Friday, December 1, 2023

Université de Corse, Università di Corsica

Le 3 janvier 1765 le décret de la dernière consulta de 1763 pose la première pierre.

Le premier recteur fut le frère Mariani,  professeur en droit civil, droit canon et éthique, Leonardo Grimaldi pour la philosophie et les mathématiques. 

La défaite de Ponte Novu et l'exil de Paoli et de nombreux démocrates l'éteindront le 25 juin 1769.

L’université commencera à renaitre de ses cendres en 1975 suite aux événements d'Aléria.  Grâce aux événements de l'affaire Bastelica-Fesch, elle naitra en 1981. La Sardaigne voisine,  à l'époque sous autorité espagnole, dispose de 2 universités, à Cagliari et à Sassari, depuis le début du XVIIe siècle tandis que le différentiel démographique entre les deux îles est moins important qu’aujourd’hui. [Martinetti,2018; Entre science et militantisme, une géopolitique de l’université de Corse sous le regard tutélaire de Pascal Paolihttps://www.cairn.info/revue-herodote-2018-1-page-109.htm]

Par ses nombreuses relations avec le pourtour de la Méditerranée, l'université de Corse occupe une place stratégique. Sa position scientifique souligne une originalité vis-à-vis 

Elle concentre de l'ordre de 4000 étudiants. Cette université multi-site se situe essentiellement à Corte. Cette piève de Talcini élargi à la micro-région du cortenais  n'a pas de véritable aérodrome avec un aéroport de Bastia-Poretta à 52 km. De plus elle est distante de 

  • 64 km du port de L'Île-Rousse le plus proche,
  • de 71 km du port de commerce de Bastia, et
  • de 80 km de celui d'Ajaccio.
Située dans une cuve au confluent du Tavignano et de la Restonica, la ville a connu deux phénomènes extrêmes au max du froid à −8,7°C le 2 mars 2005  et du chaud à 41,1°C le 7 juillet 2000. La température "moyenne" annuelle s'élève à 13 °C et on y compte de l'ordre de 50 jours de gel par an.

L'université assure trois missions centrées sur "l'éducation et l'élévation de l'âme des cadres du peuple corse émancipé de la tutelle génoise":

  • La formation dans toutes les disciplines via 8 structures
    • UFR Lettres, Langues, Arts, Sciences humaines et sociales
    • UFR Droit et Science Politique
    • UFR Sciences et Techniques
    • Institut universitaire de santé
    • Institut universitaire de technologie
    • Ecole de management et d'économie / Institut d'administration des entreprises
    • Institut national supérieur du professorat et de l'éducation
    • Ecole d'ingénieurs Paoli Tech
  • La recherche 
    •  2 UMR CNRS dont le centre de leur mission consiste en la production de connaissances, de savoir, de savoir-faire et de savoir-être comme réponse aux défis sociétaux de l'île dans son contexte méditerranéen.
      • Laboratoire SPE Sciences Pour l’Environnement (CNRS / Univ. de Corse). L’UMR 6134 Sciences Pour l’Environnement (SPE) est issue de 3 laboratoires créés en Corse dans les années 1980, concomitamment à la réouverture de l’Université de Corse. Le plus ancien, le laboratoire d’hélio-énergétique (URA 877 CNRS), fut créé en 1982 autour du thème de l’énergie solaire. 
      • Laboratoire LISA Lieux, Identités, eSpaces et Activités (CNRS / Univ. de Corse).
        Créée en 2008, l’UMR 6240 LISA est l’unique acteur régional du dispositif de recherche en Sciences Humaines et Sociales. Elle s’inscrit dans la section 39 « Espaces, Territoires et Sociétés » du département SHS du CNRS. Fortement pluridisciplinaire, l’unité tire son originalité d’un large éventail représentatif de 23 sections CNU et de 5 Branches d’Activité Professionnelles du CNRS. 
    •  3 plates-formes de recherche et développement, 
      • Myrte (Mission hYdrogène Renouvelable pour l'intégration au réseau Electrique) et Paglia Orba (Plateforme Avancée de Gestion éLectrique Insulaire, Associant stOckage et énergies Renouvelables – Objectif Autonomie) en matière d’énergies renouvelables situées à Vignola, Ajaccio,
      • Stella Mare en matière de ressources halieutiques située à Biguglia
        (Sustainable TEchnologies for LittoraL Aquaculture and MArine REsearch)
        Cette Unité UMS n°3514 est liée à  l’INstitut Ecologie et Environnement du CNRS (INEE) CNRS. Sa récente structuration permet une affectation de chercheur.
      • Institut d'Etudes Scientifiques de Cargèse, CNRS / UNIVERSITÉ DE CORSE / UNIVERSITÉ CÔTE D'AZUR qui accueille 2000 chercheurs/an pour des communications scientifiques.

    • le centre INRAé avec
      • le site de l'UR SELMET-LRDE (Systèmes d’élevage méditerranéens et tropicaux - Laboratoire de Recherche sur le Développement de l’Elevage) : 12 agents INRAE-ACT (Action, Transitions et Territoires).
      • le site de SAN GIULIANO
        • SDAR : 11 agents
        • UR Agap (Amélioration Génétique et Adaptation des Plantes méditerranéennes et Tropicales) Antenne corse (rattachée à l’UMR AGAP) : 5 agents BAP (Biologie et Amélioration des Plantes) , 4 agents Cirad BIOS (Systèmes Biologiques) et 2 CDD. 
        • UE Citrus : 13 agents INRAE dont 9 BAP (Biologie et Amélioration des Plantes) et 4 AGROECOSYSTEM (Agroécosystèmes) et 2 ETP annuels en CDD.

    • Fédération de Recherche Environnement et Société / FR CNRS 304 qui essaie de coordonner tous ces centres de recherche  dont le but est la mise en oeuvre des 7 actions de recherche suivantes :
          • Action 1 : Bio-ressources et changements environnementaux
          • Action 2 : Faculté Mondiale de l’eau 
          • Action 3 : Qualité et Qualification
          • Action 4 : Santé
          • Action 5 : Energies Renouvelables (ENR)
          • Action 6 : Intelligence Economique
          • Action 7 : Change (Changement Climatique)
    • Science et société
      • Depuis le 1er janvier 2009, l'université de Corse a créé sa fondation universitaire « A Fundazione di l'Università di Corsica ».
      • De très nombreuses activités dont les limites conflictuelles seraient une forme d'hégémonie culturelle de cette université sur l'île.

    Sunday, November 19, 2023

    Couverture 3G, 4G, 4G+, 5G en Corse, services numériques, télétravail; Coût si qu'en mode mobile sans Box.

     

    La grandeur principale:  le débit Mb/s

    Orange a été classé meilleur réseau internet mobile au premier en 2021 (et en 2020) par nPerf. En termes d'internet mobile, il est au-dessus de la compétition même si Free Mobile le talonne désormais. Orange a ainsi le :

    • Meilleur débit descendant : 76,43 Mb/s
    • Meilleur débit montant : 11,44 Mb/s
    • L'un des meilleurs temps de réponse : 37,26 ms (contre 50,44 ms en 2020)
    • Meilleur indice de performance en navigation :  72,77 % (contre 68,59% en 2020)
    • Meilleur indice de performance en streaming : 75,16 % (contre 84,74 % en 2020)

    En janvier 2022, Orange est élu meilleur réseau mobile de France en débit montant et descendant selon UFC Que Choisir. L'opérateur affiche une vitesse moyenne de 61,5 Mb/s en téléchargement. Il est largement en tête face à la concurrence. Sur la voie montante, la vitesse de connexion moyenne est de 12,8 Mb/s.

    La loi 

    Pour avoir une carte SIM, il faut:

    • Votre pièce d'identité originale (hors permis de conduire).
    • Un relevé d'identité bancaire (RIB) 
    • Un justificatif de domicile de moins de 3 mois

    Il n' y a que 4 fournisseurs

    Ci-dessous: prix au 20 nov 2023.
    TOUT les forfaits sont sans
     Engagement.

    Forfait 100Go 5G Orange

    16,99 €/mois; pendant 6 mois puis 31,99 €/mois

    10€ carte sim

    services

    Deezer premium; 1€/mois pendant 3 mois puis 10,99€/mois

    netflix essentiel  8,99 € /mois

    SOSH pas en boutique que en ligne

    100Go 5G: 13,99€/mois

    130Go 5G: 15,99€/mois

    carte sim: 10 €

    SFR

    100 Go 5G; 15.99€/mois

    Pendant 6 mois puis 30,99€/mois

    11€ carte sim

    services 

    Dont 90 Go partageables avec SFR Family.

    Deezer :7€/mois pendant 12 mois puis 10,99€/moi

    Netflix Essentiel à 10,99 €. Vous pouvez souscrire Netflix Standard avec pub 5,99 €/mois, Netflix Standard sans pub à 13,49 €/mois ou Netflix Premium à 19,99 €/mois lors de l’activation de votre compte Netflix.

    Netflix Standard et Bouquet Famille à 13,49 € par mois au lieu de 23,49 €. Vous pouvez souscrire Netflix Premium pour 4,50 €/mois supplémentaire.

    RED

    Forfait mobile sans engagement

    200Go 5G à 17,99€/mois

    option 5G offerte

    ou

    100Go 16;99€

    20€ carte sim en boutique sfr

    Bouygues B@You (sans engagement)

    100Go/mois; 13.99/mois +5G 3€/mois

    200Go/mois; 17.99/mois +5G 3€/mois

    Série Free

    120 Go en 4G/4G+ 12.99€/mois pendant 1 an, puis Forfait Free 5G à 19.99€/mois

    Forfait Free 5G

    250 Go 19.99€/mois

    (9.99€/mois pour les abonnés Freebox Pop)

    Service

    Application Free Ligue 1; Accès premium inclus

    Comment savoir la quantité de Go en un mois?

