre-12 décembre).

Et loin d'être anecdotiques, les mini-réseaux électriques sont considérés par la Banque mondiale et l'Agence internationale de l'énergie (AIE) comme une solution d'ampleur pour offrir aux régions rurales d'Afrique subsaharienne un accès à l'électricité sans passer par les énergies fossiles.

- Une solution viable ? -

Dans un rapport publié cette année, la Banque mondiale indique que l'utilisation des mini-réseaux solaires est passée de seulement 500 installations en 2010 à plus de 3.000 aujourd'hui. On estime que 9.000 autres seront mis en service d'ici quelques années.

Pourtant, le développement du solaire en Afrique est confronté à d'énormes défis, notamment rassurer des investisseurs qui se méfient de sa viabilité, les pressions inflationnistes sur l'équipement, un meilleur financement public et la mise en place de politiques claires pour promouvoir son utilisation.

Pour atteindre les objectifs de développement durable visant à fournir de l'électricité à 380 millions de personnes en Afrique d'ici à 2030, 160.000 mini-réseaux sont nécessaires.

Le rythme actuel ne prévoit que 12.000 nouveaux réseaux d'ici là, selon le programme d'aide à la gestion du secteur de l'énergie de la Banque mondiale.

"Le gouvernement considère ce modèle comme le moyen le plus efficace d'accroître rapidement l'accès à l'électricité", a indiqué Abba Aliya, de l'Agence d'électrification rurale du Nigeria.

Selon la Banque mondiale, l'approche "axée sur le marché" adoptée par le Nigeria en matière de mini-réseaux solaires a déjà permis de mettre en service plus de 100 projets, tandis que l'Ethiopie, la Zambie et le Kenya ont adopté de nouvelles réglementations afin d'attirer les investissements privés.

Les Etats manquent souvent de fonds pour les projets à grande échelle, tandis que les projets à petite échelle ne sont pas viables pour le secteur privé, a déclaré Abel Gaiya, chercheur pour le groupe de réflexion Clean Technology Hub, basé à Abuja.

"Si vous retirez les mini-réseaux de l'équation, vous restez confronté au problème de l'extension des réseaux nationaux qui ne sont pas disponibles pour un grand nombre de communautés. Les mini-réseaux sont donc essentiels", a-t-il expliqué.

Husk Power, qui oeuvre aussi dans d'autres pays africains et en Inde, possède douze réseaux au Nigeria, et compte en installer 60 autres d'ici la fin de l'année.

Non loin de Sabon Gida, sur le long d'une route non goudronnée, le village d'Igbabo a aussi rejoint le programme il y a deux ans. Environ 350 ménages et entreprises ont accès à la centrale solaire Husk Power de 172 panneaux.

John Buhari propose toujours le même prix dans son entreprise de recharge de téléphones, mais il fait désormais plus de bénéfices parce qu'il ne paie plus le carburant de son générateur.

Par mois, les ménages paient en moyenne 2.500 nairas pour l'électricité, et les entreprises 10.000 nairas.

Dans les environs, Husk Power mène un projet pilote de motos électriques, dans le cadre de son approche intégrée visant à fournir de l'électricité et des équipements dans la ruralité.

À Sabon Gida, personne ne pourrait être plus satisfait de l'énergie solaire que Shagari Abari, propriétaire d'un salon de visionnage, où les habitants se réunissent sur des bancs en béton pour regarder des matchs de football et des films.

"La plupart du temps, avec mon générateur, il y a des défaillances et des pannes pendant les matchs, et la foule commence à me crier dessus", explique-t-il. "Mais avec l'énergie solaire, c'est fiable et moins cher".

Réference

L'Île-Rousse: les îles de la Pietra regorgent de trésors historiques

 Lorsque les promeneurs se baladent sur les îles de la Pietra, à L'Île-Rousse, ils n'imaginent peut-être pas les trésors historiques qu'elles renferment. Depuis les différentes campagnes de fouilles archéologiques des années 1980 à nos jours, le passé préhistorique se précise hautement grâce aux travaux initiés par Michel-Claude Weiss. Avant d'arriver sur ce site, longeant la route, les plus anciens pourraient se souvenir de la bâtisse du poids public.

Elle se trouvait à l'entrée de L'Isula Grande, île de la Pietra, entre les actuels Brasserie du Port et Hôtel de la Pietra. Elle fut construite à la fin du XIXe siècle par les Ponts et chaussées et détruite vers 1960. C'était une maisonnette de forme carrée qui disposait à l'arrière d'une petite dépendance. Au pied de la façade principale se trouvait le pont-bascule dont l'usage était essentiellement agricole : pesée des charrettes de foin, paille, etc.

La maison Santini

Sur l'îlot de Saletta, le premier en venant de la ville, une des trois redoutes génoises, celle à l'est, a servi de base à la construction à la fin du XIXe siècle d'une maison. Il s'agit de celle de Giovan Simone Santini, capitaine de port, originaire de Canari, dont le descendant direct est notre concitoyen Gérard Martinetti, agent immobilier à la retraite. Par la suite, cette bâtisse est devenue le restaurant l'Abri des Flots.

Le port et la tour

En continuant notre parcours, notre regard s'arrête au pied de la tour génoise où se trouve de nos jours un parking au bord de l'eau. Autrefois, les blocs de porphyre extraits de ce site à partir de 1840 ont servi à construire les fondations de la jetée de la Punta Tonnina. Celle-ci constituait le premier quai du port de la cité paoline.

La tour a été construite en 1531 selon les recommandations et le suivi du commissaire génois Sebastiano Doria. Elle était gardée par deux soldats qui étaient payés en pain par les habitants de Santa Reparata, Monticello et Corbara. À l'est de cette tour, se trouvait une batterie dont le mur d'enceinte avait une forme quasi-stellaire. Les vestiges de celle-ci étaient encore attestés en 1873 sur le cadastre napoléonien.

De forme ronde, haute d'environ douze mètres, la tour se divisait en deux parties : en bas, le lieu de vie avec une petite caserne extérieure et en haut, le poste de guet pour les gardiens. Sa porte d'entrée au sud a été bouchée. Projet commun de la municipalité de Pierre Pasquini et de la Drac, cette tour a été rénovée entre 1974 et 1977.

La chapelle

Située entre la tour et l'hôtel de la Pietra, plus aucun élément visible ne laisse penser que se dressait la chapelle de Sant'Agata. À l'époque pisane et génoise en Corse, cet édifice s'élevait sur l'île de la Pietra à l'est, alors territoire de Santa Reparata di Balagna. D'après l'étude de l'archéologue Geneviève Moracchini-Mazel, elle a été probablement construite au tout début du XIe siècle. Elle se situait sur un replat en contrebas de la tour génoise. La nef de cet édifice mesurait huit mètres environ. Elle semble appartenir à l'abbaye de la Gorgone en Toscane, car en 1482 encore, elle était confirmée dans la propriété de la principale crique de pêche de l'Isola d'Oro et ses revenus reconnus au curé piévan de Santa Reparata, qui était déjà en 1095, propriété de la Gorgone. Elle disparaît probablement durant le XVIe siècle quand les Génois occupent militairement les îles.

La villa Gregorj

Nous voici maintenant devant l'hôtel de la Pietra inauguré en 1960. En 1840, à la place de cet hôtel, les services des Ponts et Chaussées avaient bâti un grand logement pour les ouvriers qui ont construit le port de L'Île-Rousse. Grande bâtisse acquise vers 1856 par les frères banquiers Gregorj, Louis, Vincent et Jacques qui la transforment en villa. Les banquiers possèdent cet îlot et celui de Saletta. Ils sont propriétaires également d'un terrain de neuf hectares et demi situé sous le sémaphore à Fornole. Ces propriétés appartiennent par succession à leur descendante directe Jeanne Gregorj (1899-1998) épouse de Jean Glaenzer (1897-1969), très riche négociant en art. Le couple Glaenzer n'eut pas d'enfant, mais sa fortune a été léguée à quelqu'un qui ne fait pas partie du cercle familial : Christophe Dalmasso. Fin tragique pour ce dernier car il fut assassiné mystérieusement en 2003.

La villa Gregorj devient en 1884 un lazaret pour les malades du choléra puis en 1893, la fromagerie de Louis Rigal. Elle fut rasée en 1958 par la SETCO afin de construire l'hôtel.

La douane

Par ailleurs, il faut signaler que l'administration douanière avait installé, au pied du phare, dans l'anse de Funtanaccia, un poste abri à la fin du Second Empire. Si la douane se trouvait dans la vieille ville, il fallait bâtir un poste abri dans cette anse, qui forme un port naturel, afin de surveiller l'entrée du port.

Le phare

Sur l'emplacement du phare, une redoute génoise ruinée est indiquée sur les cartes du XVIIIe siècle. En 1854, les Ponts et Chaussées établissent le projet de l'établissement d'un phare sur le point culminant de l'île de la Pietra sur les vestiges militaires. Le phare est construit entre 1855 et 1857 à partir des plans de l'architecte Léonce Reynaud. C'est par un ancien chemin au milieu des rochers, désormais goudronné qu'on accède à l'édifice. Il culmine à soixante-quatre mètres au-dessus du niveau de la mer. Le phare a permis d'éclairer le port afin que puissent accoster, de nuit, les bateaux qui auparavant mouillaient au large et attendaient le lever du jour pour entrer dans le port.

Depuis 2010, les îles appartiennent au Conservatoire du Littoral qui est en train de les aménager pour notre plus grande satisfaction de les voir préserver. Par ailleurs, le service des archives historiques de la Défense a inauguré en 2006 le fonds de Maurice Rollet de l'Isle, ingénieur hydrographe de la Marine, dont des magnifiques dessins représentent L'Île-Rousse en 1890 et 1891. Ces illustrations historiques sont reproduites ici. Bien des pages restent à écrire sur les îles de la cité paoline.

