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Friday, December 1, 2023

Université de Corse, Università di Corsica

Le 3 janvier 1765 le décret de la dernière consulta de 1763 pose la première pierre.

Le premier recteur fut le frère Mariani,  professeur en droit civil, droit canon et éthique, Leonardo Grimaldi pour la philosophie et les mathématiques. 

La défaite de Ponte Novu et l'exil de Paoli et de nombreux démocrates l'éteindront le 25 juin 1769.

L’université commencera à renaitre de ses cendres en 1975 suite aux événements d'Aléria.  Grâce aux événements de l'affaire Bastelica-Fesch, elle naitra en 1981. La Sardaigne voisine,  à l'époque sous autorité espagnole, dispose de 2 universités, à Cagliari et à Sassari, depuis le début du XVIIe siècle tandis que le différentiel démographique entre les deux îles est moins important qu’aujourd’hui. [Martinetti,2018; Entre science et militantisme, une géopolitique de l’université de Corse sous le regard tutélaire de Pascal Paolihttps://www.cairn.info/revue-herodote-2018-1-page-109.htm]

Par ses nombreuses relations avec le pourtour de la Méditerranée, l'université de Corse occupe une place stratégique. Sa position scientifique souligne une originalité vis-à-vis 

Elle concentre de l'ordre de 4000 étudiants. Cette université multi-site se situe essentiellement à Corte. Cette piève de Talcini élargi à la micro-région du cortenais  n'a pas de véritable aérodrome avec un aéroport de Bastia-Poretta à 52 km. De plus elle est distante de 

  • 64 km du port de L'Île-Rousse le plus proche,
  • de 71 km du port de commerce de Bastia, et
  • de 80 km de celui d'Ajaccio.
Située dans une cuve au confluent du Tavignano et de la Restonica, la ville a connu deux phénomènes extrêmes au max du froid à −8,7°C le 2 mars 2005  et du chaud à 41,1°C le 7 juillet 2000. La température "moyenne" annuelle s'élève à 13 °C et on y compte de l'ordre de 50 jours de gel par an.

L'université assure trois missions centrées sur "l'éducation et l'élévation de l'âme des cadres du peuple corse émancipé de la tutelle génoise":

  • La formation dans toutes les disciplines via 8 structures
    • UFR Lettres, Langues, Arts, Sciences humaines et sociales
    • UFR Droit et Science Politique
    • UFR Sciences et Techniques
    • Institut universitaire de santé
    • Institut universitaire de technologie
    • Ecole de management et d'économie / Institut d'administration des entreprises
    • Institut national supérieur du professorat et de l'éducation
    • Ecole d'ingénieurs Paoli Tech
  • La recherche 
    •  2 UMR CNRS dont le centre de leur mission consiste en la production de connaissances, de savoir, de savoir-faire et de savoir-être comme réponse aux défis sociétaux de l'île dans son contexte méditerranéen.
      • Laboratoire SPE Sciences Pour l’Environnement (CNRS / Univ. de Corse). L’UMR 6134 Sciences Pour l’Environnement (SPE) est issue de 3 laboratoires créés en Corse dans les années 1980, concomitamment à la réouverture de l’Université de Corse. Le plus ancien, le laboratoire d’hélio-énergétique (URA 877 CNRS), fut créé en 1982 autour du thème de l’énergie solaire. 
      • Laboratoire LISA Lieux, Identités, eSpaces et Activités (CNRS / Univ. de Corse).
        Créée en 2008, l’UMR 6240 LISA est l’unique acteur régional du dispositif de recherche en Sciences Humaines et Sociales. Elle s’inscrit dans la section 39 « Espaces, Territoires et Sociétés » du département SHS du CNRS. Fortement pluridisciplinaire, l’unité tire son originalité d’un large éventail représentatif de 23 sections CNU et de 5 Branches d’Activité Professionnelles du CNRS. 
    •  3 plates-formes de recherche et développement, 
      • Myrte (Mission hYdrogène Renouvelable pour l'intégration au réseau Electrique) et Paglia Orba (Plateforme Avancée de Gestion éLectrique Insulaire, Associant stOckage et énergies Renouvelables – Objectif Autonomie) en matière d’énergies renouvelables situées à Vignola, Ajaccio,
      • Stella Mare en matière de ressources halieutiques située à Biguglia
        (Sustainable TEchnologies for LittoraL Aquaculture and MArine REsearch)
        Cette Unité UMS n°3514 est liée à  l’INstitut Ecologie et Environnement du CNRS (INEE) CNRS. Sa récente structuration permet une affectation de chercheur.
      • Institut d'Etudes Scientifiques de Cargèse, CNRS / UNIVERSITÉ DE CORSE / UNIVERSITÉ CÔTE D'AZUR qui accueille 2000 chercheurs/an pour des communications scientifiques.

    • le centre INRAé avec
      • le site de l'UR SELMET-LRDE (Systèmes d’élevage méditerranéens et tropicaux - Laboratoire de Recherche sur le Développement de l’Elevage) : 12 agents INRAE-ACT (Action, Transitions et Territoires).
      • le site de SAN GIULIANO
        • SDAR : 11 agents
        • UR Agap (Amélioration Génétique et Adaptation des Plantes méditerranéennes et Tropicales) Antenne corse (rattachée à l’UMR AGAP) : 5 agents BAP (Biologie et Amélioration des Plantes) , 4 agents Cirad BIOS (Systèmes Biologiques) et 2 CDD. 
        • UE Citrus : 13 agents INRAE dont 9 BAP (Biologie et Amélioration des Plantes) et 4 AGROECOSYSTEM (Agroécosystèmes) et 2 ETP annuels en CDD.

    • Fédération de Recherche Environnement et Société / FR CNRS 304 qui essaie de coordonner tous ces centres de recherche  dont le but est la mise en oeuvre des 7 actions de recherche suivantes :
          • Action 1 : Bio-ressources et changements environnementaux
          • Action 2 : Faculté Mondiale de l’eau 
          • Action 3 : Qualité et Qualification
          • Action 4 : Santé
          • Action 5 : Energies Renouvelables (ENR)
          • Action 6 : Intelligence Economique
          • Action 7 : Change (Changement Climatique)
    • Science et société
      • Depuis le 1er janvier 2009, l'université de Corse a créé sa fondation universitaire « A Fundazione di l'Università di Corsica ».
      • De très nombreuses activités dont les limites conflictuelles seraient une forme d'hégémonie culturelle de cette université sur l'île.

    Monday, November 13, 2023

    6 juillet 2023: Autonomie, de la délibération votée à l'Assemblée de Corse à sa mise en œuvre, un long chemin à venir

     dans la nuit du mercredi 5 au jeudi 6 juillet, délibération en faveur d'un statut d'autonomie

    Et maintenant ? C'est la question désormais sur la table après le vote intervenu à l'Assemblée de Corse, dans la nuit du mercredi 5 au jeudi 6 juillet, au terme de quarante-huit heures de tractations et de conclaves qui ont abouti à l'adoption, peu avant minuit, d'une délibération en faveur d'un statut d'autonomie par 46 voix sur 63. Sans arriver à l'unité politique un temps imaginée, mais en recueillant malgré tout une large adhésion au sein de l'hémicycle.

    Une adhésion qui est le résultat de la convergence des trois groupes nationalistes - Fà populu Inseme (majorité territoriale), Avanzemu, et Core in Fronte - élargie à la contribution de Pierre Ghionga sur les bancs d'Un Soffiu Novu.

    La droite - sa propre motion a été rejetée ne recueillant que 17 suffrages tandis que Jean-Christophe Angelini a regretté que "la diversité n'ait pas été respectée" - s'est prononcée contre, hors vote Ghionga. Josepha Giacometti-Piredda pour Corsica Libera s'est, elle, abstenue.

    Les deux textes vont à présent être transmis au gouvernement et au chef de l'État qui avait enjoint le président de l'exécutif insulaire, Gilles Simeoni, à lui remettre "une proposition (...) avant le 14 juillet". Calendrier tenu.

    Clause de revoyure

    La motion de la droite, pour "non-adoptée qu'elle soit, montera à Paris sans le visa de l'Assemblée de Corse, expliquait ce matin, de son côté, Jean-Martin Mondoloni. Ce trajet se fera par une voie non officielle puisque la voie officielle, c'est le texte de l'Assemblée. Ce qui n'interdit et n'empêche en rien, pour notre part, de continuer à faire vivre notre réflexion auprès du gouvernement. C'est ce que nous ferons".

    La délibération en faveur d'un statut d'autonomie portée par les nationalistes, un document de quinze pages, réclame un pouvoir législatif dans tous les domaines pour l'Assemblée de Corse, sauf ceux relatifs au régalien.

    Elle pose également noir sur blanc la "reconnaissance juridique du peuple corse", "un statut de coofficialité de la langue corse" et le "lien entre le peuple corse et sa terre" via "un statut de résident".

    À la clé, le souhait que l'accord politique trouvé soit soumis à un référendum dans l'île et prenne sa place sous la forme d'un "titre dans la Constitution consacrant l'autonomie". Enfin, une clause de revoyure à quinze ans pour faire un point sur une possible évolution figure parmi les caps tracés.

    "Il serait paradoxal qu'à l'aune d'une telle complétude politique, d'une telle clarté dans la définition des besoins et moyens, on nous oppose un refus une nouvelle fois absurde", a lancé mercredi soir dans l'hémicycle Paul-Félix Benedetti, évoquant une proposition la plus "harmonieuse" possible.

    Le projet s'apprête à être épluché par les services de l'État au plus haut niveau, avec pour ultime tamis, l'arbitrage du président de la République qui avait fixé à plusieurs reprises ses lignes rouges : maintien de la Corse dans la République et refus de créer deux catégories de citoyens.

    Honnêteté intellectuelle

    "Chacun va être dans l'attente de l'arbitrage institutionnel parce que c'est une affaire constitutionnelle et ce n'est pas l'Assemblée de Corse qui a la maîtrise du calendrier en la matière, c'est le président de la République, Emmanuel Macron", glisse-t-on dans le premier cercle du ministre de l'Intérieur, Gérald Darmanin.

    La prudence est de mise, convient le patron du PNC. "Si à chaque fois que nous avons dit qu'un texte était fondateur, il l'avait véritablement été, ce pays aurait connu une autre destinée", n'oublie pas le chef de file du groupe Avanzemu. Au-delà, Jean-Christophe Angelini estime que "nous n'avons pas l'impression de soumettre à l'État un projet révolutionnaire. Bien plutôt ce qui relève du droit commun de centaines de milliers de personnes".

    La session dédiée à l'autonomie s'est refermée, avec dorénavant un processus à faire vivre et aboutir. En corollaire, un long chemin à parcourir de la co-rédaction du projet hier à sa mise en œuvre demain.

    En attendant, les discussions ont laissé des traces. Non pas entre nationalistes, cette fois.

    Mais au sein du groupe Un Soffiu Novu que quitte Pierre Ghionga, "pour des raisons d'honnêteté intellectuelle et par souci de cohérence", confirme l'intéressé. "Dès lors que nous allons suivre la problématique d'autonomie tout au long de la mandature, il serait dérangeant pour moi et mon groupe que j'affiche régulièrement des votes différents. Je pars en toute amitié, j'ai prévenu Laurent Marcangeli, je n'ai aucune animosité, et surtout je ne me suis pas vendu à Gilles Simeoni".

    L'élu siégera pour la suite en tant que non-inscrit.

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    Saturday, November 11, 2023

    Ces Balanins mêlés à l'affaire de la rixe du Vatican le 20 août 1662,; jusqu'en 1859, cardinal Domenico Savelli

    Le 20 août 1662, dans la moiteur romaine d'une fin de journée d'été, une rixe oppose des soldats de la garde pontificale corse au personnel en charge de la sécurité de l'ambassade de France. 

    Alors que, depuis plusieurs jours, provocations et incidents envers les insulaires se répètent, des Corses sont agressés et le soldat Giovanni da Calenzana, sauvagement pris en chasse par un groupe de militaires français, ne finira pas la journée vivant.

