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Saturday, November 11, 2023

Galeria : focus sur l'histoire paroissiale à l'occasion de ses 150 ans

 C'est au cœur de l'hiver, le 29 décembre 1872, que fut bénie l'église Sainte Marie Immaculée Conception de Galeria. Située au-dessus de l'unique route qui desservait le village jusqu'au hameau de Calca, elle rassemblait autour d'elle ce qui constituait le centre de la vie villageoise. Elle demeure, cent cinquante ans plus tard, un édifice patrimonial communal et culturel cher au cœur des habitants.

Cet anniversaire est l'occasion de replonger dans l'histoire de la paroisse de Galeria, de ses édifices et de ses usages.

Une paroisse avant d'être une commune

D'après les renseignements trouvés dans le Registre coutumier de la paroisse, Galeria a été probablement érigée en paroisse en 1844. Soit une vingtaine d'années avant la constitution de la commune de Galeria. La population compte alors 1 271 habitants et se divise en deux parties.

Une partie, forte d'environ 800 habitants, forme la population foraine ou externe que constituent les hameaux et bergeries du Filosorma, répandus sur le vaste territoire des communes de Galeria et de Manso. Elle ne fait pas partie de la paroisse de Galeria et ne participe pas aux frais du culte car la grande majorité des familles qui la composent émigrent six à sept mois de l'année dans leurs paroisses respectives du doyenné de Calacuccia.

L'autre partie, constituée par les villages de Galeria et de Calca, forme la population dite agglomérée ou interne. " Elle compte environ cent familles, soit environ cinq cents âmes ".

C'est la population paroissiale réelle, qui fréquente l'église de Galeria et contribue aux frais du culte. Cette population s'installe peu à peu, structure le village et emporte avec elle les usages, les valeurs et les traditions religieuses reçues des anciens du Niolu. Elle manifeste sa foi en construisant, en 1837, le premier édifice ouvert au culte à Galeria, A Ghjesgiarella. Cette toute petite chapelle est desservie, jusqu'en 1873, par des prêtres venus de Calacuccia, de Lozzi ou d'Ota, afin de célébrer les principaux moments de la vie religieuse, notamment les obsèques des habitants inhumés dans le cimetière attenant.

Une église se construit

Peu à peu, l'accroissement de la population conduit les habitants à ériger, de leurs propres mains, en 1872, une église plus grande pouvant accueillir une centaine de fidèles. Le culte se déplace alors de la chapelle Sainte Marie Immaculée Conception, à l'église du même nom. Le presbytère, probablement construit à la même période, peut héberger, à partir de 1873, des prêtres à demeure. L'achèvement de l'église est concrétisé en 1876, par la construction du clocher. Le 10 septembre 1901, l'ensemble est complété, sur la place de l'église, par l'érection de la Croix jubilaire, bénie par l'abbé Luciani et qui sera remplacée puis bénie par l'abbé Pinelli le 30 mai 2004.

Mais il ne fut pas prévu d'oratoire particulier pour la confrérie qui allait se former cinquante ans plus tard. Les chantres se réunissaient dans l'église paroissiale pour chanter, réciter les offices et les prières. En 1975, la caisse de la Confrérie de Saint-Antoine est léguée à la caisse paroissiale. Cela donne une indication de la date de clôture de la confrérie. Fidèles à leur foi et à leur engagement, les confrères tenaient un rôle religieux et social essentiel auprès de la population : rôle religieux dans l'animation des cérémonies et dans l'organisation des obsèques ; rôle social dans l'aide aux familles nécessiteuses. 

Des intérêts gérés par la "Fabrique"

Quelques timides tentatives de renouer avec la tradition des confréries ont été portées ces dernières années par quelques jeunes du village, mais n'ont pas abouti.

Jusqu'en 1912, les intérêts de la chapelle et de l'église sont gérés par la Fabrique, établissement public du culte. D'après une note relevée sur un vieux registre, Monseigneur Casanelli d'Istria, alors évêque d'Ajaccio, aurait nommé en 1837, des fabriciens pour gérer les intérêts de la Chapelle de Sainte Marie Immaculée conception. Ils siégeaient au conseil de fabrique avec deux membres de droit : le curé et le maire. En 1905, avec la loi de séparation de l'Église et de l'État, la chapelle et l'église deviennent des biens communaux dont l'administration est, depuis, gérée par l'association diocésaine d'Ajaccio.

