Showing posts with label industrie du tourisme. Show all posts
Showing posts with label industrie du tourisme. Show all posts

Saturday, November 11, 2023

Calenzana: Francis Pinelli, mort à 89 ans en août 2022, Corse d'Afrique visionnaire jusqu'à la démesure

 Fils de Calenzana et Corse d'Afrique, Francis Pinelli aura marqué son temps. 


La famille Pinelli vers la fin des années 1960. Francis se tient à gauche, à côté de Tony, de leurs parents et de Jacky. Ne manque que Pierre pour compléter la fratrie.
inauguration-de-l-hotel-napoleon-de-l-ile-rousse

Né dans une famille de quatre garçons, dont il était le dernier vivant, - après Toni, grand bâtisseur, Pierre, médecin réputé, et Jacky, inclassable touche-à-tout -, il s'est éteint, un jour d'août 2022, chez lui, dans son village, à 89 ans, au terme d'une vie dense et riche. C'est en Afrique, où son père, administrateur du Togo, était en poste, que le jeune Francis, nageant dans la lagune au milieu des crocodiles, se forgea une âme de conquérant sans peur.

Portant beau et séducteur à l'élégance exquise, il s'en alla très tôt à la découverte du monde... Après Paris et une formation militaire de pilote, le cap est mis sur Dakar au Sénégal où il innove avec le négoce de la langouste qu'il va chercher en Gambie ; puis la Côte d'Ivoire et un premier hôtel Palm Beach sur une plage de rêve à Vridi, et à nouveau Dakar avec le Club Alyana (470 chambres) et son casino. C'est à Nosy-Be, sa "parenthèse" enchantée (1966-68), au nord-ouest de Madagascar, que Francis Pinelli enchaîne avec un grand complexe hôtelier et deux casinos dont un à Tannanarive.

Un Palm beach à Calvi

De ses "fortunes" lointaines, les échos parviennent jusque dans les hameaux reculés du berceau familial. Et ils sont plus d'un qui, partis dans son sillage avant de voler de leurs propres ailes, connurent de belles réussites. Versant Corse, c'est dans le secteur de l'hôtellerie que Francis Pinelli choisit d'investir en 1968, créant à Calvi, en bordure de pinède, le Palm Beach, 4 étoiles de la cité (153 chambres) ouvert toute l'année, avant de lancer - malheureusement peu suivi par ses pairs - la première campagne de tourisme d'hiver qui s'accompagnait de la mise en place d'un centre de formation aux métiers de l'hôtellerie-restauration. En 1972, il rouvre à L'Île-Rousse le Napoléon-Bonaparte, fleuron de l'hôtellerie de l'après-guerre.

En même temps, il s'investit pour l'extension de l'aéroport de Calvi - Santa-Catalina, et la couverture sanitaire de la Balagne, à l'époque inexistante. Dès lors, estimant que le pouvoir économique n'y suffit pas, il tente de se faire élire à Calenzana. Mû par son idée de tourisme pendulaire et d'étalement de la saison, visionnaire jusqu'à la démesure, il a pour projet de creuser un tunnel sous la Muvrella qui mettrait les stations balnéaires du littoral balanin à quelques dizaines de minutes de la station de sports d'hiver d'Asco. Il sera battu par une coalition de caciques, malgré l'enthousiasme de la jeunesse qui le porte.

Fracassante déclaration

En 1975, au lendemain des évènements d'Aleria, Philippe Rossi, conseiller général de Calenzana, lance "Place aux jeunes" et démissionne. Élu de haute lutte, Francis Pinelli ne s'embarrasse pas d'étiquette et obtient du Radical de gauche François Giacobbi de nombreux aménagements routiers, dont ceux du chemin du Marsulinu classé dans la voirie départementale.

Mais, Francis Pinelli se veut aussi proche du Dr Edmond Siméoni et de la revendication d'autonomie.

Éclectique quant aux idées, il se fend même d'une fracassante déclaration "Pour l'indépendance de la Corse". Le mot lâché met le feu aux poudres. Les avions qu'il pilote au sein de l'aéroclub, dont il est le président, et ses biens sont visés par des attentats. Sa personne est directement menacée.

Pour ceux qui le connaissent bien, cette prise de position n'a rien d'une déclaration de guerre. Elle se veut conjoncturelle, le but étant de provoquer un électrochoc. Il s'en expliquera. Dans son esprit, il s'agissait d'un "statut d'autonomie". Francis Pinelli n'est pas du tout dans la radicalité. Amis, adversaires ou concurrents, il parle à tous. D'égal à égal. Pas une once 

Mais, "nul n'étant prophète en son pays", le voilà reparti, pour de nouvelles aventures. En Afrique où, ami des chefs d'État, il est attendu. Au sud de Dakar à Saly, il fait bâtir un énième Palm Beach avec hôtel de 300 chambres, piscine, golf et centre équestre, qui emploie encore aujourd'hui 360 personnes. Une compagnie aérienne sénégalaise de charter African Air Holidays portera son estampille. Il y eut aussi le Gabon et la création de la liaison maritime Port-Gentil-Libreville, avant sa dernière acquisition : un gros bateau qu'il alla chercher à Séoul !

Francis Pinelli, père de quatre enfants et grand-père, avait 83 ans lorsqu'il décida de raccrocher. Pour se retirer à Calenzana.

Trop généreux pour être bon gestionnaire, la plupart de ses "créations", à commencer par le Palm Beach de Calvi devenu La Balagne (Touristra), ont changé de mains.

Il en fut ainsi des Eaux de Zilia qui, en 1994, auraient pu être les Eaux de Calenzana si le maire du chef-lieu ne lui avait opposé une fin de non-recevoir. Des évolutions positives dans sa sphère d'activités, Francis Pinelli s'est réjoui jusqu'au dernier jour. Comme si, pour lui, le plus important résidait dans tout ce qu'il aura permis de faire.

Remarques

Philippe Rossi, maire de Montegrosso, avait été élu conseiller général de Calenzana à la suite de la vacance du siège provoquée par le décès du maire de Galeria, Jérôme Seité, père du maire actuel. 

Francis Pinelli, élu conseiller général en 1976, l'avait emporté face à l'abbé Michel Orsini. 

La municipalité de Calenzana n'ayant donné aucune suite à son projet, Francis Pinelli s'en alla trouver Jacques Santelli, le maire de la commune voisine, qui lui avait succédé comme conseiller général du canton. Ce dernier, saisissant tout l'intérêt qu'il y avait à capter et commercialiser les eaux venues du Monte Grosso,

Référence

Le casse-tête du logement des employés saisonniers à Calvi

 Viendront-ils ou ne viendront-ils pas ? 

À l'aube d'une nouvelle saison touristique, les établissements saisonniers de Calvi ouvrent leurs portes un à un. Et rares sont les patrons à ne pas se demander si leur personnel sera au rendez-vous. Ces dernières années, la crise sanitaire a modifié le rapport des gens au travail et les emplois contraignants trouvent de moins en moins de candidats. Hôteliers, restaurateurs et plagistes ont beau anticiper, ils ne sont jamais à l'abri de mauvaises surprises.

Rue Clémenceau, le restaurateur Gilles Bonneau parle d'un véritable casse-tête. 

"Tous les ans, c'est un peu la loterie, explique le patron des Bons Amis. Le gros problème de notre métier, c'est le recrutement. Les gens vous disent oui mais continuent de chercher s'ils peuvent gagner 200 € ou 300 € de plus ailleurs. Ils bougent beaucoup plus qu'avant, arrivent et repartent parfois rapidement. Ils réclament du temps pour eux. Pour nous qui n'ouvrons que quelques mois, c'est difficile de leur donner du temps libre. Puis les vrais saisonniers ont disparu, aujourd'hui on a souvent affaire à des fêtards."

Le restaurateur démarre sa saison avec trois employés, sa femme et lui-même assurent le service en salle. Au cœur de l'été, il faudra trois personnels de plus pour répondre à la demande. Et s'il n'avait pas de solution pour les loger, malgré leurs bons salaires, il ne trouverait personne.

"J'ai acheté deux appartements pour loger mes saisonniers dans des conditions acceptables, reprend-il. Ils ont chacun une chambre. J'essaye dans l'idéal de trouver une ou deux personnes logées sur place, mais c'est très dur. Les gens d'ici ne veulent plus louer leurs appartements aux saisonniers, par crainte des dégradations. Je leur donne au moins le double du salaire minimum mais même avec ça, il faut les loger."

Des tensions en cuisine

Un peu plus loin dans le cœur de la cité calvaise, l'hôtel Saint-Christophe a ouvert ce lundi. Le patron, Jean Ferrandini, attend encore une partie de ses recrues mais le gros de l'équipe est déjà là. 

"Pour le recrutement, je travaille avec Pôle Emploi et également une agence basée sur le Continent. Lorsque mes saisonniers viennent du Continent, je leur demande une lettre d'engagement. Ils la signent, mais certains se désistent quand même et cela nous met en difficulté. Le plus compliqué, c'est de recruter en cuisine. Pour le chef, il n'y a pas eu de problème. Je pense qu'il s'y retrouve avec son salaire. Mais le temps de travail compte beaucoup aussi. Il faut être correct avec les saisonniers, car trop de patrons en ont profité. Il faut déclarer la totalité des salaires. Et ces salaires, je les ai augmentés de 8 % ces deux dernières années. Chez nous, comme la saison dure 7 mois, ils sont contents puisque ça leur ouvre droit au chômage."

L'hôtel Saint-Christophe a besoin d'une trentaine de saisonniers pour la réception, le ménage et la restauration. Tous sont logés dans des chambres individuelles, tout près de l'établissement. Sans cette facilité, l'hôtel ne parviendrait sans doute pas à composer son équipe. 

"Le logement, c'est indispensable. Celui qui loue un appartement ou une chambre pour son personnel ne s'en sort pas. Il y a aussi le coût du transport. Nous faisons arriver nos équipes les jours où les billets sont moins chers. Ils n'arrivent jamais en week-end, par exemple."