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fev 2023: L'office de tourisme intercommunal Calvi-Balagne et sté transport maritime décarboné Sailcoop vers une destination plus verte

 L'heure est déjà aux préparatifs pour la saison touristique 2023. Ce mardi, les représentants de la compagnie de transport maritime décarboné Sailcoop ont été accueillis à la mairie de Calvi par l'édile Ange Santini, le président de l'office de tourisme intercommunal Jean-Baptiste Ceccaldi, la directrice Anne-Marie Piazzoli et le conseiller municipal en charge du port Marie-Laurent Guerini. Il a surtout été question de perspectives pour "verdir" la destination Calvi-Balagne.

" Nous avons présenté à nos interlocuteurs le concept de la Sailcoop et annoncé le passage à la vitesse supérieure de notre ligne de voiliers entre Calvi et Saint-Raphaël, relate Jochen Krauth, un représentant de la firme. Après l'expérimentation de l'année dernière, nous passons à un stade industriel avec dix fois plus de traversées et de billets disponibles."

Sur leur voilier de 15 mètres pouvant accueillir huit passagers, les skippers de la Sailcoop ont transporté près de 200 voyageurs l'année dernière. Cette année, la compagnie aura deux voiliers et huit skippers afin de réaliser des traversées quasi quotidiennes entre le 20 avril et le 20 octobre. Puis, entre la mi-juin et la mi-septembre, les deux voiliers se croiseront tous les jours entre Saint-Raphaël et le port corse. Objectif 2 000 passagers sur toute la saison.

" Nous sommes en train d'esquisser un partenariat avec la mairie et l'office de tourisme pour voir comment on peut, ensemble, promouvoir cette ligne de transport à la voile entre le Continent et la Corse, complète Grégoire Thery, responsable stratégie et développement pour la Sailcoop. Nous voulons voir comment nos passagers peuvent prolonger leur expérience décarbonée une fois à terre. Peuvent-ils trouver des vélos ou partir en randonnée ? Il y a un enjeu aussi avec la mairie qui est de définir les conditions d'accueil du voilier, la visibilité de la Sailcoop, et éventuellement l'hébergement de nos skippers s'il y a une relève de l'équipage."

Verdir le transport mais aussi les activités et l'hébergement

Traverser la Méditerranée en voilier prend en moyenne une vingtaine d'heures. Le départ de Saint-Raphaël est donné en début d'après-midi, pour une arrivée le lendemain en milieu de matinée. À bord, les passagers ont la possibilité de s'impliquer dans la navigation ou de se laisser porter. Un couchage en cabine et trois repas sont prévus dans le prix de la traversée, fixé à 240 € cette année.$" La vie sur le bateau, c'est de la rencontre, du partage, une autre façon d'aborder le voyage, reprennent les représentants de la Sailcoop. Le record de vitesse est de 14 heures, mais nous recherchons surtout de la régularité. Notre mission, c'est d'assurer le port à port en moins de 24 heures. S'il y a du mauvais temps, nous adaptons nos horaires de départ. Nous apportons également des garanties à nos clients en cas d'annulation : ils peuvent choisir d'être remboursés, d'attendre le prochain voilier ou d'embarquer le jour même sur un ferry. "

La Sailcoop monte en puissance sérieusement.

D'ailleurs, des postes sont à pourvoir dans cette coopérative en devenir. Le transport de passagers à la voile devrait prendre de l'ampleur dans l'avenir, mais il faudra pour cela que ces touristes soucieux de l'environnement trouvent une continuité une fois à terre.

Sur le Continent, le train électrique permet de poursuivre en zéro carbone ou presque. Sur l'île, beaucoup de choses restent à inventer.

" Notre mission est justement de continuer de prendre en charge ces visiteurs qui ont fait le choix d'une traversée décarbonée, estime Jean-Baptiste Ceccaldi. Dans le prolongement de leur traversée, ils espèrent trouver ici des activités décarbonées. Notre rôle, en tant qu'office de tourisme, c'est de leur proposer un certain nombre de prestataires afin de leur permettre de poursuivre leurs activités et la découverte de notre destination. "

Partenaires pour le festival Green Orizonte

"Il y a une offre importante de randonnées, mais aussi de circuit à vélo et même de la trottinette, recense Anne-Marie Piazzoli. Concernant l'hébergement, le label Rispettu est là pour garantir l'application d'un certain nombre de critères écologiques. Notre destination s'inscrit dans une démarche de plus en plus durable et notre festival Green orizonte en incarne la vision. La première édition aura lieu du 20 au 22 octobre 2023."

Porté par l'office de tourisme et la communauté de communes de Calvi-Balagne, Green orizonte entend "tracer des trajectoires dynamiques et respectueuses de l'environnement, mettre en place des actions innovantes et complexes dans le cadre de la protection, de la défense et de la valorisation des ressources naturelles et de la biodiversité. Green orizonte incarne la vision de demain mais aussi les actions d'aujourd'hui", indiquait en novembre dernier Laetitia Manicaccia, vise présidente communautaire, lors de présentation du futur festival.

Pour mieux s'imaginer ce que pourrait être le tourisme de demain, plus vert et plus respectueux de l'environnement, une partie des invités de Green orizonte effectuera la traversée sur les voiliers de la Sailcoop. Un "éductour", comme cela est appelé dans le jargon du tourisme, pour illustrer les possibilités de demain.

Site internet http://www.sailcoop.fr

Référence

Galeria : focus sur l'histoire paroissiale à l'occasion de ses 150 ans

 C'est au cœur de l'hiver, le 29 décembre 1872, que fut bénie l'église Sainte Marie Immaculée Conception de Galeria. Située au-dessus de l'unique route qui desservait le village jusqu'au hameau de Calca, elle rassemblait autour d'elle ce qui constituait le centre de la vie villageoise. Elle demeure, cent cinquante ans plus tard, un édifice patrimonial communal et culturel cher au cœur des habitants.

Cet anniversaire est l'occasion de replonger dans l'histoire de la paroisse de Galeria, de ses édifices et de ses usages.

Une paroisse avant d'être une commune

D'après les renseignements trouvés dans le Registre coutumier de la paroisse, Galeria a été probablement érigée en paroisse en 1844. Soit une vingtaine d'années avant la constitution de la commune de Galeria. La population compte alors 1 271 habitants et se divise en deux parties.

Une partie, forte d'environ 800 habitants, forme la population foraine ou externe que constituent les hameaux et bergeries du Filosorma, répandus sur le vaste territoire des communes de Galeria et de Manso. Elle ne fait pas partie de la paroisse de Galeria et ne participe pas aux frais du culte car la grande majorité des familles qui la composent émigrent six à sept mois de l'année dans leurs paroisses respectives du doyenné de Calacuccia.

L'autre partie, constituée par les villages de Galeria et de Calca, forme la population dite agglomérée ou interne. " Elle compte environ cent familles, soit environ cinq cents âmes ".

C'est la population paroissiale réelle, qui fréquente l'église de Galeria et contribue aux frais du culte. Cette population s'installe peu à peu, structure le village et emporte avec elle les usages, les valeurs et les traditions religieuses reçues des anciens du Niolu. Elle manifeste sa foi en construisant, en 1837, le premier édifice ouvert au culte à Galeria, A Ghjesgiarella. Cette toute petite chapelle est desservie, jusqu'en 1873, par des prêtres venus de Calacuccia, de Lozzi ou d'Ota, afin de célébrer les principaux moments de la vie religieuse, notamment les obsèques des habitants inhumés dans le cimetière attenant.

Une église se construit

Peu à peu, l'accroissement de la population conduit les habitants à ériger, de leurs propres mains, en 1872, une église plus grande pouvant accueillir une centaine de fidèles. Le culte se déplace alors de la chapelle Sainte Marie Immaculée Conception, à l'église du même nom. Le presbytère, probablement construit à la même période, peut héberger, à partir de 1873, des prêtres à demeure. L'achèvement de l'église est concrétisé en 1876, par la construction du clocher. Le 10 septembre 1901, l'ensemble est complété, sur la place de l'église, par l'érection de la Croix jubilaire, bénie par l'abbé Luciani et qui sera remplacée puis bénie par l'abbé Pinelli le 30 mai 2004.

Mais il ne fut pas prévu d'oratoire particulier pour la confrérie qui allait se former cinquante ans plus tard. Les chantres se réunissaient dans l'église paroissiale pour chanter, réciter les offices et les prières. En 1975, la caisse de la Confrérie de Saint-Antoine est léguée à la caisse paroissiale. Cela donne une indication de la date de clôture de la confrérie. Fidèles à leur foi et à leur engagement, les confrères tenaient un rôle religieux et social essentiel auprès de la population : rôle religieux dans l'animation des cérémonies et dans l'organisation des obsèques ; rôle social dans l'aide aux familles nécessiteuses. 

Des intérêts gérés par la "Fabrique"

Quelques timides tentatives de renouer avec la tradition des confréries ont été portées ces dernières années par quelques jeunes du village, mais n'ont pas abouti.

Jusqu'en 1912, les intérêts de la chapelle et de l'église sont gérés par la Fabrique, établissement public du culte. D'après une note relevée sur un vieux registre, Monseigneur Casanelli d'Istria, alors évêque d'Ajaccio, aurait nommé en 1837, des fabriciens pour gérer les intérêts de la Chapelle de Sainte Marie Immaculée conception. Ils siégeaient au conseil de fabrique avec deux membres de droit : le curé et le maire. En 1905, avec la loi de séparation de l'Église et de l'État, la chapelle et l'église deviennent des biens communaux dont l'administration est, depuis, gérée par l'association diocésaine d'Ajaccio.

Les travaux de restauration en cours et à venir, comme les efforts d'entretien, de restauration, de transformation dont elle a été l'objet depuis des décennies, témoignent de l'intérêt que la commune et ses habitants portent à leur église, cet édifice patrimonial incontournable de la vie religieuse et sociale de la population de Galeria.

Référence

https://www.corsematin.com/articles/galeria-focus-sur-lhistoire-paroissiale-a-loccasion-de-ses-150-ans-137022

Mars 2023: Attentat à Galeria : une résidence secondaire en construction

 Les pompiers de Galeria et de Calvi sont intervenus, vers 00 h 15 dans la nuit de jeudi à vendredi, après qu'une explosion ait été signalée sur une maison au lieu-dit Fontanaccia, à l'entrée du village de Galeria.

