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Saturday, November 11, 2023

Le casse-tête du logement des employés saisonniers à Calvi

 Viendront-ils ou ne viendront-ils pas ? 

À l'aube d'une nouvelle saison touristique, les établissements saisonniers de Calvi ouvrent leurs portes un à un. Et rares sont les patrons à ne pas se demander si leur personnel sera au rendez-vous. Ces dernières années, la crise sanitaire a modifié le rapport des gens au travail et les emplois contraignants trouvent de moins en moins de candidats. Hôteliers, restaurateurs et plagistes ont beau anticiper, ils ne sont jamais à l'abri de mauvaises surprises.

Rue Clémenceau, le restaurateur Gilles Bonneau parle d'un véritable casse-tête. 

"Tous les ans, c'est un peu la loterie, explique le patron des Bons Amis. Le gros problème de notre métier, c'est le recrutement. Les gens vous disent oui mais continuent de chercher s'ils peuvent gagner 200 € ou 300 € de plus ailleurs. Ils bougent beaucoup plus qu'avant, arrivent et repartent parfois rapidement. Ils réclament du temps pour eux. Pour nous qui n'ouvrons que quelques mois, c'est difficile de leur donner du temps libre. Puis les vrais saisonniers ont disparu, aujourd'hui on a souvent affaire à des fêtards."

Le restaurateur démarre sa saison avec trois employés, sa femme et lui-même assurent le service en salle. Au cœur de l'été, il faudra trois personnels de plus pour répondre à la demande. Et s'il n'avait pas de solution pour les loger, malgré leurs bons salaires, il ne trouverait personne.

"J'ai acheté deux appartements pour loger mes saisonniers dans des conditions acceptables, reprend-il. Ils ont chacun une chambre. J'essaye dans l'idéal de trouver une ou deux personnes logées sur place, mais c'est très dur. Les gens d'ici ne veulent plus louer leurs appartements aux saisonniers, par crainte des dégradations. Je leur donne au moins le double du salaire minimum mais même avec ça, il faut les loger."

Des tensions en cuisine

Un peu plus loin dans le cœur de la cité calvaise, l'hôtel Saint-Christophe a ouvert ce lundi. Le patron, Jean Ferrandini, attend encore une partie de ses recrues mais le gros de l'équipe est déjà là. 

"Pour le recrutement, je travaille avec Pôle Emploi et également une agence basée sur le Continent. Lorsque mes saisonniers viennent du Continent, je leur demande une lettre d'engagement. Ils la signent, mais certains se désistent quand même et cela nous met en difficulté. Le plus compliqué, c'est de recruter en cuisine. Pour le chef, il n'y a pas eu de problème. Je pense qu'il s'y retrouve avec son salaire. Mais le temps de travail compte beaucoup aussi. Il faut être correct avec les saisonniers, car trop de patrons en ont profité. Il faut déclarer la totalité des salaires. Et ces salaires, je les ai augmentés de 8 % ces deux dernières années. Chez nous, comme la saison dure 7 mois, ils sont contents puisque ça leur ouvre droit au chômage."

L'hôtel Saint-Christophe a besoin d'une trentaine de saisonniers pour la réception, le ménage et la restauration. Tous sont logés dans des chambres individuelles, tout près de l'établissement. Sans cette facilité, l'hôtel ne parviendrait sans doute pas à composer son équipe. 

"Le logement, c'est indispensable. Celui qui loue un appartement ou une chambre pour son personnel ne s'en sort pas. Il y a aussi le coût du transport. Nous faisons arriver nos équipes les jours où les billets sont moins chers. Ils n'arrivent jamais en week-end, par exemple."

