Tuesday, November 7, 2023

L'émission "Sale temps pour la planète" propose un numéro inédit "Corse, les possibilités d'une île" sur France 5.

 L'émission "Sale temps pour la planète" propose un numéro inédit "Corse, les possibilités d'une île". Le reportage est diffusé le lundi 30 octobre 2023 à 21 h sur France 5.

Morad Ait-Habbouche braque ses caméras sur la Corse pour un nouvel épisode de sa série documentaire "Sale temps pour la planète." Dans ce reportage captivant de 52 minutes intitulé "Corse, les possibilités d'une île", le journaliste met en exergue la vulnérabilité de l'écosystème insulaire face aux bouleversements climatiques.

Le documentaire aborde des problématiques bien connues sur l'île, notamment les pénuries d'eau et les sécheresses à répétition. Dans une région montagneuse où les cascades, les rivières et les sources sont en abondance, ces problèmes suscitent l'interrogation, notamment chez les spécialistes de l'hydrobiologie. Les intervenants pointent du doigt le manque de politiques pragmatiques en matière de gestion de l'eau en Corse. Ils évoquent des exemples frappants, tels que le stockage d'eau dans certains villages pour prévenir les pénuries estivales, ou encore la construction d'une usine de dessalement à Rogliano, ce dernier cas semblant paradoxal dans une région où les précipitations atteignent près d'un mètre par an.

Le reportage met également en lumière les efforts déployés par des familles, principalement actives dans l'élevage et la viticulture, pour trouver des solutions face à ces défis grandissants. En outre, il insiste sur l'importance de préserver la biodiversité locale, en particulier les herbiers de Posidonie, mis à mal par l'essor du tourisme nautique. Cette investigation sert de rappel à l'ensemble de la communauté internationale sur les enjeux cruciaux auxquels fait face la Corse en matière de durabilité et de préservation de son environnement unique.

Référence

https://www.corsenetinfos.corsica/Sale-temps-pour-la-Planete-Corse-a-voir-ce-lundi-30-octobre-sur-France-5_a74276.html

Bastia : à la recherche de ces copropriétés "abandonnées" dans le centre ancien

 Les biens vacants sans maître, ce sont ces habitations reconnaissables à leurs volets continuellement clos, suite au décès ou à la disparition de leur propriétaire, et sans qu'aucune succession n'ait été engagée. Depuis quelques années, la ville de Bastia les recense, pour les remettre sur le marché.

Françoise Santini, née le 1er mars 1884, disparue en 1943, son corps n'a jamais été retrouvé. Sylvestre Curioli, né le 19 mars 1867, décédé le 18 juillet 1943... Quand elle plonge dans le passé de ces Bastiais d'un autre temps, morts depuis quatre-vingts ans, Véronique Vancoillie se laisse gagner par l'émotion : 

"Je trouve ça touchant de reparler de ces personnes oubliées de tous. Ne serait-ce qu'écrire leur nom quelque part, ça permet de les faire revivre un peu." 

Retrouver des actes de naissance, de mariage ou de décès, y lire des pans d'histoires personnelles, c'est la partie du travail que la chargée de mission à la réhabilitation du centre ancien de Bastia affectionne le plus. Elle le fait dans le but de retrouver la trace d'héritiers potentiels d'un bien vacant sans maître.

C'est comme cela que Véronique Vancoillie apprend que Françoise Santini a déjà une soixantaine d'années quand elle acquiert, en mai 1943, une copropriété au 17, rue Carbuccia. C'est la guerre et cette Bastiaise originaire de Pietricaggio profitera très peu de son bien puisqu'elle disparaîtra sous les bombardements en septembre 1943. Sa sœur en récupère la jouissance, mais sans se faire délivrer un titre de propriété. Point de départ qui aboutit à une situation des plus complexes, comme on en connaît beaucoup en Corse : 

"C'est l'effet pervers des arrêtés Miot. Les gens ne déclaraient pas leur succession, car ils étaient exonérés des droits", contextualise la chargée de mission, qui a recensé depuis 2014, une quinzaine de biens vacants sans maître.

Ces derniers représentent une part minime des logements vacants. Dans la majorité des cas, les propriétaires sont connus. Il y a deux ans, la mairie était pionnière dans l'expérimentation d'un dispositif qui a recensé 800 logements vacants dans le centre-ville de Bastia, oeuvrant ensuite auprès des propriétaires au déblocage de la situation de vacance (vente, location, aide à une réhabilitation du bien).

