Saturday, November 11, 2023

Les mini-réseaux solaires, grande solution pour l'électricité propre dans l'Afrique rurale

 Infirmière dans un village du centre du Nigeria, Andat Datau a rencontré son lot de défis quotidiens. L'un des plus délicats? Les accouchements sous la seule lumière d'une lampe torche

Pendant plusieurs années, la localité de Sabon Gida dépendait de générateurs diesel ou de lampes, qui laissaient souvent sa population démunie dans le noir, comme des millions d'autres Africains.

"C'était stressant de tenir des lampes torches", a confié Mme Datau à l'AFP dans sa clinique de l'Etat de Nasarawa (centre-nord). "Même faire des injections sans électricité était difficile pour nous".

Mais tout ou presque a changé il y a un an, grâce à une initiative privée-publique de la Banque mondiale, le fabricant américain de mini-réseaux Husk Power Systems et l'Agence d'électrification rurale du Nigeria.

L'établissement de santé a été raccordé à un mini-réseau solaire qui fournit à près de la moitié des ménages de cette localité d'agriculteurs et à la plupart de ses entreprises une électricité quasiment constante.

Aujourd'hui, Sabon Gida a parfois plus de lumière que Lagos, la capitale économique du pays, où de nombreuses personnes se débrouillent avec une demi-journée d'électricité - parfois beaucoup moins - provenant d'un réseau défectueux.

Les mini-réseaux, détachés des réseaux nationaux de distribution électrique et alimentant généralement les communautés rurales, ne sont pas nouveaux. Mais ils se sont multipliés grâce la baisse des coûts des panneaux photovoltaïques au cours de la dernière décennie.

Et l'Afrique rurale sort progressivement de l'obscurité.

La lumière "n'était auparavant réservée qu'aux riches, qui utilisaient des générateurs électriques dans leurs maisons", a déclaré Dauda Yakubu, un chef traditionnel de Sabon Gida.

Près de 600 millions d'Africains n'ont pas d'accès à l'électricité, et rien qu'au Nigeria, ce chiffre s'élève à 90 millions, soit environ 40% du pays le plus peuplé du continent.

Le triplement des énergies renouvelables, y compris l'énergie solaire, est l'un des objectifs jugés les plus atteignables à la COP28, à Dubaï (30 novembre-12 décembre).

Et loin d'être anecdotiques, les mini-réseaux électriques sont considérés par la Banque mondiale et l'Agence internationale de l'énergie (AIE) comme une solution d'ampleur pour offrir aux régions rurales d'Afrique subsaharienne un accès à l'électricité sans passer par les énergies fossiles.

- Une solution viable ? -

Dans un rapport publié cette année, la Banque mondiale indique que l'utilisation des mini-réseaux solaires est passée de seulement 500 installations en 2010 à plus de 3.000 aujourd'hui. On estime que 9.000 autres seront mis en service d'ici quelques années.

Pourtant, le développement du solaire en Afrique est confronté à d'énormes défis, notamment rassurer des investisseurs qui se méfient de sa viabilité, les pressions inflationnistes sur l'équipement, un meilleur financement public et la mise en place de politiques claires pour promouvoir son utilisation.

Pour atteindre les objectifs de développement durable visant à fournir de l'électricité à 380 millions de personnes en Afrique d'ici à 2030, 160.000 mini-réseaux sont nécessaires.

Le rythme actuel ne prévoit que 12.000 nouveaux réseaux d'ici là, selon le programme d'aide à la gestion du secteur de l'énergie de la Banque mondiale.

"Le gouvernement considère ce modèle comme le moyen le plus efficace d'accroître rapidement l'accès à l'électricité", a indiqué Abba Aliya, de l'Agence d'électrification rurale du Nigeria.

Selon la Banque mondiale, l'approche "axée sur le marché" adoptée par le Nigeria en matière de mini-réseaux solaires a déjà permis de mettre en service plus de 100 projets, tandis que l'Ethiopie, la Zambie et le Kenya ont adopté de nouvelles réglementations afin d'attirer les investissements privés.

Les Etats manquent souvent de fonds pour les projets à grande échelle, tandis que les projets à petite échelle ne sont pas viables pour le secteur privé, a déclaré Abel Gaiya, chercheur pour le groupe de réflexion Clean Technology Hub, basé à Abuja.