La détonation, suivie d'un incendie due au gaz, a provoqué d'importants dégâts dans cette résidence secondaire encore en construction et appartenant à des Continentaux.

"Des tags GTY et FLNC ont été retrouvés sur la maison appartenant à des personnes qui résident sur le Continent", a indiqué le procureur de Bastia, Arnaud Viornery, en précisant que l'explosion aurait été provoquée par deux bouteilles de gaz.

L'enquête pour "dégradation de bien par moyen dangereux" a été confiée à la section de recherches de la gendarmerie de Corse et le parquet national antiterroriste (PNAT) a été avisé, a expliqué le magistrat.

Plus d'une dizaine de résidences secondaires ont ainsi été visées par des dégradations depuis le début de l'année. Au total, plusieurs dizaines ont été touchées depuis un an par des incendies criminels ou des charges explosives, avec ou sans présence de tags.

Le 11 juillet 2022, le FLNC avait quant à lui revendiqué 16 actes de ce type contre des campings, des restaurants de plage, des résidences secondaires, des entreprises du bâtiment et des engins de chantier. Le parquet national antiterroriste s'était saisi de l'ensemble de ces faits.


Ces Balanins mêlés à l'affaire de la rixe du Vatican le 20 août 1662,; jusqu'en 1859, cardinal Domenico Savelli

Le 20 août 1662, dans la moiteur romaine d'une fin de journée d'été, une rixe oppose des soldats de la garde pontificale corse au personnel en charge de la sécurité de l'ambassade de France. 

Alors que, depuis plusieurs jours, provocations et incidents envers les insulaires se répètent, des Corses sont agressés et le soldat Giovanni da Calenzana, sauvagement pris en chasse par un groupe de militaires français, ne finira pas la journée vivant.

Dans un contexte de tensions politiques et d'intrigues entre Louis XIV et Alexandre VII, on accuse les gardiens des portes de Rome d'être les mouchards du pape et d'accomplir la sale besogne. Les Corses outragés, volontiers indociles et ardents, n'entendent pas se laisser humilier ainsi et veulent laver leur honneur. Au moment où le duc Charles de Créquy, ambassadeur de France auprès du Saint-Siège, regagne son palais, sur la place voisine de Campo dei Fiori une fusillade éclate. Les antagonistes font rapidement usage d'arquebuses et de mousquets.

Les balles fusent et une odeur de poudre et de feu se propage dans l'air. Alors que les uns rechargent leurs armes derrière un rang de piquiers, les autres s'empoignent dans la sueur et dans le sang. Un soldat corse tombe, des passants sont également touchés, l'un d'entre eux ne se relèvera pas.

Au milieu des cris, de la fureur et des larmes, le renfort de centaines de Corses quitte la caserne et afflue dans un cliquetis d'armes pour soutenir les compatriotes. Place Farnese, l'affaire dégénère, ils font feu sur la résidence de l'ambassade de France. Le palais ainsi cerné, se mue, plusieurs heures durant, en véritable forteresse. Le plomb pulvérise le travertin des édicules couvrant les fenêtres, derrière lesquelles les tireurs français ont pris place et ripostent.

Les balles sifflent et se logent partout dans la façade symétrique, pénétrant la brique, brisant colonnes et pilastres. La porte monumentale, bien gardée par des hallebardiers, résiste à l'assaut.

Le capitaine Antonio Savelli, originaire de Corbara, tente de calmer ses hommes. Sur la place, l'arrivée de deux carrosses français relance les hostilités et la fusillade reprend. Les voitures, piégées, sont percées par les projectiles, et les chevaux apeurés se cabrent et tentent de fuir.

Si l'on parvient à mettre à l'abri l'épouse de l'ambassadeur qui y occupait une place, un page est tué sur le coup et, dans une grande confusion, le capitaine de la garde du duc est mortellement blessé par le tir d'un policier romain. Les hommes se dispersent et, dans la soirée, les victimes évacuées, le quartier finit par recouvrer son calme. Le bilan est effroyable ! Des morts et de nombreux blessés sont dénombrés.

Certains succombent les jours suivants pour alourdir la liste d'une dizaine de morts au total.

Un grave incident diplomatique

L'affaire fait grand bruit et résonne jusqu'à Versailles. Charles de Créquy qualifie l'évènement d'attentat et, dans une lettre qu'il adresse à son souverain, met en cause certains cardinaux. Sous le commandement de Don Mario Chigi, général des troupes pontificales et frère du souverain pontife, la police romaine investit le quartier du Trastevere où résident les Corses.

L'enquête débute et de nombreuses arrestations sont ordonnées.

Trente-deux soldats prennent la fuite la nuit suivante et, malgré les investigations, seuls neufs fugitifs sont arrêtés dans des villes voisines. Un procès s'ouvre contre le policier romain accusé d'avoir abattu l'officier français et dix-huit soldats corses, dont Matheo da Pietralba qui est immédiatement exécuté. Malgré cela, les jours passent mais la tension ne faiblit pas.

Pour assurer sa sécurité, l'ambassade de France réorganise sa défense et augmente ces effectifs militaires. De son côté, le pape qui soutient encore les Corses, renforce ses troupes de plusieurs centaines de soldats.

Dans ce contexte le duc de Créquy décide de quitter Rome avec toute sa famille, entraînant dans sa suite le cardinal d'Este et les prélats français. Il s'en explique dans une lettre à l'adresse du roi, rédigée le 6 septembre 1662, et réceptionnée par le Maréchal d'Aumont, gouverneur de la ville de Paris.

L'incident diplomatique est d'ampleur et le Roi Soleil entretient savamment la pression en exigeant des excuses publiques, l'immédiate dissolution de la garde pontificale corse avec interdiction à l'avenir d'engager des troupes insulaires, des emprisonnements, des pendaisons et, face à la caserne des Corses, demande l'érection d'une pyramide d'infamie pour rappeler à tous l'offense faite au Royaume de France. Sur une plaque de marbre noire on pourra y lire en latin :

 "En exécration de l'odieux forfait accompli le 20 août 1662 par les soldats corses contre le duc de Créquy, ambassadeur du roi très chrétien. La Nation corse, pour perpétuer la mémoire de cet évènement, a été déclarée inhabile et incapable de servir le Siège apostolique par décret rendu par ordre de notre très Sérénissime Seigneur Alexandre, pape, en exécution de la paix de Pise. 1664". 

Le corps de garde corse est alors congédié et remplacé par un bataillon de romains qui rempliront les mêmes fonctions de sécurité urbaine. Plus disciplinée, la garde suisse demeure, quant à elle, au service de la protection des papes et ce depuis 1506 !

Le monument témoignant de la disgrâce des Corses disparaît finalement en 1667, démonté sous le pontificat de Clément IX avec l'autorisation de Louis XIV, augurant les nouvelles relations qu'entretiendra le royaume de France avec la ville aux sept collines. Pour autant, les Corses vont continuer à servir les intérêts de la cité les siècles suivants, qu'ils soient de simples soldats engagés à titre individuel ou de grands dignitaires.

Martino Guidoni-Bianconi premier médecin du pape

Dans cette dernière catégorie les Balanins se distinguent, à l'instar de Martino Guidoni-Bianconi de Calenzana qui, issu de deux familles patriciennes, fit le voyage pour la Città eterna afin d'y suivre une double formation en théologie et en médecine de 1760 à 1770, période pendant laquelle il s'occupe de la santé de Jacques III Stuart, prétendant aux trônes d'Angleterre, d'Écosse et d'Irlande. Professeur d'anatomie et de clinique médicale, il devient médecin à l'archi-gymnase de Rome, c'est-à-dire l'université papale de la Sapienza.

Archiatre du pape Pio VI, il n'est autre que le premier médecin et chirurgien du souverain pontife, prenant la suite de Natale Saliceti de 1789 jusqu'à la mort du pape en exil à Valence, où il lui ferme les yeux le 29 août 1799. Par la suite, du soin de Pio VII, il passe au service de Napoléon dont il sera un temps conseiller. Il fut l'un des Corses les plus influents de cette époque.

Le cardinal Domenico Savelli

Autre figure balanine attachée au Vatican, Domenico Savelli de Speloncato est un serviteur de dieu, héritier corse de l'antique famille Savelli issue des Sabins, il est séminariste dans l'île jusqu'à son ordination. Établi à Rome, sa trajectoire est fulgurante ! il devient docteur en théologie en 1822 et docteur en droit canonique en 1825.

Vicaire général d'Imola en 1829, délégué apostolique à Rieti, Frosinone, Peruggia et Macerata et Gouverneur de Rome en 1847. Vice-camerlingue l'année suivante, il assiste le camerlingue placé à la tête de la Chambre apostolique, en période de vacance du Siège. Fin juillet 1849, il est nommé ministre de l'Intérieur et de la police, et à l'occasion du consistoire le 7 mars 1853, Pio IX lui remet l'anneau cardinalice symbole de communion avec le Pape.

Le cardinal Savelli, membre de la curie romaine, fait partie du premier cercle autour du souverain pontife où il sera président de la commission des finances jusqu'en 1859. Devenu aveugle, ses problèmes de santé lui interdiront l'espoir d'accéder au trône de Saint-Pierre.

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Le casse-tête du logement des employés saisonniers à Calvi

 Viendront-ils ou ne viendront-ils pas ? 

À l'aube d'une nouvelle saison touristique, les établissements saisonniers de Calvi ouvrent leurs portes un à un. Et rares sont les patrons à ne pas se demander si leur personnel sera au rendez-vous. Ces dernières années, la crise sanitaire a modifié le rapport des gens au travail et les emplois contraignants trouvent de moins en moins de candidats. Hôteliers, restaurateurs et plagistes ont beau anticiper, ils ne sont jamais à l'abri de mauvaises surprises.

Rue Clémenceau, le restaurateur Gilles Bonneau parle d'un véritable casse-tête. 

