Friday, November 10, 2023

Ajaccio : Nouvelle étape pour le projet de construction de la future centrale du Ricanto

 Attendue de longue date, la construction de cette infrastructure destinée à remplacer la vieillissante centrale du Vazzio sera soumise à enquête publique à compter du 25 septembre 2023. Une étape préalable au lancement des travaux qui pourraient enfin débuter mi-2024.

Très vieillissante, l'actuelle centrale du Vazzio située à l'entrée d'Ajaccio doit être remplacée par une nouvelle centrale plus performante. EDF PEI espère une mise en fonctionnement de cette nouvelle centrale du Ricanto à horizon 2027.

C’est un projet attendu depuis près d’une quinzaine d’années, qui prend enfin un tournant concret. La construction de la future centrale du Ricanto, portée par EDF Production Électrique Insulaire (PEI), va connaître une nouvelle étape ce lundi 25 septembre avec le lancement d’une enquête publique. 

Pour rappel, l’infrastructure a vocation à remplacer la centrale du Vazzio, installée en 1982 à l’entrée d’Ajaccio, qui est aujourd’hui très vieillissante. 

« La construction d’une nouvelle centrale vise à satisfaire le besoin en électricité de la Corse, en particulier de la région ajaccienne, et à permettre de le faire avec des performances, notamment environnementales, bien meilleures », indique Cédric Dupuis, directeur du projet. 

Alors que le Vazzio continue encore de fonctionner au fioul lourd, générant des émissions très polluantes, la question du combustible qui alimentera la nouvelle centrale est en effet longtemps restée posée. Si le gaz avait été envisagé, de longues années d’études techniques et d’appels d'offres infructueux ont enterré cette possibilité trop compliquée à mettre en place, retardant un peu plus le le projet de construction. Finalement, au mois de mars dernier, la Collectivité de Corse, en concertation avec l'État et le ministère de la transition de la transition écologique ont tranché en faveur de la biomasse

« C’est un combustible végétal renouvelable qui non seulement a des émissions polluantes très faibles, mais également, à la différence du gaz, qui a aussi des émissions de CO₂ très faibles. Donc, c’est un choix qui est relativement logique en 2023 », souligne Cédric Dupuis en notant que cette décision a « donné un coup de boost au projet ». 

« Cela a permis de déposer des dossiers de demande d'autorisation pour la construction et l'exploitation de la nouvelle centrale au mois d'avril. Il s'en est suivi une période d'instruction par les services concernés. Le 25 septembre, nous passons donc à la mise en enquête publique pour une durée d’un mois afin de recueillir toutes les observations, questions, et commentaires des personnes intéressées par ce dossier. Un registre sera mis en place physiquement en mairie et il sera également possible de participer sur Internet* », explique le directeur du projet en détaillant les prochaines étapes : « Puis, si cette enquête publique se déroule normalement, le préfet devra préparer un arrêté préfectoral qui autorise l'exploitation et la construction de la centrale début 2024. Nous attendons également d'autres autorisations, notamment des celle de la Commission de Régulation de l’Énergie (CRE), que nous espérons également recevoir au premier trimestre. Toutes ces autorisations nous permettront de démarrer le chantier à la mi 2024, si tout se passe bien ».

Suivra ensuite une période de travaux d’au moins trois ans avant la mise en service de la future centrale du Ricanto et la déconstruction du Vazzio. Les fameuses cheminées rouges et blanches ne devraient donc pas disparaitre du paysage avant au moins 2027. 

 * Pour participer à l’enquête publique à partir du 25 septembre 9h : https://www.registre-dematerialise.fr/4828/

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45 millions de bouteilles de vin produites en Corse en une année

 45 millions, c'est le nombre de bouteilles de vin produites en Corse en une année. 

