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Tuesday, November 7, 2023

Forages privés : de la discrétion à l'omertà

 

Calvi; Par peur d'une taxation ou d'une interdiction, les propriétaires de forages tiennent à rester discrets. Dans l'île, 30 à 50 % des nouveaux forages ne seraient pas déclarés.

Depuis le 1er janvier 2009, les puits et forages doivent faire l'objet d'une déclaration en mairie. Cette déclaration donne droit à un certain volume de prélèvement. Lorsque les besoins sont plus importants, pour l'agriculture ou l'industrie, il faut une autorisation de type arrêté préfectoral. Les professionnels sont obligés de jouer le jeu, mais souvent, les particuliers préfèrent rester sous les radars. 

"Nous n'avons pas de liste précise des particuliers qui ont un forage ou un puits, reconnaît Ange Santini, le maire de Calvi. Nous avons eu très peu de demandes en mairie et nous n'avons aucun moyen de les recenser. J'estime qu'il y en a une cinquantaine sur la commune, dont certains sont très anciens. Ils servent souvent à alimenter des potagers, des piscines ou des petits bassins. Les volumes prélevés sont dérisoires, ils représentent tout au plus 5 % de la consommation de la ville. Jamais ils ne pourront provoquer l'intrusion d'un biseau salé. Il y a un risque virtuel, il est annihilé par la technicité de l'office hydraulique."

Par peur d'une taxation ou d'une interdiction, les propriétaires de forages tiennent à rester discrets. La déclaration en mairie leur incombe pourtant. "Pourquoi vais-je payer pour une eau que je prélève et que je remets immédiatement dans la terre ?", s'interroge un Calvais qui n'a pas voulu s'attarder sur le sujet.

La moitié des ouvrages ne sont pas déclarés

Les entreprises de forage, souvent complices de cette omertà, rechignent aussi à aborder le sujet : 

"On nous appelle, on nous dit où forer et on s'exécute, glisse un professionnel du sud de l'île, qui intervient régulièrement en Balagne. On trouve généralement de l'eau entre 30 mètres et 80 mètres de profondeur. Le coût dépend du type de terrain, de la profondeur, de nombreux critères. Je dirais que ça commence à 7 000 €. On arrive ainsi à puiser un ou plusieurs mètres cubes par jour. Pour la déclaration, c'est au propriétaire de s'en charger. C'est une obligation." Le BRGM de Corse estime que 30 à 50 % des nouveaux forages ne sont pas déclarés. "On fait de la sensibilisation auprès des foreurs pour qu'ils nous remontent des informations, assure Baptiste Vignerot. Il y a de toute évidence un décalage important entre l'activité des foreurs et les ouvrages qu'on nous déclare."

Au CNRS, Frédéric Huneau ne sous-estime pas la problématique : 

"On ne sait pas du tout ce que les gens font, regrette le scientifique. On n'a aucun moyen de connaître le nombre d'ouvrages en activité, et encore moins le volume pompé. À l'échelle française, c'est phénoménal, on a connaissance de moins de 30 % de la réalité. C'est même culturel de cacher un forage. C'est facile, sous une dalle, dans un abri de jardin. Les gens considèrent à tort que, puisque c'est sous leur terrain, ça leur appartient.

L'argument financier entre aussi en jeu : "Aujourd'hui, la loi dit que tout prélèvement dans le milieu naturel est soumis à une taxe, rappelle Ange de Cicco, le directeur de l'OEHC. C'est le cas pour l'eau en barrage, en rivière et en sous-terrain, c'est soumis à un taux de redevance de prélèvement."

Pour ce qui est des risques pour la nappe de la Figarella, le BRGM se veut rassurant : 

"Selon nous, cet aquifère est très peu sollicité par les privés, estime le directeur régional. C'est une zone agricole protégée, il y a très peu d'habitations qui pourraient avoir des forages non déclarés. Pour ce qui est de l'eau agricole, il faut savoir que l'office hydraulique procure une eau de bonne qualité et pas chère. L'agriculteur ne s'y retrouverait pas au niveau financier. D'anciens forages agricoles apparaissent sur nos cartes, on sait qu'ils ont été abandonnés et scellés, pour éviter tout risque de contamination."

 L'augmentation croissante de la demande en eau, avec les aléas d'un climat toujours plus sec, ne fera qu'accroître ces tensions à l'avenir. 

Référence du 08/10/23 

Wednesday, November 1, 2023

Une fermeture de route officielle dans la vallée de la Restonica, et les gens lèvent la barrière!

