Showing posts with label livre. Show all posts
Showing posts with label livre. Show all posts

Wednesday, November 8, 2023

Mgr Jean-Charles Thomas, évêque de Corse,du 4/02/1974 au 23/12/1986 est décédé le 14/10/2023 à 93ans.

Il appela à la réconciliation en faisant entendre sa voix au plus haut niveau et appeler à la raison durant cette période de l'histoire récente et douloureuse de l'histoire de la Corse, notamment lors de l'affaire Bastelica-Fesch.

Engagé dans le dialogue inter-religieux, favorable à la prise en compte des souffrances des divorcés remariés ou défenseur de la cause des sans papiers, Jean Charles Thomas était à juste titre considéré comme un homme de dialogue.

Il est l’auteur de nombreux ouvrages de réflexion historique et pastorale.

Le Cortenais, Mgr Sauveur Casanova, lui avait succédé à l'Evêché de la Corse.

Aléria et affaire Bastelica-Fesch

L'évêque Jean-Charles Thomas était l'évêque de Corse durant les années où le nationalisme a pris son essor, du 4/02/1974 au 23/12/1986 . Et il n'a pas hésité, à plusieurs reprises, à prendre part au débat, marquant toutes celles et tous ceux qui ont vécu cette époque.

Alors que la Corse est en ébullition, l'homme d'Église n'hésitera pas à sortir de la réserve la plupart du temps adoptée par le clergé concernant les affaires séculaires, et plus encore politiques. Lors des événements d'Aleria, il va jusqu'à adresser une lettre au président de la République de l'époque, Valery Giscard D'estaing, dont voilà un extrait : 

"Pour peu qu'on vive en Corse et avec des Corses, on saisit et comprend que la Corse n'est pas seulement un département français parmi d'autres. Elle l'est. Mais, en même temps, et je crois prioritairement, elle est aussi une autre réalité : une histoire corse, une communauté populaire corse, un style, un ensemble d'aspirations humaines et d'habitudes. Avant d'être un département français, la Corse est psychologiquement LA CORSE."

Mais plus encore lors de la prise d’otage à l’Hôtel Fesch, il se mit au milieu de la mêlée, et s’avança entouré d’hommes qui étaient armés en se proposant de prendre la place des otages. Il s'entretiendra longuement avec les otages, ainsi qu'avec les autonomistes armés qui s'étaient réfugiés à l'intérieur de l'hôtel. Portant un message d’une paix sincère et digne, porteur d’une solution millénaire à la conflictualité, il appela les belligérants à l'arrêt des violences, et au dialogue. Au journal de 13 heures îl débattra en direct avec le ministre de l'Intérieur, Christian Bonnet.

En 2023, le cardinal François-Xavier Bustillo avait insisté sur l'importance de la prise de parole du clergé concernant l'actualité, sans pour autant franchir la ligne d'un positionnement politique ou dans des affaires de l’Etat. Il s'était lui-même exprimé à plusieurs reprises alors que la Corse s'embrasait, à la suite de la mort d'Yvan Colonna. À cette occasion, plusieurs observateurs avaient vu dans cette attitude un écho à celle de Monseigneur Thomas un demi-siècle plus tôt.

Référence

https://www.corsenetinfos.corsica/Mgr-Jean-Charles-Thomas-ancien-eveque-de-Corse-n-est-plus_a74158.html

https://france3-regions.francetvinfo.fr/corse/corse-du-sud/ajaccio/jean-charles-thomas-l-eveque-d-aleria-et-de-bastelica-fesch-est-mort-2856455.html

la philosophe Joëlle Zask, IUF fait une étude sur la Corse

 Et si l’on pouvait trouver en Corse des réponses à la crise environnementale dans laquelle a plongé la planète ? C’est le défi que la philosophe Joëlle Zask, membre de l’Institut Universitaire de France et du Centre Norbert Elias, spécialiste du pragmatisme et de philosophie sociale, et professeur à l’université d’Aix-Marseille, a choisi de relever. Elle nous présente cette étude en cours de réalisation.

- Pouvez-vous nous exposer en quelques mots l’objet de votre étude ?