Il y a 295 producteurs, 4 caves coopératives et 135 caves particulières avec 5 838 hectares de vignes

336 500 hectolitres de vin, 68% de rosé, 18% de rouge et14% de blancs secs et liquoreux sont consommés à 45% sur le continent, 35% en corse et 20% ailleurs dans le monde entier. 

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« Construire est devenu un acte de bravoure »

 Jean-François Luciani, président de la fédération du BTP de Corse-du-Sud : « Construire est devenu un acte de bravoure »

À l'occasion des Rencontres des Métiers du Gros Œuvre, qui se déroulaient au Palais des Congrès d'Ajaccio jeudi, vendredi et samedi du 21 au 23 septembre 2023 le président de la fédération du BTP de Corse-du-Sud, Jean-François Luciani, est revenu pour CNI sur la situation actuelle de la construction en Corse. Entre inflation, taux d'emprunt qui augmentent et raréfaction des permis de construire, 2024 s'annonce d'ores et déjà difficile pour le secteur.

- Comment se porte le secteur du BTP aujourd’hui en Corse ?

- La fin d’année est conforme à ce qu’a été 2023, c’est-à-dire que nous sommes sur des domaines d’activités intéressants avec des permis qui ont été octroyés il y a quelques mois, voire quelques années, donc on termine ces chantiers en cours. 2024 s’annonce en revanche beaucoup plus inquiétant pour plusieurs raisons, à commencer par l’augmentation du coût des matières premières qui a conditionné une augmentation générale du coût de la construction. Il est certain que la tendance qui a été de tout construire pendant des années a fait que les matériaux ont flambé. La guerre en Ukraine a aussi fait que tous les matériaux ont connu une hausse assez conséquente allant de 40% pour certains à 100 ou 150% pour d’autres. D’autre part, la rareté des terrains à construire a incidemment augmenté leur prix. Et puis enfin, il y a aussi une augmentation des taux des prêts bancaires. In fine, l’économie générale de la construction se retrouve très impactée par tout cela. Construire aujourd’hui est devenu un acte de bravoure.

- Vous en parliez, la conjugaison de l’inflation, des taux d’emprunt qui augmentent, ainsi que de la difficulté d’obtenir un permis de construire ont-ils contribué à ralentir le marché de la construction neuve en 2023 ?

- Le marché de la construction est en train de s’écraser. Mais c’est surtout sur 2024 où nos plus grosses inquiétudes font jour puisque nous sommes confrontés à une baisse très conséquente des volumes de mètres carrés à construire.  

- Cette crise importante a-t-elle déjà conduit des acteurs de la fédération du BTP de Corse-du-Sud à devoir cesser leurs activités ?

- Pour l’instant, nous n’en sommes pas encore là. Mais nous avons des alertes qui sont aujourd’hui très inquiétantes, aussi bien au niveau du tribunal de commerce que du réseau de la fédération du BTP. On constate que toutes les régions de France sont touchées par cette forte déflation.

- Au niveau local, on sait que d’autres problèmes viennent également contrarier le secteur de la construction. Au cours des derniers mois, on a ainsi vu des attentats se multiplier contre des immeubles en construction, voire contre des engins appartenant à des entreprises de BTP. On se souvient d’ailleurs du communiqué que les fédérations corses avaient publié il y a quelques mois afin de marquer leur inquiétude. Quel impact cette situation a-t-elle eu ?

- Cela a plutôt eu un impact sur le fondement de ce que nous sommes. Nous sommes des constructeurs, donc nous avons simplement le devoir de réaliser ce qu’on nous commande. Nous ne sommes pas des politiques, nous n’agissons pas sur l’aménagement du territoire, et donc nous sommes des acteurs économiques qui font des choix en matière de construction, mais pas décideurs. Nous construisons là où d’autres ont fait le choix de permettre de construire. La morosité qui a atteint ceux qui ont été victimes de tels agissements nous a secoués, mais il y a là-dessous un point politique qui concerne une vision de l’aménagement du territoire qu’il faudra avoir en Corse à un moment donné. Nous sommes solidaires vis-à-vis de ceux qui ont été victimes de tels actes parce qu’ils ont simplement eu le devoir de réaliser la commande qu’on leur a passée. 

