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Friday, November 10, 2023

Menaces sur la maternité de Porto-Vecchio : les grévistes et leurs soutiens attendent des réponses claires

 « Développer une offre complètement atypique », c’est le projet de Marie-Hélène Lecenne pour la maternité de Porto-Vecchio pourtant menacée de fermeture. La directrice de l’Agence régionale de santé (ARS) entendait rassurer le personnel de la maternité, tout autant que la population de l’Extrême Sud, en tenant ces propos la veille du premier jour de grève. Raté. C’est en réalité l’agacement et l’incompréhension qui a prédominé dans les rangs des grévistes et de leurs soutiens, qui étaient environ 150 ce mardi après-midi à réclamer des garanties quant au devenir de la maternité porto-vecchiaise.

Atypique : « qui ne répond pas au type habituel, difficile à classer », définit le dictionnaire. Le mot n’est pas passé auprès des défenseurs de la maternité qui se sont réunis devant la clinique de l’Ospedale. « L’ARS en Corse aussi, elle est atypique, puisqu’il n’y a que 330 000 habitants en Corse... Son existence est-elle donc justifiée ? », ironise Marie-Désirée Nicolaï-Marcellini, secrétaire nationale du Syndicat des travailleurs corses (STC). Elle fait un parallèle entre le seuil des 300 naissances annuelles réclamé initialement par l’ARS pour maintenir la maternité à Porto-Vecchio. Délégations de service public Un seuil qui n’a pas été atteint par l’établissement en 2022. « Des naissances, il y en a eu 220 à 230 », confirme Rémi François, le directeur de la clinique.

Pour les urgences et la maternité, deux missions de service public confiées par l’État à la clinique porto-vecchiaise, il reçoit « environ 3,5 millions d’euros par an ». Une enveloppe que Rémi François entend bien évidemment conserver : « Ce qui est atypique, c’est que la direction de la clinique soutient la grève », fait-il malicieusement remarquer. « La mission de service publique, elle est globale, reprend-il. Toucher à la maternité, ce serait donc aussi toucher au service des urgences. »

Mais à entendre Marie-Hélène Lecenne lundi, la maternité ne serait pas menacée : « Nous ne voulons pas la fermer, nous voulons la faire évoluer », s’était-elle confiée devant la presse. En y adjoignant, selon elle, un centre périnatal de proximité (CPP). « Actuellement, ce cas de figure n’est pas prévu par la loi, balaie Véronique Bouffard, cadre sage-femme à la clinique de l’Ospedale. Soit il y a une maternité, soit un CPP. Pas les deux. Dans un CPP, on ne pratique pas d’accouchements. En fait, elle ne connaît pas notre service car à Porto-Vecchio, nous travaillons déjà avec la PMI et le centre de planification. Tout ce qu’elle propose, c’est déjà en place. Augmenter l’offre de services à la population ne ferait que rentrer en concurrence avec les sage-femmes libérales. Quel intérêt ? » « Une césarienne, je la fais en dormant... »

Sur le terrain médical, le docteur Sami Haddad démonte l’argument selon lequel les praticiens d’une clinique qui ne réalise pas 300 accouchements annuellement seraient insuffisamment entraînés. « A Porto- Vecchio, on est quatre gynécologues obstétriciens à se relayer chaque semaine. Et quand on n’est pas ici, on travaille pour un autre établissement, alors on pratique tout le temps. » Et quand bien même, « une césarienne, je la fais en dormant... C’est comme le vélo, ça ne s’oublie pas. »

Porte-parole de l’intersyndicale STC-FO, Lionel Baggioni a dénoncé « la non réponse de l’ARS » et réclamé un plan à long terme pour assurer la pérennité de la maternité, compte tenu de son action indispensable pour le territoire. » Dans le cas contraire, « la grève continuera. On ira crescendo si on ne nous entend pas. Ça ira jusqu’à des blocages, s’il le faut. » Membre du collectif de soutien à la maternité, Marie-Françoise Papi s’est montrée perplexe devant le discours de Marie-Hélène Lecenne, mais « elle a retenu deux choses », a-t-elle noté : « Les deux heures et demi de trajet pour rejoindre la maternité la plus proche en cas de fermeture et le service de transfert qui n’est pas suffisant. »