    Dans un contexte de tensions politiques et d'intrigues entre Louis XIV et Alexandre VII, on accuse les gardiens des portes de Rome d'être les mouchards du pape et d'accomplir la sale besogne. Les Corses outragés, volontiers indociles et ardents, n'entendent pas se laisser humilier ainsi et veulent laver leur honneur. Au moment où le duc Charles de Créquy, ambassadeur de France auprès du Saint-Siège, regagne son palais, sur la place voisine de Campo dei Fiori une fusillade éclate. Les antagonistes font rapidement usage d'arquebuses et de mousquets.

    Les balles fusent et une odeur de poudre et de feu se propage dans l'air. Alors que les uns rechargent leurs armes derrière un rang de piquiers, les autres s'empoignent dans la sueur et dans le sang. Un soldat corse tombe, des passants sont également touchés, l'un d'entre eux ne se relèvera pas.

    Au milieu des cris, de la fureur et des larmes, le renfort de centaines de Corses quitte la caserne et afflue dans un cliquetis d'armes pour soutenir les compatriotes. Place Farnese, l'affaire dégénère, ils font feu sur la résidence de l'ambassade de France. Le palais ainsi cerné, se mue, plusieurs heures durant, en véritable forteresse. Le plomb pulvérise le travertin des édicules couvrant les fenêtres, derrière lesquelles les tireurs français ont pris place et ripostent.

    Les balles sifflent et se logent partout dans la façade symétrique, pénétrant la brique, brisant colonnes et pilastres. La porte monumentale, bien gardée par des hallebardiers, résiste à l'assaut.

    Le capitaine Antonio Savelli, originaire de Corbara, tente de calmer ses hommes. Sur la place, l'arrivée de deux carrosses français relance les hostilités et la fusillade reprend. Les voitures, piégées, sont percées par les projectiles, et les chevaux apeurés se cabrent et tentent de fuir.

    Si l'on parvient à mettre à l'abri l'épouse de l'ambassadeur qui y occupait une place, un page est tué sur le coup et, dans une grande confusion, le capitaine de la garde du duc est mortellement blessé par le tir d'un policier romain. Les hommes se dispersent et, dans la soirée, les victimes évacuées, le quartier finit par recouvrer son calme. Le bilan est effroyable ! Des morts et de nombreux blessés sont dénombrés.

    Certains succombent les jours suivants pour alourdir la liste d'une dizaine de morts au total.

    Un grave incident diplomatique

    L'affaire fait grand bruit et résonne jusqu'à Versailles. Charles de Créquy qualifie l'évènement d'attentat et, dans une lettre qu'il adresse à son souverain, met en cause certains cardinaux. Sous le commandement de Don Mario Chigi, général des troupes pontificales et frère du souverain pontife, la police romaine investit le quartier du Trastevere où résident les Corses.

    L'enquête débute et de nombreuses arrestations sont ordonnées.

    Trente-deux soldats prennent la fuite la nuit suivante et, malgré les investigations, seuls neufs fugitifs sont arrêtés dans des villes voisines. Un procès s'ouvre contre le policier romain accusé d'avoir abattu l'officier français et dix-huit soldats corses, dont Matheo da Pietralba qui est immédiatement exécuté. Malgré cela, les jours passent mais la tension ne faiblit pas.

    Pour assurer sa sécurité, l'ambassade de France réorganise sa défense et augmente ces effectifs militaires. De son côté, le pape qui soutient encore les Corses, renforce ses troupes de plusieurs centaines de soldats.

    Dans ce contexte le duc de Créquy décide de quitter Rome avec toute sa famille, entraînant dans sa suite le cardinal d'Este et les prélats français. Il s'en explique dans une lettre à l'adresse du roi, rédigée le 6 septembre 1662, et réceptionnée par le Maréchal d'Aumont, gouverneur de la ville de Paris.

    L'incident diplomatique est d'ampleur et le Roi Soleil entretient savamment la pression en exigeant des excuses publiques, l'immédiate dissolution de la garde pontificale corse avec interdiction à l'avenir d'engager des troupes insulaires, des emprisonnements, des pendaisons et, face à la caserne des Corses, demande l'érection d'une pyramide d'infamie pour rappeler à tous l'offense faite au Royaume de France. Sur une plaque de marbre noire on pourra y lire en latin :

     "En exécration de l'odieux forfait accompli le 20 août 1662 par les soldats corses contre le duc de Créquy, ambassadeur du roi très chrétien. La Nation corse, pour perpétuer la mémoire de cet évènement, a été déclarée inhabile et incapable de servir le Siège apostolique par décret rendu par ordre de notre très Sérénissime Seigneur Alexandre, pape, en exécution de la paix de Pise. 1664". 

    Le corps de garde corse est alors congédié et remplacé par un bataillon de romains qui rempliront les mêmes fonctions de sécurité urbaine. Plus disciplinée, la garde suisse demeure, quant à elle, au service de la protection des papes et ce depuis 1506 !

    Le monument témoignant de la disgrâce des Corses disparaît finalement en 1667, démonté sous le pontificat de Clément IX avec l'autorisation de Louis XIV, augurant les nouvelles relations qu'entretiendra le royaume de France avec la ville aux sept collines. Pour autant, les Corses vont continuer à servir les intérêts de la cité les siècles suivants, qu'ils soient de simples soldats engagés à titre individuel ou de grands dignitaires.

    Martino Guidoni-Bianconi premier médecin du pape

    Dans cette dernière catégorie les Balanins se distinguent, à l'instar de Martino Guidoni-Bianconi de Calenzana qui, issu de deux familles patriciennes, fit le voyage pour la Città eterna afin d'y suivre une double formation en théologie et en médecine de 1760 à 1770, période pendant laquelle il s'occupe de la santé de Jacques III Stuart, prétendant aux trônes d'Angleterre, d'Écosse et d'Irlande. Professeur d'anatomie et de clinique médicale, il devient médecin à l'archi-gymnase de Rome, c'est-à-dire l'université papale de la Sapienza.

    Archiatre du pape Pio VI, il n'est autre que le premier médecin et chirurgien du souverain pontife, prenant la suite de Natale Saliceti de 1789 jusqu'à la mort du pape en exil à Valence, où il lui ferme les yeux le 29 août 1799. Par la suite, du soin de Pio VII, il passe au service de Napoléon dont il sera un temps conseiller. Il fut l'un des Corses les plus influents de cette époque.

    Le cardinal Domenico Savelli

    Autre figure balanine attachée au Vatican, Domenico Savelli de Speloncato est un serviteur de dieu, héritier corse de l'antique famille Savelli issue des Sabins, il est séminariste dans l'île jusqu'à son ordination. Établi à Rome, sa trajectoire est fulgurante ! il devient docteur en théologie en 1822 et docteur en droit canonique en 1825.

    Vicaire général d'Imola en 1829, délégué apostolique à Rieti, Frosinone, Peruggia et Macerata et Gouverneur de Rome en 1847. Vice-camerlingue l'année suivante, il assiste le camerlingue placé à la tête de la Chambre apostolique, en période de vacance du Siège. Fin juillet 1849, il est nommé ministre de l'Intérieur et de la police, et à l'occasion du consistoire le 7 mars 1853, Pio IX lui remet l'anneau cardinalice symbole de communion avec le Pape.

    Le cardinal Savelli, membre de la curie romaine, fait partie du premier cercle autour du souverain pontife où il sera président de la commission des finances jusqu'en 1859. Devenu aveugle, ses problèmes de santé lui interdiront l'espoir d'accéder au trône de Saint-Pierre.

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    Tourisme : En Corse, entre inflation et concurrence déloyale, les restaurateurs voient les écueils se multiplier

     Selon le président de la branche restauration de l'UMIH Corsica, les restaurants insulaires ont enregistré une baisse d’activité moyenne de -15% à -35% par rapport à l'été passé. Si ces chiffres sont à relativiser au regard d'une année 2022 exceptionnelle en terme de fréquentation, les difficultés de la profession vont pour leur part en s'acroissant

    Si depuis le début de l’été beaucoup pointent une baisse importante de la fréquentation dans les restaurants de l’île, et n’hésitent parfois pas à parler de saison catastrophique, Frédéric Ruiz, restaurateur à Biguglia et président de la branche restauration à l’Union des Métiers et des Industries de l’Hôtellerie (UMIH) Corsica, veut pour sa part rester plus circonspect. « C’est sûr que certains grincent des dents cette année, mais il y en a qui s’en sont très bien sortis », souligne-t-il en notant que « l’impact n’est pas le même selon le type d’établissement ». « La tendance générale c’est que, par rapport à l’année dernière, il y a une baisse d’activité en moyenne de -15% à -35% pour les établissements. Mais n’oublions pas que 2022 a été une année exceptionnelle en termes de fréquentation, car les gens avaient envie de profiter après le Covid. Cette année on est retourné à des choses plus normales et l’inflation fait que le budget plaisir est moins conséquent pour les restaurants », reprend-il en notant certains changements dans les modes de consommation qui ne font pas les affaires de la profession.

    « Les touristes ont eu plus facilement tendance à se faire à manger dans la cuisine de leur location », constate-t-il ainsi. Par ailleurs, il regrette le développement du paracommercialisme qui entraîne un manque à gagner important. « De plus en plus de gens s’improvisent traiteurs ou chefs à domicile, font des brunchs, et autres petites choses au black. Ces personnes ne sont pas impactées par les charges, les mises aux normes de sécurité, la TVA … C’est une concurrence déloyale qui corrélée au reste met à sac la profession », fustige-t-il. « Et puis, l’inflation touche tout le monde, le porte-monnaie est moins conséquent pour le budget plaisir et de facto pour les restaurants », relève-t-il encore en appuyant : « Aller au restaurant devient presque un luxe, un plaisir que les clients ne peuvent plus s’offrir aussi souvent qu’avant ».

    Des difficultés en cascade

    Une inflation qui n’épargne pas bien sûr les restaurateurs eux-mêmes. « Le prix de la viande a pratiquement doublé par rapport à il y a deux ans, les boissons ont augmenté, le café a augmenté, tout a augmenté », souffle Frédéric Ruiz en concédant qu’en bout de course les professionnels sont bien obligés de répercuter la hausse des coûts dans les assiettes. Mais le président de la branche restauration de l’UMIH Corsica tient toutefois à renverser la mauvaise image des restaurateurs qui « se gavent pendant deux mois » qui tend à se généraliser sur l'île. « Je suis d’accord que certains pratiquent une politique tarifaire qui peut être considérée comme exagérée, mais ils sont libres de faire ce qu’ils veulent dans leurs établissements. Et les prix sont affichés et les clients sont libres de consommer ou non dans tel ou tel établissement où les tarifs seraient excessifs. C’est important de ne pas généraliser, car ce n’est pas le cas de tous les restaurateurs. Il y a des gens qui travaillent toute l’année, avec des locaux, qui essayent de maintenir des tarifs cohérents pour garder leur clientèle », martèle-t-il. 

    « On sent un ras-le-bol chez beaucoup de nos confrères. Certains ont envie d’arrêter et il y a même beaucoup de restaurants qui étaient ouverts à l’année qui ferme aujourd’hui », déplore Frédéric Ruiz, « Il faut se poser les vraies questions : est-ce que l’on a seulement à faire à des personnes qui veulent se gaver comme cela est inscrit dans les consciences, ou est-ce la combinaison de l’ensemble des difficultés que nous rencontrons ? », instille-t-il. « Nous sommes pris à la gorge et les clients ne comprennent pas toujours que derrière un service il y a beaucoup de choses, comme des tarifs de blanchisserie qui ont augmenté, des produits qui ont augmenté, l’électricité qui a augmenté, et puis les charges sociales qui sont là qu’il y ait 0 ou 1000 couverts. Je pense qu’en cascade il va y avoir de plus en plus de difficultés pour les restaurateurs », regrette-t-il. 

