Wednesday, November 1, 2023

La Corse, une terre de mariage pour des couples venus de loin

 L'Île de beauté fait rêver des fiancés de toute la France, à la recherche d'authenticité et de mer en toile de fond. D'avril à octobre, ils sont nombreux à venir s'y marier, avec un budget moyen souvent supérieur à 20 000 €.

Pourquoi se marier dans une région qui n'est pas la sienne ? Chaque année, plusieurs dizaines de couples continentaux choisissent de s'unir en Corse. Le mariage civil est logiquement rattaché au lieu de résidence, puisqu'il y a un justificatif de domicile à fournir, mais la liberté reste totale pour la partie religieuse et la partie festive.

"Les couples du Continent représentent 80 % de ma clientèle, assure Sandy Giovansily, organisatrice d'une vingtaine de mariages en Balagne, chaque année. Ils viennent chercher de l'authenticité, un terroir, des valeurs qu'ils ont découverts durant leurs vacances. Parfois, la demande en mariage a eu lieu ici. Ils tiennent donc à se marier en Corse et sont prêts à payer un peu plus cher. La Corse et les Corses, ça fait toujours rêver."

Un mariage se prépare généralement un an à l'avance, parfois deux. Une organisation qui commence par le choix du site en fonction de critères propres à chaque couple. Selon la durée de privatisation, la capacité d'accueil, le confort et l'emplacement, la location s'échelonne de quelques milliers d'euros à plusieurs dizaines de milliers d'euros. Pour le pénitencier de Coti-Chiavari, par exemple, il faudra débourser entre 4 000 € et 5 000 € selon la saison. Dans le sud de l'île, des villas avec piscine ou bien des paillotes privatisées se négocient à plus de 20 000 €.

"Se marier en Corse, c'est plus cher qu'ailleurs, parce qu'il faut compter le transport et l'hébergement, témoignent Sylvie et Pascal, un couple de trentenaires qui s'est dit oui l'année dernière, en Plaine orientale. On habite la région lyonnaise et on était déjà venus plusieurs fois en vacances. La Corse, c'est une région à part. On s'y attache vite. D'un commun accord, on a décidé de se marier pour la faire découvrir à nos proches."

Un peu de Corse même dans l'assiette

"C'est tendance de se marier en Corse, constate aussi Jean-Michel Cabrera, patron du traiteur Le Hussard, à Ajaccio. Notre île fait rêver, c'est indéniable. Il y a beaucoup de demandes, mais elles n'aboutissent pas toutes. Je dirais même qu'il y a un recul ces deux dernières années, à cause du coût du logement et du transport. On a un peu de difficultés sur juillet et août, alors qu'on est toujours complets en juin et septembre, lorsqu'il est plus facile de trouver des billets et des chambres d'hôtel." 

Une fois qu'ils ont trouvé le site de leurs rêves, en accord avec leur budget, les futurs mariés peaufinent les nombreux détails de l'événement. À commencer par le repas.

"Très souvent, les gens demandent une touche locale dans l'assiette, relate Mélanie Moracchini, organisatrice de mariages entre Ajaccio, Piana et Sartène. Ils veulent de la charcuterie, du fromage corse, des beignets cuits sur place, du granité de myrte à la place du trou normand. Ils aiment aussi écouter des chants corses au moment du cocktail."

"Mon fils est agriculteur, je vends le fromage et le brocciu qu'il fabrique, mais aussi du veau corse et des légumes bios, reprend Jean-Michel Cabrera. Cela nous permet de valoriser nos produits."

Une économie induite

Les couples continentaux représenteraient 70 % à 80 % de la clientèle des régisseurs de mariages insulaires. À chaque fois ou presque, la quasi-totalité des convives se déplace depuis le Continent, avec de nombreuses retombées pour l'économie de l'île.

