Wednesday, November 8, 2023

54 femmes et hommes issus de 15 pays viennent d'obtenir la nationalité française en Corse

 La Haute-Corse compte de nouveaux citoyens français. A l'occasion de trois cérémonies qui ont eu lieu mardi 10 et mercredi 11 octobre àde Bastia, 42 personnes ont officiellement reçu la nationalité française.

Ils sont désormais Français. 54 personnes se sont vu attribuer la nationalité française à l'occasion de trois cérémonies d’accueil dans la citoyenneté qui ont eu lieu mardi 10 et mercredi 11 octobre à Bastia présidées par le préfet de Haute-Corse, Michel Prosic, et par Yves Dareau, Secrétaire Général de la Préfecture de Haute-Corse et sous préfet de l’arrondissement de Bastia.

La première cérémonie 

La première cérémonie a rassemblé des participants de neuf nationalités différentes. Le Maroc a dominé les chiffres, avec six naturalisés, suivi de près par la Tunisie avec deux ressortissants, et également un représentant de la Pologne, de la Moldavie, du Bénin, de la Serbie, du Portugal, du Royaume-Uni et de l'Italie. Une caractéristique significative de ces cérémonies réside dans la présence des maires des communes de résidence des nouveaux citoyens. Parmi les 15 personnes honorées, cinq résidaient à Corte, trois à Ghisonaccia, trois à Penta-di-Casinca, trois à Aleria, et une à Cervione.

La deuxième cérémonie 

La deuxième cérémonie a vu 13 nouveaux citoyens, dont cinq provenaient de Calvi, et les autres de Calenzana, Lavatoggio, Monticello, Prunelli-di-Fiumorbu, Sainte-Lucie-di-Moriani, Santa-Reparata-di-Balagna, Solaro et Ventiseri. Huit nationalités étaient représentées, le Maroc se distinguant encore avec six naturalisés, suivies de la Pologne, de l'Espagne, de la Moldavie, de la Roumanie, de la Russie, du Royaume-Uni et de la Tchécoslovaquie, chacune ayant un nouveau citoyen.

La troisième cérémonie 

Lors de la troisième cérémonie, pas moins de 26 personnes étaient concernées, dont 19 résidaient à Bastia, deux à Furiani, deux à Biguglia, deux à Lucciana, et une à Borgo. Pour cette cérémonie, 11 nationalités sont représentées, issues du Maroc, qui compte le plus grand nombre de personnes naturalisées avec 12 personnes, la Roumanie avec 3 personnes, la Tunisie et l’Algérie avec 2 personnes ainsi que l’Albanie, l’Éthiopie, le Sénégal, l’Allemagne, la Côte d’Ivoire, la Pologne et Cuba qui comptent respectivement une personne.

En Haute-Corse 211 nouveaux français en 2022

Chaque année entre 90 000 et 150 000 personnes obtiennent la nationalité française. En 2022 en Haute-Corse ils ont été 211 a l'obtenir. Il existe trois grands modes d’acquisition : l’acquisition par décret, par déclaration (le plus souvent à la suite d’un mariage avec un Français) et de plein droit pour les jeunes étrangers nés et résidant en France lorsqu’ils deviennent majeurs, et au bout des 10 ans de résidence.

Voici pour la Haute-Corse les chiffres des 11 dernières années

Référence

Mgr Jean-Charles Thomas, évêque de Corse,du 4/02/1974 au 23/12/1986 est décédé le 14/10/2023 à 93ans.

Il appela à la réconciliation en faisant entendre sa voix au plus haut niveau et appeler à la raison durant cette période de l'histoire récente et douloureuse de l'histoire de la Corse, notamment lors de l'affaire Bastelica-Fesch.

Engagé dans le dialogue inter-religieux, favorable à la prise en compte des souffrances des divorcés remariés ou défenseur de la cause des sans papiers, Jean Charles Thomas était à juste titre considéré comme un homme de dialogue.

