Tuesday, November 7, 2023

Le regain de la pierre sèche en Balagne grâce à la commande publique

 Bâtisseurs de murs à l'ancienne, Charlotte Peyronnenc et Antoine Silvestri remettent en état des parcelles cultivables grâce à des fonds européens levés par le Pays de Balagne. 

Pas de bétonnière, pas de ciment, pas d'eau. Juste des pierres ramassées sur place, de l'huile de coude et un savoir-faire peaufiné au fil des années. Les jours passent et les vieux murs retrouvent leur aspect d'antan, lorsque les villageois entretenaient rigoureusement le soutènement des parcelles qu'ils cultivaient.

Sur les hauteurs de Corbara, deux muraillers et leur équipe sont à pied d'œuvre depuis début octobre et jusqu'à fin novembre. Il s'agit de remettre à neuf environ 40 mètres linéaires de mur, pour 100 mètres carrés de surface totale. 

"Le Pays de Balagne refait des jardins dont la commune est propriétaire depuis quelques années, précise Franck Amadei, adjoint au maire en charge de l'urbanisme. L'idée est de remonter ces murs dans le traditionnel de l'époque, sans aucun ajout de ciment, et de redonner vie à ces jardins en les réattribuant à la population par tranches de 100 mètres carrés loués à l'année. Les gens pourront ainsi faire pousser quelques légumes dans le respect du travail des anciens." 

Aux commandes de ce chantier à 91 000 euros hors taxe, se trouve une jeune femme à la voix calme et au regard déterminé. Charlotte Peyronnenc a d'abord étudié et pratiqué la menuiserie avant de tomber sous le charme du travail de la pierre sèche.

"J'ai participé à la toute première formation organisée en 2015 par le Pays de Balagne et le Greta, relate-t-elle. C'était une formation diplômante de quatre mois en vue d'obtenir un certificat de qualification professionnelle. C'est ensuite devenu mon métier, même si je continue la menuiserie en parallèle. La pierre sèche, c'est un métier physique mais le corps se muscle petit à petit. J'aime le côté patrimoine, le sens de ce que l'on fait, la réflexion qu'il faut avoir. C'est un puzzle énorme et je ne vois pas passer mes journées. Le résultat est toujours valorisant."

Depuis plusieurs années, le Pays de Balagne finance via des fonds européens la réhabilitation de murs en pierre sèche. Des chantiers ont déjà été réalisés à Ville di Paraso, Santa-Reparata, Calenzana et Urtaca notamment. Antoine Silvestri, murailler d'expérience, se déplace régulièrement dans la région où les chantiers sont plus nombreux qu'ailleurs. 

"J'habite Corte mais il n'y a quasiment aucune commande publique dans le Centre Corse, constate-t-il. Cela se passe uniquement en Balagne. Nous autres, les muraillers, nous sommes convaincus de la fonction indispensable des murs en pierre sèche. On essaye de passer le message et de dire que c'est la meilleure façon de bâtir aujourd'hui. Il faut comprendre que le béton fait un écran à l'eau, qui pousse de l'intérieur. La pierre sèche est un drain naturel. Lorsqu'il pleut, elle redistribue l'eau en quantités limitées."

l est sans doute plus long - pas forcément plus coûteux - comparé au ciment, de bâtir un mur en pierre sèche. Mais le résultat est bien plus durable et, pour ainsi dire, garanti à vie. Si une partie venait à s'abîmer, l'ouvrage est réparable à l'infini, sans autres matériaux que la pierre qui vient de rouler. "Sa construction demande une technique d'appareillage, de pose de pierres, qu'il faut maîtriser parfaitement, prévient Antoine Silvestri. Il faut faire un maillage avec les pierres. Avec du ciment, c'est bien plus facile de tout caler en complétant les espaces."

La commande publique de murs en pierre sèche ne devrait pas s'épuiser en Balagne.Le PETR a inscrit dans le nouveau programme européen Leader, de nouvelles réhabilitations et de nouvelles formations. 

"L'idée est de continuer ce travail qui est un vrai succès auprès des communes et même des privés, se félicite Jean-Marie Séité, le président du Pays de Balagne et maire de Galeria. Il nous faut continuer à former des gens. Nous avons encore 14 projets en cours, la source ne se tarit pas. Il y a un effet boule de neige."