Les travaux de restauration en cours et à venir, comme les efforts d'entretien, de restauration, de transformation dont elle a été l'objet depuis des décennies, témoignent de l'intérêt que la commune et ses habitants portent à leur église, cet édifice patrimonial incontournable de la vie religieuse et sociale de la population de Galeria.

Référence

https://www.corsematin.com/articles/galeria-focus-sur-lhistoire-paroissiale-a-loccasion-de-ses-150-ans-137022

Santa di u Niolu : Des milliers de fidèles réunis dans une immense ferveur

 Ce vendredi 8 septembre près de 3000 pèlerins sont venus montrer leur dévotion à la Vierge Marie toute parée de fleurs aux doux tons pastel se détachant sur le bleu marial du ciel de Casamaccioli, en présence de Mgr Bustillo, Evêque de la Corse. A l’issue de la grand messe où le recueillement des fidèles était palpable et émouvant, même, sa statue devait être portée en procession sur le champ de foire où avait lieu la traditionnelle Granitula tant attendue, en présence de 150 membres de diverses confréries insulaires.

Il est à peine 8 heures que déjà une file de voitures se forme dans la Scala di Santa Regina via le petit village de Casamacciuli, paese di a Santa. Les premiers fidèles, parmi lesquels de nombreux polyhandicapés venus chercher un peu de réconfort, se pressent sur le parvis de l’église dédiée à Notre Dame, ce sanctuaire abritant cette madonna di u Niulu tant vénérée, étant pour nous, et tous les Corses, avec a madonna di Pancheraccia et Notre Dame de Lavasina, notre petite Lourdes à nous (commune de Brando, Erbalonga), pour se recueillir à ses pieds . Dans la foulée, on se dirige vers le grand brûloir pour allumer un cierge et prier pour les siens, on l’invoque ardemment, les mains jointes, embrassant son image tant révérée. Il est temps alors d’aller se rafraîchir ou prendre un café car la matinée va être longue sous le soleil qui plombe ces hautes terres du Niolu. Le champ de foire et sa centaine d’artisans et autres barraccaghjii accueille la foule pour une première prise de contact tandis que l’heure de la messe approche. 

A 10 heures précises, les sonneurs font résonner les trois tonalités des cloches du campanile. Dans un rythme et un rite bien rodé, sans fausse note, les fidèles sont appelés à se rapprocher de l’esplanade de l’église tandis que Mgr Bustillo, Evêque de la Corse peine à se frayer un passage dans la foule dense, chacun souhaitant l’approcher, le féliciter après que le Pape François l’a créé Cardinal.

Autour de Pierre-Marie Geronimi, maire de Casamacciuli, ont pris place le président du Conseil exécutif, Gilles Simeoni, Marie-Antoinette Maupertuis, président de la CdC, Paulu Santu Parigi, sénateur de la Haute-Corse, Jean-Félix Acquaviva, député de la 2e circonscription de la Haute-Corse ainsi que les élus de toute la région, mais également ceux venus de Bastia ou encore Portuvechju. 

Le ciel est torride, Mgr Bustillo, assisté de nombreux prêtres, diacres ainsi que de l’archimandrite de Carghjese invite les fidèles à se recueillir en insistant sur le côté 

« cultuel, humain et amical de ce traditionnel rendez-vous du 8 septembre dans le Niolu. Rendons grâce à Dieu pour le don de la Vierge Marie et célébrer ensemble la nativité de Marie. Nous écouterons la parole de Dieu, nous recevrons le corps du Christ et nous sortirons de cette messe fortifiés intérieurement. Je suis très heureux de célébrer cette messe avec vous, avec ce peuple qui se retrouve ». 

Les confrères et les fidèles entonnaient alors le chant d’envoi, à savoir Sunate Campane Corse, sunate in allegria, cantate o chjese corse, per a Vergine Maria...

​A l’issue de la cérémonie, chantée par les membres des confréries de Piana, Carghjese, Aiacciu, Marignana, Bastia, San Teofalu di Corti, Corscia et bien sûr Casamacciuli, la statue de la Vierge, portée par les confrères, quittait l’esplanade de l’église pour rejoindre le champ de foire. Les quelques 150 confrères entamaient alors la somptueuse granitula qui s’enroulait avant de se dérouler dans une exemplarité solennelle, symbole du renouvellement de soi. C’était le moment pour Mgr Bustillo de procéder à la bénédiction urbi et orbi tandis que la foule acclamait « a so Regina » : « Evviva a Santa, Evviva a Santa, Evviva a Santa » !