Sur la plage de Calvi, le début de saison se profile également. Dix-sept plagistes ou loueurs se sont vus attribuer une autorisation d'occupation du territoire pour une période allant du 15 avril au 15 octobre. Au Sun Beach, Dominique Buttafoghi s'affaire déjà :

"Nous ouvrons fin avril. J'ai une partie de mes employés qui revient tous les ans. Je les conserve précieusement. En haute saison, on tourne à 12 saisonniers. Pour les nouveaux de cette année, je passe en premier lieu par Pôle Emploi. J'ai aussi une agence de recrutement, en cas de difficulté. Les réseaux sociaux, ça marche aussi. Il ne me manque que deux ou trois personnes pour juillet et août. C'est plutôt en cuisine que c'est tendu, les chefs et les chefs de partie sont difficiles à trouver. Tout le monde préfère les contrats longs, sur 6 mois ou 7 mois. Si on s'y prend en juin, c'est foutu."

Malgré des hausses de salaires allant jusqu'à 30 % ces dernières années, la plagiste est obligée de proposer un logement à son personnel. 

"C'est même plus important que le salaire, c'est indispensable. Nous avons des appartements que l'on ne consacre qu'aux saisonniers. J'ai essayé de ne pas loger mes saisonniers, je n'y suis pas arrivée. La plage, ce n'est pas facile, il fait chaud, les gens veulent manger tous en même temps, c'est pénible. Le personnel doit vivre dans de bonnes conditions pour tenir la saison."

Création d'une maison pour les saisonniers ?

Dans sa résidence de tourisme cinq étoiles, les Villas Mandarine, Françoise Tapias a besoin d'une douzaine de saisonniers entre la fin mars et début novembre. Le logement et une durée de contrat supérieure à six mois sont des demandes systématiques des candidats. Même dans ces conditions, trouver des saisonniers n'est pas chose aisée.

"La moitié du personnel est logée dans des bungalows, précise la patronne de l'établissement. Ce n'est pas toujours facile pour eux, ils n'ont pas spécialement envie d'être ensemble, ils voudraient plus de confort, internet, la télé, une laverie. On n'a pas suffisamment de logements pour tout le monde. Les saisonniers que je ne loge pas, se débrouillent. Ils vont dans des campings ou louent des appartements à plusieurs. Mais je ne crois pas qu'on puisse vivre au camping et faire la saison. Cela ne correspond pas à un travail qualitatif."

Pour pallier les difficultés de recrutements à la belle saison, Françoise Tapias préfère proposer des contrats à durée indéterminée, lorsque cela est possible. L'hiver, les employés apportent une aide sur d'autres tâches, se forment et montent en compétences. Fidéliser une équipe, c'est l'une des pistes pour ne pas manquer de bras.

"C'est dommage qu'on n'ait pas entériné à Calvi cette idée de maison des saisonniers. Cela existe dans les stations de ski, on pourrait faire ça d'une façon mixte avec l'État et des fonds privés, il est urgent de le faire. Il faudrait des centaines de chambres sur Calvi. Si on veut de la ressource humaine, il faut investir. Il faut du logement pas cher et du contrat de travail modulable. Il faut rentrer dans cette adaptation-là."

Malgré les difficultés de recrutement, les patrons consultés dans le cadre de ce reportage ont leurs équipes au complet. Pour cela, ils ont dû consentir des efforts sur le logement, les salaires et le temps libre. Le saisonnier d'aujourd'hui n'est plus celui d'hier et les employeurs sont bien obligés de composer avec. 

Référence

A la découverte du petit train des plages en Balagne; 200 000 entre l’Île-Rousse et Calvi

 Direction la Balagne, à bord d’un train de légende surnommé "le trembotant". Il relie l’Île-Rousse à Calvi, sur 22 kilomètres.

À l’Île-Rousse (Haute-Corse), au cœur de la Balagne, un vieux train des années 80 assure un panorama exceptionnel. Quatre fois par jour, il rejoint Calvi et quitte les rochers couleur ocre pour se plonger dans le bleu de la mer. "C’est tellement beau, et c’est tellement spécial. On est complètement amoureux de cet endroit", confie un homme. Le train se faufile le long de la côte. La locomotive s’arrête au gré des demandes, devant chaque plage.

45 minutes pour rejoindre Calvi 

Il suffit de prévenir le contrôleur. Les baigneurs n’ont que quelques mètres à faire pour se jeter à l’eau. Sur le sable, le train fait presque partie du paysage. De nombreux touristes se montrent séduits. Le voyage se poursuit à travers les villages et le maquis. Les Corses surnomment ce train "le tremblotant". C’est le plus rentable de tous les trains corses. Chaque été, il connait un immense succès. "

En 2022, on en a eu plus de 200 000 entre l’Île-Rousse et Calvi, qui ont pris le train", 

se réjouit Pierre Fanti, chef de zone aux Chemins de fer de la Corse. Sur les derniers kilomètres, on distingue au loin la citadelle de Calvi. 45 minutes après le départ, tout le monde descend. 

Référence

Ces services de conciergerie qui se multiplient en Balagne

 Blanchisserie, location de draps, conciergerie... Des services en pleine expansion avec le développement des locations saisonnières de biens privés. Des "meublés de tourisme" qui, notamment grâce à la plateforme Airbnb, gagnent du terrain chaque année, jusqu'à séduire une clientèle coutumière des hôtels ou des campings.

En Balagne, ces dernières années, les conciergeries se sont multipliées. Il y en aurait près d'une dizaine, rien que sur Calvi.

"J'ai créé ma société Casa loc en 2019, relate Tania Le Courtois, jeune entrepreneur sur Calvi et Calenzana. J'avais une quarantaine de biens l'année dernière, j'ai préféré réduire leur nombre et me spécialiser dans les villas. C'est moins galère et plus rentable."

Laetitia Maestracci, de la conciergerie du même nom, a débuté l'aventure en 2021 suite à une reconversion professionnelle. Elle gère aujourd'hui un parc de 39 biens, tous situés sur Calvi, entre la pinède et la route de Portu. "C'est ma troisième saison, précise-t-elle. Je propose plusieurs types de biens, du studio à la villa. Cela me permet de proposer une offre variée et adaptée aux budgets des clients. Bien sûr, plus le bien est beau, mieux il se loue et mieux je gagne ma vie."

Commercialisation et accueil des clients

Le cœur du métier de concierge, c'est l'accueil des locataires. États des lieux, explications touristiques, ménage et changement du linge de maison sont inclus dans la prestation. Bien souvent, la conciergerie se charge aussi de la commercialisation du bien sur les différents sites et plateformes. Une solution clés en main pour des propriétaires qui vivent souvent sur le Continent et amortissent ainsi l'achat de leur résidence secondaire. "Le concierge a deux clients, résume Tania Le Courtois. Il s'agit du propriétaire et du vacancier. Il faut que nos services leur apportent une plus-value à tous les deux."

Les clients des meublés de tourisme cherchent toujours plus de flexibilité. Ainsi, les arrivées ne se font plus uniquement le week-end mais surtout en semaine, lorsque les prix des transports sont plus bas. Les réceptions de nuit sont possibles également, parfois avec l'aide de boîtes à clés. Mais dans tous les cas, un minimum de 4 nuits ou 5 nuits est demandé. Un meublé de tourisme n'a pas la flexibilité d'un hôtel.

"Je fais ce métier depuis 2018, contextualise Hervé Martelli qui a baptisé sa société La Conciergerie. Au départ, c'était une société qui proposait des services touristiques plutôt haut de gamme comme la location d'hélicoptère ou de l'événementiel. Puis j'ai repensé mon offre pour me recentrer sur de la conciergerie classique. J'ai une trentaine de biens, du petit studio à la villa de 7 chambres, sur un secteur géographique large qui va de Lozari à Calvi en passant par les villages. Je peux ainsi répondre à toutes les demandes, selon le budget. Comme je facture des coûts fixes, j'encourage les gens à louer à la semaine."

Souvent auto-entrepreneurs, les concierges font appel à des prestataires de services et sous-traitent des tâches comme le ménage ou la blanchisserie. Pour le linge de maison, la solution la plus prisée semble être la location de draps et de serviettes. Pratique, il n'y a plus à s'inquiéter de rien entre un départ et une arrivée à quelques heures d'intervalle.

Comme à l'hôtel ou en camping, chaque nuitée passée dans un meublé de tourisme est redevable d'une taxe de séjour versée à la communauté de communes, organisme collecteur. Sur le site Airbnb, cette taxe est prélevée de manière automatisée.

Les propriétaires sont aussi tenus de déclarer leurs revenus locatifs aux impôts. La location saisonnière fait donc tourner l'économie sur de multiples aspects, sans parler de transport et de restauration.

"La conciergerie ça a toujours existé, assure Hervé Martelli. Mais ces dernières années, le métier s'est structuré et professionnalisé. Ce qui se faisait autrefois de façon un peu sauvage est aujourd'hui cadré avec une immatriculation, un siret, des droits et des devoirs."

Les concierges de Balagne entrent lentement mais sûrement dans la saison haute. Il faudra courir partout en attendant l'accalmie automnale. Et, déjà, la commercialisation des biens pour la saison suivante. Ainsi va la routine dans le métier.

Référence

Tourisme : En Corse, entre inflation et concurrence déloyale, les restaurateurs voient les écueils se multiplier

 Selon le président de la branche restauration de l'UMIH Corsica, les restaurants insulaires ont enregistré une baisse d’activité moyenne de -15% à -35% par rapport à l'été passé. Si ces chiffres sont à relativiser au regard d'une année 2022 exceptionnelle en terme de fréquentation, les difficultés de la profession vont pour leur part en s'acroissant

Si depuis le début de l’été beaucoup pointent une baisse importante de la fréquentation dans les restaurants de l’île, et n’hésitent parfois pas à parler de saison catastrophique, Frédéric Ruiz, restaurateur à Biguglia et président de la branche restauration à l’Union des Métiers et des Industries de l’Hôtellerie (UMIH) Corsica, veut pour sa part rester plus circonspect. « C’est sûr que certains grincent des dents cette année, mais il y en a qui s’en sont très bien sortis », souligne-t-il en notant que « l’impact n’est pas le même selon le type d’établissement ». « La tendance générale c’est que, par rapport à l’année dernière, il y a une baisse d’activité en moyenne de -15% à -35% pour les établissements. Mais n’oublions pas que 2022 a été une année exceptionnelle en termes de fréquentation, car les gens avaient envie de profiter après le Covid. Cette année on est retourné à des choses plus normales et l’inflation fait que le budget plaisir est moins conséquent pour les restaurants », reprend-il en notant certains changements dans les modes de consommation qui ne font pas les affaires de la profession.