"Si vous retirez les mini-réseaux de l'équation, vous restez confronté au problème de l'extension des réseaux nationaux qui ne sont pas disponibles pour un grand nombre de communautés. Les mini-réseaux sont donc essentiels", a-t-il expliqué.

Husk Power, qui oeuvre aussi dans d'autres pays africains et en Inde, possède douze réseaux au Nigeria, et compte en installer 60 autres d'ici la fin de l'année.

Non loin de Sabon Gida, sur le long d'une route non goudronnée, le village d'Igbabo a aussi rejoint le programme il y a deux ans. Environ 350 ménages et entreprises ont accès à la centrale solaire Husk Power de 172 panneaux.

John Buhari propose toujours le même prix dans son entreprise de recharge de téléphones, mais il fait désormais plus de bénéfices parce qu'il ne paie plus le carburant de son générateur.

Par mois, les ménages paient en moyenne 2.500 nairas pour l'électricité, et les entreprises 10.000 nairas.

Dans les environs, Husk Power mène un projet pilote de motos électriques, dans le cadre de son approche intégrée visant à fournir de l'électricité et des équipements dans la ruralité.

À Sabon Gida, personne ne pourrait être plus satisfait de l'énergie solaire que Shagari Abari, propriétaire d'un salon de visionnage, où les habitants se réunissent sur des bancs en béton pour regarder des matchs de football et des films.

"La plupart du temps, avec mon générateur, il y a des défaillances et des pannes pendant les matchs, et la foule commence à me crier dessus", explique-t-il. "Mais avec l'énergie solaire, c'est fiable et moins cher".

Réference

L'Île-Rousse: les îles de la Pietra regorgent de trésors historiques

 Lorsque les promeneurs se baladent sur les îles de la Pietra, à L'Île-Rousse, ils n'imaginent peut-être pas les trésors historiques qu'elles renferment. Depuis les différentes campagnes de fouilles archéologiques des années 1980 à nos jours, le passé préhistorique se précise hautement grâce aux travaux initiés par Michel-Claude Weiss. Avant d'arriver sur ce site, longeant la route, les plus anciens pourraient se souvenir de la bâtisse du poids public.

Elle se trouvait à l'entrée de L'Isula Grande, île de la Pietra, entre les actuels Brasserie du Port et Hôtel de la Pietra. Elle fut construite à la fin du XIXe siècle par les Ponts et chaussées et détruite vers 1960. C'était une maisonnette de forme carrée qui disposait à l'arrière d'une petite dépendance. Au pied de la façade principale se trouvait le pont-bascule dont l'usage était essentiellement agricole : pesée des charrettes de foin, paille, etc.

La maison Santini

Sur l'îlot de Saletta, le premier en venant de la ville, une des trois redoutes génoises, celle à l'est, a servi de base à la construction à la fin du XIXe siècle d'une maison. Il s'agit de celle de Giovan Simone Santini, capitaine de port, originaire de Canari, dont le descendant direct est notre concitoyen Gérard Martinetti, agent immobilier à la retraite. Par la suite, cette bâtisse est devenue le restaurant l'Abri des Flots.

Le port et la tour

En continuant notre parcours, notre regard s'arrête au pied de la tour génoise où se trouve de nos jours un parking au bord de l'eau. Autrefois, les blocs de porphyre extraits de ce site à partir de 1840 ont servi à construire les fondations de la jetée de la Punta Tonnina. Celle-ci constituait le premier quai du port de la cité paoline.

La tour a été construite en 1531 selon les recommandations et le suivi du commissaire génois Sebastiano Doria. Elle était gardée par deux soldats qui étaient payés en pain par les habitants de Santa Reparata, Monticello et Corbara. À l'est de cette tour, se trouvait une batterie dont le mur d'enceinte avait une forme quasi-stellaire. Les vestiges de celle-ci étaient encore attestés en 1873 sur le cadastre napoléonien.

De forme ronde, haute d'environ douze mètres, la tour se divisait en deux parties : en bas, le lieu de vie avec une petite caserne extérieure et en haut, le poste de guet pour les gardiens. Sa porte d'entrée au sud a été bouchée. Projet commun de la municipalité de Pierre Pasquini et de la Drac, cette tour a été rénovée entre 1974 et 1977.

