Wednesday, November 1, 2023

Les effets du changement climatique (6/7) : vers un tourisme plus résilient ?

Canicules, évènements extrêmes, recul du trait de côte : le changement climatique va poser des défis majeurs d'adaptation à l'industrie du tourisme.

Selon l'Insee, la consommation touristique finale en Corse équivaut à 39 % du PIB insulaire, cinq fois plus que la moyenne nationale. Cette dépendance pose la question de la vulnérabilité de cette industrie face au dérèglement climatique. Ainsi, les épisodes caniculaires, dont la fréquence devrait augmenter, ont un impact sur les comportements. Lors du mois caniculaire de juillet 2019, la Corse avait enregistré une baisse de fréquentation de 8 %, selon le cabinet Protourisme, la plus importante en Méditerranée, délaissée au profit de la Bretagne ou de la Normandie. 

"Nous avons cette année, dans les enquêtes menées auprès des vacanciers, constaté pour la première fois des mentions de la chaleur comme source de désagrément", indique Frédéric Petrucci, directeur de l'Agence de tourisme de la Corse (ATC).

Au-delà des questions liées au lissage de la fréquentation et de l'efficience économique, l'étalement de la saison est-il une réponse ? "Les épisodes caniculaires peuvent apporter un argument supplémentaire pour inciter les clientèles à opter pour des périodes météorologiquement plus clémentes. En 2022, 45 % des touristes sont venus pendant les grandes vacances, ils étaient 52 % en 2017", explique Frédéric Petrucci. Un problème auquel répond aussi la déconcentration des flux vers la montagne et les activités de plein air, estime l'ATC.

Par nature imprévisibles, les événements naturels violents perturbent aussi la demande. Ils "peuvent causer des annulations de voyage de dernière minute par mer ou en avion, comme cela s'est passé en décembre 2019", note le Centre d'études et d'expertise sur les risques et l'environnement (Cérema) dans son "analyse des effets du changement climatique en Corse" (2021). Rafales, inondations : l'île avait été traversée par la violente tempête Fabien, qui avait paralysé les lignes maritimes et aériennes durant 48 heures. Si pour le Cérema, il faut s'attendre à une augmentation des réservations et annulations de dernière minute, l'ATC indique ne pas avoir constaté cette tendance.

"Le risque zéro n'existe pas"

Le changement climatique influe aussi sur l'offre. "Le plus problématique pour l'appareil de production touristique corse est l'érosion du trait de côte sur le linéaire côtier oriental. Ce phénomène, partiellement lié au changement climatique, met en difficulté certains établissements. Des mesures préventives soutenues par la CdC ont été déployées pour essayer de mettre les établissements en sécurité", explique le directeur de l'ATC.

Autre secteur vulnérable : l'hôtellerie de plein air. Une jeune fille tuée par la chute d'un arbre sur sa tente au camping de Sagone et un homme dans un camping de Calvi, des centaines de vacanciers évacués, des dégâts matériels importants : la tempête d'août 2022 a démontré la précarité de ce type d'installation face aux événements climatiques extrêmes. Et la fragilité d'un poids lourd de l'industrie touristique : 4,4 millions de nuitées sur les 10,1 millions enregistrées entre avril et septembre 2022 en Corse. Un enjeu dont le secteur a pris la mesure, assure le président de la fédération corse de l'hôtellerie de plein air.

 "Nous étudions la relocalisation de tout ou partie de certains campings", indique Alain Venturi. Une mesure destinée à se prémunir de certains risques, notamment les inondations. "Cela soulève des problèmes administratifs. Si vous voulez déplacer des mobile homes ou des habitations légères, le PLU doit vous permettre de le faire", explique-t-il. "Concernant les zones qui abritent des tentes, on réfléchit à faire réaliser des examens par des spécialistes afin de sonder les arbres et d'identifier des fragilités", détaille Alain Venturi, qui convient toutefois que "le risque zéro n'existe pas".