"Tous les ans, c'est un peu la loterie, explique le patron des Bons Amis. Le gros problème de notre métier, c'est le recrutement. Les gens vous disent oui mais continuent de chercher s'ils peuvent gagner 200 € ou 300 € de plus ailleurs. Ils bougent beaucoup plus qu'avant, arrivent et repartent parfois rapidement. Ils réclament du temps pour eux. Pour nous qui n'ouvrons que quelques mois, c'est difficile de leur donner du temps libre. Puis les vrais saisonniers ont disparu, aujourd'hui on a souvent affaire à des fêtards."

Le restaurateur démarre sa saison avec trois employés, sa femme et lui-même assurent le service en salle. Au cœur de l'été, il faudra trois personnels de plus pour répondre à la demande. Et s'il n'avait pas de solution pour les loger, malgré leurs bons salaires, il ne trouverait personne.

"J'ai acheté deux appartements pour loger mes saisonniers dans des conditions acceptables, reprend-il. Ils ont chacun une chambre. J'essaye dans l'idéal de trouver une ou deux personnes logées sur place, mais c'est très dur. Les gens d'ici ne veulent plus louer leurs appartements aux saisonniers, par crainte des dégradations. Je leur donne au moins le double du salaire minimum mais même avec ça, il faut les loger."

Des tensions en cuisine

Un peu plus loin dans le cœur de la cité calvaise, l'hôtel Saint-Christophe a ouvert ce lundi. Le patron, Jean Ferrandini, attend encore une partie de ses recrues mais le gros de l'équipe est déjà là. 

"Pour le recrutement, je travaille avec Pôle Emploi et également une agence basée sur le Continent. Lorsque mes saisonniers viennent du Continent, je leur demande une lettre d'engagement. Ils la signent, mais certains se désistent quand même et cela nous met en difficulté. Le plus compliqué, c'est de recruter en cuisine. Pour le chef, il n'y a pas eu de problème. Je pense qu'il s'y retrouve avec son salaire. Mais le temps de travail compte beaucoup aussi. Il faut être correct avec les saisonniers, car trop de patrons en ont profité. Il faut déclarer la totalité des salaires. Et ces salaires, je les ai augmentés de 8 % ces deux dernières années. Chez nous, comme la saison dure 7 mois, ils sont contents puisque ça leur ouvre droit au chômage."

L'hôtel Saint-Christophe a besoin d'une trentaine de saisonniers pour la réception, le ménage et la restauration. Tous sont logés dans des chambres individuelles, tout près de l'établissement. Sans cette facilité, l'hôtel ne parviendrait sans doute pas à composer son équipe. 

"Le logement, c'est indispensable. Celui qui loue un appartement ou une chambre pour son personnel ne s'en sort pas. Il y a aussi le coût du transport. Nous faisons arriver nos équipes les jours où les billets sont moins chers. Ils n'arrivent jamais en week-end, par exemple."

Sur la plage de Calvi, le début de saison se profile également. Dix-sept plagistes ou loueurs se sont vus attribuer une autorisation d'occupation du territoire pour une période allant du 15 avril au 15 octobre. Au Sun Beach, Dominique Buttafoghi s'affaire déjà :

"Nous ouvrons fin avril. J'ai une partie de mes employés qui revient tous les ans. Je les conserve précieusement. En haute saison, on tourne à 12 saisonniers. Pour les nouveaux de cette année, je passe en premier lieu par Pôle Emploi. J'ai aussi une agence de recrutement, en cas de difficulté. Les réseaux sociaux, ça marche aussi. Il ne me manque que deux ou trois personnes pour juillet et août. C'est plutôt en cuisine que c'est tendu, les chefs et les chefs de partie sont difficiles à trouver. Tout le monde préfère les contrats longs, sur 6 mois ou 7 mois. Si on s'y prend en juin, c'est foutu."

Malgré des hausses de salaires allant jusqu'à 30 % ces dernières années, la plagiste est obligée de proposer un logement à son personnel. 

"C'est même plus important que le salaire, c'est indispensable. Nous avons des appartements que l'on ne consacre qu'aux saisonniers. J'ai essayé de ne pas loger mes saisonniers, je n'y suis pas arrivée. La plage, ce n'est pas facile, il fait chaud, les gens veulent manger tous en même temps, c'est pénible. Le personnel doit vivre dans de bonnes conditions pour tenir la saison."

Création d'une maison pour les saisonniers ?

Dans sa résidence de tourisme cinq étoiles, les Villas Mandarine, Françoise Tapias a besoin d'une douzaine de saisonniers entre la fin mars et début novembre. Le logement et une durée de contrat supérieure à six mois sont des demandes systématiques des candidats. Même dans ces conditions, trouver des saisonniers n'est pas chose aisée.

"La moitié du personnel est logée dans des bungalows, précise la patronne de l'établissement. Ce n'est pas toujours facile pour eux, ils n'ont pas spécialement envie d'être ensemble, ils voudraient plus de confort, internet, la télé, une laverie. On n'a pas suffisamment de logements pour tout le monde. Les saisonniers que je ne loge pas, se débrouillent. Ils vont dans des campings ou louent des appartements à plusieurs. Mais je ne crois pas qu'on puisse vivre au camping et faire la saison. Cela ne correspond pas à un travail qualitatif."

Pour pallier les difficultés de recrutements à la belle saison, Françoise Tapias préfère proposer des contrats à durée indéterminée, lorsque cela est possible. L'hiver, les employés apportent une aide sur d'autres tâches, se forment et montent en compétences. Fidéliser une équipe, c'est l'une des pistes pour ne pas manquer de bras.

"C'est dommage qu'on n'ait pas entériné à Calvi cette idée de maison des saisonniers. Cela existe dans les stations de ski, on pourrait faire ça d'une façon mixte avec l'État et des fonds privés, il est urgent de le faire. Il faudrait des centaines de chambres sur Calvi. Si on veut de la ressource humaine, il faut investir. Il faut du logement pas cher et du contrat de travail modulable. Il faut rentrer dans cette adaptation-là."

Malgré les difficultés de recrutement, les patrons consultés dans le cadre de ce reportage ont leurs équipes au complet. Pour cela, ils ont dû consentir des efforts sur le logement, les salaires et le temps libre. Le saisonnier d'aujourd'hui n'est plus celui d'hier et les employeurs sont bien obligés de composer avec. 

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Ces services de conciergerie qui se multiplient en Balagne

 Blanchisserie, location de draps, conciergerie... Des services en pleine expansion avec le développement des locations saisonnières de biens privés. Des "meublés de tourisme" qui, notamment grâce à la plateforme Airbnb, gagnent du terrain chaque année, jusqu'à séduire une clientèle coutumière des hôtels ou des campings.

En Balagne, ces dernières années, les conciergeries se sont multipliées. Il y en aurait près d'une dizaine, rien que sur Calvi.

"J'ai créé ma société Casa loc en 2019, relate Tania Le Courtois, jeune entrepreneur sur Calvi et Calenzana. J'avais une quarantaine de biens l'année dernière, j'ai préféré réduire leur nombre et me spécialiser dans les villas. C'est moins galère et plus rentable."

Laetitia Maestracci, de la conciergerie du même nom, a débuté l'aventure en 2021 suite à une reconversion professionnelle. Elle gère aujourd'hui un parc de 39 biens, tous situés sur Calvi, entre la pinède et la route de Portu. "C'est ma troisième saison, précise-t-elle. Je propose plusieurs types de biens, du studio à la villa. Cela me permet de proposer une offre variée et adaptée aux budgets des clients. Bien sûr, plus le bien est beau, mieux il se loue et mieux je gagne ma vie."

Commercialisation et accueil des clients

Le cœur du métier de concierge, c'est l'accueil des locataires. États des lieux, explications touristiques, ménage et changement du linge de maison sont inclus dans la prestation. Bien souvent, la conciergerie se charge aussi de la commercialisation du bien sur les différents sites et plateformes. Une solution clés en main pour des propriétaires qui vivent souvent sur le Continent et amortissent ainsi l'achat de leur résidence secondaire. "Le concierge a deux clients, résume Tania Le Courtois. Il s'agit du propriétaire et du vacancier. Il faut que nos services leur apportent une plus-value à tous les deux."

Les clients des meublés de tourisme cherchent toujours plus de flexibilité. Ainsi, les arrivées ne se font plus uniquement le week-end mais surtout en semaine, lorsque les prix des transports sont plus bas. Les réceptions de nuit sont possibles également, parfois avec l'aide de boîtes à clés. Mais dans tous les cas, un minimum de 4 nuits ou 5 nuits est demandé. Un meublé de tourisme n'a pas la flexibilité d'un hôtel.

"Je fais ce métier depuis 2018, contextualise Hervé Martelli qui a baptisé sa société La Conciergerie. Au départ, c'était une société qui proposait des services touristiques plutôt haut de gamme comme la location d'hélicoptère ou de l'événementiel. Puis j'ai repensé mon offre pour me recentrer sur de la conciergerie classique. J'ai une trentaine de biens, du petit studio à la villa de 7 chambres, sur un secteur géographique large qui va de Lozari à Calvi en passant par les villages. Je peux ainsi répondre à toutes les demandes, selon le budget. Comme je facture des coûts fixes, j'encourage les gens à louer à la semaine."

Souvent auto-entrepreneurs, les concierges font appel à des prestataires de services et sous-traitent des tâches comme le ménage ou la blanchisserie. Pour le linge de maison, la solution la plus prisée semble être la location de draps et de serviettes. Pratique, il n'y a plus à s'inquiéter de rien entre un départ et une arrivée à quelques heures d'intervalle.

Comme à l'hôtel ou en camping, chaque nuitée passée dans un meublé de tourisme est redevable d'une taxe de séjour versée à la communauté de communes, organisme collecteur. Sur le site Airbnb, cette taxe est prélevée de manière automatisée.

Les propriétaires sont aussi tenus de déclarer leurs revenus locatifs aux impôts. La location saisonnière fait donc tourner l'économie sur de multiples aspects, sans parler de transport et de restauration.