Il est l’auteur de nombreux ouvrages de réflexion historique et pastorale.

Le Cortenais, Mgr Sauveur Casanova, lui avait succédé à l'Evêché de la Corse.

Aléria et affaire Bastelica-Fesch

L'évêque Jean-Charles Thomas était l'évêque de Corse durant les années où le nationalisme a pris son essor, du 4/02/1974 au 23/12/1986 . Et il n'a pas hésité, à plusieurs reprises, à prendre part au débat, marquant toutes celles et tous ceux qui ont vécu cette époque.

Alors que la Corse est en ébullition, l'homme d'Église n'hésitera pas à sortir de la réserve la plupart du temps adoptée par le clergé concernant les affaires séculaires, et plus encore politiques. Lors des événements d'Aleria, il va jusqu'à adresser une lettre au président de la République de l'époque, Valery Giscard D'estaing, dont voilà un extrait : 

"Pour peu qu'on vive en Corse et avec des Corses, on saisit et comprend que la Corse n'est pas seulement un département français parmi d'autres. Elle l'est. Mais, en même temps, et je crois prioritairement, elle est aussi une autre réalité : une histoire corse, une communauté populaire corse, un style, un ensemble d'aspirations humaines et d'habitudes. Avant d'être un département français, la Corse est psychologiquement LA CORSE."

Mais plus encore lors de la prise d’otage à l’Hôtel Fesch, il se mit au milieu de la mêlée, et s’avança entouré d’hommes qui étaient armés en se proposant de prendre la place des otages. Il s'entretiendra longuement avec les otages, ainsi qu'avec les autonomistes armés qui s'étaient réfugiés à l'intérieur de l'hôtel. Portant un message d’une paix sincère et digne, porteur d’une solution millénaire à la conflictualité, il appela les belligérants à l'arrêt des violences, et au dialogue. Au journal de 13 heures îl débattra en direct avec le ministre de l'Intérieur, Christian Bonnet.

En 2023, le cardinal François-Xavier Bustillo avait insisté sur l'importance de la prise de parole du clergé concernant l'actualité, sans pour autant franchir la ligne d'un positionnement politique ou dans des affaires de l’Etat. Il s'était lui-même exprimé à plusieurs reprises alors que la Corse s'embrasait, à la suite de la mort d'Yvan Colonna. À cette occasion, plusieurs observateurs avaient vu dans cette attitude un écho à celle de Monseigneur Thomas un demi-siècle plus tôt.

Référence

https://www.corsenetinfos.corsica/Mgr-Jean-Charles-Thomas-ancien-eveque-de-Corse-n-est-plus_a74158.html

https://france3-regions.francetvinfo.fr/corse/corse-du-sud/ajaccio/jean-charles-thomas-l-eveque-d-aleria-et-de-bastelica-fesch-est-mort-2856455.html

la philosophe Joëlle Zask, IUF fait une étude sur la Corse

 Et si l’on pouvait trouver en Corse des réponses à la crise environnementale dans laquelle a plongé la planète ? C’est le défi que la philosophe Joëlle Zask, membre de l’Institut Universitaire de France et du Centre Norbert Elias, spécialiste du pragmatisme et de philosophie sociale, et professeur à l’université d’Aix-Marseille, a choisi de relever. Elle nous présente cette étude en cours de réalisation.

- Pouvez-vous nous exposer en quelques mots l’objet de votre étude ?

- La problématique de départ est celle-ci : trouverait-on en Corse des réponses aux questions que la crise environnementale nous pose désormais ? Le regard que nous portons est celui d’une philosophe – moi-même – et d’un photographe – Simon Birman, avec qui je travaille. Sans nier les réalités locales souvent complexes, voire conflictuelles, nous voudrions recueillir un legs précieux, parfois inaperçu, sur lequel pèse actuellement la double menace de la sanctuarisation et de la destruction de l’environnement.
Cet objectif étant fixé, le projet demeure largement ouvert. Sa réalisation va dépendre des interlocuteurs que nous rencontrerons, de nos observations et de nos parcours, de notre formation sur place, de la fréquentation assidue des lieux… Mais le travail est aujourd’hui suffisamment avancé pour savoir qu’il est pertinent, que ça vaut la peine de poursuivre.