Parfois, certains bien sans maître sont squattés, tant il apparaît évident que plus personne n'y vit. D'autres ont tendance à disparaître visuellement du paysage, comme au 10, rue Napoléon, sans propriétaire depuis trente ans. A l'arrière de cet appartement, il y a une petite fenêtre au volet vert qu'il serait impossible d'ouvrir aujourd'hui car... une canalisation passe effrontément devant ! Ceux qui l'ont installée n'ont même pas cherché à contourner la fenêtre, sachant bien qu'il n'y a plus personne pour l'ouvrir...

Au 1er étage d'un immeuble situé dans une rue du vieux Bastia, une vieille porte en bois est recouverte de tags. Deux planches ont été clouées pour la refermer mais la porte s'ouvre quand même. A l'intérieur, ça sent l'humidité. Impossible de rentrer car la pièce est encombrée d'objets en tous genres ou de poubelles. Ce bien, sans maître depuis 1983, sert depuis de débarras aux habitants du quartier. Sa faible hauteur sous plafond, tolérée à l'époque, ne répond plus aujourd'hui aux normes de salubrité pour qu'il soit remis sur le marché. Le bien a malgré tout été incorporé dans le domaine communal par la mairie, qui proposera à la copropriété concernée de l'acquérir pour en faire un local collectif, en bonne et due forme.

Un bien est déclaré sans maître quand la succession est ouverte depuis plus de trente ans et qu'aucun héritier ne s'est manifesté. "Il n'y a pas de bien sans maître sur un appartement de 300m2 du boulevard Paoli, fait remarquer Véronique Vancoillie. Ce sont généralement des biens de petite taille, sans trop de valeur, sinon les héritiers se seraient manifestés.

" S"il ne le font pas, c'est parce que ce bien dont ils hériteraient pourrait devenir une source de charges, avec des frais de notaire à payer pouvant être supérieurs à la valeur d'un bien qui a subi les affres du temps. Parfois, la procédure lancée par la municipalité a le don de réveiller des héritiers, mais ce n'est arrivé que deux fois en dix ans à Bastia : "Une fois sur un grand appartement situé en dehors du centre ancien et une autre fois, les héritiers se sont manifestés d'un pays très lointain (le Venezuela)", révèle Hakima Bouhannou, qui travaille en complément de Véronique Vancoillie sur le POPAC de Bastia, le Programme opérationnel de prévention et d'accompagnement des copropriétés.

Elle aussi est très investie dans la mission de recensement des biens vacants sans maître, car l'existence même de ces derniers est de nature à constituer un point de blocage quand des travaux doivent être menés dans une copropriété. Il arrive en effet qu'à Bastia, des copropriétaires refusent d'engager des travaux car l'un des lots n'est pas en capacité de prendre sa part du financement, et pour cause : c'est un bien sans maître. Mais dans d'autres cas, "le syndic va continuer à faire des appels de fonds, car officiellement il n'y a pas eu de déclaration selon laquelle la personne est décédée", précise Hakima Bouhannou. Il incombera au futur acquéreur de s'acquitter de cette dette, ce qui peut constituer un obstacle, même si les biens sans maîtres sont mis sur le marché suivant l'estimation des domaines, soit à un prix très accessible. 

La mission de la mairie est donc accomplie quand un bien sans maître... retrouve un maître. En excluant ceux  qui n'envisagent pas d'en faire un Airbnb, comme le confirme Josefa Negroni, responsable du service foncier de la ville de Bastia : 

"Dans les dossiers, on porte une attention particulière aux propriétaires occupants, aux primo-accédants ou au locatif social." Emmanuelle De Gentili va même plus loin : "C'est dans les clauses de notre cahier des charges. Ce n'est pas possible de transformer la vocation de ces biens. Dans l'idée, on souhaite refroidir les prix du foncier. Ces biens sans maître ne coûtent rien à la ville, ils sont en très mauvais état et on peut les revendre à moindre cout à des personnes qui pourront bénéficier d'aides pour les rénover", synthétise la 1re adjointe bastiaise, en charge de la politique du logement, qui envisage aussi de mettre en place "des contrôles" pour que les biens réhabilités ne fassent pas l'objet d'une spéculation.