A l’unisson de tous, le député de la 2e circonscription de la Corse-du-Sud, Paul- André Colombani attend « des réponses claires venues de l’ARS. On veut sauver la maternité. Point. » Le projet atypique ? « Il n’est pas question de faire une expérimentation à Porto-Vecchio sur des femmes qui sont sur le point d’accoucher ». Alors que le directeur de la clinique annonce « 100 % de grévistes » en ce mardi parmi le personnel de la maternité, des papas et des mamans sont venus apporter leur soutien à l’établissement. « Liberté, proximité, sécurité », pouvait-on lire sur une pancarte. Sur une autre, en forme de cercueil : « A vita iè, a morti no ». Sophie et Maxime sont venus avec leur petite fille, Lou, âgée d’un an. « La petite est née ici. Et on n’aurait pas eu envie de faire deux heures et demi de route pour l’accouchement. Avec un tel éloignement, il y aurait de gros risques, non ? »

Référence

https://www.corsenetinfos.corsica/Menaces-sur-la-maternite-de-Porto-Vecchio-les-grevistes-et-leurs-soutiens-attendent-des-reponses-claires_a73526.html

Saturday, November 4, 2023

Amiante naturelle, géologie, prévention du risque sanitaire et conflictualité

 


Les montagnes qui constituent le Cap Corse, la région située entre le col de Téghime
et la vallée du Golo et au Sud la Castagniccia résultent d’une histoire géologique
complexe qui s’étale sur plusieurs dizaines de millions d’années. Cette histoire a vu
dans un premier temps l’ouverture d’un domaine océanique, associée à la mise à
l’affleurement de roches ultrabasiques (péridotites ± serpentinisées) et à la formation
d’une croûte ophiolitique constituée de gabbros et de basaltes. Cette phase d’accrétion
a été suivie par la disparition de ces roches océaniques, entraînées au niveau de
zones de subduction dans les parties profondes de la lithosphère. Une partie de ces
formations océaniques a échappé à cet enfouissement et a été exhumée, venant
s’accoler contre et parfois se superposer sur un domaine géologique plus ancien. Ce
domaine « ancien » affleure actuellement dans les parties sud et ouest de l’île et
correspond à la Corse dite « granitique » ou « hercynienne ». Les roches issues du
domaine océanique affleurent dans les parties nord et nord orientale de l’île et
constituent la Corse dite « schisteuse » ou « alpine » (Illustration ci-dessus).
La Corse alpine est constituée par un empilement tectonique d’unités contenant des
roches très variées. Certaines de ces unités sont constituées par d’anciens sédiments
ou par d’anciens granites, les autres par des péridotites plus ou moins serpentinisées
et associées ou non à des gabbros et à des basaltes métamorphisés (Lahondère,
1996). La plupart des limites qui séparent toutes ces unités sont tectoniques et peuvent
être soulignés par des affleurements discontinus de péridotites serpentinisées qui, du
fait de leurs caractères rhéologiques, ont « joué » un rôle de « lubrifiant » dans
l’édification de la Corse alpine (« couche savon »).
Les principaux massifs de péridotites ± serpentinisées et de serpentinites affleurent au
niveau de la retombée occidentale du dôme de la Castagniccia ainsi que dans la partie
occidentale du Cap Corse. Ces massifs appartiennent à différentes unités géologiques
qui ont toutes subi une évolution tectonique et métamorphique de type HP-BT4. Les
serpentinites sont associées d’un point de vue cartographique à des massifs plus ou
moins importants de gabbros magnésiens (euphotides) et ferreux. Parmi les faciès
également présents en Haute-Corse se trouvent d’anciens basaltes métamorphisés
dans les conditions du faciès des schistes verts. Toutes ces roches sont susceptibles,
du fait de leur chimisme, d'être amiantifères, c'est à dire de renfermer localement des
minéraux silicatés fibreux (amphiboles de type actinolite et trémolite notamment,
serpentines de type chrysotile). La probabilité est forte pour les péridotites
serpentinisées, moins importante pour les gabbros magnésiens et probablement plus
faible, hors contexte structural particulier, pour les anciens basaltes. Pour les unités à
matériel sédimentaire ou granitique, la probabilité de la présence de minéraux 
amiantifères est plus faible, voire nulle en dehors d’un contexte structural particulier
(zones à très forte déformation).
Les problèmes d’une exposition à l’amiante « naturelle » se posent d’une façon
évidente en Haute-Corse où des massifs très importants de roches amiantifères
couvrent d’importantes surfaces. Les études actuellement disponibles, peu
nombreuses, établissent cependant un lien entre cette exposition strictement
« environnementale » et le développement de certaines pathologies (plaques
pleurales, mésothéliomes).