- Qu’est-ce qui vous a donné l’idée de réaliser ce travail ?

- Le point de départ, ce sont plusieurs personnes qui m’ont invitée à écrire sur la Corse ; des personnes qui m’ont entendu causer et connaissaient mon approche, mon point de vue sur la démocratie comme culture, mode de vie, et son lien avec l’écologie. On m’a dit de plusieurs côtés : « Il y a quelque chose qui nous intéresse, nous, Corses, là-dedans… ». En fait, j’ai été invitée à exercer mes concepts au contact de la Corse… J’ai été d’abord surprise, ne connaissant rien à cette île, mais me voilà mordue ! Au cours de mes premiers séjours, j’ai progressivement compris le pourquoi de cette invitation qui m’était faite. Et quel en était l’enjeu. Qu’est-ce qui, dans ma perspective, dans ma sensibilité, pouvait entrer en résonance avec des expériences, des phénomènes, des paysages de Corse ? Plusieurs choses m’ont frappée qui constituent pour l’instant les divers objets de mon étude. Il y a par exemple le cédrat, un agrume auquel colle un imaginaire puissant à partir duquel revisiter les relations tout à fait uniques entre la Corse et les Juifs, ce qui me concerne pour le coup.
Il y a aussi le châtaignier, « poule aux œufs d’or » et « arbre de la liberté », symbole depuis Pascal Paoli de l’indépendance alimentaire et des libertés politiques en même temps. J’ai écrit un article paru dans Robba en décembre 2022 en même temps que dans AOC média sur ce sujet. 
Il y a aussi les animaux autogouvernés en quelque sorte, à l’aise sur leur parcours, sans berger ni chien. Eux aussi illustrent le rapport entre le soin du paysage (paese) et la défense des libertés que je cherche à observer en Corse. Et plein d’autres sujets…

- La liberté, c’est une notion qui est importante pour vous ?

- Absolument. C’est fondamental. Pour moi qui suis spécialiste par goût de philosophie dite politique, la liberté, ce n’est pas « faire ce que je veux » mais agir, seule ou avec d’autres, entreprendre, expérimenter, transformer le monde disait Marx ! Je ressens en Corse un attachement très fort à la liberté d’action alors que, sur « le continent », on ne l’aime pas tellement. On lui préfère l’égalité notamment. Cette liberté d’action est pourtant et toujours contextuelle : on n’agit pas dans la stratosphère, mais en présence d’un environnement bien précis, en dialogue avec ce dernier. La conscience d’un partenariat avec la nature dans la construction de soi et l’usage des libertés est extrêmement prégnante dans la « Corse de l’intérieur », je l’apprécie beaucoup et la partage.

- Sous quelle forme pensez-vous rendre publique cette étude ?

- On l’imagine sous la forme de tableaux à la fois narratifs et photographiques composés au sein d’un dispositif quadrangulaire qui rassemble le lieu, la personne qui en parle, le photographe et moi-même qui observe et pose des questions. Il en résultera un livre conçu un peu comme une promenade. Avec les photographies argentiques en noir et blanc de Simon Birman, ce qui leur donnera une épaisseur temporelle soulignant le soi-disant “retard” des paysages corses : un « retard » dont on dit souvent qu’aujourd’hui il se révèle une avance… Nous envisageons aussi une exposition de photos ponctuée de textes et de sons, une journée d’études, pourquoi pas un colloque.

Référence

https://www.corsenetinfos.corsica/Quand-une-philosophe-politique-fait-une-etude-sur-la-Corse_a73985.html

Depuis 2020, la municipalité d'U Mucale a entrepris un nouvel élan: réouverture école 40 enfants; vente de terrain à 40€/m2

Depuis 2020, la municipalité d'U Mucale a entrepris une nouvelle dynamique de développement durable et dynamique au bénéfice de ses résidents, jeunes et moins jeunes, en mettant en place une série de projets ambitieux.