Après cet intense moment de foi, place à la fête proprement dit. Il est temps pour les fidèles de se désaltérer et de se restaurer en dégustant le succulent veau à la broche de Marcel Flori. 

L’après-midi sera consacré à la découverte des savoir faire insulaires en flânant autour des stands tenus par près de 120 artisans. La foire du Niolu se poursuit jusqu’à dimanche avec un programme riche et varié.

Référence


Friday, November 10, 2023

Bastia : sept 2023, restauré, le tableau de « La Visitation » retrouve A Scala Santa

 Le tableau, bien dégradé, avait été décroché de la chapelle Notre-Dame de Monserato en juin 2022 pour être confié à la SCCR (Société vorse de conservation et de restauration) installée à Speloncato.

La chapelle de Notre-Dame de Monserato située sur les hauteurs de Bastia est depuis 1995 inscrite au titre des Monuments historiques. Cet édifice religieux appartenant à la mairie de Bastia est chargé d’histoire.

Fondée au XVIe siècle, la chapelle fut gravement endommagée lors des combats de 1761 entre Génois et Corses.

Plus tard, après que Napoléon 1er en conflit avec le Pape Pie VII a exilé à Bastia 424 membres du haut clergé romain, des dons affluèrent. Si la restauration de sa façade fut réalisée sous le Second Empire en 1860, avant même cela, en 1816, le Pape avait donné son autorisation de construire à l’intérieur une « Scala Santa », un Escalier saint, en référence à celui du prétoire de Jérusalem gravi par le Christ lors de son jugement par Ponce Pilate qui décida sa crucifixion.

Il comporte 27 marches et conduit à un autel situé à 6 mètres du sol.  

«Cette Scala Santa correspond à une pratique religieuse rare, très liée à la piété baroque » souligne Philippe Peretti, adjoint au maire de Bastia, délégué au patrimoine et au mécénat. «Cette chapelle est très composite puisqu’elle contient des éléments des 17, 18 et 19e siècles. Chaque année la mairie dépense environ 1 million d’euros pour toutes ses églises. Actuellement la municipalité s’attelle à la rénovation de deux édifices patrimoniaux en plein cœur de la Citadelle : l’oratoire Sainte-Croix et la façade de la Cathédrale Sainte-Marie».

L’Escalier saint ne fut finalement réalisé qu’en 1884 grâce notamment aux dons des religieux exilés sous Napoléon 1er et en reconnaissance à l’hospitalité des Bastiais.

La chapelle avait également souffert des bombardements en 1943.Elle a été rénovée en 1977.

Outre des statues, dont une génoise de marbre blanc de 1637, la chapelle contient aussi des tableaux. Parmi ceux-ci « Le Martyre de Sainte-Félicité et de ses fils Alexandre, Vital et Martial », une œuvre attribuée au peintre bastiais Anton Benedetto Rostino (1750-1821), inscrite au titre des Monuments historiques, restaurée en 2019 par la Mairie de Bastia.

Autre tableau remarquable, « La Visitation ». Cette toile de l’artiste-peintre d’origine napolitaine Marc’Antonio De Santis, installé à Bastia au milieu du 17e siècle. Il y décédera en 1681.

La toile de 194 X 120 cm représente une scène biblique tirée des textes de l’apôtre Luc (1.39-45). La Vierge en visite chez des cousins. On la voit embrasser Sainte-Elisabeth sur le seuil de la maison avec à ses côtés Saint-Zacharie et Saint-Joseph.

Bien dégradé, la municipalité avait alors débloqué un budget de 17 220 euros pour le restaurer, travaux de restauration confiés à la spécialiste Ewa Poli de la SCCR.

L’accrochage du tableau s’est fait en présence de Philippe Peretti, Caroline Michel, directrice des services du Patrimoine, de la société SCCR et de Pascal Costa, gardien des lieux.

Si la Chapelle est dédiée à Notre-Dame de Monserato, honorée tous les ans le 2 juillet, on y cultive aussi le culte de Saint Pancrace avec messe et procession le 12 mai. Une association est en cours de création autour de Pascal Costa, le gardien bénévole de la chapelle.