« Les touristes ont eu plus facilement tendance à se faire à manger dans la cuisine de leur location », constate-t-il ainsi. Par ailleurs, il regrette le développement du paracommercialisme qui entraîne un manque à gagner important. « De plus en plus de gens s’improvisent traiteurs ou chefs à domicile, font des brunchs, et autres petites choses au black. Ces personnes ne sont pas impactées par les charges, les mises aux normes de sécurité, la TVA … C’est une concurrence déloyale qui corrélée au reste met à sac la profession », fustige-t-il. « Et puis, l’inflation touche tout le monde, le porte-monnaie est moins conséquent pour le budget plaisir et de facto pour les restaurants », relève-t-il encore en appuyant : « Aller au restaurant devient presque un luxe, un plaisir que les clients ne peuvent plus s’offrir aussi souvent qu’avant ».

Des difficultés en cascade

Une inflation qui n’épargne pas bien sûr les restaurateurs eux-mêmes. « Le prix de la viande a pratiquement doublé par rapport à il y a deux ans, les boissons ont augmenté, le café a augmenté, tout a augmenté », souffle Frédéric Ruiz en concédant qu’en bout de course les professionnels sont bien obligés de répercuter la hausse des coûts dans les assiettes. Mais le président de la branche restauration de l’UMIH Corsica tient toutefois à renverser la mauvaise image des restaurateurs qui « se gavent pendant deux mois » qui tend à se généraliser sur l'île. « Je suis d’accord que certains pratiquent une politique tarifaire qui peut être considérée comme exagérée, mais ils sont libres de faire ce qu’ils veulent dans leurs établissements. Et les prix sont affichés et les clients sont libres de consommer ou non dans tel ou tel établissement où les tarifs seraient excessifs. C’est important de ne pas généraliser, car ce n’est pas le cas de tous les restaurateurs. Il y a des gens qui travaillent toute l’année, avec des locaux, qui essayent de maintenir des tarifs cohérents pour garder leur clientèle », martèle-t-il. 

« On sent un ras-le-bol chez beaucoup de nos confrères. Certains ont envie d’arrêter et il y a même beaucoup de restaurants qui étaient ouverts à l’année qui ferme aujourd’hui », déplore Frédéric Ruiz, « Il faut se poser les vraies questions : est-ce que l’on a seulement à faire à des personnes qui veulent se gaver comme cela est inscrit dans les consciences, ou est-ce la combinaison de l’ensemble des difficultés que nous rencontrons ? », instille-t-il. « Nous sommes pris à la gorge et les clients ne comprennent pas toujours que derrière un service il y a beaucoup de choses, comme des tarifs de blanchisserie qui ont augmenté, des produits qui ont augmenté, l’électricité qui a augmenté, et puis les charges sociales qui sont là qu’il y ait 0 ou 1000 couverts. Je pense qu’en cascade il va y avoir de plus en plus de difficultés pour les restaurateurs », regrette-t-il. 

Se réinventer pour mieux résister

Face à ces perspectives, le président de la branche restauration de l’UMIH Corsica invite de facto ses confrères « à se réinventer » pour mieux résister aux crises. « Il faut revoir la politique tarifaire, il faut changer sa carte, travailler d’autres produits avec une moindre valeur ajoutée pour pouvoir les mettre en valeur dans l’assiette et garder des prix cohérents. Dans les pièces nobles, on peut se demander par exemple si on va continuer de garder du filet de bœuf à la carte, ou si l’on va passer sur du faux filet qui est un peu moins cher pour permettre au client de garder du pouvoir d’achat tout en lui donnant l'occasion de pouvoir manger de la viande », détaille-t-il, 

« Nous sommes bien obligés de nous repenser et de nous adapter à l’inflation, sinon, avec toutes les augmentations, on se retrouve vite avec des plats que l’on vend plus de 30 euros dans l’assiette, et l’on se fait traiter de voleurs. On ne peut pas juste répercuter un prix plus élevé sur un produit identique l’année d’après et s’étonner qu’il y ait une baisse de clients. On doit aussi se remettre en question en tant que professionnels par rapport aux produits que nous mettons sur notre carte pour rester attractifs ». 

Référence

https://www.corsenetinfos.corsica/Tourisme-En-Corse-entre-inflation-et-concurrence-deloyale-les-restaurateurs-voient-les-ecueils-se-multiplier_a73277.html

Wednesday, November 8, 2023

En 2024 un nouveau "métro maritime" entre l'Italie, la Corse et la Sardaigne par la compagnie maritime Moby lines

 A l'occasion d'un événement qui s'est déroulée le 7 octobre 2023 à Ajaccio, à bord du ferry Moby Orli, l'armateur italien Moby Lines a dévoilé ses projets pour la saison 2024. La compagnie maritime a annoncé le lancement de nouvelles liaisons entre l'Italie et la Corse et dont la ligne Ajaccio - Porto Torres.

Après une saison exceptionnelle, marquée par un doublement du nombre de passagers transportés et une demande touristique croissante pour la Corse, la compagnie maritime italienne Moby Lines a décidé de doper son offre sur la Corse en lançant deux nouvelles lignes qui viendront enrichir son réseau historique : 

  • Gênes-Bastia, Livourne-Bastia et 
  • Santa Teresa di Gallura-Bonifacio. 

 Gênes-Ajaccio-Porto Torres

La première des nouvelles lignes est la Gênes-Ajaccio-Porto Torres, "créée à la demande générale du public qui rejoint la Corse depuis tout le nord-ouest italien ou le sud-est français, mais aussi depuis le reste du Nord, de Suisse, d'Allemagne et du reste de l'Europe du Nord. Et avec une arrivée à Ajaccio, la possibilité de rejoindre la capitale ou le sud Corse - après une traversée de nuit confortable - sans file d'attente, économisant des heures de route sur le temps qu'il aurait fallu pour traverser toute l'île." détaille la compagnie. De plus, l'extension de cette ligne jusqu'à Porto Torres renforcera les échanges entre la Sardaigne et la Corse, tant sur le plan touristique que commercial.

Piombino-Bastia, offrira la liaison la plus rapide entre l'Italie et la Corse,

La deuxième nouvelle ligne, Piombino-Bastia, offrira la liaison la plus rapide entre l'Italie et la Corse, établissant ainsi une sorte de "métro maritime" entre les deux destinations.

Des traversées étalées sur l'avant et l'arrière saison

Autre annonce, pour permettre aux passagers de profiter de la Corse au printemps et au début de l'automne, saisons pendant lesquelles l'île offre une beauté naturelle unique, les lignes Gênes-Bastia, Livourne-Bastia partiront plus tôt (de Livourne dès mars) et se termineront plus tard. 

"De plus, les designs extérieurs des navires créés par les lauréats d'un concours organisé dans les écoles de design de Corse, mettent en avant des éléments emblématiques de la Corse, tels que la tête de Maure, tout en arborant la couleur bleue distinctive de Moby. " détaille la compagnie. 

Ces annonces ont été faites à bord du Moby Orli, le navire phare de la flotte Moby qui desservira la Corse. Entièrement rénové ce bateau propose 400 cabines de toutes catégories, des espaces communs modernisés incluant un restaurant, un bistrot proposant des produits corses, une pizzeria, et un caviste.

Référence

Oct 2023: La Corse a connu une très bonne année 2023 en termes de fréquentation touristique

Chiffres de fréquentation presque identiques à l'année précédente, selon l'Agence du Tourisme de Corse (ATC). Néanmoins, des disparités sectorielles se font ressentir, notamment dans l'hébergement. Pour CNI, Angèle Bastiani, présidente de l'ATC, analyse les raisons derrière ces variations et dévoile les mesures envisagées par l'agence pour promouvoir un tourisme équilibré et durable, en favorisant une meilleure répartition des visiteurs tout au long de l'année.

- D’abord, pourriez-vous nous donner un aperçu du bilan de la saison touristique en Corse cette année ? Est-il aussi catastrophique que ce que certains professionnels avaient annoncé ?

- Il y a plusieurs éléments chiffrés qui permettent d’évaluer une année touristique. Le premier d’entre eux, et celui sur lequel l’ATC travaille prioritairement est la fréquentation. Il s’avère que du 1er janvier au 30 septembre 2023, la CCI nous informe que 7 026 392 passagers ont transité par les ports et aéroports de Corse. L’an dernier, à la même date, 7 057 342 passagers avaient été recensés. Nous sommes donc sur une stabilité quasi parfaite du nombre de passagers par rapport à 2022 qui était, selon tous les observateurs, une très bonne année en termes de fréquentation. La différence se fait sur la répartition de ces voyageurs sur l’année : on note par rapport aux années précédentes 
une augmentation de la fréquentation en hiver, au printemps et en automne.
Les deux mois de saison estivale, eux, connaissent une légère baisse (4% environ).
L’étalement du flux de touristes, nécessaire pour notre île, est une priorité politique confirmée à de maintes reprises depuis le vote du PADDUC en 2014. Cet objectif commence à devenir une réalité.

- Les statistiques de fréquentation des ports et aéroports semblent être positives, mais certains professionnels rapportent avoir accueilli moins de visiteurs. Comment expliquez-vous cette disparité entre les chiffres officiels et les témoignages des acteurs locaux ?

- Tout d'abord, il faut savoir que le terme "professionnels du tourisme" regroupe de nombreuses corporations aux réalités bien distinctes : les hébergeurs, les restaurateurs, les transporteurs, les activités de loisir... Chacune de ces catégories ayant des sous-catégories qui ont elles-mêmes leurs propres réalités. Ainsi, si la fréquentation touristique 2023 s’avère en effet équivalente à celle de l’année précédente, le taux de satisfaction des professionnels de l’hébergement, que nous analysons dans notre note de conjoncture mensuelle, est inférieur à celui de l’an dernier.
En août, par exemple, les professionnels déclarent un taux de remplissage de 77%, contre 82% en 2022.
Toujours au mois d’août, 50% d’entre eux déclarent avoir constaté une stabilité de leurs réservations par rapport à 2022, 10% une augmentation, et 40% une baisse. Concernant le chiffre d’affaires, les statistiques sont à peu près équivalentes à celles des taux de réservation. Il ne s’agit donc pas d’une année catastrophe pour l'ensemble des professionnels du tourisme, mais d’une année où certains professionnels, principalement hébergeurs et restaurateurs, ont souffert, et nous l’ont fait savoir. 