"La conciergerie ça a toujours existé, assure Hervé Martelli. Mais ces dernières années, le métier s'est structuré et professionnalisé. Ce qui se faisait autrefois de façon un peu sauvage est aujourd'hui cadré avec une immatriculation, un siret, des droits et des devoirs."

Les concierges de Balagne entrent lentement mais sûrement dans la saison haute. Il faudra courir partout en attendant l'accalmie automnale. Et, déjà, la commercialisation des biens pour la saison suivante. Ainsi va la routine dans le métier.

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Tuesday, November 7, 2023

Forages privés : de la discrétion à l'omertà

 

Calvi; Par peur d'une taxation ou d'une interdiction, les propriétaires de forages tiennent à rester discrets. Dans l'île, 30 à 50 % des nouveaux forages ne seraient pas déclarés.

Depuis le 1er janvier 2009, les puits et forages doivent faire l'objet d'une déclaration en mairie. Cette déclaration donne droit à un certain volume de prélèvement. Lorsque les besoins sont plus importants, pour l'agriculture ou l'industrie, il faut une autorisation de type arrêté préfectoral. Les professionnels sont obligés de jouer le jeu, mais souvent, les particuliers préfèrent rester sous les radars. 

"Nous n'avons pas de liste précise des particuliers qui ont un forage ou un puits, reconnaît Ange Santini, le maire de Calvi. Nous avons eu très peu de demandes en mairie et nous n'avons aucun moyen de les recenser. J'estime qu'il y en a une cinquantaine sur la commune, dont certains sont très anciens. Ils servent souvent à alimenter des potagers, des piscines ou des petits bassins. Les volumes prélevés sont dérisoires, ils représentent tout au plus 5 % de la consommation de la ville. Jamais ils ne pourront provoquer l'intrusion d'un biseau salé. Il y a un risque virtuel, il est annihilé par la technicité de l'office hydraulique."

Par peur d'une taxation ou d'une interdiction, les propriétaires de forages tiennent à rester discrets. La déclaration en mairie leur incombe pourtant. "Pourquoi vais-je payer pour une eau que je prélève et que je remets immédiatement dans la terre ?", s'interroge un Calvais qui n'a pas voulu s'attarder sur le sujet.

La moitié des ouvrages ne sont pas déclarés

Les entreprises de forage, souvent complices de cette omertà, rechignent aussi à aborder le sujet : 

"On nous appelle, on nous dit où forer et on s'exécute, glisse un professionnel du sud de l'île, qui intervient régulièrement en Balagne. On trouve généralement de l'eau entre 30 mètres et 80 mètres de profondeur. Le coût dépend du type de terrain, de la profondeur, de nombreux critères. Je dirais que ça commence à 7 000 €. On arrive ainsi à puiser un ou plusieurs mètres cubes par jour. Pour la déclaration, c'est au propriétaire de s'en charger. C'est une obligation." Le BRGM de Corse estime que 30 à 50 % des nouveaux forages ne sont pas déclarés. "On fait de la sensibilisation auprès des foreurs pour qu'ils nous remontent des informations, assure Baptiste Vignerot. Il y a de toute évidence un décalage important entre l'activité des foreurs et les ouvrages qu'on nous déclare."

Au CNRS, Frédéric Huneau ne sous-estime pas la problématique : 

"On ne sait pas du tout ce que les gens font, regrette le scientifique. On n'a aucun moyen de connaître le nombre d'ouvrages en activité, et encore moins le volume pompé. À l'échelle française, c'est phénoménal, on a connaissance de moins de 30 % de la réalité. C'est même culturel de cacher un forage. C'est facile, sous une dalle, dans un abri de jardin. Les gens considèrent à tort que, puisque c'est sous leur terrain, ça leur appartient.

L'argument financier entre aussi en jeu : "Aujourd'hui, la loi dit que tout prélèvement dans le milieu naturel est soumis à une taxe, rappelle Ange de Cicco, le directeur de l'OEHC. C'est le cas pour l'eau en barrage, en rivière et en sous-terrain, c'est soumis à un taux de redevance de prélèvement."

Pour ce qui est des risques pour la nappe de la Figarella, le BRGM se veut rassurant : 

"Selon nous, cet aquifère est très peu sollicité par les privés, estime le directeur régional. C'est une zone agricole protégée, il y a très peu d'habitations qui pourraient avoir des forages non déclarés. Pour ce qui est de l'eau agricole, il faut savoir que l'office hydraulique procure une eau de bonne qualité et pas chère. L'agriculteur ne s'y retrouverait pas au niveau financier. D'anciens forages agricoles apparaissent sur nos cartes, on sait qu'ils ont été abandonnés et scellés, pour éviter tout risque de contamination."

 L'augmentation croissante de la demande en eau, avec les aléas d'un climat toujours plus sec, ne fera qu'accroître ces tensions à l'avenir. 

Référence du 08/10/23 

démolition des paillotes en dur, et leur reconstruction en bois démontable; 4 ans après.

 les plagistes inquiets de devoir démonter leurs établissements

Quatre ans après la démolition des paillotes en dur, et leur reconstruction en bois démontable, les restaurateurs de la plage de Calvi semblent y trouver leur compte. Mais la perspective d'un démontage hivernal les préoccupe. 

Novembre 2019. Les bulldozers rasent une à une les quinze paillotes de la pinède de Calvi. Dans la foulée, les restaurants de plage sont reconstruits en bois ou en containers, dans l'idée de pouvoir être démontés chaque hiver. Pour les propriétaires, ces travaux représentent des sommes importantes, allant de 200 000 € à près d'un million d'euros.

Les crédits courent sur 7 à 15 ans. Cet été, le quatrième depuis que la plage de Calvi a changé de visage, les socioprofessionnels continuent à assumer les coûts de la reconstruction. "Financièrement, cela a été très dur, indique un plagiste, l'un des premiers en partant du club nautique. Tout le monde a dû emprunter de l'argent ; pour la démolition, mais surtout pour reconstruire. Pour notre restaurant, l'un des plus petits de la plage, il y en a déjà pour plus de 200 000 €. Bon, il faut admettre que c'est bien mieux aujourd'hui ; que ce soit par rapport à l'esthétique ou à sa fréquentation. La démolition, cela a été un mal pour un bien."

Incontestablement, la plage de Calvi est bien plus belle depuis que ses paillotes sont uniformes. Les services de l'État délivrent chaque année une autorisation d'occupation temporaire pour une durée de 5 mois, du 15 avril au 15 octobre. Pour une superficie de 650 mètres carrés, en totalité, les plagistes s'acquittent d'environ 50 000 € par saison.

" Cela ne fait que trois ou quatre ans que nous remboursons, note un autre plagiste. On a bien travaillé en 2021 et 2022, mais cette année il y a une vraie baisse. Les saisons sont plus courtes, et le pouvoir d'achat est en berne. Le maire fait tout pour que la commune récupère la gestion de la plage, mais il paraît que ça coince. On craint de devoir démonter, cet hiver. Cela aurait un coût énorme."

Depuis que les établissements démontables ont été installés, début 2020, aucun d'eux n'a jamais été retiré durant l'hiver. Une procédure est en cours pour que la commune récupère la gestion de sa plage pour les 12 ans à venir. Calvi attend notamment son classement en station touristique, ainsi que d'autres échéances administratives.

Dans l'incertitude, les plagistes s'interrogent. " Le décret plage de 2006 est obsolète, il faut impérativement le toiletter, estime Jean-Pierre Pinelli, coprésident de l'association des plagistes de Calvi avec Gilbert Vietto, Jean-Claude Butteri et Serge Levy. Il ne correspond plus aux besoins de l'économie, à l'échelle nationale. L'impact carbone d'un démontage est très important : il faut faire venir des engins, démonter, remonter. Il n'y a qu'un seul grutier sur Calvi, il lui faudrait 3 mois pour démonter tous les établissements. Il faudrait aussi que les Chemins de fer de la Corse interrompent leurs trains à chaque fois. Le coût de démontage, c'est 50 000 €, sans parler de la casse. Et on entrepose où nos containers ? Dans la pinède classée ? L'hiver, alors qu'il n'y a personne sur la plage, pourquoi il nous faudrait démonter ?"

Les plagistes espèrent tous de bonnes nouvelles avant la fin de saison, le 15 octobre.

Référence

https://www.corsematin.com/article/societe/52874232225451/balagne-les-plagistes-inquiets-de-devoir-demonter-leurs-etablissements

un cas de figure exceptionnel en Corse: PETR Pays de Balagne qui regroupe 36 communes, 2 communautés de communes

 "Notre structure est un cas de figure exceptionnel en Corse"

Au terme de 3 ans d'alternance, Jean-Marie Séité a repris la présidence du PETR Pays de Balagne qui regroupe les 36 communes et œuvre pour le développement durable, la mobilité douce et la sauvegarde du patrimoine naturel, culturel et bâti.

Deux communautés de communes pour un seul Pays de Balagne. Sous la forme d'un pôle d'équilibre territorial et rural (PETR) depuis 2014, la structure intercommunale voit sa présidence alterner tous les trois ans, au rythme des élections municipales. Président depuis juillet 2020, le 1er adjoint de la commune de Santa Reparata, Pierre Poli, a démissionné en juillet pour laisser sa place à un élu de l'autre intercommunalité. Après sa présidence de 2017 à 2020, c'est à nouveau Jean-Marie Séité, le maire de Galeria, qui a été élu, le 7 août dernier, pour une mission de trois ans. L'occasion de faire un point d'étape dans les projets du PETR du Pays de Balagne et de rappeler ses missions.

"Fidèles à l'engagement d'alternance qui témoigne de la singularité du Pays de Balagne dans un paysage politique peu enclin au partage, les élus du PETR ont une nouvelle fois su s'unir pour le bien commun, se félicite Jean-Marie Séité dans son édito. Cette alternance de présidence entre les deux communautés de communes permet une continuité dans la conduite des projets qui sont soutenus par l'ensemble des élus. Cette organisation équitable, faite pour le bien de la Balagne, nous est beaucoup enviée. Elle est précieuse, elle fait partie de l'histoire de notre région et nous serons les garants de sa pérennité."