Référence

https://www.corsenetinfos.corsica/Bastia-restaure-le-tableau-de-La-Visitation-retrouve-A-Scala-Santa_a73750.html

Wednesday, November 8, 2023

le cardinal Bustillo, cardinal de la Corse

 Le dimanche 8 octobre 2023, plusieurs milliers de fidèles ont assisté aux messes d'action de grâce célébrées par son éminence François-Xavier Bustillo, qui a été élevé au rang de cardinal par le Pape le 30 septembre dernier à Rome.

La première messe a eu lieu le matin du lundi 9 octobre 2023, à 10 heures, en la cathédrale Santa Maria Assunta d'Ajaccio. L'église était comble, avec des fidèles venus des quatre coins de l'ile pour témoigner de leur affection envers leur évêque, désormais cardinal. L'atmosphère solennelle de la cérémonie a été accentuée par la présence de nombreux religieux et politiques, dont la présidente de l'Assemblée de Corse Nanette Maupertuis, le maire de la ville, Stephane Sbraggia et le député Laurent Marcangeli.

Plus tard dans la journée c'est à l'église Saint-Jean de à Bastia qui a eu lieu la seconde messe de grâce. Ici, l'arrivée du Cardinal a été saluée par des applaudissements et des acclamations enthousiastes. 

Dans son homélie, François Bustillo a exprimé sa gratitude envers les Corses pour leur présence et leur soutien indéfectible. Il a souligné le rôle central de la communauté dans son engagement religieux

 "Pour moi, un évêque seul, c'est un évêque triste. Un évêque entouré par son peuple, c'est un bonheur."

 Aujourd'hui, c'est un accueil d'un peuple heureux que vous m'avez réservé, et donc je suis un évêque heureux. Le Pape m'a confié une mission mais je suis serein car je ne suis pas seul, vous êtes avec moi. Merci pour ce que je reçois.

Le Cardinal François-Xavier Bustillo a tenu à rappeler qu'il restait l'évêque de Corse malgré son titre de cardinal nouvellement acquis. Il a conclu son discours en affirmant : 

"Maintenant, je suis le cardinal de Corse. C'est beau de porter ce titre et d'honorer mon peuple." 

Cette nomination revêt une signification particulièrement importante pour  les fidèles insulaires qui y voient une reconnaissance longtemps attendue pour leur île et leur évêque.

Référence

https://www.corsenetinfos.corsica/A-Ajaccio-et-Bastia-le-cardinal-Bustillo-celebre-la-messe-devant-des-fideles-enthousiastes_a74044.html

Une cagnotte en ligne pour les six jeunes séminaristes corses

Un groupe de jeunes confrères corses a récemment lancé une cagnotte en ligne pour soutenir la formation de six jeunes séminaristes de Corse.

En Corse, un vent de renouveau souffle sur les vocations religieuses, alors que six jeunes insulaires ont choisi de consacrer leur vie à la foi et à la spiritualité en devenant prêtres. Cette décision courageuse a ravivé l'espoir d'une renaissance des vocations religieuses dans la région, marquée par une longue période de déclin. 
Petru Saveriu Luciani, Maxime Bolus, Thomas Castelli, Paul-Antoine Ettori et Joseph Berger 
se préparent à embrasser la voie du sacerdoce, un chemin semé d'obstacles, notamment financiers. La formation de ces futurs prêtres représente un coût significatif, environ 28 000 euros par an et par séminariste pour le diocèse de Corse.

Une cagnotte en ligne

Pour répondre à ce défi, des jeunes confrères corses ont récemment initié une cagnotte en ligne. Leur engagement découle d'un voyage au Saint-Siège lors de la création du Cardinal Bustillo, au cours duquel ils ont été profondément inspirés à soutenir l'Église de Corse.
"Cela faisait des décennies que nous n'avions plus eu autant de vocation sur notre terre. Six jeunes Corses ont fait le choix de tout quitter pour consacrer leur vie à la spiritualité, à la foi, et se mettre au service de leur communauté. Ils seront demain les curés de nos paroisses aux quatre coins de notre île," 
expliquent les jeunes homme à l'initiative de la cagnotte, déterminés à apporter une aide financière essentielle pour permettre aux séminaristes de poursuivre leur vocation.
"Sustenite a vucazione corsa è regalate à sti giòvani seminaristi a sperenza, per fà ch'elli diventessinu dumane i nostri preti corsi è ch'elli ci sianu sempre di più preti corsi per purtà u missaghju di u Vangeliu,"
 exhortents-ils, fiers d'avoir saisi le sens profond des paroles que le Cardinal Bustillo a prononcées lors de son homélie à la Basilica dei Santi XII Apostoli de Rome.