- De nombreux acteurs du secteur touristique en Corse attribuent la baisse de fréquentation à l'absence d'une politique touristique claire. Comment répondez-vous à ces critiques ?

- On ne peut pas à la fois nous accuser de ne pas avoir de politique touristique, et critiquer en même temps notre politique touristique. Notre politique existe, et elle est très claire. Elle est définie par le PADDUC depuis 2014, affirmée et confirmée par les orientations successives : « un tourisme durable, fondé sur l’identité, largement réparti sur l’année et les territoires ». Ce sont les mots du PADDUC. Cela se décline, de manière opérationnelle, par ce que nous appelons la « déconcentration » touristique : géographique, temporelle et de provenance. Afin de rendre pérenne et acceptable l’activité touristique en Corse, les touristes doivent se répartir plus largement dans le temps, dans l’espace, et doivent provenir de destinations diverses en Europe et dans le monde. C’est ce que j’ai expliqué à de multiples reprises, et c’est apparemment cela qui m’a été reproché par la suite, par certains. Il n’y a pourtant aucune surprise, ces décisions sont approuvées en Conseil d’Administration de l’ATC régulièrement, y compris par les représentants des hôteliers. Cette direction est la seule qui puisse permettre à la Corse d’adopter un tourisme durable, socialement, économiquement, et en matière d’environnement. Un sondage paru chez vos collègues de Paroles de Corse en août démontre d’ailleurs que les Corses comprennent ces orientations : 67% s’y déclarent favorables (et 78% chez les électeurs nationalistes).

- Finalement la stratégie de ne pas promouvoir la destination Corse en juillet et août a-t-elle porté ses fruits ?

- Vous savez, une déclaration de ma part fin mai ne risque pas d’avoir un quelconque impact sur le mois de juillet, alors que la grande majorité des touristes ont déjà réservé leur billet et leur hébergement depuis longtemps… En revanche, la meilleure répartition des flux constatée cette année est certainement le fruit de plusieurs années d’engagements en ce sens, par l’ATC et tous ses partenaires. Il faut savoir que ce qui a fait réagir certains cette année existe depuis très longtemps à l’ATC. La promotion pour les mois de juillet et août était en diminution constante, jusqu’à devenir quasi inexistante. Je vais en réexpliquer les raisons, une fois encore : nous disposons, à l’ATC, d’un budget de promotion de 5 millions d’euros par an. Il s’agit d’une goutte d’eau dans l’océan de promotion naturelle faite en faveur de notre île, de toutes parts. On peut citer la promotion des opérateurs privés, par exemple, comme les transporteurs ou les hébergeurs, celle des journalistes, des blogueurs ou des influenceurs, etc… Cette gigantesque promotion non-officielle touche beaucoup plus de personnes que notre promotion institutionnelle. Incontrôlée, elle est centrée sur l’été, sur la plage, le GR20, et quelques sites emblématiques.
Notre rôle d’agence publique est-il de venir rajouter de la promotion estivale balnéaire à cette masse déjà très importante ? Ou bien au contraire, de consacrer notre budget de promotion (7 fois inférieur à celui de la Sardaigne par exemple) à orienter les flux différemment ? Poser la question, c’est y répondre.
Pour information, selon le CSA, en 2023 la Corse reste la région qui bénéficie de la plus forte présence médiatique au plan touristique, devant l’Occitanie et la Bretagne. Que personne ne s’inquiète : nous sommes bien loin d’avoir disparu des radars...

- Récemment, le président de l'Exécutif de Corse a tenu des réunions avec des professionnels du tourisme qui réclament des aides pour surmonter les difficultés. Pourriez-vous nous informer des décisions prises lors de ces rencontres et nous expliquer quelles mesures l'Agence du Tourisme de Corse peut mettre en œuvre pour répondre aux besoins du secteur ?

- Nous avons en effet rencontré à deux reprises les représentants des professionnels avec le Président, les conseillers exécutifs et les Chambres consulaires. Ces derniers nous ont fait remonter les difficultés qu’ils rencontrent au quotidien. Nous avons pris l’engagement de les accompagner sur un certain nombre de points. Tout d’abord la construction commune d’un plan suite aux difficultés rencontrées en 2023. La seconde décision a été de construire des ateliers de travail mixtes entre le conseil exécutif de Corse et les Socioprofessionnels sur différents thèmes. Enfin, nous avons acté la construction d’un plan concerté concernant les évolutions et mutations nécessaires du modèle touristique à intégrer dans le processus d’évolution institutionnelle en cours de discussion entre la Corse et le Gouvernement. La puissance publique ne reste donc pas passive.

- Alors que la saison touristique à venir se prépare déjà, pourriez-vous nous donner un aperçu des stratégies que l'Agence du Tourisme de Corse prévoit de mettre en place ?

- Nous continuons à travailler sur nos trois axes principaux : 

  • l’observation,
  • le développement et
  • la promotion. 

En termes d’observation, nous aurons en 2024 des données encore plus fiables et complètes, notamment concernant les transports, la popularité de la destination, le détail du comportement des touristes… Pour ce qui concerne le développement, nous poursuivons le soutien financier auprès de tous les professionnels engagés dans des démarches vertueuses, comme l’Eco-Label européen, pour lequel nous sommes les meilleurs élèves de France, ou encore l’accueil vélo, ou le label tourisme handicap. Plus globalement, nous continuerons à aider activement la montée en qualité de l’offre touristique via notre guide d’aides très complet. Enfin, concernant la promotion, nous allons accentuer notre politique de mise en valeur de la Corse à l’année via les thématiques comme gastronomie et vin, culture et patrimoine, sport et nature… Nous allons déployer différemment nos budgets, en privilégiant la communication digitale ciblée, mais aussi à travers la création en 2024 d’un espace permanent de promotion de la Corse en Italie, destiné à ancrer les liens entre nos territoires. Nous travaillons également sur l’ouverture et la consolidation des lignes aériennes touristiques avec la CCI, les différents offices de la CdC et les compagnies aériennes. Notre partenaire Air Corsica vient d’ailleurs d’annoncer l’augmentation des rotations envers Rome et Milan l’an prochain, du printemps à l’automne. Ces liaisons qui sont le fruit de notre travail en commun. Les compagnies maritimes ont également annoncé de nouvelles connexions entre Gênes, Porto Torres, Piombino et les ports d’Ajaccio et Bastia. La Suisse et la Belgique, marchés prioritaires, font actuellement l’objet d’un travail sur le renforcement des connexions aériennes directes. De nombreuses autres nouveautés verront le jour en 2024 en termes de connectivité maritime et aérienne, du printemps à l’automne. La réussite de notre économie touristique passe aussi par là. 

Référence


Tuesday, November 7, 2023

démolition des paillotes en dur, et leur reconstruction en bois démontable; 4 ans après.

 les plagistes inquiets de devoir démonter leurs établissements

Quatre ans après la démolition des paillotes en dur, et leur reconstruction en bois démontable, les restaurateurs de la plage de Calvi semblent y trouver leur compte. Mais la perspective d'un démontage hivernal les préoccupe. 

Novembre 2019. Les bulldozers rasent une à une les quinze paillotes de la pinède de Calvi. Dans la foulée, les restaurants de plage sont reconstruits en bois ou en containers, dans l'idée de pouvoir être démontés chaque hiver. Pour les propriétaires, ces travaux représentent des sommes importantes, allant de 200 000 € à près d'un million d'euros.

Les crédits courent sur 7 à 15 ans. Cet été, le quatrième depuis que la plage de Calvi a changé de visage, les socioprofessionnels continuent à assumer les coûts de la reconstruction. "Financièrement, cela a été très dur, indique un plagiste, l'un des premiers en partant du club nautique. Tout le monde a dû emprunter de l'argent ; pour la démolition, mais surtout pour reconstruire. Pour notre restaurant, l'un des plus petits de la plage, il y en a déjà pour plus de 200 000 €. Bon, il faut admettre que c'est bien mieux aujourd'hui ; que ce soit par rapport à l'esthétique ou à sa fréquentation. La démolition, cela a été un mal pour un bien."

Incontestablement, la plage de Calvi est bien plus belle depuis que ses paillotes sont uniformes. Les services de l'État délivrent chaque année une autorisation d'occupation temporaire pour une durée de 5 mois, du 15 avril au 15 octobre. Pour une superficie de 650 mètres carrés, en totalité, les plagistes s'acquittent d'environ 50 000 € par saison.

" Cela ne fait que trois ou quatre ans que nous remboursons, note un autre plagiste. On a bien travaillé en 2021 et 2022, mais cette année il y a une vraie baisse. Les saisons sont plus courtes, et le pouvoir d'achat est en berne. Le maire fait tout pour que la commune récupère la gestion de la plage, mais il paraît que ça coince. On craint de devoir démonter, cet hiver. Cela aurait un coût énorme."

Depuis que les établissements démontables ont été installés, début 2020, aucun d'eux n'a jamais été retiré durant l'hiver. Une procédure est en cours pour que la commune récupère la gestion de sa plage pour les 12 ans à venir. Calvi attend notamment son classement en station touristique, ainsi que d'autres échéances administratives.

Dans l'incertitude, les plagistes s'interrogent. " Le décret plage de 2006 est obsolète, il faut impérativement le toiletter, estime Jean-Pierre Pinelli, coprésident de l'association des plagistes de Calvi avec Gilbert Vietto, Jean-Claude Butteri et Serge Levy. Il ne correspond plus aux besoins de l'économie, à l'échelle nationale. L'impact carbone d'un démontage est très important : il faut faire venir des engins, démonter, remonter. Il n'y a qu'un seul grutier sur Calvi, il lui faudrait 3 mois pour démonter tous les établissements. Il faudrait aussi que les Chemins de fer de la Corse interrompent leurs trains à chaque fois. Le coût de démontage, c'est 50 000 €, sans parler de la casse. Et on entrepose où nos containers ? Dans la pinède classée ? L'hiver, alors qu'il n'y a personne sur la plage, pourquoi il nous faudrait démonter ?"

Les plagistes espèrent tous de bonnes nouvelles avant la fin de saison, le 15 octobre.