Avec ses trois agents et son siège basé à L'Île-Rousse, le Pays de Balagne n'a pas vocation à être une structure de gestion, mais une structure de projets. Depuis sa création dans les années 1990, il est porteur d'initiatives sur le développement durable, la cohérence territoriale, l'harmonie architecturale ou encore la mobilité douce.

"Le pays, c'est un super outil, c'est très bien, assure le président actuel. Il porte des projets en avance sur son temps, élabore l'unique schéma de cohérence territorial qui avance en Corse et se trouve être le meilleur utilisateur du fonds européen Leader."

"Les choses bougent"

Bien que peu connu, le travail du Pays de Balagne s'illustre dans de nombreux domaines : réhabilitation de murs et restanques et remise en culture de jardins dans les villages, installation de bornes électriques, mise à jour d'une charte paysagère, élaboration d'un SCoT, projet d'une pépinière publique ou encore de liaisons maritimes avec tout l'ouest corse. Mais parmi les initiatives les plus attendues, se trouve la réalisation d'une voie verte pédestre et cyclable le long de la côte entre Calvi et L'Île-Rousse. Une voie promise de longue date, et régulièrement annoncée, mais dont la concrétisation ne cesse d'être repoussée.

"C'est un projet à plusieurs millions d'euros, les choses bougent, les travaux ont commencé, ils ont lieu sur le tronçon entre Sant'Ambroggiu et Calvi, se défend Jean-Marie Séité. Mon prédécesseur Pierre Poli a fait face à d'innombrables problèmes de foncier, qu'il a fallu régler avec un géomètre et un paysagiste. Aujourd'hui, on en sort, à l'exception du tronçon à l'entrée de L'Île-Rousse qui est d'une complexité infernale. Pierre Poli a vraiment débroussaillé le sujet et, dans trois ans, on pourra rouler dessus."

Les bornes électriques, installées même dans les villages par le PETR, sont aussi l'objet d'une critique récurrente : "Elles sont achetées, elles sont installées, leur alimentation électrique est branchée, mais notre fournisseur de bornes a un système de monétique qui ne permet pas aux communes de les gérer en régie", détaille le président avec optimisme.

Sans fiscalité propre, le Pays de Balagne n'a que des moyens limités pour réaliser ses ambitions. La coopération entre les deux intercommunalités semble y trouver un terrain propice, mais sans qu'il soit envisagé d'aller plus loin. Dans de nombreux domaines, le choix des méthodes et des compétences diverge entre L'Île-Rousse-Balagne et Calvi-Balagne.

"Les deux communautés de communes travaillent ensemble, ce qui est un cas de figure exceptionnel en Corse, parce que le PETR n'a aucune couleur politique. Un jour, il y aura peut-être une fusion de nos deux intercommunalités. Mais pour l'heure, la Balagne n'est pas assez mûre."

Référence du 12/09/2023

https://www.corsematin.com/article/societe/3731404300503315/jean-marie-seite-president-du-petr-pays-de-balagne-notre-structure-est-un-cas-de-figure-exceptionnel-en-corse


Le regain de la pierre sèche en Balagne grâce à la commande publique

 Bâtisseurs de murs à l'ancienne, Charlotte Peyronnenc et Antoine Silvestri remettent en état des parcelles cultivables grâce à des fonds européens levés par le Pays de Balagne. 

Pas de bétonnière, pas de ciment, pas d'eau. Juste des pierres ramassées sur place, de l'huile de coude et un savoir-faire peaufiné au fil des années. Les jours passent et les vieux murs retrouvent leur aspect d'antan, lorsque les villageois entretenaient rigoureusement le soutènement des parcelles qu'ils cultivaient.

Sur les hauteurs de Corbara, deux muraillers et leur équipe sont à pied d'œuvre depuis début octobre et jusqu'à fin novembre. Il s'agit de remettre à neuf environ 40 mètres linéaires de mur, pour 100 mètres carrés de surface totale. 

"Le Pays de Balagne refait des jardins dont la commune est propriétaire depuis quelques années, précise Franck Amadei, adjoint au maire en charge de l'urbanisme. L'idée est de remonter ces murs dans le traditionnel de l'époque, sans aucun ajout de ciment, et de redonner vie à ces jardins en les réattribuant à la population par tranches de 100 mètres carrés loués à l'année. Les gens pourront ainsi faire pousser quelques légumes dans le respect du travail des anciens." 

Aux commandes de ce chantier à 91 000 euros hors taxe, se trouve une jeune femme à la voix calme et au regard déterminé. Charlotte Peyronnenc a d'abord étudié et pratiqué la menuiserie avant de tomber sous le charme du travail de la pierre sèche.

"J'ai participé à la toute première formation organisée en 2015 par le Pays de Balagne et le Greta, relate-t-elle. C'était une formation diplômante de quatre mois en vue d'obtenir un certificat de qualification professionnelle. C'est ensuite devenu mon métier, même si je continue la menuiserie en parallèle. La pierre sèche, c'est un métier physique mais le corps se muscle petit à petit. J'aime le côté patrimoine, le sens de ce que l'on fait, la réflexion qu'il faut avoir. C'est un puzzle énorme et je ne vois pas passer mes journées. Le résultat est toujours valorisant."

Depuis plusieurs années, le Pays de Balagne finance via des fonds européens la réhabilitation de murs en pierre sèche. Des chantiers ont déjà été réalisés à Ville di Paraso, Santa-Reparata, Calenzana et Urtaca notamment. Antoine Silvestri, murailler d'expérience, se déplace régulièrement dans la région où les chantiers sont plus nombreux qu'ailleurs. 

"J'habite Corte mais il n'y a quasiment aucune commande publique dans le Centre Corse, constate-t-il. Cela se passe uniquement en Balagne. Nous autres, les muraillers, nous sommes convaincus de la fonction indispensable des murs en pierre sèche. On essaye de passer le message et de dire que c'est la meilleure façon de bâtir aujourd'hui. Il faut comprendre que le béton fait un écran à l'eau, qui pousse de l'intérieur. La pierre sèche est un drain naturel. Lorsqu'il pleut, elle redistribue l'eau en quantités limitées."

l est sans doute plus long - pas forcément plus coûteux - comparé au ciment, de bâtir un mur en pierre sèche. Mais le résultat est bien plus durable et, pour ainsi dire, garanti à vie. Si une partie venait à s'abîmer, l'ouvrage est réparable à l'infini, sans autres matériaux que la pierre qui vient de rouler. "Sa construction demande une technique d'appareillage, de pose de pierres, qu'il faut maîtriser parfaitement, prévient Antoine Silvestri. Il faut faire un maillage avec les pierres. Avec du ciment, c'est bien plus facile de tout caler en complétant les espaces."

La commande publique de murs en pierre sèche ne devrait pas s'épuiser en Balagne.Le PETR a inscrit dans le nouveau programme européen Leader, de nouvelles réhabilitations et de nouvelles formations. 

"L'idée est de continuer ce travail qui est un vrai succès auprès des communes et même des privés, se félicite Jean-Marie Séité, le président du Pays de Balagne et maire de Galeria. Il nous faut continuer à former des gens. Nous avons encore 14 projets en cours, la source ne se tarit pas. Il y a un effet boule de neige."

Reference

https://www.corsematin.com/article/societe/65742307787041/le-regain-de-la-pierre-seche-en-balagne-grace-a-la-commande-publique

Wednesday, November 1, 2023

deux autorisations d'hospitalisation à domicile cohabitent sur le territoire de Balagne.

 Hospitalisation à domicile : une nouvelle offre en Balagne

Le centre hospitalier de Calvi-Balagne propose, depuis le 16 janvier 2023, un service d'hospitalisation à domicile (HAD) en partenariat avec l'hôpital de Corte.

Les directrices des deux établissements, Danielle Bourcelet pour la Balagne et Charlotte Lhomme pour le Centre Corse, ont présenté, ce mardi 18 avril, cette nouvelle offre lors d'une conférence de presse commune, à Calvi.

" Nous avons souhaité communiquer parce qu'il existe une confusion entre notre HAD publique et l'HAD privée, contextualisent les deux directrices. Depuis janvier, deux autorisations d'hospitalisation à domicile cohabitent sur le territoire de Balagne. L'hôpital de Calvi ne disposant pas de sa propre autorisation, nous utilisons celle de l'hôpital de Corte dans le cadre d'un partenariat entre les deux structures. L'aire géographique de l'hôpital de Corte, qui comprenait déjà le Centre Corse et la Plaine orientale, s'étend désormais à la Balagne. "

Une équipe dédiée à l'hospitalisation à domicile en Balagne a été constituée. Elle se compose du médecin coordinateur Charles Ryckewaert et deux infirmières coordinatrices, Émilie Fresu et Maheva Ettori. Les protocoles utilisés et les outils informatiques sont les mêmes que ceux utilisés par les collègues cortenais. Le service est joignable du lundi au vendredi, de 8 heures à 18 heures. Une astreinte est également en place 24 heures sur 24 pour les urgences.

"Nous avons signé des partenariats avec les libéraux qui fournissent du matériel ou interviennent au domicile pour réaliser les soins, précise le Dr Ryckewaert. Notre HAD met à disposition les moyens matériels, organise leur livraison et la récupération des déchets de soins. Mais ce n'est pas nous qui faisons ces soins. En général, l'HAD intervient en aval d'une hospitalisation, sur des soins qui peuvent être assez lourds. Le patient a le choix du professionnel qui va intervenir chez lui. "

Depuis sa mise en place en janvier, l'HAD publique prend en charge une dizaine de patients en Balagne. Un chiffre qui devrait s'élever jusqu'à 15 patients ou 20 patients d'ici la fin de l'année. À titre de comparaison, entre le Centre Corse et la Plaine orientale, c'est une trentaine de patients qui est prise en charge par l'hôpital cortenais.