 A cette occasion le prélat a insisté sur l’impérative nécessité d’une cohérence dans nos actions :
 "Il ne suffit pas d'aller à la messe et de communier matin, midi et soir, si vous n'êtes pas cohérent dans votre vie, dans votre relation aux autres."  
Et ces jeunes confrères ont pris ces paroles à cœur et agissent aujourd'hui en toute cohérence, à travers leur soutien aux futurs prêtres de Corse.

Le lien de la cagnotte, vous trouverez toutes les informations utiles ici:

Référence

Wednesday, November 1, 2023

père Alphonse originaire du Cameroun et père Louis originaire du Liban se présentent aux paroissiens

 À Calvi, père Alphonse originaire du Cameroun et père Louis originaire du Liban se présentent aux paroissiens, 

Tous deux incarnent désormais le visage jeune et souriant de l'église dans le secteur interparoissial de Calvi, qui comprend une dizaine de paroisses entre Montegrossu, Lumiu, Zilia, Calenzana, Galeria et Mansu.

Le curé Louis El Rahi et son vicaire Alphonse Nakima seront installés dans leurs fonctions le dimanche 10 septembre 2023, à l'occasion d'une messe présidée par l'Évêque de Corse François Bustillo, lors de la fête de la Nativité à Notre-Dame de la Serra. La symbolique est forte dans cette chapelle si chère aux Calvais.

En attendant le début de leur mission en Balagne, les deux religieux ont tout de même quitté leurs paroisses respectives pour un déplacement de trois jours à Calvi, à la rencontre des fidèles et des confrères.

"Dans d'autres circonstances, nous serions arrivés directement en septembre, contextualise Louis El Rahi. Mais nous tenions à rencontrer rapidement les bénévoles du presbytère, les confrères, les paroissiens, les curés qui assurent l'intérim. Nous nous organisons pour être opérationnels dès notre arrivée."

Un départ précipité de sa Gravona chérie

Le père El Rahi est arrivé en Corse en 2005 à l'âge de 18 ans. Sympathique et attachant, ce Corse d'adoption a su se faire apprécier partout où il est passé. 

"Je suis prêtre pour la Corse, j'ai été ordonné pour la Corse, je l'aime et je considère que je ne pourrais pas faire ce travail s'il en était autrement, assure-t-il. Depuis 3 ans, j'étais curé de la Gravona. J'avais mis en place des choses, monté des projets au service des jeunes, notamment un terrain de scoutisme. Que des projets financés à 100 %. Je pensais rester encore un peu dans la Gravona, puis l'évêque m'a appelé. Il m'a dit qu'il allait me dire quelque chose qui changerait ma vie : il pensait à moi pour Calvi. C'est un déracinement pour moi. Je quitte une vallée que j'ai appris à connaître et à aimer. Lorsqu'on est prêtre, on donne sa vie au seigneur et à l'Église, on n'a plus la maîtrise. Chacun de nous a des qualités et des compétences, et en fonction de cela, et au vu des besoins de son diocèse, l'évêque fait des choix. Il a dû penser que j'ai des qualités pour servir la paroisse de Calvi."

Il y a deux mois, à la fin du mois d'avril, le père Louis avait reçu un soutien fort du diocèse de Corse et de nombreux élus, après que le camp de scouts qu'il a créé ait été vandalisé. Ce fait divers, qui avait engendré un dépôt de plainte, avait été relayé par de nombreux médias.

Le père Louis et le père Alphonse ne se connaissaient qu'au téléphone avant de se rencontrer à Calvi. Le second a été curé durant 6 ans dans une province de l'extrême nord du Cameroun, avant de rejoindre la cathédrale de Bastia comme vicaire, il y a maintenant 8 mois. Cela faisait de nombreuses années qu'il n'y avait plus eu deux prêtres dans la paroisse de Calvi. Le curé Cueroli et le vicaire Nicoli semblent avoir été les derniers à partager ces fonctions à la fin des années 2000.

"Ange-Michel Valery, c'était un grand frère"

Dans une église Sainte-Marie Majeure bondée, ce mardi soir, les deux hommes d'Églises rencontraient les paroissiens et les confrères pour la premières fois. Encore sous le choc de la disparition de l'estimé Ange-Michel Valery, toute la paroisse a rendu hommage à son abbé trop tôt disparu.

