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Saturday, November 11, 2023

Calenzana: Francis Pinelli, mort à 89 ans en août 2022, Corse d'Afrique visionnaire jusqu'à la démesure

 Fils de Calenzana et Corse d'Afrique, Francis Pinelli aura marqué son temps. 


La famille Pinelli vers la fin des années 1960. Francis se tient à gauche, à côté de Tony, de leurs parents et de Jacky. Ne manque que Pierre pour compléter la fratrie.
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Né dans une famille de quatre garçons, dont il était le dernier vivant, - après Toni, grand bâtisseur, Pierre, médecin réputé, et Jacky, inclassable touche-à-tout -, il s'est éteint, un jour d'août 2022, chez lui, dans son village, à 89 ans, au terme d'une vie dense et riche. C'est en Afrique, où son père, administrateur du Togo, était en poste, que le jeune Francis, nageant dans la lagune au milieu des crocodiles, se forgea une âme de conquérant sans peur.

Portant beau et séducteur à l'élégance exquise, il s'en alla très tôt à la découverte du monde... Après Paris et une formation militaire de pilote, le cap est mis sur Dakar au Sénégal où il innove avec le négoce de la langouste qu'il va chercher en Gambie ; puis la Côte d'Ivoire et un premier hôtel Palm Beach sur une plage de rêve à Vridi, et à nouveau Dakar avec le Club Alyana (470 chambres) et son casino. C'est à Nosy-Be, sa "parenthèse" enchantée (1966-68), au nord-ouest de Madagascar, que Francis Pinelli enchaîne avec un grand complexe hôtelier et deux casinos dont un à Tannanarive.

Un Palm beach à Calvi

De ses "fortunes" lointaines, les échos parviennent jusque dans les hameaux reculés du berceau familial. Et ils sont plus d'un qui, partis dans son sillage avant de voler de leurs propres ailes, connurent de belles réussites. Versant Corse, c'est dans le secteur de l'hôtellerie que Francis Pinelli choisit d'investir en 1968, créant à Calvi, en bordure de pinède, le Palm Beach, 4 étoiles de la cité (153 chambres) ouvert toute l'année, avant de lancer - malheureusement peu suivi par ses pairs - la première campagne de tourisme d'hiver qui s'accompagnait de la mise en place d'un centre de formation aux métiers de l'hôtellerie-restauration. En 1972, il rouvre à L'Île-Rousse le Napoléon-Bonaparte, fleuron de l'hôtellerie de l'après-guerre.

En même temps, il s'investit pour l'extension de l'aéroport de Calvi - Santa-Catalina, et la couverture sanitaire de la Balagne, à l'époque inexistante. Dès lors, estimant que le pouvoir économique n'y suffit pas, il tente de se faire élire à Calenzana. Mû par son idée de tourisme pendulaire et d'étalement de la saison, visionnaire jusqu'à la démesure, il a pour projet de creuser un tunnel sous la Muvrella qui mettrait les stations balnéaires du littoral balanin à quelques dizaines de minutes de la station de sports d'hiver d'Asco. Il sera battu par une coalition de caciques, malgré l'enthousiasme de la jeunesse qui le porte.

Fracassante déclaration

En 1975, au lendemain des évènements d'Aleria, Philippe Rossi, conseiller général de Calenzana, lance "Place aux jeunes" et démissionne. Élu de haute lutte, Francis Pinelli ne s'embarrasse pas d'étiquette et obtient du Radical de gauche François Giacobbi de nombreux aménagements routiers, dont ceux du chemin du Marsulinu classé dans la voirie départementale.

Mais, Francis Pinelli se veut aussi proche du Dr Edmond Siméoni et de la revendication d'autonomie.

Éclectique quant aux idées, il se fend même d'une fracassante déclaration "Pour l'indépendance de la Corse". Le mot lâché met le feu aux poudres. Les avions qu'il pilote au sein de l'aéroclub, dont il est le président, et ses biens sont visés par des attentats. Sa personne est directement menacée.

Pour ceux qui le connaissent bien, cette prise de position n'a rien d'une déclaration de guerre. Elle se veut conjoncturelle, le but étant de provoquer un électrochoc. Il s'en expliquera. Dans son esprit, il s'agissait d'un "statut d'autonomie". Francis Pinelli n'est pas du tout dans la radicalité. Amis, adversaires ou concurrents, il parle à tous. D'égal à égal. Pas une once 

Mais, "nul n'étant prophète en son pays", le voilà reparti, pour de nouvelles aventures. En Afrique où, ami des chefs d'État, il est attendu. Au sud de Dakar à Saly, il fait bâtir un énième Palm Beach avec hôtel de 300 chambres, piscine, golf et centre équestre, qui emploie encore aujourd'hui 360 personnes. Une compagnie aérienne sénégalaise de charter African Air Holidays portera son estampille. Il y eut aussi le Gabon et la création de la liaison maritime Port-Gentil-Libreville, avant sa dernière acquisition : un gros bateau qu'il alla chercher à Séoul !