    Se réinventer pour mieux résister

    Face à ces perspectives, le président de la branche restauration de l’UMIH Corsica invite de facto ses confrères « à se réinventer » pour mieux résister aux crises. « Il faut revoir la politique tarifaire, il faut changer sa carte, travailler d’autres produits avec une moindre valeur ajoutée pour pouvoir les mettre en valeur dans l’assiette et garder des prix cohérents. Dans les pièces nobles, on peut se demander par exemple si on va continuer de garder du filet de bœuf à la carte, ou si l’on va passer sur du faux filet qui est un peu moins cher pour permettre au client de garder du pouvoir d’achat tout en lui donnant l'occasion de pouvoir manger de la viande », détaille-t-il, 

    « Nous sommes bien obligés de nous repenser et de nous adapter à l’inflation, sinon, avec toutes les augmentations, on se retrouve vite avec des plats que l’on vend plus de 30 euros dans l’assiette, et l’on se fait traiter de voleurs. On ne peut pas juste répercuter un prix plus élevé sur un produit identique l’année d’après et s’étonner qu’il y ait une baisse de clients. On doit aussi se remettre en question en tant que professionnels par rapport aux produits que nous mettons sur notre carte pour rester attractifs ». 

    Référence

    https://www.corsenetinfos.corsica/Tourisme-En-Corse-entre-inflation-et-concurrence-deloyale-les-restaurateurs-voient-les-ecueils-se-multiplier_a73277.html

    8 sept; A Madonna di a Stella, une tradition partagée entre Lavatoghju et Lumiu

     Au départ de Lumiu et de Lavatoghju, il n’y a qu’un pas pour aller à La Chapelle de la Madonna di a Stella, lieu dédié à la Vierge Marie et aux liens ancestraux qui lient les deux communautés. Une fête de la nativité célébrée et partagée ce 8 septembre comme il se doit sur les hauteurs de deux communes.

    Chaque 8 septembre, la Corse se pare de ferveur pour célébrer la nativité de la Vierge, la sainte patronne de l'île. En Balagne, les habitants de Lavatoghju et de Lumiu se réunissent sur les hauteurs communes de leurs villages respectifs pour rendre hommage à Marie, dans un rituel qui unit tradition et convivialité.

    À quelques 3 kilomètres de Lavatoghju et 2 kilomètres de Lumiu, la Chapelle de la Madonna di a Stella devient le point de ralliement emblématique des fidèles, où chaque année ils partagent un moment chargé de symbolisme et de chaleur humaine. Au cours de la messe, présidée par le frère Paul-André, les deux confréries de Sant'Antone Abbate se rejoignent pour harmonieusement entonner les chants sacrés.

    "Il existe un lien entre Lumiu et Lavatoghju qui perdure depuis plusieurs siècles. Nous nous retrouvons ici, dans cette chapelle dédiée à Notre-Dame de la Stella, chaque 8 septembre." explique François Croce, membre de la confrérie de Sant'Antone Abbate de Lavatoghju. Une particularité de cette chapelle, en lien avec la légende de la Santa du Niolu, réside dans le fait qu'elle aurait été un point de passage pour la mule transportant une statue et un tableau précieux. "Ici, nous avons le mont Bracaghju, qui est peut-être une déformation du Barcagiu, le passage. C'était le chemin qu'il fallait emprunter pour traverser. La mule s'est d'abord arrêtée ici, où résidait le gardien des lieux, et c'est là que le tableau a été déposé, une pièce qui, selon les dires de l'archiprêtre Pinelli, revêt une importance encore plus grande que la statue. Le 8 septembre est une date d'une grande signification pour nous, une tradition ancestrale. Nous ne pourrions pas concevoir de ne pas être présents le 8 septembre", ajoute François Croce.

    Pour les habitants de Lumiu, c'est également un pèlerinage essentiel. "Nous pourrions remonter à plus de 250 ans en arrière. C'est toujours un moment très fort, car les familles et les amis se retrouvent. Notamment, notre maire est originaire de Lavatoghju. Ces deux communautés sont étroitement liées. À une époque révolue, des mini-jeux olympiques étaient organisés à Notre-Dame de la Stella, rassemblant à nouveau familles et amis dans une ambiance festive et divertissante. C'est Lavatoghju qui prend en charge l'organisation, car nous sommes sur leur territoire. De notre côté, en participant, nous cherchons à préserver cette tradition d'échange, que ce soit sur le plan religieux ou convivial." précise Maxime Vuillamier, prieur de la confrérie Sant'Antone Abbate de Lumiu.

    À la fin de la cérémonie religieuse, les habitants de Lavatoghju et de Lumiu partagent un repas festif, témoignant du besoin de se réunir autour d'une table pour partager un moment de convivialité. Maxime Vuillamier conclut en disant : 

    "Il s'agit d'une histoire commune entre nos deux villages. Ce sont des communautés jumelles et solidaires. Ce plateau servait autrefois à réunir ces deux communautés, une tradition toujours bien vivante aujourd'hui. Le 1er mai, c'est à Lumiu de recevoir ses voisins à Oci, pour la messe, la procession et le 'spuntinu'. Ce sont des traditions multiséculaires que nous souhaitons préserver et transmettre aux générations futures." 

    Référence

    Friday, November 10, 2023

    Menaces sur la maternité de Porto-Vecchio : les grévistes et leurs soutiens attendent des réponses claires

     « Développer une offre complètement atypique », c’est le projet de Marie-Hélène Lecenne pour la maternité de Porto-Vecchio pourtant menacée de fermeture. La directrice de l’Agence régionale de santé (ARS) entendait rassurer le personnel de la maternité, tout autant que la population de l’Extrême Sud, en tenant ces propos la veille du premier jour de grève. Raté. C’est en réalité l’agacement et l’incompréhension qui a prédominé dans les rangs des grévistes et de leurs soutiens, qui étaient environ 150 ce mardi après-midi à réclamer des garanties quant au devenir de la maternité porto-vecchiaise.

    Atypique : « qui ne répond pas au type habituel, difficile à classer », définit le dictionnaire. Le mot n’est pas passé auprès des défenseurs de la maternité qui se sont réunis devant la clinique de l’Ospedale. « L’ARS en Corse aussi, elle est atypique, puisqu’il n’y a que 330 000 habitants en Corse... Son existence est-elle donc justifiée ? », ironise Marie-Désirée Nicolaï-Marcellini, secrétaire nationale du Syndicat des travailleurs corses (STC). Elle fait un parallèle entre le seuil des 300 naissances annuelles réclamé initialement par l’ARS pour maintenir la maternité à Porto-Vecchio. Délégations de service public Un seuil qui n’a pas été atteint par l’établissement en 2022. « Des naissances, il y en a eu 220 à 230 », confirme Rémi François, le directeur de la clinique.

    Pour les urgences et la maternité, deux missions de service public confiées par l’État à la clinique porto-vecchiaise, il reçoit « environ 3,5 millions d’euros par an ». Une enveloppe que Rémi François entend bien évidemment conserver : « Ce qui est atypique, c’est que la direction de la clinique soutient la grève », fait-il malicieusement remarquer. « La mission de service publique, elle est globale, reprend-il. Toucher à la maternité, ce serait donc aussi toucher au service des urgences. »

    Mais à entendre Marie-Hélène Lecenne lundi, la maternité ne serait pas menacée : « Nous ne voulons pas la fermer, nous voulons la faire évoluer », s’était-elle confiée devant la presse. En y adjoignant, selon elle, un centre périnatal de proximité (CPP). « Actuellement, ce cas de figure n’est pas prévu par la loi, balaie Véronique Bouffard, cadre sage-femme à la clinique de l’Ospedale. Soit il y a une maternité, soit un CPP. Pas les deux. Dans un CPP, on ne pratique pas d’accouchements. En fait, elle ne connaît pas notre service car à Porto-Vecchio, nous travaillons déjà avec la PMI et le centre de planification. Tout ce qu’elle propose, c’est déjà en place. Augmenter l’offre de services à la population ne ferait que rentrer en concurrence avec les sage-femmes libérales. Quel intérêt ? » « Une césarienne, je la fais en dormant... »

    Sur le terrain médical, le docteur Sami Haddad démonte l’argument selon lequel les praticiens d’une clinique qui ne réalise pas 300 accouchements annuellement seraient insuffisamment entraînés. « A Porto- Vecchio, on est quatre gynécologues obstétriciens à se relayer chaque semaine. Et quand on n’est pas ici, on travaille pour un autre établissement, alors on pratique tout le temps. » Et quand bien même, « une césarienne, je la fais en dormant... C’est comme le vélo, ça ne s’oublie pas. »

    Porte-parole de l’intersyndicale STC-FO, Lionel Baggioni a dénoncé « la non réponse de l’ARS » et réclamé un plan à long terme pour assurer la pérennité de la maternité, compte tenu de son action indispensable pour le territoire. » Dans le cas contraire, « la grève continuera. On ira crescendo si on ne nous entend pas. Ça ira jusqu’à des blocages, s’il le faut. » Membre du collectif de soutien à la maternité, Marie-Françoise Papi s’est montrée perplexe devant le discours de Marie-Hélène Lecenne, mais « elle a retenu deux choses », a-t-elle noté : « Les deux heures et demi de trajet pour rejoindre la maternité la plus proche en cas de fermeture et le service de transfert qui n’est pas suffisant. »

    A l’unisson de tous, le député de la 2e circonscription de la Corse-du-Sud, Paul- André Colombani attend « des réponses claires venues de l’ARS. On veut sauver la maternité. Point. » Le projet atypique ? « Il n’est pas question de faire une expérimentation à Porto-Vecchio sur des femmes qui sont sur le point d’accoucher ». Alors que le directeur de la clinique annonce « 100 % de grévistes » en ce mardi parmi le personnel de la maternité, des papas et des mamans sont venus apporter leur soutien à l’établissement. « Liberté, proximité, sécurité », pouvait-on lire sur une pancarte. Sur une autre, en forme de cercueil : « A vita iè, a morti no ». Sophie et Maxime sont venus avec leur petite fille, Lou, âgée d’un an. « La petite est née ici. Et on n’aurait pas eu envie de faire deux heures et demi de route pour l’accouchement. Avec un tel éloignement, il y aurait de gros risques, non ? »

    Référence

    https://www.corsenetinfos.corsica/Menaces-sur-la-maternite-de-Porto-Vecchio-les-grevistes-et-leurs-soutiens-attendent-des-reponses-claires_a73526.html

    « Construire est devenu un acte de bravoure »

     Jean-François Luciani, président de la fédération du BTP de Corse-du-Sud : « Construire est devenu un acte de bravoure »

    À l'occasion des Rencontres des Métiers du Gros Œuvre, qui se déroulaient au Palais des Congrès d'Ajaccio jeudi, vendredi et samedi du 21 au 23 septembre 2023 le président de la fédération du BTP de Corse-du-Sud, Jean-François Luciani, est revenu pour CNI sur la situation actuelle de la construction en Corse. Entre inflation, taux d'emprunt qui augmentent et raréfaction des permis de construire, 2024 s'annonce d'ores et déjà difficile pour le secteur.

    - Comment se porte le secteur du BTP aujourd’hui en Corse ?

    - La fin d’année est conforme à ce qu’a été 2023, c’est-à-dire que nous sommes sur des domaines d’activités intéressants avec des permis qui ont été octroyés il y a quelques mois, voire quelques années, donc on termine ces chantiers en cours. 2024 s’annonce en revanche beaucoup plus inquiétant pour plusieurs raisons, à commencer par l’augmentation du coût des matières premières qui a conditionné une augmentation générale du coût de la construction. Il est certain que la tendance qui a été de tout construire pendant des années a fait que les matériaux ont flambé. La guerre en Ukraine a aussi fait que tous les matériaux ont connu une hausse assez conséquente allant de 40% pour certains à 100 ou 150% pour d’autres. D’autre part, la rareté des terrains à construire a incidemment augmenté leur prix. Et puis enfin, il y a aussi une augmentation des taux des prêts bancaires. In fine, l’économie générale de la construction se retrouve très impactée par tout cela. Construire aujourd’hui est devenu un acte de bravoure.