    Seulement, pour estimer ses besoins en data, encore faut-il savoir combien de gigas consomme chaque usage. Pour vous aider dans vos calculs, voici quelques exemples, à commencer par le volume des données nécessaires pour regarder des vidéos sur les principales plateformes de vidéos en streaming :

    sur YouTube 

    en qualité standard (480p) : jusqu'à 0,56 Go/h
    en définition par défaut (720p) : jusqu'à 1,86 Go par heure
    en HD : jusqu'à 3,04 Go par heure
    en 4K : jusqu'à 15,98 Go par heure  

    sur Netflix 

    en qualité standard : jusqu'à 1 Go par heure
    en HD : jusqu'à 3 Go par heure
    en Ultra HD 4K : jusqu'à 7 Go par heure
    une heure de contenu téléchargé : 0,25 Go 

    sur Disney + 

    en qualité standard : jusqu'à 0,6 Go
    en HD : jusqu' à 2,2 Go
    en Ultra HD 4K : jusqu'à 5,1 Go
    une heure de contenu sauvegardé : 1 Go 

    sur Amazon Prime Video 

    en qualité standard : jusqu'à 0,9 Go
    en HD : jusqu' à 2 Go
    en Ultra HD 4K : jusqu'à 5,8 Go

    Voilà pour les principales applications de vidéos en streaming. Mais, qu'en est-il des autres usages sur un smartphone qui consomment de l'internet mobile ?

    Sur Spotify ou sur Deezer,

    avec une qualité sonore normale, vous consommez
    43 Mo par heure de musique écoutée,
    72 Mo avec une qualité sonore élevée.

    Jeux comme Fortnite, facebook...

     De son côté, un jeu vidéo comme Fortnite consomme 100 Mo/heure. Soit autant que les réseaux sociaux comme Facebook et Instagram. 

    Autres

    Et pour le reste, Orange estime à 2 Mo la consommation d'internet mobile par heure d'utilisation sur une messagerie instantanée, à 12 Mo une heure de navigation sur le web, à 1 Mo une centaine de mails sans pièce jointe et à 50 Mo une centaine de mails avec pièce jointe.

    Google maps, Waze

    Enfin, on aimerait pouvoir vous dire quelle est la consommation en internet mode Waze ou de Google Maps. Mais, c'est trop aléatoire selon les trajets et le volume d'informations signalées pour vous donner une estimation. Seule certitude: ces deux applications ne sont pas tout gourmandes en gigas, contrairement à ce qu'on pourrait croire. 

    Molotov

    Molotov.tv vous propose plusieurs options pour surveiller votre consommation en ajustant la qualité des vidéos. Avec le mode Faible, vous consommerez 1 Go de données pour quatre heures de visionnage. Le mode Standard réduit la durée à deux heures pour la même quantité de données et le mode Élevé à une heure seulement

    Pour surveiller votre consommation de données si vous utilisez Molotov.tv avec une connexion 4G et non à travers un réseau Wi-Fi, appuyez sur la roue crantée en haut à droite de l'écran (sur Android) ou sur l'icône en forme de silhouette en haut à gauche de l'écran sur iPhone.

    Evolutions

    Pour information, depuis plusieurs années, la consommation des données mobiles ne cesse d’augmenter avec l’accroissement des usages en mobilité. D’après le dernier observatoire des consommations électroniques en France réalisé par l’ARCEP, l’usage des données mobiles sur les réseaux 4G continue de progresser à un rythme soutenu. La consommation moyenne de data en 4G par utilisateur est de 15,4 Go (au 30 juin 2023).

    Au fil du temps, nos usages évoluent, et nous consommons de plus en plus de données mobiles. Toujours selon l'ARCEP, le nombre moyen de gigas utilisés tous les mois en France et par utilisateur a en effet augmenté de 37% en 2018, de 29% en 2019, de 20% en 2020, de 22% en 2021 et encore de 26% aux premier et deuxième trimestre 2022. Et, cette tendance ne risque pas de s'arrêter.

    Controler la quantité Go

    Afin d’éviter les mauvaises surprises sur votre facture mobile en cas de dépassement de votre enveloppe web ou encore pour ne pas rester à court de data, il est important de suivre sa consommation internet mobile. 

    Sur iPhone,  les données mobiles consommées sont visibles dans les réglages de votre smartphone Apple :

    1. Rendez-vous dans le menu "Réglages",
    2. Puis "Données cellulaires",
    3. Faites défiler l’écran jusqu’en bas, puis cliquez sur "Services système".
    4. Vous pouvez ainsi consulter les statistiques de consommation de données d’une app sur la période en cours et les statistiques de consommation de données pour chaque application.

    Avec un smartphone sous Android, vous pouvez aussi mesurer vos données mobiles. Pour cela :

    1. Ouvrez l’application « Paramètres »,
    2. Puis cliquez sur « Réseau et Internet » et « Consommation des données »,
    3. Sous la partie « Mobile », vous pouvez consulter la quantité totale de données mobiles que vous avez consommez.

    Vous pouvez aussi retrouver votre consommation de gigas sur votre espace client (ou sur votre facture). Mais, vous n'aurez pas le détail application par application mais uniquement votre consommation mensuelle de data.

    Selon Ericsson, la consommation mensuelle d'internet mobile des usagers est aujourd'hui de 10 Go et  pourrait grimper à 35 Go d'ici 2026, soit une augmentation de 250%. Et, à cette même date, un utilisateur sur cinq pourrait consommer 200 gigas de data. 

    Et, sans surprise, c'est le streaming video qui représente la plus grosse partie de cette consommation. Il pèse aujourd'hui 66% du trafic mobile. Une proportion qui pourrait grimper à 77% à l'horizon 2026. 

    Calendrier fermeture des services 2G et 3G

    Orange, SFR et Bouygues Telecom ont dévoilé leur calendrier de fermeture des réseaux 2G et 3G en France. Du côté de Free Mobile, on a déjà tourné la page de la 2G.

    En février 2023, il n’y a que Free Mobile qui n’a exposé de calendrier de fin pour la 2G et la 3G. Il faut toutefois noter que la 2G chez Free Mobile est déjà inactive. Comme on peut le voir dans l’observatoire de l’Agence nationale des fréquences, aucun site 2G n’est en service chez Free, que ce soit pour la bande 900 MHz ou 1 800 MHz. Seule la 3G est encore opérationnelle.

    Opérateur de téléphonieFin du réseau 2GFin du réseau 3G
    Orange20252028
    SFR20262028
    Bouygues Telecom20262029
    Free Mobileinactive?

    Couverture Corse 3G, 4G, 4G+ et 5G

    obtenus sur les sites des FAI

    couverture Orange




    couverture SFR









    en 3G

    Références

    Monday, November 13, 2023

    26 sept 2023; Emmanuel Macron en Corse : le programme de la visite heure par heure

    Selon nos informations, la visite d'Emmanuel Macron en Corse devrait débuter demain soir, mercredi 27 septembre. Il restera sur l'île jusqu'au vendredi 29 septembre au matin, avant de s'envoler pour Malte.

    Son déplacement sera rythmé par de nombreux temps forts, à la fois mémoriels, pour les 80 ans de la libération de la Corse : le Président rendra hommage aux Corses qui ont servi dans la résistance, ainsi qu'aux goumiers marocains et aux Italiens résistants ; et politiques, il prononcera un discours à l'Assemblée de Corse.

    Découvrez son programme heure par heure

    Mercredi 27 septembre

    Arrivée du Président dans la soirée : dîner en préfecture de Corse avec les élus, notamment les présidents de groupe et les parlementaires.

    Jeudi 28 septembre

    Discours à l'Assemblée de Corse en présence des élus à 10h

    Ce moment politique pourrait être suivi d'une séquence mémorielle, avec, au programme, selon nos informations :

    Commémoration des 80 ans de la Libération de la Corse à la Citadelle d'Ajaccio

    Dépôt de gerbe devant la maison natale de la résistante Danielle Casanova

    Départ pour Bastia qui pourrait s'effectuer en début d'après-midi

    Musée de Bastia et exposition consacrée aux Corses et à la Seconde Guerre Mondiale

    Commémorations des 80 ans de la Libération de la Corse sur la place St Nicolas à Bastia, en présence de scolaires

    Enfin, le Président pourrait ensuite rejoindre Bonifacio pour l'inauguration du collège Albert Feracci, avant un départ pour Malte vendredi matin. 

    Référence

    8 sept 2023: "La question de l'autonomie de la Corse sera traitée fin 2024"

     C'est la date glissée par Gérald Darmanin - dans l'île la semaine prochaine - aux députés Liot, en Guadeloupe pour leur rentrée parlementaire. Bertrand Pancher, le président du groupe, en dit plus

    Le ministre de l'Intérieur invité par Liot en Guadeloupe. Vous y avez forcément un intérêt. Lequel ?

    On parle d'intérêts divers. D'abord, Gérald Darmanin n'est pas seulement le ministre de l'Intérieur, mais aussi celui des Outre-mer qui souffrent d'une absence de politique dans le temps. Ensuite, nous sommes un groupe où l'on compte nombre de députés insulaires liés par des problématiques communes. Si les territoires baignés par l'insularité n'ont pas tous les mêmes revendications, tous, en revanche, réclament plus de souplesse à l'horizon d'une possible révision constitutionnelle, et l'on entre dès lors dans le vif de la question corse. À la clé, la nécessité d'une réforme des institutions, le ministre en a convenu.

    Avez-vous amorcé des discussions en amont de la rentrée parlementaire, vous a-t-on fait comprendre que l'on avait besoin de vos voix ?

    Cela a été sous-tendu. La loi sur l'immigration revient fin octobre au Sénat et arrive début 2024 à l'Assemblée nationale. Nous allons veiller à ce qu'elle reste équilibrée notamment après son passage à la chambre haute où la commission des lois l'avait considérablement durcie. En ce sens, le ministre a besoin de nous.

    Les textes budgétaires ont déclenché une guerre des travées l'an dernier, qu'avez-vous négocié ?

    Nous souhaitons débattre des sujets les plus prégnants suffisamment tôt. Sinon les mêmes causes produiront les mêmes effets, une avalanche de 49-3 suivie de motions de censure.

    C'est un message en direction d'Élisabeth Borne ?

    Et d'Emmanuel Macron.

    Une motion transpartisane, à l'instar de celle lancée contre la réforme des retraites, n'est donc pas exclue ?

    L'option est sur la table, surtout si l'on ne tient pas compte des objectifs que nous portons sur le plan économique, social et environnemental, entre autres.

    Le ministre a-t-il évoqué le processus d'autonomie en cours entre l'État et la Corse ?

    Longuement. Gérald Darmanin a souligné que le sujet de l'autonomie de la Corse devait se régler dans le cadre d'une révision la plus large possible donnant toutes les opportunités d'évolution institutionnelle. Il y aura vraisemblablement deux réformes constitutionnelles. Une adaptation liée à la Nouvelle-Calédonie en janvier-février prochain. Le dossier corse sera traité en fin d'année 2024, parce qu'au-delà de la Corse, la question institutionnelle se pose pour d'autres territoires d'Outre-mer. Une concertation doit se mettre en place, nous a expliqué le ministre, avec, peut-être, un élargissement à l'Hexagone en matière d'adaptation de normes. Nous avons rappelé que nous n'entendions pas lâcher la proie pour l'ombre.