Jean-Baptiste Filippi, maire engagé dans la préservation de sa commune, revient sur les réalisations passées, en cours et à venir qui contribuent à l'épanouissement de la localité. 

Parmi ces initiatives figurent des projets immobiliers destinés aux primo-accédants, la création d'une nouvelle école et le développement de nouvelles infrastructures communales, témoignant de l'engagement de la municipalité envers le bien-être de sa communauté. 

"Dans le but de préserver la commune de la spéculation foncière qui sévit partout dans l’île, nous avons décidé de proposer deux projets pour permettre aux jeunes de devenir propriétaires sur leur terre" explique Jean-Baptiste Filippi.

Pour atteindre cet objectif, la municipalité a lancé deux projets visant à permettre aux jeunes de devenir propriétaires sur leur propre terre.

Le premier projet, situé au lieu-dit I Tarrazzoni, sur une parcelle de 4 hectares dont la commune était déjà propriétaire, a été divisé en 18 lots de 1200 mètres carrés chacun, tout en préservant 2 hectares d'espace vert. 
Initialement destinés aux résidents d'U Mucale, ces terrains ont ensuite été ouverts aux jeunes habitants des villages voisins à un prix abordable de 40€ le mètre carré, soit 48 000€ par parcelle.

"Nous avons fait un prix intéressant pour qu’ils puissent devenir propriétaires. Et pour nous, rembourser les frais de viabilisation. Nous sommes à 40€ le mètre carré. Soit 48 000€ la parcelle". détaille encore le maire de la commune. 

La Collectivité de Corse offre également une aide de 10%, soit 280 000€, pour l'achat et la construction, permettant aux jeunes propriétaires d'acquérir leur terrain pour seulement 20 000€.  

Eviter la spéculation immobilière 

La municipalité a également acquis un terrain de 2 hectares à la sortie du village évitant ainsi la vente à des promoteurs immobiliers. 

"Après le décès de l’épouse du juge Marchesi, nous avons rapidement acheté le terrain de 2 hectares à la sortie du village. Nous savions qu’il intéressait de nombreux promoteurs immobiliers. Nous sommes tombés d’accord sur le prix avec les propriétaires et nous l’avons acheté à 40€ le mètre carré" explique le Jean-Baptiste Filippi.  

Ainsi, ces 14 lots, situés au lieu-dit U Petrò, seront vendus à 80€ le mètre carré, couvrant ainsi les frais d'achat et de viabilisation. Ils sont exclusivement destinés aux primo-accédants, avec l'obligation d'y résider à l'année et l'interdiction de louer ou de revendre pendant 20 ans. 

"Ils sont proposés uniquement aux primo-accédants, avec l’obligation d’y vivre à l’année, et l’interdiction de louer et de revendre durant 20 ans. Nous sommes ravis d’offrir cette opportunité à tous ces jeunes qui ont grandi ici et qui ne peuvent plus habiter dans leurs propres villages à cause de la flambée des prix".

Une commune pour les jeunes

La réouverture de l'école, 40 ans après sa fermeture, est un autre exemple du développement de l'attractivité du village. Avec l'arrivée prochaine de 32 familles à U Mucale, les enfants pourront désormais faire leur scolarité sur place. "Nous avions souhaité rouvrir l’école au village ou aujourd’hui nous sommes fiers de pouvoir accueillir une 40aine d’enfants". De la petite section au cours préparatoire, les cours ont lieu pour le moment dans le bâtiment communal mais la municipalité a récemment acquis la maison des Dary, une magnifique propriété de 3500 mètres carrés, pour 600 000€. "​Nous avons décidé de l’acheter pour ne pas laissé partir ce bien d’exception à un étranger". détaille l'élu. Ces locaux abriteront les nouveaux bureaux de la mairie ainsi qu'un appartement communal. Sur le terrain, un nouveau bâtiment scolaire est en construction, et un City Stade est presque achevé, offrant aux jeunes une option sportive locale pour les divertir.