Reference

https://www.corsematin.com/article/societe/65742307787041/le-regain-de-la-pierre-seche-en-balagne-grace-a-la-commande-publique

Saturday, November 4, 2023

Amiante naturelle, géologie, prévention du risque sanitaire et conflictualité

 


Les montagnes qui constituent le Cap Corse, la région située entre le col de Téghime
et la vallée du Golo et au Sud la Castagniccia résultent d’une histoire géologique
complexe qui s’étale sur plusieurs dizaines de millions d’années. Cette histoire a vu
dans un premier temps l’ouverture d’un domaine océanique, associée à la mise à
l’affleurement de roches ultrabasiques (péridotites ± serpentinisées) et à la formation
d’une croûte ophiolitique constituée de gabbros et de basaltes. Cette phase d’accrétion
a été suivie par la disparition de ces roches océaniques, entraînées au niveau de
zones de subduction dans les parties profondes de la lithosphère. Une partie de ces
formations océaniques a échappé à cet enfouissement et a été exhumée, venant
s’accoler contre et parfois se superposer sur un domaine géologique plus ancien. Ce
domaine « ancien » affleure actuellement dans les parties sud et ouest de l’île et
correspond à la Corse dite « granitique » ou « hercynienne ». Les roches issues du
domaine océanique affleurent dans les parties nord et nord orientale de l’île et
constituent la Corse dite « schisteuse » ou « alpine » (Illustration ci-dessus).
La Corse alpine est constituée par un empilement tectonique d’unités contenant des
roches très variées. Certaines de ces unités sont constituées par d’anciens sédiments
ou par d’anciens granites, les autres par des péridotites plus ou moins serpentinisées
et associées ou non à des gabbros et à des basaltes métamorphisés (Lahondère,
1996). La plupart des limites qui séparent toutes ces unités sont tectoniques et peuvent
être soulignés par des affleurements discontinus de péridotites serpentinisées qui, du
fait de leurs caractères rhéologiques, ont « joué » un rôle de « lubrifiant » dans
l’édification de la Corse alpine (« couche savon »).
Les principaux massifs de péridotites ± serpentinisées et de serpentinites affleurent au
niveau de la retombée occidentale du dôme de la Castagniccia ainsi que dans la partie
occidentale du Cap Corse. Ces massifs appartiennent à différentes unités géologiques
qui ont toutes subi une évolution tectonique et métamorphique de type HP-BT4. Les
serpentinites sont associées d’un point de vue cartographique à des massifs plus ou
moins importants de gabbros magnésiens (euphotides) et ferreux. Parmi les faciès
également présents en Haute-Corse se trouvent d’anciens basaltes métamorphisés
dans les conditions du faciès des schistes verts. Toutes ces roches sont susceptibles,
du fait de leur chimisme, d'être amiantifères, c'est à dire de renfermer localement des
minéraux silicatés fibreux (amphiboles de type actinolite et trémolite notamment,
serpentines de type chrysotile). La probabilité est forte pour les péridotites
serpentinisées, moins importante pour les gabbros magnésiens et probablement plus
faible, hors contexte structural particulier, pour les anciens basaltes. Pour les unités à
matériel sédimentaire ou granitique, la probabilité de la présence de minéraux 
amiantifères est plus faible, voire nulle en dehors d’un contexte structural particulier
(zones à très forte déformation).
Les problèmes d’une exposition à l’amiante « naturelle » se posent d’une façon
évidente en Haute-Corse où des massifs très importants de roches amiantifères
couvrent d’importantes surfaces. Les études actuellement disponibles, peu
nombreuses, établissent cependant un lien entre cette exposition strictement
« environnementale » et le développement de certaines pathologies (plaques
pleurales, mésothéliomes).