"Il y a les organisateurs, le groupe de musique, le DJ, le fleuriste, la maquilleuse, la coiffeuse, le photographe, la location de voiture, la garde d'enfants, l'hébergement, le transport, ça fait travailler beaucoup de corps de métiers, énumère Mélanie Moracchini. On parle de mariés qui ont souvent des moyens, de beaux budgets et de beaux projets. Cela fait travailler du monde, et crée de belles retombées économiques pour la Corse."

Le calendrier des mariages sur l'île est en train de se remplir sérieusement pour 2024. Pour espérer se marier dans un site prisé lors du dernier week-end de juin ou du premier week-end de septembre, il vaudra mieux se dépêcher pour avoir sa place en 2025.

" Le secteur du mariage repart bien, on est content, estime Sandy Giovansily. On revient sur la dynamique d'avant Covid. D'ailleurs, on est de plus en plus à faire ce métier. "

Référence du 17/08/23

https://www.corsematin.com/article/societe/1473903119627115/la-corse-une-terre-de-mariage-pour-des-couples-venus-de-loin

GR 20 : retour à une fréquentation " normale " après un pic en 2022

Le sentier de grande randonnée accuse une baisse du nombre de nuitées par rapport à l'année dernière, selon le Parc naturel régional, et retrouve des chiffres équivalents aux années d'avant Covid.

Les années ne se ressemblent par sur le sentier de grande randonnée qui traverse la dorsale insulaire. Du nord au sud, en 16 étapes, le GR20 dessert une quinzaine de refuges dont la fréquentation varie d'une année à l'autre. Après une saison 2022 record, la fréquentation en 2023 affiche une baisse de l'ordre de 20 % pour retrouver son niveau d'avant Covid.

"On estime qu'entre 15 000 et 18 000 randonneurs ont parcouru le sentier en 2022, avance Benoît Vesperini, le chef du pôle montagne au Parc naturel régional de Corse. Le refuge de Manganu, le plus fréquenté, a enregistré l'an dernier 15 712 nuitées. Le refuge de Ciottulu, le moins fréquenté, dépassait les 8 000 nuitées. L'année 2022 a connu une fréquentation exceptionnelle, avec des taux de remplissage parfois à la limite de nos capacités d'accueil. On sortait de deux saisons perturbées par le Covid, les gens avaient des envies de nature et d'évasion. D'autre part, les gens qui avaient réservé mais n'ont pas pu venir à cause de la pandémie avaient des avoirs valables jusqu'en 2022. Alors que dans certains sites naturels, on a opté pour la mise en place de quotas, sur le GR, on a préféré attendre."

À Calenzana, village de départ du célèbre sentier, le gîte communal a encaissé plus de 8 000 nuitées en 2022, pour une recette dépassant les 90 000 €. Une fréquentation inédite qui a aussi permis la création d'une boutique de randonnée, A Partanza, afin de compléter l'équipement avant le départ.

Juin a été prometteur avant une baisse...

La saison 2023 a aussi démarré sur les chapeaux de roues, avec une affluence comparable à celle de juin 2022, bien qu'en légère baisse. Puis, les mois de juillet et août ont accusé une baisse plus franche. Et les perspectives pour septembre 2023 suivent la même tendance.

"On devrait terminer la saison avec une fréquentation de l'ordre de 12 000 à 15 000 passages, reprend Benoît Vesperini. On ne s'attend pas à un mois de septembre très chargé, alors qu'il y a eu du monde jusqu'à la fin, en 2022. Le taux de fréquentation précis ne sera connu qu'en fin de saison, mais on revient sur un taux d'occupation plus normal, équivalent à celui de 2019."

Chaque refuge du GR20 a une capacité moyenne de 100 places de bivouac et de 35 lits en bat-flanc. Pour favoriser la réservation, et connaître à l'avance le nombre de randonneurs attendus, le Parc naturel a adopté en 2023 une politique tarifaire très incitative. Ainsi, la nuitée en vente directe est facturée deux fois plus cher qu'une nuitée réservée.