La municipalité d'U Mucale se démarque ainsi comme un exemple de développement local dynamique et équilibré, dédié au bien-être de ses résidents et au maintien de leur qualité de vie

Référence

https://www.corsenetinfos.corsica/U-Mucale-une-commune-en-plein-essor_a73415.html

Une cagnotte en ligne pour les six jeunes séminaristes corses

Un groupe de jeunes confrères corses a récemment lancé une cagnotte en ligne pour soutenir la formation de six jeunes séminaristes de Corse.

En Corse, un vent de renouveau souffle sur les vocations religieuses, alors que six jeunes insulaires ont choisi de consacrer leur vie à la foi et à la spiritualité en devenant prêtres. Cette décision courageuse a ravivé l'espoir d'une renaissance des vocations religieuses dans la région, marquée par une longue période de déclin. 
Petru Saveriu Luciani, Maxime Bolus, Thomas Castelli, Paul-Antoine Ettori et Joseph Berger 
se préparent à embrasser la voie du sacerdoce, un chemin semé d'obstacles, notamment financiers. La formation de ces futurs prêtres représente un coût significatif, environ 28 000 euros par an et par séminariste pour le diocèse de Corse.

Une cagnotte en ligne

Pour répondre à ce défi, des jeunes confrères corses ont récemment initié une cagnotte en ligne. Leur engagement découle d'un voyage au Saint-Siège lors de la création du Cardinal Bustillo, au cours duquel ils ont été profondément inspirés à soutenir l'Église de Corse.
"Cela faisait des décennies que nous n'avions plus eu autant de vocation sur notre terre. Six jeunes Corses ont fait le choix de tout quitter pour consacrer leur vie à la spiritualité, à la foi, et se mettre au service de leur communauté. Ils seront demain les curés de nos paroisses aux quatre coins de notre île," 
expliquent les jeunes homme à l'initiative de la cagnotte, déterminés à apporter une aide financière essentielle pour permettre aux séminaristes de poursuivre leur vocation.
"Sustenite a vucazione corsa è regalate à sti giòvani seminaristi a sperenza, per fà ch'elli diventessinu dumane i nostri preti corsi è ch'elli ci sianu sempre di più preti corsi per purtà u missaghju di u Vangeliu,"
 exhortents-ils, fiers d'avoir saisi le sens profond des paroles que le Cardinal Bustillo a prononcées lors de son homélie à la Basilica dei Santi XII Apostoli de Rome.

 A cette occasion le prélat a insisté sur l’impérative nécessité d’une cohérence dans nos actions :
 "Il ne suffit pas d'aller à la messe et de communier matin, midi et soir, si vous n'êtes pas cohérent dans votre vie, dans votre relation aux autres."  
Et ces jeunes confrères ont pris ces paroles à cœur et agissent aujourd'hui en toute cohérence, à travers leur soutien aux futurs prêtres de Corse.

Le lien de la cagnotte, vous trouverez toutes les informations utiles ici:

Référence

Oct 2023: La Corse a connu une très bonne année 2023 en termes de fréquentation touristique

Chiffres de fréquentation presque identiques à l'année précédente, selon l'Agence du Tourisme de Corse (ATC). Néanmoins, des disparités sectorielles se font ressentir, notamment dans l'hébergement. Pour CNI, Angèle Bastiani, présidente de l'ATC, analyse les raisons derrière ces variations et dévoile les mesures envisagées par l'agence pour promouvoir un tourisme équilibré et durable, en favorisant une meilleure répartition des visiteurs tout au long de l'année.

- D’abord, pourriez-vous nous donner un aperçu du bilan de la saison touristique en Corse cette année ? Est-il aussi catastrophique que ce que certains professionnels avaient annoncé ?