    Emmanuel Macron est-il en mesure d'aller au bout de son projet et d'inscrire l'île dans la Constitution ?

    Oui, mais à condition de s'accorder avec le Sénat dans le cas où le projet est soumis au Parlement convoqué en Congrès. Il faudra dialoguer avec la chambre haute, se donner un peu de temps. Pour nous, la finalité consistera à manœuvrer au plus près pour faire aboutir la requête de la Corse, en sachant que des sollicitations se font jour ailleurs également. J'ai demandé à Bruno Retailleau de recevoir Gilles Simeoni, les contacts ont été pris, de manière à pouvoir nous assurer du soutien d'un maximum de sénateurs.

    Référence

    https://www.corsematin.com/article/politique/75704909895192/la-question-de-lautonomie-de-la-corse-sera-traitee-fin-2024

    7 juin 2023, Le rapport qui trace "les contours de l'autonomie" de la Corse

     La commission des compétences législatives et réglementaires de l'Assemblée de Corse a remis à l'exécutif un document visant à définir le concept "d'autonomie." Objectif : appuyer la demande d'un pouvoir législatif pour l'île et faire taire les critiques sur l'impréparation des élus.

    "C'est un document qui fera date dans l'histoire de notre institution.'' Le moment se veut presque solennel, lorsque le chef de l'exécutif, Gilles Simeoni, prend la parole, ce mardi matin, à l'hôtel bastiais de la Collectivité de Corse.

    Il faut dire que l'évènement n'est pas anodin pour la majorité territoriale. Le président de la commission des compétences législatives et réglementaires de l'Assemblée de Corse, Romain Colonna, vient de rendre officiellement à l'exécutif les conclusions de quatre mois de travaux. Un rapport d'une centaine de pages, sobrement intitulé "Vers un statut d'autonomie pour la Corse", visant à donner un sens à ce concept sujet à bien des interprétations.

    "Ce document permet d'invalider certaines idées reçues, d'éclairer des angles morts et de regarder ce qui se fait ailleurs en Europe pour démontrer, aussi, que l'autonomie remplit le frigo", affiche d'emblée le conseiller territorial du groupe Fà populu inseme. Ce travail, fruit d'une quinzaine d'auditions d'universitaires, de fonctionnaires et de personnalités politiques de communautés autonomes - Îles Baléares, province de Trento, Nouvelle-Calédonie, etc. - s'inscrit dans le droit fil du rapport sur l'évolution institutionnelle de l'île, remis au conseil exécutif en octobre 2021 par la professeure de droit Wanda Mastor.

    Le document livre également une analyse comparée des divers statuts d'autonomie existant. Avec une conviction : "Ce que nous demandons, à savoir le transfert du pouvoir législatif, est possible dans le cadre français actuel, affirme Romain Colonna. On nous oppose, à Paris, depuis des années, des limites infranchissables dans le cadre prétendument homogène de la Constitution. Il faudra que l'État nous explique pourquoi ce qui est possible en Nouvelle-Calédonie ou en Polynésie ne le serait pas en Corse."

     " L'autonomie est une perspective viable "

    Marie-Antoinette Maupertuis va plus loin. La présidente de l'Assemblée, considère, à la lumière de ce rapport, que les "lignes rouges" tracées par le chef de l'État à l'entame du processus de Beauvau - le refus de "créer deux catégories de citoyens" dans l'île, à travers notamment la coofficialité de la langue ou le statut de résident - "relèvent davantage de postures politiques que de réels obstacles juridiques."

    À l'appui de son argumentation, la présidente de l'hémicycle territorial fait valoir, à titre d'exemple, des particularités d'accès à la propriété pour les résidents de la Polynésie française. "Ce rapport fait la démonstration que l'autonomie existe ailleurs, et qu'elle est une perspective viable, qui permet de régler des problèmes du quotidien", insiste Marie-Antoinette Maupertuis.

    À travers ce document, le conseil exécutif n'entend pas seulement tracer les contours d'un - très hypothétique - nouveau statut de l'île. Il compte aussi faire taire les critiques, émises au sein du gouvernement ou dans les rangs de ses opposants politiques, sur l'absence de "proposition concrète" et l'impréparation des élus dans les négociations avec Paris.

    "Ce rapport constitue une réponse incontestable à ceux qui font semblant de ne pas savoir ce qu'est l'autonomie", avance Gilles Simeoni. À la veille d'une reprise des discussions, avec un nouveau comité stratégique qui doit se tenir ce mercredi, place Beauvau, cette contribution devrait aussi nourrir les débats ; en tout cas, veut croire l'exécutif, donner au gouvernement l'occasion de "clarifier sa position" pour la suite d'un processus ô combien poussif. "Veut-il, enfin, placer cette discussion à vocation historique au bon niveau ?, interroge le chef de la Collectivité. En ce qui nous concerne, nous sommes prêts."

    " Nous sommes prêts"

    Pour l'exécutif, les choses sont claires : les jours à venir seront décisifs et devront permettre de déboucher sur un accord politique conférant à la Corse un titre spécifique dans la Constitution, suivi d'une loi organique précisant la répartition des compétences avec l'État.

    Le rapport de la commission, pourtant, ne formule à ce stade aucune proposition de rédaction de ce titre. L'exécutif explique qu'il reviendra aux élus de l'Assemblée de Corse de définir le contenu précis du statut qu'ils souhaitent voir aboutir. Gilles Simeoni fait savoir qu'un débat est prévu à la session de fin juin, sur le fondement de ce document. "Il donnera lieu à la présentation d'un nouveau rapport, concerté en amont avec les autres groupes nationalistes et les forces politiques qui souhaitent s'y associer, en vue de formaliser nos propositions dans le cadre du processus, explique-t-il. Nous serons au rendez-vous fixé par le président de la République, au 14 juillet."

    Le patron de l'exécutif a déjà réuni les présidents des groupes nationalistes dans l'espoir d'arrêter une position commune. La sienne, en tout cas, est déjà sur la table : un transfert "plein et entier" du pouvoir législatif à la Collectivité, "de façon immédiate ou progressive." "Hormis sur le plan régalien, nous avons vocation à exercer toutes les compétences, avec les leviers juridiques, budgétaires et fiscaux nécessaires, martèle Gilles Simeoni. Ce sont les conditions d'une véritable autonomie." 

    Référence

    6 juillet 2023: Autonomie, de la délibération votée à l'Assemblée de Corse à sa mise en œuvre, un long chemin à venir

     dans la nuit du mercredi 5 au jeudi 6 juillet, délibération en faveur d'un statut d'autonomie

    Et maintenant ? C'est la question désormais sur la table après le vote intervenu à l'Assemblée de Corse, dans la nuit du mercredi 5 au jeudi 6 juillet, au terme de quarante-huit heures de tractations et de conclaves qui ont abouti à l'adoption, peu avant minuit, d'une délibération en faveur d'un statut d'autonomie par 46 voix sur 63. Sans arriver à l'unité politique un temps imaginée, mais en recueillant malgré tout une large adhésion au sein de l'hémicycle.

    Une adhésion qui est le résultat de la convergence des trois groupes nationalistes - Fà populu Inseme (majorité territoriale), Avanzemu, et Core in Fronte - élargie à la contribution de Pierre Ghionga sur les bancs d'Un Soffiu Novu.

    La droite - sa propre motion a été rejetée ne recueillant que 17 suffrages tandis que Jean-Christophe Angelini a regretté que "la diversité n'ait pas été respectée" - s'est prononcée contre, hors vote Ghionga. Josepha Giacometti-Piredda pour Corsica Libera s'est, elle, abstenue.

    Les deux textes vont à présent être transmis au gouvernement et au chef de l'État qui avait enjoint le président de l'exécutif insulaire, Gilles Simeoni, à lui remettre "une proposition (...) avant le 14 juillet". Calendrier tenu.

    Clause de revoyure

    La motion de la droite, pour "non-adoptée qu'elle soit, montera à Paris sans le visa de l'Assemblée de Corse, expliquait ce matin, de son côté, Jean-Martin Mondoloni. Ce trajet se fera par une voie non officielle puisque la voie officielle, c'est le texte de l'Assemblée. Ce qui n'interdit et n'empêche en rien, pour notre part, de continuer à faire vivre notre réflexion auprès du gouvernement. C'est ce que nous ferons".

    La délibération en faveur d'un statut d'autonomie portée par les nationalistes, un document de quinze pages, réclame un pouvoir législatif dans tous les domaines pour l'Assemblée de Corse, sauf ceux relatifs au régalien.

    Elle pose également noir sur blanc la "reconnaissance juridique du peuple corse", "un statut de coofficialité de la langue corse" et le "lien entre le peuple corse et sa terre" via "un statut de résident".

    À la clé, le souhait que l'accord politique trouvé soit soumis à un référendum dans l'île et prenne sa place sous la forme d'un "titre dans la Constitution consacrant l'autonomie". Enfin, une clause de revoyure à quinze ans pour faire un point sur une possible évolution figure parmi les caps tracés.

    "Il serait paradoxal qu'à l'aune d'une telle complétude politique, d'une telle clarté dans la définition des besoins et moyens, on nous oppose un refus une nouvelle fois absurde", a lancé mercredi soir dans l'hémicycle Paul-Félix Benedetti, évoquant une proposition la plus "harmonieuse" possible.

    Le projet s'apprête à être épluché par les services de l'État au plus haut niveau, avec pour ultime tamis, l'arbitrage du président de la République qui avait fixé à plusieurs reprises ses lignes rouges : maintien de la Corse dans la République et refus de créer deux catégories de citoyens.

    Honnêteté intellectuelle

    "Chacun va être dans l'attente de l'arbitrage institutionnel parce que c'est une affaire constitutionnelle et ce n'est pas l'Assemblée de Corse qui a la maîtrise du calendrier en la matière, c'est le président de la République, Emmanuel Macron", glisse-t-on dans le premier cercle du ministre de l'Intérieur, Gérald Darmanin.