"En 2022, il y avait encore 40 % des randonneurs qui arrivaient sans réservation, précise le chef du pôle montagne du Parc. Cela nous a posé des problèmes, parce que certains refuges étaient déjà complets. On voudrait tendre vers 100 % de réservation pour avoir une visibilité sur les stocks, la gestion de l'eau, la préparation des repas. Cette année, on a beaucoup plus de réservations. On attend la fin de saison pour faire le bilan mais il semble que ce soit une bonne chose en termes d'organisation."

Le comportement des randonneurs semble également évoluer. Ces dernières années, la part des hébergements privés a progressé sur le GR20, et le camping sauvage reste une réalité. Par conséquent, difficile de connaître le nombre exact de sacs à dos qui arpentent, chaque année, le célèbre sentier. 


Référence du 29/08/23 

 https://www.corsematin.com/article/societe/2519018876972715/gr-20-retour-a-une-frequentation-normale-apres-un-pic-en-2022

Haute-Corse : une rentrée en tout petit comité dans la classe unique du Giunsani

 Olmi-Cappella; De la maternelle au CM2, sept enfants ont repris le chemin de l'école de la vallée, située à Olmi-Cappella (Haute-Corse). Un effectif restreint, pour la maîtresse Marion Katz et son aide maternelle Virginie Buono, qui assurent un suivi personnalisé.

Une classe unique, c'est un peu l'ambiance d'une famille nombreuse. En tout cas, c'est ainsi que Marion Katz décrit la mission d'enseignement qu'elle assure depuis 15 ans dans l'école intercommunale d'Olmi-Cappella, qui regroupe les quatre communes du Giunsani. 

"Nous étions neuf l'année dernière, il y a eu deux départs en sixième, une élève sur le collège de Calvi et un élève à Moltifao, indique la professeure des écoles. Il n'y a pas eu d'entrée de maternelle, mais nous en aurons plusieurs l'année prochaine et la suivante. L'école et assurée de se maintenir."

 Depuis sa prise de poste, en 2008, l'enseignante a vu varier ses effectifs de 5 élèves jusqu'à 13 certaines années. À chaque rentrée, il faut s'adapter au niveau des élèves. "Par exemple, cette année, je n'ai pas de CE1 ni de CE2, relate-t-elle. Toutes les années sont importantes, mais les CP et les CE1 sont celles qui requièrent le plus d'attention puisque ces élèves ne sont pas autonomes en lecture et en écriture. Ce sont les niveaux phares, avec le CM2, pour bien préparer le passage en sixième." Baptiste, le "grand" de l'école, est en CM2. Il entame donc sa huitième et dernière année de scolarité au village. Fiurenzu, Lou et Tanguy sont à peine plus jeunes, en CM1. Raphaël et Eloane, au CP, apprendront à lire cette année. Cette dernière est la seule fille de l'établissement. Enfin, c'est Ignace, le seul élève de maternelle, qui requiert l'attention exclusive de Virginie Buono, son aide dédiée.

Reprise en douceur

Après deux mois d'une liberté totale dans les ruelles de leurs villages respectifs, les enfants se retrouvent pour une reprise progressive. 

"L'objectif est de les amener en douceur à reprendre une vie collective, à se réapproprier certaines règles, avec une tolérance zéro sur la violence, qu'elle soit verbale ou physique, précise l'enseignante. On suit le projet phare de lutte contre le harcèlement, la priorité est que les élèves n'aient pas l'appréhension de venir en classe. Il y a un travail de sensibilisation : ne pas insulter, ne pas frapper. Il faut désamorcer dès que cela arrive. La difficulté, dans une petite école, c'est qu'on n'a pas beaucoup de choix de copains et c'est souvent la dispute avec le meilleur ami. On n'a pas d'autres camarades pour se consoler et ça vire au microdrame."

