Saturday, November 11, 2023

fev 2023: L'office de tourisme intercommunal Calvi-Balagne et sté transport maritime décarboné Sailcoop vers une destination plus verte

 L'heure est déjà aux préparatifs pour la saison touristique 2023. Ce mardi, les représentants de la compagnie de transport maritime décarboné Sailcoop ont été accueillis à la mairie de Calvi par l'édile Ange Santini, le président de l'office de tourisme intercommunal Jean-Baptiste Ceccaldi, la directrice Anne-Marie Piazzoli et le conseiller municipal en charge du port Marie-Laurent Guerini. Il a surtout été question de perspectives pour "verdir" la destination Calvi-Balagne.

" Nous avons présenté à nos interlocuteurs le concept de la Sailcoop et annoncé le passage à la vitesse supérieure de notre ligne de voiliers entre Calvi et Saint-Raphaël, relate Jochen Krauth, un représentant de la firme. Après l'expérimentation de l'année dernière, nous passons à un stade industriel avec dix fois plus de traversées et de billets disponibles."

Sur leur voilier de 15 mètres pouvant accueillir huit passagers, les skippers de la Sailcoop ont transporté près de 200 voyageurs l'année dernière. Cette année, la compagnie aura deux voiliers et huit skippers afin de réaliser des traversées quasi quotidiennes entre le 20 avril et le 20 octobre. Puis, entre la mi-juin et la mi-septembre, les deux voiliers se croiseront tous les jours entre Saint-Raphaël et le port corse. Objectif 2 000 passagers sur toute la saison.

" Nous sommes en train d'esquisser un partenariat avec la mairie et l'office de tourisme pour voir comment on peut, ensemble, promouvoir cette ligne de transport à la voile entre le Continent et la Corse, complète Grégoire Thery, responsable stratégie et développement pour la Sailcoop. Nous voulons voir comment nos passagers peuvent prolonger leur expérience décarbonée une fois à terre. Peuvent-ils trouver des vélos ou partir en randonnée ? Il y a un enjeu aussi avec la mairie qui est de définir les conditions d'accueil du voilier, la visibilité de la Sailcoop, et éventuellement l'hébergement de nos skippers s'il y a une relève de l'équipage."

Verdir le transport mais aussi les activités et l'hébergement

Traverser la Méditerranée en voilier prend en moyenne une vingtaine d'heures. Le départ de Saint-Raphaël est donné en début d'après-midi, pour une arrivée le lendemain en milieu de matinée. À bord, les passagers ont la possibilité de s'impliquer dans la navigation ou de se laisser porter. Un couchage en cabine et trois repas sont prévus dans le prix de la traversée, fixé à 240 € cette année.$" La vie sur le bateau, c'est de la rencontre, du partage, une autre façon d'aborder le voyage, reprennent les représentants de la Sailcoop. Le record de vitesse est de 14 heures, mais nous recherchons surtout de la régularité. Notre mission, c'est d'assurer le port à port en moins de 24 heures. S'il y a du mauvais temps, nous adaptons nos horaires de départ. Nous apportons également des garanties à nos clients en cas d'annulation : ils peuvent choisir d'être remboursés, d'attendre le prochain voilier ou d'embarquer le jour même sur un ferry. "

La Sailcoop monte en puissance sérieusement.

D'ailleurs, des postes sont à pourvoir dans cette coopérative en devenir. Le transport de passagers à la voile devrait prendre de l'ampleur dans l'avenir, mais il faudra pour cela que ces touristes soucieux de l'environnement trouvent une continuité une fois à terre.

Sur le Continent, le train électrique permet de poursuivre en zéro carbone ou presque. Sur l'île, beaucoup de choses restent à inventer.

" Notre mission est justement de continuer de prendre en charge ces visiteurs qui ont fait le choix d'une traversée décarbonée, estime Jean-Baptiste Ceccaldi. Dans le prolongement de leur traversée, ils espèrent trouver ici des activités décarbonées. Notre rôle, en tant qu'office de tourisme, c'est de leur proposer un certain nombre de prestataires afin de leur permettre de poursuivre leurs activités et la découverte de notre destination. "

Partenaires pour le festival Green Orizonte

"Il y a une offre importante de randonnées, mais aussi de circuit à vélo et même de la trottinette, recense Anne-Marie Piazzoli. Concernant l'hébergement, le label Rispettu est là pour garantir l'application d'un certain nombre de critères écologiques. Notre destination s'inscrit dans une démarche de plus en plus durable et notre festival Green orizonte en incarne la vision. La première édition aura lieu du 20 au 22 octobre 2023."