Référence

https://www.corsematin.com/article/societe/52874232225451/balagne-les-plagistes-inquiets-de-devoir-demonter-leurs-etablissements

Saturday, November 4, 2023

Amiante naturelle, géologie, prévention du risque sanitaire et conflictualité

 


Les montagnes qui constituent le Cap Corse, la région située entre le col de Téghime
et la vallée du Golo et au Sud la Castagniccia résultent d’une histoire géologique
complexe qui s’étale sur plusieurs dizaines de millions d’années. Cette histoire a vu
dans un premier temps l’ouverture d’un domaine océanique, associée à la mise à
l’affleurement de roches ultrabasiques (péridotites ± serpentinisées) et à la formation
d’une croûte ophiolitique constituée de gabbros et de basaltes. Cette phase d’accrétion
a été suivie par la disparition de ces roches océaniques, entraînées au niveau de
zones de subduction dans les parties profondes de la lithosphère. Une partie de ces
formations océaniques a échappé à cet enfouissement et a été exhumée, venant
s’accoler contre et parfois se superposer sur un domaine géologique plus ancien. Ce
domaine « ancien » affleure actuellement dans les parties sud et ouest de l’île et
correspond à la Corse dite « granitique » ou « hercynienne ». Les roches issues du
domaine océanique affleurent dans les parties nord et nord orientale de l’île et
constituent la Corse dite « schisteuse » ou « alpine » (Illustration ci-dessus).
La Corse alpine est constituée par un empilement tectonique d’unités contenant des
roches très variées. Certaines de ces unités sont constituées par d’anciens sédiments
ou par d’anciens granites, les autres par des péridotites plus ou moins serpentinisées
et associées ou non à des gabbros et à des basaltes métamorphisés (Lahondère,
1996). La plupart des limites qui séparent toutes ces unités sont tectoniques et peuvent
être soulignés par des affleurements discontinus de péridotites serpentinisées qui, du
fait de leurs caractères rhéologiques, ont « joué » un rôle de « lubrifiant » dans
l’édification de la Corse alpine (« couche savon »).
Les principaux massifs de péridotites ± serpentinisées et de serpentinites affleurent au
niveau de la retombée occidentale du dôme de la Castagniccia ainsi que dans la partie
occidentale du Cap Corse. Ces massifs appartiennent à différentes unités géologiques
qui ont toutes subi une évolution tectonique et métamorphique de type HP-BT4. Les
serpentinites sont associées d’un point de vue cartographique à des massifs plus ou
moins importants de gabbros magnésiens (euphotides) et ferreux. Parmi les faciès
également présents en Haute-Corse se trouvent d’anciens basaltes métamorphisés
dans les conditions du faciès des schistes verts. Toutes ces roches sont susceptibles,
du fait de leur chimisme, d'être amiantifères, c'est à dire de renfermer localement des
minéraux silicatés fibreux (amphiboles de type actinolite et trémolite notamment,
serpentines de type chrysotile). La probabilité est forte pour les péridotites
serpentinisées, moins importante pour les gabbros magnésiens et probablement plus
faible, hors contexte structural particulier, pour les anciens basaltes. Pour les unités à
matériel sédimentaire ou granitique, la probabilité de la présence de minéraux 
amiantifères est plus faible, voire nulle en dehors d’un contexte structural particulier
(zones à très forte déformation).
Les problèmes d’une exposition à l’amiante « naturelle » se posent d’une façon
évidente en Haute-Corse où des massifs très importants de roches amiantifères
couvrent d’importantes surfaces. Les études actuellement disponibles, peu
nombreuses, établissent cependant un lien entre cette exposition strictement
« environnementale » et le développement de certaines pathologies (plaques
pleurales, mésothéliomes).

Cartographie et minéralogie de l’amiante environnemental sur la commune de Bustanico (Haute-Corse); BRGM, Décembre 2011

Rapport final, BRGM/RP-60356-FR
Rapport de 132 pages
Mots clés : Amiante environnemental, Cartographie, Minéralogie, Serpentine, Antigorite,
Chrysotile, Trémolite, Serpentinite, Métagabbro, Haute-Corse, Bustanico.
En bibliographie, ce rapport sera cité de la façon suivante :
D. Lahondère, F. Cagnard, D. Maton (2011) – Cartographie et minéralogie de l’amiante
environnemental sur la commune de Bustanico (Haute-Corse). Rapport BRGM/RP-60356-FR,
132 p., 116 ill., 2 ann.

************
Pour mémoire, la valeur à ne pas dépasser à l’intérieur des locaux est fixée à 5 fibres
d’amiante par litre d’air (f/l) pour les fibres de plus de 5 micromètres de longueur.
************

Les Amiantes naturelles

L’amiante est une substance minérale naturelle qui correspond à six variétés de silicates fibreux ainsi qu’à tous les mélanges entre ces différents silicates. Ces minéraux sont connus depuis l’Antiquité sous le nom d’asbeste et ont longtemps été exploités pour leurs propriétés thermo-mécaniques. 
Ces six silicates appartiennent à deux groupes d’espèces minéralogiques, les serpentines et les amphiboles :
  • Les serpentines sont des phyllosilicates, c'est-à-dire des silicates dont les tétraèdres [SiO4]4- sont disposés en feuillets, monocliniques, de formule chimique Mg3[Si2O5](OH)4.
  • Les amphiboles sont des inosilicates en chaîne double, hydroxylés. Le groupe des amphiboles est riche de nombreuses espèces qui se répartissent dans trois grandes familles qui sont les amphiboles calciques, sodiques et ferromagnésiennes.
- au chrysotile (ou amiante blanc) / Serpentine,
- les Amphiboles,
    - à la crocidolite (ou riébeckite-amiante ou amiante bleu) / Amphibole,
    - à l’amosite (ou grunérite-amiante ou amiante brun) / Amphibole,
    - à l’anthophyllite-amiante / Amphibole,
    - à la trémolite-amiante / Amphibole,
    - à l’actinolite-amiante / Amphibole.

Cette liste de six minéraux, limitée aux seules espèces minéralogiques ayant fait ou
faisant encore l’objet d’une exploitation industrielle, constitue une définition
commerciale de l’amiante. Parmi ces six espèces minérales, le chrysotile constitue à lui seul 90 à 95% de l’amiante produit jusqu’à ce jour, le reste correspondant à des exploitations de crocidolite et d’amosite. En termes de production, l’exploitation des variétés asbestiformes de l’anthophyllite, de la trémolite et de l’actinolite peut donc être considérée comme négligeable.




Wednesday, November 1, 2023

30 ans après; Balagne : la Route des Artisans, véritable vitrine de la microrégion

 Cette année, Strada di l'Artigiani fête ses trente ans. Outil de communication pour les producteurs et gage de qualité pour les visiteurs, l'association poursuit sa route dans le paysage balanin.

Dans les ruelles de Pigna, de nombreux vacanciers se baladent avec une brochure rouge et bleue à la main. Exposé à l'entrée de l'atelier de verrerie Atraverre, ce fascicule propose à ses lecteurs un itinéraire à suivre pour aller à la rencontre de ses artisans.

Tout juste arrivé sur l'île, Sergio se balade avec sa femme et son enfant : "Je suis architecte, donc tout ce qui a trait à l'art m'intéresse." Pour rejoindre Saint-Florent, le vacancier italien envisage quelques pauses chez des créateurs, en s'aidant de la fameuse brochure. Depuis trente ans, ce petit bout de papier est distribué en nombre sur le territoire. "On édite 35 000 exemplaires chaque année, c'est assez stable, explique Matthieu Graziani. On est présent sur plusieurs sites partenaires comme les offices de tourisme, mais aussi les hôtels et les aéroports."

Grâce à la Route des Artisans, tous assurent gagner en visibilité

Grâce à la coopération de ces acteurs du tourisme et aux panneaux qui ornent les chemins, l'association s'assure une visibilité au plus proche des potentiels visiteurs. "C'est un document que l'on donne automatiquement, au même titre que le plan de la ville, avance l'office de tourisme de Calvi. On en distribue entre 4 000 et 5 000 exemplaires par an. Cela permet aux vacanciers d'aller directement voir le producteur et de découvrir les villages typiques de l'arrière-pays." 

"Il y a certaines personnes qui viennent grâce au catalogue, confirme Cécile Machado, créatrice de bougies à Lozari. Beaucoup aimeraient avoir un car qui les amène d'atelier en atelier." S'il est impossible pour tous les artisans de savoir quels visiteurs viennent spécialement grâce à La route des Artisans, tous assurent gagner en visibilité.

"C'est quelque chose que les gens suivent, c'est un bon repère qualitatif pour eux", appuie Jocelyne Boyer, de l'atelier Vetrarte. À l'aide d'une charte stricte, l'association recense 45 créateurs implantés dans la microrégion.

"L'association est un gage de qualité, insiste Mathieu Graziani, président et maître luthier à L'Île-Rousse. On sélectionne les artisans qui ont un savoir-faire et qui transforment la matière sur place." Après des contrôles de membres de l'association et le jugement d'une commission, de nouveaux venus peuvent être intégrés à la Route des Artisans. Une démarche volontaire de la part des créateurs, ou engagée par l'association.

Dès le lancement de son activité de céramique artistique en 2007, Catherine d'Angeli a voulu s'associer à la Strada di l'Artigiani. "Ça faisait partie de mes plans, je souscris totalement à leur charte", explique la créatrice basée à Santa Reparata. Pour la céramiste, il n'est pas seulement question de communication mais de "valeurs partagées par les artisans". "C'est la seule publicité que je prends, et celle que je garderai jusqu'à la fin de ma carrière."

Référence du 12/08/23

https://www.corsematin.com/article/economie/45945301449025/balagne-la-route-des-artisans-veritable-vitrine-de-la-microregion

La Corse, une terre de mariage pour des couples venus de loin

 L'Île de beauté fait rêver des fiancés de toute la France, à la recherche d'authenticité et de mer en toile de fond. D'avril à octobre, ils sont nombreux à venir s'y marier, avec un budget moyen souvent supérieur à 20 000 €.

Pourquoi se marier dans une région qui n'est pas la sienne ? Chaque année, plusieurs dizaines de couples continentaux choisissent de s'unir en Corse. Le mariage civil est logiquement rattaché au lieu de résidence, puisqu'il y a un justificatif de domicile à fournir, mais la liberté reste totale pour la partie religieuse et la partie festive.

"Les couples du Continent représentent 80 % de ma clientèle, assure Sandy Giovansily, organisatrice d'une vingtaine de mariages en Balagne, chaque année. Ils viennent chercher de l'authenticité, un terroir, des valeurs qu'ils ont découverts durant leurs vacances. Parfois, la demande en mariage a eu lieu ici. Ils tiennent donc à se marier en Corse et sont prêts à payer un peu plus cher. La Corse et les Corses, ça fait toujours rêver."