Cartographie et minéralogie de l’amiante environnemental sur la commune de Bustanico (Haute-Corse); BRGM, Décembre 2011

Rapport final, BRGM/RP-60356-FR
Rapport de 132 pages
Mots clés : Amiante environnemental, Cartographie, Minéralogie, Serpentine, Antigorite,
Chrysotile, Trémolite, Serpentinite, Métagabbro, Haute-Corse, Bustanico.
En bibliographie, ce rapport sera cité de la façon suivante :
D. Lahondère, F. Cagnard, D. Maton (2011) – Cartographie et minéralogie de l’amiante
environnemental sur la commune de Bustanico (Haute-Corse). Rapport BRGM/RP-60356-FR,
132 p., 116 ill., 2 ann.

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Pour mémoire, la valeur à ne pas dépasser à l’intérieur des locaux est fixée à 5 fibres
d’amiante par litre d’air (f/l) pour les fibres de plus de 5 micromètres de longueur.
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Les Amiantes naturelles

L’amiante est une substance minérale naturelle qui correspond à six variétés de silicates fibreux ainsi qu’à tous les mélanges entre ces différents silicates. Ces minéraux sont connus depuis l’Antiquité sous le nom d’asbeste et ont longtemps été exploités pour leurs propriétés thermo-mécaniques. 
Ces six silicates appartiennent à deux groupes d’espèces minéralogiques, les serpentines et les amphiboles :
  • Les serpentines sont des phyllosilicates, c'est-à-dire des silicates dont les tétraèdres [SiO4]4- sont disposés en feuillets, monocliniques, de formule chimique Mg3[Si2O5](OH)4.
  • Les amphiboles sont des inosilicates en chaîne double, hydroxylés. Le groupe des amphiboles est riche de nombreuses espèces qui se répartissent dans trois grandes familles qui sont les amphiboles calciques, sodiques et ferromagnésiennes.
- au chrysotile (ou amiante blanc) / Serpentine,
- les Amphiboles,
    - à la crocidolite (ou riébeckite-amiante ou amiante bleu) / Amphibole,
    - à l’amosite (ou grunérite-amiante ou amiante brun) / Amphibole,
    - à l’anthophyllite-amiante / Amphibole,
    - à la trémolite-amiante / Amphibole,
    - à l’actinolite-amiante / Amphibole.

Cette liste de six minéraux, limitée aux seules espèces minéralogiques ayant fait ou
faisant encore l’objet d’une exploitation industrielle, constitue une définition
commerciale de l’amiante. Parmi ces six espèces minérales, le chrysotile constitue à lui seul 90 à 95% de l’amiante produit jusqu’à ce jour, le reste correspondant à des exploitations de crocidolite et d’amosite. En termes de production, l’exploitation des variétés asbestiformes de l’anthophyllite, de la trémolite et de l’actinolite peut donc être considérée comme négligeable.




Enclavement de la Balagne & Falasorma en Corse, et quelques cas d'école de conflictualité

 


L'enclavement de l'ensemble Balagne&Falasorma 

Cette géographie si particulière de cette micro-région induit de graves difficultés des mobilités.


On peut passer par l'intérieur en tournant après Corbara par Muro, 
même si rajoute 10km cela évite de traverser Ile-Rousse.
Développement de Lozari, Belgodère-Plage, de l'Ostriconi?

Exemple de l'importance de trouver de nouvelles voies:
cas de la vallée et du col du Marsulinu avec un gain de 13km mais surtout d'une demi-heure.
Mais la route côtière est abandonnée et en mauvaise état.

Exemple typique d'un enclavement qui implique un trajet de 120km 
à la place du vol d'oiseau de 30km.

Par le sud, le manque d'investissement induit un enclavement la Balagne & Falasorma 
mais aussi des micro-régions adjacentes
avec le seul passage du col de Vergio
le col routier le plus haut de l'île à 1 477 m
qui relie ainsi Albertacce dans le Niolo (En-Deçà-des-Monts) 
à Évisa dans les Deux-Sevi.
Il est situé sur une arête entre la Punta de Cricche (2 057 m) 
du massif du Cinto au nord et Capu a Rughja (1 712 m).
 L'hiver le PC Neige de Corte informe les usagers de la route qui veulent franchir le col.