- Dans un autre registre, face à la multiplication des épisodes de canicule, le secteur doit également s’adapter. Des évolutions qui vont conduire à changer un peu le métier ?

- Nous sommes forcés de nous adapter, notamment en matière de méthodologie de travail, car le capital d’une entreprise ce sont ses salariés. Préserver nos équipes et les faire travailler dans les meilleures conditions c’est un devoir de chef d’entreprise. Et puis les matériaux vont également sûrement évoluer pour être plus à même d’être mis en œuvre dans des conditions difficiles. 

- Quelles sont les perspectives pour 2024 ?

- Une baisse très inquiétante au niveau du neuf. La rénovation énergétique est le domaine vers lequel les entreprises qui faisaient du tout construire devraient pouvoir effectuer une mutation et retrouver un volume d’affaires assez conséquent. Mais cela ne se fait pas en quelques heures, il faut modifier la structure même de l’entreprise, s’adapter, découvrir cette activité. Ce secteur d’activité n’est pas encore complément épanoui. C’est un domaine sur lequel nous avons de fortes espérances, mais le volume d’activité aujourd’hui disponible pour que l’on puisse travailler n’est pas à la mesure de ce que l’on pourrait escompter. 

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https://www.corsenetinfos.corsica/Jean-Francois-Luciani-president-de-la-federation-du-BTP-de-Corse-du-Sud-Construire-est-devenu-un-acte-de-bravoure_a73703.html

Bastia : sept 2023, restauré, le tableau de « La Visitation » retrouve A Scala Santa

 Le tableau, bien dégradé, avait été décroché de la chapelle Notre-Dame de Monserato en juin 2022 pour être confié à la SCCR (Société vorse de conservation et de restauration) installée à Speloncato.

La chapelle de Notre-Dame de Monserato située sur les hauteurs de Bastia est depuis 1995 inscrite au titre des Monuments historiques. Cet édifice religieux appartenant à la mairie de Bastia est chargé d’histoire.

Fondée au XVIe siècle, la chapelle fut gravement endommagée lors des combats de 1761 entre Génois et Corses.

Plus tard, après que Napoléon 1er en conflit avec le Pape Pie VII a exilé à Bastia 424 membres du haut clergé romain, des dons affluèrent. Si la restauration de sa façade fut réalisée sous le Second Empire en 1860, avant même cela, en 1816, le Pape avait donné son autorisation de construire à l’intérieur une « Scala Santa », un Escalier saint, en référence à celui du prétoire de Jérusalem gravi par le Christ lors de son jugement par Ponce Pilate qui décida sa crucifixion.

Il comporte 27 marches et conduit à un autel situé à 6 mètres du sol.  

«Cette Scala Santa correspond à une pratique religieuse rare, très liée à la piété baroque » souligne Philippe Peretti, adjoint au maire de Bastia, délégué au patrimoine et au mécénat. «Cette chapelle est très composite puisqu’elle contient des éléments des 17, 18 et 19e siècles. Chaque année la mairie dépense environ 1 million d’euros pour toutes ses églises. Actuellement la municipalité s’attelle à la rénovation de deux édifices patrimoniaux en plein cœur de la Citadelle : l’oratoire Sainte-Croix et la façade de la Cathédrale Sainte-Marie».

L’Escalier saint ne fut finalement réalisé qu’en 1884 grâce notamment aux dons des religieux exilés sous Napoléon 1er et en reconnaissance à l’hospitalité des Bastiais.

La chapelle avait également souffert des bombardements en 1943.Elle a été rénovée en 1977.