 La fermeture hivernale

La fermeture hivernale de la D623 qui monte jusqu'aux Grutelle, devrait advenir sous peu. Beaucoup la jugent anticipée et aimeraient profiter plus longtemps du potentiel de cette partie de la vallée de la Restonica.

h bon ? Je ne savais pas que la route fermait pendant l'hiver'', s'étonne Augusta, qui a profité des douces températures matinales pour se promener dans la vallée de la Restonica. "Pourtant, j'y suis montée un hiver avec mes enfants quand il neigeait et la barrière n'était pas fermée, souligne la Cortenaise. C'est une chance d'avoir un tel endroit à proximité de la ville, alors tant que la météo le permet, j'en profite." Comme beaucoup d'autres, la jeune femme de 31 ans ignorait que la portion de la route départementale 623 allant du camping de Tuani jusqu'aux Grutelle, effectuerait prochainement sa fermeture annuelle.

"Deux à trois cents personnes sont déjà montées depuis ce matin", relate Théo Simonini, gérant du chalet des Grutelle qui l'assure : 

"Même quand la route est fermée, beaucoup prennent le risque de monter et ne tiennent pas compte de cette interdiction." L'accès à cette partie haute de la vallée semble donc davantage régi par la météo que par la barrière. "C'est l'état de la route qui pousse les gens à faire demi-tour, mais certainement pas la barrière, ajoute Théo Simonini. Il s'agit aussi bien des locaux que des touristes car tous veulent profiter de la neige et s'amuser avec les enfants. Ici il y a de quoi faire, alors pourquoi s'en priver..."

Une fermeture jugée inadaptée

"C'est beaucoup trop tôt pour fermer", estime de son côté Philippe, qui resserre son mousqueton avant d'escalader à nouveau l'un des imposants rochers qui longe la RD 623. Le Toulonnais de 53 ans, déjà venu au printemps dernier, juge cette fermeture trop anticipée. 

"Pourquoi ne pas la fermer lorsqu'il commence à neiger ? Je ne comprends pas. Beaucoup d'autres vallées adaptent leurs ouvertures et fermetures en fonction de la météo", commente-t-il. Il a beau n'avoir jamais été directement confronté à cette fermeture, le quinquagénaire l'assure : "Si les conditions le permettent, je monterai quand même, quitte à lever la barrière." Comme le font, finalement, beaucoup d'autres. Brice qui assure la sécurité de Philippe tandis qu'il escalade le rocher, se rend dix fois par an sur ce tronçon de la route pour "escalader, skier et faire de la rando". Et comme Augusta, il ne s'était "jamais aperçu que la route fermait".

Probablement parce qu'une fois la barrière ouverte par un usager, celle-ci le reste jusqu'à ce que quelqu'un ne décide de la refermer. C'est d'ailleurs ce qui est arrivé à Jean-François, qui s'était déjà rendu dans la vallée l'an dernier à la même époque. 

"La barrière était levée et je n'avais aucune idée que la route fermait, donc j'étais monté dormir là-haut à la belle étoile, et je me suis fait verbaliser", raconte le Gardois de 67 ans. "C'est dommage", souffle de son côté Brice. D'autant que pour lui, la fermeture hivernale ne tombe pas aux bonnes périodes. "Pour grimper dans des conditions météorologiques optimales, on ne peut le faire qu'à partir de l'automne jusqu'au début du printemps, donc cette fermeture tombe pile sur les moments où je pratique mes activités", déplore l'Ajaccien qui considère aussi que la fermeture advient trop tôt. "S'il y a un risque manifeste d'avalanche ou d'éboulement, ça se justifie, autrement il faut adapter cette fermeture aux conditions de neige. Ça pousse les gens à enfreindre une règle." Pas pour tout le monde visiblement : "Je n'irai pas ouvrir une barrière qui est fermée, c'est certain. Si elle est fermée, c'est qu'il y a une raison." affirme de son côté le sexagénaire. "En revanche, c'est sûr que cela représente une perte conséquente pour la population, les touristes et donc les commerçants", glisse-t-il.

La tenue, le 14 novembre prochain, d'une réunion entre la mairie et le service des routes de la Collectivité de Corse (CdC) sera-t-elle l'occasion d'évoquer ce sujet ? "L'ensemble des sujets propres au domaine routier, aussi bien dans le cadre des projets de l'ORT mais aussi de la Restonica, dont ce point-là, seront abordés", commente Xavier Poli. 

Référence du 02/11/2023

https://www.corsematin.com/article/societe/38153625417888/une-fermeture-de-route-officielle-pour-une-circulation-officieuse-dans-la-vallee-de-la-restonica

Galeria et Manso: trois baigneurs piégés par une crue de la rivière Fangu

Conflits: touristes et crue dangereuse de la rivière Fangu

Les pompiers de Haute-Corse sont intervenus, vers 16 h 30 ce lundi après-midi 05/06/23, pour porter assistance à trois personnes, deux enfants et un adulte, en difficulté après une crue soudaine de la rivière Fangu.
Ces touristes d'origine allemande ont été évacués par l'hélicoptère Dragon 2B et les pompiers du Groupement de recherche et d'intervention en milieu aquatique. Aucun d'eux n'a été blessé. Les orages qui se succèdent en montagne rendent dangereuse la pratique de la baignade en rivière.

Référence