Un mariage se prépare généralement un an à l'avance, parfois deux. Une organisation qui commence par le choix du site en fonction de critères propres à chaque couple. Selon la durée de privatisation, la capacité d'accueil, le confort et l'emplacement, la location s'échelonne de quelques milliers d'euros à plusieurs dizaines de milliers d'euros. Pour le pénitencier de Coti-Chiavari, par exemple, il faudra débourser entre 4 000 € et 5 000 € selon la saison. Dans le sud de l'île, des villas avec piscine ou bien des paillotes privatisées se négocient à plus de 20 000 €.

"Se marier en Corse, c'est plus cher qu'ailleurs, parce qu'il faut compter le transport et l'hébergement, témoignent Sylvie et Pascal, un couple de trentenaires qui s'est dit oui l'année dernière, en Plaine orientale. On habite la région lyonnaise et on était déjà venus plusieurs fois en vacances. La Corse, c'est une région à part. On s'y attache vite. D'un commun accord, on a décidé de se marier pour la faire découvrir à nos proches."

Un peu de Corse même dans l'assiette

"C'est tendance de se marier en Corse, constate aussi Jean-Michel Cabrera, patron du traiteur Le Hussard, à Ajaccio. Notre île fait rêver, c'est indéniable. Il y a beaucoup de demandes, mais elles n'aboutissent pas toutes. Je dirais même qu'il y a un recul ces deux dernières années, à cause du coût du logement et du transport. On a un peu de difficultés sur juillet et août, alors qu'on est toujours complets en juin et septembre, lorsqu'il est plus facile de trouver des billets et des chambres d'hôtel." 

Une fois qu'ils ont trouvé le site de leurs rêves, en accord avec leur budget, les futurs mariés peaufinent les nombreux détails de l'événement. À commencer par le repas.

"Très souvent, les gens demandent une touche locale dans l'assiette, relate Mélanie Moracchini, organisatrice de mariages entre Ajaccio, Piana et Sartène. Ils veulent de la charcuterie, du fromage corse, des beignets cuits sur place, du granité de myrte à la place du trou normand. Ils aiment aussi écouter des chants corses au moment du cocktail."

"Mon fils est agriculteur, je vends le fromage et le brocciu qu'il fabrique, mais aussi du veau corse et des légumes bios, reprend Jean-Michel Cabrera. Cela nous permet de valoriser nos produits."

Une économie induite

Les couples continentaux représenteraient 70 % à 80 % de la clientèle des régisseurs de mariages insulaires. À chaque fois ou presque, la quasi-totalité des convives se déplace depuis le Continent, avec de nombreuses retombées pour l'économie de l'île.

"Il y a les organisateurs, le groupe de musique, le DJ, le fleuriste, la maquilleuse, la coiffeuse, le photographe, la location de voiture, la garde d'enfants, l'hébergement, le transport, ça fait travailler beaucoup de corps de métiers, énumère Mélanie Moracchini. On parle de mariés qui ont souvent des moyens, de beaux budgets et de beaux projets. Cela fait travailler du monde, et crée de belles retombées économiques pour la Corse."

Le calendrier des mariages sur l'île est en train de se remplir sérieusement pour 2024. Pour espérer se marier dans un site prisé lors du dernier week-end de juin ou du premier week-end de septembre, il vaudra mieux se dépêcher pour avoir sa place en 2025.

" Le secteur du mariage repart bien, on est content, estime Sandy Giovansily. On revient sur la dynamique d'avant Covid. D'ailleurs, on est de plus en plus à faire ce métier. "

Référence du 17/08/23

https://www.corsematin.com/article/societe/1473903119627115/la-corse-une-terre-de-mariage-pour-des-couples-venus-de-loin

GR 20 : retour à une fréquentation " normale " après un pic en 2022

Le sentier de grande randonnée accuse une baisse du nombre de nuitées par rapport à l'année dernière, selon le Parc naturel régional, et retrouve des chiffres équivalents aux années d'avant Covid.

Les années ne se ressemblent par sur le sentier de grande randonnée qui traverse la dorsale insulaire. Du nord au sud, en 16 étapes, le GR20 dessert une quinzaine de refuges dont la fréquentation varie d'une année à l'autre. Après une saison 2022 record, la fréquentation en 2023 affiche une baisse de l'ordre de 20 % pour retrouver son niveau d'avant Covid.

"On estime qu'entre 15 000 et 18 000 randonneurs ont parcouru le sentier en 2022, avance Benoît Vesperini, le chef du pôle montagne au Parc naturel régional de Corse. Le refuge de Manganu, le plus fréquenté, a enregistré l'an dernier 15 712 nuitées. Le refuge de Ciottulu, le moins fréquenté, dépassait les 8 000 nuitées. L'année 2022 a connu une fréquentation exceptionnelle, avec des taux de remplissage parfois à la limite de nos capacités d'accueil. On sortait de deux saisons perturbées par le Covid, les gens avaient des envies de nature et d'évasion. D'autre part, les gens qui avaient réservé mais n'ont pas pu venir à cause de la pandémie avaient des avoirs valables jusqu'en 2022. Alors que dans certains sites naturels, on a opté pour la mise en place de quotas, sur le GR, on a préféré attendre."

À Calenzana, village de départ du célèbre sentier, le gîte communal a encaissé plus de 8 000 nuitées en 2022, pour une recette dépassant les 90 000 €. Une fréquentation inédite qui a aussi permis la création d'une boutique de randonnée, A Partanza, afin de compléter l'équipement avant le départ.

Juin a été prometteur avant une baisse...

La saison 2023 a aussi démarré sur les chapeaux de roues, avec une affluence comparable à celle de juin 2022, bien qu'en légère baisse. Puis, les mois de juillet et août ont accusé une baisse plus franche. Et les perspectives pour septembre 2023 suivent la même tendance.

"On devrait terminer la saison avec une fréquentation de l'ordre de 12 000 à 15 000 passages, reprend Benoît Vesperini. On ne s'attend pas à un mois de septembre très chargé, alors qu'il y a eu du monde jusqu'à la fin, en 2022. Le taux de fréquentation précis ne sera connu qu'en fin de saison, mais on revient sur un taux d'occupation plus normal, équivalent à celui de 2019."

Chaque refuge du GR20 a une capacité moyenne de 100 places de bivouac et de 35 lits en bat-flanc. Pour favoriser la réservation, et connaître à l'avance le nombre de randonneurs attendus, le Parc naturel a adopté en 2023 une politique tarifaire très incitative. Ainsi, la nuitée en vente directe est facturée deux fois plus cher qu'une nuitée réservée.

"En 2022, il y avait encore 40 % des randonneurs qui arrivaient sans réservation, précise le chef du pôle montagne du Parc. Cela nous a posé des problèmes, parce que certains refuges étaient déjà complets. On voudrait tendre vers 100 % de réservation pour avoir une visibilité sur les stocks, la gestion de l'eau, la préparation des repas. Cette année, on a beaucoup plus de réservations. On attend la fin de saison pour faire le bilan mais il semble que ce soit une bonne chose en termes d'organisation."

Le comportement des randonneurs semble également évoluer. Ces dernières années, la part des hébergements privés a progressé sur le GR20, et le camping sauvage reste une réalité. Par conséquent, difficile de connaître le nombre exact de sacs à dos qui arpentent, chaque année, le célèbre sentier. 


Référence du 29/08/23 

 https://www.corsematin.com/article/societe/2519018876972715/gr-20-retour-a-une-frequentation-normale-apres-un-pic-en-2022

À L’Île-Rousse, un collectif et une pétition contre la construction d'immeubles

 U Cullettivu 66, composé de riverains, attaque en justice un permis délivré par la commune de L'Île-Rousse concernant la construction d'immeubles de quatre étages sur le terrain situé entre les écoles et le rond-point de Santa-Reparata

Le permis de construire, délivré le 12 juillet 2023 par la commune de L'Île-Rousse, prévoit la construction de quatre immeubles en R+4 sur le terrain situé entre les écoles de L'Île-Rousse et le rond-point menant à Santa-Reparata. Dans ce lotissement dit du Moulin à vent, sur une superficie d'un demi-hectare, le projet prévoit la réalisation de 66 appartements, ainsi que de parkings en sous-sol, sur une hauteur totale de près de 15 mètres.

La perspective de cette nouvelle promotion déplaît aux riverains qui ont décidé de constituer un collectif, baptisé Cullettivu 66. Un recours auprès du tribunal administratif de Bastia a été déposé le 25 septembre 2023 et une pétition en ligne rassemble près de 300 signataires. Le collectif justifie sa prise de position par la proximité avec les écoles et le taux de résidences secondaires, déjà élevé sur la commune. En effet, la ville de 3 224 habitants comporte 3 418 logements, mais 1 527 de ces logements sont destinés à la population permanente et 1 861 sont des résidences secondaires.

"Il n'y a pas de problèmes de logement à L'Île-Rousse, mais des problèmes de politique du logement, assure le collectif. Lorsque nous avons réalisé ce qu'allait devenir ce lopin de terre, nous nous sommes dit que c'était pure folie qu'il puisse y avoir une énième promotion immobilière dont nous ne savons rien. Car il manque les informations sur la destination de la promotion et sa composition. On sait aujourd'hui que le T2 est surtout destiné à la location saisonnière. Les jeunes Île-Roussiens qui s'installent ont besoin de plusieurs chambres, pour fonder une famille."

Un espace public pour les élèves

Selon nos informations, ce n'est pas la première fois qu'un projet immobilier est balayé sur ce même terrain du Moulin à vent. Une première promotion privée, puis une promotion sociale confiée a Erilia, avaient été abandonnées. À chaque fois, c'est la hauteur des immeubles qui a causé du tort au porteur de projet. D'autres refus, notamment de la CDC, auraient été justifiés par de mauvaises conditions d'accès.

Selon le Cullettivu 66, il en va aussi de la sécurité et du confort des 300 enfants des écoles.