Outre des statues, dont une génoise de marbre blanc de 1637, la chapelle contient aussi des tableaux. Parmi ceux-ci « Le Martyre de Sainte-Félicité et de ses fils Alexandre, Vital et Martial », une œuvre attribuée au peintre bastiais Anton Benedetto Rostino (1750-1821), inscrite au titre des Monuments historiques, restaurée en 2019 par la Mairie de Bastia.

Autre tableau remarquable, « La Visitation ». Cette toile de l’artiste-peintre d’origine napolitaine Marc’Antonio De Santis, installé à Bastia au milieu du 17e siècle. Il y décédera en 1681.

La toile de 194 X 120 cm représente une scène biblique tirée des textes de l’apôtre Luc (1.39-45). La Vierge en visite chez des cousins. On la voit embrasser Sainte-Elisabeth sur le seuil de la maison avec à ses côtés Saint-Zacharie et Saint-Joseph.

Bien dégradé, la municipalité avait alors débloqué un budget de 17 220 euros pour le restaurer, travaux de restauration confiés à la spécialiste Ewa Poli de la SCCR.

L’accrochage du tableau s’est fait en présence de Philippe Peretti, Caroline Michel, directrice des services du Patrimoine, de la société SCCR et de Pascal Costa, gardien des lieux.

Si la Chapelle est dédiée à Notre-Dame de Monserato, honorée tous les ans le 2 juillet, on y cultive aussi le culte de Saint Pancrace avec messe et procession le 12 mai. Une association est en cours de création autour de Pascal Costa, le gardien bénévole de la chapelle.

Référence

https://www.corsenetinfos.corsica/Bastia-restaure-le-tableau-de-La-Visitation-retrouve-A-Scala-Santa_a73750.html

L'Espagnole Volotea indique avoir proposé une offre "historique" pour relier la Corse à la France continentale

L'Espagnole Volotea indique avoir proposé une offre "historique" pour relier la Corse à la France continentale entre juin et août 2023. 

L'Espagnole Volotea, première compagnie aérienne à bas coûts à avoir posé sa candidature à la délégation de service public (DSP) aérienne entre la Corse et la France continentale, suscitant des inquiétudes concernant l'emploi, annonce vouloir ouvrir une base dans l'île. La compagnie, dont la France est le marché principal avec 740 emplois directs, assure dans un communiqué publié lundi avoir proposé une offre «historique» pour relier la Corse à la France continentale entre juin et août, avec 
«450.000 sièges», en hausse de +16% par rapport à 2019, et «plus de 2700 vols avec un taux de remplissage de 95%». «Forte de ses bonnes performances, Volotea compte y ouvrir prochainement sa première base», indique la compagnie qui propose neuf destinations depuis les quatre aéroports corses: Bordeaux, Brest, Caen, Lille, Lyon, Montpellier, Nantes, Strasbourg et Toulouse. «Nous avons considérablement amélioré la connectivité de la Corse» et «notre candidature à la DSP est une nouvelle étape dans notre engagement en faveur de la Corse», assure le PDG et fondateur de la compagnie, Carlos Muñoz dans ce communiqué.

Stupeur et inquiétude

Cette candidature pour la DSP aérienne 2024-2027 a suscité stupeur et inquiétudes dans l'île. La compagnie, qui exerce déjà une DSP entre Tarbes-Lourdes et Paris-Orly, a postulé sur les lignes Paris-Orly et Marseille au départ d'Ajaccio et de Bastia, en demandant des compensations financières de 50 millions d'euros contre 96 millions pour Air Corsica-Air France, qui étaient les seules compagnies candidates pour cette DSP depuis 1998, a précisé à l'AFP une source proche du dossier. Une DSP remportée par Volotea ferait peser des craintes quant à la survie même d'Air Corsica, créée en 1989 par l'Assemblée de Corse et dont la Collectivité de Corse est actionnaire majoritaire, avec 66,8% du capital, et de ses 770 emplois. «Si la compagnie devait être retenue pour la desserte de nouvelles routes en Corse, elle s'engage fermement à faciliter la création d'emplois au niveau local», tente de rassurer la compagnie espagnole.