La chapelle

Située entre la tour et l'hôtel de la Pietra, plus aucun élément visible ne laisse penser que se dressait la chapelle de Sant'Agata. À l'époque pisane et génoise en Corse, cet édifice s'élevait sur l'île de la Pietra à l'est, alors territoire de Santa Reparata di Balagna. D'après l'étude de l'archéologue Geneviève Moracchini-Mazel, elle a été probablement construite au tout début du XIe siècle. Elle se situait sur un replat en contrebas de la tour génoise. La nef de cet édifice mesurait huit mètres environ. Elle semble appartenir à l'abbaye de la Gorgone en Toscane, car en 1482 encore, elle était confirmée dans la propriété de la principale crique de pêche de l'Isola d'Oro et ses revenus reconnus au curé piévan de Santa Reparata, qui était déjà en 1095, propriété de la Gorgone. Elle disparaît probablement durant le XVIe siècle quand les Génois occupent militairement les îles.

La villa Gregorj

Nous voici maintenant devant l'hôtel de la Pietra inauguré en 1960. En 1840, à la place de cet hôtel, les services des Ponts et Chaussées avaient bâti un grand logement pour les ouvriers qui ont construit le port de L'Île-Rousse. Grande bâtisse acquise vers 1856 par les frères banquiers Gregorj, Louis, Vincent et Jacques qui la transforment en villa. Les banquiers possèdent cet îlot et celui de Saletta. Ils sont propriétaires également d'un terrain de neuf hectares et demi situé sous le sémaphore à Fornole. Ces propriétés appartiennent par succession à leur descendante directe Jeanne Gregorj (1899-1998) épouse de Jean Glaenzer (1897-1969), très riche négociant en art. Le couple Glaenzer n'eut pas d'enfant, mais sa fortune a été léguée à quelqu'un qui ne fait pas partie du cercle familial : Christophe Dalmasso. Fin tragique pour ce dernier car il fut assassiné mystérieusement en 2003.

La villa Gregorj devient en 1884 un lazaret pour les malades du choléra puis en 1893, la fromagerie de Louis Rigal. Elle fut rasée en 1958 par la SETCO afin de construire l'hôtel.

La douane

Par ailleurs, il faut signaler que l'administration douanière avait installé, au pied du phare, dans l'anse de Funtanaccia, un poste abri à la fin du Second Empire. Si la douane se trouvait dans la vieille ville, il fallait bâtir un poste abri dans cette anse, qui forme un port naturel, afin de surveiller l'entrée du port.

Le phare

Sur l'emplacement du phare, une redoute génoise ruinée est indiquée sur les cartes du XVIIIe siècle. En 1854, les Ponts et Chaussées établissent le projet de l'établissement d'un phare sur le point culminant de l'île de la Pietra sur les vestiges militaires. Le phare est construit entre 1855 et 1857 à partir des plans de l'architecte Léonce Reynaud. C'est par un ancien chemin au milieu des rochers, désormais goudronné qu'on accède à l'édifice. Il culmine à soixante-quatre mètres au-dessus du niveau de la mer. Le phare a permis d'éclairer le port afin que puissent accoster, de nuit, les bateaux qui auparavant mouillaient au large et attendaient le lever du jour pour entrer dans le port.

Depuis 2010, les îles appartiennent au Conservatoire du Littoral qui est en train de les aménager pour notre plus grande satisfaction de les voir préserver. Par ailleurs, le service des archives historiques de la Défense a inauguré en 2006 le fonds de Maurice Rollet de l'Isle, ingénieur hydrographe de la Marine, dont des magnifiques dessins représentent L'Île-Rousse en 1890 et 1891. Ces illustrations historiques sont reproduites ici. Bien des pages restent à écrire sur les îles de la cité paoline.

Référence

Calenzana: Francis Pinelli, mort à 89 ans en août 2022, Corse d'Afrique visionnaire jusqu'à la démesure

 Fils de Calenzana et Corse d'Afrique, Francis Pinelli aura marqué son temps. 