Référence du  28/10/23

 https://www.corsematin.com/article/environnement/7675404895582515/serie-les-effets-du-changement-climatique-6-7-vers-un-tourisme-plus-resilient

Une fermeture de route officielle dans la vallée de la Restonica, et les gens lèvent la barrière!

 La fermeture hivernale

La fermeture hivernale de la D623 qui monte jusqu'aux Grutelle, devrait advenir sous peu. Beaucoup la jugent anticipée et aimeraient profiter plus longtemps du potentiel de cette partie de la vallée de la Restonica.

h bon ? Je ne savais pas que la route fermait pendant l'hiver'', s'étonne Augusta, qui a profité des douces températures matinales pour se promener dans la vallée de la Restonica. "Pourtant, j'y suis montée un hiver avec mes enfants quand il neigeait et la barrière n'était pas fermée, souligne la Cortenaise. C'est une chance d'avoir un tel endroit à proximité de la ville, alors tant que la météo le permet, j'en profite." Comme beaucoup d'autres, la jeune femme de 31 ans ignorait que la portion de la route départementale 623 allant du camping de Tuani jusqu'aux Grutelle, effectuerait prochainement sa fermeture annuelle.

"Deux à trois cents personnes sont déjà montées depuis ce matin", relate Théo Simonini, gérant du chalet des Grutelle qui l'assure : 

"Même quand la route est fermée, beaucoup prennent le risque de monter et ne tiennent pas compte de cette interdiction." L'accès à cette partie haute de la vallée semble donc davantage régi par la météo que par la barrière. "C'est l'état de la route qui pousse les gens à faire demi-tour, mais certainement pas la barrière, ajoute Théo Simonini. Il s'agit aussi bien des locaux que des touristes car tous veulent profiter de la neige et s'amuser avec les enfants. Ici il y a de quoi faire, alors pourquoi s'en priver..."

Une fermeture jugée inadaptée

"C'est beaucoup trop tôt pour fermer", estime de son côté Philippe, qui resserre son mousqueton avant d'escalader à nouveau l'un des imposants rochers qui longe la RD 623. Le Toulonnais de 53 ans, déjà venu au printemps dernier, juge cette fermeture trop anticipée. 

"Pourquoi ne pas la fermer lorsqu'il commence à neiger ? Je ne comprends pas. Beaucoup d'autres vallées adaptent leurs ouvertures et fermetures en fonction de la météo", commente-t-il. Il a beau n'avoir jamais été directement confronté à cette fermeture, le quinquagénaire l'assure : "Si les conditions le permettent, je monterai quand même, quitte à lever la barrière." Comme le font, finalement, beaucoup d'autres. Brice qui assure la sécurité de Philippe tandis qu'il escalade le rocher, se rend dix fois par an sur ce tronçon de la route pour "escalader, skier et faire de la rando". Et comme Augusta, il ne s'était "jamais aperçu que la route fermait".

Probablement parce qu'une fois la barrière ouverte par un usager, celle-ci le reste jusqu'à ce que quelqu'un ne décide de la refermer. C'est d'ailleurs ce qui est arrivé à Jean-François, qui s'était déjà rendu dans la vallée l'an dernier à la même époque. 

"La barrière était levée et je n'avais aucune idée que la route fermait, donc j'étais monté dormir là-haut à la belle étoile, et je me suis fait verbaliser", raconte le Gardois de 67 ans. "C'est dommage", souffle de son côté Brice. D'autant que pour lui, la fermeture hivernale ne tombe pas aux bonnes périodes. "Pour grimper dans des conditions météorologiques optimales, on ne peut le faire qu'à partir de l'automne jusqu'au début du printemps, donc cette fermeture tombe pile sur les moments où je pratique mes activités", déplore l'Ajaccien qui considère aussi que la fermeture advient trop tôt. "S'il y a un risque manifeste d'avalanche ou d'éboulement, ça se justifie, autrement il faut adapter cette fermeture aux conditions de neige. Ça pousse les gens à enfreindre une règle." Pas pour tout le monde visiblement : "Je n'irai pas ouvrir une barrière qui est fermée, c'est certain. Si elle est fermée, c'est qu'il y a une raison." affirme de son côté le sexagénaire. "En revanche, c'est sûr que cela représente une perte conséquente pour la population, les touristes et donc les commerçants", glisse-t-il.