Sur la plage de Calvi, le début de saison se profile également. Dix-sept plagistes ou loueurs se sont vus attribuer une autorisation d'occupation du territoire pour une période allant du 15 avril au 15 octobre. Au Sun Beach, Dominique Buttafoghi s'affaire déjà :

"Nous ouvrons fin avril. J'ai une partie de mes employés qui revient tous les ans. Je les conserve précieusement. En haute saison, on tourne à 12 saisonniers. Pour les nouveaux de cette année, je passe en premier lieu par Pôle Emploi. J'ai aussi une agence de recrutement, en cas de difficulté. Les réseaux sociaux, ça marche aussi. Il ne me manque que deux ou trois personnes pour juillet et août. C'est plutôt en cuisine que c'est tendu, les chefs et les chefs de partie sont difficiles à trouver. Tout le monde préfère les contrats longs, sur 6 mois ou 7 mois. Si on s'y prend en juin, c'est foutu."

Malgré des hausses de salaires allant jusqu'à 30 % ces dernières années, la plagiste est obligée de proposer un logement à son personnel. 

"C'est même plus important que le salaire, c'est indispensable. Nous avons des appartements que l'on ne consacre qu'aux saisonniers. J'ai essayé de ne pas loger mes saisonniers, je n'y suis pas arrivée. La plage, ce n'est pas facile, il fait chaud, les gens veulent manger tous en même temps, c'est pénible. Le personnel doit vivre dans de bonnes conditions pour tenir la saison."

Création d'une maison pour les saisonniers ?

Dans sa résidence de tourisme cinq étoiles, les Villas Mandarine, Françoise Tapias a besoin d'une douzaine de saisonniers entre la fin mars et début novembre. Le logement et une durée de contrat supérieure à six mois sont des demandes systématiques des candidats. Même dans ces conditions, trouver des saisonniers n'est pas chose aisée.

"La moitié du personnel est logée dans des bungalows, précise la patronne de l'établissement. Ce n'est pas toujours facile pour eux, ils n'ont pas spécialement envie d'être ensemble, ils voudraient plus de confort, internet, la télé, une laverie. On n'a pas suffisamment de logements pour tout le monde. Les saisonniers que je ne loge pas, se débrouillent. Ils vont dans des campings ou louent des appartements à plusieurs. Mais je ne crois pas qu'on puisse vivre au camping et faire la saison. Cela ne correspond pas à un travail qualitatif."

Pour pallier les difficultés de recrutements à la belle saison, Françoise Tapias préfère proposer des contrats à durée indéterminée, lorsque cela est possible. L'hiver, les employés apportent une aide sur d'autres tâches, se forment et montent en compétences. Fidéliser une équipe, c'est l'une des pistes pour ne pas manquer de bras.

"C'est dommage qu'on n'ait pas entériné à Calvi cette idée de maison des saisonniers. Cela existe dans les stations de ski, on pourrait faire ça d'une façon mixte avec l'État et des fonds privés, il est urgent de le faire. Il faudrait des centaines de chambres sur Calvi. Si on veut de la ressource humaine, il faut investir. Il faut du logement pas cher et du contrat de travail modulable. Il faut rentrer dans cette adaptation-là."

Malgré les difficultés de recrutement, les patrons consultés dans le cadre de ce reportage ont leurs équipes au complet. Pour cela, ils ont dû consentir des efforts sur le logement, les salaires et le temps libre. Le saisonnier d'aujourd'hui n'est plus celui d'hier et les employeurs sont bien obligés de composer avec. 

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1 200 saisonniers marocains en Corse pour la récolte des clémentines; en France 16 000.

La filière clémentine de Haute-Corse attend 1200 saisonniers qui arriveront entre le 6 octobre et le 2 novembre 2023 à bord de vols commerciaux pris en charge par les producteurs, annonce ce vendredi 1 er septembre l'Office français de l'immigration et de l'intégration (Ofii).

Quelque 1200 travailleurs saisonniers marocains sont attendus à partir d'octobre par des producteurs agricoles français pour participer aux récoltes de clémentines en Corse, a indiqué vendredi à l'AFP l'Office français de l'immigration et de l'intégration (Ofii), qui orchestre leur arrivée. «La filière clémentine de Haute-Corse attend 1200 saisonniers», qui arriveront entre le 6 octobre et le 2 novembre à bord de vols commerciaux pris en charge «par les producteurs», de plus en plus dépendants de cette main-d’œuvre étrangère, a souligné le directeur général de l'Ofii, Didier Leschi.