- Il y a plusieurs éléments chiffrés qui permettent d’évaluer une année touristique. Le premier d’entre eux, et celui sur lequel l’ATC travaille prioritairement est la fréquentation. Il s’avère que du 1er janvier au 30 septembre 2023, la CCI nous informe que 7 026 392 passagers ont transité par les ports et aéroports de Corse. L’an dernier, à la même date, 7 057 342 passagers avaient été recensés. Nous sommes donc sur une stabilité quasi parfaite du nombre de passagers par rapport à 2022 qui était, selon tous les observateurs, une très bonne année en termes de fréquentation. La différence se fait sur la répartition de ces voyageurs sur l’année : on note par rapport aux années précédentes 
une augmentation de la fréquentation en hiver, au printemps et en automne.
Les deux mois de saison estivale, eux, connaissent une légère baisse (4% environ).
L’étalement du flux de touristes, nécessaire pour notre île, est une priorité politique confirmée à de maintes reprises depuis le vote du PADDUC en 2014. Cet objectif commence à devenir une réalité.

- Les statistiques de fréquentation des ports et aéroports semblent être positives, mais certains professionnels rapportent avoir accueilli moins de visiteurs. Comment expliquez-vous cette disparité entre les chiffres officiels et les témoignages des acteurs locaux ?

- Tout d'abord, il faut savoir que le terme "professionnels du tourisme" regroupe de nombreuses corporations aux réalités bien distinctes : les hébergeurs, les restaurateurs, les transporteurs, les activités de loisir... Chacune de ces catégories ayant des sous-catégories qui ont elles-mêmes leurs propres réalités. Ainsi, si la fréquentation touristique 2023 s’avère en effet équivalente à celle de l’année précédente, le taux de satisfaction des professionnels de l’hébergement, que nous analysons dans notre note de conjoncture mensuelle, est inférieur à celui de l’an dernier.
En août, par exemple, les professionnels déclarent un taux de remplissage de 77%, contre 82% en 2022.
Toujours au mois d’août, 50% d’entre eux déclarent avoir constaté une stabilité de leurs réservations par rapport à 2022, 10% une augmentation, et 40% une baisse. Concernant le chiffre d’affaires, les statistiques sont à peu près équivalentes à celles des taux de réservation. Il ne s’agit donc pas d’une année catastrophe pour l'ensemble des professionnels du tourisme, mais d’une année où certains professionnels, principalement hébergeurs et restaurateurs, ont souffert, et nous l’ont fait savoir. 

- De nombreux acteurs du secteur touristique en Corse attribuent la baisse de fréquentation à l'absence d'une politique touristique claire. Comment répondez-vous à ces critiques ?

- On ne peut pas à la fois nous accuser de ne pas avoir de politique touristique, et critiquer en même temps notre politique touristique. Notre politique existe, et elle est très claire. Elle est définie par le PADDUC depuis 2014, affirmée et confirmée par les orientations successives : « un tourisme durable, fondé sur l’identité, largement réparti sur l’année et les territoires ». Ce sont les mots du PADDUC. Cela se décline, de manière opérationnelle, par ce que nous appelons la « déconcentration » touristique : géographique, temporelle et de provenance. Afin de rendre pérenne et acceptable l’activité touristique en Corse, les touristes doivent se répartir plus largement dans le temps, dans l’espace, et doivent provenir de destinations diverses en Europe et dans le monde. C’est ce que j’ai expliqué à de multiples reprises, et c’est apparemment cela qui m’a été reproché par la suite, par certains. Il n’y a pourtant aucune surprise, ces décisions sont approuvées en Conseil d’Administration de l’ATC régulièrement, y compris par les représentants des hôteliers. Cette direction est la seule qui puisse permettre à la Corse d’adopter un tourisme durable, socialement, économiquement, et en matière d’environnement. Un sondage paru chez vos collègues de Paroles de Corse en août démontre d’ailleurs que les Corses comprennent ces orientations : 67% s’y déclarent favorables (et 78% chez les électeurs nationalistes).