La tenue, le 14 novembre prochain, d'une réunion entre la mairie et le service des routes de la Collectivité de Corse (CdC) sera-t-elle l'occasion d'évoquer ce sujet ? "L'ensemble des sujets propres au domaine routier, aussi bien dans le cadre des projets de l'ORT mais aussi de la Restonica, dont ce point-là, seront abordés", commente Xavier Poli. 

Référence du 02/11/2023

https://www.corsematin.com/article/societe/38153625417888/une-fermeture-de-route-officielle-pour-une-circulation-officieuse-dans-la-vallee-de-la-restonica

L'accès aux soins est devenu plus problématique en Corse qu'à l'échelle nationale; une solution bricolée dans le Niolu

 Pas vraiment un désert médical, mais pas bien lotie non plus, avec une moyenne de 323 médecins pour 100 000 habitants soit 20 points de moins que la moyenne métropolitaine. La Corse est une région de bas de tableau en termes de densité médicale. Un classement qui cache toutefois une forte disparité entre Corse-du-Sud et Haute-Corse.

Un nombre croissant de patients qui se retrouvent sans médecin traitant, des difficultés récurrentes pour obtenir un rendez-vous chez des spécialistes...

L'accès aux soins est une problématique de plus en plus aiguë à travers la Corse, en zone urbaine comme en milieu rural, même si la tendance cache des disparités en lien avec l'urgence ou non de la demande, la spécialité concernée ou encore le profil de la portion du territoire concernée. Et, de ce point de vue, l'écart se creuse entre l'île et la moyenne nationale selon l'étude que vient de publier l'Institut national de la statistique et des études économiques (Insee Corse).

En chiffres, voilà ce que ça donne : Au 1er janvier 2023, 1 126 médecins exercent en Corse, ce qui équivaut à une densité de 323 médecins pour 100 000 habitants contre 341 au plan national.

L'île est un peu mieux lotie en généralistes, 159 généralistes pour 100 000 insulaires contre 147 à l'échelle nationale, mais manque nettement de spécialistes; 164 spécialistes pour 100 000 habitants contre une moyenne nationale de 194.

S'agissant des soins dentaires et du maillage officinal, la balance pèse légèrement en faveur de l'île, 71 praticiens pour 100 000 habitants et 67 au national et 114 pharmacies pour 100 000 habitants contre 109, ce qui place l'île au 7e rang des 12 régions françaises, derrière l'Auvergne-Rhône-Alpes et juste devant le Grand Est. Toutefois, c'est la Corse-du-Sud, à l'évidence plus attractive pour la population médicale avec une densité de 350 praticiens pour 100 000 habitants contre 299 en Haute-Corse, qui permet de limiter le déclassement.

C'est en Provence-Alpes-Côte d’Azur que la densité médicale est la plus élevée, soit 409 médecins pour 100 000 habitants, dont 171 généralistes et 238 spécialistes. Le territoire attire aussi plus de chirurgiens-dentistes et de pharmaciens que la moyenne, respectivement 95 et 125 pour 100 000 habitants.

A contrario, la région la moins bien dotée est le Centre-Val de Loire, avec 256 médecins pour 100 000 habitants, soit 115 généralistes et 141 spécialistes. Une faiblesse des effectifs qui se retrouve chez les chirurgiens-dentistes (45 pour 100 000 habitants) et du côté des officines (104 pour 100 000)

Référence

du 01/11/2023

https://www.corsematin.com/article/sante/12061426504508/sante-lacces-aux-soins-est-devenu-plus-problematique-en-corse-qua-lechelle-nationale