L'annonce intervient deux mois après la signature en juillet d'une convention entre l'Ofii, la FNSEA, premier syndicat agricole français et l'établissement public marocain chargé de l'emploi (Anapec), afin de «faciliter le recrutement de travailleurs saisonniers agricoles marocains» par des exploitants français. Une démarche censée «répondre aux besoins des agriculteurs qui font actuellement face à un manque de candidats, (...) remettant en question certaines récoltes», avait insisté la FNSEA.

Les saisonniers qui arriveront à partir d'octobre en Corse après s'être vus délivrer des titres de séjour temporaires devront ensuite «repartir à l'issue du contrat», explique-t-on à l'Ofii, chargé du contrôle du retour de ces travailleurs au Maroc, où ils devront pointer dans l'antenne de l'Office français à Casablanca. Le recours aux saisonniers marocains a explosé ces dernières années, souligne le patron de l'Ofii : près de 16.000 d'entre eux ont été employés pour l'agriculture française en 2022, plus de 10.000 en 2021, 6.300 en 2018.

Les travailleurs saisonniers étrangers, revenus en nombre depuis la levée des restrictions liées au Covid-19, sont un rouage indispensable de l'agriculture française. Dans les entreprises agricoles, cette force de travail s'est rendue si incontournable, au fil des ans, que les employeurs ont demandé aux autorités françaises d'organiser des ponts aériens exceptionnels au plus fort de la pandémie. L'Ofii avait ainsi fait venir 900 travailleurs marocains en octobre 2020 pour «sauver les récoltes» de clémentines corses.

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Friday, November 10, 2023

« Construire est devenu un acte de bravoure »

 Jean-François Luciani, président de la fédération du BTP de Corse-du-Sud : « Construire est devenu un acte de bravoure »

À l'occasion des Rencontres des Métiers du Gros Œuvre, qui se déroulaient au Palais des Congrès d'Ajaccio jeudi, vendredi et samedi du 21 au 23 septembre 2023 le président de la fédération du BTP de Corse-du-Sud, Jean-François Luciani, est revenu pour CNI sur la situation actuelle de la construction en Corse. Entre inflation, taux d'emprunt qui augmentent et raréfaction des permis de construire, 2024 s'annonce d'ores et déjà difficile pour le secteur.

- Comment se porte le secteur du BTP aujourd’hui en Corse ?

- La fin d’année est conforme à ce qu’a été 2023, c’est-à-dire que nous sommes sur des domaines d’activités intéressants avec des permis qui ont été octroyés il y a quelques mois, voire quelques années, donc on termine ces chantiers en cours. 2024 s’annonce en revanche beaucoup plus inquiétant pour plusieurs raisons, à commencer par l’augmentation du coût des matières premières qui a conditionné une augmentation générale du coût de la construction. Il est certain que la tendance qui a été de tout construire pendant des années a fait que les matériaux ont flambé. La guerre en Ukraine a aussi fait que tous les matériaux ont connu une hausse assez conséquente allant de 40% pour certains à 100 ou 150% pour d’autres. D’autre part, la rareté des terrains à construire a incidemment augmenté leur prix. Et puis enfin, il y a aussi une augmentation des taux des prêts bancaires. In fine, l’économie générale de la construction se retrouve très impactée par tout cela. Construire aujourd’hui est devenu un acte de bravoure.

- Vous en parliez, la conjugaison de l’inflation, des taux d’emprunt qui augmentent, ainsi que de la difficulté d’obtenir un permis de construire ont-ils contribué à ralentir le marché de la construction neuve en 2023 ?