Un véritable feuilleton

L'hospitalisation à domicile en Balagne a connu des péripéties nombreuses ces dernières années. En mai 2021, l'hôpital de Calvi-Balagne et l'association Hospitalisation à domicile de Corse unissaient leurs forces dans la création d'un Groupement de coopération sanitaire (GCS). Ce partenariat entre l'hôpital public et la structure privée n'a jamais vraiment fonctionné, pour s'éteindre au bout de quelques mois. Depuis 2015, l'hospitalisation à domicile en Balagne traversait une crise profonde et la tentative de conciliation de mai 2021 n'y aura rien changé.

Plus récemment, en 14 janvier 2023, la communauté de communes de L'Île-Rousse-Balagne actait pour trois années une convention de moyens avec l'association d'Hospitalisation à domicile de Corse. Une convention qui comprend la mise à disposition d'une infirmière du CIAS à hauteur de 15 % de son temps de travail et d'une assistance sociale à hauteur de 10 %.

Un local mutualisé, vitrine de l'association HAD en Balagne, était également inauguré sur l'avenue Paul-Doumer de L'Île-Rousse. "L'HAD a besoin de proximité et de connaissance du terrain pour développer le service que nous voulons, justifiait Lionel Mortini, le président de la communauté de communes. Nous repartons de zéro, avec notre CIAS, dans le cadre de ce nouveau partenariat, car il existe un véritable manque, un trou dans la raquette. Il faut que les gens qui peuvent être soignés à la maison le soient, dans de bonnes conditions."

En crise depuis près de huit ans, l'hospitalisation à domicile en Balagne se décline désormais en deux offres distinctes ; une publique et une privée. Pour les usagers, la différence est peu visible puisque, dans les deux cas, ce sont les professionnels de santé libéraux du territoire qui effectuent les soins.

Contact : 06 74 55 79 50 ou had@chcalvi-balagne.fr

Référence du 19/04/23

https://www.corsematin.com/articles/hospitalisation-a-domicile-une-nouvelle-offre-en-balagne-140658

père Alphonse originaire du Cameroun et père Louis originaire du Liban se présentent aux paroissiens

 À Calvi, père Alphonse originaire du Cameroun et père Louis originaire du Liban se présentent aux paroissiens, 

Tous deux incarnent désormais le visage jeune et souriant de l'église dans le secteur interparoissial de Calvi, qui comprend une dizaine de paroisses entre Montegrossu, Lumiu, Zilia, Calenzana, Galeria et Mansu.

Le curé Louis El Rahi et son vicaire Alphonse Nakima seront installés dans leurs fonctions le dimanche 10 septembre 2023, à l'occasion d'une messe présidée par l'Évêque de Corse François Bustillo, lors de la fête de la Nativité à Notre-Dame de la Serra. La symbolique est forte dans cette chapelle si chère aux Calvais.

En attendant le début de leur mission en Balagne, les deux religieux ont tout de même quitté leurs paroisses respectives pour un déplacement de trois jours à Calvi, à la rencontre des fidèles et des confrères.

"Dans d'autres circonstances, nous serions arrivés directement en septembre, contextualise Louis El Rahi. Mais nous tenions à rencontrer rapidement les bénévoles du presbytère, les confrères, les paroissiens, les curés qui assurent l'intérim. Nous nous organisons pour être opérationnels dès notre arrivée."

Un départ précipité de sa Gravona chérie

Le père El Rahi est arrivé en Corse en 2005 à l'âge de 18 ans. Sympathique et attachant, ce Corse d'adoption a su se faire apprécier partout où il est passé. 

"Je suis prêtre pour la Corse, j'ai été ordonné pour la Corse, je l'aime et je considère que je ne pourrais pas faire ce travail s'il en était autrement, assure-t-il. Depuis 3 ans, j'étais curé de la Gravona. J'avais mis en place des choses, monté des projets au service des jeunes, notamment un terrain de scoutisme. Que des projets financés à 100 %. Je pensais rester encore un peu dans la Gravona, puis l'évêque m'a appelé. Il m'a dit qu'il allait me dire quelque chose qui changerait ma vie : il pensait à moi pour Calvi. C'est un déracinement pour moi. Je quitte une vallée que j'ai appris à connaître et à aimer. Lorsqu'on est prêtre, on donne sa vie au seigneur et à l'Église, on n'a plus la maîtrise. Chacun de nous a des qualités et des compétences, et en fonction de cela, et au vu des besoins de son diocèse, l'évêque fait des choix. Il a dû penser que j'ai des qualités pour servir la paroisse de Calvi."

Il y a deux mois, à la fin du mois d'avril, le père Louis avait reçu un soutien fort du diocèse de Corse et de nombreux élus, après que le camp de scouts qu'il a créé ait été vandalisé. Ce fait divers, qui avait engendré un dépôt de plainte, avait été relayé par de nombreux médias.

Le père Louis et le père Alphonse ne se connaissaient qu'au téléphone avant de se rencontrer à Calvi. Le second a été curé durant 6 ans dans une province de l'extrême nord du Cameroun, avant de rejoindre la cathédrale de Bastia comme vicaire, il y a maintenant 8 mois. Cela faisait de nombreuses années qu'il n'y avait plus eu deux prêtres dans la paroisse de Calvi. Le curé Cueroli et le vicaire Nicoli semblent avoir été les derniers à partager ces fonctions à la fin des années 2000.

"Ange-Michel Valery, c'était un grand frère"

Dans une église Sainte-Marie Majeure bondée, ce mardi soir, les deux hommes d'Églises rencontraient les paroissiens et les confrères pour la premières fois. Encore sous le choc de la disparition de l'estimé Ange-Michel Valery, toute la paroisse a rendu hommage à son abbé trop tôt disparu.

"L'abbé Valery était un homme très attachant, estime le père Louis. Il était vicaire général et responsable des séminaristes lorsque je l'ai connu, en 2005. Il a été mon accompagnateur en tant que délégué de l'évêque. Très vite, une amitié s'est liée entre nous. J'ai connu ses parents lorsque j'étais vicaire à Lavasina avec le curé Pinelli. C'est là que se trouve la maison paternelle de l'abbé Valery. Son papa est enterré là-bas, j'étais présent ce jour-là. Tout ça pour dire qu'Ange-Michel était bien plus qu'un collègue, bien plus qu'un responsable des vocations. C'était un grand frère."

Ces trois jours de visite en Balagne ont été intenses pour les pères Louis et Alphonse. Ce dernier a notamment découvert Calenzana, village où se trouve le presbytère qui sera sa résidence. Parmi les chantiers en cours au sein de la paroisse, se trouve le remplacement de la statue de Notre-Dame de la Serra, détruite par la foudre le 2 septembre dernier. À la marbrerie de Carrare en Italie, des artisans finissent de sculpter la madone qui devrait être installée sur son socle au cours de l'été. L'évêque doit la bénir le 10 septembre, tout comme les deux jeunes prêtres à qui il a confié la charge des paroisses de Calvi.

Référence du 06/07/23 

https://www.corsematin.com/article/societe/2718203467982415/a-calvi-pere-alphonse-et-pere-louis-se-presentent-aux-paroissiens

La Corse, une terre de mariage pour des couples venus de loin

 L'Île de beauté fait rêver des fiancés de toute la France, à la recherche d'authenticité et de mer en toile de fond. D'avril à octobre, ils sont nombreux à venir s'y marier, avec un budget moyen souvent supérieur à 20 000 €.

Pourquoi se marier dans une région qui n'est pas la sienne ? Chaque année, plusieurs dizaines de couples continentaux choisissent de s'unir en Corse. Le mariage civil est logiquement rattaché au lieu de résidence, puisqu'il y a un justificatif de domicile à fournir, mais la liberté reste totale pour la partie religieuse et la partie festive.

"Les couples du Continent représentent 80 % de ma clientèle, assure Sandy Giovansily, organisatrice d'une vingtaine de mariages en Balagne, chaque année. Ils viennent chercher de l'authenticité, un terroir, des valeurs qu'ils ont découverts durant leurs vacances. Parfois, la demande en mariage a eu lieu ici. Ils tiennent donc à se marier en Corse et sont prêts à payer un peu plus cher. La Corse et les Corses, ça fait toujours rêver."

Un mariage se prépare généralement un an à l'avance, parfois deux. Une organisation qui commence par le choix du site en fonction de critères propres à chaque couple. Selon la durée de privatisation, la capacité d'accueil, le confort et l'emplacement, la location s'échelonne de quelques milliers d'euros à plusieurs dizaines de milliers d'euros. Pour le pénitencier de Coti-Chiavari, par exemple, il faudra débourser entre 4 000 € et 5 000 € selon la saison. Dans le sud de l'île, des villas avec piscine ou bien des paillotes privatisées se négocient à plus de 20 000 €.

"Se marier en Corse, c'est plus cher qu'ailleurs, parce qu'il faut compter le transport et l'hébergement, témoignent Sylvie et Pascal, un couple de trentenaires qui s'est dit oui l'année dernière, en Plaine orientale. On habite la région lyonnaise et on était déjà venus plusieurs fois en vacances. La Corse, c'est une région à part. On s'y attache vite. D'un commun accord, on a décidé de se marier pour la faire découvrir à nos proches."

Un peu de Corse même dans l'assiette

"C'est tendance de se marier en Corse, constate aussi Jean-Michel Cabrera, patron du traiteur Le Hussard, à Ajaccio. Notre île fait rêver, c'est indéniable. Il y a beaucoup de demandes, mais elles n'aboutissent pas toutes. Je dirais même qu'il y a un recul ces deux dernières années, à cause du coût du logement et du transport. On a un peu de difficultés sur juillet et août, alors qu'on est toujours complets en juin et septembre, lorsqu'il est plus facile de trouver des billets et des chambres d'hôtel." 

Une fois qu'ils ont trouvé le site de leurs rêves, en accord avec leur budget, les futurs mariés peaufinent les nombreux détails de l'événement. À commencer par le repas.

"Très souvent, les gens demandent une touche locale dans l'assiette, relate Mélanie Moracchini, organisatrice de mariages entre Ajaccio, Piana et Sartène. Ils veulent de la charcuterie, du fromage corse, des beignets cuits sur place, du granité de myrte à la place du trou normand. Ils aiment aussi écouter des chants corses au moment du cocktail."

