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Wednesday, November 8, 2023

la philosophe Joëlle Zask, IUF fait une étude sur la Corse

 Et si l’on pouvait trouver en Corse des réponses à la crise environnementale dans laquelle a plongé la planète ? C’est le défi que la philosophe Joëlle Zask, membre de l’Institut Universitaire de France et du Centre Norbert Elias, spécialiste du pragmatisme et de philosophie sociale, et professeur à l’université d’Aix-Marseille, a choisi de relever. Elle nous présente cette étude en cours de réalisation.

- Pouvez-vous nous exposer en quelques mots l’objet de votre étude ?

- La problématique de départ est celle-ci : trouverait-on en Corse des réponses aux questions que la crise environnementale nous pose désormais ? Le regard que nous portons est celui d’une philosophe – moi-même – et d’un photographe – Simon Birman, avec qui je travaille. Sans nier les réalités locales souvent complexes, voire conflictuelles, nous voudrions recueillir un legs précieux, parfois inaperçu, sur lequel pèse actuellement la double menace de la sanctuarisation et de la destruction de l’environnement.
Cet objectif étant fixé, le projet demeure largement ouvert. Sa réalisation va dépendre des interlocuteurs que nous rencontrerons, de nos observations et de nos parcours, de notre formation sur place, de la fréquentation assidue des lieux… Mais le travail est aujourd’hui suffisamment avancé pour savoir qu’il est pertinent, que ça vaut la peine de poursuivre.

- Qu’est-ce qui vous a donné l’idée de réaliser ce travail ?

- Le point de départ, ce sont plusieurs personnes qui m’ont invitée à écrire sur la Corse ; des personnes qui m’ont entendu causer et connaissaient mon approche, mon point de vue sur la démocratie comme culture, mode de vie, et son lien avec l’écologie. On m’a dit de plusieurs côtés : « Il y a quelque chose qui nous intéresse, nous, Corses, là-dedans… ». En fait, j’ai été invitée à exercer mes concepts au contact de la Corse… J’ai été d’abord surprise, ne connaissant rien à cette île, mais me voilà mordue ! Au cours de mes premiers séjours, j’ai progressivement compris le pourquoi de cette invitation qui m’était faite. Et quel en était l’enjeu. Qu’est-ce qui, dans ma perspective, dans ma sensibilité, pouvait entrer en résonance avec des expériences, des phénomènes, des paysages de Corse ? Plusieurs choses m’ont frappée qui constituent pour l’instant les divers objets de mon étude. Il y a par exemple le cédrat, un agrume auquel colle un imaginaire puissant à partir duquel revisiter les relations tout à fait uniques entre la Corse et les Juifs, ce qui me concerne pour le coup.
Il y a aussi le châtaignier, « poule aux œufs d’or » et « arbre de la liberté », symbole depuis Pascal Paoli de l’indépendance alimentaire et des libertés politiques en même temps. J’ai écrit un article paru dans Robba en décembre 2022 en même temps que dans AOC média sur ce sujet. 
Il y a aussi les animaux autogouvernés en quelque sorte, à l’aise sur leur parcours, sans berger ni chien. Eux aussi illustrent le rapport entre le soin du paysage (paese) et la défense des libertés que je cherche à observer en Corse. Et plein d’autres sujets…

- La liberté, c’est une notion qui est importante pour vous ?

- Absolument. C’est fondamental. Pour moi qui suis spécialiste par goût de philosophie dite politique, la liberté, ce n’est pas « faire ce que je veux » mais agir, seule ou avec d’autres, entreprendre, expérimenter, transformer le monde disait Marx ! Je ressens en Corse un attachement très fort à la liberté d’action alors que, sur « le continent », on ne l’aime pas tellement. On lui préfère l’égalité notamment. Cette liberté d’action est pourtant et toujours contextuelle : on n’agit pas dans la stratosphère, mais en présence d’un environnement bien précis, en dialogue avec ce dernier. La conscience d’un partenariat avec la nature dans la construction de soi et l’usage des libertés est extrêmement prégnante dans la « Corse de l’intérieur », je l’apprécie beaucoup et la partage.

- Sous quelle forme pensez-vous rendre publique cette étude ?

- On l’imagine sous la forme de tableaux à la fois narratifs et photographiques composés au sein d’un dispositif quadrangulaire qui rassemble le lieu, la personne qui en parle, le photographe et moi-même qui observe et pose des questions. Il en résultera un livre conçu un peu comme une promenade. Avec les photographies argentiques en noir et blanc de Simon Birman, ce qui leur donnera une épaisseur temporelle soulignant le soi-disant “retard” des paysages corses : un « retard » dont on dit souvent qu’aujourd’hui il se révèle une avance… Nous envisageons aussi une exposition de photos ponctuée de textes et de sons, une journée d’études, pourquoi pas un colloque.

Référence

https://www.corsenetinfos.corsica/Quand-une-philosophe-politique-fait-une-etude-sur-la-Corse_a73985.html

Thursday, November 2, 2023

le rabbin de Corse a reçu des appels de continentaux juifs ("Ebrei" en corse) pour s'installer en Corse suite aux attaques liées au massacre du Hamas

 


Le rabbin de Corse, Levi Pinson, a reçu des appels de membres de la communauté juive du continent se renseignant pour venir s'installer en Corse.