    - Vous en parliez, la conjugaison de l’inflation, des taux d’emprunt qui augmentent, ainsi que de la difficulté d’obtenir un permis de construire ont-ils contribué à ralentir le marché de la construction neuve en 2023 ?

    - Le marché de la construction est en train de s’écraser. Mais c’est surtout sur 2024 où nos plus grosses inquiétudes font jour puisque nous sommes confrontés à une baisse très conséquente des volumes de mètres carrés à construire.  

    - Cette crise importante a-t-elle déjà conduit des acteurs de la fédération du BTP de Corse-du-Sud à devoir cesser leurs activités ?

    - Pour l’instant, nous n’en sommes pas encore là. Mais nous avons des alertes qui sont aujourd’hui très inquiétantes, aussi bien au niveau du tribunal de commerce que du réseau de la fédération du BTP. On constate que toutes les régions de France sont touchées par cette forte déflation.

    - Au niveau local, on sait que d’autres problèmes viennent également contrarier le secteur de la construction. Au cours des derniers mois, on a ainsi vu des attentats se multiplier contre des immeubles en construction, voire contre des engins appartenant à des entreprises de BTP. On se souvient d’ailleurs du communiqué que les fédérations corses avaient publié il y a quelques mois afin de marquer leur inquiétude. Quel impact cette situation a-t-elle eu ?

    - Cela a plutôt eu un impact sur le fondement de ce que nous sommes. Nous sommes des constructeurs, donc nous avons simplement le devoir de réaliser ce qu’on nous commande. Nous ne sommes pas des politiques, nous n’agissons pas sur l’aménagement du territoire, et donc nous sommes des acteurs économiques qui font des choix en matière de construction, mais pas décideurs. Nous construisons là où d’autres ont fait le choix de permettre de construire. La morosité qui a atteint ceux qui ont été victimes de tels agissements nous a secoués, mais il y a là-dessous un point politique qui concerne une vision de l’aménagement du territoire qu’il faudra avoir en Corse à un moment donné. Nous sommes solidaires vis-à-vis de ceux qui ont été victimes de tels actes parce qu’ils ont simplement eu le devoir de réaliser la commande qu’on leur a passée. 

    - Dans un autre registre, face à la multiplication des épisodes de canicule, le secteur doit également s’adapter. Des évolutions qui vont conduire à changer un peu le métier ?

    - Nous sommes forcés de nous adapter, notamment en matière de méthodologie de travail, car le capital d’une entreprise ce sont ses salariés. Préserver nos équipes et les faire travailler dans les meilleures conditions c’est un devoir de chef d’entreprise. Et puis les matériaux vont également sûrement évoluer pour être plus à même d’être mis en œuvre dans des conditions difficiles. 

    - Quelles sont les perspectives pour 2024 ?

    - Une baisse très inquiétante au niveau du neuf. La rénovation énergétique est le domaine vers lequel les entreprises qui faisaient du tout construire devraient pouvoir effectuer une mutation et retrouver un volume d’affaires assez conséquent. Mais cela ne se fait pas en quelques heures, il faut modifier la structure même de l’entreprise, s’adapter, découvrir cette activité. Ce secteur d’activité n’est pas encore complément épanoui. C’est un domaine sur lequel nous avons de fortes espérances, mais le volume d’activité aujourd’hui disponible pour que l’on puisse travailler n’est pas à la mesure de ce que l’on pourrait escompter. 

    Référence

    https://www.corsenetinfos.corsica/Jean-Francois-Luciani-president-de-la-federation-du-BTP-de-Corse-du-Sud-Construire-est-devenu-un-acte-de-bravoure_a73703.html

    L'Espagnole Volotea indique avoir proposé une offre "historique" pour relier la Corse à la France continentale

    L'Espagnole Volotea indique avoir proposé une offre "historique" pour relier la Corse à la France continentale entre juin et août 2023. 

    L'Espagnole Volotea, première compagnie aérienne à bas coûts à avoir posé sa candidature à la délégation de service public (DSP) aérienne entre la Corse et la France continentale, suscitant des inquiétudes concernant l'emploi, annonce vouloir ouvrir une base dans l'île. La compagnie, dont la France est le marché principal avec 740 emplois directs, assure dans un communiqué publié lundi avoir proposé une offre «historique» pour relier la Corse à la France continentale entre juin et août, avec 
    «450.000 sièges», en hausse de +16% par rapport à 2019, et «plus de 2700 vols avec un taux de remplissage de 95%». «Forte de ses bonnes performances, Volotea compte y ouvrir prochainement sa première base», indique la compagnie qui propose neuf destinations depuis les quatre aéroports corses: Bordeaux, Brest, Caen, Lille, Lyon, Montpellier, Nantes, Strasbourg et Toulouse. «Nous avons considérablement amélioré la connectivité de la Corse» et «notre candidature à la DSP est une nouvelle étape dans notre engagement en faveur de la Corse», assure le PDG et fondateur de la compagnie, Carlos Muñoz dans ce communiqué.

    Stupeur et inquiétude

    Cette candidature pour la DSP aérienne 2024-2027 a suscité stupeur et inquiétudes dans l'île. La compagnie, qui exerce déjà une DSP entre Tarbes-Lourdes et Paris-Orly, a postulé sur les lignes Paris-Orly et Marseille au départ d'Ajaccio et de Bastia, en demandant des compensations financières de 50 millions d'euros contre 96 millions pour Air Corsica-Air France, qui étaient les seules compagnies candidates pour cette DSP depuis 1998, a précisé à l'AFP une source proche du dossier. Une DSP remportée par Volotea ferait peser des craintes quant à la survie même d'Air Corsica, créée en 1989 par l'Assemblée de Corse et dont la Collectivité de Corse est actionnaire majoritaire, avec 66,8% du capital, et de ses 770 emplois. «Si la compagnie devait être retenue pour la desserte de nouvelles routes en Corse, elle s'engage fermement à faciliter la création d'emplois au niveau local», tente de rassurer la compagnie espagnole.

    L'Assemblée de Corse doit attribuer en novembre cette DSP qui débute au 1er janvier 2024 et représentait entre 90 et 95 millions d'euros par an d'aides publiques pour la DSP actuelle. Volotea fait par ailleurs partie des 17 compagnies aériennes visées par une plainte de 23 associations de 19 pays qui les accusent d'écoblanchiment et de «pratiques commerciales trompeuses». 

    Référence

    https://www.corsenetinfos.corsica/La-compagnie-aerienne-Volotea-veut-seduire-la-Corse_a73784.html

    Wednesday, November 8, 2023

    Nuit bleue : pour Thierry Dominici, « le FLNC rappelle qu’il est lui aussi présent sur l’échiquier »

     Enseignant-chercheur en sciences politiques à l’université de Bordeaux, ce spécialiste du nationalisme corse, Thierry Dominici, originaire de Bastia, livre son analyse après la série d’attentats qui a touché la Corse dans la nuit de dimanche 8 octobre 2023 à lundi.

    - Le FLNC vient de revendiquer une vingtaine d'attentats qui ont été commis aux quatre coins de la Corse dans la nuit de dimanche à lundi. Selon vous, qu'est-ce qui a motivé l’organisation de cette nuit bleue comme l’île n'en avait pas connu depuis des années, alors que la deuxième phase du processus d'autonomie a été lancée il y a quelques jours par Emmanuel Macron ?

    - On pourrait être étonné parce que vu l'avancée du processus d’autodétermination, on aurait pu imaginer que le FLNC aurait pu rester dans cette logique de démilitarisation mise en place depuis 2014. Mais apparemment, en tant qu’acteurs potentiels du débat, il semblerait qu'ils réutilisent des modèles anciens, c'est-à-dire une nuit bleue.

    - Dans ce communiqué très laconique, le FLNC écrit « Nous n'avons pas de destin commun avec la France ». N’est-ce pas quelque part aussi un message adressé à Gilles Simeoni qui parlait de construire une autonomie de la Corse dans le cadre de la République ?

    - Je pense que c'est surtout un rappel du message que s'est donné le FLNC sur le champ politique. La volonté du Front depuis sa création, c'est l'indépendance. Obtenir un statut particulier, une reconnaissance de l'autonomie de la Corse, pour le FLNC, comme d'ailleurs pour les élus indépendantistes, cela n'a rien d'historique parce que pour eux, l'histoire de la Corse débutera avec l'indépendance et qu’il n’y a aucune histoire commune, aucun passé commun avec la France. 

    - Est-ce que finalement, derrière cette vague d’attentats, on ne pourrait pas penser que l'objectif du FLNC est de faire avorter ce processus ?

    - Je crois que l’objectif est surtout de rappeler à l'ensemble insulaire et notamment aux élus que le FLNC, au même titre que les indépendantistes qui sont dans l'opposition, est aussi un acteur concernant l'évolution du statut de l’île. 

    - Vous le rappeliez, le dépôt des armes du FLNC en 2014 a permis de pouvoir ouvrir ces discussions avec le Gouvernement. La reprise active des attentats ces derniers mois, d'autant plus après le discours du Président de la République que d'aucuns qualifient d'historique, pourrait-elle mettre en danger le processus ? Est-ce que cela pourrait contraindre le gouvernement à faire un pas en arrière ?

    - Je serais tenté de dire non parce que cela voudrait dire que le Gouvernement écoute des personnes qui ne sont pas élues et qu’il donne plus de caution à quelque chose qu’il considère comme finalement nébulaire, voire inexistant ou simplement confidentiel. Je crois qu'aujourd'hui, il faut voir les choses comme elles sont présentées, c'est-à-dire que l'espace public a toujours été laissé vacant aux indépendantistes depuis la victoire de 2015. Je pense aujourd'hui que par la voie des attentats, le FLNC rappelle qu’il est lui aussi présent sur l’échiquier et que la négociation se fait avec les élus, mais passe aussi peut-être par toute la famille indépendantiste, ainsi que par la société civile et notamment la jeunesse.

    - Dans un précédent communiqué en date du 1er août dernier, le FLNC déclarait : « Aucun accord entre la Corse et la France ne pourra être qualifié d'historique tant qu'il n'entérinera pas la reconnaissance des droits du peuple corse sur sa terre comme seule communauté de droit ». Est- ce que selon vous, le fait qu'Emmanuel Macron n’ait pas prononcé certains mots dans son discours, dont notamment la notion de « peuple corse » a pu accroître la tension ?

    - Le rôle du président de la Vème République, c'est de proposer des grandes lignes, ce n'est pas de mettre à plat les points cardinaux de la réforme institutionnelle. Ce n'est pas parce qu'il ne dit pas « peuple Corse » que les élus insulaires ne peuvent pas le mentionner dans le futur texte. Et puis, il a parlé de culture corse, il a parlé de tradition, et il a quand même fait une référence assez extraordinaire à la constitution de Pascal Paoli dans son discours. Il ne parle peut- être pas de peuple corse, mais il choisit de parler de nation corse en soulignant comment les Corses en 1755 étaient modernes. Ce discours correspond vraiment à la position du Président en vertu de l'article 5 de la Constitution qu’en tant que gardien des institutions, il ne peut donner que les grandes lignes, pas le projet dans sa globalité. Donc, attendre de lui qu'il parle de peuple corse, c'est assez étonnant. C’est comme attendre de lui qu’il parle par exemple d'autonomie législative, c'est un terme qu'il ne peut pas employer. Le droit constitutionnel le restreint dans sa position. 

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    54 femmes et hommes issus de 15 pays viennent d'obtenir la nationalité française en Corse

     La Haute-Corse compte de nouveaux citoyens français. A l'occasion de trois cérémonies qui ont eu lieu mardi 10 et mercredi 11 octobre àde Bastia, 42 personnes ont officiellement reçu la nationalité française.

    Ils sont désormais Français. 54 personnes se sont vu attribuer la nationalité française à l'occasion de trois cérémonies d’accueil dans la citoyenneté qui ont eu lieu mardi 10 et mercredi 11 octobre à Bastia présidées par le préfet de Haute-Corse, Michel Prosic, et par Yves Dareau, Secrétaire Général de la Préfecture de Haute-Corse et sous préfet de l’arrondissement de Bastia.