Le col de Vergio est dominé par la statue du Christ Roi, monolithe de granit rose pesant 25 tonnes, haut de 6 m et 9,50 m avec son socle). Cette statue est l'œuvre du sculpteur corse Noël Bonardi (né le 14 février 1934 à Afa et mort le 15 mars 2012 à Afa;https://noelbonardi.wixsite.com/noel-bonardi/noel) installée depuis 1984. Elle est son œuvre monumentale la plus haute avec son socle installé en Corse.

Nous avons deux cas d'école de conflictualité



Conflictualité politique

Plutôt que de passer par le col de Palmarellu et le golfe de Girolata, il serait possible de traverser par le col de Parma, plus exactement la Bocca di Melza (771 m), la plaine de Parma et la forêt de Pirio, reliant ainsi le Fango à Serriera.
Ce projet avait étudié lors de le construction de la nouvelle route du Marsulinu mais les villages d'Osani, Curzu et Partinellu s'y sont opposés, car cette voie les auraient encore plus isolés, avec en plus à l'époque les soucis liés à la séparation administrative entre 2A et 2B.
Une piste forestière existe pour rejoindre le pont de Pirio aux bergeries de Parma.

Conflictualité géographique et écologique

Dans la voie suivante, la conflictualité repose sur la hauteur des cols (et coût tunnel) et l'écologie afin de protéger des espaces et des patrimoines naturels exceptionnels. Mais la Corse elle-même n'est-elle pas un immense patrimoine exceptionnel ? La conflictualité s'y revèle entre la transformer en un zoo pour touriste qui ont le temps et l'argent pour visiter et un espace d'équilibre entre ce patrimoine et les habitants qui souhaitent un développement "minimum" des voies d'accès et de leur entretien toutes les saisons.

Cette autre voie avait été initiée sous Napoléon III en passant par le col de Caprunale (1370 m), puis du refuge de Puscaghja, puis Bocca di Guagnarola (1833 m) pour rejoindre col de Vergio ou les bergeries de Tula ou à Tusella ou les bergeries de l'Aghiunghienti, ou Evisa,. Le large chemin pour "calèches" construit dans les années 1870 sous le col de Caprunale reste un monument des chemins de montagne en Corse et mériterait un entretien à la hauteur de ce patrimoine construit au Second Empire en utilisant des bagnards de l'époque et les hommes du Niolu.
Pour relier le col de Caprunale au col de Vergio, il est aussi beaucoup plus aisé d'éviter Guagnarola et de passer par bocca di Cuccavera (1475 m) et bocca à u Saltu (1391 m), puis le pont de Casterica (1164 m) très proche de la route D84 qui monte au col de Vergio.















Thursday, November 2, 2023

le rabbin de Corse a reçu des appels de continentaux juifs ("Ebrei" en corse) pour s'installer en Corse suite aux attaques liées au massacre du Hamas

 


Le rabbin de Corse, Levi Pinson, a reçu des appels de membres de la communauté juive du continent se renseignant pour venir s'installer en Corse.

Plus de 1040 actes antisémites ont été enregistrés en France entre le 7 octobre et le 7 novembre.
Tous sur le continent, aucun en Corse. 

Tags, propos antisémites et recrudescence de la haine en ligne. 

Laurent Marcangeli, le député de Corse-du-Sud et président du groupe Horizons à l'Assemblée nationale.
 “Il n’y a eu aucun problème chez nous, vous avez des associations qui militent depuis des années pour que la Palestine soit dotée d'un État, mais elles le font de manière pacifique et il n’y a eu aucun débordement”.

Aucun débordement y compris lors d'une autre manifestation, celle-ci organisée par l'association Corse-Israël à Ajaccio le 11 octobre dernier. Au contraire, se rappelle Levi Pinson, Rabbin de Corse. 

“Il y avait beaucoup d'Ajacciens, de la population en général, qui ne font pas partie de la communauté et qui sont venus manifester leur solidarité" explique-t-il. Et d'ajouter : "Aucune personne de la communauté ne s'est plainte d'une quelconque remarque ou autre. J’ose espérer qu'il n'y a pas de particuliers qui mijotent des idées en soutenant des actes de barbarie. En tout cas, dans les rues, on ne ressent aucune hostilité”. 

Ce constat est bien loin des témoignages inquiets de la communauté juive sur le continent pour lesquels le Rabbin dit recevoir de plus en plus d'appels au cours de ces derniers jours. 