La famille Pinelli vers la fin des années 1960. Francis se tient à gauche, à côté de Tony, de leurs parents et de Jacky. Ne manque que Pierre pour compléter la fratrie.
inauguration-de-l-hotel-napoleon-de-l-ile-rousse

Né dans une famille de quatre garçons, dont il était le dernier vivant, - après Toni, grand bâtisseur, Pierre, médecin réputé, et Jacky, inclassable touche-à-tout -, il s'est éteint, un jour d'août 2022, chez lui, dans son village, à 89 ans, au terme d'une vie dense et riche. C'est en Afrique, où son père, administrateur du Togo, était en poste, que le jeune Francis, nageant dans la lagune au milieu des crocodiles, se forgea une âme de conquérant sans peur.

Portant beau et séducteur à l'élégance exquise, il s'en alla très tôt à la découverte du monde... Après Paris et une formation militaire de pilote, le cap est mis sur Dakar au Sénégal où il innove avec le négoce de la langouste qu'il va chercher en Gambie ; puis la Côte d'Ivoire et un premier hôtel Palm Beach sur une plage de rêve à Vridi, et à nouveau Dakar avec le Club Alyana (470 chambres) et son casino. C'est à Nosy-Be, sa "parenthèse" enchantée (1966-68), au nord-ouest de Madagascar, que Francis Pinelli enchaîne avec un grand complexe hôtelier et deux casinos dont un à Tannanarive.

Un Palm beach à Calvi

De ses "fortunes" lointaines, les échos parviennent jusque dans les hameaux reculés du berceau familial. Et ils sont plus d'un qui, partis dans son sillage avant de voler de leurs propres ailes, connurent de belles réussites. Versant Corse, c'est dans le secteur de l'hôtellerie que Francis Pinelli choisit d'investir en 1968, créant à Calvi, en bordure de pinède, le Palm Beach, 4 étoiles de la cité (153 chambres) ouvert toute l'année, avant de lancer - malheureusement peu suivi par ses pairs - la première campagne de tourisme d'hiver qui s'accompagnait de la mise en place d'un centre de formation aux métiers de l'hôtellerie-restauration. En 1972, il rouvre à L'Île-Rousse le Napoléon-Bonaparte, fleuron de l'hôtellerie de l'après-guerre.

En même temps, il s'investit pour l'extension de l'aéroport de Calvi - Santa-Catalina, et la couverture sanitaire de la Balagne, à l'époque inexistante. Dès lors, estimant que le pouvoir économique n'y suffit pas, il tente de se faire élire à Calenzana. Mû par son idée de tourisme pendulaire et d'étalement de la saison, visionnaire jusqu'à la démesure, il a pour projet de creuser un tunnel sous la Muvrella qui mettrait les stations balnéaires du littoral balanin à quelques dizaines de minutes de la station de sports d'hiver d'Asco. Il sera battu par une coalition de caciques, malgré l'enthousiasme de la jeunesse qui le porte.

Fracassante déclaration

En 1975, au lendemain des évènements d'Aleria, Philippe Rossi, conseiller général de Calenzana, lance "Place aux jeunes" et démissionne. Élu de haute lutte, Francis Pinelli ne s'embarrasse pas d'étiquette et obtient du Radical de gauche François Giacobbi de nombreux aménagements routiers, dont ceux du chemin du Marsulinu classé dans la voirie départementale.

Mais, Francis Pinelli se veut aussi proche du Dr Edmond Siméoni et de la revendication d'autonomie.

Éclectique quant aux idées, il se fend même d'une fracassante déclaration "Pour l'indépendance de la Corse". Le mot lâché met le feu aux poudres. Les avions qu'il pilote au sein de l'aéroclub, dont il est le président, et ses biens sont visés par des attentats. Sa personne est directement menacée.

Pour ceux qui le connaissent bien, cette prise de position n'a rien d'une déclaration de guerre. Elle se veut conjoncturelle, le but étant de provoquer un électrochoc. Il s'en expliquera. Dans son esprit, il s'agissait d'un "statut d'autonomie". Francis Pinelli n'est pas du tout dans la radicalité. Amis, adversaires ou concurrents, il parle à tous. D'égal à égal. Pas une once 

Mais, "nul n'étant prophète en son pays", le voilà reparti, pour de nouvelles aventures. En Afrique où, ami des chefs d'État, il est attendu. Au sud de Dakar à Saly, il fait bâtir un énième Palm Beach avec hôtel de 300 chambres, piscine, golf et centre équestre, qui emploie encore aujourd'hui 360 personnes. Une compagnie aérienne sénégalaise de charter African Air Holidays portera son estampille. Il y eut aussi le Gabon et la création de la liaison maritime Port-Gentil-Libreville, avant sa dernière acquisition : un gros bateau qu'il alla chercher à Séoul !