    La prudence est de mise, convient le patron du PNC. "Si à chaque fois que nous avons dit qu'un texte était fondateur, il l'avait véritablement été, ce pays aurait connu une autre destinée", n'oublie pas le chef de file du groupe Avanzemu. Au-delà, Jean-Christophe Angelini estime que "nous n'avons pas l'impression de soumettre à l'État un projet révolutionnaire. Bien plutôt ce qui relève du droit commun de centaines de milliers de personnes".

    La session dédiée à l'autonomie s'est refermée, avec dorénavant un processus à faire vivre et aboutir. En corollaire, un long chemin à parcourir de la co-rédaction du projet hier à sa mise en œuvre demain.

    En attendant, les discussions ont laissé des traces. Non pas entre nationalistes, cette fois.

    Mais au sein du groupe Un Soffiu Novu que quitte Pierre Ghionga, "pour des raisons d'honnêteté intellectuelle et par souci de cohérence", confirme l'intéressé. "Dès lors que nous allons suivre la problématique d'autonomie tout au long de la mandature, il serait dérangeant pour moi et mon groupe que j'affiche régulièrement des votes différents. Je pars en toute amitié, j'ai prévenu Laurent Marcangeli, je n'ai aucune animosité, et surtout je ne me suis pas vendu à Gilles Simeoni".

    L'élu siégera pour la suite en tant que non-inscrit.

    Référence

    Saturday, November 11, 2023

    PORTRAIT d'un corse par sa grand-mère maternelle: David Lisnard maire de Cannes

     PORTRAIT de David Lisnard en 2017: "J'ai toujours été curieux"

    Le maire de Cannes est une personnalité aux multiples facettes : sportif endurci, lecteur insatiable et amoureux du débat, c'est aussi un ardent défenseur du petit commerce par capillarité familiale
    Ces temps-ci, le maire de Cannes est d'humeur un brin maussade. Rien à voir avec la déroute de Fillon à la présidentielle. Non, David Lisnard a un cartilage du genou en berne et ne peut plus courir. Un supplice pour ce sportif intempérant, habitué à avaler "entre 60 et 90 bornes par semaine et deux marathons par an", un record plus qu'honnête de 2 h 57 sur la distance mythique à la clé. On imagine que sa frustration s'évacue naturellement sur le sac de boxe installé dans son bureau…

    Le maire de Cannes a la fibre sportive dans les gènes. Il a de qui tenir. Son père, Denis Lisnard, après avoir débuté sa carrière à Cannes, évolua comme footballeur professionnel en 2e division à Besançon, Limoges puis Bourges. "Il a joué milieu puis libero. C'était un joueur âpre, teigneux."

    Sa mère, elle, fut longtemps danseuse étoile. "C'était une femme droite, à tous les sens du terme." C'est bien simple, lorsqu'il évoque sa famille, David Lisnard ne tarit pas d'éloges.

    Que ce soit sur le cocon fusionnel qu'il a recomposé avec la journaliste de France 3 Jacqueline Pozzi et leurs quatre enfants au total, ou sur ses parents et grands-parents dont les parcours l'ont profondément stimulé.

    Il les raconte avec fierté. D'abord ce grand-père maternel d'origine corse, installé à Talence près de Bordeaux.
    "Il était inspecteur de police. Gazé pendant la guerre, il s'est trouvé très diminué et ma grand-mère a pris soin de lui, tout en bossant en usine et en élevant neuf gamins. Elle était d'une bienveillance sobre, d'une rectitude absolue."

    Bosse du commerce

    Versant paternel, David Lisnard est issu d'une veille famille cannoise depuis le XVe siècle. "Mon grand-père était cuisinier. Il a tenu avec ma grand-mère la pension de famille deux étoiles Le Soleil d'Azur. C'était un personnage truculent, excessif, d'une générosité inouïe."

    Ses propres parents, les carrières sportives et artistiques ne permettant pas à l'époque de se reposer sur ses lauriers, se sont eux-mêmes reconvertis dans le petit commerce de vêtements, confrontés à des hauts et des bas. "A 79 ans, ma mère vient seulement d'arrêter de travailler", pointe-t-il, le poil hérissé d'admiration.

    Cet héritage familial, fait de besogne et de modestie, David Lisnard le revendique dans une sorte de poujadisme dépoussiéré.

    "Je rouvrirai un jour un commerce parce que ça me manque de prendre des risques personnels, de gérer un stock. J'aime être indépendant. C'est une belle école. Il y a beaucoup d'hommes politiques aujourd'hui auxquels je ne confierais pas mon magasin… J'ai envie, dans mon engagement, d'être fidèle à cette France des commerçants et des artisans qui créent de la vie et de la richesse, sans jamais se plaindre."

    Bouillonnement

    C'est un euphémisme, David Lisnard est un homme protéiforme. Il grouille. Bouillonne. Ne se contente pas de parler mais glose et disserte sans discontinuer. Autant que le sport, la culture et la philosophie vitaminent sa vie. Une ébullition permanente qui va jusqu'à lui rendre le sommeil difficile. On l'aurait parié.
    "J'ai grandi dans la rue, à la croisée de plusieurs milieux mais avec très tôt un prisme culturel, une ouverture sur la lecture et l'écriture. C'est pour cela que je mets tant l'accent sur la culture dans ma ville, c'est un capital qui renforce et qui rend autonome. Il y avait toujours des livres à la maison. J'ai commencé avec Astérix, Maurice Leblanc, San- Antonio, Pierre Desproges…"
    Enchaînant avec Kundera, Gary, Aron et tant d'autres dont il vous citerait des passages jusqu'au petit matin. Comme il discourrait, tout aussi habité, de ciné, de rock, d'opéra ou de Rachmaninov dont il est "fou". "Je n'ai jamais aimé être enfermé dans un univers, j'ai toujours été curieux." Cannes lui va finalement comme un gant.

    Sur wikipedia

    David Lisnard, né le 2 février 1969 à Limoges.
    Président de l'Association des maires de France depuis 2021.
    David Lisnard est diplômé de l'Institut d'études politiques de Bordeaux (promotion 1992).
    Remarié avec Jacqueline Pozzi, une journaliste avec laquelle il est en couple depuis 2016, il est père de trois enfants.
    • Il milite pour Jacques Chirac aux élections présidentielles de 1988 et 1995.
    • De 1996 à 1999, David Lisnard est directeur de cabinet et attaché parlementaire de Jacques Pélissard, député-maire de Lons-le-Saunier, vice-président de l’Association des maires de France.
    • En juin 2008, il intègre les instances nationales de l'UMP en tant que conseiller exécutif. Par ailleurs, il est membre du comité départemental de l’UMP des Alpes-Maritimes. 
    Sous son premier mandat de maire de Cannes, la ville enregistre une baisse historique de la dette.
    Après la victoire de François Fillon, il devient l'un de ses porte-parole. Pendant la campagne présidentielle, il défend en particulier l’idée de « coupes franches dans la fonction publique » et l’augmentation de la durée du travail pour les fonctionnaires sans compensation salariale équivalente.

    Fin juillet 2016, après l'attentat de Nice et comme d'autres maires avant lui, il prend un arrêté interdisant le port « d'une tenue de plage manifestant de manière ostentatoire une appartenance religieuse alors que la France et les lieux de culte religieux sont actuellement la cible d'actes terroristes », ce qui suscite une polémique. Fin août 2016, le Conseil d'État statue sur l'illégalité d'une telle pratique lors du jugement en référé de l'arrêté similaire du maire de Villeneuve-Loubet. En mai 2018, la ville de Cannes est condamnée à rembourser l'amende d'une vacancière verbalisée en vertu de cet arrêté. Quatre ans plus tard, après l'assassinat de Samuel Paty le 16 octobre 2020, il publie une tribune dans laquelle il dit être « essentiel de lutter aussi contre l'islamisme à bas bruit ».

    Sous son premier mandat, la ville de Cannes entreprend plusieurs démarches en faveur de la protection de la Méditerranée. C'est ainsi qu'en mars 2016, elle lance la campagne de sensibilisation « Ici commence la mer » reprise ensuite par plusieurs autres villes comme Collioure, Grenoble, Dijon ou Dinan. En 2019, la ville de Cannes impose une charte environnementale aux navires de croisière  et lance, l'année suivante, un plan « Zéro plastique », proscrivant l'utilisation de vaisselle en plastique à usage unique de tous les exploitants du domaine public.

    Le 15 mars 2020, il est réélu maire de Cannes, dès le premier tour, avec 88,08 % des voix43,7.

    En mars 2020, pendant le premier confinement décidé par le Gouvernement dans le cadre de la pandémie mondiale de Covid-19, il décide d'ouvrir un second centre d’accueil pour les personnes sans domicile fixe au Palais des festivals. La ville de Cannes procède ensuite à une distribution massive de masques alternatifs cannois à sa population. Le 14 avril 2020, il réclame à l’État un plan Marshall du tourisme.
    Le 14 novembre 2020, il dénonce la « folie bureaucratique française » dans une tribune parue sur le site du Figaro.

    Lors de sa campagne électorale de 2013, David Lisnard met en avant la lutte contre l'incivilité dans sa ville, parlant de « véritable enjeu de société », voulant faire de sa ville un laboratoire. En 2015, il annonce de nouveaux arrêtés municipaux. Cette initiative est mise en exergue dans de nombreux médias nationaux et France 3 Côte d'Azur. Il développe tout un arsenal de moyens, dont :
    • encore plus de caméras dans un réseau le plus dense de France : 468 caméras, soit environ une pour 156 habitant.
    • une réorganisation entière de la police municipale pour quadriller le terrain.
    • un déploiement de la police équestre en centre ville.
    Défense du développement de l’activité spatiale à Cannes:  l’entreprise locale de Thales Alenia Space. Ce partenariat comprend notamment un bail emphytéotique pour l’extension de son implantation, permettant ainsi le développement d’une nouvelle filière d’activité optique sur la commune.

    Le 9 juin 2021, sur la chaîne CNews, David Lisnard annonce qu’il lance le mouvement national « Une Nouvelle Énergie ».
    Selon Le Canard enchainé, il renonce à sa candidature à la primaire LR de 2021 en échange du soutien du parti à sa candidature à la présidence de l’Association des maires de France (AMF). Le 25 août 2021, François Baroin quitte la présidence de l'AMF et lui apporte son soutien pour lui succéder. Le 17 novembre 2021, grâce au soutien du candidat PS André Laignel, David Lisnard est élu à la tête de l’AMF avec 62,3 % des suffrages exprimés.