Porté par l'office de tourisme et la communauté de communes de Calvi-Balagne, Green orizonte entend "tracer des trajectoires dynamiques et respectueuses de l'environnement, mettre en place des actions innovantes et complexes dans le cadre de la protection, de la défense et de la valorisation des ressources naturelles et de la biodiversité. Green orizonte incarne la vision de demain mais aussi les actions d'aujourd'hui", indiquait en novembre dernier Laetitia Manicaccia, vise présidente communautaire, lors de présentation du futur festival.

Pour mieux s'imaginer ce que pourrait être le tourisme de demain, plus vert et plus respectueux de l'environnement, une partie des invités de Green orizonte effectuera la traversée sur les voiliers de la Sailcoop. Un "éductour", comme cela est appelé dans le jargon du tourisme, pour illustrer les possibilités de demain.

Site internet http://www.sailcoop.fr

Référence

Galeria : focus sur l'histoire paroissiale à l'occasion de ses 150 ans

 C'est au cœur de l'hiver, le 29 décembre 1872, que fut bénie l'église Sainte Marie Immaculée Conception de Galeria. Située au-dessus de l'unique route qui desservait le village jusqu'au hameau de Calca, elle rassemblait autour d'elle ce qui constituait le centre de la vie villageoise. Elle demeure, cent cinquante ans plus tard, un édifice patrimonial communal et culturel cher au cœur des habitants.

Cet anniversaire est l'occasion de replonger dans l'histoire de la paroisse de Galeria, de ses édifices et de ses usages.

Une paroisse avant d'être une commune

D'après les renseignements trouvés dans le Registre coutumier de la paroisse, Galeria a été probablement érigée en paroisse en 1844. Soit une vingtaine d'années avant la constitution de la commune de Galeria. La population compte alors 1 271 habitants et se divise en deux parties.

Une partie, forte d'environ 800 habitants, forme la population foraine ou externe que constituent les hameaux et bergeries du Filosorma, répandus sur le vaste territoire des communes de Galeria et de Manso. Elle ne fait pas partie de la paroisse de Galeria et ne participe pas aux frais du culte car la grande majorité des familles qui la composent émigrent six à sept mois de l'année dans leurs paroisses respectives du doyenné de Calacuccia.

L'autre partie, constituée par les villages de Galeria et de Calca, forme la population dite agglomérée ou interne. " Elle compte environ cent familles, soit environ cinq cents âmes ".

C'est la population paroissiale réelle, qui fréquente l'église de Galeria et contribue aux frais du culte. Cette population s'installe peu à peu, structure le village et emporte avec elle les usages, les valeurs et les traditions religieuses reçues des anciens du Niolu. Elle manifeste sa foi en construisant, en 1837, le premier édifice ouvert au culte à Galeria, A Ghjesgiarella. Cette toute petite chapelle est desservie, jusqu'en 1873, par des prêtres venus de Calacuccia, de Lozzi ou d'Ota, afin de célébrer les principaux moments de la vie religieuse, notamment les obsèques des habitants inhumés dans le cimetière attenant.

Une église se construit

Peu à peu, l'accroissement de la population conduit les habitants à ériger, de leurs propres mains, en 1872, une église plus grande pouvant accueillir une centaine de fidèles. Le culte se déplace alors de la chapelle Sainte Marie Immaculée Conception, à l'église du même nom. Le presbytère, probablement construit à la même période, peut héberger, à partir de 1873, des prêtres à demeure. L'achèvement de l'église est concrétisé en 1876, par la construction du clocher. Le 10 septembre 1901, l'ensemble est complété, sur la place de l'église, par l'érection de la Croix jubilaire, bénie par l'abbé Luciani et qui sera remplacée puis bénie par l'abbé Pinelli le 30 mai 2004.

Mais il ne fut pas prévu d'oratoire particulier pour la confrérie qui allait se former cinquante ans plus tard. Les chantres se réunissaient dans l'église paroissiale pour chanter, réciter les offices et les prières. En 1975, la caisse de la Confrérie de Saint-Antoine est léguée à la caisse paroissiale. Cela donne une indication de la date de clôture de la confrérie. Fidèles à leur foi et à leur engagement, les confrères tenaient un rôle religieux et social essentiel auprès de la population : rôle religieux dans l'animation des cérémonies et dans l'organisation des obsèques ; rôle social dans l'aide aux familles nécessiteuses. 