Francis Pinelli, père de quatre enfants et grand-père, avait 83 ans lorsqu'il décida de raccrocher. Pour se retirer à Calenzana.

Trop généreux pour être bon gestionnaire, la plupart de ses "créations", à commencer par le Palm Beach de Calvi devenu La Balagne (Touristra), ont changé de mains.

Il en fut ainsi des Eaux de Zilia qui, en 1994, auraient pu être les Eaux de Calenzana si le maire du chef-lieu ne lui avait opposé une fin de non-recevoir. Des évolutions positives dans sa sphère d'activités, Francis Pinelli s'est réjoui jusqu'au dernier jour. Comme si, pour lui, le plus important résidait dans tout ce qu'il aura permis de faire.

Remarques

Philippe Rossi, maire de Montegrosso, avait été élu conseiller général de Calenzana à la suite de la vacance du siège provoquée par le décès du maire de Galeria, Jérôme Seité, père du maire actuel. 

Francis Pinelli, élu conseiller général en 1976, l'avait emporté face à l'abbé Michel Orsini. 

La municipalité de Calenzana n'ayant donné aucune suite à son projet, Francis Pinelli s'en alla trouver Jacques Santelli, le maire de la commune voisine, qui lui avait succédé comme conseiller général du canton. Ce dernier, saisissant tout l'intérêt qu'il y avait à capter et commercialiser les eaux venues du Monte Grosso,

Référence

Janv 2023, Calvi: l'espace médical encore agrandi pour accueillir des spécialistes

C'est une question de semaines avant que ne soient livrés les deux nouveaux cabinets médicaux de l'espace Alain-Charles Astolfi de Calvi. 

Pour rappel, la structure a déjà subi plusieurs extensions depuis son entrée en service, à l'été 2020. Prévue pour deux cabinets de médecine générale, au départ, elle en compte aujourd'hui six ainsi qu'un appartement destiné à accueillir les remplaçants. Mais depuis, notamment, l'installation d'une gynécologue à mi-temps, il y a quelques mois, la nécessité de pousser les murs s'est encore fait sentir. Le conseil municipal d'Ange Santini a donc opté pour la construction de deux nouveaux cabinets qui se destineront à des médecins spécialistes. Les travaux ont débuté en décembre et doivent s'achever en mars. Une visite de suivi du chantier était organisée hier matin.

" Le gros œuvre sera terminé ce vendredi, indique Philippe Grossi, l'architecte. Nous allons couler la dalle de la toiture-terrasse. Les menuiseries extérieures ont été fabriquées, elles seront posées la semaine prochaine. Place ensuite à l'étanchéité afin de pouvoir commencer le cloisonnement entre fin janvier et début février. En mars, enfin, nous aurons aussi terminé l'intérieur. Les travaux ont été allotis et répartis entre six corps séparés : la maçonnerie, les menuiseries, l'électricité, la plomberie et chauffage, l'étanchéité et enfin le placo et les peintures. "

Une extension chiffrée à 230 000 euros

À la fin d'une courte visite, le maire de Calvi a rappelé la genèse du projet : 

" La santé est l'une de nos priorités, entame Ange Santini. Nous avons, à Calvi, la chance d'avoir un hôpital de proximité mais autour duquel il existait un risque très important d'une pénurie de médecins généralistes. C'est pour cela que nous avons procédé par étapes dans la construction de cet espace médical. Nous avons dans un premier temps créé quatre cabinets médicaux, alors que nous n'avions sur place que deux médecins. Nous avons ensuite étendu les locaux et nous en sommes aujourd'hui à six généralistes et une spécialiste qui vient deux semaines par mois et qui a l'intention de s'installer très rapidement à Calvi. Nous nous sommes rendu compte ensuite que sept médecins pour six cabinets cela n'était pas satisfaisant. Nous avions alors aménagé la salle de repos en cabinet médical, dans l'attente de voir finir les travaux de cette nouvelle extension. "

Une nouvelle extension qui comprend 65 mètres carrés au sol pour deux cabinets, une salle d'attente et des toilettes. Son coût est de 230 000 € que financent la Collectivité de Corse et l'État.