    La première cérémonie 

    La première cérémonie a rassemblé des participants de neuf nationalités différentes. Le Maroc a dominé les chiffres, avec six naturalisés, suivi de près par la Tunisie avec deux ressortissants, et également un représentant de la Pologne, de la Moldavie, du Bénin, de la Serbie, du Portugal, du Royaume-Uni et de l'Italie. Une caractéristique significative de ces cérémonies réside dans la présence des maires des communes de résidence des nouveaux citoyens. Parmi les 15 personnes honorées, cinq résidaient à Corte, trois à Ghisonaccia, trois à Penta-di-Casinca, trois à Aleria, et une à Cervione.

    La deuxième cérémonie 

    La deuxième cérémonie a vu 13 nouveaux citoyens, dont cinq provenaient de Calvi, et les autres de Calenzana, Lavatoggio, Monticello, Prunelli-di-Fiumorbu, Sainte-Lucie-di-Moriani, Santa-Reparata-di-Balagna, Solaro et Ventiseri. Huit nationalités étaient représentées, le Maroc se distinguant encore avec six naturalisés, suivies de la Pologne, de l'Espagne, de la Moldavie, de la Roumanie, de la Russie, du Royaume-Uni et de la Tchécoslovaquie, chacune ayant un nouveau citoyen.

    La troisième cérémonie 

    Lors de la troisième cérémonie, pas moins de 26 personnes étaient concernées, dont 19 résidaient à Bastia, deux à Furiani, deux à Biguglia, deux à Lucciana, et une à Borgo. Pour cette cérémonie, 11 nationalités sont représentées, issues du Maroc, qui compte le plus grand nombre de personnes naturalisées avec 12 personnes, la Roumanie avec 3 personnes, la Tunisie et l’Algérie avec 2 personnes ainsi que l’Albanie, l’Éthiopie, le Sénégal, l’Allemagne, la Côte d’Ivoire, la Pologne et Cuba qui comptent respectivement une personne.

    En Haute-Corse 211 nouveaux français en 2022

    Chaque année entre 90 000 et 150 000 personnes obtiennent la nationalité française. En 2022 en Haute-Corse ils ont été 211 a l'obtenir. Il existe trois grands modes d’acquisition : l’acquisition par décret, par déclaration (le plus souvent à la suite d’un mariage avec un Français) et de plein droit pour les jeunes étrangers nés et résidant en France lorsqu’ils deviennent majeurs, et au bout des 10 ans de résidence.

    Voici pour la Haute-Corse les chiffres des 11 dernières années

    Référence

    Mgr Jean-Charles Thomas, évêque de Corse,du 4/02/1974 au 23/12/1986 est décédé le 14/10/2023 à 93ans.

    Il appela à la réconciliation en faisant entendre sa voix au plus haut niveau et appeler à la raison durant cette période de l'histoire récente et douloureuse de l'histoire de la Corse, notamment lors de l'affaire Bastelica-Fesch.

    Engagé dans le dialogue inter-religieux, favorable à la prise en compte des souffrances des divorcés remariés ou défenseur de la cause des sans papiers, Jean Charles Thomas était à juste titre considéré comme un homme de dialogue.

    Il est l’auteur de nombreux ouvrages de réflexion historique et pastorale.

    Le Cortenais, Mgr Sauveur Casanova, lui avait succédé à l'Evêché de la Corse.

    Aléria et affaire Bastelica-Fesch

    L'évêque Jean-Charles Thomas était l'évêque de Corse durant les années où le nationalisme a pris son essor, du 4/02/1974 au 23/12/1986 . Et il n'a pas hésité, à plusieurs reprises, à prendre part au débat, marquant toutes celles et tous ceux qui ont vécu cette époque.

    Alors que la Corse est en ébullition, l'homme d'Église n'hésitera pas à sortir de la réserve la plupart du temps adoptée par le clergé concernant les affaires séculaires, et plus encore politiques. Lors des événements d'Aleria, il va jusqu'à adresser une lettre au président de la République de l'époque, Valery Giscard D'estaing, dont voilà un extrait : 

    "Pour peu qu'on vive en Corse et avec des Corses, on saisit et comprend que la Corse n'est pas seulement un département français parmi d'autres. Elle l'est. Mais, en même temps, et je crois prioritairement, elle est aussi une autre réalité : une histoire corse, une communauté populaire corse, un style, un ensemble d'aspirations humaines et d'habitudes. Avant d'être un département français, la Corse est psychologiquement LA CORSE."

    Mais plus encore lors de la prise d’otage à l’Hôtel Fesch, il se mit au milieu de la mêlée, et s’avança entouré d’hommes qui étaient armés en se proposant de prendre la place des otages. Il s'entretiendra longuement avec les otages, ainsi qu'avec les autonomistes armés qui s'étaient réfugiés à l'intérieur de l'hôtel. Portant un message d’une paix sincère et digne, porteur d’une solution millénaire à la conflictualité, il appela les belligérants à l'arrêt des violences, et au dialogue. Au journal de 13 heures îl débattra en direct avec le ministre de l'Intérieur, Christian Bonnet.

    En 2023, le cardinal François-Xavier Bustillo avait insisté sur l'importance de la prise de parole du clergé concernant l'actualité, sans pour autant franchir la ligne d'un positionnement politique ou dans des affaires de l’Etat. Il s'était lui-même exprimé à plusieurs reprises alors que la Corse s'embrasait, à la suite de la mort d'Yvan Colonna. À cette occasion, plusieurs observateurs avaient vu dans cette attitude un écho à celle de Monseigneur Thomas un demi-siècle plus tôt.

    Référence

    https://www.corsenetinfos.corsica/Mgr-Jean-Charles-Thomas-ancien-eveque-de-Corse-n-est-plus_a74158.html

    https://france3-regions.francetvinfo.fr/corse/corse-du-sud/ajaccio/jean-charles-thomas-l-eveque-d-aleria-et-de-bastelica-fesch-est-mort-2856455.html

    Tuesday, November 7, 2023

    Bastia : à la recherche de ces copropriétés "abandonnées" dans le centre ancien

     Les biens vacants sans maître, ce sont ces habitations reconnaissables à leurs volets continuellement clos, suite au décès ou à la disparition de leur propriétaire, et sans qu'aucune succession n'ait été engagée. Depuis quelques années, la ville de Bastia les recense, pour les remettre sur le marché.

    Françoise Santini, née le 1er mars 1884, disparue en 1943, son corps n'a jamais été retrouvé. Sylvestre Curioli, né le 19 mars 1867, décédé le 18 juillet 1943... Quand elle plonge dans le passé de ces Bastiais d'un autre temps, morts depuis quatre-vingts ans, Véronique Vancoillie se laisse gagner par l'émotion : 

    "Je trouve ça touchant de reparler de ces personnes oubliées de tous. Ne serait-ce qu'écrire leur nom quelque part, ça permet de les faire revivre un peu." 

    Retrouver des actes de naissance, de mariage ou de décès, y lire des pans d'histoires personnelles, c'est la partie du travail que la chargée de mission à la réhabilitation du centre ancien de Bastia affectionne le plus. Elle le fait dans le but de retrouver la trace d'héritiers potentiels d'un bien vacant sans maître.

    C'est comme cela que Véronique Vancoillie apprend que Françoise Santini a déjà une soixantaine d'années quand elle acquiert, en mai 1943, une copropriété au 17, rue Carbuccia. C'est la guerre et cette Bastiaise originaire de Pietricaggio profitera très peu de son bien puisqu'elle disparaîtra sous les bombardements en septembre 1943. Sa sœur en récupère la jouissance, mais sans se faire délivrer un titre de propriété. Point de départ qui aboutit à une situation des plus complexes, comme on en connaît beaucoup en Corse : 

    "C'est l'effet pervers des arrêtés Miot. Les gens ne déclaraient pas leur succession, car ils étaient exonérés des droits", contextualise la chargée de mission, qui a recensé depuis 2014, une quinzaine de biens vacants sans maître.

    Ces derniers représentent une part minime des logements vacants. Dans la majorité des cas, les propriétaires sont connus. Il y a deux ans, la mairie était pionnière dans l'expérimentation d'un dispositif qui a recensé 800 logements vacants dans le centre-ville de Bastia, oeuvrant ensuite auprès des propriétaires au déblocage de la situation de vacance (vente, location, aide à une réhabilitation du bien).

    Parfois, certains bien sans maître sont squattés, tant il apparaît évident que plus personne n'y vit. D'autres ont tendance à disparaître visuellement du paysage, comme au 10, rue Napoléon, sans propriétaire depuis trente ans. A l'arrière de cet appartement, il y a une petite fenêtre au volet vert qu'il serait impossible d'ouvrir aujourd'hui car... une canalisation passe effrontément devant ! Ceux qui l'ont installée n'ont même pas cherché à contourner la fenêtre, sachant bien qu'il n'y a plus personne pour l'ouvrir...

    Au 1er étage d'un immeuble situé dans une rue du vieux Bastia, une vieille porte en bois est recouverte de tags. Deux planches ont été clouées pour la refermer mais la porte s'ouvre quand même. A l'intérieur, ça sent l'humidité. Impossible de rentrer car la pièce est encombrée d'objets en tous genres ou de poubelles. Ce bien, sans maître depuis 1983, sert depuis de débarras aux habitants du quartier. Sa faible hauteur sous plafond, tolérée à l'époque, ne répond plus aujourd'hui aux normes de salubrité pour qu'il soit remis sur le marché. Le bien a malgré tout été incorporé dans le domaine communal par la mairie, qui proposera à la copropriété concernée de l'acquérir pour en faire un local collectif, en bonne et due forme.

    Un bien est déclaré sans maître quand la succession est ouverte depuis plus de trente ans et qu'aucun héritier ne s'est manifesté. "Il n'y a pas de bien sans maître sur un appartement de 300m2 du boulevard Paoli, fait remarquer Véronique Vancoillie. Ce sont généralement des biens de petite taille, sans trop de valeur, sinon les héritiers se seraient manifestés.

    " S"il ne le font pas, c'est parce que ce bien dont ils hériteraient pourrait devenir une source de charges, avec des frais de notaire à payer pouvant être supérieurs à la valeur d'un bien qui a subi les affres du temps. Parfois, la procédure lancée par la municipalité a le don de réveiller des héritiers, mais ce n'est arrivé que deux fois en dix ans à Bastia : "Une fois sur un grand appartement situé en dehors du centre ancien et une autre fois, les héritiers se sont manifestés d'un pays très lointain (le Venezuela)", révèle Hakima Bouhannou, qui travaille en complément de Véronique Vancoillie sur le POPAC de Bastia, le Programme opérationnel de prévention et d'accompagnement des copropriétés.

    Elle aussi est très investie dans la mission de recensement des biens vacants sans maître, car l'existence même de ces derniers est de nature à constituer un point de blocage quand des travaux doivent être menés dans une copropriété. Il arrive en effet qu'à Bastia, des copropriétaires refusent d'engager des travaux car l'un des lots n'est pas en capacité de prendre sa part du financement, et pour cause : c'est un bien sans maître. Mais dans d'autres cas, "le syndic va continuer à faire des appels de fonds, car officiellement il n'y a pas eu de déclaration selon laquelle la personne est décédée", précise Hakima Bouhannou. Il incombera au futur acquéreur de s'acquitter de cette dette, ce qui peut constituer un obstacle, même si les biens sans maîtres sont mis sur le marché suivant l'estimation des domaines, soit à un prix très accessible. 

    La mission de la mairie est donc accomplie quand un bien sans maître... retrouve un maître. En excluant ceux  qui n'envisagent pas d'en faire un Airbnb, comme le confirme Josefa Negroni, responsable du service foncier de la ville de Bastia : 

    "Dans les dossiers, on porte une attention particulière aux propriétaires occupants, aux primo-accédants ou au locatif social." Emmanuelle De Gentili va même plus loin : "C'est dans les clauses de notre cahier des charges. Ce n'est pas possible de transformer la vocation de ces biens. Dans l'idée, on souhaite refroidir les prix du foncier. Ces biens sans maître ne coûtent rien à la ville, ils sont en très mauvais état et on peut les revendre à moindre cout à des personnes qui pourront bénéficier d'aides pour les rénover", synthétise la 1re adjointe bastiaise, en charge de la politique du logement, qui envisage aussi de mettre en place "des contrôles" pour que les biens réhabilités ne fassent pas l'objet d'une spéculation.