- Finalement la stratégie de ne pas promouvoir la destination Corse en juillet et août a-t-elle porté ses fruits ?

- Vous savez, une déclaration de ma part fin mai ne risque pas d’avoir un quelconque impact sur le mois de juillet, alors que la grande majorité des touristes ont déjà réservé leur billet et leur hébergement depuis longtemps… En revanche, la meilleure répartition des flux constatée cette année est certainement le fruit de plusieurs années d’engagements en ce sens, par l’ATC et tous ses partenaires. Il faut savoir que ce qui a fait réagir certains cette année existe depuis très longtemps à l’ATC. La promotion pour les mois de juillet et août était en diminution constante, jusqu’à devenir quasi inexistante. Je vais en réexpliquer les raisons, une fois encore : nous disposons, à l’ATC, d’un budget de promotion de 5 millions d’euros par an. Il s’agit d’une goutte d’eau dans l’océan de promotion naturelle faite en faveur de notre île, de toutes parts. On peut citer la promotion des opérateurs privés, par exemple, comme les transporteurs ou les hébergeurs, celle des journalistes, des blogueurs ou des influenceurs, etc… Cette gigantesque promotion non-officielle touche beaucoup plus de personnes que notre promotion institutionnelle. Incontrôlée, elle est centrée sur l’été, sur la plage, le GR20, et quelques sites emblématiques.
Notre rôle d’agence publique est-il de venir rajouter de la promotion estivale balnéaire à cette masse déjà très importante ? Ou bien au contraire, de consacrer notre budget de promotion (7 fois inférieur à celui de la Sardaigne par exemple) à orienter les flux différemment ? Poser la question, c’est y répondre.
Pour information, selon le CSA, en 2023 la Corse reste la région qui bénéficie de la plus forte présence médiatique au plan touristique, devant l’Occitanie et la Bretagne. Que personne ne s’inquiète : nous sommes bien loin d’avoir disparu des radars...

- Récemment, le président de l'Exécutif de Corse a tenu des réunions avec des professionnels du tourisme qui réclament des aides pour surmonter les difficultés. Pourriez-vous nous informer des décisions prises lors de ces rencontres et nous expliquer quelles mesures l'Agence du Tourisme de Corse peut mettre en œuvre pour répondre aux besoins du secteur ?

- Nous avons en effet rencontré à deux reprises les représentants des professionnels avec le Président, les conseillers exécutifs et les Chambres consulaires. Ces derniers nous ont fait remonter les difficultés qu’ils rencontrent au quotidien. Nous avons pris l’engagement de les accompagner sur un certain nombre de points. Tout d’abord la construction commune d’un plan suite aux difficultés rencontrées en 2023. La seconde décision a été de construire des ateliers de travail mixtes entre le conseil exécutif de Corse et les Socioprofessionnels sur différents thèmes. Enfin, nous avons acté la construction d’un plan concerté concernant les évolutions et mutations nécessaires du modèle touristique à intégrer dans le processus d’évolution institutionnelle en cours de discussion entre la Corse et le Gouvernement. La puissance publique ne reste donc pas passive.

- Alors que la saison touristique à venir se prépare déjà, pourriez-vous nous donner un aperçu des stratégies que l'Agence du Tourisme de Corse prévoit de mettre en place ?

- Nous continuons à travailler sur nos trois axes principaux : 

  • l’observation,
  • le développement et
  • la promotion. 