L'Assemblée de Corse doit attribuer en novembre cette DSP qui débute au 1er janvier 2024 et représentait entre 90 et 95 millions d'euros par an d'aides publiques pour la DSP actuelle. Volotea fait par ailleurs partie des 17 compagnies aériennes visées par une plainte de 23 associations de 19 pays qui les accusent d'écoblanchiment et de «pratiques commerciales trompeuses». 

Référence

https://www.corsenetinfos.corsica/La-compagnie-aerienne-Volotea-veut-seduire-la-Corse_a73784.html

"Un CHU pour la Corse"

Le texte plaidant en faveur de la création d'un Centre Hospitalier Universitaire (CHU) en Corse rassemble une trentaine de signataires, parmi lesquels on compte des professeurs hospitalo-universitaires en poste ou à la retraite, dont font partie Josette Dall'Ava-Santucci et Laurent Papazian.

La Corse doit pouvoir être dotée d’un CHU afin que soit enfin respecté le principe fondamental du Code de la Santé Publique : l’égalité d’accès aux soins, laquelle est sérieusement mise à mal par certaines particularités de plus en plus prégnantes.

Depuis 20 ans l’Université de Corse propose l’enseignement de première année des études médicales. Les étudiants admis en seconde année sont actuellement répartis entre les CHU de Marseille, Nice et Paris. Le projet est d’étendre l’enseignement à tout le premier cycle (3 premières années) en 2024 et 2025 afin que les étudiants de l’Université de Corse afin de repousser leur départ à partir de la 4e année. La Corse est marquée par un essor démographique important (plus de 350 000 habitants au dernier recensement) et une forte activité touristique l’amenant à devoir faire face au doublement de sa population en période estivale, mais dans les faits un surcroît de population s’étendant des vacances de printemps celles de la Toussaint. Le vieillissement de la population y est particulièrement important. Ainsi, en 2019, les plus de 60 ans représentaient près de 30% de la population insulaire. Le taux de pauvreté est supérieur à la moyenne française et le plus élevé pour les plus de 75 ans. L’offre hospitalière en Corse est portée par sept Centres Hospitaliers publics et huit établissements privés pour un total de 1000 lits de Médecine-Chirurgie-Obstétrique. Cette densité de lits (hors saison touristique) est inférieure à la moyenne française. Le taux de recours aux soins hors Corse atteint 20% avec 26 000 trajets depuis la Corse vers le continent pour un coût de trente millions d’euros (données CPAM).

Ces chiffres ne rendent pas compte de la pénibilité et des surcoûts pour les patients (titres de transport, ponctualité, accompagnants) avec à la clef, pour certains, une iniquité d’accès voire un renoncement aux soins. Il s’agit parfois de consultations ou d’actes mineurs pour des spécialités sous-représentées ou absentes sur l’île qui devraient être prises en charge en Corse. Paradoxalement, certaines activités très spécialisées dignes d’un CHU sont déjà présentes au sein des établissements insulaires telles que Procréation Médicalement Assistée, Centre de Ressources et Compétence de la Sclérose en Plaques, Centre Mémoire Ressources et Recherche, une activité de neuroradiologie interventionnelle ou une activité d’assistance respiratoire et cardiaque extra-corporelles. Le vieillissement de la population touche aussi les médecins dont l’âge moyen est plus élevé que la moyenne française.

Ainsi, les médecins de 70 ans et plus représentent 10% de l’effectif total. Lorsque l’on interroge les étudiants de l’université de Corse admis en seconde année et en cours de cursus, deux tiers seraient intéressés par le fait d’exercer tout ou partie de leur activité au sein du CHU de la Corse. Un travail récent montre que 70% des étudiants de l’université de Corse admis en seconde année ayant choisi la médecine générale une fois devenus Internes reviennent s’installer en Corse.