Des intérêts gérés par la "Fabrique"

Quelques timides tentatives de renouer avec la tradition des confréries ont été portées ces dernières années par quelques jeunes du village, mais n'ont pas abouti.

Jusqu'en 1912, les intérêts de la chapelle et de l'église sont gérés par la Fabrique, établissement public du culte. D'après une note relevée sur un vieux registre, Monseigneur Casanelli d'Istria, alors évêque d'Ajaccio, aurait nommé en 1837, des fabriciens pour gérer les intérêts de la Chapelle de Sainte Marie Immaculée conception. Ils siégeaient au conseil de fabrique avec deux membres de droit : le curé et le maire. En 1905, avec la loi de séparation de l'Église et de l'État, la chapelle et l'église deviennent des biens communaux dont l'administration est, depuis, gérée par l'association diocésaine d'Ajaccio.

Les travaux de restauration en cours et à venir, comme les efforts d'entretien, de restauration, de transformation dont elle a été l'objet depuis des décennies, témoignent de l'intérêt que la commune et ses habitants portent à leur église, cet édifice patrimonial incontournable de la vie religieuse et sociale de la population de Galeria.

Référence

https://www.corsematin.com/articles/galeria-focus-sur-lhistoire-paroissiale-a-loccasion-de-ses-150-ans-137022

Mars 2023: Attentat à Galeria : une résidence secondaire en construction

 Les pompiers de Galeria et de Calvi sont intervenus, vers 00 h 15 dans la nuit de jeudi à vendredi, après qu'une explosion ait été signalée sur une maison au lieu-dit Fontanaccia, à l'entrée du village de Galeria.

La détonation, suivie d'un incendie due au gaz, a provoqué d'importants dégâts dans cette résidence secondaire encore en construction et appartenant à des Continentaux.

"Des tags GTY et FLNC ont été retrouvés sur la maison appartenant à des personnes qui résident sur le Continent", a indiqué le procureur de Bastia, Arnaud Viornery, en précisant que l'explosion aurait été provoquée par deux bouteilles de gaz.

L'enquête pour "dégradation de bien par moyen dangereux" a été confiée à la section de recherches de la gendarmerie de Corse et le parquet national antiterroriste (PNAT) a été avisé, a expliqué le magistrat.

Plus d'une dizaine de résidences secondaires ont ainsi été visées par des dégradations depuis le début de l'année. Au total, plusieurs dizaines ont été touchées depuis un an par des incendies criminels ou des charges explosives, avec ou sans présence de tags.

Le 11 juillet 2022, le FLNC avait quant à lui revendiqué 16 actes de ce type contre des campings, des restaurants de plage, des résidences secondaires, des entreprises du bâtiment et des engins de chantier. Le parquet national antiterroriste s'était saisi de l'ensemble de ces faits.


Ces Balanins mêlés à l'affaire de la rixe du Vatican le 20 août 1662,; jusqu'en 1859, cardinal Domenico Savelli

Le 20 août 1662, dans la moiteur romaine d'une fin de journée d'été, une rixe oppose des soldats de la garde pontificale corse au personnel en charge de la sécurité de l'ambassade de France. 

Alors que, depuis plusieurs jours, provocations et incidents envers les insulaires se répètent, des Corses sont agressés et le soldat Giovanni da Calenzana, sauvagement pris en chasse par un groupe de militaires français, ne finira pas la journée vivant.

Dans un contexte de tensions politiques et d'intrigues entre Louis XIV et Alexandre VII, on accuse les gardiens des portes de Rome d'être les mouchards du pape et d'accomplir la sale besogne. Les Corses outragés, volontiers indociles et ardents, n'entendent pas se laisser humilier ainsi et veulent laver leur honneur. Au moment où le duc Charles de Créquy, ambassadeur de France auprès du Saint-Siège, regagne son palais, sur la place voisine de Campo dei Fiori une fusillade éclate. Les antagonistes font rapidement usage d'arquebuses et de mousquets.

Les balles fusent et une odeur de poudre et de feu se propage dans l'air. Alors que les uns rechargent leurs armes derrière un rang de piquiers, les autres s'empoignent dans la sueur et dans le sang. Un soldat corse tombe, des passants sont également touchés, l'un d'entre eux ne se relèvera pas.