Laura-Stella Santini, par exemple, est une jeune Bastiaise qui a saisi l'opportunité de devenir propriétaire "pour 33 000 euros" d'un bien sans maître de 64m2 (plus terrasse), dans la rue Chanoine-Letteron. Au final, celui-ci lui a coûté "48 000 euros avec les frais de notaire, plus 145 000 euros de travaux". Elle bénéficiera, au terme du chantier, "d'environ 40 000 euros" de subventions octroyées par l'Agence nationale de l'habitat, la ville de Bastia et la Collectivité de Corse. 

"C'était bien délabré, mais j'ai eu un coup de coeur pour ces vieilles pierres", confie la Bastiaise, qui a mis un an et demi pour le rendre vivable. Avant son arrivée, sa terrasse faisait office de déchetterie pour certains copropriétaires de l'immeuble. "J'ai tout nettoyé et un jour, j'ai vu ma voisine jeter des restes de pastèque et de melon par la fenêtre ! Je lui ai dit d'arrêter, que c'était ma terrasse maintenant, et elle ne l'a plus refait."

Référence

Le projet d'un centre hospitalier universitaire CHU multi-sites; Assemblée le 25 octobre 2023

 Réunis en session ordinaire à Aiacciu le 25 octobre 2023, les élus de l'Assemblée de Corse ont validé ce jeudi le projet de voir naître en Corse un CHU multi-sites sur une échéance de dix ans. Il reste maintenant à convaincre Paris.

La Corse est la seule région de France à ne pas disposer de CHU. En 2019, le taux de recours aux soins hors Corse était d’environ 20 % en moyenne sur l’ensemble de l’île. Selon des données fournies par la caisse primaire d'assurance maladie (CPAM), près de 26 000 trajets depuis la Corse vers le continent, pris en charge par la CPAM, ont été comptabilisés en 2017. Au total, le coût de ces trajets remboursés s’est élevé à plus de 30 M€. 

Et ce jeudi 26 octobre à Aiacciu, en introduction de cette délibération 

"qui (lui) tient à cœur", Bianca Fazi, la conseillère exécutive de l'Assemblée de Corse en charge de la santé, a rappelé les maux dont souffrent les Corses en matière d'accessibilité aux soins : "Nous avons une population vieillissante, avec souvent la complexité de prise en charge de maladies chroniques. Nous avons une saisonnalité qui complique la prise en charge des patients. Nous manquons de médecins, notamment dans l'intérieur de l'île. La démographie médicale est déclinante, nous peinons à recruter des spécialistes. Nous avons le plus faible ratio de lits par habitant".

La Corse et les Corses sont à la croisée des chemins, abonde Jean-Marc Borri, de Fà Populu Inseme : "Sans le CHU, l'injustice serait encore accrue, avec une dégradation démographique médicale et un accès aux soins rendu encore plus difficile. Ce serait une situation catastrophique, en particulier dans le rural. Avec un CHU, on serait pourvu du moyen le plus sûr pour porter à un niveau élevé l'offre de soins à laquelle la population a droit et aussi pour lutter contre la désertification médicale."

Le CHU, par sa vocation, remplirait en Corse une triple mission de soins, d'enseignement et de recherche, les deux dernières favorisant l'attractivité du territoire à destination du corps médical et scientifique. "La crise sanitaire nous a amenés à constater les limites de fonctionnement du système de santé piloté par Paris, estime Bianca Fazi. Un système basé sur la tarification à l'activité, qui favorise la quantité des soins au détriment de la qualité." La conseillère plaide donc pour un projet corse "expérimental, résolument axé sur les services aux territoires." Ce CHU voulu par l'exécutif corse serait donc multisite, "inspiré du modèle réunionnais", associant établissements publics et privés.

Multisites ?

Cet aspect atypique d'un CHU multisite a inquiété quelque peu Jean-Christophe Angelini. S'il soutient bien évidemment la démarche déjà portée au niveau national par le député Paul-André Colombani issu de ses rangs, le président du groupe Avanzemu estime que se conformer à un CHU qui serait basé dans le chef-lieu de région donnerait plus de chances de voir la requête aboutir, "au regard de la législation en la matière". 

Ce n'est pas l'avis de Jean-Marc Borri, de Fà Populu Inseme : "Ce qui fait l'originalité de ce CHU, c'est qu'il sera multisite. C'est son gage de réussite, car ce modèle est en rupture avec le modèle qui montre ses limites sur le Continent depuis des décennies. 

" Le débat "rappelle, il y a 42 ans, les discussions sur le lieu d'implantation de l'université de Corse", note la présidente de l'Assemblée de Corse, Marie-Antoinette Maupertuis.

