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Saturday, November 11, 2023

Ces Balanins mêlés à l'affaire de la rixe du Vatican le 20 août 1662,; jusqu'en 1859, cardinal Domenico Savelli

Le 20 août 1662, dans la moiteur romaine d'une fin de journée d'été, une rixe oppose des soldats de la garde pontificale corse au personnel en charge de la sécurité de l'ambassade de France. 

Alors que, depuis plusieurs jours, provocations et incidents envers les insulaires se répètent, des Corses sont agressés et le soldat Giovanni da Calenzana, sauvagement pris en chasse par un groupe de militaires français, ne finira pas la journée vivant.

Dans un contexte de tensions politiques et d'intrigues entre Louis XIV et Alexandre VII, on accuse les gardiens des portes de Rome d'être les mouchards du pape et d'accomplir la sale besogne. Les Corses outragés, volontiers indociles et ardents, n'entendent pas se laisser humilier ainsi et veulent laver leur honneur. Au moment où le duc Charles de Créquy, ambassadeur de France auprès du Saint-Siège, regagne son palais, sur la place voisine de Campo dei Fiori une fusillade éclate. Les antagonistes font rapidement usage d'arquebuses et de mousquets.

Les balles fusent et une odeur de poudre et de feu se propage dans l'air. Alors que les uns rechargent leurs armes derrière un rang de piquiers, les autres s'empoignent dans la sueur et dans le sang. Un soldat corse tombe, des passants sont également touchés, l'un d'entre eux ne se relèvera pas.

Au milieu des cris, de la fureur et des larmes, le renfort de centaines de Corses quitte la caserne et afflue dans un cliquetis d'armes pour soutenir les compatriotes. Place Farnese, l'affaire dégénère, ils font feu sur la résidence de l'ambassade de France. Le palais ainsi cerné, se mue, plusieurs heures durant, en véritable forteresse. Le plomb pulvérise le travertin des édicules couvrant les fenêtres, derrière lesquelles les tireurs français ont pris place et ripostent.

Les balles sifflent et se logent partout dans la façade symétrique, pénétrant la brique, brisant colonnes et pilastres. La porte monumentale, bien gardée par des hallebardiers, résiste à l'assaut.

Le capitaine Antonio Savelli, originaire de Corbara, tente de calmer ses hommes. Sur la place, l'arrivée de deux carrosses français relance les hostilités et la fusillade reprend. Les voitures, piégées, sont percées par les projectiles, et les chevaux apeurés se cabrent et tentent de fuir.

Si l'on parvient à mettre à l'abri l'épouse de l'ambassadeur qui y occupait une place, un page est tué sur le coup et, dans une grande confusion, le capitaine de la garde du duc est mortellement blessé par le tir d'un policier romain. Les hommes se dispersent et, dans la soirée, les victimes évacuées, le quartier finit par recouvrer son calme. Le bilan est effroyable ! Des morts et de nombreux blessés sont dénombrés.

Certains succombent les jours suivants pour alourdir la liste d'une dizaine de morts au total.

Un grave incident diplomatique

L'affaire fait grand bruit et résonne jusqu'à Versailles. Charles de Créquy qualifie l'évènement d'attentat et, dans une lettre qu'il adresse à son souverain, met en cause certains cardinaux. Sous le commandement de Don Mario Chigi, général des troupes pontificales et frère du souverain pontife, la police romaine investit le quartier du Trastevere où résident les Corses.

L'enquête débute et de nombreuses arrestations sont ordonnées.

Trente-deux soldats prennent la fuite la nuit suivante et, malgré les investigations, seuls neufs fugitifs sont arrêtés dans des villes voisines. Un procès s'ouvre contre le policier romain accusé d'avoir abattu l'officier français et dix-huit soldats corses, dont Matheo da Pietralba qui est immédiatement exécuté. Malgré cela, les jours passent mais la tension ne faiblit pas.

Pour assurer sa sécurité, l'ambassade de France réorganise sa défense et augmente ces effectifs militaires. De son côté, le pape qui soutient encore les Corses, renforce ses troupes de plusieurs centaines de soldats.

Dans ce contexte le duc de Créquy décide de quitter Rome avec toute sa famille, entraînant dans sa suite le cardinal d'Este et les prélats français. Il s'en explique dans une lettre à l'adresse du roi, rédigée le 6 septembre 1662, et réceptionnée par le Maréchal d'Aumont, gouverneur de la ville de Paris.

L'incident diplomatique est d'ampleur et le Roi Soleil entretient savamment la pression en exigeant des excuses publiques, l'immédiate dissolution de la garde pontificale corse avec interdiction à l'avenir d'engager des troupes insulaires, des emprisonnements, des pendaisons et, face à la caserne des Corses, demande l'érection d'une pyramide d'infamie pour rappeler à tous l'offense faite au Royaume de France. Sur une plaque de marbre noire on pourra y lire en latin :

 "En exécration de l'odieux forfait accompli le 20 août 1662 par les soldats corses contre le duc de Créquy, ambassadeur du roi très chrétien. La Nation corse, pour perpétuer la mémoire de cet évènement, a été déclarée inhabile et incapable de servir le Siège apostolique par décret rendu par ordre de notre très Sérénissime Seigneur Alexandre, pape, en exécution de la paix de Pise. 1664". 

Le corps de garde corse est alors congédié et remplacé par un bataillon de romains qui rempliront les mêmes fonctions de sécurité urbaine. Plus disciplinée, la garde suisse demeure, quant à elle, au service de la protection des papes et ce depuis 1506 !