Au milieu des cris, de la fureur et des larmes, le renfort de centaines de Corses quitte la caserne et afflue dans un cliquetis d'armes pour soutenir les compatriotes. Place Farnese, l'affaire dégénère, ils font feu sur la résidence de l'ambassade de France. Le palais ainsi cerné, se mue, plusieurs heures durant, en véritable forteresse. Le plomb pulvérise le travertin des édicules couvrant les fenêtres, derrière lesquelles les tireurs français ont pris place et ripostent.

Les balles sifflent et se logent partout dans la façade symétrique, pénétrant la brique, brisant colonnes et pilastres. La porte monumentale, bien gardée par des hallebardiers, résiste à l'assaut.

Le capitaine Antonio Savelli, originaire de Corbara, tente de calmer ses hommes. Sur la place, l'arrivée de deux carrosses français relance les hostilités et la fusillade reprend. Les voitures, piégées, sont percées par les projectiles, et les chevaux apeurés se cabrent et tentent de fuir.

Si l'on parvient à mettre à l'abri l'épouse de l'ambassadeur qui y occupait une place, un page est tué sur le coup et, dans une grande confusion, le capitaine de la garde du duc est mortellement blessé par le tir d'un policier romain. Les hommes se dispersent et, dans la soirée, les victimes évacuées, le quartier finit par recouvrer son calme. Le bilan est effroyable ! Des morts et de nombreux blessés sont dénombrés.

Certains succombent les jours suivants pour alourdir la liste d'une dizaine de morts au total.

Un grave incident diplomatique

L'affaire fait grand bruit et résonne jusqu'à Versailles. Charles de Créquy qualifie l'évènement d'attentat et, dans une lettre qu'il adresse à son souverain, met en cause certains cardinaux. Sous le commandement de Don Mario Chigi, général des troupes pontificales et frère du souverain pontife, la police romaine investit le quartier du Trastevere où résident les Corses.

L'enquête débute et de nombreuses arrestations sont ordonnées.

Trente-deux soldats prennent la fuite la nuit suivante et, malgré les investigations, seuls neufs fugitifs sont arrêtés dans des villes voisines. Un procès s'ouvre contre le policier romain accusé d'avoir abattu l'officier français et dix-huit soldats corses, dont Matheo da Pietralba qui est immédiatement exécuté. Malgré cela, les jours passent mais la tension ne faiblit pas.

Pour assurer sa sécurité, l'ambassade de France réorganise sa défense et augmente ces effectifs militaires. De son côté, le pape qui soutient encore les Corses, renforce ses troupes de plusieurs centaines de soldats.

Dans ce contexte le duc de Créquy décide de quitter Rome avec toute sa famille, entraînant dans sa suite le cardinal d'Este et les prélats français. Il s'en explique dans une lettre à l'adresse du roi, rédigée le 6 septembre 1662, et réceptionnée par le Maréchal d'Aumont, gouverneur de la ville de Paris.

L'incident diplomatique est d'ampleur et le Roi Soleil entretient savamment la pression en exigeant des excuses publiques, l'immédiate dissolution de la garde pontificale corse avec interdiction à l'avenir d'engager des troupes insulaires, des emprisonnements, des pendaisons et, face à la caserne des Corses, demande l'érection d'une pyramide d'infamie pour rappeler à tous l'offense faite au Royaume de France. Sur une plaque de marbre noire on pourra y lire en latin :

 "En exécration de l'odieux forfait accompli le 20 août 1662 par les soldats corses contre le duc de Créquy, ambassadeur du roi très chrétien. La Nation corse, pour perpétuer la mémoire de cet évènement, a été déclarée inhabile et incapable de servir le Siège apostolique par décret rendu par ordre de notre très Sérénissime Seigneur Alexandre, pape, en exécution de la paix de Pise. 1664". 

Le corps de garde corse est alors congédié et remplacé par un bataillon de romains qui rempliront les mêmes fonctions de sécurité urbaine. Plus disciplinée, la garde suisse demeure, quant à elle, au service de la protection des papes et ce depuis 1506 !