Evelyne Galloni d'Istria (Fà populu Inseme) insiste sur les vertus universitaires d'un futur centre hospitalier en Corse : "En établissant un CHRU, nous permettrons à nos étudiants médecins de compléter leur premier cycle d'étude médicale sans quitter la Corse. Cette implantation est la réponse la plus efficace au problème de démographie médicale. Ce CHRU nous permettrait de former sur place la prochaine génération de professionnels de santé dont la Corse a tellement besoin."

Du côté des élus d'Un Soffiu Novu, on balance plutôt dans le "oui, mais...". Comme l'illustrent les propos tenus par Cathy Cognetti-Turchini : "Nous sommes bien conscients que la création d'un CHU permettrait de faire de la recherche et suivre des études en médecine sur place et dans leur intégralité. Mais là où ailleurs en France, un CHU concentre toutes les spécialités, chez nous il faudra agréger les hôpitaux et les cliniques, sur plusieurs sites, voire nouer des partenariats avec des établissements continentaux pour pouvoir disposer du socle nécessaire." Selon l'élue d'Un Soffiu Novu, il convient d'abord de moderniser les infrastructures existantes, voire d'en créer localement là où le besoin se fait sentir : "Il y a des paliers à franchir avant la création d'un CHU. Je pense à l'hôpital de Bastia et concernant lequel les Corses sont en droit d'attendre beaucoup mieux... Il en est de même pour une antenne médicale en Plaine orientale..." 

Josepha Giacometti rappelle de son côté qu'un CHU en Corse  "est une revendication très ancienne que nous avons portée à Corsica Libera. Aujourd'hui le CHU, c'est une évidence pour la Corse, mais pas une évidence de l'autre côté de la mer...  Lorsque Emmanuel Macron est venu, il a eu très largement le temps d'évoquer le CHU. Et pourtant, il n'en a pas dit un mot. Je pense que c'était volontaire, car il a évoqué d'autres besoins en matière de santé." Et la seule élue de Corsica Libera de l'hémicycle d'évoquer la perspective "d'un rapport de force et d'une mobilisation" en faveur de la création d'un CHU corse. 

Convaincre "de l'autre côté de la mer"

Pour rappel, en février, l'ancien ministre de la Santé, François Braun, avait freiné les ardeurs du Dr Paul-André Colombani, qui l'avait alerté, via une demande écrite, sur la nécessité de doter la Corse d’un tel établissement de santé. "S'agissant de la prise en compte de l'insularité et de critères de plus grande accessibilité aux soins et de réduction de la perte de chances, le développement de filières régionales et/ou d'hyperspécialités articulées avec des partenaires continentaux paraît la voie la plus opérationnelle à court terme, avec effectivement en perspective l'universitarisation de ces filières", avait répondu l'ex-ministre au député Colombani. 

Les élus de l'Assemblée de Corse espèrent désormais que cette délibération adoptée à l'unanimité pèsera de tout son poids dans les discussions à venir avec Paris : "L'objectif est de présenter ce projet devant le ministre de la Santé (Aurélien Rousseau), au cours d'un rendez-vous que nous espérons rapide. Puis, dans un second temps, d'obtenir le déclenchement d'une mission de l'inspection générale des affaires sociales en Corse, préalable à toute création de CHU. Enfin la création doit être actée par décret des ministres de la Santé et de l'Enseignement supérieur", détaille Bianca Fazi. Et dans l'éventualité où le projet recevrait le feu vert espéré, "le projet se construira sur le long terme, visiblement sur une échéance de dix ans."

Sébastien Chenu (VP RN, Assemblée) : "Il faut tenir compte des spécificités de la Corse, mais l'autonomie ne remplira pas le frigo des gens"

 Lors de sa visite à Ajaccio, ce samedi 28 octobre, Sébastien Chenu, vice-président du Rassemblement national et de l’Assemblée nationale, a échangé avec les représentants régionaux du RN, François Filoni et Nathalie Antona, sur les enjeux majeurs des élections européennes. Il a mis en avant l'importance d'un vote stratégique, abordé les particularités de la Corse, et plaidé en faveur d'une présence renforcée de l'île au Parlement européen. Chenu a également partagé les solutions du Rassemblement National pour améliorer le pouvoir d'achat, les droits de succession, et d'autres domaines essentiels, tout en réaffirmant la position du parti sur l'autonomie.