"L'abbé Valery était un homme très attachant, estime le père Louis. Il était vicaire général et responsable des séminaristes lorsque je l'ai connu, en 2005. Il a été mon accompagnateur en tant que délégué de l'évêque. Très vite, une amitié s'est liée entre nous. J'ai connu ses parents lorsque j'étais vicaire à Lavasina avec le curé Pinelli. C'est là que se trouve la maison paternelle de l'abbé Valery. Son papa est enterré là-bas, j'étais présent ce jour-là. Tout ça pour dire qu'Ange-Michel était bien plus qu'un collègue, bien plus qu'un responsable des vocations. C'était un grand frère."

Ces trois jours de visite en Balagne ont été intenses pour les pères Louis et Alphonse. Ce dernier a notamment découvert Calenzana, village où se trouve le presbytère qui sera sa résidence. Parmi les chantiers en cours au sein de la paroisse, se trouve le remplacement de la statue de Notre-Dame de la Serra, détruite par la foudre le 2 septembre dernier. À la marbrerie de Carrare en Italie, des artisans finissent de sculpter la madone qui devrait être installée sur son socle au cours de l'été. L'évêque doit la bénir le 10 septembre, tout comme les deux jeunes prêtres à qui il a confié la charge des paroisses de Calvi.

Référence du 06/07/23 

https://www.corsematin.com/article/societe/2718203467982415/a-calvi-pere-alphonse-et-pere-louis-se-presentent-aux-paroissiens

VIDEO: La nouvelle statue de Notre-Dame de la Serra, Calvi, a retrouvé son rocher et le traditionnel pèlerinage du 8 septembre.

Après deux tentatives, la nouvelle statue de Notre-Dame de la Serra a retrouvé son rocher

La statue avait été endommagée après un coup de foudre le 2 septembre 2022. 

La nouvelle statue de Notre-Dame de la Serra a finalement pu être érigée, ce jeudi 7 septembre, à Calvi, aux alentours de 19 heures. Deux entreprises locales ont offert leur concours pour le grutage et la pose de la Vierge mais un problème technique a retardé la pose de la statue et contraint les ouvriers à effectuer une seconde tentative. 

Un peu plus d'un an après le coup de foudre qui avait endommagé la statue de Notre-Dame de la Serra, une nouvelle Madone est sur le point d'être érigée. Fabriquée dans le marbre de Carrare, en Italie, la nouvelle statue a été financée grâce aux généreux dons des paroissiens. Elle était arrivée au chantier naval de Calvi le 24 août dernier.
C'est un moment attendu et espéré depuis longtemps, et qui intervient la veille des fêtes du 8 septembre.

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Notre Dame de la Serra

Il s’agit de la chapelle de Notre Dame de la Serra, édifiée au XV siècle (1479) inscrite au patrimoine religieux calvais. Quant à la sculpture, elle représente la vierge Marie, les calvais lui ont confié la protection de la cité et lui consacrent depuis 500 ans un pèlerinage.

Perchée sur la colline dont elle porte le nom la chapelle de Notre-Dame de la Serra a été construite en 1479. Détruite par les Anglais lors du siège de 1794, elle sera reconstruite entre 1850 et 1860 sur les ruines de l’ancien sanctuaire. Juste à côté de la chapelle, il y a un énorme rocher sur lequel se trouve la statue de la Vierge avec les bras ouverts vers Calvi, telle une protectrice. La légende de Notre Dame de la Serra dit que si vous y venez avec l’être cher, vous assurez longévité à votre histoire et à votre couple…

De là, on domine toute la ville et toute la baie avec en fonds la punta de Spano, et par beau temps, le désert des agriates et le cap Corse. C’est très beau en été, mais c’est encore plus extraordinaire l’hiver avec sur la droite toute les montagnes enneigées.

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Autres patrimoines religieux de Calvi

  • Chapelle Notre Dame de Loreto (Madonna di Loretu) proche de la mairie.
  • Chapelle Santa Maria Vecchia ruinée, située dans le centre-ville, en face la sous-préfecture, surplombant l'avenue de la République (RN 197). La chapelle Santa Maria avait été élevée au début du xviie siècle ; elle prend plus tard le nom de Santa Maria Vecchia. Cette chapelle funéraire est tout ce qui reste de l'ancienne basilique Santa Maria. Le cimetière aux alentours a continué d’être fréquenté jusqu'au xixe siècle par les Calvais très attachés au site de cette vieille basilique.
  • Notre-Dame de la mer : Vierge haute de soixante centimètres; sculptée et offerte par Anne-Marie Moretti. Elle a été immergée en 2004 par 20 m de profondeur au large de la pointe Saint-François.