    Ouvrages

    Avec Jean-Michel Arnaud, Refaire communauté : pour en finir avec l'incivisme, Hermann, 2018, 156 p. (ISBN 9782705695279).
    Avec Christophe Tardieu, La culture nous sauvera, L'Observatoire, 2021, 192 p. (ISBN 979-10-329-1404-5).

    Référence

    Les mini-réseaux solaires, grande solution pour l'électricité propre dans l'Afrique rurale

     Infirmière dans un village du centre du Nigeria, Andat Datau a rencontré son lot de défis quotidiens. L'un des plus délicats? Les accouchements sous la seule lumière d'une lampe torche

    Pendant plusieurs années, la localité de Sabon Gida dépendait de générateurs diesel ou de lampes, qui laissaient souvent sa population démunie dans le noir, comme des millions d'autres Africains.

    "C'était stressant de tenir des lampes torches", a confié Mme Datau à l'AFP dans sa clinique de l'Etat de Nasarawa (centre-nord). "Même faire des injections sans électricité était difficile pour nous".

    Mais tout ou presque a changé il y a un an, grâce à une initiative privée-publique de la Banque mondiale, le fabricant américain de mini-réseaux Husk Power Systems et l'Agence d'électrification rurale du Nigeria.

    L'établissement de santé a été raccordé à un mini-réseau solaire qui fournit à près de la moitié des ménages de cette localité d'agriculteurs et à la plupart de ses entreprises une électricité quasiment constante.

    Aujourd'hui, Sabon Gida a parfois plus de lumière que Lagos, la capitale économique du pays, où de nombreuses personnes se débrouillent avec une demi-journée d'électricité - parfois beaucoup moins - provenant d'un réseau défectueux.

    Les mini-réseaux, détachés des réseaux nationaux de distribution électrique et alimentant généralement les communautés rurales, ne sont pas nouveaux. Mais ils se sont multipliés grâce la baisse des coûts des panneaux photovoltaïques au cours de la dernière décennie.

    Et l'Afrique rurale sort progressivement de l'obscurité.

    La lumière "n'était auparavant réservée qu'aux riches, qui utilisaient des générateurs électriques dans leurs maisons", a déclaré Dauda Yakubu, un chef traditionnel de Sabon Gida.

    Près de 600 millions d'Africains n'ont pas d'accès à l'électricité, et rien qu'au Nigeria, ce chiffre s'élève à 90 millions, soit environ 40% du pays le plus peuplé du continent.

    Le triplement des énergies renouvelables, y compris l'énergie solaire, est l'un des objectifs jugés les plus atteignables à la COP28, à Dubaï (30 novembre-12 décembre).

    Et loin d'être anecdotiques, les mini-réseaux électriques sont considérés par la Banque mondiale et l'Agence internationale de l'énergie (AIE) comme une solution d'ampleur pour offrir aux régions rurales d'Afrique subsaharienne un accès à l'électricité sans passer par les énergies fossiles.

    - Une solution viable ? -

    Dans un rapport publié cette année, la Banque mondiale indique que l'utilisation des mini-réseaux solaires est passée de seulement 500 installations en 2010 à plus de 3.000 aujourd'hui. On estime que 9.000 autres seront mis en service d'ici quelques années.

    Pourtant, le développement du solaire en Afrique est confronté à d'énormes défis, notamment rassurer des investisseurs qui se méfient de sa viabilité, les pressions inflationnistes sur l'équipement, un meilleur financement public et la mise en place de politiques claires pour promouvoir son utilisation.

    Pour atteindre les objectifs de développement durable visant à fournir de l'électricité à 380 millions de personnes en Afrique d'ici à 2030, 160.000 mini-réseaux sont nécessaires.

    Le rythme actuel ne prévoit que 12.000 nouveaux réseaux d'ici là, selon le programme d'aide à la gestion du secteur de l'énergie de la Banque mondiale.

    "Le gouvernement considère ce modèle comme le moyen le plus efficace d'accroître rapidement l'accès à l'électricité", a indiqué Abba Aliya, de l'Agence d'électrification rurale du Nigeria.

    Selon la Banque mondiale, l'approche "axée sur le marché" adoptée par le Nigeria en matière de mini-réseaux solaires a déjà permis de mettre en service plus de 100 projets, tandis que l'Ethiopie, la Zambie et le Kenya ont adopté de nouvelles réglementations afin d'attirer les investissements privés.

    Les Etats manquent souvent de fonds pour les projets à grande échelle, tandis que les projets à petite échelle ne sont pas viables pour le secteur privé, a déclaré Abel Gaiya, chercheur pour le groupe de réflexion Clean Technology Hub, basé à Abuja.

    "Si vous retirez les mini-réseaux de l'équation, vous restez confronté au problème de l'extension des réseaux nationaux qui ne sont pas disponibles pour un grand nombre de communautés. Les mini-réseaux sont donc essentiels", a-t-il expliqué.

    Husk Power, qui oeuvre aussi dans d'autres pays africains et en Inde, possède douze réseaux au Nigeria, et compte en installer 60 autres d'ici la fin de l'année.

    Non loin de Sabon Gida, sur le long d'une route non goudronnée, le village d'Igbabo a aussi rejoint le programme il y a deux ans. Environ 350 ménages et entreprises ont accès à la centrale solaire Husk Power de 172 panneaux.

    John Buhari propose toujours le même prix dans son entreprise de recharge de téléphones, mais il fait désormais plus de bénéfices parce qu'il ne paie plus le carburant de son générateur.

    Par mois, les ménages paient en moyenne 2.500 nairas pour l'électricité, et les entreprises 10.000 nairas.

    Dans les environs, Husk Power mène un projet pilote de motos électriques, dans le cadre de son approche intégrée visant à fournir de l'électricité et des équipements dans la ruralité.

    À Sabon Gida, personne ne pourrait être plus satisfait de l'énergie solaire que Shagari Abari, propriétaire d'un salon de visionnage, où les habitants se réunissent sur des bancs en béton pour regarder des matchs de football et des films.

    "La plupart du temps, avec mon générateur, il y a des défaillances et des pannes pendant les matchs, et la foule commence à me crier dessus", explique-t-il. "Mais avec l'énergie solaire, c'est fiable et moins cher".

    Réference

    L'Île-Rousse: les îles de la Pietra regorgent de trésors historiques

     Lorsque les promeneurs se baladent sur les îles de la Pietra, à L'Île-Rousse, ils n'imaginent peut-être pas les trésors historiques qu'elles renferment. Depuis les différentes campagnes de fouilles archéologiques des années 1980 à nos jours, le passé préhistorique se précise hautement grâce aux travaux initiés par Michel-Claude Weiss. Avant d'arriver sur ce site, longeant la route, les plus anciens pourraient se souvenir de la bâtisse du poids public.

    Elle se trouvait à l'entrée de L'Isula Grande, île de la Pietra, entre les actuels Brasserie du Port et Hôtel de la Pietra. Elle fut construite à la fin du XIXe siècle par les Ponts et chaussées et détruite vers 1960. C'était une maisonnette de forme carrée qui disposait à l'arrière d'une petite dépendance. Au pied de la façade principale se trouvait le pont-bascule dont l'usage était essentiellement agricole : pesée des charrettes de foin, paille, etc.

    La maison Santini

    Sur l'îlot de Saletta, le premier en venant de la ville, une des trois redoutes génoises, celle à l'est, a servi de base à la construction à la fin du XIXe siècle d'une maison. Il s'agit de celle de Giovan Simone Santini, capitaine de port, originaire de Canari, dont le descendant direct est notre concitoyen Gérard Martinetti, agent immobilier à la retraite. Par la suite, cette bâtisse est devenue le restaurant l'Abri des Flots.

    Le port et la tour

    En continuant notre parcours, notre regard s'arrête au pied de la tour génoise où se trouve de nos jours un parking au bord de l'eau. Autrefois, les blocs de porphyre extraits de ce site à partir de 1840 ont servi à construire les fondations de la jetée de la Punta Tonnina. Celle-ci constituait le premier quai du port de la cité paoline.

    La tour a été construite en 1531 selon les recommandations et le suivi du commissaire génois Sebastiano Doria. Elle était gardée par deux soldats qui étaient payés en pain par les habitants de Santa Reparata, Monticello et Corbara. À l'est de cette tour, se trouvait une batterie dont le mur d'enceinte avait une forme quasi-stellaire. Les vestiges de celle-ci étaient encore attestés en 1873 sur le cadastre napoléonien.

    De forme ronde, haute d'environ douze mètres, la tour se divisait en deux parties : en bas, le lieu de vie avec une petite caserne extérieure et en haut, le poste de guet pour les gardiens. Sa porte d'entrée au sud a été bouchée. Projet commun de la municipalité de Pierre Pasquini et de la Drac, cette tour a été rénovée entre 1974 et 1977.

    La chapelle

    Située entre la tour et l'hôtel de la Pietra, plus aucun élément visible ne laisse penser que se dressait la chapelle de Sant'Agata. À l'époque pisane et génoise en Corse, cet édifice s'élevait sur l'île de la Pietra à l'est, alors territoire de Santa Reparata di Balagna. D'après l'étude de l'archéologue Geneviève Moracchini-Mazel, elle a été probablement construite au tout début du XIe siècle. Elle se situait sur un replat en contrebas de la tour génoise. La nef de cet édifice mesurait huit mètres environ. Elle semble appartenir à l'abbaye de la Gorgone en Toscane, car en 1482 encore, elle était confirmée dans la propriété de la principale crique de pêche de l'Isola d'Oro et ses revenus reconnus au curé piévan de Santa Reparata, qui était déjà en 1095, propriété de la Gorgone. Elle disparaît probablement durant le XVIe siècle quand les Génois occupent militairement les îles.

    La villa Gregorj

    Nous voici maintenant devant l'hôtel de la Pietra inauguré en 1960. En 1840, à la place de cet hôtel, les services des Ponts et Chaussées avaient bâti un grand logement pour les ouvriers qui ont construit le port de L'Île-Rousse. Grande bâtisse acquise vers 1856 par les frères banquiers Gregorj, Louis, Vincent et Jacques qui la transforment en villa. Les banquiers possèdent cet îlot et celui de Saletta. Ils sont propriétaires également d'un terrain de neuf hectares et demi situé sous le sémaphore à Fornole. Ces propriétés appartiennent par succession à leur descendante directe Jeanne Gregorj (1899-1998) épouse de Jean Glaenzer (1897-1969), très riche négociant en art. Le couple Glaenzer n'eut pas d'enfant, mais sa fortune a été léguée à quelqu'un qui ne fait pas partie du cercle familial : Christophe Dalmasso. Fin tragique pour ce dernier car il fut assassiné mystérieusement en 2003.