- Le marché de la construction est en train de s’écraser. Mais c’est surtout sur 2024 où nos plus grosses inquiétudes font jour puisque nous sommes confrontés à une baisse très conséquente des volumes de mètres carrés à construire.  

- Cette crise importante a-t-elle déjà conduit des acteurs de la fédération du BTP de Corse-du-Sud à devoir cesser leurs activités ?

- Pour l’instant, nous n’en sommes pas encore là. Mais nous avons des alertes qui sont aujourd’hui très inquiétantes, aussi bien au niveau du tribunal de commerce que du réseau de la fédération du BTP. On constate que toutes les régions de France sont touchées par cette forte déflation.

- Au niveau local, on sait que d’autres problèmes viennent également contrarier le secteur de la construction. Au cours des derniers mois, on a ainsi vu des attentats se multiplier contre des immeubles en construction, voire contre des engins appartenant à des entreprises de BTP. On se souvient d’ailleurs du communiqué que les fédérations corses avaient publié il y a quelques mois afin de marquer leur inquiétude. Quel impact cette situation a-t-elle eu ?

- Cela a plutôt eu un impact sur le fondement de ce que nous sommes. Nous sommes des constructeurs, donc nous avons simplement le devoir de réaliser ce qu’on nous commande. Nous ne sommes pas des politiques, nous n’agissons pas sur l’aménagement du territoire, et donc nous sommes des acteurs économiques qui font des choix en matière de construction, mais pas décideurs. Nous construisons là où d’autres ont fait le choix de permettre de construire. La morosité qui a atteint ceux qui ont été victimes de tels agissements nous a secoués, mais il y a là-dessous un point politique qui concerne une vision de l’aménagement du territoire qu’il faudra avoir en Corse à un moment donné. Nous sommes solidaires vis-à-vis de ceux qui ont été victimes de tels actes parce qu’ils ont simplement eu le devoir de réaliser la commande qu’on leur a passée. 

- Dans un autre registre, face à la multiplication des épisodes de canicule, le secteur doit également s’adapter. Des évolutions qui vont conduire à changer un peu le métier ?

- Nous sommes forcés de nous adapter, notamment en matière de méthodologie de travail, car le capital d’une entreprise ce sont ses salariés. Préserver nos équipes et les faire travailler dans les meilleures conditions c’est un devoir de chef d’entreprise. Et puis les matériaux vont également sûrement évoluer pour être plus à même d’être mis en œuvre dans des conditions difficiles. 

- Quelles sont les perspectives pour 2024 ?

- Une baisse très inquiétante au niveau du neuf. La rénovation énergétique est le domaine vers lequel les entreprises qui faisaient du tout construire devraient pouvoir effectuer une mutation et retrouver un volume d’affaires assez conséquent. Mais cela ne se fait pas en quelques heures, il faut modifier la structure même de l’entreprise, s’adapter, découvrir cette activité. Ce secteur d’activité n’est pas encore complément épanoui. C’est un domaine sur lequel nous avons de fortes espérances, mais le volume d’activité aujourd’hui disponible pour que l’on puisse travailler n’est pas à la mesure de ce que l’on pourrait escompter. 

Référence

https://www.corsenetinfos.corsica/Jean-Francois-Luciani-president-de-la-federation-du-BTP-de-Corse-du-Sud-Construire-est-devenu-un-acte-de-bravoure_a73703.html

Wednesday, November 8, 2023

3 octobre 2023 Insee : La Corse reste la région métropolitaine la plus touchée par la pauvreté

Ce mardi, l'Insee présentait les résultats de son panorama de la pauvreté. Avec 18% de taux de pauvreté, la Corse s'illustre une nouvelle fois comme le territoire métropolitain le plus touché.