“C’est surtout sur les réseaux sociaux" indique-t-il. "Des messages de panique, d'insécurité, que j'entends, d'amis ou de proches qui sont sur le continent et aussi plusieurs appels pour se renseigner, éventuellement pour emménager en Corse. J'ai reçu une dizaine d'appels la semaine dernière”.

Un sentiment de sérénité et de sécurité notamment renforcé en Corse par l'augmentation des rondes des forces de l'ordre autour des 3 centres du judaïsme que compte l'île.

La communauté juive de l'île de Beauté compte 500 fidèles, et aucun n'a subi le moindre acte antisémite. Là-bas, l'accueil de nouveaux Français de confession juive ne pose aucun problème. Jean-Baptiste Arena, élu indépendantiste corse  a indiqué :

« À partir du moment où ils viennent pour appartenir à notre communauté, peu importe leur confession, pour partager nos joies et nos peines, il n’y aura jamais aucun souci », 

Référence du 02/11/2023

https://www.francebleu.fr/infos/des-juifs-du-continent-reflechissent-a-vivre-en-corse-ou-aucun-acte-antisemite-n-est-a-deplorer-5500936

Histoire des Juifs en Corse

 Pasquale Paoli écrit le 26 juin 1760 au fils de Domenicu Rivarola, consul du Piémont à Livourne : 
« si les juifs voulaient s’établir parmi nous, nous leur accorderions la naturalisation et les privilèges pour se gouverner avec leurs propres lois, parlez–en à quelque rabbin accrédité ». 
Paoli (passe) un accord semblable avec des entrepreneurs français au moment de la guerre de Sept ans (1756-1763), pour l’exploitation des forêts ». 
En 1763, Paoli qui se propose d’installer toute une colonie juive dans l’île, accède à la requête d'un Juif nommé Modigliani installé parmi les premiers habitants de la cité d’Ile Rousse, de bénéficier du même droit de vote que les habitants nationaux selon la promesse du général. Il déclare :
 « Les Juifs ont les mêmes droits que les Corses puisqu’ils partagent le même sort ».
La Première République française a ainsi accueilli les Juifs arrivés en Corse en leur reconnaissant les mêmes droits que les autres citoyens, pouvant pratiquer librement leur religion (ce qui n'était pas le cas à l'époque dans de nombreux pays).

Alors qu'auparavant, seuls les marins napolitains et autres pêchaient le corail, Paoli autorise les Juifs de Livourne à le pêcher sur les côtes corses en 1767, occasion pour lui de développer l'économie portuaire et commerciale de la Corse.

Pendant la première guerre mondiale les corses ont accueilli beaucoup de familles Ebrei (« Juifs » en langue corse).
Pour la deuxième guerre, on ne déplorera qu'un seul juif de Corse, d'origine tchèque, déporté accidentellement et assassiné dans un camp d'extermination. La Corse reste le seul département français où il n'y a eu aucune dénonciation, aucune déportation de Juif.
Devant l'Assemblée territoriale de Corse, l'historien Serge Klarsfeld exprime le désir que la Corse soit considérée comme « île des Justes », en souhaitant pour elle le titre de « Juste parmi les nations » auprès de Yad Vashem.
En 2017, le rabbin Levi Pinson s'installe à Ajaccio et forme la communauté juive dans la cité impériale. En 2020, il délègue le rabbin Zalman Teboul qui fait renaître l'ancienne communauté juive de Bastia.

Référence 

https://fr.wikipedia.org/wiki/Histoire_des_Juifs_en_Corse

Wednesday, November 1, 2023

deux autorisations d'hospitalisation à domicile cohabitent sur le territoire de Balagne.

 Hospitalisation à domicile : une nouvelle offre en Balagne

Le centre hospitalier de Calvi-Balagne propose, depuis le 16 janvier 2023, un service d'hospitalisation à domicile (HAD) en partenariat avec l'hôpital de Corte.

Les directrices des deux établissements, Danielle Bourcelet pour la Balagne et Charlotte Lhomme pour le Centre Corse, ont présenté, ce mardi 18 avril, cette nouvelle offre lors d'une conférence de presse commune, à Calvi.