Quand un enfant du village revient et sauve l'offre de santé du Niolu

Calacuccia; Dès janvier 2024, le Niolu aura de nouveau un médecin permanent. Originaire d'Albertacce, le docteur Jean-Paul Langlade a revu ses plans pour ne pas laisser tomber les patients de sa vallée d'origine. 
Depuis le 13 août 2023 et le départ de son unique médecin généraliste, le docteur Titus Ududec, la vallée du Niolu vit avec l'appréhension quotidienne de ne pas trouver de médecin permanent. Plusieurs pistes ont été étudiées, de la Corse jusqu'à la Roumanie. Aucune n'a été concluante. Jusqu'à la mi-septembre.
Le docteur Jean-Paul Langlade était à l'origine un sparadrap prévu dès janvier 2024 pour ralentir l'hémorragie d'un Niolu qui se retrouvait sans médecin. Une fois de plus. S'il ne devait à l'origine consulter que quelques jours par mois pour profiter d'une paisible retraite à Albertacce, le médecin de 63 ans, a finalement fait le choix du cœur : "Impossible de rester au Bar des amis sans rien faire, alors que des gens avec qui j'ai grandi et qui m'ont vu grandir ont besoin de moi." Car s'il exerce la médecine générale depuis 33 ans en Ariège, Jean-Paul Langlade, comme son nom ne l'indique pas, est bien Niulincu. "Ma mère était une Albertini, d'Albertacce. Forcément", s'amuse le médecin.

Docteur tout-terrain

Devant la mairie de Calacuccia, plusieurs habitants sont venus le saluer en amont d'une réunion sur sa future installation. "Il aime tellement son village qu'il vient y finir sa carrière", se réjouit le maire d'Albertacce, Pierre-François Albertini. Finir ? Plutôt prolonger. À 63 ans, le docteur Langlade repousse de cinq ans la retraite qu'il devait prendre au 1er janvier.

Avec deux cabinets dans les Pyrénées, Jean-Paul Langlade a roulé sa bosse dans les zones montagneuses et connaît les spécificités du rural, ses avantages et ses inconvénients. 
"Je suis également toujours médecin coordonnateur dans un Ehpad et je travaille souvent avec un public âgé", souligne le médecin. L'homme partage également une conviction, celle qu'une vie médicale est possible dans le rural, loin de la fatalité. Et cela commence par la coopération entre les professionnels de santé.

Une équipe de soins primaires existe déjà et est composée des infirmiers et du pharmacien de la vallée. "Elle est en sommeil. Mon rôle sera de l'animer pour une prise en charge pluridisciplinaire et de l'articuler avec les services sociaux car on a beaucoup de gens âgés qui vivent dans des conditions difficiles", indique Jean-Paul Langlade qui anime déjà une équipe de soins primaires en Ariège.

Espoir en cathéter

Également maître de stage, le médecin compte bien "créer les conditions pour attirer des étudiants en médecine pendant leurs stages", sans oublier le développement de la télémédecine. 
À 82 ans, Lucie avoue son soulagement : 
"On dort plus tranquille quand on a un médecin à proximité. Plus besoin de faire des heures de route." Récemment opérée du cœur, elle doit voir un médecin une fois par mois : "Pour l'instant je vais à Bastia ou à Corte mais c'est toute une organisation, assez fatigante. Et puis, en ville, les médecins ne prennent pas le temps de discuter. En plus, il parle corse. C'est parfait."

Référence

du  03/10/23

https://www.corsematin.com/article/sante/17616005332458/quand-un-enfant-du-village-revient-et-sauve-loffre-de-sante-du-niolu

Ces cimetières communaux au bord de la saturation en Cors

Les cimetières insulaires accueillent, en proportion, trois fois plus de défunts que ceux du Continent.

Dans l'île, le nombre d'enterrements est trois fois supérieur à la moyenne nationale, si bien que de nombreuses communes peinent à garantir des concessions aux administrés. Un casse-tête pour les élus qui doivent redoubler d'inventivité.