- La problématique de départ est celle-ci : trouverait-on en Corse des réponses aux questions que la crise environnementale nous pose désormais ? Le regard que nous portons est celui d’une philosophe – moi-même – et d’un photographe – Simon Birman, avec qui je travaille. Sans nier les réalités locales souvent complexes, voire conflictuelles, nous voudrions recueillir un legs précieux, parfois inaperçu, sur lequel pèse actuellement la double menace de la sanctuarisation et de la destruction de l’environnement.
Cet objectif étant fixé, le projet demeure largement ouvert. Sa réalisation va dépendre des interlocuteurs que nous rencontrerons, de nos observations et de nos parcours, de notre formation sur place, de la fréquentation assidue des lieux… Mais le travail est aujourd’hui suffisamment avancé pour savoir qu’il est pertinent, que ça vaut la peine de poursuivre.

- Qu’est-ce qui vous a donné l’idée de réaliser ce travail ?

- Le point de départ, ce sont plusieurs personnes qui m’ont invitée à écrire sur la Corse ; des personnes qui m’ont entendu causer et connaissaient mon approche, mon point de vue sur la démocratie comme culture, mode de vie, et son lien avec l’écologie. On m’a dit de plusieurs côtés : « Il y a quelque chose qui nous intéresse, nous, Corses, là-dedans… ». En fait, j’ai été invitée à exercer mes concepts au contact de la Corse… J’ai été d’abord surprise, ne connaissant rien à cette île, mais me voilà mordue ! Au cours de mes premiers séjours, j’ai progressivement compris le pourquoi de cette invitation qui m’était faite. Et quel en était l’enjeu. Qu’est-ce qui, dans ma perspective, dans ma sensibilité, pouvait entrer en résonance avec des expériences, des phénomènes, des paysages de Corse ? Plusieurs choses m’ont frappée qui constituent pour l’instant les divers objets de mon étude. Il y a par exemple le cédrat, un agrume auquel colle un imaginaire puissant à partir duquel revisiter les relations tout à fait uniques entre la Corse et les Juifs, ce qui me concerne pour le coup.
Il y a aussi le châtaignier, « poule aux œufs d’or » et « arbre de la liberté », symbole depuis Pascal Paoli de l’indépendance alimentaire et des libertés politiques en même temps. J’ai écrit un article paru dans Robba en décembre 2022 en même temps que dans AOC média sur ce sujet. 
Il y a aussi les animaux autogouvernés en quelque sorte, à l’aise sur leur parcours, sans berger ni chien. Eux aussi illustrent le rapport entre le soin du paysage (paese) et la défense des libertés que je cherche à observer en Corse. Et plein d’autres sujets…

- La liberté, c’est une notion qui est importante pour vous ?

- Absolument. C’est fondamental. Pour moi qui suis spécialiste par goût de philosophie dite politique, la liberté, ce n’est pas « faire ce que je veux » mais agir, seule ou avec d’autres, entreprendre, expérimenter, transformer le monde disait Marx ! Je ressens en Corse un attachement très fort à la liberté d’action alors que, sur « le continent », on ne l’aime pas tellement. On lui préfère l’égalité notamment. Cette liberté d’action est pourtant et toujours contextuelle : on n’agit pas dans la stratosphère, mais en présence d’un environnement bien précis, en dialogue avec ce dernier. La conscience d’un partenariat avec la nature dans la construction de soi et l’usage des libertés est extrêmement prégnante dans la « Corse de l’intérieur », je l’apprécie beaucoup et la partage.

- Sous quelle forme pensez-vous rendre publique cette étude ?

- On l’imagine sous la forme de tableaux à la fois narratifs et photographiques composés au sein d’un dispositif quadrangulaire qui rassemble le lieu, la personne qui en parle, le photographe et moi-même qui observe et pose des questions. Il en résultera un livre conçu un peu comme une promenade. Avec les photographies argentiques en noir et blanc de Simon Birman, ce qui leur donnera une épaisseur temporelle soulignant le soi-disant “retard” des paysages corses : un « retard » dont on dit souvent qu’aujourd’hui il se révèle une avance… Nous envisageons aussi une exposition de photos ponctuée de textes et de sons, une journée d’études, pourquoi pas un colloque.