Ce matin-là, c'est temps libre en extérieur, rentrée en classe en chanson, avant de rouvrir les cahiers. Si tout se passe bien, une séance de sport est prévue pour clôturer la matinée. Six heures par jour, une quarantaine de semaines par an, pendant huit ans, cela laisse du temps pour créer des liens forts. "Lorsqu'ils partent en sixième, c'est un déchirement, confie la maîtresse. Les CM2 qui viennent de partir, c'étaient mes élèves depuis la moyenne section de maternelle. Dans une classe unique, on a un relationnel fort avec chacun d'eux. Je différencie les apprentissages, j'adapte la pédagogie à chacun. Le temps passe vite, les premiers CP que j'ai eus sont en licence aujourd'hui."

Un avenir assuré

Pour ne pas grandir trop isolés, les écoliers du Giunsani prennent part à de fréquents échanges avec d'autres établissements de Balagne et du Centre Corse. L'année dernière, ils ont accueilli durant deux jours leurs camarades de l'école de Galeria, ainsi que les éco-délégués du collège de Calvi. Cette année, un échange avec le regroupement pédagogique intercommunal (RPI) de Zilia-Montegrossu est prévu, sur le thème de la musique.

Le maire d'Olmi-Cappella, Frédéric Mariani, est passé à l'école, en cette période de rentrée, pour s'assurer du confort de chacun.

"Voir l'école fermer dans le Giunsani, cela a toujours été ma hantise, confesse-t-il. Heureusement, ce n'est jamais arrivé et les perspectives sont très bonnes puisqu'il y a eu une dizaine de naissances ces trois dernières années, et d'autres sont à venir. Nous avons pu rouvrir la micro-crèche, sous l'autorité de la communauté de communes. Elle est aujourd'hui trop petite pour accueillir les neuf enfants inscrits. Nous allons demander une dérogation. C'est de bon augure, l'avenir de l'école est assuré pour la décennie qui arrive." 

 Référence


Le centre culturel de 2024 à Calvi, est-il laid?

 Inscrit au PEI en 2009, le centre culturel de Calvi va finalement voir le jour en 2024. Bien qu'il ait été très attendu par les habitants, le bâtiment fait débat sur son esthétique autant que sur le choix de son emplacement

Les Bâtiments de France vont nous faire un procès pour la couleur d'un volet, mais ils laissent construire un blockhaus dans la pinède.'' Ce Calvais résume en partie l'incompréhension de certains sur les choix qui ont guidé le projet du centre culturel.

Premier point, donc, qui pose question, celui de l'esthétique. Au carrefour de la pinède et de l'entrée de ville, le bâtiment s'impose, massif. S'il a le mérite de cacher les bâtiments, somme toute peu esthétiques, du supermarché voisin, il tranche néanmoins avec les pins maritimes de la route des plages, et le petit chalet en bois qui abrite un primeur de l'autre côté de la route. Un choix d'emplacement, et une architecture qui ne manquent pas d'alimenter les conversations à Calvi.

"Les remparts, c'est beau, mais pas dans la pinède"

Pour autant, ces choix sont le fruit d'une longue réflexion : 

"Le projet a été sélectionné par un jury de concours, explique François-Marie Marchetti, président de la communauté de communes de Calvi-Balagne. Nous avons retenu celui de Maria Godlewska, dont l'architecture est vouée à rappeler les remparts de la citadelle, avec du béton bouchardé. C'est une méthode consistant à projeter du béton en écaille sur des murs en béton banché, c'est la même technique qui a été utilisée pour le Fort Charlet."

Une explication qui ne semble pas convaincre les esprits critiques, lorsque nous en faisons part : "Oui, les remparts, c'est beau, mais à la citadelle ou au fort. Pas dans une pinède à l'entrée de ville", grince un retraité.