À la veille de la fête des morts, 2 nov 2023, cette période à laquelle les cimetières ne sont jamais aussi visités, le fleurissement des tombes n'est pas le seul sujet de préoccupation dans les communes insulaires. Il en est un autre qui taraude bien davantage les élus : comment pousser les murs ? 

"C'est un vrai souci, confie Mathieu Ceccaldi, le maire de Marignana. Nous avons trois cimetières pour plus de 400 tombes, et on touche les limites. Dernièrement, nous avons déplacé le columbarium afin de créer trois places supplémentaires, mais cela ne règle pas le problème. Le cimetière principal a fait l'objet d'une extension il y a une dizaine d'années, et nous envisageons d'en faire une nouvelle, car nous avons du mal à répondre aux demandes des familles."

La dernière demeure de la diaspora

Le sujet - plutôt explosif - prend de l'ampleur à mesure que le temps passe. Depuis le début de cette année, huit enterrements ont eu lieu dans cette commune d'une centaine d'âmes à peine. Soit huit fois plus que la moyenne nationale qui s'établit en général à une inhumation par an pour cent habitants.

À l'échelle de l'île, ce taux est trois fois supérieur à celui que l'on observe dans la France entière. Autrement dit, les cimetières insulaires accueillent, en proportion, trois fois plus de défunts que ceux du continent. Les raisons : une population plus âgée - les plus de 65 ans représentent 29 % des habitants contre 25 % pour la moyenne - et surtout les personnes de la diaspora qui choisissent la Corse comme dernière demeure.

Pour des raisons culturelles, la crémation est, en outre, un mode de sépulture moins répandu que sur le Continent. 

Résultat : de nombreux cimetières sont au bord de la saturation. Sonia en a fait la douloureuse expérience. Il y a trois ans, cette aide soignante a perdu sa mère des suites de la Covid-19, et a rencontré bien des difficultés pour lui trouver une place au cimetière. 

"J'ai essayé d'obtenir une concession dans la région d'Ajaccio, mais c'était presque impossible, explique-t-elle. J'ai donc abandonné et j'ai conservé l'urne funéraire chez moi, dans ma chambre, même si je sais que ce n'est pas légal."

Depuis décembre 2008, la conservation d'une urne dans un domicile familial ou une autre résidence est en effet interdite. Ce cas, pour autant, en dit long sur le parcours du combattant auquel doivent faire face nombre d'administrés, alors même que la législation impose aux communes de fournir à leurs résidents une place au cimetière.

Une difficulté encore plus importante en Corse, où les élus doivent répondre à des demandes de personnes originaires d'un village mais non domiciliées dans celui-ci. 

"Il est délicat de s'en référer strictement à la loi quand une famille vient vous voir pour enterrer un proche, même s'il n'habitait pas la commune, glisse un élu du Nebbiu. Il y a un attachement au village et des codes culturels qui font qu'il n'est pas possible de leur opposer une fin de non-recevoir."

"Nous construisons au-dessus des tombes"

Le culte des morts complique aussi la tâche des décideurs, en interdisant très souvent d'effectuer des reprises de concessions, y compris pour des sépultures en déshérence. Le maire de Santa Maria è Sicchè, Guillaume Gugliemi, connaît bien ce problème. 

"Une partie des concessions sont perpétuelles et, chez nous, elles sont depuis toujours gratuites, ce qui explique aussi la pléthore de demandes que nous recevons, glisse cet élu de la Pieve de l'Ornanu. Notre cimetière, qui s'étend pourtant sur 8 000 m2, arrive à saturation. Nous sommes contraints de demander aux familles qui ont des concessions de construire au-dessus des tombes, de monter en verticalité. Pour les autres, c'est compliqué. Nous envisageons une extension mais cela pose des difficultés foncières, cela nécessite des études de sol poussées, ainsi que des autorisations spécifiques." 

