Wednesday, November 8, 2023

2 octobre 2023: Nicolas Sarkozy « La Corse c’est la France »

 Quatre jours après la visite d’Emmanuel Macron en Corse, c’est un ancien Président de la République qui s’est à son tour exprimé sur l’avenir institutionnel de l’île. Invité de la matinale de RTL ce lundi, Nicolas Sarkozy a été interrogé par la journaliste Amandine Bégot sur son avis sur une possible autonomie de la Corse.

 « J’aime la Corse profondément », répond d’emblée ce dernier en assurant qu’il a été l’ancien ministre et Président qui a été « le plus souvent en Corse ». De facto, il se pose en connaisseur du dossier et pointe un dossier « passionnant » mais « très difficile ».

« Je voudrais dire une première chose, c’est que la Corse c’est la France et je suis persuadé que l’immense majorité des Corses aiment la France et sont dans la République française », estime-t-il en concédant toutefois qu’« on ne gère pas la Corse comme on gère les Hauts de Seine ». « Donc qu’il y ait une application spécifique ne me gêne pas », affirme-t-il. 

Toutefois, pour l’ancien Président de la République, « l’autonomie ne doit être ni un chiffon rouge, ni la panacée ». « Ce n’est pas parce que vous donnez l’autonomie à la Corse que vous réglerez le problème, mais ce n’est pas non plus parce que vous vous braquez sur l’unité de la République que vous réglerez le problème », explique-t-il en déroulant : « Je prends un exemple, en Corse au village, les grands-parents parlent à leurs petits-enfants en corse. Cumu và ? Va bè. Ce n’est pas pour ça qu’ils ne sont pas français. Et je ne voudrais pas qu’on laisse la langue corse otage des indépendantistes. Dans le même temps, l’autonomie ne doit pas conduire les Corses qui veulent être Français seuls face aux indépendantistes ».

Ainsi, Nicolas Sarkozy insiste encore sur le fait que l’évolution institutionnelle de l’île « est un dossier complexe » et conclut : « Je pense que la solidité de l’unité de la France passe plus par la souplesse d’organisation que par la rigidité de l’organisation ». 

https://www.corsenetinfos.corsica/Nicolas-Sarkozy-La-Corse-c-est-la-France_a73880.html

3 octobre 2023 Insee : La Corse reste la région métropolitaine la plus touchée par la pauvreté

Ce mardi, l'Insee présentait les résultats de son panorama de la pauvreté. Avec 18% de taux de pauvreté, la Corse s'illustre une nouvelle fois comme le territoire métropolitain le plus touché.

La Corse est la région métropolitaine qui affiche le taux de pauvreté le plus élevé. C’est ce qui ressort du panorama de la pauvreté que l’Insee a publié ce mardi 3 octobre 2023. Cette étude à paraitre dans 14 régions et qui fait suite à une convention nationale avec la Délégation Interministérielle à la Prévention à la Lutte contre la Pauvreté, a été réalisée sur l’île en partenariat par l’INSEE et let le préfet représenté par le Commissaire à la lutte contre la pauvreté, Didier Medori. « Elle s’inscrit dans le cadre d’un diagnostic territorial qui va être posé par les services de l’État d’ici la fin 2023 », précise ce dernier en dévoilant que ce diagnostic servira de base pour définir le pacte territorial de solidarité que l’État souhaite construire avec la Collectivité de Corse pour la période 2024-2027 et qui visera à mettre en œuvre un certain nombre d’actions concrètes pour lutter contre la pauvreté. 

De facto, afin de dresser une photo la plus précise de la situation sur le territoire, la publication s’astreint tout d’abord à constater l’état de la pauvreté numéraire. 