    La villa Gregorj devient en 1884 un lazaret pour les malades du choléra puis en 1893, la fromagerie de Louis Rigal. Elle fut rasée en 1958 par la SETCO afin de construire l'hôtel.

    La douane

    Par ailleurs, il faut signaler que l'administration douanière avait installé, au pied du phare, dans l'anse de Funtanaccia, un poste abri à la fin du Second Empire. Si la douane se trouvait dans la vieille ville, il fallait bâtir un poste abri dans cette anse, qui forme un port naturel, afin de surveiller l'entrée du port.

    Le phare

    Sur l'emplacement du phare, une redoute génoise ruinée est indiquée sur les cartes du XVIIIe siècle. En 1854, les Ponts et Chaussées établissent le projet de l'établissement d'un phare sur le point culminant de l'île de la Pietra sur les vestiges militaires. Le phare est construit entre 1855 et 1857 à partir des plans de l'architecte Léonce Reynaud. C'est par un ancien chemin au milieu des rochers, désormais goudronné qu'on accède à l'édifice. Il culmine à soixante-quatre mètres au-dessus du niveau de la mer. Le phare a permis d'éclairer le port afin que puissent accoster, de nuit, les bateaux qui auparavant mouillaient au large et attendaient le lever du jour pour entrer dans le port.

    Depuis 2010, les îles appartiennent au Conservatoire du Littoral qui est en train de les aménager pour notre plus grande satisfaction de les voir préserver. Par ailleurs, le service des archives historiques de la Défense a inauguré en 2006 le fonds de Maurice Rollet de l'Isle, ingénieur hydrographe de la Marine, dont des magnifiques dessins représentent L'Île-Rousse en 1890 et 1891. Ces illustrations historiques sont reproduites ici. Bien des pages restent à écrire sur les îles de la cité paoline.

    Référence

    Calenzana: Francis Pinelli, mort à 89 ans en août 2022, Corse d'Afrique visionnaire jusqu'à la démesure

     Fils de Calenzana et Corse d'Afrique, Francis Pinelli aura marqué son temps. 


    La famille Pinelli vers la fin des années 1960. Francis se tient à gauche, à côté de Tony, de leurs parents et de Jacky. Ne manque que Pierre pour compléter la fratrie.
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    Né dans une famille de quatre garçons, dont il était le dernier vivant, - après Toni, grand bâtisseur, Pierre, médecin réputé, et Jacky, inclassable touche-à-tout -, il s'est éteint, un jour d'août 2022, chez lui, dans son village, à 89 ans, au terme d'une vie dense et riche. C'est en Afrique, où son père, administrateur du Togo, était en poste, que le jeune Francis, nageant dans la lagune au milieu des crocodiles, se forgea une âme de conquérant sans peur.

    Portant beau et séducteur à l'élégance exquise, il s'en alla très tôt à la découverte du monde... Après Paris et une formation militaire de pilote, le cap est mis sur Dakar au Sénégal où il innove avec le négoce de la langouste qu'il va chercher en Gambie ; puis la Côte d'Ivoire et un premier hôtel Palm Beach sur une plage de rêve à Vridi, et à nouveau Dakar avec le Club Alyana (470 chambres) et son casino. C'est à Nosy-Be, sa "parenthèse" enchantée (1966-68), au nord-ouest de Madagascar, que Francis Pinelli enchaîne avec un grand complexe hôtelier et deux casinos dont un à Tannanarive.

    Un Palm beach à Calvi

    De ses "fortunes" lointaines, les échos parviennent jusque dans les hameaux reculés du berceau familial. Et ils sont plus d'un qui, partis dans son sillage avant de voler de leurs propres ailes, connurent de belles réussites. Versant Corse, c'est dans le secteur de l'hôtellerie que Francis Pinelli choisit d'investir en 1968, créant à Calvi, en bordure de pinède, le Palm Beach, 4 étoiles de la cité (153 chambres) ouvert toute l'année, avant de lancer - malheureusement peu suivi par ses pairs - la première campagne de tourisme d'hiver qui s'accompagnait de la mise en place d'un centre de formation aux métiers de l'hôtellerie-restauration. En 1972, il rouvre à L'Île-Rousse le Napoléon-Bonaparte, fleuron de l'hôtellerie de l'après-guerre.

    En même temps, il s'investit pour l'extension de l'aéroport de Calvi - Santa-Catalina, et la couverture sanitaire de la Balagne, à l'époque inexistante. Dès lors, estimant que le pouvoir économique n'y suffit pas, il tente de se faire élire à Calenzana. Mû par son idée de tourisme pendulaire et d'étalement de la saison, visionnaire jusqu'à la démesure, il a pour projet de creuser un tunnel sous la Muvrella qui mettrait les stations balnéaires du littoral balanin à quelques dizaines de minutes de la station de sports d'hiver d'Asco. Il sera battu par une coalition de caciques, malgré l'enthousiasme de la jeunesse qui le porte.

    Fracassante déclaration

    En 1975, au lendemain des évènements d'Aleria, Philippe Rossi, conseiller général de Calenzana, lance "Place aux jeunes" et démissionne. Élu de haute lutte, Francis Pinelli ne s'embarrasse pas d'étiquette et obtient du Radical de gauche François Giacobbi de nombreux aménagements routiers, dont ceux du chemin du Marsulinu classé dans la voirie départementale.

    Mais, Francis Pinelli se veut aussi proche du Dr Edmond Siméoni et de la revendication d'autonomie.

    Éclectique quant aux idées, il se fend même d'une fracassante déclaration "Pour l'indépendance de la Corse". Le mot lâché met le feu aux poudres. Les avions qu'il pilote au sein de l'aéroclub, dont il est le président, et ses biens sont visés par des attentats. Sa personne est directement menacée.

    Pour ceux qui le connaissent bien, cette prise de position n'a rien d'une déclaration de guerre. Elle se veut conjoncturelle, le but étant de provoquer un électrochoc. Il s'en expliquera. Dans son esprit, il s'agissait d'un "statut d'autonomie". Francis Pinelli n'est pas du tout dans la radicalité. Amis, adversaires ou concurrents, il parle à tous. D'égal à égal. Pas une once 

    Mais, "nul n'étant prophète en son pays", le voilà reparti, pour de nouvelles aventures. En Afrique où, ami des chefs d'État, il est attendu. Au sud de Dakar à Saly, il fait bâtir un énième Palm Beach avec hôtel de 300 chambres, piscine, golf et centre équestre, qui emploie encore aujourd'hui 360 personnes. Une compagnie aérienne sénégalaise de charter African Air Holidays portera son estampille. Il y eut aussi le Gabon et la création de la liaison maritime Port-Gentil-Libreville, avant sa dernière acquisition : un gros bateau qu'il alla chercher à Séoul !

    Francis Pinelli, père de quatre enfants et grand-père, avait 83 ans lorsqu'il décida de raccrocher. Pour se retirer à Calenzana.

    Trop généreux pour être bon gestionnaire, la plupart de ses "créations", à commencer par le Palm Beach de Calvi devenu La Balagne (Touristra), ont changé de mains.

    Il en fut ainsi des Eaux de Zilia qui, en 1994, auraient pu être les Eaux de Calenzana si le maire du chef-lieu ne lui avait opposé une fin de non-recevoir. Des évolutions positives dans sa sphère d'activités, Francis Pinelli s'est réjoui jusqu'au dernier jour. Comme si, pour lui, le plus important résidait dans tout ce qu'il aura permis de faire.

    Remarques

    Philippe Rossi, maire de Montegrosso, avait été élu conseiller général de Calenzana à la suite de la vacance du siège provoquée par le décès du maire de Galeria, Jérôme Seité, père du maire actuel. 

    Francis Pinelli, élu conseiller général en 1976, l'avait emporté face à l'abbé Michel Orsini. 

    La municipalité de Calenzana n'ayant donné aucune suite à son projet, Francis Pinelli s'en alla trouver Jacques Santelli, le maire de la commune voisine, qui lui avait succédé comme conseiller général du canton. Ce dernier, saisissant tout l'intérêt qu'il y avait à capter et commercialiser les eaux venues du Monte Grosso,

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    Janv 2023, Calvi: l'espace médical encore agrandi pour accueillir des spécialistes

    C'est une question de semaines avant que ne soient livrés les deux nouveaux cabinets médicaux de l'espace Alain-Charles Astolfi de Calvi. 

    Pour rappel, la structure a déjà subi plusieurs extensions depuis son entrée en service, à l'été 2020. Prévue pour deux cabinets de médecine générale, au départ, elle en compte aujourd'hui six ainsi qu'un appartement destiné à accueillir les remplaçants. Mais depuis, notamment, l'installation d'une gynécologue à mi-temps, il y a quelques mois, la nécessité de pousser les murs s'est encore fait sentir. Le conseil municipal d'Ange Santini a donc opté pour la construction de deux nouveaux cabinets qui se destineront à des médecins spécialistes. Les travaux ont débuté en décembre et doivent s'achever en mars. Une visite de suivi du chantier était organisée hier matin.

    " Le gros œuvre sera terminé ce vendredi, indique Philippe Grossi, l'architecte. Nous allons couler la dalle de la toiture-terrasse. Les menuiseries extérieures ont été fabriquées, elles seront posées la semaine prochaine. Place ensuite à l'étanchéité afin de pouvoir commencer le cloisonnement entre fin janvier et début février. En mars, enfin, nous aurons aussi terminé l'intérieur. Les travaux ont été allotis et répartis entre six corps séparés : la maçonnerie, les menuiseries, l'électricité, la plomberie et chauffage, l'étanchéité et enfin le placo et les peintures. "

    Une extension chiffrée à 230 000 euros

    À la fin d'une courte visite, le maire de Calvi a rappelé la genèse du projet : 

    " La santé est l'une de nos priorités, entame Ange Santini. Nous avons, à Calvi, la chance d'avoir un hôpital de proximité mais autour duquel il existait un risque très important d'une pénurie de médecins généralistes. C'est pour cela que nous avons procédé par étapes dans la construction de cet espace médical. Nous avons dans un premier temps créé quatre cabinets médicaux, alors que nous n'avions sur place que deux médecins. Nous avons ensuite étendu les locaux et nous en sommes aujourd'hui à six généralistes et une spécialiste qui vient deux semaines par mois et qui a l'intention de s'installer très rapidement à Calvi. Nous nous sommes rendu compte ensuite que sept médecins pour six cabinets cela n'était pas satisfaisant. Nous avions alors aménagé la salle de repos en cabinet médical, dans l'attente de voir finir les travaux de cette nouvelle extension. "

    Une nouvelle extension qui comprend 65 mètres carrés au sol pour deux cabinets, une salle d'attente et des toilettes. Son coût est de 230 000 € que financent la Collectivité de Corse et l'État.