" Nous avons souhaité communiquer parce qu'il existe une confusion entre notre HAD publique et l'HAD privée, contextualisent les deux directrices. Depuis janvier, deux autorisations d'hospitalisation à domicile cohabitent sur le territoire de Balagne. L'hôpital de Calvi ne disposant pas de sa propre autorisation, nous utilisons celle de l'hôpital de Corte dans le cadre d'un partenariat entre les deux structures. L'aire géographique de l'hôpital de Corte, qui comprenait déjà le Centre Corse et la Plaine orientale, s'étend désormais à la Balagne. "

Une équipe dédiée à l'hospitalisation à domicile en Balagne a été constituée. Elle se compose du médecin coordinateur Charles Ryckewaert et deux infirmières coordinatrices, Émilie Fresu et Maheva Ettori. Les protocoles utilisés et les outils informatiques sont les mêmes que ceux utilisés par les collègues cortenais. Le service est joignable du lundi au vendredi, de 8 heures à 18 heures. Une astreinte est également en place 24 heures sur 24 pour les urgences.

"Nous avons signé des partenariats avec les libéraux qui fournissent du matériel ou interviennent au domicile pour réaliser les soins, précise le Dr Ryckewaert. Notre HAD met à disposition les moyens matériels, organise leur livraison et la récupération des déchets de soins. Mais ce n'est pas nous qui faisons ces soins. En général, l'HAD intervient en aval d'une hospitalisation, sur des soins qui peuvent être assez lourds. Le patient a le choix du professionnel qui va intervenir chez lui. "

Depuis sa mise en place en janvier, l'HAD publique prend en charge une dizaine de patients en Balagne. Un chiffre qui devrait s'élever jusqu'à 15 patients ou 20 patients d'ici la fin de l'année. À titre de comparaison, entre le Centre Corse et la Plaine orientale, c'est une trentaine de patients qui est prise en charge par l'hôpital cortenais.

Un véritable feuilleton

L'hospitalisation à domicile en Balagne a connu des péripéties nombreuses ces dernières années. En mai 2021, l'hôpital de Calvi-Balagne et l'association Hospitalisation à domicile de Corse unissaient leurs forces dans la création d'un Groupement de coopération sanitaire (GCS). Ce partenariat entre l'hôpital public et la structure privée n'a jamais vraiment fonctionné, pour s'éteindre au bout de quelques mois. Depuis 2015, l'hospitalisation à domicile en Balagne traversait une crise profonde et la tentative de conciliation de mai 2021 n'y aura rien changé.

Plus récemment, en 14 janvier 2023, la communauté de communes de L'Île-Rousse-Balagne actait pour trois années une convention de moyens avec l'association d'Hospitalisation à domicile de Corse. Une convention qui comprend la mise à disposition d'une infirmière du CIAS à hauteur de 15 % de son temps de travail et d'une assistance sociale à hauteur de 10 %.

Un local mutualisé, vitrine de l'association HAD en Balagne, était également inauguré sur l'avenue Paul-Doumer de L'Île-Rousse. "L'HAD a besoin de proximité et de connaissance du terrain pour développer le service que nous voulons, justifiait Lionel Mortini, le président de la communauté de communes. Nous repartons de zéro, avec notre CIAS, dans le cadre de ce nouveau partenariat, car il existe un véritable manque, un trou dans la raquette. Il faut que les gens qui peuvent être soignés à la maison le soient, dans de bonnes conditions."

En crise depuis près de huit ans, l'hospitalisation à domicile en Balagne se décline désormais en deux offres distinctes ; une publique et une privée. Pour les usagers, la différence est peu visible puisque, dans les deux cas, ce sont les professionnels de santé libéraux du territoire qui effectuent les soins.

Contact : 06 74 55 79 50 ou had@chcalvi-balagne.fr

Référence du 19/04/23

https://www.corsematin.com/articles/hospitalisation-a-domicile-une-nouvelle-offre-en-balagne-140658

père Alphonse originaire du Cameroun et père Louis originaire du Liban se présentent aux paroissiens

 À Calvi, père Alphonse originaire du Cameroun et père Louis originaire du Liban se présentent aux paroissiens, 

Tous deux incarnent désormais le visage jeune et souriant de l'église dans le secteur interparoissial de Calvi, qui comprend une dizaine de paroisses entre Montegrossu, Lumiu, Zilia, Calenzana, Galeria et Mansu.