"L'écrin de la salle se compose d'une volumétrie pleine et majoritairement minérale qui vient ''s'asseoir'' partiellement sur des espaces vitrés et perméables. La paroi verticale de 12,50 mètres de haut se plie dans un mouvement dynamique à l'endroit du pivot créé par le rond-point. Le site du projet est stratégique car à la confluence de la pinède, espace naturel littoral et du début de la ville de Calvi", explique l'architecte Maria Godlewska sur son site internet.

Une démarche qui ne convainc pas forcément, et à laquelle l'opposition regrette de ne pas avoir été associée : "Nous n'avons pas été associés au projet, et les associations concernées non plus, regrette Jérôme Sévéon. Des associations qui ont été pourtant présentes lors de la mandature précédente. L'entrée de ville a besoin de respiration, et, avec ce choix, c'est tout l'inverse."

"Le projet a été réalisé en collaboration avec les Bâtiments de France, et est édifié sur un terrain communal, cédé à l'intercommunalité pour un euro symbolique", argumente François Marchetti.

La question des parkings

Une cession qui a, en effet, le mérite de faire baisser la facture. Au-delà de l'esthétique, une question logistique est soulevée par la critique, celle des parkings. 

"Nous pouvons aussi nous poser la question de l'emplacement, et l'absence de parking adapté. Le seul espace disponible à proximité se trouve dans une zone boisée, et donc peu adaptée à la création d'une aire de stationnement", estime Jérôme Sévéon.

"C'est un point qui a plusieurs solutions, répond François Marchetti. Nous pouvons demander une mutualisation du parking du Casino en dehors des heures d'ouverture, les spectacles ayant lieu en soirée, et il y a aussi un terrain appartenant à la mairie à proximité. De plus, rien ne nous empêche de mettre en place un système de navettes pour les grands événements."

Les goûts et les couleurs sont certes subjectifs, mais ils n'exemptent pas d'une certaine réflexion. Pour autant, cet équipement public répond à un réel besoin, et son utilité n'est pas discutée. Qu'importent son esthétique, et son emplacement, sa fonctionnalité fera sans doute oublier les désaccords lorsque le centre culturel ouvrira ses portes au premier semestre 2024.

Référence du 02/10/23

https://www.corsematin.com/article/societe/12178870419453/un-centre-culturel-attendu-a-calvi-mais-qui-fait-des-decus

À L’Île-Rousse, un collectif et une pétition contre la construction d'immeubles

 U Cullettivu 66, composé de riverains, attaque en justice un permis délivré par la commune de L'Île-Rousse concernant la construction d'immeubles de quatre étages sur le terrain situé entre les écoles et le rond-point de Santa-Reparata

Le permis de construire, délivré le 12 juillet 2023 par la commune de L'Île-Rousse, prévoit la construction de quatre immeubles en R+4 sur le terrain situé entre les écoles de L'Île-Rousse et le rond-point menant à Santa-Reparata. Dans ce lotissement dit du Moulin à vent, sur une superficie d'un demi-hectare, le projet prévoit la réalisation de 66 appartements, ainsi que de parkings en sous-sol, sur une hauteur totale de près de 15 mètres.

La perspective de cette nouvelle promotion déplaît aux riverains qui ont décidé de constituer un collectif, baptisé Cullettivu 66. Un recours auprès du tribunal administratif de Bastia a été déposé le 25 septembre 2023 et une pétition en ligne rassemble près de 300 signataires. Le collectif justifie sa prise de position par la proximité avec les écoles et le taux de résidences secondaires, déjà élevé sur la commune. En effet, la ville de 3 224 habitants comporte 3 418 logements, mais 1 527 de ces logements sont destinés à la population permanente et 1 861 sont des résidences secondaires.