C'est dire si le sujet vire parfois au casse-tête. Avec une pointe d'humour qui en dit plus qu'un long commentaire, un élu des Dui Sevi résume cette situation à bien des égards insoluble : 

"Il y a quatre ans, un maire de la Loire avait pris un arrêté municipal interdisant à ses administrés de mourir pour dénoncer la pénurie de médecins. Pour la saturation des cimetières, on n'en est pas encore là, mais presque... " 

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https://www.corsematin.com/article/societe/50451139374589/ces-cimetieres-communaux-au-bord-de-la-saturation-en-corse

Galeria et Manso: trois baigneurs piégés par une crue de la rivière Fangu

Conflits: touristes et crue dangereuse de la rivière Fangu

Les pompiers de Haute-Corse sont intervenus, vers 16 h 30 ce lundi après-midi 05/06/23, pour porter assistance à trois personnes, deux enfants et un adulte, en difficulté après une crue soudaine de la rivière Fangu.
Ces touristes d'origine allemande ont été évacués par l'hélicoptère Dragon 2B et les pompiers du Groupement de recherche et d'intervention en milieu aquatique. Aucun d'eux n'a été blessé. Les orages qui se succèdent en montagne rendent dangereuse la pratique de la baignade en rivière.

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Conflits, élections, ballotage: cas de la commune de Manso, Balagne et Niolo, Haute-Corse

 08/06/23 :démissions d'élus en cascade et nouveau scrutin en vue à Mansu

Mais que se passe-t-il à la mairie du Mansu ? À mi-mandat, il reste aujourd'hui moins de la moitié des élus entrés en fonction en mars 2020. Entre le 8 avril et le 15 mai de cette année, ce sont les trois adjoints au maire ainsi que deux conseillers municipaux qui ont donné leur démission. Déjà, en juillet 2020, un premier conseiller municipal avait mis fin à ses fonctions. L'équipe municipale est désormais réduite à cinq élus. Une élection partielle, dont la date du premier tour est fixée au dimanche 9 juillet, doit avoir lieu. 
Pasquale Simeoni, 43 ans, est maire du Mansu depuis mars 2008. Ce cadre de la fonction publique a remporté l'élection de mars 2020 face à la liste menée par Ange Costa. Il dit ne pas comprendre la dissidence qui se dresse désormais face à lui. "Je n'ai aucune idée de la raison qui a fait démissionner mes trois adjoints ainsi qu'une conseillère municipale, assure l'édile. Factuellement, sur la gestion de la mairie, je ne comprends pas leur décision. Les projets en cours sont ceux présentés par notre liste en 2020. Nos finances publiques sont plus que saines. Les dépenses de fonctionnement sont au ras des pâquerettes et les investissements sont élevés. Le budget n'a rien de secret puisqu'il est à disposition de chacun en mairie. Franchement, je ne cerne pas le cœur du problème, je veux bien que l'on m'explique."
Pasquale Simeoni a-t-il fait face à un putsch raté avec la démission de la moitié de son équipe ? Beaucoup l'ont pensé dans la vallée. Avant une modification du code électoral en 2019, pareil cas de figure aurait mené vers une élection municipale complète. Un moyen de "refaire le maire" sans avoir à attendre la municipale de 2026.

"L'hypothèse d'un putsch raté n'est pas impossible, bien qu'assez invraisemblable, estime l'édile. En tout cas, c'est un coup de théâtre inédit sur la commune. S'il y avait eu des irrégularités, des problèmes de finances, j'aurai compris ces démissions. Mais là, à part la volonté d'organiser une municipale complète, je ne vois pas. En plus, j'avais annoncé depuis toujours que ce serait mon dernier mandat. Par contre, je resterai maire jusqu'à la fin, même si six personnes sont contre moi. Et je continuerai à travailler, à présenter des délibérations pour le village."-