La Corse est la région métropolitaine qui affiche le taux de pauvreté le plus élevé. C’est ce qui ressort du panorama de la pauvreté que l’Insee a publié ce mardi 3 octobre 2023. Cette étude à paraitre dans 14 régions et qui fait suite à une convention nationale avec la Délégation Interministérielle à la Prévention à la Lutte contre la Pauvreté, a été réalisée sur l’île en partenariat par l’INSEE et let le préfet représenté par le Commissaire à la lutte contre la pauvreté, Didier Medori. « Elle s’inscrit dans le cadre d’un diagnostic territorial qui va être posé par les services de l’État d’ici la fin 2023 », précise ce dernier en dévoilant que ce diagnostic servira de base pour définir le pacte territorial de solidarité que l’État souhaite construire avec la Collectivité de Corse pour la période 2024-2027 et qui visera à mettre en œuvre un certain nombre d’actions concrètes pour lutter contre la pauvreté. 

De facto, afin de dresser une photo la plus précise de la situation sur le territoire, la publication s’astreint tout d’abord à constater l’état de la pauvreté numéraire. 

« Nous nous sommes basés sur un taux de pauvreté défini par des revenus inférieurs à 60% des revenus médians de la population de France métropolitaine, ce qui correspond à 1120 euros par mois pour une personne seule et 2350 euros pour un couple avec deux enfants », indique Arnaud Huyssen, chef de projet à l’Insee Corse en reprenant : « D’après cette définition, le taux de pauvreté en Corse s’élève à 18% de la population ». Un taux qui place l’île 4 points au-dessus de la moyenne de France métropolitaine.  « Cela représente 30 000 familles et à peu près 63 000 hommes et femmes en Corse qui vivent sous le seuil de pauvreté », vient compléter Didier Medori qui pointe que « 40% de ces personnes vivent dans les agglomérations d’Ajaccio et Bastia »

En outre, l’étude relève des divergences entre les deux départements insulaires. « En Haute-Corse, le taux de pauvreté est de deux points supérieur à la moyenne régionale et atteint 20% », observe Arnaud Huyssen en notant qu’elle est ainsi 3ème sur le podium des départements où le taux de pauvreté est le plus élevé en France métropolitaine « juste derrière la Seine Saint Denis et les Pyrénées Orientales ». La Corse-du-Sud affiche pour sa part un taux de pauvreté de 16%, et se place à la 19e place départements les plus pauvres de France métropolitaine.

Pour comprendre cette différence, l’Insee avance que la Haute-Corse est « un territoire plus rural avec des personnes plus âgées ». 

Or, l’étude fait en effet ressortir que l’âge est bien le premier critère de pauvreté sur l’île, les plus de 60 étant les plus touchés, alors qu’ailleurs le taux de pauvreté a plutôt tendance à diminuer avec l’âge. 

En Corse, 19% des 75 ans et plus vit d’ailleurs sous le seuil de pauvreté contre 10% en France métropolitaine. À l’autre extrémité de la pyramide des âges, les moins de 30 ans sont également particulièrement touchés avec près d’un jeune sur quatre qui se trouve en situation de pauvreté.

Les retraités frappés de plein fouet par la pauvreté en Corse

Par ailleurs, l’Insee met également en lumière que le taux de pauvreté dépend aussi de son lieu de résidence, les territoires isolés étant les plus concernés par le phénomène. Un taux de 22% de pauvreté est ainsi enregistré dans les communes rurales non périurbaines de l’île, contre 14% au niveau national dans ce type de communes. « Du coup, ce sont logiquement les EPCI les plus rurales qui ont les taux de pauvreté les plus élevés », souligne Arnaud Huyssen en visant notamment l’Oriente (27%) et la Castagniccia-Casinca (24%). « Ces deux EPCI font partie des EPCI de France métropolitaine où la pauvreté est la plus forte », insiste-t-il en livrant par ailleurs : « On note aussi des taux de pauvreté élevés dans les EPCI à orientation plutôt touristique, comme les intercommunalités de Calvi (22%), ou de l’Ile-Rousse Balagne et du Sud Corse avec 20% ». A contrario, les EPCI urbains enregistrent des taux de pauvreté plus faibles, à l’instar de l’intercommunalité ajaccienne (14%). 