En revanche, seulement 30% de ceux ayant choisi une autre spécialité reviennent travailler en Corse. La création d’un CHU en Corse permettrait aux étudiants en médecine d’accomplir tout ou partie de leur cursus en Corse et d’y poursuivre leur carrière professionnelle. Les régions françaises métropolitaines qui ont le moins de médecins sont les mieux dotées en nombre de postes d’Internes. Sauf une. La Corse. La seule à ne pas disposer d’un CHU. L’Université de Corse abrite en son sein plusieurs unités de recherche (dans le domaine des maladies infectieuses, des mathématiques appliquées à la médecine, de la physique, de l’informatique, du vieillissement et un axe santé- environnement) qui pourraient permettre aux futurs hospitalo-universitaires de développer leurs projets de recherche.

Il ne s’agit pas d’universitaires tous les services hospitaliers insulaires, mais de cibler prioritairement (1) certaines spécialités où l’offre est faible ou nulle, et (2) certaines spécialités bien développées initiant déjà des projets de recherche clinique. L’originalité du projet construit à l’initiative de la Collectivité de Corse consiste à associer les établissements hospitaliers publics et privés (ainsi que les médecins libéraux) à travers un projet médical partagé et un conventionnement incluant les missions d’enseignement et de recherche. En effet, la complémentarité est impérative eu égard à l’isolement géographique de la Corse et à la population relativement peu nombreuse.

Ces synergies entre secteur public et secteur privé sont souhaitées par les tutelles et le CHU de la Corse serait en cette matière très innovant. Le travail préparatoire mené par un consultant a permis de mettre en lien tous ces acteurs désireux de construire ensemble ce projet visant aussi à étoffer l’offre de formation paramédicale (notamment pour les infirmières de blocs opératoires, les infirmières anesthésistes, les cadres de santé, les manipulateurs radio). Les paramédicaux sont des acteurs hospitaliers majeurs, s’engagent dans des tâches d’enseignement et de recherche, mais sont aussi la clef de la réussite d’une politique territoriale visant à développer et multiplier des parcours de soins et l’éducation thérapeutique.

La santé est en réalité un des principaux moteurs de la recherche et du développement dans les pays occidentaux. Ainsi, l’organisation des soins en Corse ne doit pas être considérée uniquement comme une charge pour la société, mais s’inscrire dans une dynamique qui favorise la création de richesses. Cette dynamique doit reposer sur des plateaux techniques performants, modernisés et attractifs et doit s’appuyer sur des structures de recherche de haut niveau et productives. En outre, cette dynamique pourra permettre tant aux soignants qu’à la population de se projeter dans un avenir plus sécurisé.

Le CHU doit permettre cela tout en conservant et développant les synergies déjà existantes avec les autres établissements hospitaliers et universitaires, s’appuyer sur celles-ci pour se construire et en créer de nouvelles qui favorisent à la fois l’échange et la progression du savoir. Il s’agit d’un objectif très ambitieux, mais tout à fait réaliste à nos yeux.

Professeurs des universités, médecins hospitalo-universitaires exerçants ou ayant exercé en CHU, nous soutenons le projet de création du CHU de la Corse.