« Nous nous sommes basés sur un taux de pauvreté défini par des revenus inférieurs à 60% des revenus médians de la population de France métropolitaine, ce qui correspond à 1120 euros par mois pour une personne seule et 2350 euros pour un couple avec deux enfants », indique Arnaud Huyssen, chef de projet à l’Insee Corse en reprenant : « D’après cette définition, le taux de pauvreté en Corse s’élève à 18% de la population ». Un taux qui place l’île 4 points au-dessus de la moyenne de France métropolitaine.  « Cela représente 30 000 familles et à peu près 63 000 hommes et femmes en Corse qui vivent sous le seuil de pauvreté », vient compléter Didier Medori qui pointe que « 40% de ces personnes vivent dans les agglomérations d’Ajaccio et Bastia »

En outre, l’étude relève des divergences entre les deux départements insulaires. « En Haute-Corse, le taux de pauvreté est de deux points supérieur à la moyenne régionale et atteint 20% », observe Arnaud Huyssen en notant qu’elle est ainsi 3ème sur le podium des départements où le taux de pauvreté est le plus élevé en France métropolitaine « juste derrière la Seine Saint Denis et les Pyrénées Orientales ». La Corse-du-Sud affiche pour sa part un taux de pauvreté de 16%, et se place à la 19e place départements les plus pauvres de France métropolitaine.

Pour comprendre cette différence, l’Insee avance que la Haute-Corse est « un territoire plus rural avec des personnes plus âgées ». 

Or, l’étude fait en effet ressortir que l’âge est bien le premier critère de pauvreté sur l’île, les plus de 60 étant les plus touchés, alors qu’ailleurs le taux de pauvreté a plutôt tendance à diminuer avec l’âge. 

En Corse, 19% des 75 ans et plus vit d’ailleurs sous le seuil de pauvreté contre 10% en France métropolitaine. À l’autre extrémité de la pyramide des âges, les moins de 30 ans sont également particulièrement touchés avec près d’un jeune sur quatre qui se trouve en situation de pauvreté.

Les retraités frappés de plein fouet par la pauvreté en Corse

Par ailleurs, l’Insee met également en lumière que le taux de pauvreté dépend aussi de son lieu de résidence, les territoires isolés étant les plus concernés par le phénomène. Un taux de 22% de pauvreté est ainsi enregistré dans les communes rurales non périurbaines de l’île, contre 14% au niveau national dans ce type de communes. « Du coup, ce sont logiquement les EPCI les plus rurales qui ont les taux de pauvreté les plus élevés », souligne Arnaud Huyssen en visant notamment l’Oriente (27%) et la Castagniccia-Casinca (24%). « Ces deux EPCI font partie des EPCI de France métropolitaine où la pauvreté est la plus forte », insiste-t-il en livrant par ailleurs : « On note aussi des taux de pauvreté élevés dans les EPCI à orientation plutôt touristique, comme les intercommunalités de Calvi (22%), ou de l’Ile-Rousse Balagne et du Sud Corse avec 20% ». A contrario, les EPCI urbains enregistrent des taux de pauvreté plus faibles, à l’instar de l’intercommunalité ajaccienne (14%). 

Dans une seconde partie, l’étude s’astreint par ailleurs à établir une typologie des ménages pauvres grâce à des profils sociodémographiques. « En Corse, la grosse particularité c’est que trois profils regroupent 80% des ménages pauvres », note Arnaud Huyssen. Les non insérés sur le marché du travail et locataires dans le parc privé comptent ainsi pour 20% des ménages pauvres, les travailleurs pauvres pour 16% et surtout les retraités qui affichent un taux de pauvreté 43% contre 27% en France métropolitaine. « En outre, ce sont les EPCI les plus ruraux qui regroupent les plus forts taux de ménages retraités parmi les ménages pauvres », signale le chef de projet de l’Insee en visant les communautés des communes Spelunca-Liamone (55%), Pasquale Paoli (52%) et Oriente (50%). 

Enfin, l’étude avance que trois résidents sur quatre en Corse vivent dans un territoire « fragilisé » et note qu’avec 40% des EPCI insulaires touchés, la situation de tension face au logement est le facteur qui accroit le plus le risque de pauvreté. 