Dans une seconde partie, l’étude s’astreint par ailleurs à établir une typologie des ménages pauvres grâce à des profils sociodémographiques. « En Corse, la grosse particularité c’est que trois profils regroupent 80% des ménages pauvres », note Arnaud Huyssen. Les non insérés sur le marché du travail et locataires dans le parc privé comptent ainsi pour 20% des ménages pauvres, les travailleurs pauvres pour 16% et surtout les retraités qui affichent un taux de pauvreté 43% contre 27% en France métropolitaine. « En outre, ce sont les EPCI les plus ruraux qui regroupent les plus forts taux de ménages retraités parmi les ménages pauvres », signale le chef de projet de l’Insee en visant les communautés des communes Spelunca-Liamone (55%), Pasquale Paoli (52%) et Oriente (50%). 

Enfin, l’étude avance que trois résidents sur quatre en Corse vivent dans un territoire « fragilisé » et note qu’avec 40% des EPCI insulaires touchés, la situation de tension face au logement est le facteur qui accroit le plus le risque de pauvreté. 

Référence

Tuesday, November 7, 2023

Novembre 2023, Etude evolution marché immobilier. Le marché immobilier tourne au ralenti; -15% , et +35% sur 5 ans?

 Ajaccio et Bastia n’échappent pas aux difficultés actuelles et font face à une diminution du nombre de ventes. Calvi s’en tire mieux, notamment dans le haut de gamme.

Ajaccio : un marché en souffrance

Nombre d’investisseurs en recul, projets immobiliers reportés voire annulés, faible présence des primo-accédants… Tels sont les symptômes que manifeste le marché d’Ajaccio. 

« On retrouve même des studios à la vente, ce que l’on n’avait plus l’habitude de voir depuis des années. Un tel bien dans les beaux quartiers d’Ajaccio est resté six mois en vente, avant de partir avec une baisse de 15 % de son prix ! Les vendeurs pensent toujours que l’on est dans un marché euphorique… Sans un apport personnel d’au moins 20 %, impossible aujourd’hui que son dossier soit accepté en banque »,

 constate Damien Alexandre, de l’agence Secic Immobilier. Côté quartiers, on peut s’intéresser à Casone, proche du centre-ville et calme, qui a gardé une identité intimiste de village. « Toutes les commodités sont sur place, aussi bien pour les jeunes, avec un lycée à proximité, 

(...)

Prix m2 immobilier en Corse en novembre 2023

Villes les plus chères de Corse

Estimations au 01/10/2023 (méthodologie)

Villes où les prix de l'immobilier flambent













Référence du 07/11/2023


Wednesday, November 1, 2023

À L’Île-Rousse, un collectif et une pétition contre la construction d'immeubles

 U Cullettivu 66, composé de riverains, attaque en justice un permis délivré par la commune de L'Île-Rousse concernant la construction d'immeubles de quatre étages sur le terrain situé entre les écoles et le rond-point de Santa-Reparata

Le permis de construire, délivré le 12 juillet 2023 par la commune de L'Île-Rousse, prévoit la construction de quatre immeubles en R+4 sur le terrain situé entre les écoles de L'Île-Rousse et le rond-point menant à Santa-Reparata. Dans ce lotissement dit du Moulin à vent, sur une superficie d'un demi-hectare, le projet prévoit la réalisation de 66 appartements, ainsi que de parkings en sous-sol, sur une hauteur totale de près de 15 mètres.

La perspective de cette nouvelle promotion déplaît aux riverains qui ont décidé de constituer un collectif, baptisé Cullettivu 66. Un recours auprès du tribunal administratif de Bastia a été déposé le 25 septembre 2023 et une pétition en ligne rassemble près de 300 signataires. Le collectif justifie sa prise de position par la proximité avec les écoles et le taux de résidences secondaires, déjà élevé sur la commune. En effet, la ville de 3 224 habitants comporte 3 418 logements, mais 1 527 de ces logements sont destinés à la population permanente et 1 861 sont des résidences secondaires.