 "Nul n'ignore que les principales victimes d'accidents urbains sont les enfants de moins de 10 ans : petite taille, mauvaise analyse latérale, mauvaise perception des sons et de la vitesse, assure le collectif. Nos écoles ont perdu 40 élèves en 5 ans car les écoles environnantes ont toutes développé des installations ludiques et sportives qui attirent les élèves. Comment est-ce possible que dans une ville de plus de 3 000 habitants, nous ayons une école primaire et maternelle avec seulement 20 places de parking. Il y a un terrain vague de 5 000 mètres carrés et il ne s'y passe rien, aucun projet dédié à notre jeunesse. Nous souhaitons que la mairie ou une collectivité autre rachète ce terrain, en fasse un espace public, un projet dédié aux élèves des deux écoles et ouvert à tous le reste du temps.

Contactée, la municipalité de L'Île-Rousse estime qu'elle a de bonnes chances d'arbitrer le litige en faveur du collectif.

 "On a opposé un premier refus de permis contre ce projet, le 19 avril 2023, pour une question d'accès, puisqu'il y avait un avis défavorable de la CdC, rappelle Benjamin Genuini, conseil municipal en charge de l'urbanisme. Le projet a été remodelé et a finalement obtenu toutes les autorisations possibles, notamment des services de l'État. Mais il y a un point de droit qui nous a échappé : le règlement du lotissement du Moulin à vent interdit les constructions supérieures à une certaine hauteur. Ce point nous paraît fondé, le promoteur a été avisé et s'il n'apporte pas d'éléments contraires, le permis va être retiré."

Le Cullettivu 66, prêt à aller devant les tribunaux, a peut-être déjà gagné son combat.

Référence du 13/10/23

https://www.corsematin.com/article/societe/13266585542251/a-l-ile-rousse-un-collectif-et-une-petition-contre-la-construction-dimmeubles

Premier festival de l'écologie positive en Balagne

 Calvi; Des ateliers plus que complets, des scolaires venus en nombre, des moments de fête et de partage et surtout un bel engouement autour du respect de l'environnement. Bilan très positif pour la première édition de Green Orizonte.

"Notre récompense, c'est la participation du public nombreux. Les gens étaient heureux, ils avaient le sourire aux lèvres. Nous avons su fédérer autour de la nature et du vivant. C'est une vraie réussite", estime Anne-Marie Piazzoli, la directrice de l'office du tourisme de Calvi-Balagne, au lendemain de la première édition de Green Orizonte. De vendredi à dimanche, le festival de l'écologie positive a rassemblé entre 2 500 et 3 000 personnes, depuis Calvi, Lumiu et Calenzana.

350 000 € de budget

Consacrée aux professionnels du tourisme et aux scolaires, sous un chapiteau dressé sur le terrain de l'Ortacce mais également dans plusieurs hôtels de la ville, la première journée était un condensé de conférences, d'ateliers, de pitch et de présentations sur le thème de l'écologie. Les professionnels ont pu découvrir ou redécouvrir les démarches d'écotourisme, avec l'écolabel européen et la démarche Rispettu, la réduction de déchets dans les structures d'hébergement, l'œnotourisme, la communication responsable ou encore l'alimentation durable. 

" Tous les ateliers, les conférences, les tables rondes ont été d'une grande qualité, tant sur le plan des interventions que sur le fond," se félicite Jean-Baptiste Ceccaldi, hôtelier et président de l'office de tourisme intercommunal

" À chaque fois, la jauge était atteinte ou dépassée, ce qui démontre l'intérêt des professionnels pour le programme proposé ", complète Anne-Marie Piazzoli. L'agence du tourisme de la Corse (au sujet de l'éco labellisation européenne), ainsi que l'Ademe et le Syvadec sont intervenus sur le thème de la réduction des déchets et des économies d'énergie.

Des hôtels remplis et une saison qui s'allonge

Le samedi matin, à Lumiu, et le dimanche matin, à Calenzana, le public était également au rendez-vous pour les randonnées à vélo, les balades à la découverte de la biodiversité et du paysage, les concerts et le repas durable de grande tablée avec de la " street food made in Corsica ".
" Nous sommes très satisfaits de la fréquentation malgré la météo qui n'était pas avec nous, reprend Jean-Baptiste Ceccaldi. On avait pris le pari de délocaliser une partie du festival sur deux communes de notre périmètre intercommunal, avec du scepticisme sur la fréquentation. À notre surprise, ce fut une pleine réussite. " La partie festive n'était pas en reste non plus. Les frères Torracinta, le DJ Fakear ou encore les Balanins de Sumenta Nova ont assuré une ambiance digne des plus belles soirées d'été. Le but de cet événement, placé au début des vacances de la Toussaint, était de prolonger encore un peu la saison. " Les hôteliers et les socioprofessionnels de Calvi peuvent ainsi garder leur établissement ouvert jusqu'à fin octobre, voir au-delà, ambitionne le président de l'office du tourisme. C'est un positionnement assumé, dans un but d'étalement de la saison. Depuis plusieurs années, il fait encore beau et chaud en octobre. Nous avons ce que l'on peut appeler un été indien. "
Partenaires de l'événement, des hôtels comme le Mariana, le Saint-Erasme, le Revellata, le Campo di Fiore ou encore les Arbousiers ont fait le plein durant le festival. Entre les intervenants et les prestataires de services, plus de 250 personnes sont venues spécialement à Calvi pour travailler dans le cadre de Green Orizonte. Une fréquentation qui s'est ressentie à l'échelle de la ville et que la météo pluvieuse et venteuse n'est pas parvenue à gâcher.

À l'heure du bilan, les organisateurs du festival n'ont pas encore fait d'annonce concernant une deuxième édition. En attendant d'en savoir plus, la cité Semper Fidelis prépare le prochain gros événement : le trail de Calvi, prévu pour le samedi 11 novembre.

Référence du  25/10/23

https://www.corsematin.com/article/societe/18115993932248/le-festival-de-lecologie-positive-a-largement-trouve-son-public-en-balagne

ces hôtels de Haute-Corse qui relèvent le défi de rester ouverts toute l'année en Balagne

 À Calvi comme à L'Île-Rousse, quelques établissements réduisent la voilure mais ne ferment jamais leurs portes, même en hiver. Ils visent une clientèle de travailleurs et de locaux en escapade, alors que les véritables touristes se font rares.
Combien d'hôtels seront ouverts, en décembre à Calvi ? Et combien le resteront, en février à L'Île-Rousse ? Dans les deux villes de Balagne, une poignée d'établissements ne ferme jamais boutique. Les équipes sont réduites en hiver, le taux de remplissage aléatoire, et la stratégie bien différente.

À Calvi, le Mariana n'a jamais dérogé aux mois creux depuis son ouverture en 1989. 
" En hiver, la clientèle se compose de représentants commerciaux, de militaires en permission, de Corses de toutes les microrégions ou encore de jeunes Balanins qui sortent le week-end à Calvi et dorment à l'hôtel plutôt que de reprendre la voiture, inventorie Dominique Acquaviva, le patron. Il y a aussi des groupes qui viennent en séminaires et même des ouvriers d'entreprises extérieures. Le taux de remplissage reste très aléatoire, autour de 20 % en moyenne. Comme il y a moins d'activité, le personnel est réduit de moitié. On passe à 7 salariés contre 15 à 20 en été. " Avec ses chambres à partir de 68 € l'hiver, sa salle de sport, son sauna, son hammam, ses cours de yoga et ses séances de massage, le Mariana attire aussi quelques touristes hivernaux.
Au pied de la citadelle, les 24 chambres du Belvédère ne ferment pas non plus. Le petit hôtel tourne au ralenti, avec deux salariés uniquement.
 " On arrive à louer entre 3 et 5 chambres par jour, estime Dominique Ceccaldi, le gérant. Les tarifs sont divisés par deux par rapport à la saison haute, et on n'hésite pas à surclasser les clients dès que possible. Par exemple, on offre la vue mer ou une chambre plus spacieuse. L'année dernière, nous avons fait notre meilleur mois de décembre. Il y a quand même une hausse d'activité pendant les vacances de la Noël, et le moindre événement en ville attire des clients à l'hôtel. "

Le port de commerce attire des clients

À L'Île-Rousse, l'Escale côté sud est l'un des rares hôtels ouvert à l'année. Le petit établissement de 18 chambres n'a pas de salle pouvant accueillir des séminaires ou des conférences, mais il bénéficie d'un emplacement stratégique, à mi-chemin entre la mairie et la place Paoli. Comme à Calvi, grâce à des prix plus bas, il attire aussi bien des travailleurs que des insulaires et des touristes. 
"L'hôtel se remplit bien pour les fêtes ou dès lors qu'il y a des événements comme le rallye, précise Sandrine, la réceptionniste. Il arrive que l'on soit complet, même l'hiver. La différence avec Calvi, c'est qu'on a aussi les arrivées et les départs de bateaux. Souvent, les gens préfèrent dormir sur place la veille du départ ou le soir de leur arrivée, avant de reprendre la route. Cela crée du passage. "
Outre les bénéfices, souvent limités en hiver, l'ouverture annuelle permet surtout de fidéliser une équipe en CDI, alors que le recrutement de saisonniers est, chaque année, plus aléatoire. Pour franchir le pas et ouvrir 12 mois sur 12, Marine Guglielmacci va investir plusieurs centaines de milliers d'euros pour proposer de nouveaux services au Saint-Erasme
" Nous prévoyons un espace bien-être avec hammam, sauna, bassin intérieur et massages, mais aussi une salle de coworking pour les clients de l'hôtel et même une salle de séminaire, prévoit la patronne. On s'aperçoit que beaucoup de gens ont besoin de télétravailler, ne serait-ce qu'ouvrir des emails, même pendant leurs vacances. Depuis une dizaine d'années, les saisons se sont rallongées. Avant, elles s'étiraient de mai à septembre, maintenant c'est d'avril à novembre. Notre destination ne mise plus uniquement sur la plage. Il y a tant d'activités à découvrir comme la randonnée, le VTT, les sorties en mer, l'œnotourisme, l'agritourisme qui se pratiquent mieux lorsqu'il fait moins chaud. "
L'hôtelière prévoit deux hivers de travaux, avant de rester définitivement ouverte à l'année à compter d'avril 2025. Un défi dans lequel ne se lancent que de trop rares établissements en Balagne.

Référence du 26/10/23

https://www.corsematin.com/article/societe/56725822641809/haute-corse-ces-hotels-qui-relevent-le-defi-de-rester-ouverts-toute-lannee-en-balagne

Les effets du changement climatique (6/7) : vers un tourisme plus résilient ?