"Il n'y a pas de problèmes de logement à L'Île-Rousse, mais des problèmes de politique du logement, assure le collectif. Lorsque nous avons réalisé ce qu'allait devenir ce lopin de terre, nous nous sommes dit que c'était pure folie qu'il puisse y avoir une énième promotion immobilière dont nous ne savons rien. Car il manque les informations sur la destination de la promotion et sa composition. On sait aujourd'hui que le T2 est surtout destiné à la location saisonnière. Les jeunes Île-Roussiens qui s'installent ont besoin de plusieurs chambres, pour fonder une famille."

Un espace public pour les élèves

Selon nos informations, ce n'est pas la première fois qu'un projet immobilier est balayé sur ce même terrain du Moulin à vent. Une première promotion privée, puis une promotion sociale confiée a Erilia, avaient été abandonnées. À chaque fois, c'est la hauteur des immeubles qui a causé du tort au porteur de projet. D'autres refus, notamment de la CDC, auraient été justifiés par de mauvaises conditions d'accès.

Selon le Cullettivu 66, il en va aussi de la sécurité et du confort des 300 enfants des écoles.

 "Nul n'ignore que les principales victimes d'accidents urbains sont les enfants de moins de 10 ans : petite taille, mauvaise analyse latérale, mauvaise perception des sons et de la vitesse, assure le collectif. Nos écoles ont perdu 40 élèves en 5 ans car les écoles environnantes ont toutes développé des installations ludiques et sportives qui attirent les élèves. Comment est-ce possible que dans une ville de plus de 3 000 habitants, nous ayons une école primaire et maternelle avec seulement 20 places de parking. Il y a un terrain vague de 5 000 mètres carrés et il ne s'y passe rien, aucun projet dédié à notre jeunesse. Nous souhaitons que la mairie ou une collectivité autre rachète ce terrain, en fasse un espace public, un projet dédié aux élèves des deux écoles et ouvert à tous le reste du temps.

Contactée, la municipalité de L'Île-Rousse estime qu'elle a de bonnes chances d'arbitrer le litige en faveur du collectif.

 "On a opposé un premier refus de permis contre ce projet, le 19 avril 2023, pour une question d'accès, puisqu'il y avait un avis défavorable de la CdC, rappelle Benjamin Genuini, conseil municipal en charge de l'urbanisme. Le projet a été remodelé et a finalement obtenu toutes les autorisations possibles, notamment des services de l'État. Mais il y a un point de droit qui nous a échappé : le règlement du lotissement du Moulin à vent interdit les constructions supérieures à une certaine hauteur. Ce point nous paraît fondé, le promoteur a été avisé et s'il n'apporte pas d'éléments contraires, le permis va être retiré."

Le Cullettivu 66, prêt à aller devant les tribunaux, a peut-être déjà gagné son combat.

Référence du 13/10/23

https://www.corsematin.com/article/societe/13266585542251/a-l-ile-rousse-un-collectif-et-une-petition-contre-la-construction-dimmeubles

Premier festival de l'écologie positive en Balagne

 Calvi; Des ateliers plus que complets, des scolaires venus en nombre, des moments de fête et de partage et surtout un bel engouement autour du respect de l'environnement. Bilan très positif pour la première édition de Green Orizonte.

"Notre récompense, c'est la participation du public nombreux. Les gens étaient heureux, ils avaient le sourire aux lèvres. Nous avons su fédérer autour de la nature et du vivant. C'est une vraie réussite", estime Anne-Marie Piazzoli, la directrice de l'office du tourisme de Calvi-Balagne, au lendemain de la première édition de Green Orizonte. De vendredi à dimanche, le festival de l'écologie positive a rassemblé entre 2 500 et 3 000 personnes, depuis Calvi, Lumiu et Calenzana.

350 000 € de budget

Consacrée aux professionnels du tourisme et aux scolaires, sous un chapiteau dressé sur le terrain de l'Ortacce mais également dans plusieurs hôtels de la ville, la première journée était un condensé de conférences, d'ateliers, de pitch et de présentations sur le thème de l'écologie. Les professionnels ont pu découvrir ou redécouvrir les démarches d'écotourisme, avec l'écolabel européen et la démarche Rispettu, la réduction de déchets dans les structures d'hébergement, l'œnotourisme, la communication responsable ou encore l'alimentation durable. 

