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Saturday, November 11, 2023

PORTRAIT d'un corse par sa grand-mère maternelle: David Lisnard maire de Cannes

 PORTRAIT de David Lisnard en 2017: "J'ai toujours été curieux"

Le maire de Cannes est une personnalité aux multiples facettes : sportif endurci, lecteur insatiable et amoureux du débat, c'est aussi un ardent défenseur du petit commerce par capillarité familiale
Ces temps-ci, le maire de Cannes est d'humeur un brin maussade. Rien à voir avec la déroute de Fillon à la présidentielle. Non, David Lisnard a un cartilage du genou en berne et ne peut plus courir. Un supplice pour ce sportif intempérant, habitué à avaler "entre 60 et 90 bornes par semaine et deux marathons par an", un record plus qu'honnête de 2 h 57 sur la distance mythique à la clé. On imagine que sa frustration s'évacue naturellement sur le sac de boxe installé dans son bureau…

Le maire de Cannes a la fibre sportive dans les gènes. Il a de qui tenir. Son père, Denis Lisnard, après avoir débuté sa carrière à Cannes, évolua comme footballeur professionnel en 2e division à Besançon, Limoges puis Bourges. "Il a joué milieu puis libero. C'était un joueur âpre, teigneux."

Sa mère, elle, fut longtemps danseuse étoile. "C'était une femme droite, à tous les sens du terme." C'est bien simple, lorsqu'il évoque sa famille, David Lisnard ne tarit pas d'éloges.

Que ce soit sur le cocon fusionnel qu'il a recomposé avec la journaliste de France 3 Jacqueline Pozzi et leurs quatre enfants au total, ou sur ses parents et grands-parents dont les parcours l'ont profondément stimulé.

Il les raconte avec fierté. D'abord ce grand-père maternel d'origine corse, installé à Talence près de Bordeaux.
"Il était inspecteur de police. Gazé pendant la guerre, il s'est trouvé très diminué et ma grand-mère a pris soin de lui, tout en bossant en usine et en élevant neuf gamins. Elle était d'une bienveillance sobre, d'une rectitude absolue."

Bosse du commerce

Versant paternel, David Lisnard est issu d'une veille famille cannoise depuis le XVe siècle. "Mon grand-père était cuisinier. Il a tenu avec ma grand-mère la pension de famille deux étoiles Le Soleil d'Azur. C'était un personnage truculent, excessif, d'une générosité inouïe."

Ses propres parents, les carrières sportives et artistiques ne permettant pas à l'époque de se reposer sur ses lauriers, se sont eux-mêmes reconvertis dans le petit commerce de vêtements, confrontés à des hauts et des bas. "A 79 ans, ma mère vient seulement d'arrêter de travailler", pointe-t-il, le poil hérissé d'admiration.

Cet héritage familial, fait de besogne et de modestie, David Lisnard le revendique dans une sorte de poujadisme dépoussiéré.

"Je rouvrirai un jour un commerce parce que ça me manque de prendre des risques personnels, de gérer un stock. J'aime être indépendant. C'est une belle école. Il y a beaucoup d'hommes politiques aujourd'hui auxquels je ne confierais pas mon magasin… J'ai envie, dans mon engagement, d'être fidèle à cette France des commerçants et des artisans qui créent de la vie et de la richesse, sans jamais se plaindre."

Bouillonnement

C'est un euphémisme, David Lisnard est un homme protéiforme. Il grouille. Bouillonne. Ne se contente pas de parler mais glose et disserte sans discontinuer. Autant que le sport, la culture et la philosophie vitaminent sa vie. Une ébullition permanente qui va jusqu'à lui rendre le sommeil difficile. On l'aurait parié.
"J'ai grandi dans la rue, à la croisée de plusieurs milieux mais avec très tôt un prisme culturel, une ouverture sur la lecture et l'écriture. C'est pour cela que je mets tant l'accent sur la culture dans ma ville, c'est un capital qui renforce et qui rend autonome. Il y avait toujours des livres à la maison. J'ai commencé avec Astérix, Maurice Leblanc, San- Antonio, Pierre Desproges…"
Enchaînant avec Kundera, Gary, Aron et tant d'autres dont il vous citerait des passages jusqu'au petit matin. Comme il discourrait, tout aussi habité, de ciné, de rock, d'opéra ou de Rachmaninov dont il est "fou". "Je n'ai jamais aimé être enfermé dans un univers, j'ai toujours été curieux." Cannes lui va finalement comme un gant.