Le monument témoignant de la disgrâce des Corses disparaît finalement en 1667, démonté sous le pontificat de Clément IX avec l'autorisation de Louis XIV, augurant les nouvelles relations qu'entretiendra le royaume de France avec la ville aux sept collines. Pour autant, les Corses vont continuer à servir les intérêts de la cité les siècles suivants, qu'ils soient de simples soldats engagés à titre individuel ou de grands dignitaires.

Martino Guidoni-Bianconi premier médecin du pape

Dans cette dernière catégorie les Balanins se distinguent, à l'instar de Martino Guidoni-Bianconi de Calenzana qui, issu de deux familles patriciennes, fit le voyage pour la Città eterna afin d'y suivre une double formation en théologie et en médecine de 1760 à 1770, période pendant laquelle il s'occupe de la santé de Jacques III Stuart, prétendant aux trônes d'Angleterre, d'Écosse et d'Irlande. Professeur d'anatomie et de clinique médicale, il devient médecin à l'archi-gymnase de Rome, c'est-à-dire l'université papale de la Sapienza.

Archiatre du pape Pio VI, il n'est autre que le premier médecin et chirurgien du souverain pontife, prenant la suite de Natale Saliceti de 1789 jusqu'à la mort du pape en exil à Valence, où il lui ferme les yeux le 29 août 1799. Par la suite, du soin de Pio VII, il passe au service de Napoléon dont il sera un temps conseiller. Il fut l'un des Corses les plus influents de cette époque.

Le cardinal Domenico Savelli

Autre figure balanine attachée au Vatican, Domenico Savelli de Speloncato est un serviteur de dieu, héritier corse de l'antique famille Savelli issue des Sabins, il est séminariste dans l'île jusqu'à son ordination. Établi à Rome, sa trajectoire est fulgurante ! il devient docteur en théologie en 1822 et docteur en droit canonique en 1825.

Vicaire général d'Imola en 1829, délégué apostolique à Rieti, Frosinone, Peruggia et Macerata et Gouverneur de Rome en 1847. Vice-camerlingue l'année suivante, il assiste le camerlingue placé à la tête de la Chambre apostolique, en période de vacance du Siège. Fin juillet 1849, il est nommé ministre de l'Intérieur et de la police, et à l'occasion du consistoire le 7 mars 1853, Pio IX lui remet l'anneau cardinalice symbole de communion avec le Pape.

Le cardinal Savelli, membre de la curie romaine, fait partie du premier cercle autour du souverain pontife où il sera président de la commission des finances jusqu'en 1859. Devenu aveugle, ses problèmes de santé lui interdiront l'espoir d'accéder au trône de Saint-Pierre.

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Le casse-tête du logement des employés saisonniers à Calvi

 Viendront-ils ou ne viendront-ils pas ? 

À l'aube d'une nouvelle saison touristique, les établissements saisonniers de Calvi ouvrent leurs portes un à un. Et rares sont les patrons à ne pas se demander si leur personnel sera au rendez-vous. Ces dernières années, la crise sanitaire a modifié le rapport des gens au travail et les emplois contraignants trouvent de moins en moins de candidats. Hôteliers, restaurateurs et plagistes ont beau anticiper, ils ne sont jamais à l'abri de mauvaises surprises.

Rue Clémenceau, le restaurateur Gilles Bonneau parle d'un véritable casse-tête. 

"Tous les ans, c'est un peu la loterie, explique le patron des Bons Amis. Le gros problème de notre métier, c'est le recrutement. Les gens vous disent oui mais continuent de chercher s'ils peuvent gagner 200 € ou 300 € de plus ailleurs. Ils bougent beaucoup plus qu'avant, arrivent et repartent parfois rapidement. Ils réclament du temps pour eux. Pour nous qui n'ouvrons que quelques mois, c'est difficile de leur donner du temps libre. Puis les vrais saisonniers ont disparu, aujourd'hui on a souvent affaire à des fêtards."

Le restaurateur démarre sa saison avec trois employés, sa femme et lui-même assurent le service en salle. Au cœur de l'été, il faudra trois personnels de plus pour répondre à la demande. Et s'il n'avait pas de solution pour les loger, malgré leurs bons salaires, il ne trouverait personne.

"J'ai acheté deux appartements pour loger mes saisonniers dans des conditions acceptables, reprend-il. Ils ont chacun une chambre. J'essaye dans l'idéal de trouver une ou deux personnes logées sur place, mais c'est très dur. Les gens d'ici ne veulent plus louer leurs appartements aux saisonniers, par crainte des dégradations. Je leur donne au moins le double du salaire minimum mais même avec ça, il faut les loger."