Francis Pinelli, père de quatre enfants et grand-père, avait 83 ans lorsqu'il décida de raccrocher. Pour se retirer à Calenzana.

Trop généreux pour être bon gestionnaire, la plupart de ses "créations", à commencer par le Palm Beach de Calvi devenu La Balagne (Touristra), ont changé de mains.

Il en fut ainsi des Eaux de Zilia qui, en 1994, auraient pu être les Eaux de Calenzana si le maire du chef-lieu ne lui avait opposé une fin de non-recevoir. Des évolutions positives dans sa sphère d'activités, Francis Pinelli s'est réjoui jusqu'au dernier jour. Comme si, pour lui, le plus important résidait dans tout ce qu'il aura permis de faire.

Remarques

Philippe Rossi, maire de Montegrosso, avait été élu conseiller général de Calenzana à la suite de la vacance du siège provoquée par le décès du maire de Galeria, Jérôme Seité, père du maire actuel. 

Francis Pinelli, élu conseiller général en 1976, l'avait emporté face à l'abbé Michel Orsini. 

La municipalité de Calenzana n'ayant donné aucune suite à son projet, Francis Pinelli s'en alla trouver Jacques Santelli, le maire de la commune voisine, qui lui avait succédé comme conseiller général du canton. Ce dernier, saisissant tout l'intérêt qu'il y avait à capter et commercialiser les eaux venues du Monte Grosso,

Référence

Wednesday, November 8, 2023

54 femmes et hommes issus de 15 pays viennent d'obtenir la nationalité française en Corse

 La Haute-Corse compte de nouveaux citoyens français. A l'occasion de trois cérémonies qui ont eu lieu mardi 10 et mercredi 11 octobre àde Bastia, 42 personnes ont officiellement reçu la nationalité française.

Ils sont désormais Français. 54 personnes se sont vu attribuer la nationalité française à l'occasion de trois cérémonies d’accueil dans la citoyenneté qui ont eu lieu mardi 10 et mercredi 11 octobre à Bastia présidées par le préfet de Haute-Corse, Michel Prosic, et par Yves Dareau, Secrétaire Général de la Préfecture de Haute-Corse et sous préfet de l’arrondissement de Bastia.

La première cérémonie 

La première cérémonie a rassemblé des participants de neuf nationalités différentes. Le Maroc a dominé les chiffres, avec six naturalisés, suivi de près par la Tunisie avec deux ressortissants, et également un représentant de la Pologne, de la Moldavie, du Bénin, de la Serbie, du Portugal, du Royaume-Uni et de l'Italie. Une caractéristique significative de ces cérémonies réside dans la présence des maires des communes de résidence des nouveaux citoyens. Parmi les 15 personnes honorées, cinq résidaient à Corte, trois à Ghisonaccia, trois à Penta-di-Casinca, trois à Aleria, et une à Cervione.

La deuxième cérémonie 

La deuxième cérémonie a vu 13 nouveaux citoyens, dont cinq provenaient de Calvi, et les autres de Calenzana, Lavatoggio, Monticello, Prunelli-di-Fiumorbu, Sainte-Lucie-di-Moriani, Santa-Reparata-di-Balagna, Solaro et Ventiseri. Huit nationalités étaient représentées, le Maroc se distinguant encore avec six naturalisés, suivies de la Pologne, de l'Espagne, de la Moldavie, de la Roumanie, de la Russie, du Royaume-Uni et de la Tchécoslovaquie, chacune ayant un nouveau citoyen.

La troisième cérémonie 

Lors de la troisième cérémonie, pas moins de 26 personnes étaient concernées, dont 19 résidaient à Bastia, deux à Furiani, deux à Biguglia, deux à Lucciana, et une à Borgo. Pour cette cérémonie, 11 nationalités sont représentées, issues du Maroc, qui compte le plus grand nombre de personnes naturalisées avec 12 personnes, la Roumanie avec 3 personnes, la Tunisie et l’Algérie avec 2 personnes ainsi que l’Albanie, l’Éthiopie, le Sénégal, l’Allemagne, la Côte d’Ivoire, la Pologne et Cuba qui comptent respectivement une personne.

En Haute-Corse 211 nouveaux français en 2022

Chaque année entre 90 000 et 150 000 personnes obtiennent la nationalité française. En 2022 en Haute-Corse ils ont été 211 a l'obtenir. Il existe trois grands modes d’acquisition : l’acquisition par décret, par déclaration (le plus souvent à la suite d’un mariage avec un Français) et de plein droit pour les jeunes étrangers nés et résidant en France lorsqu’ils deviennent majeurs, et au bout des 10 ans de résidence.

Voici pour la Haute-Corse les chiffres des 11 dernières années

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