Sur wikipedia

David Lisnard, né le 2 février 1969 à Limoges.
Président de l'Association des maires de France depuis 2021.
David Lisnard est diplômé de l'Institut d'études politiques de Bordeaux (promotion 1992).
Remarié avec Jacqueline Pozzi, une journaliste avec laquelle il est en couple depuis 2016, il est père de trois enfants.
  • Il milite pour Jacques Chirac aux élections présidentielles de 1988 et 1995.
  • De 1996 à 1999, David Lisnard est directeur de cabinet et attaché parlementaire de Jacques Pélissard, député-maire de Lons-le-Saunier, vice-président de l’Association des maires de France.
  • En juin 2008, il intègre les instances nationales de l'UMP en tant que conseiller exécutif. Par ailleurs, il est membre du comité départemental de l’UMP des Alpes-Maritimes. 
Sous son premier mandat de maire de Cannes, la ville enregistre une baisse historique de la dette.
Après la victoire de François Fillon, il devient l'un de ses porte-parole. Pendant la campagne présidentielle, il défend en particulier l’idée de « coupes franches dans la fonction publique » et l’augmentation de la durée du travail pour les fonctionnaires sans compensation salariale équivalente.

Fin juillet 2016, après l'attentat de Nice et comme d'autres maires avant lui, il prend un arrêté interdisant le port « d'une tenue de plage manifestant de manière ostentatoire une appartenance religieuse alors que la France et les lieux de culte religieux sont actuellement la cible d'actes terroristes », ce qui suscite une polémique. Fin août 2016, le Conseil d'État statue sur l'illégalité d'une telle pratique lors du jugement en référé de l'arrêté similaire du maire de Villeneuve-Loubet. En mai 2018, la ville de Cannes est condamnée à rembourser l'amende d'une vacancière verbalisée en vertu de cet arrêté. Quatre ans plus tard, après l'assassinat de Samuel Paty le 16 octobre 2020, il publie une tribune dans laquelle il dit être « essentiel de lutter aussi contre l'islamisme à bas bruit ».

Sous son premier mandat, la ville de Cannes entreprend plusieurs démarches en faveur de la protection de la Méditerranée. C'est ainsi qu'en mars 2016, elle lance la campagne de sensibilisation « Ici commence la mer » reprise ensuite par plusieurs autres villes comme Collioure, Grenoble, Dijon ou Dinan. En 2019, la ville de Cannes impose une charte environnementale aux navires de croisière  et lance, l'année suivante, un plan « Zéro plastique », proscrivant l'utilisation de vaisselle en plastique à usage unique de tous les exploitants du domaine public.

Le 15 mars 2020, il est réélu maire de Cannes, dès le premier tour, avec 88,08 % des voix43,7.

En mars 2020, pendant le premier confinement décidé par le Gouvernement dans le cadre de la pandémie mondiale de Covid-19, il décide d'ouvrir un second centre d’accueil pour les personnes sans domicile fixe au Palais des festivals. La ville de Cannes procède ensuite à une distribution massive de masques alternatifs cannois à sa population. Le 14 avril 2020, il réclame à l’État un plan Marshall du tourisme.
Le 14 novembre 2020, il dénonce la « folie bureaucratique française » dans une tribune parue sur le site du Figaro.