Des tensions en cuisine

Un peu plus loin dans le cœur de la cité calvaise, l'hôtel Saint-Christophe a ouvert ce lundi. Le patron, Jean Ferrandini, attend encore une partie de ses recrues mais le gros de l'équipe est déjà là. 

"Pour le recrutement, je travaille avec Pôle Emploi et également une agence basée sur le Continent. Lorsque mes saisonniers viennent du Continent, je leur demande une lettre d'engagement. Ils la signent, mais certains se désistent quand même et cela nous met en difficulté. Le plus compliqué, c'est de recruter en cuisine. Pour le chef, il n'y a pas eu de problème. Je pense qu'il s'y retrouve avec son salaire. Mais le temps de travail compte beaucoup aussi. Il faut être correct avec les saisonniers, car trop de patrons en ont profité. Il faut déclarer la totalité des salaires. Et ces salaires, je les ai augmentés de 8 % ces deux dernières années. Chez nous, comme la saison dure 7 mois, ils sont contents puisque ça leur ouvre droit au chômage."

L'hôtel Saint-Christophe a besoin d'une trentaine de saisonniers pour la réception, le ménage et la restauration. Tous sont logés dans des chambres individuelles, tout près de l'établissement. Sans cette facilité, l'hôtel ne parviendrait sans doute pas à composer son équipe. 

"Le logement, c'est indispensable. Celui qui loue un appartement ou une chambre pour son personnel ne s'en sort pas. Il y a aussi le coût du transport. Nous faisons arriver nos équipes les jours où les billets sont moins chers. Ils n'arrivent jamais en week-end, par exemple."

Sur la plage de Calvi, le début de saison se profile également. Dix-sept plagistes ou loueurs se sont vus attribuer une autorisation d'occupation du territoire pour une période allant du 15 avril au 15 octobre. Au Sun Beach, Dominique Buttafoghi s'affaire déjà :

"Nous ouvrons fin avril. J'ai une partie de mes employés qui revient tous les ans. Je les conserve précieusement. En haute saison, on tourne à 12 saisonniers. Pour les nouveaux de cette année, je passe en premier lieu par Pôle Emploi. J'ai aussi une agence de recrutement, en cas de difficulté. Les réseaux sociaux, ça marche aussi. Il ne me manque que deux ou trois personnes pour juillet et août. C'est plutôt en cuisine que c'est tendu, les chefs et les chefs de partie sont difficiles à trouver. Tout le monde préfère les contrats longs, sur 6 mois ou 7 mois. Si on s'y prend en juin, c'est foutu."

Malgré des hausses de salaires allant jusqu'à 30 % ces dernières années, la plagiste est obligée de proposer un logement à son personnel. 

"C'est même plus important que le salaire, c'est indispensable. Nous avons des appartements que l'on ne consacre qu'aux saisonniers. J'ai essayé de ne pas loger mes saisonniers, je n'y suis pas arrivée. La plage, ce n'est pas facile, il fait chaud, les gens veulent manger tous en même temps, c'est pénible. Le personnel doit vivre dans de bonnes conditions pour tenir la saison."

Création d'une maison pour les saisonniers ?

Dans sa résidence de tourisme cinq étoiles, les Villas Mandarine, Françoise Tapias a besoin d'une douzaine de saisonniers entre la fin mars et début novembre. Le logement et une durée de contrat supérieure à six mois sont des demandes systématiques des candidats. Même dans ces conditions, trouver des saisonniers n'est pas chose aisée.

"La moitié du personnel est logée dans des bungalows, précise la patronne de l'établissement. Ce n'est pas toujours facile pour eux, ils n'ont pas spécialement envie d'être ensemble, ils voudraient plus de confort, internet, la télé, une laverie. On n'a pas suffisamment de logements pour tout le monde. Les saisonniers que je ne loge pas, se débrouillent. Ils vont dans des campings ou louent des appartements à plusieurs. Mais je ne crois pas qu'on puisse vivre au camping et faire la saison. Cela ne correspond pas à un travail qualitatif."

Pour pallier les difficultés de recrutements à la belle saison, Françoise Tapias préfère proposer des contrats à durée indéterminée, lorsque cela est possible. L'hiver, les employés apportent une aide sur d'autres tâches, se forment et montent en compétences. Fidéliser une équipe, c'est l'une des pistes pour ne pas manquer de bras.