     " J'en profite pour remercier nos partenaires financiers qui soutiennent cette opération depuis le début, reprend l'édile. L'étape suivante sera la réfection du parking. Il y a aujourd'hui des difficultés d'accès parce que l'école maternelle Santore se situe à côté. Et s'il fallait encore agrandir notre espace médical, je crois savoir que la construction peut supporter un étage. Cela nous évitera de grignoter encore sur le parking."

    La municipalité de Calvi recherche à présent un ophtalmologue et un dermatologue, deux spécialités qui manquent cruellement dans le bassin de vie de Calvi. 

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    fev 2023: L'office de tourisme intercommunal Calvi-Balagne et sté transport maritime décarboné Sailcoop vers une destination plus verte

     L'heure est déjà aux préparatifs pour la saison touristique 2023. Ce mardi, les représentants de la compagnie de transport maritime décarboné Sailcoop ont été accueillis à la mairie de Calvi par l'édile Ange Santini, le président de l'office de tourisme intercommunal Jean-Baptiste Ceccaldi, la directrice Anne-Marie Piazzoli et le conseiller municipal en charge du port Marie-Laurent Guerini. Il a surtout été question de perspectives pour "verdir" la destination Calvi-Balagne.

    " Nous avons présenté à nos interlocuteurs le concept de la Sailcoop et annoncé le passage à la vitesse supérieure de notre ligne de voiliers entre Calvi et Saint-Raphaël, relate Jochen Krauth, un représentant de la firme. Après l'expérimentation de l'année dernière, nous passons à un stade industriel avec dix fois plus de traversées et de billets disponibles."

    Sur leur voilier de 15 mètres pouvant accueillir huit passagers, les skippers de la Sailcoop ont transporté près de 200 voyageurs l'année dernière. Cette année, la compagnie aura deux voiliers et huit skippers afin de réaliser des traversées quasi quotidiennes entre le 20 avril et le 20 octobre. Puis, entre la mi-juin et la mi-septembre, les deux voiliers se croiseront tous les jours entre Saint-Raphaël et le port corse. Objectif 2 000 passagers sur toute la saison.

    " Nous sommes en train d'esquisser un partenariat avec la mairie et l'office de tourisme pour voir comment on peut, ensemble, promouvoir cette ligne de transport à la voile entre le Continent et la Corse, complète Grégoire Thery, responsable stratégie et développement pour la Sailcoop. Nous voulons voir comment nos passagers peuvent prolonger leur expérience décarbonée une fois à terre. Peuvent-ils trouver des vélos ou partir en randonnée ? Il y a un enjeu aussi avec la mairie qui est de définir les conditions d'accueil du voilier, la visibilité de la Sailcoop, et éventuellement l'hébergement de nos skippers s'il y a une relève de l'équipage."

    Verdir le transport mais aussi les activités et l'hébergement

    Traverser la Méditerranée en voilier prend en moyenne une vingtaine d'heures. Le départ de Saint-Raphaël est donné en début d'après-midi, pour une arrivée le lendemain en milieu de matinée. À bord, les passagers ont la possibilité de s'impliquer dans la navigation ou de se laisser porter. Un couchage en cabine et trois repas sont prévus dans le prix de la traversée, fixé à 240 € cette année.$" La vie sur le bateau, c'est de la rencontre, du partage, une autre façon d'aborder le voyage, reprennent les représentants de la Sailcoop. Le record de vitesse est de 14 heures, mais nous recherchons surtout de la régularité. Notre mission, c'est d'assurer le port à port en moins de 24 heures. S'il y a du mauvais temps, nous adaptons nos horaires de départ. Nous apportons également des garanties à nos clients en cas d'annulation : ils peuvent choisir d'être remboursés, d'attendre le prochain voilier ou d'embarquer le jour même sur un ferry. "

    La Sailcoop monte en puissance sérieusement.

    D'ailleurs, des postes sont à pourvoir dans cette coopérative en devenir. Le transport de passagers à la voile devrait prendre de l'ampleur dans l'avenir, mais il faudra pour cela que ces touristes soucieux de l'environnement trouvent une continuité une fois à terre.

    Sur le Continent, le train électrique permet de poursuivre en zéro carbone ou presque. Sur l'île, beaucoup de choses restent à inventer.

    " Notre mission est justement de continuer de prendre en charge ces visiteurs qui ont fait le choix d'une traversée décarbonée, estime Jean-Baptiste Ceccaldi. Dans le prolongement de leur traversée, ils espèrent trouver ici des activités décarbonées. Notre rôle, en tant qu'office de tourisme, c'est de leur proposer un certain nombre de prestataires afin de leur permettre de poursuivre leurs activités et la découverte de notre destination. "

    Partenaires pour le festival Green Orizonte

    "Il y a une offre importante de randonnées, mais aussi de circuit à vélo et même de la trottinette, recense Anne-Marie Piazzoli. Concernant l'hébergement, le label Rispettu est là pour garantir l'application d'un certain nombre de critères écologiques. Notre destination s'inscrit dans une démarche de plus en plus durable et notre festival Green orizonte en incarne la vision. La première édition aura lieu du 20 au 22 octobre 2023."

    Porté par l'office de tourisme et la communauté de communes de Calvi-Balagne, Green orizonte entend "tracer des trajectoires dynamiques et respectueuses de l'environnement, mettre en place des actions innovantes et complexes dans le cadre de la protection, de la défense et de la valorisation des ressources naturelles et de la biodiversité. Green orizonte incarne la vision de demain mais aussi les actions d'aujourd'hui", indiquait en novembre dernier Laetitia Manicaccia, vise présidente communautaire, lors de présentation du futur festival.

    Pour mieux s'imaginer ce que pourrait être le tourisme de demain, plus vert et plus respectueux de l'environnement, une partie des invités de Green orizonte effectuera la traversée sur les voiliers de la Sailcoop. Un "éductour", comme cela est appelé dans le jargon du tourisme, pour illustrer les possibilités de demain.

    Site internet http://www.sailcoop.fr

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    Galeria : focus sur l'histoire paroissiale à l'occasion de ses 150 ans

     C'est au cœur de l'hiver, le 29 décembre 1872, que fut bénie l'église Sainte Marie Immaculée Conception de Galeria. Située au-dessus de l'unique route qui desservait le village jusqu'au hameau de Calca, elle rassemblait autour d'elle ce qui constituait le centre de la vie villageoise. Elle demeure, cent cinquante ans plus tard, un édifice patrimonial communal et culturel cher au cœur des habitants.

    Cet anniversaire est l'occasion de replonger dans l'histoire de la paroisse de Galeria, de ses édifices et de ses usages.

    Une paroisse avant d'être une commune

    D'après les renseignements trouvés dans le Registre coutumier de la paroisse, Galeria a été probablement érigée en paroisse en 1844. Soit une vingtaine d'années avant la constitution de la commune de Galeria. La population compte alors 1 271 habitants et se divise en deux parties.

    Une partie, forte d'environ 800 habitants, forme la population foraine ou externe que constituent les hameaux et bergeries du Filosorma, répandus sur le vaste territoire des communes de Galeria et de Manso. Elle ne fait pas partie de la paroisse de Galeria et ne participe pas aux frais du culte car la grande majorité des familles qui la composent émigrent six à sept mois de l'année dans leurs paroisses respectives du doyenné de Calacuccia.

    L'autre partie, constituée par les villages de Galeria et de Calca, forme la population dite agglomérée ou interne. " Elle compte environ cent familles, soit environ cinq cents âmes ".

    C'est la population paroissiale réelle, qui fréquente l'église de Galeria et contribue aux frais du culte. Cette population s'installe peu à peu, structure le village et emporte avec elle les usages, les valeurs et les traditions religieuses reçues des anciens du Niolu. Elle manifeste sa foi en construisant, en 1837, le premier édifice ouvert au culte à Galeria, A Ghjesgiarella. Cette toute petite chapelle est desservie, jusqu'en 1873, par des prêtres venus de Calacuccia, de Lozzi ou d'Ota, afin de célébrer les principaux moments de la vie religieuse, notamment les obsèques des habitants inhumés dans le cimetière attenant.

    Une église se construit

    Peu à peu, l'accroissement de la population conduit les habitants à ériger, de leurs propres mains, en 1872, une église plus grande pouvant accueillir une centaine de fidèles. Le culte se déplace alors de la chapelle Sainte Marie Immaculée Conception, à l'église du même nom. Le presbytère, probablement construit à la même période, peut héberger, à partir de 1873, des prêtres à demeure. L'achèvement de l'église est concrétisé en 1876, par la construction du clocher. Le 10 septembre 1901, l'ensemble est complété, sur la place de l'église, par l'érection de la Croix jubilaire, bénie par l'abbé Luciani et qui sera remplacée puis bénie par l'abbé Pinelli le 30 mai 2004.

    Mais il ne fut pas prévu d'oratoire particulier pour la confrérie qui allait se former cinquante ans plus tard. Les chantres se réunissaient dans l'église paroissiale pour chanter, réciter les offices et les prières. En 1975, la caisse de la Confrérie de Saint-Antoine est léguée à la caisse paroissiale. Cela donne une indication de la date de clôture de la confrérie. Fidèles à leur foi et à leur engagement, les confrères tenaient un rôle religieux et social essentiel auprès de la population : rôle religieux dans l'animation des cérémonies et dans l'organisation des obsèques ; rôle social dans l'aide aux familles nécessiteuses. 

    Des intérêts gérés par la "Fabrique"

    Quelques timides tentatives de renouer avec la tradition des confréries ont été portées ces dernières années par quelques jeunes du village, mais n'ont pas abouti.