Patrick Barbet, Paris

Marc Bazot, Paris

Dominique Barbolosi, Marseille

Sofiane Bendifallah, Paris - Jean-Michel Bartoli, Marseille

Jacques-Charles Bertrand, Paris

François Carré, Rennes

Yves- Sébastien Cordoliani, Paris

Dominique Crenesse, Nice

Josette Dall’Ava-Santucci,, Paris

Jean- François Dhainaut, Paris

Gilles Dhonneur, Bastia

Anh Tuan Dinh-Xuan, Paris

Christophe Doddoli, Marseille

Pierre Gastaud, San Fiurenzu

Jean-Michel Gracies, Bastia

Noël Graziani, Marseille

Dominique Grisoli, Marseille

Francine Leca, Paris

René-Paul Louis, Marseille

Guy Moulin, Marseille

Franck Paganelli, Marseille

Jean-Roch Paoli, Bastia

Laurent Papazian, Bastia

Didier Payen, Paris

Marie-Laurence Poli-Merol, Reims

Daniel Sereni, Paris

Andreas Stein, Marseille

Bertrand Souweine, Clermont-Ferrand

Lionel Velly, Marseille

Paul-Julien Venturini, Corti -

ean- Philippe Verhoye-Rocchesani, Rennes

Référence

https://www.corsenetinfos.corsica/TRIBUNE-Un-CHU-pour-la-Corse_a73797.html

Wednesday, November 8, 2023

1er octobre 2023: A Rome, devant 800 Corses, François Bustillo célèbre la première messe de son cardinalat

 Dimanche 1er octobre, lendemain de sa création, son éminence François Bustillo a présidé sa première messe en tant que cardinal en la basilique des Apôtres à Rome.

Quel bonheur d'être là aujourd'hui devant les gens que j'aime. Quelle joie de célébrer ici aujourd'hui avec vous, cardinal Mamberti, l'ange qui m'a annoncé en premier ma nomination, ma famille, avec d'autres prêtres de Rome, mes amis du monde associatif sportif culturel universitaire politique. Mes amis, c'est un privilège pour moi de vous avoir ici", ce sont les premiers mots du nouveau cardinal, dans une église pleine de pèlerins Corses.

Au premier rang, on trouvait plusieurs maires et élus de l'île, l'ambassadeur de France au Vatican, le président de l'exécutif corse, Gilles Simeoni, et la mère du cardinal, dont l'ascension rapide vers Rome a été remarquable. Il y a moins de deux ans et demi, le franciscain de 54 ans était consacré évêque d'Ajaccio, et le voilà aujourd'hui revêtu de la pourpre cardinalice. "Je n'ai pas postulé", plaisantait-il encore il y a quelques jours, étant le premier évêque à devenir cardinal pendant son épiscopat en Corse.

L'unité et la cohérence avant tout

"Cherchez l'unité non seulement dans vos paroles, mais également dans vos actes et votre manière de vivre. Évitez la tentation constante de la division. Il ne suffit pas d'aller à la messe si vous n'êtes pas cohérents dans vos vies. Faut que les paroles se traduisent en actes. ", a-t-il exhorté avant de remercier, une fois de plus, les Corses d'avoir fait le déplacement jusqu'à Rome "un témoignage de votre amitié" . Et en se remémorant la ferveur manifestée par les 800 insulaires présents la veille sur la place Saint-Pierre, qui l'avaient ovationné au moment de sa création comme cardinal. "Le pape François n'a pas manqué de remarquer votre présence hier lors du Consistoire. 'Mon peuple est bel et bien vivant', lui ai-je répondu", dit-il, provoquant les rires des fidèles.

L'élévation du Cardinal Bustillo en tant que premier évêque de Corse à recevoir cette distinction a indéniablement marqué un moment d'importante présence corse à Rome. "Hier tout le monde a pu se rendre compte de l'enthousiasme des Corses." souligne le Cardinal Mamberti à la sortie de la messe. "La presse a parlé, d'ailleurs, du fait que son nom avait été acclamé par les Corses."

Selon le prélat originaire de Vico, le Cardinal Mamberti , la nomination de Mgr Bustillo, d'abord en tant qu'évêque d'Ajaccio, représente un don précieux du Seigneur à la Corse. 

"Aujourd'hui, en tant que cardinal, il devient non seulement un collaborateur du Saint-Père, mais il apportera également une contribution significative à l'Église en Corse et à l'Église universelle. Sa ferveur évangélisatrice et son enthousiasme seront des atouts précieux." 

Référence

https://www.corsenetinfos.corsica/EN-IMAGES-A-Rome-devant-800-Corses-Francois-Bustillo-celebre-la-premiere-messe-de-son-cardinalat_a73878.html