Le curé Louis El Rahi et son vicaire Alphonse Nakima seront installés dans leurs fonctions le dimanche 10 septembre 2023, à l'occasion d'une messe présidée par l'Évêque de Corse François Bustillo, lors de la fête de la Nativité à Notre-Dame de la Serra. La symbolique est forte dans cette chapelle si chère aux Calvais.

En attendant le début de leur mission en Balagne, les deux religieux ont tout de même quitté leurs paroisses respectives pour un déplacement de trois jours à Calvi, à la rencontre des fidèles et des confrères.

"Dans d'autres circonstances, nous serions arrivés directement en septembre, contextualise Louis El Rahi. Mais nous tenions à rencontrer rapidement les bénévoles du presbytère, les confrères, les paroissiens, les curés qui assurent l'intérim. Nous nous organisons pour être opérationnels dès notre arrivée."

Un départ précipité de sa Gravona chérie

Le père El Rahi est arrivé en Corse en 2005 à l'âge de 18 ans. Sympathique et attachant, ce Corse d'adoption a su se faire apprécier partout où il est passé. 

"Je suis prêtre pour la Corse, j'ai été ordonné pour la Corse, je l'aime et je considère que je ne pourrais pas faire ce travail s'il en était autrement, assure-t-il. Depuis 3 ans, j'étais curé de la Gravona. J'avais mis en place des choses, monté des projets au service des jeunes, notamment un terrain de scoutisme. Que des projets financés à 100 %. Je pensais rester encore un peu dans la Gravona, puis l'évêque m'a appelé. Il m'a dit qu'il allait me dire quelque chose qui changerait ma vie : il pensait à moi pour Calvi. C'est un déracinement pour moi. Je quitte une vallée que j'ai appris à connaître et à aimer. Lorsqu'on est prêtre, on donne sa vie au seigneur et à l'Église, on n'a plus la maîtrise. Chacun de nous a des qualités et des compétences, et en fonction de cela, et au vu des besoins de son diocèse, l'évêque fait des choix. Il a dû penser que j'ai des qualités pour servir la paroisse de Calvi."

Il y a deux mois, à la fin du mois d'avril, le père Louis avait reçu un soutien fort du diocèse de Corse et de nombreux élus, après que le camp de scouts qu'il a créé ait été vandalisé. Ce fait divers, qui avait engendré un dépôt de plainte, avait été relayé par de nombreux médias.

Le père Louis et le père Alphonse ne se connaissaient qu'au téléphone avant de se rencontrer à Calvi. Le second a été curé durant 6 ans dans une province de l'extrême nord du Cameroun, avant de rejoindre la cathédrale de Bastia comme vicaire, il y a maintenant 8 mois. Cela faisait de nombreuses années qu'il n'y avait plus eu deux prêtres dans la paroisse de Calvi. Le curé Cueroli et le vicaire Nicoli semblent avoir été les derniers à partager ces fonctions à la fin des années 2000.

"Ange-Michel Valery, c'était un grand frère"

Dans une église Sainte-Marie Majeure bondée, ce mardi soir, les deux hommes d'Églises rencontraient les paroissiens et les confrères pour la premières fois. Encore sous le choc de la disparition de l'estimé Ange-Michel Valery, toute la paroisse a rendu hommage à son abbé trop tôt disparu.

"L'abbé Valery était un homme très attachant, estime le père Louis. Il était vicaire général et responsable des séminaristes lorsque je l'ai connu, en 2005. Il a été mon accompagnateur en tant que délégué de l'évêque. Très vite, une amitié s'est liée entre nous. J'ai connu ses parents lorsque j'étais vicaire à Lavasina avec le curé Pinelli. C'est là que se trouve la maison paternelle de l'abbé Valery. Son papa est enterré là-bas, j'étais présent ce jour-là. Tout ça pour dire qu'Ange-Michel était bien plus qu'un collègue, bien plus qu'un responsable des vocations. C'était un grand frère."