Un élu "autocratique" selon la dissidence

Pour tenter de mieux comprendre la situation politique à Mansu, il fallait aussi donner la parole aux démissionnaires. Certains parmi ces derniers souhaitent s'éloigner de la vie publique, d'autres pourraient être de retour dès l'élection du 9 juillet. C'est le cas de Francis Olari, meneur de fait de la dissidence.
"La réalité ne correspondait plus aux rôles attribués à chacun, estime cet artisan de 62 ans vivant sur Ajaccio. En tant que premier adjoint, j'ai été destitué de mes délégations de gestion du personnel et de suivi des travaux. Je n'ai plus eu mon mot à dire. Souvent, on se retrouve devant le fait accompli. On nous a même changé la serrure de la mairie. Petit à petit, on nous a poussés vers la sortie. Le maire fait tout seul, en affirmant être le patron. À force d'entendre cela, le vase déborde. Je ne critique pas sa gestion de la commune mais bien ses rapports humains très particuliers. C'est un problème de forme plus que de fond."
Pasquale Simeoni n'entend pas démissionner et restera donc aux commandes jusqu'à mars 2026. Il pourrait toutefois être minoritaire dans son propre conseil, ce qui risque de bloquer le jeu démocratique.
 "Il restera maire, mais nous ferons en sorte de remettre de l'ordre et de redistribuer les rôles à chacun, reprend Francis Olari. Il nous faudra aussi rassembler un maximum. Les familles ont été séparées, des gens ne s'adressent plus la parole, on veut faire en sorte que dans trois ans, il n'y ait qu'une seule liste menée par des jeunes."
Les noms des six candidats autour de Francis Olari sont déjà en partie connus. On y retrouve la conseillère démissionnaire Audrey Falconetti, le jeune informaticien Jean-Roch Santucci, le candidat en 2020 Ange Costa et Gérard Maestracci, un retraité de 76 ans qui a l'expérience de la politique. 
"Pasquale Simeoni a une gestion autocratique de la commune, regrette celui qui a fait deux mandats de conseiller municipal dans une commune du Var. On lui reproche de séparer les familles. En s'entêtant, il a provoqué une situation devenue ingérable. Son équipe est borderline, toujours en limite de la légalité. Ils ont poussé l'employé communal vers la sortie, alors que c'était un agent extraordinaire. De plus, notre maire n'est jamais là puisqu'il travaille à Bastia. Ma crainte, maintenant, c'est qu'on va se retrouver dans une situation de blocage si le maire s'accroche encore à son poste. S'il en avait eu le courage, il aurait démissionné et nous aurions refait une élection complète."

"Je ne suis pas en campagne, je suis aux responsabilités"

De son côté, le maire ne compte pas s'impliquer dans l'élection du 9 juillet. "Je ne présenterai personne, je ne suis pas en campagne, je suis aux responsabilités, estime-t-il. Toutefois, il y a une liste que je soutiendrai officiellement. Il risque d'y avoir des démissionnaires qui se représentent en face. Je trouve que ça n'a aucun sens. "

Jusqu'à mars 2026, la vie politique à Mansu risque d'être bien compliquée...

09/06/23 : démissions en cascade à la mairie de Mansu

Le conseil municipal de Mansu, en Balagne, a connu six démissions d'élus depuis le début du troisième mandat de Pasquale Simeoni, en mars 2020. Si la première démission remonte à juillet 2020, les cinq autres sont récentes et s'échelonnent entre avril et mai 2023. Une élection municipale partielle est d'ores et déjà prévue pour les 9 juillet et 16 juillet, en cas de second tour. Les raisons de ces démissions ne sont pas clairement connues.

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Conflits : la non-construction de 29 logements sociaux et de 8 villas à proximité de la chapelle de Calenzana

 François Colonna d'Istria a souhaité répondre aux arguments du tribunal administratif et de l'association U Levante qui ont motivé la non-construction de 29 logements sociaux et de 8 villas à proximité de la chapelle de Calenzana

Les engins de chantier ne viendront pas, en face de la chapelle Sainte-Restitude de Calenzana. La cour administrative d'appel de Marseille a confirmé en juin 2023 la décision prise en première instance : le permis d'aménager un lotissement de huit lots à bâtir, ainsi que le permis de construire de onze bâtiments comprenant vingt-neuf logements sociaux, sont tous deux annulés. La commune de Calenzana avait délivré ces permis en 2020, se félicitant du caractère social de ce projet et de la perspective de loger une trentaine de familles non loin du village. Mais dans cette affaire, l'association de défense de l'écologie U Levante a eu gain de cause.