- Sébastien Chenu, vous venez pour la deuxième fois à la rencontre de la Fédération de Corse et de ses adhérents, quel est le sens de votre visite ?

- Il est double. D’abord, nous faisons beaucoup de voix, Marine Le Pen rassemble beaucoup de voix en Corse et c’est un message de sympathie, d’amitié aux Corses, qui traversent des moments difficiles, notamment en matière de pouvoir d’achat. Et puis c’est aussi préparer les élections européennes, le 9 juin, les seules élections à mi-mandat avant les prochaines présidentielles qui permettront d’envoyer un message fort à Emmanuel Macron, un message de contestation de sa politique de pouvoir d’achat, de sécurité, d’immigration. Il s’agit de mobiliser les troupes du Rassemblement National ici en Corse autour de François Filoni et de son équipe.

- Justement, concernant les élections européennes, en 2019, la liste conduite par Jordan Bardella a recueilli près de 28% des suffrages en Corse. Vous pensez pouvoir augmenter ce résultat ?

- Oui, il n’y a aucun plafond de verre. Nous le disons aux électeurs qui pourraient être tentés de voter pour d’autres listes alors qu’ils partagent nos idées, nos convictions. Votez utile. C’est le moyen d’envoyer ce message très fort à Emmanuel Macron. Vous pouvez montrer qu’une autre politique est possible, une politique qui tienne compte de la souveraineté de notre pays, que l’Union européenne ne doive pas se mêler de politique migratoire ou diplomatique comme elle le fait aujourd’hui. Nous devons aussi faire entendre la voix des Corses au Parlement européen afin que les spécificités de l'île soient prises en compte, ce qui n'est malheureusement pas le cas avec l'actuel député (vert)  dont le mandat représente pour nous un échec dans bien des domaines.  

Nous avons toujours pensé qu’il fallait tenir compte des spécificités de la Corse, de son insularité, que ce soit sur le pouvoir d’achat, sur l’urbanisme, sur les droits de succession. Il fallait avancer vers un statut qui puisse être original, particulier, mais pas l’autonomie et encore moins l’indépendance. Par conséquent, toutes les propositions que nous faisons ont vocation à laisser la Corse dans le champ de la République française évidemment, mais à traiter ces problématiques, c’est-à-dire renforcer l’enseignement de la langue corse, sans aller vers la co-officialité, prendre en compte les spécificités économiques et sociales de la Corse, les difficultés qu’elle peut avoir sans désactiver l’appartenance de la Corse à la République française.

- Les élections européennes mobilisent difficilement les électeurs. Y a-t-il des solutions ? 

- Il est important de montrer qu’avec un autre discours, une autre politique, il y aura d’autres résultats. Les Français vivent la même politique mondialiste depuis des années avec les résultats que nous connaissons aujourd’hui. Notre message est différent. Il y a d’autres chemins sur le pouvoir d’achat, sur le coût de l’énergie, etc. Il y a d’autres possibilités de faire contrairement à ce que l’on vit depuis des années. Ces possibilités sont par exemple les droits de succession, l’écologie, etc. Nous avons des solutions à faire entendre.

- Parlons maintenant de la question délicate de l'autonomie. Quelle est votre position sur ce sujet ?

- L’autonomie ne remplira pas le frigo des gens. Nous sommes favorables à ce que, face aux difficultés que connaît la Corse, son insularité, il y ait un statut particulier, original qui permette de répondre aux problématiques de pouvoir d’achat, de droits de succession, d’urbanisme, de locations immobilières. Nous avons des propositions, y compris sur le bilinguisme.

Référence

https://www.corsenetinfos.corsica/Sebastien-Chenu-Il-faut-tenir-compte-des-specificites-de-la-Corse-mais-l-autonomie-ne-remplira-pas-le-frigo-des-gens_a74443.html

580 interventions en mer et 9 morts en Corse : bilan été 2023

 Moins, mais toujours trop: les accidents en mer Méditerranée sont restés à un niveau "très élevé" l'été dernier, a annoncé mardi le Centre régional opérationnel de surveillance et sauvetage Méditerranée (Cross Med) qui de de mai à Septembre a coordonné 3 026 interventions dont 580 en Corse.

Ce mardi 24 octobre 2023 à Toulon, le vice-amiral d’escadre Gilles Boidevezi, préfet maritime de la Méditerranée, a présenté, accompagné du directeur-adjoint du centre régional opérationnel de surveillance et de sauvetage en mer de Méditerranée (CROSS Med), le bilan de la saison estivale 2023. 