En termes d’observation, nous aurons en 2024 des données encore plus fiables et complètes, notamment concernant les transports, la popularité de la destination, le détail du comportement des touristes… Pour ce qui concerne le développement, nous poursuivons le soutien financier auprès de tous les professionnels engagés dans des démarches vertueuses, comme l’Eco-Label européen, pour lequel nous sommes les meilleurs élèves de France, ou encore l’accueil vélo, ou le label tourisme handicap. Plus globalement, nous continuerons à aider activement la montée en qualité de l’offre touristique via notre guide d’aides très complet. Enfin, concernant la promotion, nous allons accentuer notre politique de mise en valeur de la Corse à l’année via les thématiques comme gastronomie et vin, culture et patrimoine, sport et nature… Nous allons déployer différemment nos budgets, en privilégiant la communication digitale ciblée, mais aussi à travers la création en 2024 d’un espace permanent de promotion de la Corse en Italie, destiné à ancrer les liens entre nos territoires. Nous travaillons également sur l’ouverture et la consolidation des lignes aériennes touristiques avec la CCI, les différents offices de la CdC et les compagnies aériennes. Notre partenaire Air Corsica vient d’ailleurs d’annoncer l’augmentation des rotations envers Rome et Milan l’an prochain, du printemps à l’automne. Ces liaisons qui sont le fruit de notre travail en commun. Les compagnies maritimes ont également annoncé de nouvelles connexions entre Gênes, Porto Torres, Piombino et les ports d’Ajaccio et Bastia. La Suisse et la Belgique, marchés prioritaires, font actuellement l’objet d’un travail sur le renforcement des connexions aériennes directes. De nombreuses autres nouveautés verront le jour en 2024 en termes de connectivité maritime et aérienne, du printemps à l’automne. La réussite de notre économie touristique passe aussi par là. 

Référence


EN IMAGES: 18 oct 2023 Pietracorbara, ~15 tortues caouannes sont nées

C’est l’heureux dénouement d’une longue attente. Ce mercredi, les œufs pondus en juillet dernier sur la plage des Pietracorbara ont commencé à éclore. Plusieurs dizaines de bébés sont sortis et ont gagné la mer à la seule force de leur instinct.

L'été 2023 aura été marqué par les pontes de tortues caouannes sur le littoral corse. Bien que ces créatures marines se fassent plutôt discrètes dans cette région du monde, le Parc naturel marin du Cap Corse et de l'Agriate a confirmé une année exceptionnelle avec au moins deux cas de pontes sur l'île. Après une première éclosion le 18 septembre à Coti-Chiavari, une autre a suivi ce 18 octobre à Pietracorbara, avec la naissance d'une quinzaine de bébés tortues qui ont rejoint la mer de manière naturelle.

La découverte de ce nid de tortues caouannes remonte au 8 août dernier, lorsque des vacanciers ont observé une "tortue géante se dirigeant vers la mer". Cet événement a immédiatement mobilisé de nombreuses acteurs afin de garantir le succès de la ponte. "Les agents du Parc marin, les agents des services départementaux de l'OFB, de la CdC, du conservatoire du littoral, de la commune de Pietracorbara, les gendarmes de Brandu, l'association "Cétacés Association Recherche Insulaire" et les bénévoles du Collectif "TORTUGA - les gardiens du nid" se sont relayés pour assurer une surveillance constante du nid. Ce dispositif a été coordonné par Cathy Cesarini, la référente du Réseau Tortues Marines de Méditerranée Française en Corse (RTMMF), en étroite collaboration avec le Parc." détaille le Parc dans un communiqué.

 Un phénomène exceptionnel en France

Une fois les éclosions terminées, le  Réseau Tortues Marines de Méditerranée Française (RTMMF) analysera les prélèvements pour obtenir des données plus précises et tenter de mieux comprendre ce phénomène à long terme. Comme l'a expliqué Cathy Cesarini, présidente de l'association CARI (Cétacés Association Recherche Insulaire) et coordinatrice régionale du RTMMF il y a quelques mois dans nos colonnes, ces tortues pondent généralement en Grèce, en Turquie ou à Chypre, mais rarement sur les côtes françaises ou italiennes.

Référence

https://www.corsenetinfos.corsica/EN-IMAGES-Pietracorbara-Une-quinzaine-de-tortues-caouannes-sont-nees_a74236.html