 " J'en profite pour remercier nos partenaires financiers qui soutiennent cette opération depuis le début, reprend l'édile. L'étape suivante sera la réfection du parking. Il y a aujourd'hui des difficultés d'accès parce que l'école maternelle Santore se situe à côté. Et s'il fallait encore agrandir notre espace médical, je crois savoir que la construction peut supporter un étage. Cela nous évitera de grignoter encore sur le parking."

La municipalité de Calvi recherche à présent un ophtalmologue et un dermatologue, deux spécialités qui manquent cruellement dans le bassin de vie de Calvi. 

Référence

fev 2023: L'office de tourisme intercommunal Calvi-Balagne et sté transport maritime décarboné Sailcoop vers une destination plus verte

 L'heure est déjà aux préparatifs pour la saison touristique 2023. Ce mardi, les représentants de la compagnie de transport maritime décarboné Sailcoop ont été accueillis à la mairie de Calvi par l'édile Ange Santini, le président de l'office de tourisme intercommunal Jean-Baptiste Ceccaldi, la directrice Anne-Marie Piazzoli et le conseiller municipal en charge du port Marie-Laurent Guerini. Il a surtout été question de perspectives pour "verdir" la destination Calvi-Balagne.

" Nous avons présenté à nos interlocuteurs le concept de la Sailcoop et annoncé le passage à la vitesse supérieure de notre ligne de voiliers entre Calvi et Saint-Raphaël, relate Jochen Krauth, un représentant de la firme. Après l'expérimentation de l'année dernière, nous passons à un stade industriel avec dix fois plus de traversées et de billets disponibles."

Sur leur voilier de 15 mètres pouvant accueillir huit passagers, les skippers de la Sailcoop ont transporté près de 200 voyageurs l'année dernière. Cette année, la compagnie aura deux voiliers et huit skippers afin de réaliser des traversées quasi quotidiennes entre le 20 avril et le 20 octobre. Puis, entre la mi-juin et la mi-septembre, les deux voiliers se croiseront tous les jours entre Saint-Raphaël et le port corse. Objectif 2 000 passagers sur toute la saison.

" Nous sommes en train d'esquisser un partenariat avec la mairie et l'office de tourisme pour voir comment on peut, ensemble, promouvoir cette ligne de transport à la voile entre le Continent et la Corse, complète Grégoire Thery, responsable stratégie et développement pour la Sailcoop. Nous voulons voir comment nos passagers peuvent prolonger leur expérience décarbonée une fois à terre. Peuvent-ils trouver des vélos ou partir en randonnée ? Il y a un enjeu aussi avec la mairie qui est de définir les conditions d'accueil du voilier, la visibilité de la Sailcoop, et éventuellement l'hébergement de nos skippers s'il y a une relève de l'équipage."

Verdir le transport mais aussi les activités et l'hébergement

Traverser la Méditerranée en voilier prend en moyenne une vingtaine d'heures. Le départ de Saint-Raphaël est donné en début d'après-midi, pour une arrivée le lendemain en milieu de matinée. À bord, les passagers ont la possibilité de s'impliquer dans la navigation ou de se laisser porter. Un couchage en cabine et trois repas sont prévus dans le prix de la traversée, fixé à 240 € cette année.$" La vie sur le bateau, c'est de la rencontre, du partage, une autre façon d'aborder le voyage, reprennent les représentants de la Sailcoop. Le record de vitesse est de 14 heures, mais nous recherchons surtout de la régularité. Notre mission, c'est d'assurer le port à port en moins de 24 heures. S'il y a du mauvais temps, nous adaptons nos horaires de départ. Nous apportons également des garanties à nos clients en cas d'annulation : ils peuvent choisir d'être remboursés, d'attendre le prochain voilier ou d'embarquer le jour même sur un ferry. "

La Sailcoop monte en puissance sérieusement.