Cartographie et minéralogie de l’amiante environnemental sur la commune de Bustanico (Haute-Corse); BRGM, Décembre 2011

Rapport final, BRGM/RP-60356-FR
Rapport de 132 pages
Mots clés : Amiante environnemental, Cartographie, Minéralogie, Serpentine, Antigorite,
Chrysotile, Trémolite, Serpentinite, Métagabbro, Haute-Corse, Bustanico.
En bibliographie, ce rapport sera cité de la façon suivante :
D. Lahondère, F. Cagnard, D. Maton (2011) – Cartographie et minéralogie de l’amiante
environnemental sur la commune de Bustanico (Haute-Corse). Rapport BRGM/RP-60356-FR,
132 p., 116 ill., 2 ann.

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Pour mémoire, la valeur à ne pas dépasser à l’intérieur des locaux est fixée à 5 fibres
d’amiante par litre d’air (f/l) pour les fibres de plus de 5 micromètres de longueur.
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Les Amiantes naturelles

L’amiante est une substance minérale naturelle qui correspond à six variétés de silicates fibreux ainsi qu’à tous les mélanges entre ces différents silicates. Ces minéraux sont connus depuis l’Antiquité sous le nom d’asbeste et ont longtemps été exploités pour leurs propriétés thermo-mécaniques. 
Ces six silicates appartiennent à deux groupes d’espèces minéralogiques, les serpentines et les amphiboles :
  • Les serpentines sont des phyllosilicates, c'est-à-dire des silicates dont les tétraèdres [SiO4]4- sont disposés en feuillets, monocliniques, de formule chimique Mg3[Si2O5](OH)4.
  • Les amphiboles sont des inosilicates en chaîne double, hydroxylés. Le groupe des amphiboles est riche de nombreuses espèces qui se répartissent dans trois grandes familles qui sont les amphiboles calciques, sodiques et ferromagnésiennes.
- au chrysotile (ou amiante blanc) / Serpentine,
- les Amphiboles,
    - à la crocidolite (ou riébeckite-amiante ou amiante bleu) / Amphibole,
    - à l’amosite (ou grunérite-amiante ou amiante brun) / Amphibole,
    - à l’anthophyllite-amiante / Amphibole,
    - à la trémolite-amiante / Amphibole,
    - à l’actinolite-amiante / Amphibole.

Cette liste de six minéraux, limitée aux seules espèces minéralogiques ayant fait ou
faisant encore l’objet d’une exploitation industrielle, constitue une définition
commerciale de l’amiante. Parmi ces six espèces minérales, le chrysotile constitue à lui seul 90 à 95% de l’amiante produit jusqu’à ce jour, le reste correspondant à des exploitations de crocidolite et d’amosite. En termes de production, l’exploitation des variétés asbestiformes de l’anthophyllite, de la trémolite et de l’actinolite peut donc être considérée comme négligeable.