Ces trois jours de visite en Balagne ont été intenses pour les pères Louis et Alphonse. Ce dernier a notamment découvert Calenzana, village où se trouve le presbytère qui sera sa résidence. Parmi les chantiers en cours au sein de la paroisse, se trouve le remplacement de la statue de Notre-Dame de la Serra, détruite par la foudre le 2 septembre dernier. À la marbrerie de Carrare en Italie, des artisans finissent de sculpter la madone qui devrait être installée sur son socle au cours de l'été. L'évêque doit la bénir le 10 septembre, tout comme les deux jeunes prêtres à qui il a confié la charge des paroisses de Calvi.

Référence du 06/07/23 

https://www.corsematin.com/article/societe/2718203467982415/a-calvi-pere-alphonse-et-pere-louis-se-presentent-aux-paroissiens

30 ans après; Balagne : la Route des Artisans, véritable vitrine de la microrégion

 Cette année, Strada di l'Artigiani fête ses trente ans. Outil de communication pour les producteurs et gage de qualité pour les visiteurs, l'association poursuit sa route dans le paysage balanin.

Dans les ruelles de Pigna, de nombreux vacanciers se baladent avec une brochure rouge et bleue à la main. Exposé à l'entrée de l'atelier de verrerie Atraverre, ce fascicule propose à ses lecteurs un itinéraire à suivre pour aller à la rencontre de ses artisans.

Tout juste arrivé sur l'île, Sergio se balade avec sa femme et son enfant : "Je suis architecte, donc tout ce qui a trait à l'art m'intéresse." Pour rejoindre Saint-Florent, le vacancier italien envisage quelques pauses chez des créateurs, en s'aidant de la fameuse brochure. Depuis trente ans, ce petit bout de papier est distribué en nombre sur le territoire. "On édite 35 000 exemplaires chaque année, c'est assez stable, explique Matthieu Graziani. On est présent sur plusieurs sites partenaires comme les offices de tourisme, mais aussi les hôtels et les aéroports."

Grâce à la Route des Artisans, tous assurent gagner en visibilité

Grâce à la coopération de ces acteurs du tourisme et aux panneaux qui ornent les chemins, l'association s'assure une visibilité au plus proche des potentiels visiteurs. "C'est un document que l'on donne automatiquement, au même titre que le plan de la ville, avance l'office de tourisme de Calvi. On en distribue entre 4 000 et 5 000 exemplaires par an. Cela permet aux vacanciers d'aller directement voir le producteur et de découvrir les villages typiques de l'arrière-pays." 

"Il y a certaines personnes qui viennent grâce au catalogue, confirme Cécile Machado, créatrice de bougies à Lozari. Beaucoup aimeraient avoir un car qui les amène d'atelier en atelier." S'il est impossible pour tous les artisans de savoir quels visiteurs viennent spécialement grâce à La route des Artisans, tous assurent gagner en visibilité.

"C'est quelque chose que les gens suivent, c'est un bon repère qualitatif pour eux", appuie Jocelyne Boyer, de l'atelier Vetrarte. À l'aide d'une charte stricte, l'association recense 45 créateurs implantés dans la microrégion.

"L'association est un gage de qualité, insiste Mathieu Graziani, président et maître luthier à L'Île-Rousse. On sélectionne les artisans qui ont un savoir-faire et qui transforment la matière sur place." Après des contrôles de membres de l'association et le jugement d'une commission, de nouveaux venus peuvent être intégrés à la Route des Artisans. Une démarche volontaire de la part des créateurs, ou engagée par l'association.

Dès le lancement de son activité de céramique artistique en 2007, Catherine d'Angeli a voulu s'associer à la Strada di l'Artigiani. "Ça faisait partie de mes plans, je souscris totalement à leur charte", explique la créatrice basée à Santa Reparata. Pour la céramiste, il n'est pas seulement question de communication mais de "valeurs partagées par les artisans". "C'est la seule publicité que je prends, et celle que je garderai jusqu'à la fin de ma carrière."

Référence du 12/08/23

https://www.corsematin.com/article/economie/45945301449025/balagne-la-route-des-artisans-veritable-vitrine-de-la-microregion