D'ailleurs, des postes sont à pourvoir dans cette coopérative en devenir. Le transport de passagers à la voile devrait prendre de l'ampleur dans l'avenir, mais il faudra pour cela que ces touristes soucieux de l'environnement trouvent une continuité une fois à terre.

Sur le Continent, le train électrique permet de poursuivre en zéro carbone ou presque. Sur l'île, beaucoup de choses restent à inventer.

" Notre mission est justement de continuer de prendre en charge ces visiteurs qui ont fait le choix d'une traversée décarbonée, estime Jean-Baptiste Ceccaldi. Dans le prolongement de leur traversée, ils espèrent trouver ici des activités décarbonées. Notre rôle, en tant qu'office de tourisme, c'est de leur proposer un certain nombre de prestataires afin de leur permettre de poursuivre leurs activités et la découverte de notre destination. "

Partenaires pour le festival Green Orizonte

"Il y a une offre importante de randonnées, mais aussi de circuit à vélo et même de la trottinette, recense Anne-Marie Piazzoli. Concernant l'hébergement, le label Rispettu est là pour garantir l'application d'un certain nombre de critères écologiques. Notre destination s'inscrit dans une démarche de plus en plus durable et notre festival Green orizonte en incarne la vision. La première édition aura lieu du 20 au 22 octobre 2023."

Porté par l'office de tourisme et la communauté de communes de Calvi-Balagne, Green orizonte entend "tracer des trajectoires dynamiques et respectueuses de l'environnement, mettre en place des actions innovantes et complexes dans le cadre de la protection, de la défense et de la valorisation des ressources naturelles et de la biodiversité. Green orizonte incarne la vision de demain mais aussi les actions d'aujourd'hui", indiquait en novembre dernier Laetitia Manicaccia, vise présidente communautaire, lors de présentation du futur festival.

Pour mieux s'imaginer ce que pourrait être le tourisme de demain, plus vert et plus respectueux de l'environnement, une partie des invités de Green orizonte effectuera la traversée sur les voiliers de la Sailcoop. Un "éductour", comme cela est appelé dans le jargon du tourisme, pour illustrer les possibilités de demain.

Site internet http://www.sailcoop.fr

Référence

Galeria : focus sur l'histoire paroissiale à l'occasion de ses 150 ans

 C'est au cœur de l'hiver, le 29 décembre 1872, que fut bénie l'église Sainte Marie Immaculée Conception de Galeria. Située au-dessus de l'unique route qui desservait le village jusqu'au hameau de Calca, elle rassemblait autour d'elle ce qui constituait le centre de la vie villageoise. Elle demeure, cent cinquante ans plus tard, un édifice patrimonial communal et culturel cher au cœur des habitants.

Cet anniversaire est l'occasion de replonger dans l'histoire de la paroisse de Galeria, de ses édifices et de ses usages.

Une paroisse avant d'être une commune

D'après les renseignements trouvés dans le Registre coutumier de la paroisse, Galeria a été probablement érigée en paroisse en 1844. Soit une vingtaine d'années avant la constitution de la commune de Galeria. La population compte alors 1 271 habitants et se divise en deux parties.

Une partie, forte d'environ 800 habitants, forme la population foraine ou externe que constituent les hameaux et bergeries du Filosorma, répandus sur le vaste territoire des communes de Galeria et de Manso. Elle ne fait pas partie de la paroisse de Galeria et ne participe pas aux frais du culte car la grande majorité des familles qui la composent émigrent six à sept mois de l'année dans leurs paroisses respectives du doyenné de Calacuccia.

L'autre partie, constituée par les villages de Galeria et de Calca, forme la population dite agglomérée ou interne. " Elle compte environ cent familles, soit environ cinq cents âmes ".

C'est la population paroissiale réelle, qui fréquente l'église de Galeria et contribue aux frais du culte. Cette population s'installe peu à peu, structure le village et emporte avec elle les usages, les valeurs et les traditions religieuses reçues des anciens du Niolu. Elle manifeste sa foi en construisant, en 1837, le premier édifice ouvert au culte à Galeria, A Ghjesgiarella. Cette toute petite chapelle est desservie, jusqu'en 1873, par des prêtres venus de Calacuccia, de Lozzi ou d'Ota, afin de célébrer les principaux moments de la vie religieuse, notamment les obsèques des habitants inhumés dans le cimetière attenant.