"Il n'y a pas de problèmes de logement à L'Île-Rousse, mais des problèmes de politique du logement, assure le collectif. Lorsque nous avons réalisé ce qu'allait devenir ce lopin de terre, nous nous sommes dit que c'était pure folie qu'il puisse y avoir une énième promotion immobilière dont nous ne savons rien. Car il manque les informations sur la destination de la promotion et sa composition. On sait aujourd'hui que le T2 est surtout destiné à la location saisonnière. Les jeunes Île-Roussiens qui s'installent ont besoin de plusieurs chambres, pour fonder une famille."

Un espace public pour les élèves

Selon nos informations, ce n'est pas la première fois qu'un projet immobilier est balayé sur ce même terrain du Moulin à vent. Une première promotion privée, puis une promotion sociale confiée a Erilia, avaient été abandonnées. À chaque fois, c'est la hauteur des immeubles qui a causé du tort au porteur de projet. D'autres refus, notamment de la CDC, auraient été justifiés par de mauvaises conditions d'accès.

Selon le Cullettivu 66, il en va aussi de la sécurité et du confort des 300 enfants des écoles.

 "Nul n'ignore que les principales victimes d'accidents urbains sont les enfants de moins de 10 ans : petite taille, mauvaise analyse latérale, mauvaise perception des sons et de la vitesse, assure le collectif. Nos écoles ont perdu 40 élèves en 5 ans car les écoles environnantes ont toutes développé des installations ludiques et sportives qui attirent les élèves. Comment est-ce possible que dans une ville de plus de 3 000 habitants, nous ayons une école primaire et maternelle avec seulement 20 places de parking. Il y a un terrain vague de 5 000 mètres carrés et il ne s'y passe rien, aucun projet dédié à notre jeunesse. Nous souhaitons que la mairie ou une collectivité autre rachète ce terrain, en fasse un espace public, un projet dédié aux élèves des deux écoles et ouvert à tous le reste du temps.

Contactée, la municipalité de L'Île-Rousse estime qu'elle a de bonnes chances d'arbitrer le litige en faveur du collectif.

 "On a opposé un premier refus de permis contre ce projet, le 19 avril 2023, pour une question d'accès, puisqu'il y avait un avis défavorable de la CdC, rappelle Benjamin Genuini, conseil municipal en charge de l'urbanisme. Le projet a été remodelé et a finalement obtenu toutes les autorisations possibles, notamment des services de l'État. Mais il y a un point de droit qui nous a échappé : le règlement du lotissement du Moulin à vent interdit les constructions supérieures à une certaine hauteur. Ce point nous paraît fondé, le promoteur a été avisé et s'il n'apporte pas d'éléments contraires, le permis va être retiré."

Le Cullettivu 66, prêt à aller devant les tribunaux, a peut-être déjà gagné son combat.

Référence du 13/10/23

https://www.corsematin.com/article/societe/13266585542251/a-l-ile-rousse-un-collectif-et-une-petition-contre-la-construction-dimmeubles

Conflits : la non-construction de 29 logements sociaux et de 8 villas à proximité de la chapelle de Calenzana

 François Colonna d'Istria a souhaité répondre aux arguments du tribunal administratif et de l'association U Levante qui ont motivé la non-construction de 29 logements sociaux et de 8 villas à proximité de la chapelle de Calenzana

Les engins de chantier ne viendront pas, en face de la chapelle Sainte-Restitude de Calenzana. La cour administrative d'appel de Marseille a confirmé en juin 2023 la décision prise en première instance : le permis d'aménager un lotissement de huit lots à bâtir, ainsi que le permis de construire de onze bâtiments comprenant vingt-neuf logements sociaux, sont tous deux annulés. La commune de Calenzana avait délivré ces permis en 2020, se félicitant du caractère social de ce projet et de la perspective de loger une trentaine de familles non loin du village. Mais dans cette affaire, l'association de défense de l'écologie U Levante a eu gain de cause.