Entre le 1er mai et le 30 septembre, trente-trois personnes sont mortes (-5%), dont trois après un malaise ou un accident, treize en se baignant, six en plongée, avec ou sans bouteilles. Un total de 223 autres ont été blessées (-15%)

Sur cette saison estivale étendue, "3.026 opérations en mer ont été coordonnées par le Cross Med" contre 3.258 sur la même période de 2022, soit une baisse de 7,1% des interventions, principalement provoquées par des avaries, a indiqué Amaury de Guillebon, directeur adjoint du Cross Med, lors d'une conférence de presse.

"L'inquiétante hausse des accidents enregistrée" depuis 2019 "semble enrayée. On reste néanmoins sur un plateau très élevé", a estimé le préfet maritime, le vice-amiral d'escadre Gilles Boidevezi.

Après la pandémie et les confinements, de nombreuses personnes se sont ruées vers le littoral pour profiter de leur liberté reconquise et expérimenter de nouveaux loisirs "démocratisés", mais souvent sans expérience ni préparation adéquate. Un engouement qui a aussi entraîné une hausse d'activités non déclarées et moins sécurisées (scooters des mers loués sans gilets par exemple), ont expliqué les responsables du Cross Med.

Ces derniers ont déploré des comportements "irresponsables", causes fréquentes des accidents.

"Beaucoup de gens profitent des loisirs nautiques, c'est une bonne chose. Néanmoins, ils partent en mer sans avoir regardé la météo, sans connaître la réglementation, en étant alcoolisés, voire après avoir pris des stupéfiants", a expliqué le vice-amiral d'escadre Gilles Boidevezi. Or, "la mer est une école de responsabilité et d'humilité", a-t-il souligné.

Le préfet maritime a notamment pointé "la hausse un peu préoccupante" des accidents de plongée: 149 au total, dont 122 accidents de plongée avec bouteilles (+10%).

"On voit des personnes de plus de 50 ans, pas spécialement sportives, qui se lancent dans des plongées complexes à 30 mètres de profondeur!", a-t-il dit en appelant les clubs de plongée à davantage de "vigilance".

Le vice-amiral, lui-même "en train de signer un arrêté pour interdire les scooters des mers dans les aires marines protégées", s'est prononcé pour une "réflexion sur une évolution du permis-bateau" et, plus largement, des réglementations. "Il faut passer à un peu plus d'organisation sur les plans d'eau" et à un meilleur partage de l'espace "entre nageurs et windfoil", entre plongeurs et bateaux, a-t-il indiqué ajoutant en discuter avec les administrations centrales.

580 interventions et 9 morts en Corse

En Corse, le CrossMed a coordonné, de mai à fin septembre 2023, 580 opérations de sauvetage. C'est moins que l'année précédente (692) mais certaines de ces interventions se sont terminées, hélas, par des drames. Pas moins de 9 personnes ont, en effet, perdu la vie autour des côtés insulaires mais 250  ont dû être secourues et 425 autres assistées par le Cross.

Et si l'on fait le bilan des multiples interventions menées durant l'été ce sont très précisément 1 079 personnes avec lesquelles les divers services du CrossMed ont eu à composer durant toute cette période;

Référence

https://www.corsenetinfos.corsica/580-interventions-en-mer-et-9-morts-en-Corse-bilan-d-un-ete-encore-trop-meurtrier_a74411.html

Université, oct 2023 : la recherche en Corse pour lutter contre la pauvreté énergétique en Afrique du Sud

 L'Université de Corse a pris la tête d'un projet international de formation Erasmus+ visant à réduire la pauvreté énergétique en Afrique du Sud, en partenariat avec des institutions grecques et sud-africaines. Un projet de formation et de recherche qui met en avant l'expertise corse dans le domaine des énergies renouvelables et de la transition énergétique.

Le programme Erasmus+ de l'Union européenne, dédié à l'éducation, à la formation, à la jeunesse et au sport, a lancé un appel à projet de coopération internationale en 2022. L'Université de Corse, en collaboration avec des partenaires grecs et sud-africains, a remporté cet appel à candidature, marquant ainsi le début d'un projet international visant à lutter contre la pauvreté énergétique en Afrique du Sud.