Lors de sa campagne électorale de 2013, David Lisnard met en avant la lutte contre l'incivilité dans sa ville, parlant de « véritable enjeu de société », voulant faire de sa ville un laboratoire. En 2015, il annonce de nouveaux arrêtés municipaux. Cette initiative est mise en exergue dans de nombreux médias nationaux et France 3 Côte d'Azur. Il développe tout un arsenal de moyens, dont :
  • encore plus de caméras dans un réseau le plus dense de France : 468 caméras, soit environ une pour 156 habitant.
  • une réorganisation entière de la police municipale pour quadriller le terrain.
  • un déploiement de la police équestre en centre ville.
Défense du développement de l’activité spatiale à Cannes:  l’entreprise locale de Thales Alenia Space. Ce partenariat comprend notamment un bail emphytéotique pour l’extension de son implantation, permettant ainsi le développement d’une nouvelle filière d’activité optique sur la commune.

Le 9 juin 2021, sur la chaîne CNews, David Lisnard annonce qu’il lance le mouvement national « Une Nouvelle Énergie ».
Selon Le Canard enchainé, il renonce à sa candidature à la primaire LR de 2021 en échange du soutien du parti à sa candidature à la présidence de l’Association des maires de France (AMF). Le 25 août 2021, François Baroin quitte la présidence de l'AMF et lui apporte son soutien pour lui succéder. Le 17 novembre 2021, grâce au soutien du candidat PS André Laignel, David Lisnard est élu à la tête de l’AMF avec 62,3 % des suffrages exprimés.

Ouvrages

Avec Jean-Michel Arnaud, Refaire communauté : pour en finir avec l'incivisme, Hermann, 2018, 156 p. (ISBN 9782705695279).
Avec Christophe Tardieu, La culture nous sauvera, L'Observatoire, 2021, 192 p. (ISBN 979-10-329-1404-5).

Référence

Wednesday, November 1, 2023

Conflits, élections, ballotage: cas de la commune de Manso, Balagne et Niolo, Haute-Corse

 08/06/23 :démissions d'élus en cascade et nouveau scrutin en vue à Mansu

Mais que se passe-t-il à la mairie du Mansu ? À mi-mandat, il reste aujourd'hui moins de la moitié des élus entrés en fonction en mars 2020. Entre le 8 avril et le 15 mai de cette année, ce sont les trois adjoints au maire ainsi que deux conseillers municipaux qui ont donné leur démission. Déjà, en juillet 2020, un premier conseiller municipal avait mis fin à ses fonctions. L'équipe municipale est désormais réduite à cinq élus. Une élection partielle, dont la date du premier tour est fixée au dimanche 9 juillet, doit avoir lieu. 
Pasquale Simeoni, 43 ans, est maire du Mansu depuis mars 2008. Ce cadre de la fonction publique a remporté l'élection de mars 2020 face à la liste menée par Ange Costa. Il dit ne pas comprendre la dissidence qui se dresse désormais face à lui. "Je n'ai aucune idée de la raison qui a fait démissionner mes trois adjoints ainsi qu'une conseillère municipale, assure l'édile. Factuellement, sur la gestion de la mairie, je ne comprends pas leur décision. Les projets en cours sont ceux présentés par notre liste en 2020. Nos finances publiques sont plus que saines. Les dépenses de fonctionnement sont au ras des pâquerettes et les investissements sont élevés. Le budget n'a rien de secret puisqu'il est à disposition de chacun en mairie. Franchement, je ne cerne pas le cœur du problème, je veux bien que l'on m'explique."
Pasquale Simeoni a-t-il fait face à un putsch raté avec la démission de la moitié de son équipe ? Beaucoup l'ont pensé dans la vallée. Avant une modification du code électoral en 2019, pareil cas de figure aurait mené vers une élection municipale complète. Un moyen de "refaire le maire" sans avoir à attendre la municipale de 2026.