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Oct 2023: le 3ème congrès de la CGT Énergie Corse

 Jeudi 5 et vendredi 6 octobre avait lieu à Porticcio  le 3ème congrès de la CGT Énergie Corse. L’organisation, majoritaire dans le domaine de l’énergie, représente environ 500 syndiqués, dont 350 actifs sur les 800 que compte la Corse. Après 4 années de mandat, Xavier Nesa a passé la main à un autre syndicaliste, Michel Fazzini.

Les deux hommes qui se connaissent bien ont travaillé plus d’un an et demi, main dans la main, sur les dossiers en cours et ceux à venir, afin de préparer la passation. De sa mandature, Xavier Nesa retient des points qui lui tenaient à cœur, comme l’avancée sur la centrale du Ricanto, dont les travaux devraient débuter au 1er semestre 2024, “pour nous c’est une grande victoire, nous avons mis 11 ans à convaincre les politiques, l’entreprise et les associations du bien-fondé du renouvellement de cette centrale”. 

Le second point est celui des concessions gazières d’Ajaccio et de Bastia qui sont toujours en cours de discussion, dont le groupe ENGIE voulait abandonner l’activité gazière depuis 2017 à cause d’un déficit de 10 millions d’euros par an. 

“L’amendement voté fin 2022 par l'État permet une compensation de ces déficits qui fait qu’aujourd’hui ENGIE reste sur le territoire Corse, et continuera l’activité gazière pendant au moins une quinzaine d’années. En termes d’emploi, si l’on cumule ces 2 chantiers, cela représente pratiquement 170 postes, et c’est une grande victoire pour nous. Notre troisième axe était celui d’améliorer le pouvoir d’achat des agents, et sur ce dossier nous avons signé des accords avec la direction qui permettent des niveaux de rémunération supplémentaires. De même que nous avons pu investir 6 millions d’euros dans la rénovation du centre de Borgo et débuter celle du centre de Marinca”.

À la tête des Activités Sociales de l'Énergie depuis 2017, président de l’Union Territoriale Corse CMCAS (jusqu’à fin novembre), membre de diverses commissions exécutives et de bureaux, Michel Fazzini prend désormais la tête de l'organisation et se prépare à une tâche exigeante. Homme de convictions depuis toujours impliqué dans le milieu syndical qui prend aujourd’hui le poste de secrétaire général. Michel Fazzini prend ses nouvelles responsabilités comme un sacerdoce et avec l’engagement et le dévouement qu’on lui connaît, la tâche des 4 prochaines années ne sera pas de tout repos.
 “Être à la tête d’un organisme ne signifie pas décider tout seul. On est un collectif, on travaille ensemble, on se voit régulièrement et on décide toujours ensemble. Mon rôle sera une nouvelle fois d’animer, de mettre en débat, d’écouter, pour prendre une décision collective. Il y a des enjeux importants, encore plus sur le secteur de l’énergie. Aujourd'hui c’est un bien qui est central y compris dans les projets d’avenir de mobilité électrique, les nouvelles technologies. Il y a donc une dimension stratégique de ce que nous produisons et ce que nous distribuons, qui confère de fait pour le secrétaire général de la CGT, organisation majoritaire à EDF, une énorme responsabilité. Mais moi je n’invente rien, je ne fais que poursuivre ce qui a été initié par mes prédécesseurs. Notre feuille de route n’est pas compliquée : l’emploi, les conditions de travail et de salaire, mais nous luttons également pour avoir un service public fort, ici en Corse comme sur le continent. Dans un contexte ultralibéral de démantèlement du secteur public de l’énergie, on se bat, on est un peu à contre-courant. On fait en sorte de préserver, de défendre ce qui nous a été légué, à nous et aux usagers. C’est une dimension qui nous est également très chère. Parmi ce que l’on porte, il est essentiel d’expliquer aux usagers, mais aussi aux acteurs institutionnels que l’énergie ne vient pas toute seule. Il faut la produire, et pour cela il faut des outils qui fonctionnent avec des combustibles. C’est tout le débat. Il faut arriver à avoir à la fois des outils performants pour les Corses, pour préserver l’emploi, mais on se bat également pour avoir des effectifs à hauteur du service public. Aujourd’hui dans le rural en particulier, c’est de plus en plus difficile à cause de l’état des réseaux, de l’éloignement, etc. Baisser les effectifs c’est inexorablement baisser la qualité du service public, surtout dans un territoire comme le nôtre. On porte l’idée d’un service public performant, qui dépanne à toute heure, qui est présent sur le terrain. La mission de service public est chevillée au corps des électriciens et gaziers, les jeunes sont attachés à ça et réclament des moyens, des effectifs. L’énergie n’est pas une marchandise comme les autres, c’est vital”. détaille-t-il.