    Laura-Stella Santini, par exemple, est une jeune Bastiaise qui a saisi l'opportunité de devenir propriétaire "pour 33 000 euros" d'un bien sans maître de 64m2 (plus terrasse), dans la rue Chanoine-Letteron. Au final, celui-ci lui a coûté "48 000 euros avec les frais de notaire, plus 145 000 euros de travaux". Elle bénéficiera, au terme du chantier, "d'environ 40 000 euros" de subventions octroyées par l'Agence nationale de l'habitat, la ville de Bastia et la Collectivité de Corse. 

    "C'était bien délabré, mais j'ai eu un coup de coeur pour ces vieilles pierres", confie la Bastiaise, qui a mis un an et demi pour le rendre vivable. Avant son arrivée, sa terrasse faisait office de déchetterie pour certains copropriétaires de l'immeuble. "J'ai tout nettoyé et un jour, j'ai vu ma voisine jeter des restes de pastèque et de melon par la fenêtre ! Je lui ai dit d'arrêter, que c'était ma terrasse maintenant, et elle ne l'a plus refait."

    Référence

    Le projet d'un centre hospitalier universitaire CHU multi-sites; Assemblée le 25 octobre 2023

     Réunis en session ordinaire à Aiacciu le 25 octobre 2023, les élus de l'Assemblée de Corse ont validé ce jeudi le projet de voir naître en Corse un CHU multi-sites sur une échéance de dix ans. Il reste maintenant à convaincre Paris.

    La Corse est la seule région de France à ne pas disposer de CHU. En 2019, le taux de recours aux soins hors Corse était d’environ 20 % en moyenne sur l’ensemble de l’île. Selon des données fournies par la caisse primaire d'assurance maladie (CPAM), près de 26 000 trajets depuis la Corse vers le continent, pris en charge par la CPAM, ont été comptabilisés en 2017. Au total, le coût de ces trajets remboursés s’est élevé à plus de 30 M€. 

    Et ce jeudi 26 octobre à Aiacciu, en introduction de cette délibération 

    "qui (lui) tient à cœur", Bianca Fazi, la conseillère exécutive de l'Assemblée de Corse en charge de la santé, a rappelé les maux dont souffrent les Corses en matière d'accessibilité aux soins : "Nous avons une population vieillissante, avec souvent la complexité de prise en charge de maladies chroniques. Nous avons une saisonnalité qui complique la prise en charge des patients. Nous manquons de médecins, notamment dans l'intérieur de l'île. La démographie médicale est déclinante, nous peinons à recruter des spécialistes. Nous avons le plus faible ratio de lits par habitant".

    La Corse et les Corses sont à la croisée des chemins, abonde Jean-Marc Borri, de Fà Populu Inseme : "Sans le CHU, l'injustice serait encore accrue, avec une dégradation démographique médicale et un accès aux soins rendu encore plus difficile. Ce serait une situation catastrophique, en particulier dans le rural. Avec un CHU, on serait pourvu du moyen le plus sûr pour porter à un niveau élevé l'offre de soins à laquelle la population a droit et aussi pour lutter contre la désertification médicale."

    Le CHU, par sa vocation, remplirait en Corse une triple mission de soins, d'enseignement et de recherche, les deux dernières favorisant l'attractivité du territoire à destination du corps médical et scientifique. "La crise sanitaire nous a amenés à constater les limites de fonctionnement du système de santé piloté par Paris, estime Bianca Fazi. Un système basé sur la tarification à l'activité, qui favorise la quantité des soins au détriment de la qualité." La conseillère plaide donc pour un projet corse "expérimental, résolument axé sur les services aux territoires." Ce CHU voulu par l'exécutif corse serait donc multisite, "inspiré du modèle réunionnais", associant établissements publics et privés.

    Multisites ?

    Cet aspect atypique d'un CHU multisite a inquiété quelque peu Jean-Christophe Angelini. S'il soutient bien évidemment la démarche déjà portée au niveau national par le député Paul-André Colombani issu de ses rangs, le président du groupe Avanzemu estime que se conformer à un CHU qui serait basé dans le chef-lieu de région donnerait plus de chances de voir la requête aboutir, "au regard de la législation en la matière". 

    Ce n'est pas l'avis de Jean-Marc Borri, de Fà Populu Inseme : "Ce qui fait l'originalité de ce CHU, c'est qu'il sera multisite. C'est son gage de réussite, car ce modèle est en rupture avec le modèle qui montre ses limites sur le Continent depuis des décennies. 

    " Le débat "rappelle, il y a 42 ans, les discussions sur le lieu d'implantation de l'université de Corse", note la présidente de l'Assemblée de Corse, Marie-Antoinette Maupertuis.

    Evelyne Galloni d'Istria (Fà populu Inseme) insiste sur les vertus universitaires d'un futur centre hospitalier en Corse : "En établissant un CHRU, nous permettrons à nos étudiants médecins de compléter leur premier cycle d'étude médicale sans quitter la Corse. Cette implantation est la réponse la plus efficace au problème de démographie médicale. Ce CHRU nous permettrait de former sur place la prochaine génération de professionnels de santé dont la Corse a tellement besoin."

    Du côté des élus d'Un Soffiu Novu, on balance plutôt dans le "oui, mais...". Comme l'illustrent les propos tenus par Cathy Cognetti-Turchini : "Nous sommes bien conscients que la création d'un CHU permettrait de faire de la recherche et suivre des études en médecine sur place et dans leur intégralité. Mais là où ailleurs en France, un CHU concentre toutes les spécialités, chez nous il faudra agréger les hôpitaux et les cliniques, sur plusieurs sites, voire nouer des partenariats avec des établissements continentaux pour pouvoir disposer du socle nécessaire." Selon l'élue d'Un Soffiu Novu, il convient d'abord de moderniser les infrastructures existantes, voire d'en créer localement là où le besoin se fait sentir : "Il y a des paliers à franchir avant la création d'un CHU. Je pense à l'hôpital de Bastia et concernant lequel les Corses sont en droit d'attendre beaucoup mieux... Il en est de même pour une antenne médicale en Plaine orientale..." 

    Josepha Giacometti rappelle de son côté qu'un CHU en Corse  "est une revendication très ancienne que nous avons portée à Corsica Libera. Aujourd'hui le CHU, c'est une évidence pour la Corse, mais pas une évidence de l'autre côté de la mer...  Lorsque Emmanuel Macron est venu, il a eu très largement le temps d'évoquer le CHU. Et pourtant, il n'en a pas dit un mot. Je pense que c'était volontaire, car il a évoqué d'autres besoins en matière de santé." Et la seule élue de Corsica Libera de l'hémicycle d'évoquer la perspective "d'un rapport de force et d'une mobilisation" en faveur de la création d'un CHU corse. 

    Convaincre "de l'autre côté de la mer"

    Pour rappel, en février, l'ancien ministre de la Santé, François Braun, avait freiné les ardeurs du Dr Paul-André Colombani, qui l'avait alerté, via une demande écrite, sur la nécessité de doter la Corse d’un tel établissement de santé. "S'agissant de la prise en compte de l'insularité et de critères de plus grande accessibilité aux soins et de réduction de la perte de chances, le développement de filières régionales et/ou d'hyperspécialités articulées avec des partenaires continentaux paraît la voie la plus opérationnelle à court terme, avec effectivement en perspective l'universitarisation de ces filières", avait répondu l'ex-ministre au député Colombani. 

    Les élus de l'Assemblée de Corse espèrent désormais que cette délibération adoptée à l'unanimité pèsera de tout son poids dans les discussions à venir avec Paris : "L'objectif est de présenter ce projet devant le ministre de la Santé (Aurélien Rousseau), au cours d'un rendez-vous que nous espérons rapide. Puis, dans un second temps, d'obtenir le déclenchement d'une mission de l'inspection générale des affaires sociales en Corse, préalable à toute création de CHU. Enfin la création doit être actée par décret des ministres de la Santé et de l'Enseignement supérieur", détaille Bianca Fazi. Et dans l'éventualité où le projet recevrait le feu vert espéré, "le projet se construira sur le long terme, visiblement sur une échéance de dix ans."

    Ce retour de la Corse à Cavallu, de l'archipel des Lavezzi, cheval de bataille contre la spéculation

    En usant, quand il le juge nécessaire, de son droit de préemption à Cavallu, le président de l'Exécutif corse entend contrecarrer les appétits spéculatifs sur l'îlot des milliardaires, tout en y introduisant un rapport de forces.

    Deux millions d'euros pour acheter 3,3 hectares de terrain à Cavallu, c'est le prix que la Collectivité de Corse avait choisi de payer, en 2018, pour remettre le pied sur un bout de paradis depuis longtemps accaparé par des milliardaires dans les bouches de Bunifaziu. 

    Cette acquisition, par le biais d'un droit de préemption, avait pris les oripeaux d'un acte éminemment politique, dans la lignée de cette journée de 2010, quand Gilles Simeoni, alors simple militant autonomiste, foula le sol de l'îlot pour y planter la bandera corsa.

    Ce retour de la Corse à Cavallu, qu'il voyait à l'époque "comme une plus-value politique et symbolique", Gilles Simeoni l'assume et le revendique, mais il est sous le feu des critiques du groupe de droite Un Soffiu Novu, notamment de son chef de file Jean-Martin Mondoloni, qui s'était opposé à ce que le contribuable corse en payât le prix. Et vendredi, au cours des débats à l'Assemblée de Corse, Marie-Anne Pieri, toujours pour Un Soffiu Novu, a continué à questionner Gilles Simeoni sur l'existence d'un projet de la CdC à Cavallu, "parce qu'il y a quand même une notion de service public avec la contribution des deniers des Corses", a-t-elle rappelé.

    La réponse de Gilles Simeoni s'est d'abord voulue comptable : 

    "Les deux millions d'euros qui ont été dépensés, je pense qu'on aurait largement pu les amortir si on avait eu une fiscalité à la hauteur des enjeux, s'est-il dédouané. Il y a un manque à gagner, en terme de recettes fiscales, qui est considérable." Et de sortir en exemple une déclaration d'intention d'aliéner, formulée le 9 mars 2022 par un vendeur sur Cavallu, pour une vente à 6 200 000 euros, qui n'a rapporté que "350 000 euros" aux diverses collectivités : "Je pense qu'on pourrait faire beaucoup mieux dans notre logique de taxation des opérations spéculatives", a martelé Gilles Simeoni, en écho au processus d'ouverture à l'autonomie de la Corse, lequel serait en capacité d'intégrer un tel outil fiscal. 

    Une manne qui pourrait représenter "une centaine de millions d'euros par an pour nourrir les droits de préemption là où on pourrait le faire sur les opérations spéculatives", espère le député Jean-Félix Acquaviva qui, en 2021 avait porté la  proposition de loi contre la spéculation immobilière, laquelle avait été adoptée par l'Assemblée nationale, mais toujours pas par le Sénat.

    "Qu'ils me fassent un procès"

    Gilles Simeoni a affiché sa volonté d'entrer dans un rapport de forces avec les propriétaires de l'île de Cavallu :

     "Les charges de copropriété, je ne les ai paierai pas, a-t-il affirmé publiquement. C'est une décision politique. Et j'attends que l'association syndicale des propriétaires de l'île de Cavallu me fasse un procès, que je puisse moi aussi les attaquer sur le règlement qui limite la circulation sur l'île, qui interdit les plages aux tiers...  Aujourd'hui, les limitations d'aller et de venir sur l'île de Cavallu, elles existent. Est-ce que ça vous convient ? Est-ce que vous voulez qu'on reprenne pied et qu'on dise que ce territoire est soumis aux règles de droit ?" 