"Malgré le code de l'urbanisme qui interdit les constructions en discontinuité, le maire de Calenzana avait délivré deux autorisations d'urbanisme pour deux très gros projets immobiliers sur 1,8 hectare d'espaces stratégiques agricoles constitués de terrains plats et très fertiles situés dans une magnifique oliveraie" expliquait l'association.

Quelques semaines après la parution d'un article dans Corse-Matin, relatant la décision du TA, le propriétaire des terrains concernés par la promotion a souhaité sortir du silence pour dire son indignation et son incompréhension. François Colonna d'Istria souhaite aussi se défendre des allégations portées à son encontre.

"Je ne suis ni le porteur du projet, ni un spéculateur, ni même un professionnel, tient à préciser le septuagénaire. Ces propriétés sont dans la famille depuis des temps immémoriaux. Nous les avons toujours exploitées et entretenues, nous y avions des vignes, nous y récoltions les olives. Il y a effectivement eu un projet, qui n'avait rien de spéculatif. Voyant les difficultés qu'ont les jeunes à accéder à la propriété, je me suis dit que, dans le droit fil de ce qu'a fait ma famille pour la commune, je pouvais faire quelque chose. Je me suis rapproché du Logis corse, demandant s'ils pouvaient réaliser un programme à connotation sociale, pour notre jeunesse et à un prix abordable. Sur les 29 logements sociaux, une moitié se destinait à de l'accession à la propriété et l'autre moitié à de la location. Je m'étais engagé à vendre ce terrain aux Logis corses pour moins de 45 € du mètre carré. C'est un tarif très en dessous du prix du marché. D'autre part, je me suis aussi engagé, puisqu'il était question que la commune termine l'assainissement de la zone de Sainte-Restitude, à participer à hauteur de 180 000 euros sur le fruit de la vente aux Logis corses. En contrepartie, je voulais faire un lotissement de huit lots, sur un terrain total de 17 ha, sans détruire aucun olivier puisque les maisons auraient été implantées au milieu."
Dans cette affaire où s'opposent écologie et besoins sociaux, l'arbitrage ne pouvait être que délicat. Au terme, la satisfaction d'U Levante est sans doute à la hauteur de la déception du propriétaire.

"Je suis un particulier épris de l'intérêt public"

François Colonna d'Istria est le petit-fils de Joseph Marini, maire de Calenzana durant un demi-siècle, et le neveu de Philippe Marini, qui a fait un mandat au tournant des années 1980. Dans la lignée de ses aïeux, François Colonna d'Istria a aussi porté l'écharpe durant les années 1990.
"Je suis indigné, au plus profond de moi-même : s'il y avait bien un projet qu'il aurait fallu regarder de plus près, c'est celui-là. Je crois que c'est le seul en Haute-Corse qui émane d'un privé qui contacte un organisme social, qui fait un prix aussi abordable et participe à la construction d'un équipement communal. La contrepartie, c'est huit lots dont deux réservés à mes enfants. Je suis d'autant plus amer au regard de l'héritage familial. Les Marini ont donné à la commune les sources des Nove ochji, pour l'alimenter en eau. Mon grand-oncle a donné le terrain du stade, dans le village, en échange d'un pierrier dans la plaine. Je voulais m'inscrire aussi dans cette lignée-là. Mais je constate que la somme des intérêts particuliers ne fait jamais l'intérêt général. Le projet est terminé, je n'y donnerai plus suite, par dégoût, et par indignation. J'interpelle U Levante à propos des termes de spéculation et de promotion. Ce sont des mots que je réfute ! Je les invite à trouver d'autres particuliers qui se sont comportés comme je l'ai fait, dans l'intérêt de ma commune. Tel un particulier qui a toujours été épris de l'intérêt public."

Voir les commentaires pour y analyser cette conflictualité 

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