"Mon fils est agriculteur, je vends le fromage et le brocciu qu'il fabrique, mais aussi du veau corse et des légumes bios, reprend Jean-Michel Cabrera. Cela nous permet de valoriser nos produits."

Une économie induite

Les couples continentaux représenteraient 70 % à 80 % de la clientèle des régisseurs de mariages insulaires. À chaque fois ou presque, la quasi-totalité des convives se déplace depuis le Continent, avec de nombreuses retombées pour l'économie de l'île.

"Il y a les organisateurs, le groupe de musique, le DJ, le fleuriste, la maquilleuse, la coiffeuse, le photographe, la location de voiture, la garde d'enfants, l'hébergement, le transport, ça fait travailler beaucoup de corps de métiers, énumère Mélanie Moracchini. On parle de mariés qui ont souvent des moyens, de beaux budgets et de beaux projets. Cela fait travailler du monde, et crée de belles retombées économiques pour la Corse."

Le calendrier des mariages sur l'île est en train de se remplir sérieusement pour 2024. Pour espérer se marier dans un site prisé lors du dernier week-end de juin ou du premier week-end de septembre, il vaudra mieux se dépêcher pour avoir sa place en 2025.

" Le secteur du mariage repart bien, on est content, estime Sandy Giovansily. On revient sur la dynamique d'avant Covid. D'ailleurs, on est de plus en plus à faire ce métier. "

Référence du 17/08/23

https://www.corsematin.com/article/societe/1473903119627115/la-corse-une-terre-de-mariage-pour-des-couples-venus-de-loin

GR 20 : retour à une fréquentation " normale " après un pic en 2022

Le sentier de grande randonnée accuse une baisse du nombre de nuitées par rapport à l'année dernière, selon le Parc naturel régional, et retrouve des chiffres équivalents aux années d'avant Covid.

Les années ne se ressemblent par sur le sentier de grande randonnée qui traverse la dorsale insulaire. Du nord au sud, en 16 étapes, le GR20 dessert une quinzaine de refuges dont la fréquentation varie d'une année à l'autre. Après une saison 2022 record, la fréquentation en 2023 affiche une baisse de l'ordre de 20 % pour retrouver son niveau d'avant Covid.

"On estime qu'entre 15 000 et 18 000 randonneurs ont parcouru le sentier en 2022, avance Benoît Vesperini, le chef du pôle montagne au Parc naturel régional de Corse. Le refuge de Manganu, le plus fréquenté, a enregistré l'an dernier 15 712 nuitées. Le refuge de Ciottulu, le moins fréquenté, dépassait les 8 000 nuitées. L'année 2022 a connu une fréquentation exceptionnelle, avec des taux de remplissage parfois à la limite de nos capacités d'accueil. On sortait de deux saisons perturbées par le Covid, les gens avaient des envies de nature et d'évasion. D'autre part, les gens qui avaient réservé mais n'ont pas pu venir à cause de la pandémie avaient des avoirs valables jusqu'en 2022. Alors que dans certains sites naturels, on a opté pour la mise en place de quotas, sur le GR, on a préféré attendre."

À Calenzana, village de départ du célèbre sentier, le gîte communal a encaissé plus de 8 000 nuitées en 2022, pour une recette dépassant les 90 000 €. Une fréquentation inédite qui a aussi permis la création d'une boutique de randonnée, A Partanza, afin de compléter l'équipement avant le départ.

Juin a été prometteur avant une baisse...

La saison 2023 a aussi démarré sur les chapeaux de roues, avec une affluence comparable à celle de juin 2022, bien qu'en légère baisse. Puis, les mois de juillet et août ont accusé une baisse plus franche. Et les perspectives pour septembre 2023 suivent la même tendance.

"On devrait terminer la saison avec une fréquentation de l'ordre de 12 000 à 15 000 passages, reprend Benoît Vesperini. On ne s'attend pas à un mois de septembre très chargé, alors qu'il y a eu du monde jusqu'à la fin, en 2022. Le taux de fréquentation précis ne sera connu qu'en fin de saison, mais on revient sur un taux d'occupation plus normal, équivalent à celui de 2019."

Chaque refuge du GR20 a une capacité moyenne de 100 places de bivouac et de 35 lits en bat-flanc. Pour favoriser la réservation, et connaître à l'avance le nombre de randonneurs attendus, le Parc naturel a adopté en 2023 une politique tarifaire très incitative. Ainsi, la nuitée en vente directe est facturée deux fois plus cher qu'une nuitée réservée.

"En 2022, il y avait encore 40 % des randonneurs qui arrivaient sans réservation, précise le chef du pôle montagne du Parc. Cela nous a posé des problèmes, parce que certains refuges étaient déjà complets. On voudrait tendre vers 100 % de réservation pour avoir une visibilité sur les stocks, la gestion de l'eau, la préparation des repas. Cette année, on a beaucoup plus de réservations. On attend la fin de saison pour faire le bilan mais il semble que ce soit une bonne chose en termes d'organisation."

Le comportement des randonneurs semble également évoluer. Ces dernières années, la part des hébergements privés a progressé sur le GR20, et le camping sauvage reste une réalité. Par conséquent, difficile de connaître le nombre exact de sacs à dos qui arpentent, chaque année, le célèbre sentier. 


Référence du 29/08/23 

 https://www.corsematin.com/article/societe/2519018876972715/gr-20-retour-a-une-frequentation-normale-apres-un-pic-en-2022

Haute-Corse : une rentrée en tout petit comité dans la classe unique du Giunsani

 Olmi-Cappella; De la maternelle au CM2, sept enfants ont repris le chemin de l'école de la vallée, située à Olmi-Cappella (Haute-Corse). Un effectif restreint, pour la maîtresse Marion Katz et son aide maternelle Virginie Buono, qui assurent un suivi personnalisé.

Une classe unique, c'est un peu l'ambiance d'une famille nombreuse. En tout cas, c'est ainsi que Marion Katz décrit la mission d'enseignement qu'elle assure depuis 15 ans dans l'école intercommunale d'Olmi-Cappella, qui regroupe les quatre communes du Giunsani. 

"Nous étions neuf l'année dernière, il y a eu deux départs en sixième, une élève sur le collège de Calvi et un élève à Moltifao, indique la professeure des écoles. Il n'y a pas eu d'entrée de maternelle, mais nous en aurons plusieurs l'année prochaine et la suivante. L'école et assurée de se maintenir."

 Depuis sa prise de poste, en 2008, l'enseignante a vu varier ses effectifs de 5 élèves jusqu'à 13 certaines années. À chaque rentrée, il faut s'adapter au niveau des élèves. "Par exemple, cette année, je n'ai pas de CE1 ni de CE2, relate-t-elle. Toutes les années sont importantes, mais les CP et les CE1 sont celles qui requièrent le plus d'attention puisque ces élèves ne sont pas autonomes en lecture et en écriture. Ce sont les niveaux phares, avec le CM2, pour bien préparer le passage en sixième." Baptiste, le "grand" de l'école, est en CM2. Il entame donc sa huitième et dernière année de scolarité au village. Fiurenzu, Lou et Tanguy sont à peine plus jeunes, en CM1. Raphaël et Eloane, au CP, apprendront à lire cette année. Cette dernière est la seule fille de l'établissement. Enfin, c'est Ignace, le seul élève de maternelle, qui requiert l'attention exclusive de Virginie Buono, son aide dédiée.

Reprise en douceur

Après deux mois d'une liberté totale dans les ruelles de leurs villages respectifs, les enfants se retrouvent pour une reprise progressive. 

"L'objectif est de les amener en douceur à reprendre une vie collective, à se réapproprier certaines règles, avec une tolérance zéro sur la violence, qu'elle soit verbale ou physique, précise l'enseignante. On suit le projet phare de lutte contre le harcèlement, la priorité est que les élèves n'aient pas l'appréhension de venir en classe. Il y a un travail de sensibilisation : ne pas insulter, ne pas frapper. Il faut désamorcer dès que cela arrive. La difficulté, dans une petite école, c'est qu'on n'a pas beaucoup de choix de copains et c'est souvent la dispute avec le meilleur ami. On n'a pas d'autres camarades pour se consoler et ça vire au microdrame."

Ce matin-là, c'est temps libre en extérieur, rentrée en classe en chanson, avant de rouvrir les cahiers. Si tout se passe bien, une séance de sport est prévue pour clôturer la matinée. Six heures par jour, une quarantaine de semaines par an, pendant huit ans, cela laisse du temps pour créer des liens forts. "Lorsqu'ils partent en sixième, c'est un déchirement, confie la maîtresse. Les CM2 qui viennent de partir, c'étaient mes élèves depuis la moyenne section de maternelle. Dans une classe unique, on a un relationnel fort avec chacun d'eux. Je différencie les apprentissages, j'adapte la pédagogie à chacun. Le temps passe vite, les premiers CP que j'ai eus sont en licence aujourd'hui."

Un avenir assuré

Pour ne pas grandir trop isolés, les écoliers du Giunsani prennent part à de fréquents échanges avec d'autres établissements de Balagne et du Centre Corse. L'année dernière, ils ont accueilli durant deux jours leurs camarades de l'école de Galeria, ainsi que les éco-délégués du collège de Calvi. Cette année, un échange avec le regroupement pédagogique intercommunal (RPI) de Zilia-Montegrossu est prévu, sur le thème de la musique.

Le maire d'Olmi-Cappella, Frédéric Mariani, est passé à l'école, en cette période de rentrée, pour s'assurer du confort de chacun.

"Voir l'école fermer dans le Giunsani, cela a toujours été ma hantise, confesse-t-il. Heureusement, ce n'est jamais arrivé et les perspectives sont très bonnes puisqu'il y a eu une dizaine de naissances ces trois dernières années, et d'autres sont à venir. Nous avons pu rouvrir la micro-crèche, sous l'autorité de la communauté de communes. Elle est aujourd'hui trop petite pour accueillir les neuf enfants inscrits. Nous allons demander une dérogation. C'est de bon augure, l'avenir de l'école est assuré pour la décennie qui arrive." 

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