    Jusqu'en 1912, les intérêts de la chapelle et de l'église sont gérés par la Fabrique, établissement public du culte. D'après une note relevée sur un vieux registre, Monseigneur Casanelli d'Istria, alors évêque d'Ajaccio, aurait nommé en 1837, des fabriciens pour gérer les intérêts de la Chapelle de Sainte Marie Immaculée conception. Ils siégeaient au conseil de fabrique avec deux membres de droit : le curé et le maire. En 1905, avec la loi de séparation de l'Église et de l'État, la chapelle et l'église deviennent des biens communaux dont l'administration est, depuis, gérée par l'association diocésaine d'Ajaccio.

    Les travaux de restauration en cours et à venir, comme les efforts d'entretien, de restauration, de transformation dont elle a été l'objet depuis des décennies, témoignent de l'intérêt que la commune et ses habitants portent à leur église, cet édifice patrimonial incontournable de la vie religieuse et sociale de la population de Galeria.

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    https://www.corsematin.com/articles/galeria-focus-sur-lhistoire-paroissiale-a-loccasion-de-ses-150-ans-137022

    Mars 2023: Attentat à Galeria : une résidence secondaire en construction

     Les pompiers de Galeria et de Calvi sont intervenus, vers 00 h 15 dans la nuit de jeudi à vendredi, après qu'une explosion ait été signalée sur une maison au lieu-dit Fontanaccia, à l'entrée du village de Galeria.

    La détonation, suivie d'un incendie due au gaz, a provoqué d'importants dégâts dans cette résidence secondaire encore en construction et appartenant à des Continentaux.

    "Des tags GTY et FLNC ont été retrouvés sur la maison appartenant à des personnes qui résident sur le Continent", a indiqué le procureur de Bastia, Arnaud Viornery, en précisant que l'explosion aurait été provoquée par deux bouteilles de gaz.

    L'enquête pour "dégradation de bien par moyen dangereux" a été confiée à la section de recherches de la gendarmerie de Corse et le parquet national antiterroriste (PNAT) a été avisé, a expliqué le magistrat.

    Plus d'une dizaine de résidences secondaires ont ainsi été visées par des dégradations depuis le début de l'année. Au total, plusieurs dizaines ont été touchées depuis un an par des incendies criminels ou des charges explosives, avec ou sans présence de tags.

    Le 11 juillet 2022, le FLNC avait quant à lui revendiqué 16 actes de ce type contre des campings, des restaurants de plage, des résidences secondaires, des entreprises du bâtiment et des engins de chantier. Le parquet national antiterroriste s'était saisi de l'ensemble de ces faits.


    Ces Balanins mêlés à l'affaire de la rixe du Vatican le 20 août 1662,; jusqu'en 1859, cardinal Domenico Savelli

    Le 20 août 1662, dans la moiteur romaine d'une fin de journée d'été, une rixe oppose des soldats de la garde pontificale corse au personnel en charge de la sécurité de l'ambassade de France. 

    Alors que, depuis plusieurs jours, provocations et incidents envers les insulaires se répètent, des Corses sont agressés et le soldat Giovanni da Calenzana, sauvagement pris en chasse par un groupe de militaires français, ne finira pas la journée vivant.

    Dans un contexte de tensions politiques et d'intrigues entre Louis XIV et Alexandre VII, on accuse les gardiens des portes de Rome d'être les mouchards du pape et d'accomplir la sale besogne. Les Corses outragés, volontiers indociles et ardents, n'entendent pas se laisser humilier ainsi et veulent laver leur honneur. Au moment où le duc Charles de Créquy, ambassadeur de France auprès du Saint-Siège, regagne son palais, sur la place voisine de Campo dei Fiori une fusillade éclate. Les antagonistes font rapidement usage d'arquebuses et de mousquets.

    Les balles fusent et une odeur de poudre et de feu se propage dans l'air. Alors que les uns rechargent leurs armes derrière un rang de piquiers, les autres s'empoignent dans la sueur et dans le sang. Un soldat corse tombe, des passants sont également touchés, l'un d'entre eux ne se relèvera pas.

    Au milieu des cris, de la fureur et des larmes, le renfort de centaines de Corses quitte la caserne et afflue dans un cliquetis d'armes pour soutenir les compatriotes. Place Farnese, l'affaire dégénère, ils font feu sur la résidence de l'ambassade de France. Le palais ainsi cerné, se mue, plusieurs heures durant, en véritable forteresse. Le plomb pulvérise le travertin des édicules couvrant les fenêtres, derrière lesquelles les tireurs français ont pris place et ripostent.

    Les balles sifflent et se logent partout dans la façade symétrique, pénétrant la brique, brisant colonnes et pilastres. La porte monumentale, bien gardée par des hallebardiers, résiste à l'assaut.

    Le capitaine Antonio Savelli, originaire de Corbara, tente de calmer ses hommes. Sur la place, l'arrivée de deux carrosses français relance les hostilités et la fusillade reprend. Les voitures, piégées, sont percées par les projectiles, et les chevaux apeurés se cabrent et tentent de fuir.

    Si l'on parvient à mettre à l'abri l'épouse de l'ambassadeur qui y occupait une place, un page est tué sur le coup et, dans une grande confusion, le capitaine de la garde du duc est mortellement blessé par le tir d'un policier romain. Les hommes se dispersent et, dans la soirée, les victimes évacuées, le quartier finit par recouvrer son calme. Le bilan est effroyable ! Des morts et de nombreux blessés sont dénombrés.

    Certains succombent les jours suivants pour alourdir la liste d'une dizaine de morts au total.

    Un grave incident diplomatique

    L'affaire fait grand bruit et résonne jusqu'à Versailles. Charles de Créquy qualifie l'évènement d'attentat et, dans une lettre qu'il adresse à son souverain, met en cause certains cardinaux. Sous le commandement de Don Mario Chigi, général des troupes pontificales et frère du souverain pontife, la police romaine investit le quartier du Trastevere où résident les Corses.

    L'enquête débute et de nombreuses arrestations sont ordonnées.

    Trente-deux soldats prennent la fuite la nuit suivante et, malgré les investigations, seuls neufs fugitifs sont arrêtés dans des villes voisines. Un procès s'ouvre contre le policier romain accusé d'avoir abattu l'officier français et dix-huit soldats corses, dont Matheo da Pietralba qui est immédiatement exécuté. Malgré cela, les jours passent mais la tension ne faiblit pas.

    Pour assurer sa sécurité, l'ambassade de France réorganise sa défense et augmente ces effectifs militaires. De son côté, le pape qui soutient encore les Corses, renforce ses troupes de plusieurs centaines de soldats.

    Dans ce contexte le duc de Créquy décide de quitter Rome avec toute sa famille, entraînant dans sa suite le cardinal d'Este et les prélats français. Il s'en explique dans une lettre à l'adresse du roi, rédigée le 6 septembre 1662, et réceptionnée par le Maréchal d'Aumont, gouverneur de la ville de Paris.

    L'incident diplomatique est d'ampleur et le Roi Soleil entretient savamment la pression en exigeant des excuses publiques, l'immédiate dissolution de la garde pontificale corse avec interdiction à l'avenir d'engager des troupes insulaires, des emprisonnements, des pendaisons et, face à la caserne des Corses, demande l'érection d'une pyramide d'infamie pour rappeler à tous l'offense faite au Royaume de France. Sur une plaque de marbre noire on pourra y lire en latin :

     "En exécration de l'odieux forfait accompli le 20 août 1662 par les soldats corses contre le duc de Créquy, ambassadeur du roi très chrétien. La Nation corse, pour perpétuer la mémoire de cet évènement, a été déclarée inhabile et incapable de servir le Siège apostolique par décret rendu par ordre de notre très Sérénissime Seigneur Alexandre, pape, en exécution de la paix de Pise. 1664". 

    Le corps de garde corse est alors congédié et remplacé par un bataillon de romains qui rempliront les mêmes fonctions de sécurité urbaine. Plus disciplinée, la garde suisse demeure, quant à elle, au service de la protection des papes et ce depuis 1506 !

    Le monument témoignant de la disgrâce des Corses disparaît finalement en 1667, démonté sous le pontificat de Clément IX avec l'autorisation de Louis XIV, augurant les nouvelles relations qu'entretiendra le royaume de France avec la ville aux sept collines. Pour autant, les Corses vont continuer à servir les intérêts de la cité les siècles suivants, qu'ils soient de simples soldats engagés à titre individuel ou de grands dignitaires.

    Martino Guidoni-Bianconi premier médecin du pape

    Dans cette dernière catégorie les Balanins se distinguent, à l'instar de Martino Guidoni-Bianconi de Calenzana qui, issu de deux familles patriciennes, fit le voyage pour la Città eterna afin d'y suivre une double formation en théologie et en médecine de 1760 à 1770, période pendant laquelle il s'occupe de la santé de Jacques III Stuart, prétendant aux trônes d'Angleterre, d'Écosse et d'Irlande. Professeur d'anatomie et de clinique médicale, il devient médecin à l'archi-gymnase de Rome, c'est-à-dire l'université papale de la Sapienza.

    Archiatre du pape Pio VI, il n'est autre que le premier médecin et chirurgien du souverain pontife, prenant la suite de Natale Saliceti de 1789 jusqu'à la mort du pape en exil à Valence, où il lui ferme les yeux le 29 août 1799. Par la suite, du soin de Pio VII, il passe au service de Napoléon dont il sera un temps conseiller. Il fut l'un des Corses les plus influents de cette époque.

    Le cardinal Domenico Savelli

    Autre figure balanine attachée au Vatican, Domenico Savelli de Speloncato est un serviteur de dieu, héritier corse de l'antique famille Savelli issue des Sabins, il est séminariste dans l'île jusqu'à son ordination. Établi à Rome, sa trajectoire est fulgurante ! il devient docteur en théologie en 1822 et docteur en droit canonique en 1825.

    Vicaire général d'Imola en 1829, délégué apostolique à Rieti, Frosinone, Peruggia et Macerata et Gouverneur de Rome en 1847. Vice-camerlingue l'année suivante, il assiste le camerlingue placé à la tête de la Chambre apostolique, en période de vacance du Siège. Fin juillet 1849, il est nommé ministre de l'Intérieur et de la police, et à l'occasion du consistoire le 7 mars 1853, Pio IX lui remet l'anneau cardinalice symbole de communion avec le Pape.

    Le cardinal Savelli, membre de la curie romaine, fait partie du premier cercle autour du souverain pontife où il sera président de la commission des finances jusqu'en 1859. Devenu aveugle, ses problèmes de santé lui interdiront l'espoir d'accéder au trône de Saint-Pierre.

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