"L'hypothèse d'un putsch raté n'est pas impossible, bien qu'assez invraisemblable, estime l'édile. En tout cas, c'est un coup de théâtre inédit sur la commune. S'il y avait eu des irrégularités, des problèmes de finances, j'aurai compris ces démissions. Mais là, à part la volonté d'organiser une municipale complète, je ne vois pas. En plus, j'avais annoncé depuis toujours que ce serait mon dernier mandat. Par contre, je resterai maire jusqu'à la fin, même si six personnes sont contre moi. Et je continuerai à travailler, à présenter des délibérations pour le village."-

Un élu "autocratique" selon la dissidence

Pour tenter de mieux comprendre la situation politique à Mansu, il fallait aussi donner la parole aux démissionnaires. Certains parmi ces derniers souhaitent s'éloigner de la vie publique, d'autres pourraient être de retour dès l'élection du 9 juillet. C'est le cas de Francis Olari, meneur de fait de la dissidence.
"La réalité ne correspondait plus aux rôles attribués à chacun, estime cet artisan de 62 ans vivant sur Ajaccio. En tant que premier adjoint, j'ai été destitué de mes délégations de gestion du personnel et de suivi des travaux. Je n'ai plus eu mon mot à dire. Souvent, on se retrouve devant le fait accompli. On nous a même changé la serrure de la mairie. Petit à petit, on nous a poussés vers la sortie. Le maire fait tout seul, en affirmant être le patron. À force d'entendre cela, le vase déborde. Je ne critique pas sa gestion de la commune mais bien ses rapports humains très particuliers. C'est un problème de forme plus que de fond."
Pasquale Simeoni n'entend pas démissionner et restera donc aux commandes jusqu'à mars 2026. Il pourrait toutefois être minoritaire dans son propre conseil, ce qui risque de bloquer le jeu démocratique.
 "Il restera maire, mais nous ferons en sorte de remettre de l'ordre et de redistribuer les rôles à chacun, reprend Francis Olari. Il nous faudra aussi rassembler un maximum. Les familles ont été séparées, des gens ne s'adressent plus la parole, on veut faire en sorte que dans trois ans, il n'y ait qu'une seule liste menée par des jeunes."
Les noms des six candidats autour de Francis Olari sont déjà en partie connus. On y retrouve la conseillère démissionnaire Audrey Falconetti, le jeune informaticien Jean-Roch Santucci, le candidat en 2020 Ange Costa et Gérard Maestracci, un retraité de 76 ans qui a l'expérience de la politique. 
"Pasquale Simeoni a une gestion autocratique de la commune, regrette celui qui a fait deux mandats de conseiller municipal dans une commune du Var. On lui reproche de séparer les familles. En s'entêtant, il a provoqué une situation devenue ingérable. Son équipe est borderline, toujours en limite de la légalité. Ils ont poussé l'employé communal vers la sortie, alors que c'était un agent extraordinaire. De plus, notre maire n'est jamais là puisqu'il travaille à Bastia. Ma crainte, maintenant, c'est qu'on va se retrouver dans une situation de blocage si le maire s'accroche encore à son poste. S'il en avait eu le courage, il aurait démissionné et nous aurions refait une élection complète."

"Je ne suis pas en campagne, je suis aux responsabilités"

De son côté, le maire ne compte pas s'impliquer dans l'élection du 9 juillet. "Je ne présenterai personne, je ne suis pas en campagne, je suis aux responsabilités, estime-t-il. Toutefois, il y a une liste que je soutiendrai officiellement. Il risque d'y avoir des démissionnaires qui se représentent en face. Je trouve que ça n'a aucun sens. "

Jusqu'à mars 2026, la vie politique à Mansu risque d'être bien compliquée...

09/06/23 : démissions en cascade à la mairie de Mansu

Le conseil municipal de Mansu, en Balagne, a connu six démissions d'élus depuis le début du troisième mandat de Pasquale Simeoni, en mars 2020. Si la première démission remonte à juillet 2020, les cinq autres sont récentes et s'échelonnent entre avril et mai 2023. Une élection municipale partielle est d'ores et déjà prévue pour les 9 juillet et 16 juillet, en cas de second tour. Les raisons de ces démissions ne sont pas clairement connues.

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