    Avant de répondre sur le projet porté à Cavallu par sa majorité : 

    "Mon objectif est d'en faire une île partie prenante de l'ensemble de la Corse, sur laquelle on accède librement et sur laquelle on fait aller des classes, dans le cadre de projets pédagogiques, pour qu'elles voient ce que ça a été pendant trente ans à Cavallu quand il n'y avait pas de règles, et ce que ce sera demain quand on aura placé en son coeur la biodiversité et la protection de l'environnement."

    Deux nouvelles actions anti-spéculation

    Dernièrement, la Collectivité de Corse a d'ailleurs brandi son droit de préemption à deux reprises sur Cavallu, pour mettre des bâtons dans les roues des spéculateurs. 

    "Dans un premier cas, on m'a signifié une déclaration d'intention d'aliéner (DIA) pour un prix faible, quelques centaines de milliers d'euros, sur une parcelle en bord de mer qui supportait un bâti en ruines, rapporte Gilles Simeoni. Nous avons exercé notre droit de préemption. Et à ce moment-là, le notaire a retiré la DIA. Et il s'est avéré que la deuxième déclaration d'intention d'aliéner ne mentionnait plus une ruine, mais une maison en partie construite. Dans ces conditions, le prix a été très fortement modifié, à près de 5 millions d'euros. Bien évidemment, il n'était plus question de préempter. Je crois que les choses sont claires. Dans un premier temps, il y a un prix déclaré. Et dans un deuxième temps, il y a un prix réel..."

    La seconde décision de préemption à Cavallu s'est, elle, exercée "sur deux parcelles de 1 597 m2 et 2 140 m2, a révélé Gilles Simeoni. La curiosité de cette affaire, c'est que le service des domaines en a estimé les prix à 4 000 et 5 350 euros si elles ne sont pas constructibles et à plus d'un million d'euros si elles sont constructibles. Or, ces parcelles ont été déclarées inconstructibles suite à l'annulation de l'ancien PLU de Bonifacio par le tribunal administratif. J'ai interrogé le maire de Bunifaziu (Jean-Charles Orsucci) qui m'a indiqué que ces parcelles ont vocation à rester définitivement inconstructibles. Mais il y avait une promesse de vente qui avait été réalisée à travers une DIA pour 400 000 et 200 000 euros. Je trouve cela incompréhensible et j'ai donc exercé mon droit de préemption au nom de la collectivité de Corse, en demandant que la transaction, si elle doit se faire, se fasse au prix de la parcelle inconstructible, tel qu'évalué par les domaines."

    Depuis 2018, la Collectivité de Corse a comptabilisé un total de 47 opérations immobilières sur la seule île habitée de l'archipel des Lavezzi. "Les vendeurs et acquéreurs sont pour la plupart des sociétés étrangères", a précisé Gilles Simeoni, y relevant "une opacité quasi totale, avec des prix extrêmement importants".  

    Référence

    https://www.corsenetinfos.corsica/Gilles-Simeoni-veut-faire-de-Cavallu-son-cheval-de-bataille-contre-la-speculation_a74453.html

    Contrôle des personnes radicalisées : "Quatre fichés S tous citoyens français en Corse mais aucun expulsable"

     La France est passée, depuis vendredi 13 octobre, en alerte "urgence attentat" après l'attaque au couteau à Arras (Pas-de-Calais), où un enseignant a été tué et trois autres personnes ont été blessées, sur fond de crainte d'importation du conflit entre Israël et le Hamas. 

    « Ce moment de recueillement, c’est une exigence de solidarité dans la peine et l’émotion que traverse une nouvelle fois la communauté éducative de notre pays avec une pensée toute particulière pour ceux qui ont vécu ce drame à Arras. La République et son École résisteront face au Terrorisme ». Amaury de Saint-Quentin était présent ce lundi après-midi au lycée Laetitia d’Ajaccio afin d’assurer son soutien auprès de la communauté éducative insulaire.

    Un soutien symbolique, mais aussi opérationnel avec un déploiement de plusieurs unités de forces de l’ordre autour des établissements scolaires insulaires, suite au passage du pays en « risque attentat » comme l’explique le préfet de Corse : 

    « Au vu du contexte, le gouvernement a décidé de remonter le seuil Vigipirate du niveau de « risque attentat » à « urgence attentat ». Ce nouveau palier correspond à des moyens supplémentaires conséquents mis en place qui permettent de sécuriser un certain nombre de lieux de l’espace public comme notamment les établissements d’enseignement. Concrètement en Corse, un certain nombre de dispositifs à la fois statiques et dynamiques sont d’ores et déjà mis en place autour des collèges, des lycées et des écoles sur l’ensemble du territoire. Ce dispositif est installé de manière permanente, notamment lorsque ces établissements sont ouverts. Cela permet d’augmenter sensiblement la sécurité des établissements en question. Par exemple, ici au Laetitia, vous avez pu noter la présence d’unités de CRS. Des forces de l’ordre qui seront également présentes devant d’autres lycées insulaires. Nous avons également des dispositifs mobiles qui sont prêts à intervenir en cas de besoin et à la demande d’un chef d’établissement ou un membre de la communauté enseignante, confrontés à une situation comme celle qui a pu se présenter à Arras ».

     

    Une présence policière importante afin de marquer le soutien indéfectible de la République auprès de son École et qui se veut rassurante pour l’ensemble des élèves et de leurs familles comme le confirme Jean-Philippe Agresti, le Recteur de Corse

    « La présence de ces forces policières à nos côtés est importante. Elle rassure les personnels enseignants, les élèves et leurs familles. Elle est également symbolique de la solidarité exprimée par le représentant de l’État à l’égard de la communauté éducative. Aujourd’hui, il est important de rassurer, mais aussi d’être opérationnel. Il y a également tout un travail qui est effectué en matière de formation de prévention des risques et également en matière de gestion de crise. Nous allons également poursuivre, avec la Collectivité de Corse et les communes, la sécurisation des bâtiments scolaires ».

    Quatre fichés S en Corse, mais aucun expulsable

    Si au sein de l’établissement ajaccien, élèves et professeurs ne semblent pas plus inquiets que cela et le drame d'Arras peut leur sembler bien loin aussi bien géographiquement que contextuellement parlant, cette présence a le don de rassurer également les familles, bien conscientes, que ce genre de drame peut arriver n’importe où. D'ailleurs, y a-t-il un risque zéro en Corse ? Le préfet de Corse préfère anticiper plutôt que d’avoir à agir : 

    « Dans un temps comme celui que nous vivons, il y a une exigence, celle de l’anticipation. On ne peut pas prendre le risque qu’un nouveau drame puisse arriver sur notre territoire. Le risque zéro n’existe jamais. Que ce soit ici ou ailleurs. Notre responsabilité est de réduire le plus possible le champ des probabilités ».

    Une tolérance zéro et un étau qui se resserre auprès des radicalisés fichés S, et encore plus depuis la prise de position d’Emmanuel Macron, qui a demandé ce lundi aux préfets de passer au peigne fin le fichier des radicalisés expulsable. Le Président de la République "demande un état impitoyable envers tous ceux qui portent la haine et des idéologies terroristes". À cet égard, Amaury de Saint-Quentin a évoqué la situation en Corse : 

    « Il y a un peu plus de 5 000 fichés S au niveau national. En Corse, nous en avons 4. Il y en a deux sur Ajaccio et deux sur Porto-Vecchio. Ils sont tous citoyens français et aucun d’entre eux n’est donc susceptible d’être expulsé ».

    Le niveau "urgence attentat" correspond au niveau le plus élevé du dispositif de sécurité Vigipirate. Il peut être mis en place à la suite immédiate d'un attentat ou si un groupe terroriste identifié et non localisé entre en action. Ce niveau vient compléter les deux autres niveaux de protection : "vigilance" et "sécurité renforcée - risque attentat", activé en fonction de l’intensité de la menace.

    Référence


    "Sensibilisation à la régulation des conflits" : une formation à Corte et Porto-Vecchio

     Le samedi 16 décembre 2023, une formation sur la sensibilisation à la régulation des conflits sera organisée à Corte et Porto-Vecchio par Umani. Cet événement vise à fournir aux participants des outils et des compétences essentiels pour gérer les conflits de manière constructive et pacifique.

    Au cours de cette journée de formation, les participants auront l'occasion d'explorer divers aspects de la régulation des conflits, y compris 

    • la communication efficace, 
    • la médiation, 
    • la gestion de la colère, et 
    • la résolution de conflits dans des contextes personnels, professionnels et communautaires.

    Référence 

    Forages privés : de la discrétion à l'omertà

     

    Calvi; Par peur d'une taxation ou d'une interdiction, les propriétaires de forages tiennent à rester discrets. Dans l'île, 30 à 50 % des nouveaux forages ne seraient pas déclarés.

    Depuis le 1er janvier 2009, les puits et forages doivent faire l'objet d'une déclaration en mairie. Cette déclaration donne droit à un certain volume de prélèvement. Lorsque les besoins sont plus importants, pour l'agriculture ou l'industrie, il faut une autorisation de type arrêté préfectoral. Les professionnels sont obligés de jouer le jeu, mais souvent, les particuliers préfèrent rester sous les radars. 

    "Nous n'avons pas de liste précise des particuliers qui ont un forage ou un puits, reconnaît Ange Santini, le maire de Calvi. Nous avons eu très peu de demandes en mairie et nous n'avons aucun moyen de les recenser. J'estime qu'il y en a une cinquantaine sur la commune, dont certains sont très anciens. Ils servent souvent à alimenter des potagers, des piscines ou des petits bassins. Les volumes prélevés sont dérisoires, ils représentent tout au plus 5 % de la consommation de la ville. Jamais ils ne pourront provoquer l'intrusion d'un biseau salé. Il y a un risque virtuel, il est annihilé par la technicité de l'office hydraulique."

    Par peur d'une taxation ou d'une interdiction, les propriétaires de forages tiennent à rester discrets. La déclaration en mairie leur incombe pourtant. "Pourquoi vais-je payer pour une eau que je prélève et que je remets immédiatement dans la terre ?", s'interroge un Calvais qui n'a pas voulu s'attarder sur le sujet.

    La moitié des ouvrages ne sont pas déclarés

    Les entreprises de forage, souvent complices de cette omertà, rechignent aussi à aborder le sujet : 

    "On nous appelle, on nous dit où forer et on s'exécute, glisse un professionnel du sud de l'île, qui intervient régulièrement en Balagne. On trouve généralement de l'eau entre 30 mètres et 80 mètres de profondeur. Le coût dépend du type de terrain, de la profondeur, de nombreux critères. Je dirais que ça commence à 7 000 €. On arrive ainsi à puiser un ou plusieurs mètres cubes par jour. Pour la déclaration, c'est au propriétaire de s'en charger. C'est une obligation." Le BRGM de Corse estime que 30 à 50 % des nouveaux forages ne sont pas déclarés. "On fait de la sensibilisation auprès des foreurs pour qu'ils nous remontent des informations, assure Baptiste Vignerot. Il y a de toute évidence un décalage important entre l'activité des foreurs et les ouvrages qu'on nous déclare."

    Au CNRS, Frédéric Huneau ne sous-estime pas la problématique : 

    "On ne sait pas du tout ce que les gens font, regrette le scientifique. On n'a aucun moyen de connaître le nombre d'ouvrages en activité, et encore moins le volume pompé. À l'échelle française, c'est phénoménal, on a connaissance de moins de 30 % de la réalité. C'est même culturel de cacher un forage. C'est facile, sous une dalle, dans un abri de jardin. Les gens considèrent à tort que, puisque c'est sous leur terrain, ça leur appartient.

    L'argument financier entre aussi en jeu : "Aujourd'hui, la loi dit que tout prélèvement dans le milieu naturel est soumis à une taxe, rappelle Ange de Cicco, le directeur de l'OEHC. C'est le cas pour l'eau en barrage, en rivière et en sous-terrain, c'est soumis à un taux de redevance de prélèvement."