" Tous les ateliers, les conférences, les tables rondes ont été d'une grande qualité, tant sur le plan des interventions que sur le fond," se félicite Jean-Baptiste Ceccaldi, hôtelier et président de l'office de tourisme intercommunal

" À chaque fois, la jauge était atteinte ou dépassée, ce qui démontre l'intérêt des professionnels pour le programme proposé ", complète Anne-Marie Piazzoli. L'agence du tourisme de la Corse (au sujet de l'éco labellisation européenne), ainsi que l'Ademe et le Syvadec sont intervenus sur le thème de la réduction des déchets et des économies d'énergie.

Des hôtels remplis et une saison qui s'allonge

Le samedi matin, à Lumiu, et le dimanche matin, à Calenzana, le public était également au rendez-vous pour les randonnées à vélo, les balades à la découverte de la biodiversité et du paysage, les concerts et le repas durable de grande tablée avec de la " street food made in Corsica ".
" Nous sommes très satisfaits de la fréquentation malgré la météo qui n'était pas avec nous, reprend Jean-Baptiste Ceccaldi. On avait pris le pari de délocaliser une partie du festival sur deux communes de notre périmètre intercommunal, avec du scepticisme sur la fréquentation. À notre surprise, ce fut une pleine réussite. " La partie festive n'était pas en reste non plus. Les frères Torracinta, le DJ Fakear ou encore les Balanins de Sumenta Nova ont assuré une ambiance digne des plus belles soirées d'été. Le but de cet événement, placé au début des vacances de la Toussaint, était de prolonger encore un peu la saison. " Les hôteliers et les socioprofessionnels de Calvi peuvent ainsi garder leur établissement ouvert jusqu'à fin octobre, voir au-delà, ambitionne le président de l'office du tourisme. C'est un positionnement assumé, dans un but d'étalement de la saison. Depuis plusieurs années, il fait encore beau et chaud en octobre. Nous avons ce que l'on peut appeler un été indien. "
Partenaires de l'événement, des hôtels comme le Mariana, le Saint-Erasme, le Revellata, le Campo di Fiore ou encore les Arbousiers ont fait le plein durant le festival. Entre les intervenants et les prestataires de services, plus de 250 personnes sont venues spécialement à Calvi pour travailler dans le cadre de Green Orizonte. Une fréquentation qui s'est ressentie à l'échelle de la ville et que la météo pluvieuse et venteuse n'est pas parvenue à gâcher.

À l'heure du bilan, les organisateurs du festival n'ont pas encore fait d'annonce concernant une deuxième édition. En attendant d'en savoir plus, la cité Semper Fidelis prépare le prochain gros événement : le trail de Calvi, prévu pour le samedi 11 novembre.

Référence du  25/10/23

https://www.corsematin.com/article/societe/18115993932248/le-festival-de-lecologie-positive-a-largement-trouve-son-public-en-balagne

ces hôtels de Haute-Corse qui relèvent le défi de rester ouverts toute l'année en Balagne

 À Calvi comme à L'Île-Rousse, quelques établissements réduisent la voilure mais ne ferment jamais leurs portes, même en hiver. Ils visent une clientèle de travailleurs et de locaux en escapade, alors que les véritables touristes se font rares.
Combien d'hôtels seront ouverts, en décembre à Calvi ? Et combien le resteront, en février à L'Île-Rousse ? Dans les deux villes de Balagne, une poignée d'établissements ne ferme jamais boutique. Les équipes sont réduites en hiver, le taux de remplissage aléatoire, et la stratégie bien différente.