Beaucoup de chantiers

Le nouveau secrétaire général compte également faire émerger des cartons des projets comme les STEPS, des stations de transfert d'énergie par pompage qui fonctionnent en circuit fermé. 
“On milite sans cesse pour que les différents acteurs s’entendent au niveau de la création d’ouvrages hydro-électriques notamment, et la CGT continuera à se bagarrer pour que la décision politique puisse être prise au bon moment. Le temps politique et le temps industriel sont 2 choses complètement en décalage. Lorsque la décision politique est prise, le temps de la mise en œuvre est beaucoup trop long”, regrette-t-il. 

Toujours respectueux des batailles et des engagements de ses aînés, avides de justice sociale, Michel Fazzini rappelle que 
“ce sont nos anciens qui ont financé ce service public depuis 1946. Ce sont toujours les contribuables qui payent et aujourd'hui certains veulent récupérer les outils et la marchandise et ça, c’est inacceptable pour nous. Aujourd’hui les usagers ne payent pas le prix de la production, ils payent le prix de la spéculation, des marchés, des intermédiaires qui font que ça grimpe sans cesse. L’énergie est instrumentalisée, c’est un secteur très juteux : 330 milliards d’euros par an que le monde du capital infiltre en permanence, et qui cherche à s’approprier ce bien commun. C’est intolérable !”. 

Fidèle à son entreprise, il est convaincu que la jeunesse corse y a toute sa place 
“le seul tissu industriel qui existe en Corse ce sont les centrales de production d’énergie et les barrages hydro-électriques. Point barre. Offrir des emplois qualifiés à haute technicité comme le fait EDF, qui permettent à des jeunes de rester en Corse, avec de vraies perspectives de carrière , pour nous c’est une richesse qu’on défendra bec et ongles jusqu’au bout”. 

Encore beaucoup de chantiers attendent le secrétaire général de la CGT Énergie Corse et son équipe, ce qui n’est pas pour lui déplaire. 
“L’emploi a toujours été et restera notre cheval de bataille. Nous travaillons dans l'intérêt des agents, mais également dans celui des usagers, il ne faut pas l’oublier. Notre fédération propose en permanence, elle n’est pas que dans l’opposition. Au niveau national, elle met des documents, des études, des projets sur la table, pour que demain on puisse avoir la souveraineté énergétique à des tarifs qui deviennent vivables. Nous avons notre rôle à jouer pour aboutir, on l’espère, à un raisonnement beaucoup plus sensé, plus humain, et au service de toute la population”.

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Covoiturage : En Corse, 60% d'inscriptions en plus sur la plateforme Blablacar Daily en 2023

 Le covoiturage gagne du terrain en Corse, et la plateforme BlaBlaCar Daily, spécialisée dans les trajets domicile-travail, connaît une activité record sur l'île. "Une hausse de 60 % des inscriptions a été enregistrée en septembre 2023, par rapport à septembre 2022," révèle l'entreprise dans un communiqué. 