L'Université de Corse, en particulier son école d'ingénieurs PaoliTech, travaillera en étroite collaboration avec les partenaires grecs, notamment l'Université de West Attica, le Metropolitan College et ReadLab. Ensemble, ils mettront en commun leur expertise en formation dans le domaine de l'énergie, en se concentrant sur les énergies renouvelables, pour concevoir un programme de Master sur la "Réduction de la pauvreté énergétique". Cette initiative revêt une importance cruciale en Afrique du Sud, où l'accès à l'énergie demeure un défi majeur.

arallèlement à la création de ce programme de Master, les partenaires développeront également une formation continue ciblée, destinée aux professionnels de l'énergie et aux décideurs publics. Cette formation sera dispensée via des plateformes numériques sur mesure, offrant ainsi une approche globale pour aborder la question de la pauvreté énergétique.

Le projet a débuté avec un séminaire de travail d'une semaine, qui s'est tenu du 8 au 13 Octobre 2023 au Laboratoire Georges Peri à Ajaccio. Au cours de ces journées, la délégation a eu l'opportunité de réaliser plusieurs visites d'études, notamment des activités pratiques sur les plateformes Paglia Orba et Myrte à Ajaccio. De plus, en collaboration avec EDF Corse, les membres de la délégation ont exploré le centre de dispatching, la centrale hydraulique d'Occana et le barrage de Tolla.

L'Université de Corse a également accueilli la délégation, offrant une présentation détaillée de l'école d'ingénieurs Paoli Tech, suivie d'une visite des installations pédagogiques de l'école. Cette visite a inclus la salle de travaux pratiques et la plateforme expérimentale. Les membres de la délégation ont également pu découvrir deux entités importantes de l'Université, à savoir son FabLab et sa Bibliothèque Universitaire, pour se familiariser avec les technologies de pointe déployées pour la formation des étudiants.

Le point culminant de cette série de rencontres a été un séminaire sur la pauvreté énergétique, qui a vu la participation de l'Office National de la Précarité Énergétique (ONPE), l'ADEME, EDF Corse et NANOE, une organisation œuvrant pour le développement de l'électrification en Afrique.

La prochaine étape majeure de ce projet captivant consistera en une visite d'études en Grèce en Février 2024.

Référence

Ce retour de la Corse à Cavallu, de l'archipel des Lavezzi, cheval de bataille contre la spéculation

En usant, quand il le juge nécessaire, de son droit de préemption à Cavallu, le président de l'Exécutif corse entend contrecarrer les appétits spéculatifs sur l'îlot des milliardaires, tout en y introduisant un rapport de forces.

Deux millions d'euros pour acheter 3,3 hectares de terrain à Cavallu, c'est le prix que la Collectivité de Corse avait choisi de payer, en 2018, pour remettre le pied sur un bout de paradis depuis longtemps accaparé par des milliardaires dans les bouches de Bunifaziu. 

Cette acquisition, par le biais d'un droit de préemption, avait pris les oripeaux d'un acte éminemment politique, dans la lignée de cette journée de 2010, quand Gilles Simeoni, alors simple militant autonomiste, foula le sol de l'îlot pour y planter la bandera corsa.

Ce retour de la Corse à Cavallu, qu'il voyait à l'époque "comme une plus-value politique et symbolique", Gilles Simeoni l'assume et le revendique, mais il est sous le feu des critiques du groupe de droite Un Soffiu Novu, notamment de son chef de file Jean-Martin Mondoloni, qui s'était opposé à ce que le contribuable corse en payât le prix. Et vendredi, au cours des débats à l'Assemblée de Corse, Marie-Anne Pieri, toujours pour Un Soffiu Novu, a continué à questionner Gilles Simeoni sur l'existence d'un projet de la CdC à Cavallu, "parce qu'il y a quand même une notion de service public avec la contribution des deniers des Corses", a-t-elle rappelé.

La réponse de Gilles Simeoni s'est d'abord voulue comptable : 

"Les deux millions d'euros qui ont été dépensés, je pense qu'on aurait largement pu les amortir si on avait eu une fiscalité à la hauteur des enjeux, s'est-il dédouané. Il y a un manque à gagner, en terme de recettes fiscales, qui est considérable." Et de sortir en exemple une déclaration d'intention d'aliéner, formulée le 9 mars 2022 par un vendeur sur Cavallu, pour une vente à 6 200 000 euros, qui n'a rapporté que "350 000 euros" aux diverses collectivités : "Je pense qu'on pourrait faire beaucoup mieux dans notre logique de taxation des opérations spéculatives", a martelé Gilles Simeoni, en écho au processus d'ouverture à l'autonomie de la Corse, lequel serait en capacité d'intégrer un tel outil fiscal. 