À Calvi, le Mariana n'a jamais dérogé aux mois creux depuis son ouverture en 1989. 
" En hiver, la clientèle se compose de représentants commerciaux, de militaires en permission, de Corses de toutes les microrégions ou encore de jeunes Balanins qui sortent le week-end à Calvi et dorment à l'hôtel plutôt que de reprendre la voiture, inventorie Dominique Acquaviva, le patron. Il y a aussi des groupes qui viennent en séminaires et même des ouvriers d'entreprises extérieures. Le taux de remplissage reste très aléatoire, autour de 20 % en moyenne. Comme il y a moins d'activité, le personnel est réduit de moitié. On passe à 7 salariés contre 15 à 20 en été. " Avec ses chambres à partir de 68 € l'hiver, sa salle de sport, son sauna, son hammam, ses cours de yoga et ses séances de massage, le Mariana attire aussi quelques touristes hivernaux.
Au pied de la citadelle, les 24 chambres du Belvédère ne ferment pas non plus. Le petit hôtel tourne au ralenti, avec deux salariés uniquement.
 " On arrive à louer entre 3 et 5 chambres par jour, estime Dominique Ceccaldi, le gérant. Les tarifs sont divisés par deux par rapport à la saison haute, et on n'hésite pas à surclasser les clients dès que possible. Par exemple, on offre la vue mer ou une chambre plus spacieuse. L'année dernière, nous avons fait notre meilleur mois de décembre. Il y a quand même une hausse d'activité pendant les vacances de la Noël, et le moindre événement en ville attire des clients à l'hôtel. "

Le port de commerce attire des clients

À L'Île-Rousse, l'Escale côté sud est l'un des rares hôtels ouvert à l'année. Le petit établissement de 18 chambres n'a pas de salle pouvant accueillir des séminaires ou des conférences, mais il bénéficie d'un emplacement stratégique, à mi-chemin entre la mairie et la place Paoli. Comme à Calvi, grâce à des prix plus bas, il attire aussi bien des travailleurs que des insulaires et des touristes. 
"L'hôtel se remplit bien pour les fêtes ou dès lors qu'il y a des événements comme le rallye, précise Sandrine, la réceptionniste. Il arrive que l'on soit complet, même l'hiver. La différence avec Calvi, c'est qu'on a aussi les arrivées et les départs de bateaux. Souvent, les gens préfèrent dormir sur place la veille du départ ou le soir de leur arrivée, avant de reprendre la route. Cela crée du passage. "
Outre les bénéfices, souvent limités en hiver, l'ouverture annuelle permet surtout de fidéliser une équipe en CDI, alors que le recrutement de saisonniers est, chaque année, plus aléatoire. Pour franchir le pas et ouvrir 12 mois sur 12, Marine Guglielmacci va investir plusieurs centaines de milliers d'euros pour proposer de nouveaux services au Saint-Erasme
" Nous prévoyons un espace bien-être avec hammam, sauna, bassin intérieur et massages, mais aussi une salle de coworking pour les clients de l'hôtel et même une salle de séminaire, prévoit la patronne. On s'aperçoit que beaucoup de gens ont besoin de télétravailler, ne serait-ce qu'ouvrir des emails, même pendant leurs vacances. Depuis une dizaine d'années, les saisons se sont rallongées. Avant, elles s'étiraient de mai à septembre, maintenant c'est d'avril à novembre. Notre destination ne mise plus uniquement sur la plage. Il y a tant d'activités à découvrir comme la randonnée, le VTT, les sorties en mer, l'œnotourisme, l'agritourisme qui se pratiquent mieux lorsqu'il fait moins chaud. "
L'hôtelière prévoit deux hivers de travaux, avant de rester définitivement ouverte à l'année à compter d'avril 2025. Un défi dans lequel ne se lancent que de trop rares établissements en Balagne.

Référence du 26/10/23

https://www.corsematin.com/article/societe/56725822641809/haute-corse-ces-hotels-qui-relevent-le-defi-de-rester-ouverts-toute-lannee-en-balagne