Canicules, évènements extrêmes, recul du trait de côte : le changement climatique va poser des défis majeurs d'adaptation à l'industrie du tourisme.

Selon l'Insee, la consommation touristique finale en Corse équivaut à 39 % du PIB insulaire, cinq fois plus que la moyenne nationale. Cette dépendance pose la question de la vulnérabilité de cette industrie face au dérèglement climatique. Ainsi, les épisodes caniculaires, dont la fréquence devrait augmenter, ont un impact sur les comportements. Lors du mois caniculaire de juillet 2019, la Corse avait enregistré une baisse de fréquentation de 8 %, selon le cabinet Protourisme, la plus importante en Méditerranée, délaissée au profit de la Bretagne ou de la Normandie. 

"Nous avons cette année, dans les enquêtes menées auprès des vacanciers, constaté pour la première fois des mentions de la chaleur comme source de désagrément", indique Frédéric Petrucci, directeur de l'Agence de tourisme de la Corse (ATC).

Au-delà des questions liées au lissage de la fréquentation et de l'efficience économique, l'étalement de la saison est-il une réponse ? "Les épisodes caniculaires peuvent apporter un argument supplémentaire pour inciter les clientèles à opter pour des périodes météorologiquement plus clémentes. En 2022, 45 % des touristes sont venus pendant les grandes vacances, ils étaient 52 % en 2017", explique Frédéric Petrucci. Un problème auquel répond aussi la déconcentration des flux vers la montagne et les activités de plein air, estime l'ATC.

Par nature imprévisibles, les événements naturels violents perturbent aussi la demande. Ils "peuvent causer des annulations de voyage de dernière minute par mer ou en avion, comme cela s'est passé en décembre 2019", note le Centre d'études et d'expertise sur les risques et l'environnement (Cérema) dans son "analyse des effets du changement climatique en Corse" (2021). Rafales, inondations : l'île avait été traversée par la violente tempête Fabien, qui avait paralysé les lignes maritimes et aériennes durant 48 heures. Si pour le Cérema, il faut s'attendre à une augmentation des réservations et annulations de dernière minute, l'ATC indique ne pas avoir constaté cette tendance.

"Le risque zéro n'existe pas"

Le changement climatique influe aussi sur l'offre. "Le plus problématique pour l'appareil de production touristique corse est l'érosion du trait de côte sur le linéaire côtier oriental. Ce phénomène, partiellement lié au changement climatique, met en difficulté certains établissements. Des mesures préventives soutenues par la CdC ont été déployées pour essayer de mettre les établissements en sécurité", explique le directeur de l'ATC.

Autre secteur vulnérable : l'hôtellerie de plein air. Une jeune fille tuée par la chute d'un arbre sur sa tente au camping de Sagone et un homme dans un camping de Calvi, des centaines de vacanciers évacués, des dégâts matériels importants : la tempête d'août 2022 a démontré la précarité de ce type d'installation face aux événements climatiques extrêmes. Et la fragilité d'un poids lourd de l'industrie touristique : 4,4 millions de nuitées sur les 10,1 millions enregistrées entre avril et septembre 2022 en Corse. Un enjeu dont le secteur a pris la mesure, assure le président de la fédération corse de l'hôtellerie de plein air.

 "Nous étudions la relocalisation de tout ou partie de certains campings", indique Alain Venturi. Une mesure destinée à se prémunir de certains risques, notamment les inondations. "Cela soulève des problèmes administratifs. Si vous voulez déplacer des mobile homes ou des habitations légères, le PLU doit vous permettre de le faire", explique-t-il. "Concernant les zones qui abritent des tentes, on réfléchit à faire réaliser des examens par des spécialistes afin de sonder les arbres et d'identifier des fragilités", détaille Alain Venturi, qui convient toutefois que "le risque zéro n'existe pas".

Référence du  28/10/23

 https://www.corsematin.com/article/environnement/7675404895582515/serie-les-effets-du-changement-climatique-6-7-vers-un-tourisme-plus-resilient

Une fermeture de route officielle dans la vallée de la Restonica, et les gens lèvent la barrière!

 La fermeture hivernale

La fermeture hivernale de la D623 qui monte jusqu'aux Grutelle, devrait advenir sous peu. Beaucoup la jugent anticipée et aimeraient profiter plus longtemps du potentiel de cette partie de la vallée de la Restonica.

h bon ? Je ne savais pas que la route fermait pendant l'hiver'', s'étonne Augusta, qui a profité des douces températures matinales pour se promener dans la vallée de la Restonica. "Pourtant, j'y suis montée un hiver avec mes enfants quand il neigeait et la barrière n'était pas fermée, souligne la Cortenaise. C'est une chance d'avoir un tel endroit à proximité de la ville, alors tant que la météo le permet, j'en profite." Comme beaucoup d'autres, la jeune femme de 31 ans ignorait que la portion de la route départementale 623 allant du camping de Tuani jusqu'aux Grutelle, effectuerait prochainement sa fermeture annuelle.

"Deux à trois cents personnes sont déjà montées depuis ce matin", relate Théo Simonini, gérant du chalet des Grutelle qui l'assure : 

"Même quand la route est fermée, beaucoup prennent le risque de monter et ne tiennent pas compte de cette interdiction." L'accès à cette partie haute de la vallée semble donc davantage régi par la météo que par la barrière. "C'est l'état de la route qui pousse les gens à faire demi-tour, mais certainement pas la barrière, ajoute Théo Simonini. Il s'agit aussi bien des locaux que des touristes car tous veulent profiter de la neige et s'amuser avec les enfants. Ici il y a de quoi faire, alors pourquoi s'en priver..."

Une fermeture jugée inadaptée

"C'est beaucoup trop tôt pour fermer", estime de son côté Philippe, qui resserre son mousqueton avant d'escalader à nouveau l'un des imposants rochers qui longe la RD 623. Le Toulonnais de 53 ans, déjà venu au printemps dernier, juge cette fermeture trop anticipée. 

"Pourquoi ne pas la fermer lorsqu'il commence à neiger ? Je ne comprends pas. Beaucoup d'autres vallées adaptent leurs ouvertures et fermetures en fonction de la météo", commente-t-il. Il a beau n'avoir jamais été directement confronté à cette fermeture, le quinquagénaire l'assure : "Si les conditions le permettent, je monterai quand même, quitte à lever la barrière." Comme le font, finalement, beaucoup d'autres. Brice qui assure la sécurité de Philippe tandis qu'il escalade le rocher, se rend dix fois par an sur ce tronçon de la route pour "escalader, skier et faire de la rando". Et comme Augusta, il ne s'était "jamais aperçu que la route fermait".

Probablement parce qu'une fois la barrière ouverte par un usager, celle-ci le reste jusqu'à ce que quelqu'un ne décide de la refermer. C'est d'ailleurs ce qui est arrivé à Jean-François, qui s'était déjà rendu dans la vallée l'an dernier à la même époque. 

"La barrière était levée et je n'avais aucune idée que la route fermait, donc j'étais monté dormir là-haut à la belle étoile, et je me suis fait verbaliser", raconte le Gardois de 67 ans. "C'est dommage", souffle de son côté Brice. D'autant que pour lui, la fermeture hivernale ne tombe pas aux bonnes périodes. "Pour grimper dans des conditions météorologiques optimales, on ne peut le faire qu'à partir de l'automne jusqu'au début du printemps, donc cette fermeture tombe pile sur les moments où je pratique mes activités", déplore l'Ajaccien qui considère aussi que la fermeture advient trop tôt. "S'il y a un risque manifeste d'avalanche ou d'éboulement, ça se justifie, autrement il faut adapter cette fermeture aux conditions de neige. Ça pousse les gens à enfreindre une règle." Pas pour tout le monde visiblement : "Je n'irai pas ouvrir une barrière qui est fermée, c'est certain. Si elle est fermée, c'est qu'il y a une raison." affirme de son côté le sexagénaire. "En revanche, c'est sûr que cela représente une perte conséquente pour la population, les touristes et donc les commerçants", glisse-t-il.

La tenue, le 14 novembre prochain, d'une réunion entre la mairie et le service des routes de la Collectivité de Corse (CdC) sera-t-elle l'occasion d'évoquer ce sujet ? "L'ensemble des sujets propres au domaine routier, aussi bien dans le cadre des projets de l'ORT mais aussi de la Restonica, dont ce point-là, seront abordés", commente Xavier Poli. 

Référence du 02/11/2023

https://www.corsematin.com/article/societe/38153625417888/une-fermeture-de-route-officielle-pour-une-circulation-officieuse-dans-la-vallee-de-la-restonica

Galeria et Manso: trois baigneurs piégés par une crue de la rivière Fangu

Conflits: touristes et crue dangereuse de la rivière Fangu

Les pompiers de Haute-Corse sont intervenus, vers 16 h 30 ce lundi après-midi 05/06/23, pour porter assistance à trois personnes, deux enfants et un adulte, en difficulté après une crue soudaine de la rivière Fangu.
Ces touristes d'origine allemande ont été évacués par l'hélicoptère Dragon 2B et les pompiers du Groupement de recherche et d'intervention en milieu aquatique. Aucun d'eux n'a été blessé. Les orages qui se succèdent en montagne rendent dangereuse la pratique de la baignade en rivière.

Référence

VIDÉO; Un superyacht de 146 mètres de long au pied de la citadelle de Calvi, le dixième plus grand au monde

 Ce dimanche 13 août, 2023 un superyacht de 146 mètres de long - le dixième plus grand au monde - et deux autres de 80 mètres ont été aperçus en train de naviguer au pied de la citadelle de Calvi.

Le superyacht Opera, classé comme le dixième plus grand au monde avec ses 146 mètres de long, a été aperçu en train de naviguer au pied de la citadelle de la ville. Lancé en 2022 par l'entreprise de construction navale allemande Lürssen, spécialisée dans la production de yachts de luxe, le coût de ce navire est estimé à 450 millions de dollars. Il serait capable d'accueillir jusqu'à 48 passagers et jusqu'à 80 membres d'équipage.

Son propriétaire ne serait autre que le fils du fondateur des Emirats Arabes Unis, Cheikh Abdallah ben Zayed Al Nahyane.

Deux autres yachts d'environ 80 mètres se trouvaient également à proximité.

Référence

https://www.corsematin.com/article/culture-loisirs/115687542632615/video-un-superyacht-de-146-metres-de-long-au-pied-de-la-citadelle-de-calvi