"C'est dommage qu'on n'ait pas entériné à Calvi cette idée de maison des saisonniers. Cela existe dans les stations de ski, on pourrait faire ça d'une façon mixte avec l'État et des fonds privés, il est urgent de le faire. Il faudrait des centaines de chambres sur Calvi. Si on veut de la ressource humaine, il faut investir. Il faut du logement pas cher et du contrat de travail modulable. Il faut rentrer dans cette adaptation-là."

Malgré les difficultés de recrutement, les patrons consultés dans le cadre de ce reportage ont leurs équipes au complet. Pour cela, ils ont dû consentir des efforts sur le logement, les salaires et le temps libre. Le saisonnier d'aujourd'hui n'est plus celui d'hier et les employeurs sont bien obligés de composer avec. 

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A la découverte du petit train des plages en Balagne; 200 000 entre l’Île-Rousse et Calvi

 Direction la Balagne, à bord d’un train de légende surnommé "le trembotant". Il relie l’Île-Rousse à Calvi, sur 22 kilomètres.

À l’Île-Rousse (Haute-Corse), au cœur de la Balagne, un vieux train des années 80 assure un panorama exceptionnel. Quatre fois par jour, il rejoint Calvi et quitte les rochers couleur ocre pour se plonger dans le bleu de la mer. "C’est tellement beau, et c’est tellement spécial. On est complètement amoureux de cet endroit", confie un homme. Le train se faufile le long de la côte. La locomotive s’arrête au gré des demandes, devant chaque plage.

45 minutes pour rejoindre Calvi 

Il suffit de prévenir le contrôleur. Les baigneurs n’ont que quelques mètres à faire pour se jeter à l’eau. Sur le sable, le train fait presque partie du paysage. De nombreux touristes se montrent séduits. Le voyage se poursuit à travers les villages et le maquis. Les Corses surnomment ce train "le tremblotant". C’est le plus rentable de tous les trains corses. Chaque été, il connait un immense succès. "

En 2022, on en a eu plus de 200 000 entre l’Île-Rousse et Calvi, qui ont pris le train", 

se réjouit Pierre Fanti, chef de zone aux Chemins de fer de la Corse. Sur les derniers kilomètres, on distingue au loin la citadelle de Calvi. 45 minutes après le départ, tout le monde descend. 

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Pigna ne se visite qu'à pieds

 Entre Calvi et l’Ile-Rousse, en Balagne (Haute-Corse), se trouve le somptueux village de Pigna.

Maisons blondes, volets azurs, pierres et glaise : ses charmes sont multiples et sa communauté d’artistes et d’artisans fait de l’endroit l’un des plus singuliers de l’île.

Pigna est un village construit sur la roche, à 224 mètres d’altitude, au pied d’une montagne culminant à 562 mètres.

En 2014, l’INSEE y comptait 114 habitants, sans forcément tenir compte des chiens et des chats.

La particularité du village ? Seuls les piétons y sont autorisés ! Un parking existe pour les visiteurs, à l’entrée du village et il est payant.

Au diable la voiture donc, bonjour le calme des ruelles pavées et le chant de la nature. L’agitation des villes ne manque à personne en pareils lieux.

Au fil des années, Pigna est devenu le village des artisans et musiciens. Ses habitants ont su s’organiser en collectif dynamique, ce qui a empêché l’endroit de se dépeupler.

À force de restaurations, il a peu à peu retrouvé son lustre d’antan et reste peu prisé des touristes en été par rapport au reste de l’île, accessible en voiture.

Au sommet du village, une vue panoramique sur la baie d’Algajola, le village de Corbara et la mer, bien entendu. 

En plus de déambuler dans les ruelles, certains endroits sont à voir absolument : l’église de l’Immaculée Conception et ses deux clochers, par exemple. Elle a été construite à la fin du 19e siècle.

La fontaine du centre du village vaut également le détour. Enfin, puisque l’endroit s’y prête, ne partez pas de Pigna sans visiter ses merveilles artisanales : céramiques, bijoux, instruments de musique, produits régionaux… Il y a des petites boutiques pour tous les goûts. 

Enfin, à Pigna, il n’est pas rare d’assister à plusieurs concerts tout au long de l’été. L’authenticité corse se trouve, en partie, ici. 

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