Référence

https://www.corsenetinfos.corsica/Quand-une-philosophe-politique-fait-une-etude-sur-la-Corse_a73985.html

Wednesday, November 1, 2023

soirée consacrée aux communautés de Saint-Erasme et de Saint-Antoine, confréries, à l'occasion des Journées du patrimoine

 Au fort Charlet de Calvi, une plongée dans l'intimité des confréries

Le centre de conservation et de rénovation du patrimoine mobilier de Corse, situé dans le fort Charlet de Calvi, a été, ce vendredi soir, le théâtre d'un événement inhabituel en ces lieux. Il s'agissait, à l'occasion des Journées européennes du patrimoine, du vernissage d'une exposition photographique consacrée aux deux confréries calvaises : Saint-Erasme et Saint-Antoine.

 J'ai découvert il y a quelques années le centre de restauration du patrimoine de Calvi, relate Olivier Sanchez. Sarah et Carine, qui y travaillent, me l'ont fait visiter et je me suis tout de suite imaginé sur des projets photos personnels : les murs en granite, les grands espaces, les plafonds hauts se prêtent parfaitement à une exposition de photos. On a donc décidé d'exposer dix clichés en format 250 cm x 180 cm sur la vie des confréries de Calvi. C'est un parcours initiatique, l'introduction d'un événement plus important qui viendra à compter de juillet 2024. "

Ami de longue date du photographe, Christophe Perrimond est aussi le prieur de la confrérie Saint-Erasme de Calvi. C'est un peu lui qui a facilité l'immersion d'un appareil photo dans les moments les plus solennels de la vie religieuse, notamment la préparation de la Semaine sainte et du Catenacciu. Passionné par l'histoire de sa ville, Christophe Perrimond a complété l'exposition photographique par un long propos sur l'histoire des confréries à Calvi. Les origines, la fonction sociale, le patrimoine matériel et immatériel des différentes communautés religieuses a été abordé, avec force d'exemples et de références.

Un livre de 300 pages bientôt édité

La dizaine de photos exposées au fort Charlet va être complétée, l'année prochaine. " Il y en aura 80 supplémentaires, annonce Olivier Sanchez. Ce sera quelque chose de plus large, de plus élaboré, et cela concernera les confréries de toute l'île. Dans le même temps, un livre de 300 pages va être édité. C'est le fruit d'un long travail de collecte, dans la discrétion, l'humilité et surtout la confiance que m'ont accordée tous les confrères. J'espère qu'ils se reconnaîtront dans ce travail. "

Une centaine de personnes était présente pour ce vernissage au fort Charlet. Il y avait des amis d'Olivier Sanchez et de Christophe Perrimond, des confrères, des élus. Un intérêt populaire qui valide la pertinence d'une telle exposition, dans ce lieu. En tout cas, la directrice du centre était convaincue : " Je remercie chaleureusement Olivier Sanchez pour sa confiance, pour son amour de l'art, du patrimoine et du travail bien fait, a assuré Sarah Le Berre-Albertini. Parallèlement à son travail de photo reporter, il a trouvé le temps de poursuivre un projet un peu spécial, pendant près de 25 ans, celui de documenter l'activité des confréries religieuses. Au bout d'un quart de siècle, on imagine à quel point il fait désormais partie du décor, ce qui lui permet de capter des instants où les confrères sont tout à fait naturels, plongés dans leur foi et n'ont plus conscience d'être pris en photo. Cela nous offre des images magiques. Je ne doute pas que ces photographies feront un jour partie des archives de la Corse, car c'est un travail de fond, une mine précieuse pour documenter un phénomène contemporain, le renouveau des confréries. Les confréries ont toujours eu une part active dans la société corse, elles ont même largement contribué à la construction du patrimoine religieux insulaire, surtout aux XVIIe et au XVIIIe siècles, grâce à des commandes prestigieuses d'œuvres d'art, de tableaux, de statues, de retables qui furent commandés par les confrères aux plus grands maîtres baroques italiens." Une exposition à découvrir un vendredi sur deux, lors des ouvertures du fort au public.

Réference