Cette tendance s'explique principalement selon BlaBlaCar par la flambée des prix des carburants, qui atteignent actuellement la barre des 2 € le litre, incitent les conducteurs corses à rechercher des moyens de réduire leurs dépenses liées aux déplacements. Selon les données de la plateforme, le covoiturage régulier permet en effet de diviser par 2, voire par 3 ou 4, le coût d'un plein en transportant régulièrement des passagers en covoiturage. Cette économie se traduit par un coût du litre d'essence réduit à seulement 50 centimes, bien en deçà du prix exorbitant de 2 € affiché à la pompe. 

"Cette économie substantielle rend le covoiturage particulièrement attractif pour les conducteurs cherchant à maîtriser leurs dépenses en carburant, d'autant plus dans un contexte de hausse continue des prix à la pompe," souligne BlaBlaCar Daily.

Il n'est pas surprenant que le covoiturage se profile comme une solution à la fois pratique et économique pour faire face à la montée en flèche des prix des carburants en Corse. De plus, cette pratique contribue à réduire la congestion routière et les émissions de carbone dans la région. 

L'ile s'illustre d'ailleurs en tant que pionnière en la matière, avec le lancement de la première collaboration de BlaBlaCar Daily avec une collectivité régionale : la Communauté d'Agglomération du Pays Ajaccien a introduit son programme de covoiturage en partenariat avec Klaxit par BlaBlaCar Daily dès le 1er octobre. Cette initiative conjointe vise à atténuer la congestion routière, à diminuer les émissions de carbone et à fournir des solutions de mobilité plus efficaces aux habitants de la région. "Il s'agit d'une politique de soutien au covoiturage à l'échelle locale qui pourrait servir de modèle pour d'autres collectivités corses à l'avenir."souligne l'entreprise.

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https://www.corsenetinfos.corsica/Covoiturage-En-Corse-60-d-inscriptions-en-plus-sur-la-plateforme-Blablacar-Daily_a73918.html

le cardinal Bustillo, cardinal de la Corse

 Le dimanche 8 octobre 2023, plusieurs milliers de fidèles ont assisté aux messes d'action de grâce célébrées par son éminence François-Xavier Bustillo, qui a été élevé au rang de cardinal par le Pape le 30 septembre dernier à Rome.

La première messe a eu lieu le matin du lundi 9 octobre 2023, à 10 heures, en la cathédrale Santa Maria Assunta d'Ajaccio. L'église était comble, avec des fidèles venus des quatre coins de l'ile pour témoigner de leur affection envers leur évêque, désormais cardinal. L'atmosphère solennelle de la cérémonie a été accentuée par la présence de nombreux religieux et politiques, dont la présidente de l'Assemblée de Corse Nanette Maupertuis, le maire de la ville, Stephane Sbraggia et le député Laurent Marcangeli.

Plus tard dans la journée c'est à l'église Saint-Jean de à Bastia qui a eu lieu la seconde messe de grâce. Ici, l'arrivée du Cardinal a été saluée par des applaudissements et des acclamations enthousiastes. 

Dans son homélie, François Bustillo a exprimé sa gratitude envers les Corses pour leur présence et leur soutien indéfectible. Il a souligné le rôle central de la communauté dans son engagement religieux

 "Pour moi, un évêque seul, c'est un évêque triste. Un évêque entouré par son peuple, c'est un bonheur."

 Aujourd'hui, c'est un accueil d'un peuple heureux que vous m'avez réservé, et donc je suis un évêque heureux. Le Pape m'a confié une mission mais je suis serein car je ne suis pas seul, vous êtes avec moi. Merci pour ce que je reçois.

Le Cardinal François-Xavier Bustillo a tenu à rappeler qu'il restait l'évêque de Corse malgré son titre de cardinal nouvellement acquis. Il a conclu son discours en affirmant : 

"Maintenant, je suis le cardinal de Corse. C'est beau de porter ce titre et d'honorer mon peuple." 

Cette nomination revêt une signification particulièrement importante pour  les fidèles insulaires qui y voient une reconnaissance longtemps attendue pour leur île et leur évêque.