Le monument témoignant de la disgrâce des Corses disparaît finalement en 1667, démonté sous le pontificat de Clément IX avec l'autorisation de Louis XIV, augurant les nouvelles relations qu'entretiendra le royaume de France avec la ville aux sept collines. Pour autant, les Corses vont continuer à servir les intérêts de la cité les siècles suivants, qu'ils soient de simples soldats engagés à titre individuel ou de grands dignitaires.

Martino Guidoni-Bianconi premier médecin du pape

Dans cette dernière catégorie les Balanins se distinguent, à l'instar de Martino Guidoni-Bianconi de Calenzana qui, issu de deux familles patriciennes, fit le voyage pour la Città eterna afin d'y suivre une double formation en théologie et en médecine de 1760 à 1770, période pendant laquelle il s'occupe de la santé de Jacques III Stuart, prétendant aux trônes d'Angleterre, d'Écosse et d'Irlande. Professeur d'anatomie et de clinique médicale, il devient médecin à l'archi-gymnase de Rome, c'est-à-dire l'université papale de la Sapienza.

Archiatre du pape Pio VI, il n'est autre que le premier médecin et chirurgien du souverain pontife, prenant la suite de Natale Saliceti de 1789 jusqu'à la mort du pape en exil à Valence, où il lui ferme les yeux le 29 août 1799. Par la suite, du soin de Pio VII, il passe au service de Napoléon dont il sera un temps conseiller. Il fut l'un des Corses les plus influents de cette époque.

Le cardinal Domenico Savelli

Autre figure balanine attachée au Vatican, Domenico Savelli de Speloncato est un serviteur de dieu, héritier corse de l'antique famille Savelli issue des Sabins, il est séminariste dans l'île jusqu'à son ordination. Établi à Rome, sa trajectoire est fulgurante ! il devient docteur en théologie en 1822 et docteur en droit canonique en 1825.

Vicaire général d'Imola en 1829, délégué apostolique à Rieti, Frosinone, Peruggia et Macerata et Gouverneur de Rome en 1847. Vice-camerlingue l'année suivante, il assiste le camerlingue placé à la tête de la Chambre apostolique, en période de vacance du Siège. Fin juillet 1849, il est nommé ministre de l'Intérieur et de la police, et à l'occasion du consistoire le 7 mars 1853, Pio IX lui remet l'anneau cardinalice symbole de communion avec le Pape.

Le cardinal Savelli, membre de la curie romaine, fait partie du premier cercle autour du souverain pontife où il sera président de la commission des finances jusqu'en 1859. Devenu aveugle, ses problèmes de santé lui interdiront l'espoir d'accéder au trône de Saint-Pierre.

Référence

Wednesday, November 8, 2023

1er octobre 2023: A Rome, devant 800 Corses, François Bustillo célèbre la première messe de son cardinalat

 Dimanche 1er octobre, lendemain de sa création, son éminence François Bustillo a présidé sa première messe en tant que cardinal en la basilique des Apôtres à Rome.

Quel bonheur d'être là aujourd'hui devant les gens que j'aime. Quelle joie de célébrer ici aujourd'hui avec vous, cardinal Mamberti, l'ange qui m'a annoncé en premier ma nomination, ma famille, avec d'autres prêtres de Rome, mes amis du monde associatif sportif culturel universitaire politique. Mes amis, c'est un privilège pour moi de vous avoir ici", ce sont les premiers mots du nouveau cardinal, dans une église pleine de pèlerins Corses.

Au premier rang, on trouvait plusieurs maires et élus de l'île, l'ambassadeur de France au Vatican, le président de l'exécutif corse, Gilles Simeoni, et la mère du cardinal, dont l'ascension rapide vers Rome a été remarquable. Il y a moins de deux ans et demi, le franciscain de 54 ans était consacré évêque d'Ajaccio, et le voilà aujourd'hui revêtu de la pourpre cardinalice. "Je n'ai pas postulé", plaisantait-il encore il y a quelques jours, étant le premier évêque à devenir cardinal pendant son épiscopat en Corse.

L'unité et la cohérence avant tout

"Cherchez l'unité non seulement dans vos paroles, mais également dans vos actes et votre manière de vivre. Évitez la tentation constante de la division. Il ne suffit pas d'aller à la messe si vous n'êtes pas cohérents dans vos vies. Faut que les paroles se traduisent en actes. ", a-t-il exhorté avant de remercier, une fois de plus, les Corses d'avoir fait le déplacement jusqu'à Rome "un témoignage de votre amitié" . Et en se remémorant la ferveur manifestée par les 800 insulaires présents la veille sur la place Saint-Pierre, qui l'avaient ovationné au moment de sa création comme cardinal. "Le pape François n'a pas manqué de remarquer votre présence hier lors du Consistoire. 'Mon peuple est bel et bien vivant', lui ai-je répondu", dit-il, provoquant les rires des fidèles.

L'élévation du Cardinal Bustillo en tant que premier évêque de Corse à recevoir cette distinction a indéniablement marqué un moment d'importante présence corse à Rome. "Hier tout le monde a pu se rendre compte de l'enthousiasme des Corses." souligne le Cardinal Mamberti à la sortie de la messe. "La presse a parlé, d'ailleurs, du fait que son nom avait été acclamé par les Corses."

Selon le prélat originaire de Vico, le Cardinal Mamberti , la nomination de Mgr Bustillo, d'abord en tant qu'évêque d'Ajaccio, représente un don précieux du Seigneur à la Corse. 

"Aujourd'hui, en tant que cardinal, il devient non seulement un collaborateur du Saint-Père, mais il apportera également une contribution significative à l'Église en Corse et à l'Église universelle. Sa ferveur évangélisatrice et son enthousiasme seront des atouts précieux." 

Référence

https://www.corsenetinfos.corsica/EN-IMAGES-A-Rome-devant-800-Corses-Francois-Bustillo-celebre-la-premiere-messe-de-son-cardinalat_a73878.html