"Malgré le code de l'urbanisme qui interdit les constructions en discontinuité, le maire de Calenzana avait délivré deux autorisations d'urbanisme pour deux très gros projets immobiliers sur 1,8 hectare d'espaces stratégiques agricoles constitués de terrains plats et très fertiles situés dans une magnifique oliveraie" expliquait l'association.

Quelques semaines après la parution d'un article dans Corse-Matin, relatant la décision du TA, le propriétaire des terrains concernés par la promotion a souhaité sortir du silence pour dire son indignation et son incompréhension. François Colonna d'Istria souhaite aussi se défendre des allégations portées à son encontre.

"Je ne suis ni le porteur du projet, ni un spéculateur, ni même un professionnel, tient à préciser le septuagénaire. Ces propriétés sont dans la famille depuis des temps immémoriaux. Nous les avons toujours exploitées et entretenues, nous y avions des vignes, nous y récoltions les olives. Il y a effectivement eu un projet, qui n'avait rien de spéculatif. Voyant les difficultés qu'ont les jeunes à accéder à la propriété, je me suis dit que, dans le droit fil de ce qu'a fait ma famille pour la commune, je pouvais faire quelque chose. Je me suis rapproché du Logis corse, demandant s'ils pouvaient réaliser un programme à connotation sociale, pour notre jeunesse et à un prix abordable. Sur les 29 logements sociaux, une moitié se destinait à de l'accession à la propriété et l'autre moitié à de la location. Je m'étais engagé à vendre ce terrain aux Logis corses pour moins de 45 € du mètre carré. C'est un tarif très en dessous du prix du marché. D'autre part, je me suis aussi engagé, puisqu'il était question que la commune termine l'assainissement de la zone de Sainte-Restitude, à participer à hauteur de 180 000 euros sur le fruit de la vente aux Logis corses. En contrepartie, je voulais faire un lotissement de huit lots, sur un terrain total de 17 ha, sans détruire aucun olivier puisque les maisons auraient été implantées au milieu."
Dans cette affaire où s'opposent écologie et besoins sociaux, l'arbitrage ne pouvait être que délicat. Au terme, la satisfaction d'U Levante est sans doute à la hauteur de la déception du propriétaire.

"Je suis un particulier épris de l'intérêt public"

François Colonna d'Istria est le petit-fils de Joseph Marini, maire de Calenzana durant un demi-siècle, et le neveu de Philippe Marini, qui a fait un mandat au tournant des années 1980. Dans la lignée de ses aïeux, François Colonna d'Istria a aussi porté l'écharpe durant les années 1990.
"Je suis indigné, au plus profond de moi-même : s'il y avait bien un projet qu'il aurait fallu regarder de plus près, c'est celui-là. Je crois que c'est le seul en Haute-Corse qui émane d'un privé qui contacte un organisme social, qui fait un prix aussi abordable et participe à la construction d'un équipement communal. La contrepartie, c'est huit lots dont deux réservés à mes enfants. Je suis d'autant plus amer au regard de l'héritage familial. Les Marini ont donné à la commune les sources des Nove ochji, pour l'alimenter en eau. Mon grand-oncle a donné le terrain du stade, dans le village, en échange d'un pierrier dans la plaine. Je voulais m'inscrire aussi dans cette lignée-là. Mais je constate que la somme des intérêts particuliers ne fait jamais l'intérêt général. Le projet est terminé, je n'y donnerai plus suite, par dégoût, et par indignation. J'interpelle U Levante à propos des termes de spéculation et de promotion. Ce sont des mots que je réfute ! Je les invite à trouver d'autres particuliers qui se sont comportés comme je l'ai fait, dans l'intérêt de ma commune. Tel un particulier qui a toujours été épris de l'intérêt public."

Voir les commentaires pour y analyser cette conflictualité 

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