Liste des chapelles de Haute-Corse


Liste des églises de Haute-Corse


soirée consacrée aux communautés de Saint-Erasme et de Saint-Antoine, confréries, à l'occasion des Journées du patrimoine

 Au fort Charlet de Calvi, une plongée dans l'intimité des confréries

Le centre de conservation et de rénovation du patrimoine mobilier de Corse, situé dans le fort Charlet de Calvi, a été, ce vendredi soir, le théâtre d'un événement inhabituel en ces lieux. Il s'agissait, à l'occasion des Journées européennes du patrimoine, du vernissage d'une exposition photographique consacrée aux deux confréries calvaises : Saint-Erasme et Saint-Antoine.

 J'ai découvert il y a quelques années le centre de restauration du patrimoine de Calvi, relate Olivier Sanchez. Sarah et Carine, qui y travaillent, me l'ont fait visiter et je me suis tout de suite imaginé sur des projets photos personnels : les murs en granite, les grands espaces, les plafonds hauts se prêtent parfaitement à une exposition de photos. On a donc décidé d'exposer dix clichés en format 250 cm x 180 cm sur la vie des confréries de Calvi. C'est un parcours initiatique, l'introduction d'un événement plus important qui viendra à compter de juillet 2024. "

Ami de longue date du photographe, Christophe Perrimond est aussi le prieur de la confrérie Saint-Erasme de Calvi. C'est un peu lui qui a facilité l'immersion d'un appareil photo dans les moments les plus solennels de la vie religieuse, notamment la préparation de la Semaine sainte et du Catenacciu. Passionné par l'histoire de sa ville, Christophe Perrimond a complété l'exposition photographique par un long propos sur l'histoire des confréries à Calvi. Les origines, la fonction sociale, le patrimoine matériel et immatériel des différentes communautés religieuses a été abordé, avec force d'exemples et de références.

Un livre de 300 pages bientôt édité

La dizaine de photos exposées au fort Charlet va être complétée, l'année prochaine. " Il y en aura 80 supplémentaires, annonce Olivier Sanchez. Ce sera quelque chose de plus large, de plus élaboré, et cela concernera les confréries de toute l'île. Dans le même temps, un livre de 300 pages va être édité. C'est le fruit d'un long travail de collecte, dans la discrétion, l'humilité et surtout la confiance que m'ont accordée tous les confrères. J'espère qu'ils se reconnaîtront dans ce travail. "

Une centaine de personnes était présente pour ce vernissage au fort Charlet. Il y avait des amis d'Olivier Sanchez et de Christophe Perrimond, des confrères, des élus. Un intérêt populaire qui valide la pertinence d'une telle exposition, dans ce lieu. En tout cas, la directrice du centre était convaincue : " Je remercie chaleureusement Olivier Sanchez pour sa confiance, pour son amour de l'art, du patrimoine et du travail bien fait, a assuré Sarah Le Berre-Albertini. Parallèlement à son travail de photo reporter, il a trouvé le temps de poursuivre un projet un peu spécial, pendant près de 25 ans, celui de documenter l'activité des confréries religieuses. Au bout d'un quart de siècle, on imagine à quel point il fait désormais partie du décor, ce qui lui permet de capter des instants où les confrères sont tout à fait naturels, plongés dans leur foi et n'ont plus conscience d'être pris en photo. Cela nous offre des images magiques. Je ne doute pas que ces photographies feront un jour partie des archives de la Corse, car c'est un travail de fond, une mine précieuse pour documenter un phénomène contemporain, le renouveau des confréries. Les confréries ont toujours eu une part active dans la société corse, elles ont même largement contribué à la construction du patrimoine religieux insulaire, surtout aux XVIIe et au XVIIIe siècles, grâce à des commandes prestigieuses d'œuvres d'art, de tableaux, de statues, de retables qui furent commandés par les confrères aux plus grands maîtres baroques italiens." Une exposition à découvrir un vendredi sur deux, lors des ouvertures du fort au public.

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