Une église se construit

Peu à peu, l'accroissement de la population conduit les habitants à ériger, de leurs propres mains, en 1872, une église plus grande pouvant accueillir une centaine de fidèles. Le culte se déplace alors de la chapelle Sainte Marie Immaculée Conception, à l'église du même nom. Le presbytère, probablement construit à la même période, peut héberger, à partir de 1873, des prêtres à demeure. L'achèvement de l'église est concrétisé en 1876, par la construction du clocher. Le 10 septembre 1901, l'ensemble est complété, sur la place de l'église, par l'érection de la Croix jubilaire, bénie par l'abbé Luciani et qui sera remplacée puis bénie par l'abbé Pinelli le 30 mai 2004.

Mais il ne fut pas prévu d'oratoire particulier pour la confrérie qui allait se former cinquante ans plus tard. Les chantres se réunissaient dans l'église paroissiale pour chanter, réciter les offices et les prières. En 1975, la caisse de la Confrérie de Saint-Antoine est léguée à la caisse paroissiale. Cela donne une indication de la date de clôture de la confrérie. Fidèles à leur foi et à leur engagement, les confrères tenaient un rôle religieux et social essentiel auprès de la population : rôle religieux dans l'animation des cérémonies et dans l'organisation des obsèques ; rôle social dans l'aide aux familles nécessiteuses. 

Des intérêts gérés par la "Fabrique"

Quelques timides tentatives de renouer avec la tradition des confréries ont été portées ces dernières années par quelques jeunes du village, mais n'ont pas abouti.

Jusqu'en 1912, les intérêts de la chapelle et de l'église sont gérés par la Fabrique, établissement public du culte. D'après une note relevée sur un vieux registre, Monseigneur Casanelli d'Istria, alors évêque d'Ajaccio, aurait nommé en 1837, des fabriciens pour gérer les intérêts de la Chapelle de Sainte Marie Immaculée conception. Ils siégeaient au conseil de fabrique avec deux membres de droit : le curé et le maire. En 1905, avec la loi de séparation de l'Église et de l'État, la chapelle et l'église deviennent des biens communaux dont l'administration est, depuis, gérée par l'association diocésaine d'Ajaccio.

Les travaux de restauration en cours et à venir, comme les efforts d'entretien, de restauration, de transformation dont elle a été l'objet depuis des décennies, témoignent de l'intérêt que la commune et ses habitants portent à leur église, cet édifice patrimonial incontournable de la vie religieuse et sociale de la population de Galeria.

Référence

https://www.corsematin.com/articles/galeria-focus-sur-lhistoire-paroissiale-a-loccasion-de-ses-150-ans-137022

Mars 2023: Attentat à Galeria : une résidence secondaire en construction

 Les pompiers de Galeria et de Calvi sont intervenus, vers 00 h 15 dans la nuit de jeudi à vendredi, après qu'une explosion ait été signalée sur une maison au lieu-dit Fontanaccia, à l'entrée du village de Galeria.

La détonation, suivie d'un incendie due au gaz, a provoqué d'importants dégâts dans cette résidence secondaire encore en construction et appartenant à des Continentaux.

"Des tags GTY et FLNC ont été retrouvés sur la maison appartenant à des personnes qui résident sur le Continent", a indiqué le procureur de Bastia, Arnaud Viornery, en précisant que l'explosion aurait été provoquée par deux bouteilles de gaz.

L'enquête pour "dégradation de bien par moyen dangereux" a été confiée à la section de recherches de la gendarmerie de Corse et le parquet national antiterroriste (PNAT) a été avisé, a expliqué le magistrat.

Plus d'une dizaine de résidences secondaires ont ainsi été visées par des dégradations depuis le début de l'année. Au total, plusieurs dizaines ont été touchées depuis un an par des incendies criminels ou des charges explosives, avec ou sans présence de tags.

Le 11 juillet 2022, le FLNC avait quant à lui revendiqué 16 actes de ce type contre des campings, des restaurants de plage, des résidences secondaires, des entreprises du bâtiment et des engins de chantier. Le parquet national antiterroriste s'était saisi de l'ensemble de ces faits.