    Pour ce qui est des risques pour la nappe de la Figarella, le BRGM se veut rassurant : 

    "Selon nous, cet aquifère est très peu sollicité par les privés, estime le directeur régional. C'est une zone agricole protégée, il y a très peu d'habitations qui pourraient avoir des forages non déclarés. Pour ce qui est de l'eau agricole, il faut savoir que l'office hydraulique procure une eau de bonne qualité et pas chère. L'agriculteur ne s'y retrouverait pas au niveau financier. D'anciens forages agricoles apparaissent sur nos cartes, on sait qu'ils ont été abandonnés et scellés, pour éviter tout risque de contamination."

     L'augmentation croissante de la demande en eau, avec les aléas d'un climat toujours plus sec, ne fera qu'accroître ces tensions à l'avenir. 

    Référence du 08/10/23 

    un cas de figure exceptionnel en Corse: PETR Pays de Balagne qui regroupe 36 communes, 2 communautés de communes

     "Notre structure est un cas de figure exceptionnel en Corse"

    Au terme de 3 ans d'alternance, Jean-Marie Séité a repris la présidence du PETR Pays de Balagne qui regroupe les 36 communes et œuvre pour le développement durable, la mobilité douce et la sauvegarde du patrimoine naturel, culturel et bâti.

    Deux communautés de communes pour un seul Pays de Balagne. Sous la forme d'un pôle d'équilibre territorial et rural (PETR) depuis 2014, la structure intercommunale voit sa présidence alterner tous les trois ans, au rythme des élections municipales. Président depuis juillet 2020, le 1er adjoint de la commune de Santa Reparata, Pierre Poli, a démissionné en juillet pour laisser sa place à un élu de l'autre intercommunalité. Après sa présidence de 2017 à 2020, c'est à nouveau Jean-Marie Séité, le maire de Galeria, qui a été élu, le 7 août dernier, pour une mission de trois ans. L'occasion de faire un point d'étape dans les projets du PETR du Pays de Balagne et de rappeler ses missions.

    "Fidèles à l'engagement d'alternance qui témoigne de la singularité du Pays de Balagne dans un paysage politique peu enclin au partage, les élus du PETR ont une nouvelle fois su s'unir pour le bien commun, se félicite Jean-Marie Séité dans son édito. Cette alternance de présidence entre les deux communautés de communes permet une continuité dans la conduite des projets qui sont soutenus par l'ensemble des élus. Cette organisation équitable, faite pour le bien de la Balagne, nous est beaucoup enviée. Elle est précieuse, elle fait partie de l'histoire de notre région et nous serons les garants de sa pérennité."

    Avec ses trois agents et son siège basé à L'Île-Rousse, le Pays de Balagne n'a pas vocation à être une structure de gestion, mais une structure de projets. Depuis sa création dans les années 1990, il est porteur d'initiatives sur le développement durable, la cohérence territoriale, l'harmonie architecturale ou encore la mobilité douce.

    "Le pays, c'est un super outil, c'est très bien, assure le président actuel. Il porte des projets en avance sur son temps, élabore l'unique schéma de cohérence territorial qui avance en Corse et se trouve être le meilleur utilisateur du fonds européen Leader."

    "Les choses bougent"

    Bien que peu connu, le travail du Pays de Balagne s'illustre dans de nombreux domaines : réhabilitation de murs et restanques et remise en culture de jardins dans les villages, installation de bornes électriques, mise à jour d'une charte paysagère, élaboration d'un SCoT, projet d'une pépinière publique ou encore de liaisons maritimes avec tout l'ouest corse. Mais parmi les initiatives les plus attendues, se trouve la réalisation d'une voie verte pédestre et cyclable le long de la côte entre Calvi et L'Île-Rousse. Une voie promise de longue date, et régulièrement annoncée, mais dont la concrétisation ne cesse d'être repoussée.

    "C'est un projet à plusieurs millions d'euros, les choses bougent, les travaux ont commencé, ils ont lieu sur le tronçon entre Sant'Ambroggiu et Calvi, se défend Jean-Marie Séité. Mon prédécesseur Pierre Poli a fait face à d'innombrables problèmes de foncier, qu'il a fallu régler avec un géomètre et un paysagiste. Aujourd'hui, on en sort, à l'exception du tronçon à l'entrée de L'Île-Rousse qui est d'une complexité infernale. Pierre Poli a vraiment débroussaillé le sujet et, dans trois ans, on pourra rouler dessus."

    Les bornes électriques, installées même dans les villages par le PETR, sont aussi l'objet d'une critique récurrente : "Elles sont achetées, elles sont installées, leur alimentation électrique est branchée, mais notre fournisseur de bornes a un système de monétique qui ne permet pas aux communes de les gérer en régie", détaille le président avec optimisme.

    Sans fiscalité propre, le Pays de Balagne n'a que des moyens limités pour réaliser ses ambitions. La coopération entre les deux intercommunalités semble y trouver un terrain propice, mais sans qu'il soit envisagé d'aller plus loin. Dans de nombreux domaines, le choix des méthodes et des compétences diverge entre L'Île-Rousse-Balagne et Calvi-Balagne.

    "Les deux communautés de communes travaillent ensemble, ce qui est un cas de figure exceptionnel en Corse, parce que le PETR n'a aucune couleur politique. Un jour, il y aura peut-être une fusion de nos deux intercommunalités. Mais pour l'heure, la Balagne n'est pas assez mûre."

    Référence du 12/09/2023

    https://www.corsematin.com/article/societe/3731404300503315/jean-marie-seite-president-du-petr-pays-de-balagne-notre-structure-est-un-cas-de-figure-exceptionnel-en-corse


    Saturday, November 4, 2023

    Amiante naturelle, géologie, prévention du risque sanitaire et conflictualité

     


    Les montagnes qui constituent le Cap Corse, la région située entre le col de Téghime
    et la vallée du Golo et au Sud la Castagniccia résultent d’une histoire géologique
    complexe qui s’étale sur plusieurs dizaines de millions d’années. Cette histoire a vu
    dans un premier temps l’ouverture d’un domaine océanique, associée à la mise à
    l’affleurement de roches ultrabasiques (péridotites ± serpentinisées) et à la formation
    d’une croûte ophiolitique constituée de gabbros et de basaltes. Cette phase d’accrétion
    a été suivie par la disparition de ces roches océaniques, entraînées au niveau de
    zones de subduction dans les parties profondes de la lithosphère. Une partie de ces
    formations océaniques a échappé à cet enfouissement et a été exhumée, venant
    s’accoler contre et parfois se superposer sur un domaine géologique plus ancien. Ce
    domaine « ancien » affleure actuellement dans les parties sud et ouest de l’île et
    correspond à la Corse dite « granitique » ou « hercynienne ». Les roches issues du
    domaine océanique affleurent dans les parties nord et nord orientale de l’île et
    constituent la Corse dite « schisteuse » ou « alpine » (Illustration ci-dessus).
    La Corse alpine est constituée par un empilement tectonique d’unités contenant des
    roches très variées. Certaines de ces unités sont constituées par d’anciens sédiments
    ou par d’anciens granites, les autres par des péridotites plus ou moins serpentinisées
    et associées ou non à des gabbros et à des basaltes métamorphisés (Lahondère,
    1996). La plupart des limites qui séparent toutes ces unités sont tectoniques et peuvent
    être soulignés par des affleurements discontinus de péridotites serpentinisées qui, du
    fait de leurs caractères rhéologiques, ont « joué » un rôle de « lubrifiant » dans
    l’édification de la Corse alpine (« couche savon »).
    Les principaux massifs de péridotites ± serpentinisées et de serpentinites affleurent au
    niveau de la retombée occidentale du dôme de la Castagniccia ainsi que dans la partie
    occidentale du Cap Corse. Ces massifs appartiennent à différentes unités géologiques
    qui ont toutes subi une évolution tectonique et métamorphique de type HP-BT4. Les
    serpentinites sont associées d’un point de vue cartographique à des massifs plus ou
    moins importants de gabbros magnésiens (euphotides) et ferreux. Parmi les faciès
    également présents en Haute-Corse se trouvent d’anciens basaltes métamorphisés
    dans les conditions du faciès des schistes verts. Toutes ces roches sont susceptibles,
    du fait de leur chimisme, d'être amiantifères, c'est à dire de renfermer localement des
    minéraux silicatés fibreux (amphiboles de type actinolite et trémolite notamment,
    serpentines de type chrysotile). La probabilité est forte pour les péridotites
    serpentinisées, moins importante pour les gabbros magnésiens et probablement plus
    faible, hors contexte structural particulier, pour les anciens basaltes. Pour les unités à
    matériel sédimentaire ou granitique, la probabilité de la présence de minéraux 
    amiantifères est plus faible, voire nulle en dehors d’un contexte structural particulier
    (zones à très forte déformation).
    Les problèmes d’une exposition à l’amiante « naturelle » se posent d’une façon
    évidente en Haute-Corse où des massifs très importants de roches amiantifères
    couvrent d’importantes surfaces. Les études actuellement disponibles, peu
    nombreuses, établissent cependant un lien entre cette exposition strictement
    « environnementale » et le développement de certaines pathologies (plaques
    pleurales, mésothéliomes).

    Cartographie et minéralogie de l’amiante environnemental sur la commune de Bustanico (Haute-Corse); BRGM, Décembre 2011

    Rapport final, BRGM/RP-60356-FR
    Rapport de 132 pages
    Mots clés : Amiante environnemental, Cartographie, Minéralogie, Serpentine, Antigorite,
    Chrysotile, Trémolite, Serpentinite, Métagabbro, Haute-Corse, Bustanico.
    En bibliographie, ce rapport sera cité de la façon suivante :
    D. Lahondère, F. Cagnard, D. Maton (2011) – Cartographie et minéralogie de l’amiante
    environnemental sur la commune de Bustanico (Haute-Corse). Rapport BRGM/RP-60356-FR,
    132 p., 116 ill., 2 ann.

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    Pour mémoire, la valeur à ne pas dépasser à l’intérieur des locaux est fixée à 5 fibres
    d’amiante par litre d’air (f/l) pour les fibres de plus de 5 micromètres de longueur.
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    Les Amiantes naturelles

    L’amiante est une substance minérale naturelle qui correspond à six variétés de silicates fibreux ainsi qu’à tous les mélanges entre ces différents silicates. Ces minéraux sont connus depuis l’Antiquité sous le nom d’asbeste et ont longtemps été exploités pour leurs propriétés thermo-mécaniques. 
    Ces six silicates appartiennent à deux groupes d’espèces minéralogiques, les serpentines et les amphiboles :
    • Les serpentines sont des phyllosilicates, c'est-à-dire des silicates dont les tétraèdres [SiO4]4- sont disposés en feuillets, monocliniques, de formule chimique Mg3[Si2O5](OH)4.
    • Les amphiboles sont des inosilicates en chaîne double, hydroxylés. Le groupe des amphiboles est riche de nombreuses espèces qui se répartissent dans trois grandes familles qui sont les amphiboles calciques, sodiques et ferromagnésiennes.
    - au chrysotile (ou amiante blanc) / Serpentine,
    - les Amphiboles,
        - à la crocidolite (ou riébeckite-amiante ou amiante bleu) / Amphibole,
        - à l’amosite (ou grunérite-amiante ou amiante brun) / Amphibole,
        - à l’anthophyllite-amiante / Amphibole,
        - à la trémolite-amiante / Amphibole,
        - à l’actinolite-amiante / Amphibole.

    Cette liste de six minéraux, limitée aux seules espèces minéralogiques ayant fait ou
    faisant encore l’objet d’une exploitation industrielle, constitue une définition
    commerciale de l’amiante. Parmi ces six espèces minérales, le chrysotile constitue à lui seul 90 à 95% de l’amiante produit jusqu’à ce jour, le reste correspondant à des exploitations de crocidolite et d’amosite. En termes de production, l’exploitation des variétés asbestiformes de l’anthophyllite, de la trémolite et de l’actinolite peut donc être considérée comme négligeable.