Plus de 1040 actes antisémites ont été enregistrés en France entre le 7 octobre et le 7 novembre.
Tous sur le continent, aucun en Corse. 

Tags, propos antisémites et recrudescence de la haine en ligne. 

Laurent Marcangeli, le député de Corse-du-Sud et président du groupe Horizons à l'Assemblée nationale.
 “Il n’y a eu aucun problème chez nous, vous avez des associations qui militent depuis des années pour que la Palestine soit dotée d'un État, mais elles le font de manière pacifique et il n’y a eu aucun débordement”.

Aucun débordement y compris lors d'une autre manifestation, celle-ci organisée par l'association Corse-Israël à Ajaccio le 11 octobre dernier. Au contraire, se rappelle Levi Pinson, Rabbin de Corse. 

“Il y avait beaucoup d'Ajacciens, de la population en général, qui ne font pas partie de la communauté et qui sont venus manifester leur solidarité" explique-t-il. Et d'ajouter : "Aucune personne de la communauté ne s'est plainte d'une quelconque remarque ou autre. J’ose espérer qu'il n'y a pas de particuliers qui mijotent des idées en soutenant des actes de barbarie. En tout cas, dans les rues, on ne ressent aucune hostilité”. 

Ce constat est bien loin des témoignages inquiets de la communauté juive sur le continent pour lesquels le Rabbin dit recevoir de plus en plus d'appels au cours de ces derniers jours. 

“C’est surtout sur les réseaux sociaux" indique-t-il. "Des messages de panique, d'insécurité, que j'entends, d'amis ou de proches qui sont sur le continent et aussi plusieurs appels pour se renseigner, éventuellement pour emménager en Corse. J'ai reçu une dizaine d'appels la semaine dernière”.

Un sentiment de sérénité et de sécurité notamment renforcé en Corse par l'augmentation des rondes des forces de l'ordre autour des 3 centres du judaïsme que compte l'île.

La communauté juive de l'île de Beauté compte 500 fidèles, et aucun n'a subi le moindre acte antisémite. Là-bas, l'accueil de nouveaux Français de confession juive ne pose aucun problème. Jean-Baptiste Arena, élu indépendantiste corse  a indiqué :

« À partir du moment où ils viennent pour appartenir à notre communauté, peu importe leur confession, pour partager nos joies et nos peines, il n’y aura jamais aucun souci », 

Référence du 02/11/2023

https://www.francebleu.fr/infos/des-juifs-du-continent-reflechissent-a-vivre-en-corse-ou-aucun-acte-antisemite-n-est-a-deplorer-5500936

Histoire des Juifs en Corse

 Pasquale Paoli écrit le 26 juin 1760 au fils de Domenicu Rivarola, consul du Piémont à Livourne : 
« si les juifs voulaient s’établir parmi nous, nous leur accorderions la naturalisation et les privilèges pour se gouverner avec leurs propres lois, parlez–en à quelque rabbin accrédité ». 
Paoli (passe) un accord semblable avec des entrepreneurs français au moment de la guerre de Sept ans (1756-1763), pour l’exploitation des forêts ». 
En 1763, Paoli qui se propose d’installer toute une colonie juive dans l’île, accède à la requête d'un Juif nommé Modigliani installé parmi les premiers habitants de la cité d’Ile Rousse, de bénéficier du même droit de vote que les habitants nationaux selon la promesse du général. Il déclare :
 « Les Juifs ont les mêmes droits que les Corses puisqu’ils partagent le même sort ».
La Première République française a ainsi accueilli les Juifs arrivés en Corse en leur reconnaissant les mêmes droits que les autres citoyens, pouvant pratiquer librement leur religion (ce qui n'était pas le cas à l'époque dans de nombreux pays).

Alors qu'auparavant, seuls les marins napolitains et autres pêchaient le corail, Paoli autorise les Juifs de Livourne à le pêcher sur les côtes corses en 1767, occasion pour lui de développer l'économie portuaire et commerciale de la Corse.

Pendant la première guerre mondiale les corses ont accueilli beaucoup de familles Ebrei (« Juifs » en langue corse).
Pour la deuxième guerre, on ne déplorera qu'un seul juif de Corse, d'origine tchèque, déporté accidentellement et assassiné dans un camp d'extermination. La Corse reste le seul département français où il n'y a eu aucune dénonciation, aucune déportation de Juif.
Devant l'Assemblée territoriale de Corse, l'historien Serge Klarsfeld exprime le désir que la Corse soit considérée comme « île des Justes », en souhaitant pour elle le titre de « Juste parmi les nations » auprès de Yad Vashem.
En 2017, le rabbin Levi Pinson s'installe à Ajaccio et forme la communauté juive dans la cité impériale. En 2020, il délègue le rabbin Zalman Teboul qui fait renaître l'ancienne communauté juive de Bastia.

Référence 

https://fr.wikipedia.org/wiki/Histoire_des_Juifs_en_Corse