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https://www.corsenetinfos.corsica/A-Ajaccio-et-Bastia-le-cardinal-Bustillo-celebre-la-messe-devant-des-fideles-enthousiastes_a74044.html

Nuit bleue : pour Thierry Dominici, « le FLNC rappelle qu’il est lui aussi présent sur l’échiquier »

 Enseignant-chercheur en sciences politiques à l’université de Bordeaux, ce spécialiste du nationalisme corse, Thierry Dominici, originaire de Bastia, livre son analyse après la série d’attentats qui a touché la Corse dans la nuit de dimanche 8 octobre 2023 à lundi.

- Le FLNC vient de revendiquer une vingtaine d'attentats qui ont été commis aux quatre coins de la Corse dans la nuit de dimanche à lundi. Selon vous, qu'est-ce qui a motivé l’organisation de cette nuit bleue comme l’île n'en avait pas connu depuis des années, alors que la deuxième phase du processus d'autonomie a été lancée il y a quelques jours par Emmanuel Macron ?

- On pourrait être étonné parce que vu l'avancée du processus d’autodétermination, on aurait pu imaginer que le FLNC aurait pu rester dans cette logique de démilitarisation mise en place depuis 2014. Mais apparemment, en tant qu’acteurs potentiels du débat, il semblerait qu'ils réutilisent des modèles anciens, c'est-à-dire une nuit bleue.

- Dans ce communiqué très laconique, le FLNC écrit « Nous n'avons pas de destin commun avec la France ». N’est-ce pas quelque part aussi un message adressé à Gilles Simeoni qui parlait de construire une autonomie de la Corse dans le cadre de la République ?

- Je pense que c'est surtout un rappel du message que s'est donné le FLNC sur le champ politique. La volonté du Front depuis sa création, c'est l'indépendance. Obtenir un statut particulier, une reconnaissance de l'autonomie de la Corse, pour le FLNC, comme d'ailleurs pour les élus indépendantistes, cela n'a rien d'historique parce que pour eux, l'histoire de la Corse débutera avec l'indépendance et qu’il n’y a aucune histoire commune, aucun passé commun avec la France. 

- Est-ce que finalement, derrière cette vague d’attentats, on ne pourrait pas penser que l'objectif du FLNC est de faire avorter ce processus ?

- Je crois que l’objectif est surtout de rappeler à l'ensemble insulaire et notamment aux élus que le FLNC, au même titre que les indépendantistes qui sont dans l'opposition, est aussi un acteur concernant l'évolution du statut de l’île. 

- Vous le rappeliez, le dépôt des armes du FLNC en 2014 a permis de pouvoir ouvrir ces discussions avec le Gouvernement. La reprise active des attentats ces derniers mois, d'autant plus après le discours du Président de la République que d'aucuns qualifient d'historique, pourrait-elle mettre en danger le processus ? Est-ce que cela pourrait contraindre le gouvernement à faire un pas en arrière ?

- Je serais tenté de dire non parce que cela voudrait dire que le Gouvernement écoute des personnes qui ne sont pas élues et qu’il donne plus de caution à quelque chose qu’il considère comme finalement nébulaire, voire inexistant ou simplement confidentiel. Je crois qu'aujourd'hui, il faut voir les choses comme elles sont présentées, c'est-à-dire que l'espace public a toujours été laissé vacant aux indépendantistes depuis la victoire de 2015. Je pense aujourd'hui que par la voie des attentats, le FLNC rappelle qu’il est lui aussi présent sur l’échiquier et que la négociation se fait avec les élus, mais passe aussi peut-être par toute la famille indépendantiste, ainsi que par la société civile et notamment la jeunesse.

- Dans un précédent communiqué en date du 1er août dernier, le FLNC déclarait : « Aucun accord entre la Corse et la France ne pourra être qualifié d'historique tant qu'il n'entérinera pas la reconnaissance des droits du peuple corse sur sa terre comme seule communauté de droit ». Est- ce que selon vous, le fait qu'Emmanuel Macron n’ait pas prononcé certains mots dans son discours, dont notamment la notion de « peuple corse » a pu accroître la tension ?