Une manne qui pourrait représenter "une centaine de millions d'euros par an pour nourrir les droits de préemption là où on pourrait le faire sur les opérations spéculatives", espère le député Jean-Félix Acquaviva qui, en 2021 avait porté la  proposition de loi contre la spéculation immobilière, laquelle avait été adoptée par l'Assemblée nationale, mais toujours pas par le Sénat.

"Qu'ils me fassent un procès"

Gilles Simeoni a affiché sa volonté d'entrer dans un rapport de forces avec les propriétaires de l'île de Cavallu :

 "Les charges de copropriété, je ne les ai paierai pas, a-t-il affirmé publiquement. C'est une décision politique. Et j'attends que l'association syndicale des propriétaires de l'île de Cavallu me fasse un procès, que je puisse moi aussi les attaquer sur le règlement qui limite la circulation sur l'île, qui interdit les plages aux tiers...  Aujourd'hui, les limitations d'aller et de venir sur l'île de Cavallu, elles existent. Est-ce que ça vous convient ? Est-ce que vous voulez qu'on reprenne pied et qu'on dise que ce territoire est soumis aux règles de droit ?" 

Avant de répondre sur le projet porté à Cavallu par sa majorité : 

"Mon objectif est d'en faire une île partie prenante de l'ensemble de la Corse, sur laquelle on accède librement et sur laquelle on fait aller des classes, dans le cadre de projets pédagogiques, pour qu'elles voient ce que ça a été pendant trente ans à Cavallu quand il n'y avait pas de règles, et ce que ce sera demain quand on aura placé en son coeur la biodiversité et la protection de l'environnement."

Deux nouvelles actions anti-spéculation

Dernièrement, la Collectivité de Corse a d'ailleurs brandi son droit de préemption à deux reprises sur Cavallu, pour mettre des bâtons dans les roues des spéculateurs. 

"Dans un premier cas, on m'a signifié une déclaration d'intention d'aliéner (DIA) pour un prix faible, quelques centaines de milliers d'euros, sur une parcelle en bord de mer qui supportait un bâti en ruines, rapporte Gilles Simeoni. Nous avons exercé notre droit de préemption. Et à ce moment-là, le notaire a retiré la DIA. Et il s'est avéré que la deuxième déclaration d'intention d'aliéner ne mentionnait plus une ruine, mais une maison en partie construite. Dans ces conditions, le prix a été très fortement modifié, à près de 5 millions d'euros. Bien évidemment, il n'était plus question de préempter. Je crois que les choses sont claires. Dans un premier temps, il y a un prix déclaré. Et dans un deuxième temps, il y a un prix réel..."

La seconde décision de préemption à Cavallu s'est, elle, exercée "sur deux parcelles de 1 597 m2 et 2 140 m2, a révélé Gilles Simeoni. La curiosité de cette affaire, c'est que le service des domaines en a estimé les prix à 4 000 et 5 350 euros si elles ne sont pas constructibles et à plus d'un million d'euros si elles sont constructibles. Or, ces parcelles ont été déclarées inconstructibles suite à l'annulation de l'ancien PLU de Bonifacio par le tribunal administratif. J'ai interrogé le maire de Bunifaziu (Jean-Charles Orsucci) qui m'a indiqué que ces parcelles ont vocation à rester définitivement inconstructibles. Mais il y avait une promesse de vente qui avait été réalisée à travers une DIA pour 400 000 et 200 000 euros. Je trouve cela incompréhensible et j'ai donc exercé mon droit de préemption au nom de la collectivité de Corse, en demandant que la transaction, si elle doit se faire, se fasse au prix de la parcelle inconstructible, tel qu'évalué par les domaines."

Depuis 2018, la Collectivité de Corse a comptabilisé un total de 47 opérations immobilières sur la seule île habitée de l'archipel des Lavezzi. "Les vendeurs et acquéreurs sont pour la plupart des sociétés étrangères", a précisé Gilles Simeoni, y relevant "une opacité quasi totale, avec des prix extrêmement importants".  

Référence

https://www.corsenetinfos.corsica/Gilles-Simeoni-veut-faire-de-Cavallu-son-cheval-de-bataille-contre-la-speculation_a74453.html