- Le rôle du président de la Vème République, c'est de proposer des grandes lignes, ce n'est pas de mettre à plat les points cardinaux de la réforme institutionnelle. Ce n'est pas parce qu'il ne dit pas « peuple Corse » que les élus insulaires ne peuvent pas le mentionner dans le futur texte. Et puis, il a parlé de culture corse, il a parlé de tradition, et il a quand même fait une référence assez extraordinaire à la constitution de Pascal Paoli dans son discours. Il ne parle peut- être pas de peuple corse, mais il choisit de parler de nation corse en soulignant comment les Corses en 1755 étaient modernes. Ce discours correspond vraiment à la position du Président en vertu de l'article 5 de la Constitution qu’en tant que gardien des institutions, il ne peut donner que les grandes lignes, pas le projet dans sa globalité. Donc, attendre de lui qu'il parle de peuple corse, c'est assez étonnant. C’est comme attendre de lui qu’il parle par exemple d'autonomie législative, c'est un terme qu'il ne peut pas employer. Le droit constitutionnel le restreint dans sa position. 

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En 2024 un nouveau "métro maritime" entre l'Italie, la Corse et la Sardaigne par la compagnie maritime Moby lines

 A l'occasion d'un événement qui s'est déroulée le 7 octobre 2023 à Ajaccio, à bord du ferry Moby Orli, l'armateur italien Moby Lines a dévoilé ses projets pour la saison 2024. La compagnie maritime a annoncé le lancement de nouvelles liaisons entre l'Italie et la Corse et dont la ligne Ajaccio - Porto Torres.

Après une saison exceptionnelle, marquée par un doublement du nombre de passagers transportés et une demande touristique croissante pour la Corse, la compagnie maritime italienne Moby Lines a décidé de doper son offre sur la Corse en lançant deux nouvelles lignes qui viendront enrichir son réseau historique : 

  • Gênes-Bastia, Livourne-Bastia et 
  • Santa Teresa di Gallura-Bonifacio. 

 Gênes-Ajaccio-Porto Torres

La première des nouvelles lignes est la Gênes-Ajaccio-Porto Torres, "créée à la demande générale du public qui rejoint la Corse depuis tout le nord-ouest italien ou le sud-est français, mais aussi depuis le reste du Nord, de Suisse, d'Allemagne et du reste de l'Europe du Nord. Et avec une arrivée à Ajaccio, la possibilité de rejoindre la capitale ou le sud Corse - après une traversée de nuit confortable - sans file d'attente, économisant des heures de route sur le temps qu'il aurait fallu pour traverser toute l'île." détaille la compagnie. De plus, l'extension de cette ligne jusqu'à Porto Torres renforcera les échanges entre la Sardaigne et la Corse, tant sur le plan touristique que commercial.

Piombino-Bastia, offrira la liaison la plus rapide entre l'Italie et la Corse,

La deuxième nouvelle ligne, Piombino-Bastia, offrira la liaison la plus rapide entre l'Italie et la Corse, établissant ainsi une sorte de "métro maritime" entre les deux destinations.

Des traversées étalées sur l'avant et l'arrière saison

Autre annonce, pour permettre aux passagers de profiter de la Corse au printemps et au début de l'automne, saisons pendant lesquelles l'île offre une beauté naturelle unique, les lignes Gênes-Bastia, Livourne-Bastia partiront plus tôt (de Livourne dès mars) et se termineront plus tard. 

"De plus, les designs extérieurs des navires créés par les lauréats d'un concours organisé dans les écoles de design de Corse, mettent en avant des éléments emblématiques de la Corse, tels que la tête de Maure, tout en arborant la couleur bleue distinctive de Moby. " détaille la compagnie. 

Ces annonces ont été faites à bord du Moby Orli, le navire phare de la flotte Moby qui desservira la Corse. Entièrement rénové ce bateau propose 400 cabines de toutes catégories, des espaces communs modernisés incluant un restaurant, un bistrot proposant des produits corses, une pizzeria, et un caviste.

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